Bonjour !
Merci à toustes pour vos lectures et reviews (que je lis et promis je réponds quand j'ai le temps).
C'est beaucoup moins triste qu'hier et aujourd'hui on explore du F/F !
Bonne lecture !

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Jour 5 :
- Prompt : Première expérience
- Contraintes : Période Next Gen ; Astoria Greengrass ; Restaurant/Bar ; Loup-garou ; Au présent ; "C'est une phase" ; Suggestion de ficlet sur notre serveur
Attention, avec ce ficlet, le rating du recueil passe en M !


Pas une phase

Astoria tourne les pages de son livre lentement, prise par l'histoire palpitante des deux sorcières qui parcourent le monde pour trouver des remèdes à la lycanthropie. Si seulement on lui avait dit un jour que ce genre de sujet pourrait l'intéresser, elle n'y aurait pas cru. Et pourtant, désormais, Astoria est une fervente défenseuse des loups-garous. Juste à côté de sa main, son cappuccino épicé oublié est presque froid. Les petits bruits ambiants de Florian Fortarôme ne sont pas assez forts pour la sortir de sa lecture. Au contraire, ils donnent une impression de vie qui change agréablement de son quotidien un peu vide.

C'est le lot de tous les parents, un jour leurs enfants quittent le nid et la maison se retrouve vide. Surtout lorsque les parents se séparent. Cela fait partie de la vie, Astoria n'en veut pas à Drago. Après tout, leur mariage était surtout une union de convenance à une époque où ils n'avaient pas osé se rebeller. Elle était tombée amoureuse, elle. Pas lui. Elle l'avait su dès le départ. Il le lui avait dit. Elle s'était mariée quand même, cela arrangeait tout le monde.

Distraitement, Astoria porte sa boisson à sa bouche et grimace. Elle la réchauffe d'un coup de baguette et la termine en quelques lampées. Ce n'est jamais aussi bon avec la magie. Puis elle se replonge dans son histoire. Les deux sorcières sont tombées amoureuses et leurs premiers émois touchent Astoria. Son cœur palpite un peu plus vite dans sa poitrine alors qu'elle se met à leur place. Les regards dérobés, les gestes appuyés, mais innocents, les baisers au coin des lèvres qui se déportent au dernier moment, l'étonnement puis la détermination. Les mains qui se faufilent sous les robes, empoignent les cuisses, remontent jusqu'aux fesses pour se glisser dans la culotte.

Astoria frémit et se tortille sur sa chaise. Elle retient ses soupirs alors que les héroïnes se déshabillent et s'embrassent sans retenue. L'inexpérience des premières fois transparaît dans les lignes et Astoria se souvient. Elle aussi a connu ça. Avant Drago. Elle lui a fait croire qu'elle était vierge, ce qui était totalement faux. Astoria lit et ses joues rougissent pendant que des mains caressent des seins érigés vers le ciel, que des bouches embrassent les plis de sexes humides. Ses sous-vêtements seront bientôt bons à être essorés…

Elle se souvient. Les mains blanches de Pansy sur elle, le plaisir qu'elle a vraiment découvert grâce à elle. Elles n'étaient pas bien vieilles, peut-être même trop jeunes pour vraiment avoir conscience de la transgression dont elles faisaient preuve. Ou peut-être pas, peut-être qu'au contraire, elle était voulue, cette rébellion silencieuse. Enfin, silencieuse, si l'on veut. Astoria se souvient des gémissements et des cris dans le dortoir, quand elles étaient seules.

Astoria n'a jamais remercié son amie. Enfin c'était plutôt l'amie de Daphnée, mais peu importe. Astoria sait que sans elle, elle n'aurait jamais osé être épanouie dans sa sexualité. Sa première expérience a pavé tout le reste de sa vie. Et pour cela, elle lui en est reconnaissante.

Astoria termine son livre alors que le soleil se couche sur le Chemin de Traverse. Le serveur vient récupérer la nombreuse vaisselle qui s'est empilée sur la table au cours de la journée. Ils ferment. Elle range ses affaires, paye ses consommations et sort sous la neige qui tombe depuis un petit moment maintenant. Elle resserre son écharpe autour de son cou, son souffle fait des ronds dans l'air froid. D'un pas vif, elle se rend à l'aire de transplanage la plus proche et arrive très vite dans un jardin plein de fouillis. Elle a appris à aimer ce jardin qui ressemble à sa propriétaire. Elle toque à la porte de derrière et celle-ci s'ouvre rapidement sur un visage rond encadré de longs cheveux roux qui lui sourit.

— J'ai cru que tu ne viendrais plus, reproche Ginny en lui prenant ses affaires.

— Désolée, j'étais prise par mon roman ! J'ai oublié l'heure.

— Ha ha ha, t'as fini alors ?

— Oui !

Astoria raconte la fin du livre en la suivant jusqu'au salon, son regard fixé sur ses fesses rebondies moulées par son jean. Elle sait que les gens ignorants disent que c'est une phase. Que ce genre de chose n'arrive qu'aux adolescentes et que la maturité leur remet les pendules à l'heure. Alors qu'elle s'installe face à son amie, Astoria sait aussi que ce n'est pas une phase. Et pour cela aussi, elle peut remercier Pansy.