Bonjour, bonsoir,

Un chapitre un peu plus long que les deux premiers.

Enjoy,

Likocham.


Malefoy

Le Ministère était effervescent. Des centaines de sorciers et créatures magiques marchaient en tous sens, s'affairant à diverses tâches. Drago remarqua en premier l'imposante et immonde statue représentant un sorcier écrasant moldus et créatures magiques, planté au centre du grand Hall. Il entendit plus qu'il ne vit, les gens rechercher désespérément un proche ou encore se plaindre d'avoir perdu leur maison. Il put observer ensuite, à une extrémité, les installations médicales mises en place et les blessés qui affluaient petit à petit. Saint-Mangouste, l'hôpital magique, devait crouler sous les malades.

Narcissa et Drago, escortés par quatre aurors, avançaient lentement à travers la foule. Un jeune sorcier, plus jeune que Drago, zigzaguait entre les jambes des passants, un journal flottant au-dessus de sa tête.

— Celui-Dont-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom est mort, comment cela s'est-il passé ? Kingsley Shacklebolt est élu Ministre de la Magie par intérim, quelles sont ses premières actions ? Arrestation des mangemorts, qu'en dit le Magenmagot ?

La voix du garçon s'étouffa à mesure qu'il s'éloignait, répétant les gros titres du jour à qui y portaient attention.

Ce fut alors une autre voix qui attira l'attention du jeune Malefoy, à mesure qu'il avançait. Près des ascenseurs, une estrade avait été édifiée. Une femme, d'une quarantaine d'année, s'y tenait debout en récitant un discours. Ses paroles résonnaient dans l'Atrium, certainement amplifiées par un sortilège de Sonorus.

— … avons gagné une bataille ! Et nous pouvons en être fier ! Mais la guerre n'est pas finie ! Pas temps que les mangemorts resteront en liberté ! Alors, je vous demande de continuer à vous battre ! Vous battre pour la justice et pour la paix !

Elle écarta les bras, recevant les applaudissements de ceux qui l'écoutaient. Soudain, son regard se porta sur Drago. Comme bon nombre d'autres regards.

S'ils avaient fait une arrivée discrète, cela n'avait duré qu'un temps. En effet, le cortège que formaient les Malefoy encadrés par les aurors ne passait pas inaperçu. Progressivement, la foule à proximité d'eux ralentit et se rapprocha pour les observer. Les murmures et les rumeurs, pas forcément agréables à entendre, formèrent vite un brouhaha autour d'eux, attirant encore plus l'attention. Après quelques minutes à essayer de se frayer un chemin jusqu'aux ascenseurs, une voix sortit du lot.

— Excusez-moi ! Poussez-vous ! Pardon, je suis journaliste, laissez-moi passer ! Ah, excusez-moi, j'ai quelques questions à vous poser. Je suis Pomela Riskin, journaliste pour la Gazette. Vous êtes Tudor Humphrey, l'Auror, n'est ce pas ?

Une femme, la trentaine, habillée principalement d'un ensemble blazer jaune, les avait rejoint et marchait au pas de l'Auror qui était en tête du cortège, une plume à papote virevoltant autour d'elle.

— Est-ce bien Narcissa Malefoy que vous accompagnez ? Ainsi que son fils ? Les avez-vous arrêtés parce qu'ils font partie des partisans de Vous-savez-qui ? Vont-ils recevoir le baiser des détraqueurs ?

Face au silence de marbre de leur gardien, la journaliste se tourna vers Drago. Il la fixa d'un regard mauvais.

— Vous êtes Drago Malefoy n'est ce pas ? Où est votre père ? S'est-il enfui après la chute de Vous-savez-qui ?

Drago tenta d'ignorer ses questions malgré le malaise qui l'étreignait mais elle insista :

— Savez-vous où il se trouve ? Allez-vous coopérer avec le Ministère pour éviter la prison ?

Son père les avait abandonnés. Voilà où il se trouvait. Mais cette sorcière n'avait pas à le savoir alors Drago, blême de colère, cracha :

— Fichez le camp, sale vipère !

Un flash l'éblouit le temps d'un instant: elle venait de le prendre en photo. L'Auror le plus proche la repoussa, mais cela ne l'empêcha pas de continuer à s'égosiller :

— Lucius Malefoy était le bras droit de Vous-Savez-Qui non ? Comment allez-vous plaider votre cause ? Il paraît que votre maison était le QG des mangemorts, pouvez-vous confirmer ? Qui était avec vous ? Vous avez des noms ?

Enfin, les portes de l'ascenseur se refermèrent, faisant taire par la même occasion cette fouineuse jaune. Drago souffla de soulagement, mais pour une fraction de seconde seulement. Certaines de ses questions lui tournaient encore dans la tête. Qu'allaient-ils leur arriver maintenant ? Allaient-ils être jugé cette après-midi et envoyer à Azkaban ? Drago regarda sa mère, droite comme un i, fière et impassible. Non, elle ne pouvait pas aller dans ce genre d'endroit sordide, il empêcherait ça, quitte à dénoncer tous les mangemorts qu'il connaissait, même les plus insignifiants.

Mais les peurs de Drago ne se concrétisèrent pas. L'après midi ne fut pas de tout repos, on les interrogea, sur Lucius Malefoy, sur le quartier général qu'était devenu leur manoir, sur leurs propres activités au sein des mangemorts. Drago et Narcissa restèrent muets comme des tombes au sujet de Lucius et dirent le strict minimum pour le reste. On leur demanda de dénoncer des mangemorts ; ce qu'ils firent malgré quelques réticences. Mais c'était pour faire pencher la balance en leur faveur lors du jugement, leur assura-t-on. Ce dernier n'aurait lieu que dans quelques semaines d'après le sorcier du département de la justice qui les avait reçus. En attendant, on allait leur confisquer leur baguette et un traceur magique leur fut imposé. Ils ne devaient sous aucun prétexte quitter leur lieu de résidence jusqu'au jour du procès. Bien sûr, comme ils ne pouvaient retourner au manoir Malefoy, réquisitionné pour l'enquête, ils s'installeraient chez une cousine éloignée de Narcissa à la périphérie de Londres.

Une fois tous mis d'accord, on les laissa partir. L'auror Humphrey, qui les avait arrêtés au manoir les attendaient pour les raccompagner dans l'Atrium. Il semblait très en colère. Quand l'employé du département de la justice magique lui demanda de leur ôter les menottes, l'auror ne put s'empêcher de jurer. Malgré tout, il s'exécuta. Drago se sentit comme libéré d'un poids. Il n'avait plus sa baguette mais la magie pouvait de nouveau circuler librement dans ses veines.

Au rez-de-chaussée, la foule était toujours compacte et une dizaine de journalistes les attendaient désormais de pied ferme. Ils tentèrent de les ignorer, avançant tant bien que mal vers le réseau de cheminées. Soudain, quelqu'un scanda plus fort que les autres :

— Pour la justice ! Incendio !

Le sort atteignit le flanc de Drago et il fut projeté au sol, aux pieds de dizaines de personnes. Ses vêtements prenaient feu devant les yeux ébahis des sorciers qui n'amorcèrent aucun geste pour l'aider. Au contraire, une demie-douzaine d'appareils commença à le mitrailler de photos. Par Salazar, allait-on vraiment le laisser mourir brûlé vif devant des dizaines de sorciers qui le méprisaient ? Était-ce tout ce qu'il méritait au final ? Drago, paniqué, se roula sur le sol pour tenter de réduire les flammes mais le feu étant magique, l'étouffer ne servait à rien. Sa mère se précipita à ses côtés, impuissante.

— Aidez-le ! Mais aidez-le, bon sang !

Elle les suppliait. Elle, qui était bien supérieure à tous ces misérables, les suppliait de lui venir en aide. Quelle déchéance… La honte fit presque plus de mal à Drago que la brûlure des flammes qui commençait à lui ronger la peau. Ses cris de panique se transformèrent en gémissement de douleur. Finalement, c'est l'auror Humphrey qui fit sortir un jet d'eau de sa baguette, éteignant le feu en moins de deux secondes.

Drago, aidé de sa mère, se remit debout, le souffle court. Collés l'un à l'autre, ils se précipitèrent jusqu'à la première cheminée visible, toujours suivi par l'auror. Ce dernier, le regard empli de haine, les retint juste avant qu'ils ne pénètrent dans les flammes vertes.

— Vous êtes une honte pour les sorciers. Ne pensez pas que je vous ai sauvé. Le vrai bûcher viendra bientôt vous laver de tout le mal que vous avez causé.

Drago et Narcissa échangèrent un regard, puis le menton haut, ils disparurent dans les flammes avant de réapparaître l'instant d'après chez la cousine de Narcissa.

Cette dernière, une vieille fille très introvertie, les accueillit silencieusement. Elle ne semblait pas surprise de les voir débarquer ainsi. Narcissa et elle avaient apparemment déjà suggérer cette éventualité. Elle leur montra donc leur chambre à chacun. En silence, épuisé, Drago se retira dans la sienne pendant que sa mère demandait des onguents pour le soigner. La nuit était déjà tombée. Il s'assit sur son lit et commença à retirer sa veste lentement, ralenti par le tiraillement de sa peau, quand un bruit de papier froissé venant de sa poche calcinée lui rappela soudain sa situation. Le manoir, leur arrestation, l'interrogatoire, l'humiliation publique, tout ceci avait un but à la base. Précipitamment, il sortit le bout de parchemin noirci et le déplia, avide de reprendre sa lecture. Hélas, le centre avait été détruit par les flammes, ne laissant que quelques bribes de phrases apparentes.

« Maledictio Felimalis.

Incantation : Maudicus Animalis.

Par trois fois la sentence tombera,

Son corps chaque nuit se tordra

Et le monstre alors se réveillera.

Assoiffée et affamée

La bête hideuse…

Alors ils libéreront la créature

De toute forme de torture. »

A côté du poème incomplet, se trouvait le dessin de l'arrière-train d'une créature blanche. Ses pattes ressemblaient à celle d'un lion mais sa queue était pourvue de plumes. Il voyait également, sous la suie, le bout de grandes ailes. Sous le croquis, se trouvait une légende : « Felimalis à poils blancs ».

Rien d'autre n'était inscrit sur cette page. Drago retourna alors la feuille, mais le recto parlait d'un tout autre sujet. Aucun contre-sort, aucun remède. Seulement un vieil extrait de poème et un demi-dessin qui ne représentait même pas ce à quoi ressemblait Drago quand il se transformait la nuit. Chaque nuit.

De rage, le blond froissa le parchemin et le jeta à l'autre bout de la pièce. Il prit alors conscience que la soirée était déjà bien avancée et que le supplice ne tarderait pas à arriver. Il se leva, et entreprit de faire les cents pas. Son corps était parcouru de sueur froide dû à l'appréhension. Il n'avait quasiment pas dormi depuis quatre jours. Il n'avait aucune solution. Aucune putain de solution ! Les nerfs à vif, prit de tremblement, Drago saisit la petite chaise qui traînait dans un coin de la pièce et la balança le plus loin possible de lui. Elle frappa le mur puis le sol dans un grand fracas. Il fixait sa victime, le corps tendu quand la porte de sa chambre s'ouvrit à la volée sur sa mère.

— Drago ! Qu'y a t'il ?

— Tout cela n'a servi à rien, mère, lui répondit-il le regard perdu, tremblant.

— Oh mon enfant !

Narcissa s'approcha de son fils et lui prit la main.

— Nous trouverons, lui assura-t-elle. Nous chercherons sans relâche et nous trouverons une solution.

Cette nuit-là, la mère de Drago assista à la souffrance et à la transformation de son fils. Elle l'accompagna dans sa quête d'eau et de nourriture. Drago ressentait ces besoins primaires comme un supplice, un vide qu'il avait beaucoup de mal à remplir. Elle resta avec lui jusqu'au lever du jour malgré son apparence repoussante et son comportement bestial. La présence apaisante de sa mère permit au jeune Malefoy, une fois qu'il fut repu, de rattraper un peu de son sommeil en retard. Malheureusement, elle ne pourra pas toujours être là…

Et Drago était devenu ce qu'il méprisait le plus : une bête, sans contrôle.

Il ne pouvait se confier à personne, de peur que la rumeur se répande. Pas même à la cousine mutique de sa mère. En dehors des qu'en dira-t-on, il risquait surtout la prison. Comment prouver qu'il n'était pas dangereux si lui-même ignorait ce qu'il était devenu ? Rapidement, Narcissa et Drago prirent la décision de garder secrète sa condition, à minima jusqu'au procès. Cela limitait leur capacité à faire des recherches mais le dire était bien trop risqué.

Ce fut seulement deux semaines après leur première arrestation que le jeune sorcier et sa mère furent convoqués devant le magenmagot.

Drago fut le premier à être jugé. Vétu d'un costume noir, il entra dans la salle d'audience la tête haute malgré la fatigue et la peur qui l'accablaient. On lui indiqua de se placer dans un fauteuil, au centre de l'amphithéâtre. Dès que ses mains eurent touchés les accoudoirs, des sangles de cuir vinrent s'enrouler autour de ses poignets, l'empêchant de s'échapper. Esquissant une moue de dédain, (comme s'il allait fuir alors qu'il était venu de son plein gré) le jeune sorcier releva les yeux vers le Ministre de la Magie, Kingsley Shacklebolt.

— Confirmez-vous être Monsieur Drago Abraxas Malefoy ?

— Oui.

Son regard balaya l'ensemble des jury présents. Il y en avait une trentaine. Drago reconnut l'auror, Tudor Humphrey qui l'avait arrêté au manoir, ainsi que la femme qui faisait un discours sur l'estrade de l'Atrium quelques semaines avant. Elle avait les cheveux courts, noirs et le regardait d'un air mauvais. Mais elle n'était pas la seule, la plupart des sorciers présents lui renvoyaient de la suspicion ou de la haine. Seul Shacklebolt gardait une expression neutre. Drago commença à avoir les mains moites, il ne s'était jamais senti aussi proche de finir à Azkaban. Il ne put empêcher ses sens de se décupler sous le coup de la nervosité. Il voyait les jurys se pencher les uns vers les autres pour murmurer des choses à son propos. Il entendait les cliquetis des appareils photos que tenait une bande de journalistes sur son côté gauche. Son procès était apparemment de notoriété publique. S'il tombait, le monde sorcier entier verrait sa chute. Alors, Drago se força à garder un masque d'impassibilité.

— Monsieur Malefoy, vous êtes accusés d'être un mangemort impliquant la complicité de meurtre, et d'acte de torture. Que plaidez-vous ?

— Coupable.

Un murmure d'étonnement s'éleva dans la salle. Apparemment, ils ne s'attendaient pas à ce qu'il avoue. Un homme d'une soixantaine d'années s'avança au devant de Drago.

— Néanmoins, Monsieur Malefoy peut prétendre à des circonstances atténuantes.

Le silence se fit suite à cette déclaration, Shacklebolt pencha la tête vers l'homme, intéressé. Il s'agissait de l'avocat de la famille Malefoy, travaillant pour eux depuis le début de sa carrière. Un homme à l'apparence très stricte, de sa robe noire parfaitement repassée à sa moustache rectangulaire. La seule fioriture existante dans sa tenue était de minuscules lunettes rondes qui tenaient au bout de son nez droit.

— Nous vous écoutons, Maître Square.

— Il est important de rappeler qu'au moment de son enrôlement au sein des mangemorts, le jeune Drago était mineur. Il a grandi au sein d'une famille de sang-pur dont les idéologies l'ont poussé à rapidement être en contact avec la magie noire et ses pratiquants. Mais grandir dans ces conditions ne fait pas de lui une mauvaise personne, simplement un enfant né au mauvais endroit.

— Ce n'est plus un enfant, il est majeur désormais, intervint une sorcière d'âge mûr en haut de l'estrade.

— C'est juste Dorothy, répondit l'avocat, mais à peine. N'oublions pas qu'il n'a pas terminé sa scolarité à l'école Poudlard, il a encore des ASPICs à passer.

— Si nous y consentons, ironisa un sorcier affublé d'une épaisse moustache.

— Il est vrai… Je n'ai plus rien à dire pour le moment. Je laisse la parole à ces messieurs dames les jurys.

Drago grimace. Le plaidoyer de son avocat était assez faible, il doutait que cela suffise à faire pencher la balance en sa faveur. Et quand vint la première question, il sut qu'il était fichu.

— Monsieur Malefoy, étiez-vous présent lors de l'assassinat d'Albus Dumbledore ?

— Oui.

— Avez-vous tenté quelque chose pour lui venir en aide ?

— Non mais…

— Monsieur Malefoy, étiez-vous présent lors de l'assassinat de Charity Burbage ?

Drago mit quelques secondes à se rappeler qui était cette Burbage, avant de se souvenir qu'elle était enseignante à Poudlard avant que Voldemort ne la tue de sang-froid.

— Oui.

— Avez-vous tenté quelque chose pour lui venir en aide ?

— Non…

Ainsi, plusieurs membres du jury lui posèrent des questions sur son implication dans tel ou tel meutre. Ensuite, on lui fit la liste des personnes qui avaient été torturées ou enfermées au manoir Malefoy. Parfois, il connaissait les personnes nommées, parfois pas du tout. Son avocat le décrivit comme un spectateur passif, sous la menace du mage noir. Au fond de lui, la culpabilité rongeait Drago. Bien sûr qu'il avait torturé des gens, sous la contrainte certes mais tout de même. Avec le recul, il se disait qu'il aurait pu faire tellement mieux. Les centaines de questions que lui posaient les jurys commencèrent à donner la migraine à Drago. La nausée le gagnait.

— Monsieur Malefoy, avez-vous assisté au meurtre de Margaret Humphrey ?

Drago tourna la tête vers l'auror Tudor Humphrey. Il le fixait avec tellement de haine qu'il aurait pu le tuer sur place. De toute évidence, la victime dont il lui parlait devait être de sa famille.

— Non. Je ne sais pas qui c'est.

— Menteur, cracha l'homme en se redressant. Il a été prouvé après une étude de sa dépouille qu'elle a séjourné dans votre manoir avant d'être lâchement assassiné !

— Je n'avais pas connaissance de tous les prisonniers. Je ne connais pas cette femme.

— Arrête de mentir, sale petit vaurien !

— Monsieur le Ministre, intervint l'avocat de Drago, il semblerait qu'il y ait un affect particulier avec cette affaire qui ne peut être tolérée dans un procès équitable.

Entre temps, la femme aux cheveux courts avaient saisit la manche de l'auror Humphrey, l'incitant à se rasseoir. Elle murmura quelque chose à son oreille qui sembla l'apaiser, bien qu'il lui lança toujours un regard noir.

— Effectivement… Monsieur Humphrey, êtes-vous capable de garder votre impartialité lors de ce procès ?

— Oui, Monsieur le Ministre.

— Bien, nous en avons fini avec les questions. Je redonnes donc la parole à la défense. Maître Square, il me semblait que vous aviez un témoin.

— Oui, Monsieur le Ministre. J'appelle Monsieur Harry Potter à témoigner.

Un nouveau murmure s'éleva dans la salle. Drago savait que son avocat avait fait appel à lui mais il n'aurait jamais penser qu'il viendrait vraiment. L'élu, le sauveur, qui venait parler en sa faveur alors qu'ils étaient rivaux depuis leur première année, il était difficile d'y croire.

Drago redoutait l'entourloupe, même quand Potter lui adressa un signe de tête en le voyant, même quand il jura de dire toute la vérité devant l'assemblée et même quand il conta toutes les fois où Drago avait hésité, où il avait voulu faire marche arrière.

— Je sais que Drago Malefoy n'a pas agi en héros, il avait peur, et beaucoup d'entre nous auraient été terrorisés devant la menace de mort que représentait Voldemort. Il menaçait de torturer Drago, ainsi que ses parents s'il ne faisait pas ce qu'il désirait.

Comment savait-il ça ? L'assistance, elle, ne se posa pas de question. Elle était pendue à ses lèvres. Drago reconnaissait qu'il ne pouvait pas rêver meilleure défense.

— Il était pris au piège, comme bon nombre des victimes qui se sont retrouvées enfermées au manoir Malefoy.

Un silence se fit. Potter toussota.

— C'est tout ce que j'avais à dire.

— Merci, Monsieur Potter pour votre témoignage. Quelqu'un a-t-il quelque chose à ajouter ? Non ? Alors nous allons passer au vote…

L'ambiance avait radicalement changé. Drago observa à nouveau les jurys qui le surplombaient depuis les estrades. A leur visage, il comprit que leur façon de le percevoir avait basculé. Dorénavant, la plupart abordait des airs de pitié.

Drago se sentait mal à l'aise face à ça, il commençait presque à regretter leur haine. Mais il ne dit rien, ne fit rien. Cette situation était à son avantage.

— Qui sont pour l'envoie immédiat à Azkaban, la prison des sorciers ?

L'auror Humphrey, la sorcière aux cheveux courts et trois autres sorciers levèrent la main. Ceux-là n'avaient pas changé d'avis à son sujet. Peu importe ce qu'il aurait pu dire ou faire, leur décision était prise depuis le début : le nom Malefoy méritait de croupir en prison.

— Qui sont pour une peine minimale ?

Le reste des jurys, ainsi que le Ministre, levèrent leur main droite. Le cœur de Drago sembla exploser dans sa poitrine : il allait être libre.

— Bien, Monsieur Drago Malefoy, vous avez été retenu coupable de complicité de crimes contre la communauté sorcière. Compte tenu des circonstances atténuantes à votre encontre, vous êtes condamné, par le magenmagot, à un an de liberté conditionnelle avec travaux d'intérêt général à l'école de sorcellerie de Poudlard. Vous les réaliserez en parallèle de vos cours où votre présence sera obligatoire et ce en vu de l'obtention de vos ASPICs. La séance est levée.

Alors, Shacklebolt frappa un coup de marteau sur son pupitre et l'assemblée de sorciers se leva d'un même mouvement.

Un an de travaux forcés à Poudlard et il serait libre. Drago ressentit un soulagement si intense qu'il peinait à y croire. Avant de quitter les lieux, on lui rendit sa baguette, puis on lui annonça qu'il partirait dans deux jours pour accomplir sa tâche, après le procès de sa mère.


La sentence est tombée ! On peut dire merci à Harry !

J'espère que ce chapitre vous a plu ! Je rappelle que j'écris seule, sans bêta lectrice ou autre correction. J'accepte les critiques mais l'histoire ne changera pas, j'écris avant tout pour moi ! Si vous remarquez des fautes gênantes ou des incohérences, n'hésitez toutefois pas à me le signaler et je le corrigerais !

Prochain chapitre mardi... on changera de POV !