Merci pour vos reviews ça m'a motivé à fond pour continuer à écrire ! J'ai donc décidé de publier le chapitre 3 dans la foulée et non pas la semaine prochaine !

Merci de suivre cette fiction qui j'espère est et continuera d'être à votre goût.

Enjoy !

April


Chapitre 3

Mer du Nouveau Monde, navire de Barbe Blanche, infirmerie.

Lorsque Marco ouvrit les yeux il était étendu dans l'un des nombreux lits de l'infirmerie. Tandis que son regard suivait des grains de poussière virevoltants dans les rayons de soleil filtrants du hublot sur sa gauche, un bruit de respiration profonde se fit entendre. Il se releva donc doucement et observa la silhouette dans le lit voisin. La jeune femme semblait apaisée, les traits de son visage étaient détendus et sa poitrine se soulevait avec régularité. L'un des infirmiers avait dû lui retirer son long manteau et ses bottes car elle ne portait plus que son pantalon qui s'avérerait être un pantacourt et une chemise blanche. Ses poignards à ses hanches avaient eux aussi disparus. De plus l'étrange créature, qui avait à présent la taille d'un gros lézard, était lovée dans son cou, sa tête reposant sur sa poitrine qu'on devinait à travers le tissu. Le commandant de la première flotte s'arracha à sa contemplation et se releva tout en se remémorant les évènements qui s'étaient déroulés plus tôt. Il lança un dernier coup d'œil à l'inconnue qui dormait paisiblement avant de sortir de la pièce bien déterminé à savoir ce qu'il s'était passé après sa perte de connaissance.

Alors qu'il parcourait le couloir menant au pont, Vista apparut dans son champ de vision.

- Ah Marco ! Tu es réveillé, père veut te voir.

- Bien, de toute façon je m'y rendais.

Le sabreur le dévisageait gravement, soudain il lui lança :

- Tout va bien ?

Marco haussa un sourcil face au ton sérieux de son nakama.

- Oui ça va, c'est juste que...

- Oui ?, L'invita le sabreur.

- L'expérience que je viens de vivre m'a retourné. Quand elle m'a agrippé le bras j'ai senti mon énergie et mon pouvoir faiblir. C'est comme si elle en avait aspiré une partie. Mais le pire dans cette histoire c'est que je n'ai rien fait pour l'en empêcher. Si elle avait voulu me tuer elle aurait pu le faire sans problème .

Suite à sa tirade Marco avait le regard sombre. Vista posa une main chaleureuse sur son épaule et lui offrit l'un de ses fameux sourires.

- Tu es trop dur envers toi-même. Personne ne s'y attendait et puis le capitaine a senti qu'il n'y avait pas de danger, cette jeune femme ne te voulait aucun mal. C'est sûrement pour cela que tu n'as pas instinctivement réagi. Maintenant vas, père t'attend.

Marco lança à son vieil ami un regard reconnaissant puis se dirigea d'un bon pas vers la cabine de Barbe Blanche. Arrivé devant l'immense porte il chassa toutes pensées négatives et frappa. La réponse ne se fit pas attendre, il entra donc.

Barbe Blanche était nonchalamment étendu sur son lit, il invita d'un geste de la main son fils à s'asseoir dans un fauteuil devant lui. Il prît la parole le premier :

- Comment te sens tu ?

- Bien, on dirait que mon sommeil forcé m'a été bénéfique. Plus précisément je n'ai aucune séquelle de ce qui s'est passé.

Le grand homme posa une main sur son menton tout en étant pensif.

- Qu'a fait exactement cette jeune femme pour que tu t'évanouisses ainsi ? Ça ne te ressemble pas.

- J'ai moi-même était surpris, c'est comme si elle aspirait mon énergie vitale et mon pouvoir.

- Ton pouvoir ?

- Oui, c'était étrange, elle puisait dans mon fruit du démon. Je pense que si j'avais tenté une transformation je ne l'aurais pas réussie. J'étais étrangement démuni face à son pouvoir.

Le capitaine pencha la tête sur le côté tout en dévisageant son second, intrigué.

- Et maintenant, ton pouvoir est-il toujours le même ?

Marco serra le poing droit qui fut entouré de flammes bleues.

- J'ai retrouvé la totalité de mes facultés.

- Bien. Maintenant décris moi son fruit du démon.

Le commandant de la première flotte sembla réfléchir profondément quelques instants. Barbe Blanche ne le coupa pas dans ses réflexions. Puis le phénix releva la tête et plongea son regard dans celui de l'homme en face de lui.

- Je ne pense pas que ce soit un fruit du démon, c'est bien plus étrange, je n'avais jamais rien vu de tel. Ses yeux sont devenus verts alors qu'au début ils étaient ambrés et puis d'étranges symboles sont apparus sur son visage et ses mains mais je pense que tout son corps en était recouvert. De plus la lumière qui est sortie de sa paume était très étrange mais le plus intrigant c'était la phrase qu'elle répétait en boucle, quelque chose à propos de magie et du corps de la créature. Un peu comme si elle voulait sceller quelque chose dans la bête en utilisant sa propre énergie et au passage la mienne. J'ai littéralement sentis mes forces passer de mon corps à celui de sa créature jusqu'à que celle-ci prenne la taille qu'elle a actuellement. D'une simple phrase et d'un touché elle m'a mis à genoux.

Sur cette dernière phrase Marco ne pu s'empêcher de frissonner au souvenir de la sensation ressentie. Il conclut en disant dans un murmure:

- Cette fille et cette bête sont potentiellement dangereuses.

Barbe Blanche méditait sur les paroles de son second, il semblait perplexe. Il comprenait que le phénix se méfie de la créature même si elle ne faisait plus qu'une trentaine de centimètres mais il n'avait ressenti aucune animosité de la part de l'inconnue, juste la peur, immense et la tristesse terrassante.

Marco repris devant l'air absent et méditatif du capitaine :

- Je pense que l'on doit se méfier de cette femme qui est sortie de ce trou noir, même si tout à bien fini. Le plus sage serait de la surveiller et la déposer sur la prochaine île que nous atteindrons.

- Je ne pense pas qu'elle soit dangereuse et puis cette bête nous l'a confiée. Si cela peut te rassurer essayes d'en apprendre plus à son sujet le temps qu'on se décide. Maintenant vas, tu dois avoir faim, cela fait une journée entière que tu as perdu connaissance.

Le phénix s'inclina face à la décision de son père tout en serrant les dents. Il n'était pas tout à fait du même avis que celui-ci et comptais bien surveiller l'inconnue quand elle se réveillerait. Avant d'aller à la cantine, d'où s'élevait des discussions joyeuses et animées, il passa de nouveau à l'infirmerie pour indiquer au médecin de bord de le prévenir quand la femme reprendrait connaissance.

Arrivé dans la grande salle où ses camarades étaient réunis autour d'un repas chaud, certains d'entre eux se précipitèrent à sa rencontre lui posant mille questions à propos de l'inconnue à l'infirmerie. Secouant la tête il les rabroua gentiment et vînt s'asseoir à la table des commandants qui s'enquirent de son état de santé. Entre deux bouchées de son plat, Marco exposait sa méfiance envers la jeune femme. Alors qu'il incitait certains à la surveiller, Izou tapa du poing sur la table faisant se retourner toutes la tablée vers lui. Il s'écria :

- Voyons Maco et pourquoi pas la ligoter avec des chaînes en granit marin dans le fond des cales pendant que tu y es ! Ce n'est qu'une jeune femme qui est perdue et qui a besoin de notre aide. Certes la créature qui était avec elle avait l'air redoutable mais maintenant elle est inoffensive. En tout cas ne compte pas sur moi pour effrayer cette fille dès son réveil, tu n'es qu'un goujat sans cœur !

Sur cette tirade le commandant de la seizième division quitta la table en de grandes enjambées plantant un Marco médusé. Il se tourna alors vers Joz qui se sentit obligé de répondre à sa question muette :

- Il n'a pas tort, je ne comprend pas moi-même pourquoi tu ressens autant d'animosité envers cette femme. On devrait pouvoir réussir à gérer une gamine.

Certains commandants approuvèrent les paroles d'Izou et Joz. Marco s'en senti que plus perdu, il quitta donc le banc sur lequel il était assis sans même prendre le temps de finir son assiette. Curiel le rattrapa par l'épaule avant qu'il n'atteigne le couloir où se trouvait les cabines des commandants.

- Ils n'ont pas dit ça pour te vexer mais pour que tu prennes en compte la portée de tes paroles.

Le phénix souffla.

- Je sais, je suis juste fatigué ce soir. J'ai été stupide.

Curiel lui sourit de toutes ses dents.

- Aller, va te reposer je surveillerai la demoiselle et sois sûr que je te préviendrai s'il se passe le moindre problème.

Le phénix remercia son camarade avant d'emprunter le couloir menant à sa chambre. Une fois dans celle-ci il s'écroula sur son lit faisant grincer les lattes. C'est en se demandant s'il n'était pas parano et sur-prudent qu'il s'endormit d'un sommeil sans rêves.

Pendant ce temps à l'infirmerie Isaya s'agitait dans l'étrange coma où elle se trouvait. Elle revivait son combat avec Jace puis la peur qu'elle avait ressentie en croyant perdre Ojutaï et en étant aspiré par son propre sort. Puis son réveil face à cet homme blond aux yeux plissés et à l'étrange coupe de cheveux. Et enfin elle revoyait son dragon tremblant de douleur et son incapacité à le sauver. L'impuissance qu'elle avait ressentie à ce moment-là était de loin la chose la plus terrifiante qu'elle avait pu vivre durant son existence. Sentant le rythme cardiaque de sa maîtresse augmenter dans son sommeil, le petit dragon souffla doucement de l'air chaud sur son visage pour la rassurer. Elle se détendit instantanément et son souffle redevint régulier et profond. Ojutaï se relogea dans le cou frêle de la jeune femme et se rendormit d'un œil, montant la garde.

Le lendemain matin, quand la dragonnière ouvrit les yeux, tout lui paraissait flou et elle se sentait étrangement vidé, son corps semblait froid. Elle ne pu arrêter un frisson qui descendit le long de sa colonne vertébrale et enroula ses bras autour de ses jambes tout en se redressant. Isaya senti une masse glisser de son épaule et ouvrit la bouche avec stupeur. Elle avait réussi, Ojutaï était vivant !

En effet le dragon n'était redevenu qu'un dragonneau de la taille de son avant-bras. Elle sourit, attendrie, face à la petite créature qu'elle avait pris dans ses bras. Cela lui rappelait le jour où l'œuf de celui-ci avait éclot, elle se sentait si fière à ce moment-là !

- "Je m'en rappelle comme si c'était hier, j'ai entendu ta voix m'appeler et j'ai su que je devais te rencontrer".

- Ojutaï ! Mais tu peux communiquer !

Le petit dragon redressa la tête fièrement et lui répondit :

- "Ce n'est pas parce que j'ai retrouvé la taille d'un nouveau-né que j'ai perdu mes capacités d'adulte. Bien sûr je ne peux pas souffler le feu, je m'épuise rapidement et te parler mentalement me coûte mais j'ai gardé la plupart de mes facultés. Si je récupère de l'énergie magique je retrouverai ma taille et ma force initiale."

- Mais c'est génial j'ai cru que j'allais devoir attendre une dizaine d'années avant que je puisse à nouveau voler sur ton dos !

- "Il nous faut d'abord retrouver tes pouvoirs ne serais-ce qu'un fragment. Si tu n'avais pas utilisé une partie de ta magie restante tu aurais pu être bien plus puissante aujourd'hui et les cubes de pouvoir perdu auraient été en ta possession rapidement."

Alors qu'il finissait de la réprimander, Isaya grogna :

- Et te laisser mourir puis rentrer sagement au royaume et refaire ma vie ? Hors de question, non merci ! On rentre ensemble un point c'est tout.

Le petit dragon soupira d'aise devant le visage résolu de sa maîtresse, dans le fond il était heureux qu'elle ne l'ai pas écouté. Sentant qu'il avait utilisé trop de ses forces pour communiquer avec Isaya, il se roula en boule dans le creux de son bras dans un bâillement puissant.

La dragonnière sourit tendrement et tout en se levant du lit, plaça délicatement le dragon sur l'oreiller. Elle redressa alors la tête et du regard chercha le reste de ses affaires mais ni ses lames ni son manteau n'étaient présents, ils ne lui avaient même pas laissé ses bottes. Elle haussa les épaules en se disant que s'il fallait elle pouvait fuir pieds nus.

C'est avec appréhension qu'elle posa la main sur la poignée de la porte qui la plongerait définitivement dans un monde qui lui était totalement inconnu.


Hé hé, à la semaine prochaine ou à plus tôt (qui sait) ;)