Sorry pour l'attente ! J'ai trouvé un emploi saisonnier au dernier moment mais me revoilà dans un endroit fixe où je pourrais me consacrer entièrement à cette fiction, du moins jusqu'à ce que je rebouge ^^ (je ne tiens pas vraiment en place).

Breeef, voici la suite de la fic, j'espère que ce chapitre 5 vous plaira !

PS: Merci pour toutes ces reviews hyper encourageantes qui me donne une de ces patates pour écrire ! ;)

Enjoy

April


Chapitre 5

Alors que son escargoréveil sonnait depuis plusieurs minutes déjà, Marco poussa un grognement de mécontentement et envoya valser, à travers la cabine, le pauvre animal qui avait eu le malheur de le réveiller. Le Phénix entrouvrit les yeux et souffla un bon coup avant de se redresser sur son séant puis se lever dans la foulée et se diriger vers la petite salle de bain attenante à la cabine (luxe auquel il avait droit en temps que second du capitaine). Au bout de dix minutes sous l'eau chaude, il émergea complètement et coupa le dernier filet d'eau avant de sortir du bac pour se sécher puis s'habiller.

Puis il passa une main dans ses cheveux dans un rituel matinal avant d'ouvrir la porte de la chambre et emprunter le couloir tout en suivant l'odeur des croissants chauds. Alors qu'il flânait dans les couloirs, prenant son temps avant d'aller en cuisine, il se figea devant une porte et resta statique quelques secondes avant de toquer.

- Doc ? Tu es là ?

Une réponse tarda à se faire attendre mais traversa quand même l'épaisseur du bois :

- Oui, entre Marco.

- Salut Gil ! Je venais voir comment ça se passe avec la f-

Marco se figea tandis que la porte se fermait dans son dos. Son ton jusque-là enthousiaste se fit dur et froid :

- Où est-elle ?

Sur ces mots Gil se détourna d'une fiole contenant un médicament qu'il était en train d'étiqueter. Marco lui faisait face, une moue mécontente sur le visage et ses sourcils étaient tellement froncés qu'ils menaçaient de se toucher. Face à cette vision le médecin éclata de rire. Surpris par sa réaction Marco grogna mais avant qu'il puisse dire quoi que ce soit le médecin leva la main en signe de paix et lui offrit un sourire en coin.

- Son état de santé me semblait correct et j'ai pensé qu'un petit déjeuner ne pouvait que lui faire du bien.

- J'avais demandé à ce qu'on me prévienne dès qu'elle se réveillerait !

Sur ces paroles il croisa les bras sur son torse musclé d'un air supérieur.

Le médecin souffla tout en retirant ses lunettes. Alors qu'il se pinçait l'arête du nez il répondit d'un ton calme au commandant face à lui :

- Sans vouloir te manquer de respect ton autorité de commandant ne s'applique pas à moi et encore moins quand il s'agit d'une patiente que je supervise personnellement.

Marco ne sut que répondre, il n'avait pas tort. Gil était libre de prendre les décisions qu'il voulait au sein de son infirmerie surtout quand il s'agissait de personnes en convalescence. De plus il savait que le médecin n'était pas stupide, loin de là, il possédait une très bonne perception et intuition sur les individus qu'il rencontrai en plus d'être fin psychologue, ce qui pouvait être agaçant parfois. Si cette fille était réellement dangereuse il ne l'aurait pas laisser sortir librement de l'infirmerie.

Alors que Marco réfléchissait, le médecin ne pu s'empêcher de laisser son éternel sourire en coin apparaître. C'était extrêmement rare que le Phénix n'ai pas cet air neutre qu'il arborait en tout temps. Non aujourd'hui Gil pouvait lire librement sur son visage : le doute, la crainte et un soupçon de remord. Il semblait dérouté par sa propre attitude. Le médecin décida de couper court à ses pensées.

- Elle est avec Satch au réfectoire.

Sur ces mots il s'en retourna à ses fioles. Marco comprit le message : maintenant il travaillait, qu'on le laisse en paix. Il se retira donc de l'infirmerie sans bruit pour se diriger vers la cantine. Arrivé devant les portes le bruit pourtant important des conversations se coupa lorsqu'il entendit à travers les battants :

- Je me nomme Isaya Bengali et je viens de la ville d'Arakum du pays d'Erevan. En résumé je viens d'un autre monde qui se situe dans une autre dimension.

Sa main se figea sur le bois et tandis qu'un silence presque religieux répondit à la déclaration de la jeune femme, il entra lentement dans la pièce, le visage fermé et neutre. Tous les yeux se tournèrent vers lui dont deux d'un ambre éclatant de férocité et de volonté. Ses pas le guidèrent vers la table où siégeait la propriétaire de ce regard si particulier.

Isaya reconnut l'homme qui la surplombait de toute sa stature. N'osant parler et légèrement inquiète elle soutenu son regard inquisiteur. Il détourna les yeux vers Satch assis en face d'elle.

- Je te l'emprunte. Elle doit rencontrer Père.

L'homme de la quatrième division n'eut même pas le temps de riposter qu'Isaya fut remise sur ses pieds nus sans avoir le temps de dire ouf. Une main se glissa ensuite sur son coude et la traîna gentiment mais tout de même avec fermeté vers la sortie.

Une fois le réfectoire passé, l'homme blond la lâcha et se tourna vers elle.

- C'est vrai ce que tu viens de dire ?

Elle fut estomaquée par sa question pleine de condescendance et cracha presque la réponse :

- Bien sûr que oui, un dragonnier ne ment jamais, il se doit d'être juste à tout instant.

Cette réponse parut lui plaire car il détendit les muscles de ses épaules et invita la jeune femme à le suivre. Elle dut allonger le pas pour rester à sa hauteur tout en se disant que cet homme était vraiment étrange. Alors qu'elle arrivait enfin à suivre le rythme, Isaya sursauta face au regard sondeur qu'il lui lançait de côté. Tout en marchant il se pencha sur la jeune femme à la chevelure flocon.

- Pourquoi tes cheveux sont devenus blancs ? Et que m'as-tu fait ce jour-là ?

Isaya hésitait et se remit à cogiter intensément, devait-elle vraiment tout dire à ces gens qu'elle ne connaissait pas du tout ou devait-elle quand même rester quelque peu sur ses gardes et se méfier ? Elle venait déjà de lâcher une bombe en annonçant qu'elle venait d'un autre monde. Mais ces informations là ne pouvaient mettre en danger son royaume tandis que celles que l'homme en face d'elle réclamait, c'était une autre histoire. D'un côté c'était aussi grâce à lui qu'Ojutaï avait été sauvé. Sans oublier qu'elle était déjà dans un bourbier sans nom.

{-}

Pendant ce temps Marco était silencieux, il voyait bien que la demoiselle hésitait et même s'il bouillonnait d'envie de savoir ce qu'elle cachait il attendit patiemment sa réponse. Celle-ci ne vint que bien plus tard alors qu'ils avaient presque atteint la cabine du capitaine du navire.

- Je- J'ai dû utiliser plus d'énergie que ce que mon corps pouvait supporter, je suppose que le changement de coloration de mes cheveux n'est qu'une conséquence de ceci.

- Ça a donc un rapport avec ton fruit du démon ?

L'incompréhension totale pu se lire sur le visage de la jeune femme. Marco poussa un soupir.

- Disons plutôt ton « pouvoir ». Que m'as-tu fais avec ? Quel est-il ?

La jeune femme s'arrêta au beau milieu du couloir et Marco dû se retourner pour lui faire face. Il ne s'attendait pas du tout à la réaction suivante : Isaya debout droite comme un I, la main droite sur le cœur et les yeux brillants de franchise.

- Ae Oquoa.

- Que-

Le commandant de la première flotte était abasourdi.

- Qu'est-ce qu'il t'arrive, qu'est-ce que ça veut dire ?

- En tant que dragonnière, je te remercie du fond du cœur pour l'aide dont tu m'as fait part sans vraiment le savoir. En effet je possède certains pouvoirs... et ce jour-là quand je t'ai agrippé, j'ai puisé dans tes pouvoirs et ta force vitale pour mener à bien l'action que je voulais faire. C'est à dire sauver la créature qui était à mes côtés. Sans toi elle serait morte et j'aurais peut-être subi le même sort.

Marco frissonna. Tout au long de sa déclaration, elle n'avait pas bougé d'un centimètre. Et tout dans sa posture, sa façon de s'adresser à lui, son regard profond et sérieux, lui évoquait la reconnaissance et le respect. Oui cette femme était très étrange mais elle dégageait une aura de sincérité et de grandeur contenue. Un poids invisible s'enleva des épaules du Phénix, il pouvait se détendre face à cette Isaya Bengali même si elle n'avait pas tout à fait répondu à sa question. Ce qui le fit sourire d'ailleurs.

{-}

À la fin de sa tirade, Isaya se sentait plus légère, elle n'avait dévoilé que ce qu'il fallait pour remercier l'homme aux yeux entrouverts en face d'elle. Elle plissa donc les yeux quand il se mit à sourire. À ce geste, il devint beaucoup moins impressionnant et bien plus avenant, son visage en fut tout simplement métamorphosé. Tandis que ses dents blanches étaient dévoilées, son nez s'était retroussé et de petites rides plissaient ses yeux devenus rieurs et pétillants. Quand il s'exprima Isaya sursauta.

- Merci pour cette réponse même si tu es assez maline pour ne pas m'avoir tout dévoilé.

Face à sa remarque Isaya ne put s'empêcher de sourire à son tour. Cet homme était spécial, un coup il pouvait être très fermé et neutre puis la seconde d'après un sourire radieux barrait son visage. Elle avait du mal à le cerner.

Ils reprirent leur chemin plus sereinement jusqu'à une immense porte. À cette vue la dragonnière ne put arrêter un frisson d'apréhension. L'homme à côté d'elle toqua à la porte sans prêter attention à la réaction de la demoiselle. Une voix grave et puissante leur intima d'entrer. Tandis qu'elle franchissait le lourd battant, Isaya fut frappée par l'aura qui animait cette pièce au mobilier démesuré. Un homme assis en tailleur, imposant, d'âge mûr qui possédait une étrange moustache blanche lui adressa un grand sourire quand il la vit entrer. La voix grave résonna à nouveau :

- Bonjour jeune femme, je suis Edward Newgate, capitaine de cette flotte et de ce navire. Je te souhaite la bienvenue à bord.

Il inclina la tête poliment et la jeune femme fit de même tout en se présentant :

- Merci de votre accueil et de votre aide, je vous en suis très reconnaissante. Je me prénomme Isaya Bengali, je suis une gardienne dragonnière et je viens d'une autre dimension. J'ai atterri par erreur dans ce monde.

Malgré la taille intimidante de l'homme en face d'elle, Isaya réussit à se détendre un peu, il lui rappelait Iron, son maître d'arme et de magie. Elle eut quand même un sursaut de surprise quand le géant éclata d'un rire tonitruant, l'homme qui l'avait accompagné poussa un soupir mais son regard était emprunt de respect et d'amour. Cette vision la fit sourire, cet Edward Newgate devait être quelqu'un de bon. Le géant prit la parole :

- Alors comme ça tu viens bel et bien d'un autre monde, j'ai décidé de te croire. En même temps tu nous a fait une entrée fracassante !

- Veuillez m'en excuser, je ne savais pas du tout où j'allais atterrir et durant ma chute j'ai perdu connaissance. J'espère qu'Ojutaï ne vous a pas trop effrayé, il peut parfois se montrer agressif même si la sagesse prend toujours le dessus sur ses instincts.

Barbe Blanche fronça les sourcils.

- Ne t'inquiète point, j'ai au contraire été très surpris, c'est comme si il s'était exprimé directement dans nos têtes.

- C'est le cas, il peut communiquer avec qui il veut et comme il veut. Donc soit en conversation mentale, soit en insufflant une pensée dans notre esprit ou tout simplement comme les hommes. Mais il aime moins la dernière manière, il a tendance à cracher quelques flammes au passage.

Isaya rigola discrètement en repensant à la dernière fois où il avait mis feu à la barbe de son maître en voulant réciter un sort. Elle ne se rendit donc pas compte du regard amusé et intrigué qu'échangeaient l'homme blond et le géant. Edward Newgate repris la parole mais le ton était plus sérieux qu'au début, Isaya se tendit de nouveau immédiatement :

- Plus sérieusement petite, j'apprécie cette lueur dans ton regard mais je ne sais rien de toi mis à part que tu viens de je ne sais quel monde éloigné et comment on te prénomme. Je ne sais même pas de quoi tu es gardienne et encore moins ce qu'est une dragonnière. De plus je doute que tu te confies entièrement sur ta vie et surtout ton pouvoir. Mais vois-tu j'ai des hommes à protéger et je ne peux donc te faire totalement confiance.

Isaya comprenait parfaitement son point de vue mais elle était dans le même cas et ne pouvait entièrement leur faire confiance, aussi sympathiques soient ces gens.

- Vous êtes sage. Si vous m'aviez accordé votre confiance dès le début je me serais posé de sérieuses questions quant à votre instinct de survie. Je n'ai aucun moyen de vous prouver ma bonne fois car comme vous je ne peux vous faire entièrement confiance de part mon expérience de vie. Sans oublier que je reste quand même totalement à votre merci qui plus est dans un endroit qui ne m'es absolument pas familier, sans vouloir vous manquer de respect.

Barbe Blanche hocha gravement la tête, cette petite était très réfléchie et loin d'être stupide. Son fameux instinct lui dictait que cette jeune femme n'était pas dangereuse pour ses fils mais les circonstances étaient telles qu'il ne pouvait se résoudre à, par exemple, lui rendre ses armes et la laisser se promener librement sur le navire. Que faire ?

Pendant ce temps Isaya restait de marbre face aux états d'âme du vieil homme, attendant qu'il finisse.

- Que faire alors ? Nous ne pouvons nous faire mutuellement confiance.

Isaya ferma les yeux quelques instants et quand elle les rouvrit c'était avec détermination. Elle avait une solution et devait faire le premier pas dans ce jeu de confiance !

- J'ai une idée mais tout dépendra de vous.

Le commandant et le capitaine se penchèrent vers elle intrigués. Ils lui intimèrent de continuer.

- Dans ma culture il existe un moyen d'accorder sa confiance absolue envers quelqu'un car on ne peut ni mentir ni trahir grâce à un serment.

Barbe Blanche se pencha curieux :

- Quel est-il ?

- Le serment de Fidès.

- En quoi de simples mots peuvent-ils nous obliger à ne pas se trahir mutuellement ?

Les yeux d'Isaya se mirent à pétiller. C'était maintenant qu'elle devait se lancer et les convaincre pour son propre bien et celui d'Ojutaï, elle avait grandement besoin d'alliés même si les informations qu'elle allait révéler pouvaient potentiellement influer ce monde.

- Simplement par la magie, c'est elle qui régira ce serment.

Les deux hommes assis en face d'elle semblaient déroutés.

- La magie ? repris l'homme blond.

- Oui, elle réside en chaque choses et êtres. Elle est omniprésente et régit les lois de l'univers ainsi que l'Équilibre absolu. Dans votre monde elle se présente sous la forme de fruit du démon, c'est ça ?

- Oui. Et ?

- Et dans mon monde les êtres le peuplant sont plus sensibles à la magie si bien que presque tout le monde peut l'utiliser selon un certain degré. Vous, vous ne l'utilisez qu'à petite échelle. En parcourant les couloirs je ne l'ai sentie qu'en très peu de personnes. Mais c'est suffisant pour un tel serment, je vous offre juste de quoi accorder nos confiances respectives.

Le capitaine et son second échangèrent un long regard. Et au bout de ce qui parut de longues minutes interminables au yeux d'Isaya, le vieil homme reposa ses yeux sur elle.

- En quoi consiste ce serment exactement ?

Un petit sourire en coin échappa à la jeune femme, elle avait gagné la première manche !

- C'est très simple en fait. Il faut passer ce serment grâce à une incantation tout en touchant la personne avec qui on veut le passer. Une rune apparaîtra donc sur le corps des deux personnes l'ayant contracté. Elle permet d'empêcher pour l'un et l'autre de se mentir et prévient son porteur en changeant de couleur si l'autre en veut à sa vie ou à son entourage. C'est aussi simple que ça.

Les deux hommes réfléchirent et tandis que Barbe Blanche s'apprêtait à donner sa réponse, son second le devança :

- Je ferais ce serment à votre place père, sait-on jamais.

Il se tourna alors vers la jeune femme qui se redressa souplement vers lui.

- Que dois-je faire ?

- C'est simple je vais te dicter une phrase que tu réciteras à voix haute et à mon signal il faudra que tu la scandes tout en me touchant.

- D'accord.

- Tu la réciteras dans ta langue et non en langue magique car si tu te trompes cela peut être catastrophique. Voici l'incantation : Par le serment de Fidès / je lie ma confiance en cet être / Puisse la magie régir ce serment en un sort indestructible.

Marco hocha la tête pour montrer qu'il avait compris et mémorisé. Isaya s'approcha donc doucement de lui et posa délicatement sa main gauche sur son épaule droite et l'invita à faire de même.

- Avant de commencer j'aimerais savoir ton nom.

- Tu peux m'appeler Marco.

Le visage de la jeune fille s'illumina, éblouissant Marco.

- Bien Marco merci de ta confiance, es-tu prêt ?

Celui-ci hocha la tête concentré. Barbe Blanche se leva du fauteuil où il était nonchalamment assis et s'approcha au plus près pour ne pas rater une miette de ce qui allait se passer.

{-}

Tout d'un coup l'air se fit plus lourd et Isaya ferma les yeux, quand elle les rouvrit ils étaient d'un vert profond, « comme la dernière fois », se dit le Phénix. Il eut un frisson d'appréhension quand elle riva son regard dans les siens mais la jeune femme avait dû le sentir car ses lèvres carmines s'étirèrent en un sourire rassurant qui le calma instantanément. Puis elle hocha la tête pour lui faire comprendre que c'était le moment. Il ouvrit la bouche et ils commencèrent à réciter le sort à l'unisson.

- «Par le serment de Fidès, je lie ma confiance en cet être. Puisse la magie régir ce serment en un sort indestructible.»

- «Með eiði af Fides ég binda traust mitt á þessari veru. Megi galdur stjórna eiðí órjúfanlegri álögum.»

Tandis qu'ils récitaient le sort lentement, Marco senti ses cheveux se redresser sur sa tête et son corps devenir plus léger. Un léger souffle s'enroula autour de ses chevilles et remonta lentement le long de son corps. Émerveillé, il ne vit que plus tard le regard moqueur et amusé d'Isaya dont les cheveux blancs voletaient librement autour du visage. Il la trouva en cet instant très belle avec sa moue espiègle. Mais qu'avait-il bien pu craindre d'elle ? Soudain il fut arraché à sa contemplation par de petits volutes qui se posèrent sur son poignet gauche, posé sur l'épaule d'Isaya. Il les vit se rassembler pour former un étrange symbole qui - quand il s'apposa sur son corps – lui retira de l'énergie. Il ressenti à nouveau cette sensation étrange de drainage tandis que son poignet le picotait. Quand la marque fut complètement apposée, une douce lueur bleutée pulsait de celle-ci. Isaya retira donc son bras et Marco en fit de même.

- Comment te sens-tu mon fils ?

Le phénix se retourna vers son capitaine et repris son éternelle expression neutre.

- La marque me picote et mes jambes sont légèrement engourdies mais mis à part ça je me sens bien.

Isaya s'approcha du commandant et le prévint :

- Pour que tu puisses te rendre compte des effets du serment je vais juste pour une fois mentir.

Le Phénix hocha la tête.

- Je m'appelle Isaya Bengali, je viens de ce monde et non pas d'une autre dimension.

Marco sursauta vivement quand le symbole s'échauffa et passa du bleu clair à une teinte bien plus sombre.

N'en ayant pas perdu une miette, Barbe Blanche s'esclaffa bruyamment et posa une main sur l'épaule de son second tout en regardant droit dans les yeux la jeune dragonnière.

- Bienvenue à bord du Moby Dick mademoiselle Bengali ! J'ai hâte que tu nous racontes ton histoire.

Celle-ci lui répondit :

- Pour mon histoire ce sera pour plus tard si vous le voulez bien.

- Bien sûr, prend ton temps, ici nous sommes une grande famille.

Sur ces mots, Marco se dirigea vers la porte et Isaya le suivit par instinct. Quand le commandant ouvrit la porte, un râle se fit entendre :

- Mais ça ne va pas la tête d'ouvrir aussi violemment une porte !

- Satch tu écoutes aux portes maintenant ?

Le concerné gisait au sol en se tenant l'arrière du crâne. Au ton du Phénix, il se redressa vivement et se perdit dans des explications plus loufoques les unes que les autres. Se retenant de rire, Isaya leva la tête vers les autres commandants présents se moquant ouvertement du pauvre homme. Parmi les présents, son regard capta celui d'un homme maquillé et habillé d'un étrange vêtement coloré. Celui-ci se précipita vers elle et lui empoigna la main délicatement. Elle se crispa instantanément à ce contact. Sans le remarquer Izou se retourna alors vers Marco.

- Non mais ça ne va pas ! Tu es fou de la laisser se trimballer avec une simple chemise, un pantacourt et pieds-nus de surcroît ! Elle risque de choper la crève. Viens avec moi ma jolie on va t'habiller correctement et chaudement.

Surprise Isaya se laissa entraîner en envoyant quand même au passage un coup d'œil au Phénix. D'ailleurs celui-ci capta son regard de détresse mais laissa le pirate l'emmener. Après tout il était compliqué voire impossible de la récupérer alors que le commandant de la seizième avait décidé d'en faire sa poupée. C'est sur ses pensées et sur les jérémiades de Stach qui se plaignait qu'on lui ai volé Isaya, qu'il décida de retourner à la cantine afin de prendre un petit déjeuner bien mérité.


Et voilà ! L'étape la plus importante vient de se passer et plutôt bien pour Isaya. Plus qu'à voir si elle arrivera à s'intégrer et s'habituer à vivre dans ce monde nouveau pour elle.

PS: Ce chapitre est plus long car j'ai décidé d'essayer de mieux les structurer.

PPS: De plus pas de panique, si c'est premiers chapitres semblent longs à démarrer ce ne sera pas les cas des suivants. Maintenant que j'ai planté le décors et la base, place à l'aventure !

Bise

April