Tragédie.
Lincoln Loud n'en a connu aucune qui mérite d'être cité dans la grande trame du destin qu'est le sien, une famille merveilleuse, des amis toujours là pour le soutenir, un avenir si brillant qu'il pense vivre dans un soleil.
Puis un jour, il est tombé sur une obscurité qui a mit à nu toute ses certitudes. Il s'est cru tel Icare, prêt à voler plus haut que n'importe qui avant d'être brûlé par la vérité, sauf que Lincoln continue de vivre avec quelque chose qui vous ronge les os au plus profond de votre chair.
La peur et l'incertitude sont devenues ses compagnes de misère alors qu'il affronte chaque jour avec un faux sourire qui ne dure jamais bien longtemps quand il se rend compte qu'il n'est qu'une marionnette, se tenant maladroitement sur un fil. Au moindre faux geste, il ne serait rien de plus qu'une pauvre victime des caprices du destin qui s'amuse pour l'éternité du malheur de l'humanité.
Assis sur son lit, les mains jointes sur ses genoux, notre jeune adolescent de quatorze-ans regarde le mur devant lui comme-ci il pouvait voir les mystères de l'univers défilés devant ses yeux bleu-gris. Il pense sûrement trouver des réponses ou au moins une clé pour le libérer de ses craintes qui assaillent son cœur remplit d'émotions si confuses qu'il ne sais pas ce qu'il ressent avec clarté.
Lincoln maintient sa façade de jeune homme calme et recueilli, ne voulant rien de plus que se dire que son esprit pouvait contrôler son corps, même si ses sentiments, eux, restent un étalon sauvage qu'il ne pouvait dompter.
Quand l'horloge sur sa montre indique qu'il est trois heure de l'après midi, Lincoln sent sa cage thoracique vibrée à cause des roulements violents de son cœur, qui s'est d'un seul coup senti à l'étroit dans sa cage. Son sang a commencé à couler plus rapidement à travers ses veines, lui donnant un sentiment d'euphorie qui le terrifie.
Lentement, il se lève de son lit, faisant grincer les ressorts, tournant son corps vers la porte. Notre jeune homme aux cheveux blancs passe nerveusement ses mains pour enlever des plis imaginaires de sa chemise orange, autour de sa boucle de ceinture qu'il trouve de travers, ses chaussure sont aussi propres qu'il y a vingt minutes en arrière après qu'il les ai nettoyé avec soin.
Se vérifier pour gagner du temps n'était rien de plus qu'une faible tentative pour repousser l'inévitable. Ça, Lincoln le savait que trop bien. Sa vision lui joue pourtant des tours amusants : au lieu d'avoir une simple porte en bois de couleur blanc avec de longue fissure autour de la serrure, Lincoln Loud faisait face à une énorme double porte en métal avec, bien sûr, les têtes de Cerbère au-dessus crachant des langues de flammes pour lui indiquer clairement qu'une fois cette porte passée, le jeune homme serait plongé dans un enfer qu'il aurait choisi.
Son hésitation était maintenant comme un vent tournant dans autour de sa tête, lui chuchotant avec une voix de velours combien se serait simple de fuir ou encore d'aller s'endormir. Oui, la facilité à le mérite d'être une possibilité séduisante par le peu d'effort à fournir pour y arriver.
Pourtant, sa résolution a pris le dessus ainsi que son envie d'être libéré de la chaîne entourant son cœur, ouvrant enfin la porte qu'il referme doucement derrière lui dans un clic dramatique. Lincoln s'appuie contre celle-ci, les mains croisés derrière lui, puis son menton se lève et ses yeux tombent sur une scène qui aurait bien pu être un reflet déformé de la réalité.
En face de lui se tenait une Lucy Loud imitant sa position, sauf que sa petite sœur, âgée de douze-ans, avait plié une de ses longues jambes couvertes par de longues chaussettes rayées contre celle-ci, dévoilant la peau nacrée de ses cuisses. Son regard parcours sa silhouette devenue l'exemple même du mot gracieux. Plus elle grandissait, plus elle devenait une femme douée d'une beauté fascinante. Mais cela n'était pas aussi magnifique que l'œil de sa sœur, exposé à sa vue tel un saphir faisant face au soleil. Tout cela, il le devait à une pince à cheveux retenant un côté de la frange de sa petite sœur, la pince en elle-même avait la forme d'une rose perdant ses pétales et ,bien entendu, le rouge éclatant était sa couleur car Lucy n'accepte rien d'autre que la couleur du sang pour décorer son corps mortel.
Les deux se regardent dans un silence plutôt étrange, chacun se faisant face comme le ferait deux inconnus qui ont remarqué que l'autre le regarde. Ce n'était pas hostile, pourtant ,au-dessus de leur tête, une tension était là, tendue comme la corde d'un violon. Il suffit d'une fausse note pour qu'un désastre ne frappe leurs âmes sensibles.
"Lucy."
"Lincoln."
Leurs noms roulent sur leurs langues, comme-ci il essaye de voir une nouvelle intonation. Étrangement, Lucy aime ce sentiment alors que Lincoln trouve cela vraiment déroutant. Ce nom devrait être familier et non pas une nouvelle note de musique qu'il doit étudier pour comprendre une chanson qui lui trotte dans la tête. Il voudrait aussi que le long couloir dans lequel il a grandi avec ses dix sœurs soit de nouveau chaleureux et surtout remplit de souvenirs innocents. .La tension dramatique ici lui donne l'impression d'être dans le couloir d'un vieux château, éclairé par une lune d'argent qui a décidé de lui montrer toute l'étendue de la beauté cachée de sa petite sœur, qui lui offre un demi sourire, ayant sûrement comprit ce qui se trame dans ses pensées.
"Il semble que nous soyons seuls"dit-elle avec autant de désinvolture qu'elle pu alors qu'elle jette un coup d'œil sur l'escalier vers lequel n'importe quel Loud pourrait arrivé en trombe.
"Souligner l'évidence n'est vraiment pas élégant tu sais" il dit avec un léger gloussement tout en fermant un instant ses yeux "Que nous soyons seuls n'est pas une surprise."
"Nous l'avons décidé" confirme t-elle en le regardant avec plus d'intensité "Ou devrais-je dire que tu as décidé que tu voulait qu'on soit seul."
Lincoln aurait aimé n'avoir aucune image de lui en train de marcher sur une corde raide, ne tenant strictement rien alors qu'en dessous de ses pieds une centaine d'yeux le regarde avec ennui, n'attendant rien de plus qu'il tombe pour enfin rire. Oui, l'image est aussi forte que le sentiment qu'il ne peut pas mentir, ni même tenter de minimiser ses paroles car il pourrait lui faire du mal.
Et ça, Lincoln ne l'accepte pas.
"Il fallait que je te parle avant ..."il se décroche enfin de sa position, venant doucement faire traîner sa paume sur le mur à sa gauche alors qu'il avance à pas de loup vers une Lucy devenue plus attentive à ses mouvements "...de perdre pour de bon ma raison."
Les années passées à traverser un enfer de sœurs toutes ayant un caractère à la hauteur de leur nom de famille aurons donné quelque petite chose à Lincoln, un physique adapté pour faire face aux dangers que lui offre si généreusement la vie, un esprit libre de toute pensée ennuyeuse pour toujours prévoir ce que le destin lui envoie, et pour finir un cœur ouvert à tout ce qu'il ressent véritablement livrant à ceux qu'il aime tout ce qu'il est sans rien retenir tel un prisonnier avouant ses pêchés.
C'est pour cela que Lucy sourit, c'est pour cela que Lincoln cherche une raison au pourquoi son cœur roule encore et encore, c'est pourquoi en cet instant lui et elle se regardent comme des inconnues qui ont trouver un trésor ensemble.
"Lucy je voudrait savoir ce que tu penses…"
Elle prit son temps, comme toujours elle pèse ses pensées comme Anubis le ferait avec un cœur qu'il vient d'arracher pour voir s'il est pur. Elle fredonne même en passant ses dents sur sa lèvre inférieure, chose qui bien sûr intéresse Lincoln qui pourtant s'arrête de bouger alors qu'elle pose son pied par terre, avançant vers lui comme le ferait une femme née pour être reine. Un pied après l'autre, elle vient vers lui comme un ange tout en affichant un sourire qui faisait de lui une statue qui ne vit que pour la regarder.
"Je pense..." sa voix laisse des traces d'un ronronnement affectueuse, alors qu'à son tour elle caresse le mur comme-ci c'était un rideau de soie "...à comment c'était amusant de chanter avec toi..."doucement, elle trace un cercle avec son index tout en gardant son œil sur lui "...combien j'étais euphorique à l'idée de danser avec toi…" ses pieds s'enfoncent doucement dans la moquette alors qu'elle se tient à un mètre de distance, son sourire montrant sa canine nacrée aux yeux admiratifs de son frère "...et combien j'ai faillit mourir ...quand on s'est embrassés."
Les grands conquérants de ce monde ont chargé des armées entières, les plus grands explorateurs de l'histoire ont affronté mère nature, et les plus grands génies des siècles passés ont supporté la bêtise humaine.
Lincoln Loud lui faisait face à son amour pour Lucy Loud.
"Pourtant tout cela n'est rien comparé à l'amour que je ressens en ce moment" dit-elle avec son sourire digne d'une duchesse alors que son doigt se lève jusqu'à s'enfoncer dans sa robe noir pour caresser son coeur battant le rythme "Et nous savons tous les deux que rien de tout cela n'est faux."
La société ainsi que la science puis beaucoup de religions à travers le monde lui dirait le contraire, Lincoln a juste choisi de dire tout autre chose.
"N'as-tu pas peur ?" demande-t-il sans rien nier car il n'arrive même pas à se mentir à lui-même "Si nous sommes un jour découverts, alors toi et moi on serra comme des martyrs qu'on envoie aux lions !"
"Lincoln" appelle-t-elle avec cette fois plus de fermeté dans sa voix si douce et ensorcelante "Dit moi ce que tu ressent."
Honnêtement, il aurait aimé qu'elle soit la plus raisonnable des deux, cela lui aurait évité tellement d'angoisse et de nuit blanche que le blanc voulait presque le lui reprocher. Fermant ses yeux une seconde, le jeune homme laisse sa main tomber pour ensuite prendre la sienne, leurs mains enlacées comme deux amoureux lui donne l'impression qu'il tenait le monde entier dans la paume de sa main, leurs peaux semblant se fondre l'une dans l'autre comme pour ne former qu'un. En fin de compte, Lincoln voyait tellement de signes qu'il se demande quoi nier. Il voulait sincèrement que son cœur ne soit pas un rebelle concernant ses sentiments pour cette fille qui as maintenant tant d'amour pour lui.
"Je devrait avoir peur ou du moins avoir l'impression de profiter de toi" avoue-t-il en frottant son pouce sur le dos de sa main, envoyant des étincelles de bonheur dans ses veines "Pourtant tout ce que je ressent, c'est de l'amour pour toi Lucy ...et tout ce que je veux maintenant, c'est t'avoir dans ma vie même si je dois souffrir."
C'était charmant, Lucy se sentait presque comme-ci toute les étoiles s'étaient alignées pour elle. Le soleil aurait pu mourir dans une explosion fantastique qu'elle s'en ficherait comme de sa première paire de chaussette longue. Ce qui comptait vraiment, c'est combien son cœur saute et sursaute à la seule vue de ce garçon qui habite ses pensées depuis tant d'années, de combien elle voulait profiter de chaque moment avec lui, combien elle était impatiente que leur vie commence pour affronter tous les dangers pour finir ensemble.
"Hum…" elle était maintenant tellement proche de lui que leur parfum se mélange, créant une odeur dans laquelle la brunette aimerai se plonger jusqu'à en perdre la raison "Nous allons sans aucun doute souffrir ...le monde entier est contre nous."
Un rire traverse la pomme d'Adam de son amoureux, qui vient maintenant enrouler un bras autour de son petit cadre qui sembler avoir été créé pour se blottir contre le sien. Appréciant cette nouvelle proximité, Lucy passe un bras dans son dos pour y laisser de lentes caresses affectueuses pour le Loud qui frotte sa tête contre la sienne.
"Le monde entier peux bien brûler" dit-il d'une voix chargée par l'euphorie du moment "Toi et moi danserons sur ses cendres"
C'est ainsi que Lincoln et Lucy se sont regardés avec tellement d'amour que Cupidon en a brisé ses flèches. Puis sans rien demander à l'univers, leurs lèvres se sont unis dans un baisé qui brise tellement de lois sur Terre que cela les fit frissonner de joie.
Interdit, destinés à n'être que frère et sœur pour cette vie, ils se sont quand même rencontrés au détour d'un baisé. Ils se sont aimés comme des dieux méprisant l'humanité, peu importe ce que le monde veux faire, Lincoln et Lucy se sont trouvés.
Pour ne plus jamais se quitter.
Chapitre lût et corrigé par Suiramenroc que je remercie de tout mon coeur.
