Bonjour, ça fait très longtemps. J'ai retrouvé l'histoire que j'avais commencé. Le chapitre 2 était fini mais pas l'histoire ou le chapitre 3. Malheureusement j'ai abandonné Skip beat. J'ai perdu tout intérêt en ce qui concerne le manga donc je ne pense pas finir cette histoire. Qui sait peut-être qu'une fois le manga fini j'aurais de nouveau envie de m'intéresser à l'histoire. Bonne lecture !
Disclaimer: Les personnages ne m'appartiennent pas. Skip Beat est l'oeuvre de Yoshiki Nakamura
Assis à l'arrière de la voiture de Yashiro, Ren laissa échapper un bâillement. Il commençait à ressentir les effets de la nuit blanche qu'il avait passé.
- As-tu rêvé d'une certaine jeune personne et c'est pour ça que tu n'as pas bien dormi?
Ren rencontra le regard amusé de son manager dans le rétroviseur intérieur de la voiture. N'étant pas particulièrement d'humeur à subir les taquineries, Ren ne prit pas la peine de lui répondre et roula juste des yeux avant de laisser son regard s'évader par la fenêtre. Suite à l'arrivée de ses parents, il avait de nombreuses choses en tête.
Il avait passé toute la nuit à discuter avec ses parents. Il leur avait enfin raconté tout ce qu'il leur avait caché jusque-là. Il leur avait parlé du harcèlement qu'il avait subi, de la haine qu'il avait développé envers ses agresseurs. Il s'était expliqué sur les raisons pour lesquelles il ne leur en avait jamais parlé. Bien que ce fut son choix de ne rien leur dire il n'avait pu s'empêcher de leur en vouloir de ne rien remarquer et de ne rien faire. Il leur avait également parlé de sa première rencontre avec Kyoko et de ce qu'elle représentait pour lui. Il leur avait fait savoir qu'il souhaitait lui dire la vérité.
- Je veux tout lui dire avant de partir aux Etats-Unis. Je ne sais pas encore comment je ferai mais je ne veux pas quitter le Japon sans qu'elle ne sache qui je suis.
- Es-tu sûr que ce soit le meilleur moment pour le lui dire? Tu seras absent pendant plusieurs mois.
- Je sais mais j'ai pris ma décision. Il n'y aura jamais de bon moments pour le lui dire et l'éloignement lui permettra peut-être de me haïr moins. Jusqu'à maintenant je reculais cette confession parce que je voulais d'abord m'excuser auprès de vous. Maintenant je n'ai plus d'excuses.
- Ce sera un très grand choc pour Kyoko. Votre relation risque d'en pâtir. Elle en souffrira sans doute beaucoup.
C'était la première intervention du président depuis que Kuon avait commencé à discuter avec ses parents de son passé.
- Je sais mais je ne peux pas non plus continuer à lui mentir. Elle est très clairvoyante, elle arrive à détecter quand j'abandonne le personnage de Ren. De plus, je veux qu'elle sache que si je suis vivant aujourd'hui c'est en très grande partie, grâce à elle. Je ne veux pas que notre relation soit basée sur un mensonge.
Pendant tout ce discours Kuon n'avait pas arrêté de faire les cents pas.
- Je ne tiens pas à te faire changer d'avis. Je veux juste que tu sois conscient de ce que tu risques de perdre et que tu y sois préparé.
- Je n'y serais sans doute jamais préparé mais j'ai une idée de ce que je vais perdre et ça me terrifie. Mais je n'ai pas le droit de faire machine arrière. La main de Kuon s'était posée sur sa montre comme pour appuyer sa détermination.
- Tu pourras le lui dire ce soir après le dîner que nous organisons si tu te sens prêt.
- Très bien.
Même Kuon prenait de plus en plus le pas sur Ren Tsuruga, il avait conscience que celui que Kyoko admirait était ce dernier et pas Kuon Hizuri. Il lui avait caché tellement de choses qu'il avait peur. Il n'était pas sûr qu'il pourrait réussir à cotoyer Kyoko s'il perdait son amitié. Un soupir s'échappa de ses lèvres. Est-ce qu'on pouvait se remettre d'un chagrin d'amour?
- ...n ! ..en ! Ren ! on est arrivé.
La voix de Yashiro le fit revenir dans le présent. Il sortit de la voiture. Il prévoyait également de dire la vérité à Yashiro. Il savait que son manager ne serait pas surpris par cette nouvelle. Yashiro avait toujours considéré que son passé n'était pas aussi lisse que ce qu'il voulait laisser croire. Depuis qu'il avait commencé à s'occuper de lui, il avait toujours cherché à percer son secret. Plus récemment il lui avait fait plusieurs remarques sibyllines par rapport aux changements qu'il avait pu constater.
Heureusement pour Ren, il avait principalement des shootings ce jour-là. Si la journée passa en un éclair, il aurait bien été incapable, même si sa vie en dépendait, de dire comment est-ce qu'elle s'était déroulée. L'esprit ailleurs, il appréhendait et attendait avec impatience la soirée qui s'annonçait. Yashiro pour sa part n'avait pas arrêté de parler du dîner qui les attendait. Ce babillage incessant avait pu calmer un peu les nerfs de Ren. Ayant besoin de se rendre chez le président avant le début de cette soirée, Ren avait décidé de prendre sa voiture pour y aller. Il espérait que voir ses parents avant sa grande déclaration lui permettrait de se calmer.
Sébastien l'accompagna jusqu'aux appartements de ses parents.
- Tsuruga Ren est venu vous voir.
- Très bien merci Sébastien. Bonjour mon garçon, es-tu venu pour discuter cinéma avec moi avant que tous nos invités arrivent? Ma femme est actuellement avec Kyoko. Elle sait à quel point les plats de Kyoto me manquent, elle a donc tenu à m'en faire quelques uns pour ce soir. Pour l'instant elles sont à la cuisine, Julia a tenu à l'aider.
A la fin de cette phrase, ses yeux s'agrandirent d'horreur. Il espérait que Kyoko se rendrait compte rapidement que sa mère était une cause désespérée en cuisine. Il comprit également à demi-mots qu'ils ne pourraient pas discuter librement. Même s'il était un peu déçu, discuter de tout et de rien avec son père lui ferait également du bien.
Quand Julie et Kyoko firent leur entrée dans la pièce, Ren était en train de parler de l'admiration inconditionnelle de Taira envers Kuu.
- Tout est prêt pour ce soir. Kyoko est un vrai cordon bleu, j'ai hâte de goûter à tout ce qu'elle nous a préparé.
- Ren-sama, je ne savais pas que vous étiez là ?
- Sama ? Kuu se tourna vers Ren pour obtenir une explication.
- Quand je lui ai demandé de m'appeler par mon prénom elle n'a pas voulu parce que je suis son senpai et que ça ne ce fait pas. Nous avons donc trouvé un compromis. Ren fit une grimace de dérision à Kuu qui éclata de rire.
- C'est bien ma fille ! Toujours aussi têtue.
Pendant que Julie entraînait Kyoko pour qu'elles puissent se changer, Kuu et Ren allèrent rejoindre la pièce où se tiendrait le dîner, les invités n'allaient pas tarder à arriver.
Le dîner fut très agréable. Parmi les invités il y avait des personnes proches du couple ou de Kyoko. Les propriétaires du Daruma avaient été invités par Kuu pour qu'ils puissent tous les quatre faire connaissance. Une fois la table desservie, tout le monde s'était dirigé vers une autre pièce. Au fur et à mesure que la soirée avançait, les gens quittaient à regret cet événement pour rentrer chez eux. Ren quitta discrètement les lieux. Il alla dans la pièce qui avait été aménagée à sa demande. Il avait demandé à Sébastien d'amener Kyoko dans cette pièce.
Quand la porte s'ouvrit, Kuon sentit son pouls s'emballer, il sentit une sueur glacée s'écouler le long de sa colonne vertébrale. Il essuya discrètement ses mains sur son pantalon.
- Ren-sama ? Je croyais que le président souhaitait me parler ? dit Kyoko en se tournant vers Sébastien. Celui-ci lui fit un signe négatif avant de refermer la porte sur eux deux.
- C'est moi qui lui ai demandé de te conduire ici. Je veux discuter d'un sujet important avec toi.
Ren lui proposa de prendre place dans l'un des fauteuils. Il s'assit en face d'elle.
- Avant de commencer tout ce que je vais dire est la stricte vérité. Je souhaite que tu m'écoutes jusqu'au bout avant de prendre ta décision. Je ne l'ai encore dit à personne et c'est très important pour moi que tu sois la première personne à connaître la vérité.
Kyoko passa par plusieurs émotions, elle ne put s'empêcher d'espérer une déclaration de la part de Ren avant de réprimer ce sentiment. Finalement c'est l'appréhension qui prit le pas. Il avait l'air tellement tendu qu'elle avait peur de ce qu'il allait lui annoncer. Il lui avait dit qu'il n'était pas amoureux de Kimiko et qu'il ne l'avait jamais été mais rien l'empêchait d'avoir trouvé chaussure à son pied entre-temps.
- Comme tu le sais, Ren Tsuruga est un nom de scène. Très peu de gens connaissent mon identité. Pour être exact seul le président et mes parents savent qui je suis.
Ces premiers mots calmèrent la jalousie de Kyoko.
- Je m'étais fait une promesse il y a bien longtemps. Maintenant que je l'ai tenu je peux dire la vérité à ceux que j'aime et qui me sont proches.
À ses mots, le cœur de Kyoko rata un battement. Si ces mots lui faisaient plaisir elle ne pouvait pas vraiment le montrer à son senpai tant il semblait bouleversé. Il passa ses mains dans ses cheveux, pris une grande respiration avant de commencer son récit :
Il était une fois un petit garçon qui semblait avoir tout ce qu'on pouvait rêver dans la vie pourtant il n'était pas heureux. Son histoire commence aux États-Unis. Sa naissance fut difficile, à tel point que sa mère faillit mourir et il lui fut déconseillé de tomber de nouveau enceinte sous peine d'y laisser la vie. Pour cette raison, il fut, de sa naissance jusqu'à maintenant, la prunelle des yeux de ses parents. Ses premières années furent très très heureuses. Ses parents voyageaient énormément pour leur travail mais il était toujours avec eux. Son père étant un acteur connu et reconnu c'est comme ça qu'il découvrit le monde du cinéma et le métier d'acteur. Son père était son idole, en grandissant il voulait être aussi bon que lui, procurer la même joie à ceux qui le regarderaient. Tout se passait bien pour lui jusqu'à ce qu'il rentre à l'école. Là-bas l'école n'est obligatoire qu'à partir de 6 ans. Jusque là il avait vécu entouré d'adultes qui étaient des amis de ses parents. Ces derniers l'avaient toujours protégé des rumeurs ou des messes basses de ce milieu. Ce fut peut-être une erreur, jusqu'à maintenant c'est difficile à dire. Rien ne le préparait à la haine et la jalousie que certains pouvaient avoir envers ses parents et des répercussions que ça aurait sur lui. Cela se traduisit par des brimades de la part de certains. Il fut attaqué sur ses origines. Son père était à moitié américain mais il avait grandi au Japon. Sa mère, elle, était russe. Ne voulant pas alarmer ses parents, il ne leur parla jamais de ce qui se passait. Quand il lui arrivait de revenir couvert de bleus il leur disait que c'était les conséquences des jeux auxquels il jouait. Il leur promettait alors de faire plus attention la prochaine fois. Les seuls moments où il pouvait s'échapper c'était quand il allait rejoindre ses parents sur leur lieu de travail ou quand ils étaient à la maison.
Si cette première expérience était déjà éprouvante pour lui, ce n'était rien à côté de ce qui allait l'attendre. Vers l'âge de 8-9 ans il voulut se confronter au monde du cinéma. Son nom de famille se révéla être une malédiction pour lui. Certains réalisateurs ne le prirent que pour pouvoir se venger et humilier son père à travers lui. D'autres attendaient de lui qu'il soit son père. Quand il développait son personnage selon sa vision et jouait à sa manière, ils n'hésitaient pas à le renvoyer en lui disant qu'il n'avait aucun talent et qu'ils ne l'avaient engagé que parce qu'ils pensaient qu'il jouait comme son père. Alors qu'il avait toujours aimé accompagner son père, il commença à s'éloigner des plateaux. Quelque chose qui lui avait toujours apporté de la joie le faisait désormais souffrir. Il n'avait personne à qui en parler il se trouvait donc à ruminer toutes ses pensées noires et ses émotions négatives sans aucune manières saines de les évacuer. Cette situation dura pendant des années et des années. Deux événements firent qu'il n'explosa pas comme il aurait pu le faire. Le premier fut sa rencontre avec une petite fille.
À l'âge de 10 ans, son père lui proposa de se rendre dans son pays natal, le Japon. Il n'était pas plus emballé que ça mais partir lui permettait d'échapper pendant quelques jours à cette atmosphère toxique. Il choisit de rester à Kyoto pendant que son père faisait sa tournée promotionnelle. C'est là qu'il fit la connaissance de cette fillette qui allait changer son monde. Elle s'appelait Kyoko.
Il avait toujours été proche de la nature, c'est tout sans surprise qu'il se rendit dans la forêt qui était près de la maison natale de son père. Quand elle apparut il pensa d'abord à fuir mais les larmes qui bordaient encore ses yeux le retinrent. Quand il se présenta à elle, à cause de son accent, elle ne compris pas très bien son prénom. Il fut tenté un très court instant de la corriger. Mais son désir d'anonymat prit le dessus. Tout le monde autour de lui connaissait sa famille et attendait quelque chose de lui. Pour une fois, il pourrait être apprécié pour lui-même. Il allait profiter de cette chance qui se présentait à lui. Ce fut les 10 plus beaux jours de son existence. Ils le marquèrent énormément. Pour la première fois de sa vie il fut le héros de quelqu'un, pour la première fois de sa vie quelqu'un trouvait qu'il était fort et que ce qu'il faisait était bien. Cette rencontre fit du bien à son égo et lui redonna confiance en lui. Bien qu'il ne put pas expliquer en détail les problèmes qu'il avait, les encouragements et la confiance qu'elle avait en lui lui permirent de repartir près à affronter le monde. À la fin de son séjour pour la consoler de son départ, il lui donna une pierre précieuse qu'il gardait tout le temps avec lui. C'était un cadeau que son père lui avait fait la première fois où ses parents avaient dû partir sans lui. Il lui avait offert cette pierre pour qu'il pense à eux en la regardant et qu'il ne se sente pas seul. Elle lui demanda s'il pouvait garder contact. Bien que ça lui brisa le cœur, il préféra refuser. Il voulait que leur rencontre reste intemporelle. Il savait qu'en grandissant elle se rendrait compte qu'il n'était pas une fée mais un simple être humain. Il ne voulait pas voir sa déception quand elle comprenait à quel point il était pathétique. Il voulait qu'au moins une personne garde une bonne image de lui.
Les effets de cette rencontre durèrent un an. Pendant un an il réussit à affronter tous les harcèlements qu'il subissait sans baisser les bras et en gardant toujours une attitude positive. Dès qu'il avait une baisse de moral, il repensait à Kyoko. Il regrettait de ne pas lui avoir demandé un objet lui permettant de se souvenir d'elle. Au bout d'un an, toute sa bonne volonté avait disparu. C'est là qu'il fit connaissance d'une deuxième personne qui allait changer définitivement sa vie. Il s'appelait Rick. Il souhaitait devenir cascadeur professionnel. Dans le milieu du cinéma, mon père est un des acteurs que les cascadeurs professionnels respectent le plus parce qu'il fait toujours ses cascades. Malgré ça Rick ne m'a jamais utilisé pour s'approcher de mes parents. C'était quelqu'un de très terre à terre. Seule la personnalité comptait pour lui.
Je l'ai donc immédiatement adopté et je l'ai considéré comme mon grand frère. Je lui parlais de tout ce que je n'avais jamais dit à mes parents. C'est à lui que je demandais conseil pour mes problèmes. C'est également lui qui m'a permis de garder le contrôle de mes émotions quand c'est devenu de plus en plus dur. En quelques mois il est devenu un élément central de ma vie. C'était devenu au point où il vivait chez nous. Mes parents lui avaient proposé de le rémunérer pour le temps passé avec moi mais il refusa. Vivre à Hollywood quand on a pas un salaire stable peut être compliqué. Mes parents étaient venus à considérer Rick également comme faisant partie de notre famille, c'est donc naturellement qu'ils lui ont proposé de vivre avec nous ce qu'il accepta. Il resta avec nous jusqu'à mes 14 ans quand il commença à suffisamment bien gagner sa vie pour vivre avec sa copine. Tina et lui s'étaient rencontrés un peu avant qu'il vienne vivre chez nous. Même si j'étais toujours collé à lui, elle ne semblait pas m'en vouloir. Je me rends compte maintenant à quel point j'ai pu être un boulet pour eux et leur vie de couple.
Si j'appris les arts martiaux grâce à mon père, c'est Rick qui m'encouragea à les utiliser pour me défendre. Si au début je fus réticent à le faire, les raclées infligées à mes adversaires me montèrent rapidement à la tête. Parmi ceux qui me harcelaient, il y a une personne qui était toujours présente. Il s'agissait d'un jeune garçon qui souhaitait lui aussi percer à Hollywood. Contrairement à moi, ses parents n'étaient pas des gens connus. Depuis petit il participait à des tournages de pubs, de séries ect. Agé juste d'un an de plus que moi nous nous retrouvâmes vite en concurrence. Sa mère et lui commencèrent vite à me prendre en grippe. Après tout, contrairement à lui et aux autres candidats, pour eux, je n'étais pas là grâce à mon talent. Comble de malchance, pour lui et moi, nous allions tous les deux dans la même école. Contrairement à moi il était très populaire auprès des garçons. Ayant un an de plus que moi il put facilement imposer son bizutage. Bien qu'il réussissait bien mieux que moi, la haine qu'il me vouait ne disparut pas. Il commença à faire appel à de jeunes délinquants. Les premières fois, il ne se montra pas. Les attaques ressemblaient à de la malchance, au mauvais endroit au mauvais moment. Voyant que mes parents ne réagissaient pas, il pris un peu plus confiance en lui. Les attaques devinrent plus régulières. Si au début je cherchais surtout à me défendre plus les attaques furent nombreuses plus je commençais à prendre plaisir à rendre les coups. C'était un vrai défouloir pour moi, je commençais à éprouver du plaisir quand je les frappais. Nous installâmes dans une sorte de routine très néfaste, seul un drame aurait pu l'arrêter et malheureusement c'est ce qui se passa.
