SPIT OUT YOUR LOVE

[SPIT OUT YOUR SOUL SEQUEL]

PREMIÈRE PARTIE

Cette histoire est une suite du doujinshi de ROM-13 Spit Out Your Soul. Merci à MiaoiFuki de m'avoir proposé cette belle idée.

Attention, les thèmes de cette œuvre, et donc de cette suite, correspondent aux répercussions d'un viol que Zoro a commis contre sa volonté sur Sanji. Je vous conseille bien évidemment d'avoir lu le doujinshi avant cette histoire.

Rating Explicit pour viol (passé), violence et relations sexuelles explicites (consenties).


Zoro sentit la sueur s'accumuler sur son front. Il avait chaud et le feu des baisers de Sanji ne faisait qu'accentuer le brasier qu'il sentait monter en lui. Assis sur ses genoux, les doigts du blond enflammaient sa peau et sa respiration torride contre ses lèvres accélérait l'embrasement de son être tout entier. Zoro peinait à reprendre son souffle. L'air était bouillonnant et il se redressa légèrement comme Sanji continuait de dévorer son cou de caresses enfiévrées.

La chaleur monta d'un cran. La peau de l'escrimeur était désormais brûlante. Zoro tenta de repousser le cuisinier au-dessus de lui pour respirer mais celui-ci ne bougea pas, ses jambes enroulées autour de ses hanches pour mieux le retenir. Le cœur de l'épéiste accéléra dans sa poitrine tandis que l'incendie se répandait de seconde en seconde dans tout son corps.

Soudain, Zoro saisit le blond par l'épaule, l'obligeant à le regarder. Si le sabreur était hors d'haleine, le cuisinier ne semblait même pas essoufflé.

"A-Attends."

Sanji plongea ses yeux dans les siens en retour et l'intensité de son regard à quelques centimètres du sien cloua Zoro sur place.

"Diable Jambe."

Incrédule, Zoro vit la jambe droite du cuisinier s'enflammer alors qu'il était toujours assis sur lui et remonter le long de son pantalon jusqu'à son torse nu au milieu de sa chemise ouverte. Sanji ne bougea pas et le sabreur tenta de le repousser à nouveau mais il n'y parvint pas. Les flammes enveloppèrent finalement son compagnon tout entier et Sanji continua de le fixer droit dans les yeux par-delà le mur de feu qui les séparait désormais.

Zoro avala sa salive.

"Que-Qu'est-ce que tu fais ?"

La chaleur émanant du corps du blond était telle que sa propre peau lui semblait être sur le point de fondre et lorsque le cuisinier approcha à nouveau ses lèvres des siennes, Zoro ne put qu'assister à sa propre impuissance. Que se passait-il ? Sanji pouvait manier les flammes mais lui y demeurait vulnérable et il sentait déjà sa peau se dissoudre sous la puissance du brasier.

La langue de Sanji s'enfonça dans sa bouche jusque dans sa gorge, l'empêchant de respirer, et le sabreur étouffa. Les flammes redoublèrent d'ardeur autour d'eux et lorsque Zoro rouvrit les yeux, il aperçut deux orbes d'un bleu étincelant rivés sur lui.

Il tendit la main vers le blond désormais entouré de flammes démentielles, la panique l'envahissant totalement. La peau de son propre bras tombait en lambeaux sous ses yeux et malgré sa frayeur, il demeura pétrifié. Sanji continuait de le fixer et Zoro était incapable de bouger. Finalement, le cuisinier se pencha à son oreille et le sabreur sentit les flammes lui lécher le visage.

"La purification par le feu est appropriée pour un démon, non ?"


Zoro se réveilla en sursaut, le corps couvert de sueur et le cœur battant à tout rompre. Il se redressa et mit plusieurs secondes à comprendre qu'il s'était endormi à la vigie du Merry et que Sanji n'était nulle part en vue. Le bateau avait accosté sur une petite île déserte et chacun vaquait tranquillement à ses occupations depuis la veille. Le soir venu, le sabreur avait naturellement proposé de rester attentif malgré le calme des lieux et il s'était installé dans son endroit favori pour surveiller la mer immobile.

Zoro se passa une main sur le visage pour retrouver son calme. Les cauchemars avaient tendance à peupler ses nuits depuis la tragédie de ce jour maudit mais jamais encore il n'avait ressenti une terreur pareille. Le sabreur souffla longuement. La culpabilité l'assaillait sans relâche et il ne parvenait pas à passer outre l'horreur de ses propres actes. Il savait qu'il avait été manipulé et qu'il avait agi à son corps défendant mais il n'en restait pas moins qu'il avait infligé des blessures réelles à son compagnon. Il l'avait tué, tout simplement. Il l'avait tué après avoir abusé de son corps de toutes les manières possibles et après l'avoir dégradé de la pire des façons. Un démon au sens le plus abject du terme, voilà ce qu'il était devenu. Un démon involontaire, mais un démon malgré tout.

Luffy l'avait arrêté avant qu'il ne commette réellement l'irréparable mais depuis cet instant, c'était comme si Zoro était mort aux côtés de son compagnon. Et si Sanji était finalement revenu parmi les vivants, Zoro était resté coincé de l'autre côté. C'était plus qu'un miracle que le blond ait pu rouvrir les yeux et le sabreur ne savait pas s'il s'en était trouvé soulagé ou terrorisé. Dans tous les cas, depuis ce jour, il ne pouvait plus fermer les yeux sans voir le cuisinier baigner dans son sang au milieu des débris du pont du Merry, défiguré par l'horreur qu'il lui avait fait subir.

Aujourd'hui, Zoro se retrouvait au même point que lorsqu'il avait voulu s'enfuir après que le cuisinier ait repris connaissance dans les bras de Luffy. A cet instant, il n'avait pas pu regarder son compagnon dans les yeux mais il avait été forcé de le faire et le discours du cuisinier lui avait permis de se rendre compte que ce dernier lui avait pardonné au moment même où il avait compris ce que le sabreur subissait, c'est-à-dire avant même de subir son agression. Et Zoro avait relevé non sans ironie que Sanji allait jusqu'à s'en vouloir de ne pas avoir respecté la demande de son compagnon de ne pas revenir sur le navire.

Cette prise de conscience les avait tous les deux libérés d'un poids et Zoro avait ensuite pu affronter le reste de l'équipage. La panique de Chopper au vu de l'état du cuisinier. Les larmes d'Usopp lorsqu'il avait découvert l'ampleur des dégâts sur le Merry. Le regard pensif de Robin face aux visages graves de ses compagnons. La colère de Nami qui avait giflé le sabreur sous le poids de l'inquiétude. Le sourire de Luffy qui avait ramené ses deux amis avec lui.

Sanji avait épargné les détails à leurs amis mais cela ne les avait pas faits disparaître pour autant. Nami avait évité le sujet et Robin n'avait pas manqué la tension qui habitait encore le bretteur. Chopper, Usopp et Luffy étaient déjà tournés vers leurs futures aventures et les pensées de Zoro avaient recommencé à tournoyer après le choc du soulagement.

Pendant ce temps-là, Sanji s'était rétabli remarquablement vite au vu de l'étendue de ses blessures et il avait exigé du sabreur que rien ne change entre eux. L'insulte aurait été pour Zoro de le traiter comme s'il était devenu aussi fragile que du cristal alors l'escrimeur l'avait suivi et tenté de reproduire leur danse, une danse faite de provocations, de combats et de défis. Mais malgré tous leurs efforts, la réalité ne pouvait pas être ignorée et le blond s'en était vite aperçu. Il avait noté que les regrets et la culpabilité envahissaient encore le second de l'équipage. Il l'avait constaté à sa retenue imperceptible quand ils échangeaient des remarques au demeurant acérées et à ses regards empreints de honte lorsque ses yeux se posaient sur son corps encore largement marqué. Sanji l'avait compris mais il l'avait refusé.

Il avait alors proposé de revivre leur expérience abominable dans un autre contexte, vers un autre objectif. Dans le but de dépasser l'horreur qu'ils avaient tous les deux vécue en remplaçant la violence par la douceur, la douleur par le plaisir. L'assujettissement par le consentement. Pour s'aider à guérir sans oublier. Pour dépasser le traumatisme et reprendre leur vie là où ils l'avaient laissée. Pour pardonner et se pardonner.

Zoro avait évidemment été surpris mais il avait surtout été reconnaissant envers son compagnon d'équipage. Il ne savait pas d'où Sanji tirait une telle force. Grâce à la confiance et à l'estime qu'il lui portait, lui avait répondu tranquillement le blond, et le sabreur ne savait que penser de ces qualificatifs qui lui paraissaient si loin de ce qu'il avait démontré ce jour-là. Et Sanji n'avait pas changé d'avis alors Zoro avait éteint la lumière pour concrétiser leur souhait mais le fait que le cuisinier lui ait à nouveau offert son corps sans hésiter une seconde avait rapidement laissé place au vertige.

Face à face dans le noir de cette chambre d'hôtel où l'ombre de la perfusion du cuisinier pendait encore, la main de Zoro avait tremblé sur sa peau nue. Des images de cette même peau recouverte de sang avaient remplacé celle de sa peau blanche. A cet instant, il aurait voulu que Sanji l'utilise comme il l'avait utilisé pour éprouver dans sa chair ce que le blond avait subi et trouver l'absolution dans ce juste retour des choses. Le sabreur avait espéré noyer sa culpabilité et endurer la même souffrance pour survivre à son infamie mais ce faisant, il n'aurait fait que brouiller un peu plus les repères entre eux. Leur relation était faite de considération et de respect et il ne pouvait pas demander à son compagnon d'équipage de se souiller à son tour pour apaiser sa conscience. C'était une requête égoïste qui aurait abîmé un peu plus encore son compagnon d'équipage et Sanji ne le méritait pas. D'ailleurs, ce n'était pas ce qu'il lui avait demandé.

Zoro avait essayé de le suivre sur le chemin de l'apaisement mais ses doigts avaient continué à trembler et son souffle à lui échapper. Lorsqu'il avait été sur le point de franchir la limite et de pénétrer à nouveau ce corps, il s'était effondré. Les sanglots s'étaient bloqués dans sa gorge comme s'il revivait le moment où Sanji était revenu à la vie et celui-ci avait passé une main dans ses cheveux pour l'apaiser lorsque la tête de Zoro avait heurté sa poitrine, secoué de larmes silencieuses.

Le sabreur s'était senti misérable. Même la rédemption qu'on lui offrait, il ne parvenait pas à la saisir. Même aider son compagnon à dépasser cet horrible souvenir, il en était incapable. Il s'était senti indigne des bras chauds et réconfortants du blond qui l'avaient serré contre lui pour l'empêcher de s'enfuir. Il avait eu honte de profiter de son étreinte jusqu'à ce qu'il s'endorme enfin, bercé par le rythme de son cœur.

Le lendemain, l'équipage avait plié bagage et enfin rejoint le Merry. Usopp avait fait de son mieux pour le retaper et les dégâts n'étaient presque plus visibles. Ils ne l'étaient pas moins aux yeux de l'escrimeur pourtant.

La traversée jusqu'à la prochaine île avait été courte et le débarquement joyeux. L'équipage avait retrouvé sa gaieté et son insouciance. Zoro avait le sentiment d'être resté bloqué en arrière.

Il avait décidé de s'entraîner pendant que ses amis faisaient le tour des lieux. Pour devenir plus fort. Pour que jamais plus il ne laisse l'ennemi l'atteindre à ce point et mettre en danger ses compagnons. Parce que c'était son rôle. Parce qu'il l'avait promis à Sanji et qu'il se l'était promis à lui-même. Parce que c'était le remède à tous ses maux.

La journée était passée rapidement et tout le monde s'était retrouvé gaiement autour de la table du dîner. L'île sur laquelle ils avaient accosté était petite et déserte. D'étranges animaux aussi grands que des éléphants la peuplaient et Chopper avait raconté avec animation la conversation qu'ils avaient eu et les gros fruits juteux qu'ils lui avaient indiqués. Sanji et Luffy étaient revenus avec des quantités impressionnantes d'entre eux et le cuisinier s'essayait déjà à imaginer les recettes qui conviendraient le mieux. Usopp avait collecté du bois pour le Merry et Nami et Robin avaient profité de la douceur de la plage.

Zoro était demeuré distrait, son esprit tourné vers l'entraînement qui l'attendait. Il avait fallu que Luffy pose sa main sur son épaule pour le sortir de ses pensées comme le repas était terminé et que tout le monde s'était déjà levé. En franchissant la porte, il avait intercepté le regard de Nami sur lui et il s'était empressé de l'ignorer pour gagner la vigie. Il savait que la navigatrice savait. Elle se doutait de ce qu'il s'était passé ce jour-là et elle devinait ce qu'il traversait aujourd'hui. Malgré tout, elle s'était contentée de le laisser s'en aller pour rejoindre Robin vers les mandariniers. Il ne l'avait pas revue de la soirée.

A présent, le soleil commençait à poindre et Zoro soupira. Il était inutile de chercher à se rendormir. Le petit-déjeuner ne tarderait pas à être prêt et il aurait ensuite une longue journée devant lui.


L'île suivante n'était pas beaucoup plus grande que la précédente mais à l'inverse, elle était pleine de vie. Une petite ville animée avait ainsi offert à l'équipage l'occasion de se mêler aux habitants et de profiter d'une soirée pleine de jeux et de rires dans l'un des bars situé le long du port.

Comme d'habitude, Luffy s'était précipité pour réclamer à manger dès son entrée dans les lieux avant que l'équipage ne le traîne jusqu'à une table pour qu'ils apprécient le repas tous ensemble. Avec l'avancée des heures, Nami et Robin avaient lié connaissance avec plusieurs jeunes femmes à la table d'à-côté et Sanji et Chopper étaient partis profiter de la piste de danse au fond de la salle. Usopp et Luffy étaient quant à eux rester concentrés sur un jeu de cartes et Zoro avait laissé son regard balayer la pièce au hasard.

Le sabreur ne se sentait pas vraiment à l'aise malgré l'ambiance paisible et décontractée des lieux. L'endroit lui rappelait précisément celui où sa vigilance lui avait échappé et où ce pirate l'avait drogué, le laissant à la merci de ses pulsions les plus brutales. Tout comme l'équipage des chapeaux de paille, quelques-uns étaient également présents dans l'établissement mais les habitants ne paraissaient pas inquiets et cela permettait à tout le monde de profiter d'une escale bien méritée.

Au bout d'un moment, Chopper et Sanji revinrent à leur table et le petit renne sauta sur les genoux de Luffy pour participer au jeu de cartes qui battait toujours son plein. Le cuisinier déclina la proposition du sniper de se joindre à eux mais proposa de faire le plein de boissons et il prit les commandes de ses amis avant de se diriger vers le bar et de s'asseoir sur un tabouret comme le barman virevoltait déjà d'un endroit à l'autre.

C'est à cet instant que Zoro le vit. Probablement un pirate âgé d'une vingtaine d'années s'il en jugeait par sa démarche assurée et son regard déterminé. L'homme se dirigea directement vers le blond qui attendait sa commande et s'accouda au comptoir pour mieux se tourner vers lui dans une attitude sans équivoque. Il tenta de nouer une conversation mais Sanji répondit à peine, concentré sur le barman qui remplissait des verres à la chaîne pour un autre client. Cela n'empêcha pas l'inconnu de se rapprocher encore et Zoro se tendit. Il avait envie de sortir ses sabres et de découper celui qui empiétait sur l'espace du cuistot sans même lui avoir demandé la permission.

Sanji n'avait pourtant pas l'air d'être gêné par son attitude cavalière et cela le rassura. Sa posture était détendue et sa jambe se balançait tranquillement sur son tabouret. Zoro savait que le cuisinier était prudent et qu'il détecterait la menace à temps s'il s'avérait que le pirate cherchait les ennuis. Ce dernier ne semblait pas s'offusquer du manque de réaction du blond et il continua de rire et de se rapprocher de lui jusqu'à ce que Zoro soit convaincu de ses réelles intentions. Le sabreur détourna alors les yeux. Sanji n'était pas en danger et la suite ne le regardait pas.

Reprenant son observation distraite de la pièce, Zoro soupira intérieurement. Peut-être que cet homme pourrait offrir au blond ce qui lui-même avait échoué à lui donner la dernière fois. Une nouvelle expérience, une tentative de se relever. La capacité à effacer ce qu'il avait vécu. Peut-être qu'il était plus simple que Sanji passe le cap avec un inconnu de passage. Peut-être que lui-même devrait s'y résoudre.

Zoro secoua la tête. Dans son cas, cela ne servirait à rien. En effet, rien ne lui ôterait l'amertume de savoir que ce qu'il avait infligé, même à son corps défendant, était inqualifiable. Il avait failli envers un compagnon d'équipage et cette souillure était peut-être encore plus dure à porter. Non pas qu'il aurait préféré s'attaquer à la femme innocente que cette ordure avait kidnappé dans cet unique but, mais faire du mal à ceux qu'on aime avait un goût particulier de cruauté et d'ironie. Et Sanji était non seulement un compagnon d'équipage mais aussi son double, l'autre protecteur de l'équipage, celui sur qui le sabreur se reposait dans les batailles. A eux deux, ils transcendaient tous les obstacles. A eux deux, ils ne faisaient qu'un pour porter Luffy jusqu'à son titre de Roi des Pirates.

Sanji n'avait jamais représenté une personne ordinaire à ses yeux. A cause de leurs fonctions, de leurs valeurs et de leurs principes communs, ils avaient toujours été plus proches que ce que les apparences laissaient entrevoir. Ils étaient foncièrement différents, mais ils étaient aussi profondément semblables. D'où cette compréhension et ce respect mutuel qui avaient toujours fonctionné dans les moments cruciaux. Sanji et Zoro étaient un binôme parfait et personne n'en doutait.

Alors Zoro savait qu'il pourrait passer la nuit avec n'importe qui sans que cela ne change quoi que ce soit à son malheur. Sanji n'était pas n'importe qui justement, et c'est à cette personne qu'il avait fait du mal. De plus, le corps du sabreur n'avait pas souffert, contrairement à celui de son compagnon. Zoro ne cherchait donc pas à apaiser son corps, il cherchait à apaiser son âme. Il voulait réparer ce lien entre eux qu'il avait l'impression d'avoir abîmé. Ce sentiment d'avoir échoué en n'étant pas aussi fort qu'il aurait dû l'être pour résister à cette drogue. Sanji lui avait toujours fait confiance pour qu'il se débarrasse de la menace mais ce jour-là, le sabreur avait faibli. Il l'avait trahi.

Ce faisant, Zoro savait que l'absolution qu'il recherchait lui échapperait toujours. Sanji était prêt à lui donner son corps comme un échange, une marchandise qui effacerait ses blessures physiques et lui ferait ressentir à nouveau la réalité de leur lien de confiance. Il cherchait un moyen qui lui permettrait de revoir son compagnon d'équipage comme avant. La preuve que Zoro pouvait respecter son corps et ses désirs à l'inverse de ce qu'il lui avait fait vivre. Mais pour sa part, Zoro ne pourrait pas guérir en sachant que cette intimité n'était que le reflet d'un échange transactionnel. Il souffrait d'une blessure intérieure dont il ne se relèverait pas en réduisant Sanji à un simple corps car il représentait beaucoup plus pour lui. Pour cicatriser, Zoro avait besoin de pousser leur connexion au-delà, de s'exprimer entièrement et pleinement. De lui transmettre tout ce qu'il ressentait à son égard. Le regret. La culpabilité. La réparation. La fascination. La passion. Le désir. L'amour.

Pour autant, ce n'était pas ce que Sanji avait demandé et encore moins ce à quoi il s'attendait. Le blond n'avait pas besoin d'être alourdi par le poids des sentiments de son compagnon. Ils ne feraient qu'ajouter à la confusion qui régnait entre eux depuis ce jour et le sabreur ne voulait pas prendre le risque de mettre un terme à la relation qu'ils avaient réussi à préserver.

Zoro n'avait pas honte de ses sentiments. Sanji était digne de son admiration et le sabreur avait toujours plus ou moins su que cette confiance hors norme qu'il plaçait en lui signifiait plus qu'un respect mutuel dû à des principes communs face à une adversité grandissante. Son compagnon possédait toutes les qualités qu'il appréciait : la force, l'honneur, la loyauté. Bien sûr, il avait aussi des défauts qui le rendaient furieusement agaçant mais ils devenaient dérisoires dans les moments décisifs. Ils s'effaçaient derrière ses gestes doux envers Robin, sa bienveillance à l'égard d'Usopp, son attitude affectueuse par rapport à Chopper et protectrice envers Nami. Son sourire fier à l'évocation de son capitaine. Son regard qui cherchait automatiquement le sien lorsqu'un potentiel danger menaçait l'équipage.

Soudain, un mouvement attira son attention du coin de l'œil et Zoro vit Sanji se diriger vers la porte en compagnie de son nouvel ami. Zoro bougea sur sa chaise, essayant de se concentrer sur le jeu de cartes de ses amis. Il souhaitait ardemment que Sanji puisse tourner la page et il était sincèrement heureux de le voir prendre la situation en main. Mieux le blond se sentirait, mieux Zoro se porterait.

Le sabreur avait hésité pendant un moment à confier ce qu'il ressentait au cuisinier mais il ne l'avait jamais fait car il n'en avait pas vu l'utilité. Le bretteur était satisfait de la relation qu'ils entretenaient et il n'avait pas besoin d'en avoir plus. Aujourd'hui, la présence de ses sentiments l'empêchait d'aller de l'avant mais les exprimer n'était plus une option. Et si c'était la punition qu'il devait endurer pour se racheter, Zoro l'acceptait.