Des explications. C'était tout ce qu'elle voulait en ce moment. Toute la fin de semaine, elle l'avait passé dans son petit appartement à regarder la pluie tombée et elle avait finit par se rendre à la bibliothèque municipale dans l'espoir d'avoir des réponses à ces questions. Elle avait aussi l'espoir de croiser Peter. Après tout, il aimait lire. Il aurait été logique de le trouver dans cet endroit.
Ce ne fut pas le cas. Aussitôt arrivé, elle avait filé à travers les étagères aussi silencieuse qu'un courant d'air. Annabelle avait inspecté la zone attribuée aux adultes, et même celle des enfants. Aucune trace du magnifique infirmier.
Elle s'était alors tourné vers les documentaires pour des réponses sur son don. Encore une fois, les ouvrages sur la télékinésie ne lui apportèrent aucune réponse. C'était trop farfelu. La jeune femme aurait dû se douter qu'elle ne trouve rien ici. La seule source d'information intéressante restait Peter.
Se dirigeant à la section romans pour adultes, la jeune femme pensa qu'elle devait prêter Shining à Peter. Elle lui avait promis de lui prêter lorsqu'elle l'aurait terminé, elle devait tenir sa promesse. Maintenant, elle chercha quelque chose qui pourrait attirer sa curiosité. Il était difficile de choisir un bon livre ces temps-ci. Parcourant du regard les étagères, elle sursauta lorsque quelqu'un prononça dans un chuchotement :
-Mademoiselle Walker?
Ses yeux verts se posèrent sur l'homme à côté qui venait de rentrer dans la ranger. On murmura un chut à quelques pas. Elle reconnut le garde du nom de Stanley. Il lui sourit embarrassé et elle se retint de rire devant la situation.
-Oui, c'est moi, murmura-t-elle.
-Honnêtement, je ne m'attendais pas à croiser quelqu'un d'autre du laboratoire ici, sourit l'homme en chuchotant et en s'approchant de manière amicale.
Elle non plus. Du moins, ce n'était pas la personne qu'elle avait espérée.
-Et pourquoi? Après tout, il pleut. Il est normal que les habitants souhaitent s'abriter de la pluie.
-Bonne remarque... Je dois dire que je travaille avec des personnes un peu...plus sportive que je le pensais. Il n'y a personne dans mon département qui vient ici ou qui semble intéresser par la lecture. Ils sont tous chez eux à regarder le match de football.
-Vous semblez déçu quand vous en parlez.
-C'est que j'aimerais partager mes goûts de lectures avec d'autres personnes. Le club de lecture d'Hawkins est limité à des veilles femmes qui n'ont de goût que pour les livres romantiques. Ce n'est pas facile. Vous cherchez quelque chose en particulier?
-Pas vraiment. J'ai déjà trouvé des livres.
Dans ses mains se trouvaient Dracula de Bram Stoker et Un entretien avec un vampire d'Anne Rice.
-J'étais venu ici dans l'espoir d'y trouver quelqu'un.
-Ah bon? C'est la première fois que je croise un collègue ici comme je vous l'ai déjà dit.
Un coup de tonnerre se fit entendre au-dessus de leurs têtes. Les lumières de l'établissement culturel se mirent à faiblir légèrement et à revenir à la normale. Les deux employés du laboratoire et quelques usagers levèrent les yeux vers les lumières. Les yeux de la jeune distinguèrent quelque chose sur une des lumières avec des longues pattes , mais Stanley se mit à parler de nouveau et elle remit son attention sur l'homme devant elle. Un frisson parcourut sa nuque et elle eut soudainement froid.
-Ça commence à se gâter dehors…
-Je devrais peut-être y aller, dit-elle en frissonnant.
-Je peux savoir qui vous chercher. Je pourrais peut-être vous aider.
-Oh. C'est Peter.
-Peter?
Stanley sembla perdu. L'homme sembla faire des efforts pour chercher à mettre un visage sur la personne.
-Oui. Il est infirmier. Peter Ballard.
Le visage du garde s'illumina lorsqu'il trouva un visage à mettre sur le prénom évoqué. Mais il se raidit légèrement.
-Ah...Lui. Cheveux blonds et yeux bleus...Je vois qui c'est. Ne le cherchez pas si vous ne voulez pas des ennuis. Conseil de collègue.
La jeune femme ne comprenait pas le conseil de Stanley.
-Mais...pourquoi?
-Ce genre de discussions, vous devrez l'avoir avec le Dr Brenner si vous avez besoin éclaircissement à son sujet. La seule chose que je dois vous dire, c'est que vous ne devez pas l'approcher sous aucun prétexte. Il est dangereux, murmura-t-il.
Cela la rendit encore plus perplexe et elle ne comprenait pas pourquoi il lui racontait ce genre de chose. Peter travaillait au laboratoire avec des enfants, avec des capacités certes, mais tout de même. Il l'avait aidé avec son saignement de nez même s'il en était responsable et il est délicat, toujours souriant. Son attitude à l'aider, elle, et ses conseils lui avaient été d'un secours. Les paroles de Stanley ne faisaient aucun sens.
Soudain, quelque chose se posa sur sa tête et lui chatouilla le cuir chevelu. Les yeux de Stanley s'agrandirent sous la surprise et avec une crainte dans la voix.
-Une araignée. Ne bougez pas. Je vais essayer de la retirer.
La jeune femme ne bougea pas et attendit qu'on la lui retire.
-Je l'ai perdu. Désolé. Ça va? Lui demanda-t-il en s'éloignant.
-Oui... Ce n'est pas grave. Elle a dû tomber, non?
Comme dans un film d'horreur, une pluie d'araignée tomba de l'une des lumières pour se poser sur Stanley. Celui-ci se mit à crier dans les aigus, apeurés par les centaines de veuves noires. Celles-ci parcouraient sa peau et son visage telles des fourmis sur un pique-nique. Toutes noirs avec des sabliers rouges sur le dos, les femelles arachnides cachaient le visage de l'homme. La peur que projeta Stanley fut contagieuse. Une employée, qui classait les livres, lâcha ses livres pour se mettre à hurler. Des usagers prirent leurs jambes à leur cou espérant s'éloigner de l'horreur. Par réflexe, Annabelle recula tandis que l'homme partit en courant en jurant, mais elle ne prit pas ses jambes à son cou pour une raison inconnue…Mais des sueurs froides parcouraient sa peau.
Des usagers de la bibliothèque vinrent voir ce qui se passa et un responsable décida de fermer la bibliothèque. Elle se dépêcha de sortir malgré la pluie. Deux ambulances étaient arrivées sur les lieux. L'une pour traiter Stanley qui n'avait plus d'araignées sur le visage et qui était en état de panique, et la seconde pour traiter les cas de paniques.
-Stanley! Est-ce que tu vas bien? Demanda-t-elle en courant avec son parapluie vers l'ambulance.
-Reculez, mademoiselle. Il est en état de panique, dit l'ambulancière en tenant la civière.
Il ne sembla même pas la voir. Son collège de travail qui semblait si calme et sain d'esprit, ressemblait à un fou sorti de l'hôpital psychiatrique de Pennhurst. La jeune femme ignorait si c'était sa phobie des araignées qui transforma Stanley, mais son visage exprimait de la folie et son regard se posa partout et il criait tellement fort que s'en était effrayant.
Rentrant chez elle sous son parapluie dans la précipitation, Annabelle fila directement dans la douche. Qu'est-ce qui venait de se passer au juste? Des dizaines ou des centaines d'araignées qui sortaient de nulle part pour se mettre sur le visage de Stanley. Dans sa précipitation, elle n'avait pas demandé la raison, ni la logique derrière tout ça. C'était de la pure folie. Depuis son arrivée, il se passait des choses étranges à Hawkins.
C'est ce qui avait résumé sa fin de semaine. Une pluie torrentielle, des questionnements, un orage et surtout, une pluie d'araignées. L'espoir de trouver des réponses de la part de Peter sur ses capacités était tombé plus que dans ses priorités. Elle était devenue vitale.
Alors, c'est avec beaucoup d'attente que la jeune femme reprit le cour de sa routine le lundi. Elle remarqua que Stanley n'était pas à son poste. Miller le remplaçait et il ne lui adressa à peine la parole lorsqu'elle présenta sa carte d'identité.
Puis, ce fut comme les autres lundis. Les préparations des dossiers, etc...Elle sursauta lorsque sa supérieure la héla :
-Mademoiselle Walker? Demanda la Dr Ellis en se tournant vers elle.
-Oui?
-Pourriez-vous aller porter ces boites dans les archives et me rapporter ces cartons? Demanda-t-elle en tendant une liste avec des chiffres et des lettres.
On lui confia de plus en plus de tâches importantes et variés. Elle devrait s'y habituer et peut-être qu'elle pourrait percer des secrets à jour le moment venu. Les archives restaient un endroit dans l'ombre avec d'innombrables mystères à élucider. La seule pièce que la caméra ne fonctionna pas correctement. Une source d'information si elle ne trouvait pas Peter.
-Très bien.
-Les boites ne sont pas très lourdes. Il se peut que des archives ne soient pas toutes classées. Alors, prenez soin de vérifier sur le côté. Surtout, prenez votre temps.
Elle prit la liste du Dr Ellis et se précipita avec un chariot vers le lieu sans encombre. Elle ne croisa même pas de gardes, juste les caméras qui suivaient chacun de ses mouvements. Elle passa sa carte dans la fente de la porte et elle rentra avec son chariot. Le clignotant de la caméra était éteinte, mais les lumières fonctionnaient. On avait essayé de la réparer. Des fils s'entremêlaient et un employé devait revenir la changer.
La jeune femme se précipita vers les boites pour ranger les archives. Si quelqu'un rentrait tout de suite, il ne verrait simplement une employée travailler. De plus, il valait mieux prendre de l'avance. Elle eut à peine le temps de ranger ses affaires que la porte s'ouvrit sur la personne qui hantait ses pensées. Peter.
Aussitôt que la porte fut refermée et qu'il avait posé ses yeux sur la caméra, son regard se posa sur elle. Il n'eut pas le temps de parler qu'elle le prit de cours.
-Je t'ai cherché partout. Je suis allé à la bibliothèque cette fin de semaine et je ne t'y ai pas trouvé, dit-elle rapidement tandis qu'il s'approcha d'elle en laissant son chariot d'archives plein. Tu peux me dire où tu étais ?
-Je…
Pour la première fois, les mots restèrent coincés dans sa gorge. Pour la première fois, lui qui la trouvait réservée et timide, il la trouvait sûre d'elle et un peu emballée. Ce n'était pas pour lui déplaire.
-Tu?
-Je travaille aussi les fins de semaines. C'était pour ça que tu ne m'avais pas trouvé. Je reste dans ce laboratoire de jour comme de nuit.
-Donc, tu travailles sept jours sur sept?
-C'est ce que je viens de dire.
-Excuse-moi de m'être emporté. Je ne voulais pas te brusquer, mais j'ai été déçue de ne pas avoir eu mes réponses.
-Il n'y a pas de mal. Je m'excuse de t'avoir inquiété, lui répondit-il en lui souriant légèrement et observant ses traits. J'aurais dû le préciser.
-Pourquoi est-ce que tu travailles sept jours?
-Je croyais que tu voulais des réponses à tes capacités et non à mon travail acharné, lui répondit-il avec un haussement de sourcil et légèrement amusé par sa curiosité.
L'infirmier était également inquiet. C'était un bien grand secret si jamais il lui révélait la vérité sur sa nature. Il ne pourrait pas se permettre ça. Pas tout de suite.
-Tu as raison…
-Je te l'ai dit. Pour une raison inconnue, tu as les mêmes capacités que les sujets de tests et moi. Cela est sûrement dû à un traumatisme ou un événement de ton passé. Pour ça, je ne peux pas t'aider. Je peux seulement t'aider à mieux les contrôler et à les amplifier. Bien que ce ne soit pas conseiller de trop les utiliser.
-Pourquoi? Tu as communiqué avec moi à maintes reprises. Qu'est-ce qui pourrait être dangereux?
-Les autres pourraient t'entendre...Onze à déjà conscience de toi. Elle m'en a parlé.
Elle arrêta de respirer. Avait-elle était prise au piège? Elle devait peut-être partir, quitter le laboratoire et oublier tout ça.
-Hey...Tout va bien, murmura Peter en s'approchant, une main tendue vers la sienne pour l'effleurer comme s'il voulait la prendre. Tu n'as rien à craindre si tu fais exactement ce que je te dis. D'accord?
Elle sursauta à son ton de voix, devenu un peu plus doux et éloigna sa main de la sienne. Il était incroyablement proche d'elle.
-Je veux t'aider. Laisse-moi t'aider. Laisse-moi t'apprendre ce que tu ne sais pas et on va bien s'entendre. Tes secrets sont en sécurités avec moi, Annabelle. Juste toi et moi.
-D'accord.
Il sourit de manière sincère et à ce moment-là, il savait qu'il ne pourrait plus reculer. Il souriait tellement fort que c'en était douloureux.
-Donc, comment est-ce que je dois faire? Demanda-t-elle.
Par mesure de précaution, Peter se tourna pour regarder l'horloge. Ses putains d'aiguilles avaient passé rapidement. S'il ne voulait pas d'ennuis, il devrait se dépêcher avant que Brenner ne se questionne, de même pour Annabelle. Cela pourrait lui attirer des ennuis.
-Nous n'avons pas beaucoup de temps. Je dois retourner à mon poste et toi aussi.
-Comment veux-tu qu'on s'exerce si on n'a jamais le temps de voir?
-Tout ce que tu dois faire, c'est de canaliser ton énergie sur moi comme si tu cherchais une ligne d'appel. Trouve la mienne. Tu y arrives presque. C'est plus facile quand on est proche, expliqua-t-il en s'éloignant et en commençant à classer ses boites. Essaie.
Tandis qu'il plaçait ses boites dans ses emplacements respectifs, c'est exactement ce que la jeune femme essaya de faire. La rouquine poussa son esprit vers le sien avec beaucoup de difficulté. Cela ressemblait à une abeille étourdie tournant autour de la ruche et qui s'écrasa à plusieurs reprises sur le sol.
-Essaie encore, répéta-t-il à plusieurs reprises pendant qu'elle se décourageait.
Peter fit sa liste aussi. Il rangea les boites du Dr. Ellis et il alla chercher les siennes avec une facilité déconcertante et rapidement. Après tout, il connaissait plus le système de classement et c'est comme si tous les deux n'avaient jamais eu de discussion. Il pourrait s'y attarder un peu, mais pas trop.
- Je n'y arrive pas…, protesta-t-elle.
-Tu ressembles à Onze.
La jeune femme regarda Peter, perplexe.
-C'est un compliment. Ne t'inquiète pas. Fais comme moi.
Peter s'accrocha comme il put. Son esprit ressembla à un ensemble de solitude et de loyauté. Il était facile à l'infirmier de s'y accrocher malgré Soteria. Il se retrouva à l'attraper telle une araignée mâle faisant une parade nuptiale pour une partenaire. Facilement, il enroula son esprit autour du sien et la tira vers lui dans une danse délicate et dangereuse. Elle ne répondit pas tout de suite. Elle ressembla à une pierre qui roulait sur le sol. Puis, Annabelle tira vers lui, reconnaissant son énergie stable, mais aussi mouvante que de l'eau.
Bien que l'énergie de Peter soit si différente de la sienne, elle reconnut beaucoup de solitude aussi. Pas autant que la sienne, mais une ressemblance frappante lui donna une certaine confiance à rester accrocher. Elle y vit du rouge pour de la colère, du bleu pour de la tristesse et la pointe d'une fascination. Il se montra confiant dans sa danse d'esprit et il mena les premiers pas comme un danseur expérimenté et il fut soulagé qu'elle suive ses pas aussi facilement. Étrangement, la jeune femme ne sembla pas effrayée par quoi que ce soit. Elle le suivit et apprit la danse par cœur au bout de quelques minutes.
« Tu vois? Ce n'est pas si compliqué quand on a un bon professeur. »
«Oh...Je...J'ai réussi!»
Elle sourit et il se tourna pour lui répondre et s'approcher.
«Nous n'avons plus le temps pour quoi que ce soit. Nous devons retourner à nos postes au risque de nous attirer des ennuis.»
«Oh. D'accord.»
«On peut rester en contact comme ça si tu veux. Pas trop longtemps. Juste assez pour te pratiquer. »
Elle hocha la tête et avant qu'elle puisse sortir, Peter lui prit la main et y déposa ses lèvres tendrement. Il aima le rouge qui teinta ses joues.
Voilà! Désolé pour la semaine passé. J'ai eu un soucis de santé. J'espère que vous appréciez toujours mon histoire! Bisous!
