Hop ! Voilà le chapitre 6 qui est plus long que les précédents, j'espère qu'il vous plaira !
Enjoy !
April
Chapitre 6
Comment avait t-elle pu en arriver là ? C'était la question qui passait en boucle dans son esprit. En effet Isaya se trouvait dans une chambre sobrement décorée si on omettait les deux penderies pleines à craquer de vêtements en tout genre. Armoires qui d'ailleurs, se vidaient sur ses genoux ainsi que tout autour d'elle. En effet, tissus de toutes les couleurs et matières, voletaient à travers la pièce. Un homme était coupable de ce champ de bataille : Izou, commandant de la seizième flotte de Barbe Blanche.
Isaya était assez déboussolée. En effet tandis qu'elle sortait de la cabine du capitaine du navire, l'homme au kimono l'avait littéralement kidnappé pour l'emmener dans sa chambre où il s'était mis en tête de l'habiller. Alors qu'elle méditait sur la situation elle tendit l'oreille pour écouter le baragouinage de l'homme tout en étant assez gênée.
- Taille fine, hanches bien formées, cuisses fermes. Assez musclée en général. Pour le bas il faut quelque chose de fin et moulant. Quant au haut-
Interdite la jeune femme le coupa:
- Euh.. Excusez-moi c'est très gentil de votre part de me prêter des vêtements mais n'importe quoi fera l'affaire. Un simple pantalon et chemise me suffi-
L'homme se figea, un air horrifié sur le visage.
- Hors de question que je t'habille comme un sac alors que j'ai tout ce qu'il te faut sous la main !
Malgré sa gêne la jeune femme rigola tout de même devant l'expression outrée de l'homme penché dans les penderies. À ce son, il se redressa avec un sourire et vint s'asseoir sur le lit à côté de la jeune femme aux cheveux blancs comme neige. Il prit un air contrit tout en remettant une mèche rebelle derrière son oreille.
- Je m'excuse je me suis un peu emballé. Vois-tu nous n'avons pas de femme à bord et j'ai toujours rêvé de pouvoir discuter avec quelqu'un qui aurait un temps soit peu de respect pour le style vestimentaire. Je suis désolé si je t'ai un peu brusqué alors que tu viens juste d'arriver et que tu ne dois rien comprendre à ce qui se passe.
Pesant ses mots Isaya lui répondit honnêtement le vouvoyant à cause de son inconfort résultant de la situation:
- Il n'y a pas de problème, c'est très prévenant de votre part d'y avoir pensé mais je risque de vous décevoir en disant que je ne me souci pas de ce genre de choses. J'ai toujours préféré porter des vêtements résistants, confortables et dans lesquels je suis libre de mes mouvements.
Izou soupira bruyamment et rejeta la tête en arrière. Un silence s'abattit sur la cabine, nul n'osait le briser. Ce fut le commandant qui le rompit le premier après avoir jeté un coup d'œil à la jeune femme.
- Donc comme ça tu viens d'un royaume qui s'appelle Erevan dans une autre dimension ? Au passage tu peux laisser tomber le vouvoiement.
Isaya se détendant imperceptiblement gloussa doucement. Décidément les hommes présents sur ce bateau étaient très curieux et ne semblaient pas trop choqués par sa venue dans leur monde. On aurait presque dit qu'ils étaient habitués à ce genre d'événements. Mais dans quel endroit avait-elle bien pu tomber ?
- Je vois que les nouvelles tournent vite ici. Vous po- Tu peux m'aider à choisir des vêtements confortables ?
Izou se releva d'un air entendu. Il avait compris, la jeune femme ne voulait pas trop se livrer pour le moment, autant se concentrer sur sa mission initiale. Elle se confiera d'elle-même quand elle le voudra. Il se tourna à nouveau vers les penderies presque vides à présent. Alors qu'il parcourait des yeux le sol, son regard accrocha un pantalon noir, slim, très simple. Il le ramassa et lui tendit. Isaya s'en saisit, reconnaissante qu'il ne relève pas son absence volontaire de réponse à sa précédente question.
- D'après ce que j'ai compris, ça ne sert à rien de te proposer de porter un haut sophistiqué ?
Face à son air triste, la dragonnière lui sourit tendrement.
- Je préfère, merci. Une chemise fera parfaitement l'affaire.
Au bout de quelques minutes de recherches intensives, elle dégota une chemise blanche, toute simple, en lin et à col mao. Elle la brandit fièrement devant Izou qui soupira devant tant de simplicité. Il se dirigea donc vers un petit meuble d'où il sorti un sous-vêtement féminin. Troublée, Isaya lui demanda :
- Je ne veux pas paraître indiscrète mais pourquoi as-tu en ta possession autant de vêtements pour femmes ?
Alors qu'il lui lançait le sous-vêtement adroitement, il lui fit son plus beau clin d'œil et répondit mystérieusement :
- Chacun a ses petits secrets la belle. Par contre désolé je n'ai pas de soutien-gorge.
Elle lui rendit un sourire. En effet chacun révèle ce qu'il a envie de révéler et ce n'est surtout pas elle qui le contredira.
Soudain l'homme au kimono lui lança aussi une serviette ainsi qu'un gant de toilette.
- Je ne veux pas insinuer que tu sentes mauvais mais je pense qu'une bonne douche ne peux que te faire du bien afin d'appréhender sereinement cette journée qui risque d'être longue et riche en discussions et découvertes, non ?
Elle hocha la tête reconnaissante et l'interrogea du regard quant à l'endroit où elle pourrait faire ses ablutions.
- Normalement les douches sont communes pour l'équipage mais les commandants ont le privilège d'avoir plusieurs salles de bains dans leur quartier. Il y en donc quatre à chaque extrémité du couloir. Suis moi je vais te montrer.
Il enjamba souplement les différents tas de tissus agglutinés sur le sol de la cabine. Isaya fit de même et ferma la porte derrière elle, les vêtements et la serviette dans ses bras. Elle le suivit docilement jusqu'à une grande porte où était inscrit: salle d'eau. Ça va, pas trop compliqué à retenir.
- Je t'attends ici, tu peux prendre ton temps, je monte la garde.
La dragonnière le remercia d'un hochement de tête et pénétra dans la pièce. Son regard en fit le tour et elle fut plutôt surprise. En effet la salle était assez grande, sur le mur de gauche reposaient quatre lavabos avec miroir, sur la droite il y avait aussi quatre cabines qui semblaient êtres des douches privées avec portes, au centre quelques étagères en bois permettaient qu'on y dépose ses affaires ainsi que quelques bancs et enfin elle apercevait dans le fond de la salle, une ouverture assez large d'où elle pouvait distinguer une immense baignoire. Elle poussa un sifflement, admirative, cet endroit était immense.
Afin de ne pas faire attendre trop longtemps l'homme derrière la porte, elle se déshabilla rapidement retirant chemise, pantacourt ainsi que le bandeau qui recouvrait sa poitrine puis le bas. Elle posa ses affaires sur l'une des étagères puis pénétra dans la cabine de douche la plus proche et ferma le battant derrière elle. Reconnaissant le système rapidement qui n'était pas si différent que ceux dans son monde elle actionna l'eau. Enfin au calme Isaya repensait aux derniers événements survenus. Elle se glissa alors sous le jet d'eau chaud en poussant un soupir de lassitude. Qu'allait t-elle bien pouvoir devenir ? Comment rentrer ? Est-ce que quelqu'un s'inquiétait pour elle là-bas ?
À ces pensées, elle se laissa glisser avec fatalisme le long de la paroi de la douche et dû inspirer profondément afin de ne pas se laisser happer par la tristesse et la panique qui tentaient de s'emparer de sa stabilité mentale. La jeune femme se redressa prestement en se disant qu'Ojutaï était en vie et qu'elle aurait pu atterrir dans un endroit bien moins accueillant que celui-ci. De plus il lui suffisait de récupérer les fragments du pendentif qui avaient dû être éparpillés. Oui cela prendra du temps mais elle réussirait à rentrer, elle le devait, pour ceux restés de l'autre côté, pour son royaume dont elle était l'une des gardiens et pour Ojutaï. Son regard accrocha la marque du serment de Fidès sur son poignet, oui elle pouvait faire de ces gens ses alliés il lui suffisait de garder la tête froide et d'être forte.
Animée d'une nouvelle motivation, elle se savonna rapidement avec le contenu de l'une des bouteilles au sol, se rinça tout aussi vite et sorti de la douche tout en se séchant, en à peine trois minutes elle était de nouveau habillée. Le pantalon lui allait étonnamment à ravir et la chemise était un peu grande mais confortable et chaude. Ne sachant trop quoi en faire, la dragonnière laissa la serviette et le gant à sécher, attrapa ses affaires sales et ouvrit la porte sur un Izou tout sourire assis à même le sol en face de la salle de bain.
- Tu as fait vite. Je vois que les vêtements te vont parfaitement bien. Ça t'as fait du bien ?
- C'était parfait merci. Maintenant j'aimerais juste pouvoir récupérer mes bottes et ma veste si c'est possible. Quant à mes lames je pense pouvoir faire une croix dessus pour le moment ?
Le commandant de la seizième lui offrit une moue, contrit.
- Tes bottes et ta veste doivent être das un placard à l'infirmerie, on va aller les chercher. Pour tes lames je ne suis malheureusement pas en mesure de te les rendre, tout dépendra de ton comportement à partir de maintenant même si père a décidé de te laisser vivre avec nous pour l'instant.
- Je comprends parfaitement. Où puis-je déposer mes affaires ?
Elle lui montra ses vêtements sales pour lui faire comprendre. Il l'invita à la suivre à travers le dédale de couloirs. Les parcourant la jeune femme se demandait si elle réussirait à se repérer tant l'endroit était immense.
- Il y a une chambre à l'arrière de l'infirmerie qui sert normalement aux assistants du médecin pour leurs siestes. Ils pourront la faire ailleurs, à partir de maintenant ce sera la tienne le temps qu'on trouve une solution.
Elle hocha la tête de façon affirmative. C'était parfait, elle ne demandait pas mieux. Alors qu'elle se dirigeait vers l'infirmerie, guidée par Izou, le cri de son dragon retenti comme une alarme dans son esprit. Elle se figea de stupeur et se concentra de tout son être pour le localiser. Alors qu'elle se concentrait, son cri retenti une seconde fois, cette fois-ci plus puissamment. Son sang ne fit qu'un tour et un moment de panique s'empara d'elle. Ses yeux devinrent vert émeraude, ses cheveux voletèrent autour de son visage blême. Deux traits verticaux apparurent sous ses yeux alors qu'elle s'écriait :
- Occulis !
Izou alerté par son arrêt soudain se stoppa face au spectacle de la jeune femme en train d'utiliser son étrange pouvoir. De jeune femme fragile elle lui semblait devenue, dangereuse et puissante. Un frisson parcourut son échine, mais qu'est-ce q'ili se passait ?
Soudain la dragonnière s'élança à toute vitesse à travers le couloir, ses forces décuplées par l'inquiétude et la peur son cœur battant à tout rompre. Son sort d'Occulis lui permettait de repérer toutes les créatures de magie vivant dans les environs et au-delà. Elle repéra des flots de pensées et plusieurs flammes colorées mais se concentra sur une seule, qui se rapprochait au fur et à mesure de ses pas : Ojutaï !
{-}
Dans son dos Izou criait son prénom, lui demandant ce qu'il se passait. Il laissa ses affaires tombées au sol et s'élança à sa poursuite mais le commandant avait du mal à suivre le rythme. Mais qu'est-ce qui lui arrivait ? Tout allait bien et d'un coup elle s'était métamorphosée. Mais bon sang, c'est qu'elle courrait vite la petite ! Le commandant de la seizième avait beaucoup de mal à la rattraper, il se laissait distancer même. Alors qu'il prenait un virage serré, Satch sortit d'une salle à ce moment précis, la collision ne put être évitée.
Un Izou tout essoufflé, décoiffé et rouge à cause de sa course se redressa en pestant.
- Bouges de là !
Satch se releva en se massant le postérieur.
- Mais c'est quoi ce bordel, ça ne va pas de courir comme ça dans les couloirs !
Izou sembla se calmer momentanément mais soudain son visage redevint rouge.
- Aides moi ! C'est la jeune femme, je ne sais pas ce qui lui arrive. On marchait tranquillement et soudain elle s'est mise à utiliser un fruit du démon étrange et est partie pleine balle. Je n'ai pas réussi à la rattraper, il faut que tu me donnes un coup de main !
C'est à ce moment là que choisit Marco pour apparaître dans leur champ de vision, un air sombre sur le visage. Il avait tout entendu ! Les deux commandants déglutirent difficilement sous le regard inquisiteur.
- Par où est-elle parti ?
- On allait vers l'infirmerie pour récupérer sa veste et ses bottes mais je ne vois pas ce qui-
Izou venait de se stopper dans sa phrase. Le Phénix le secoua pour qu'il finisse sa phrase. Au bout de plusieurs secousses l'homme au kimono s'ébroua et murmura de façon mécanique :
- Son effroyable bestiole. Elle est à l'infirmerie, le doc était sensé la surveiller. Peut-être que quelqu'un a essayé de s'en prendre à elle ! D'après ce que père nous a expliqué à son propos, il se peut qu'il l'ai appelé mentalement !
Un silence de mort s'abattit sur le petit groupe. D'un même accord, ils reprirent leur course, l'inquiétude rongeant leur entrailles.
Satch arriva le premier dans un dérapage devant l'infirmerie, la porte était ouverte. Jetant un coup d'œil dedans, tout était en bon état, il n'y avait aucune trace de combat ni de Gil. Par contre le petit lézard était introuvable. Le commandant de la quatrième en fit la remarque aux deux autres. Soudain une légère secousse provenant du pont ébranla le navire, les trois hommes se regardèrent horrifiés. Marco transforma ses bras en ailes bleutées et avant de sauter par la fenêtre de l'infirmerie cria aux deux autres : on se retrouve dehors !
Le Phénix était très inquiet, la marque sur son poignet pulsait d'une lueur encore plus sombre que quand elle lui avait délibérément menti pour lui expliquer comment cela fonctionnait. Ce n'était pas bon signe.
{-}
Pendant ce temps le regard d'Isaya parcourait le pont où était regroupé une petite partie de l'équipage, tous se tenaient à une bonne distance d'elle. Elle sentait la présence de son dragon mais ne parvenait à le localiser dans cette masse de consciences. Toutes ces voix, ces murmures lui tournaient la tête. Soudain elle capta la fréquence si reconnaissable d'Ojutaï !
- « Isaya ! Isaya, je suis là, l'un des hommes m'a enfermé dans une cage. Tout va bien, ne t'inquiète pas, calme toi. Si tu as entendu mon cri tout à l'heure c'est parce qu'il m'a sans faire exprès coincé l'aile. Je t'en pris calmes toi, tu uses trop de magie et d'énergie. Tu ne pourras bientôt plus rien contrôler ! Reviens à la raison, arrêtes ce sort tu vas devenir folle avec toutes ces consciences ! »
Tout d'abord Isaya fut rassurée par la voix d'Ojutaï mais quand elle entendit les mots : « enfermé dans une cage » ; son sang ne fit qu'un tour et toutes les émotions qu'elle avait ressenti depuis son réveil dans ce monde prirent le dessus. Elle n'entendit donc pas le reste de la phrase. Sa colère et sa détresse jusque là contenue explosa. Les hommes présents sur le pont firent un bond en arrière quand ses yeux, verts émeraudes, devinrent blancs. Ses cheveux se mirent à voleter furieusement, fouettant son visage mais elle n'en avait cure. Sur sa peau légèrement halée, des symboles verts apparurent, courant le long de ses bras, autour de son cou, sur son visage et même ses pieds. Chaque parcelles de sa peau en étaient recouvertes.
Perdant le contrôle de son corps devenu instable à cause de ce que Jace lui avait fait subir, elle s'éleva au dessus du pont sous les sifflements inquiets de l'équipage, Curiel cria aux personnes présentes de s'éloigner mais se fut trop tard. La jeune femme relâcha une puissante vague d'énergie faisant tomber nombre de pirates peu assurés sur leurs jambes.
Dans sa fureur Isaya hurla à pleins poumons d'une voix tremblante de rage et de peur :
- Rendez moi Ojutaï !
L'équipage qui se relevait se jetait des regards d'incompréhension. Ne voyant aucune réaction chez les hommes présents autour d'elle Isaya réitéra ses propos tout en puisant dans l'énergie vitale des personnes les plus proches. Ceux-ci tombèrent à terre inconscients.
- Où est-il ? Où est mon dragon ?!
Alors que d'autres membres de l'équipage tombaient au sol, Marco apparut planant au dessus de la scène il cria aux hommes plus bas :
- Elle veut sa créature ! Reculez bon sang et allez la chercher !
Tous reculèrent de plusieurs mètres après avoir tiré les corps inconscients de leur camarades. Certains s'activèrent à chercher la créature en question, d'autres se positionnèrent armés pour protéger leurs camarades si une attaque se pointait.
Seuls deux hommes ne réagirent pas, tremblants comme des feuilles. En effet dans leur ombre, cachée sous un tissu, une petite cage en bois reposait avec en son sein le petit dragon qui tentait de se libérer en tirant férocement sur les barreaux. À cause du bruit ambiant, personne n'entendait ses grognements de colère et d'impuissance.
Il y avait trop de voix, elle n'entendait plus celle d'Ojutaï. Où était-il ? Il avait dit qu'il était enfermé dans une cage ? Qui avait osé lui faire ça ? Si elle retrouvait le coupable, il était mort. Argh ! Mais si seulement ces cris incessants pouvaient cesser, comment arrêter le sort, elle ne s'en souvenait plus. Elle ne contrôlait plus rien, n'ayant plus d'énergie, son corps puisait instinctivement dans les êtres autour d'elle, heureusement une dernière once de conscience lui permettait de ne pas les tuer, elle s'arrêtait juste avant mais son sort avide d'énergie puisait alors dans une autre personne. Elle commençait à sérieusement paniquer.
Alors qu'elle luttait pour se souvenir et reprendre le contrôle, sa conscience se délitait. Une lumière aveuglante la gênait : le soleil. Oui c'était ça, tout d'abord faire cessez cette lumière.
{-}
Une masse sombre de nuages apparurent donc à l'horizon, se rapprochant à une vitesse foudroyante, recouvrant le soleil et transformant la scène en un paysage fantasmagorique.
La jeune femme était immobile, se tenant la tête entre les mains dans un cri silencieux, une expression de douleur collée sur le visage.
Jetant un coup d'œil plus bas, Marco vit Izou, Satch et Curiel gérer les hommes tombant à terre les uns après les autres. Ils en étaient déjà a une dizaine, il fallait arrêter la dragonnière. Mais comment faire ? Grâce à la pénombre ambiante le Phénix put distinguer une sorte d'enveloppe transparente qui brillait autour du corps de la jeune femme. Sûrement une sorte de bulle de protection.
Alors qu'il survolait le pont se demandant s'il allait devoir tuer la jeune femme si celle-ci décidait de prendre la vie de ses hommes et non pas juste leur énergie, son regard accrocha deux pirates recroquevillés derrières leurs camarades. En observant sous un autre angle il vit un tissu noir glisser d'une petite cage en bois où il entraperçut un éclat vert. Le dragon ! Il est là !
Le commandant de la première flotte, piqua vers l'éclat vert émeraude et atterrit juste devant les deux hommes qui sursautèrent violemment. L'un deux bégaya :
- Je- Nous sommes désolés commandant Marco. On a- on a juste voulu montrer aux autres à- à quel point cette petite créature re- ressemblait aux reptiles de notre île natale..
Par solidarité, l'autre homme vint en aide de son camarade :
- On ne pensait pas à mal, on ne pensait pas que ça irait aussi loin !
D'après ses souvenirs, ces deux hommes faisaient parti de la quatrième flotte et se nommaient Watson et Gabriel. Il tendit la main vers la cage et en libéra Ojutaï. Alors que les deux pirates de la quatrième soufflaient de soulagement, il leur jeta un regard mauvais.
- Vous subirez votre châtiment plus tard, pour le moment on doit faire quelque chose. Si j'en viens à devoir tuer cette jeune femme à cause de votre connerie je vous jure que vous ne verrez plus jamais l'éclat du soleil.
Les deux blêmirent suite aux paroles du Phénix, ils ne pensaient pas mettre la vie de leur camarades et de cette fille en danger.
Le commandant de la première se concentra sur le petit dragon reposant maintenant sur son avant-bras.
- Qu'est-ce que je dois faire pour la calmer ?
- « Pour le moment elle lutte pour ne pas perdre conscience, elle entends toutes les pensées des personnes présentes sur ce navire. Ça l'épuise mentalement et physiquement, ce n'est pas un sort qui coûte beaucoup de magie mais il lui a échappé, elle commencent à en créer d'autres sans s'en rendre compte. Pour l'instant elle se bat pour ne pas tuer vos hommes en prenant leur énergie. »
- Comment l'aider à rompre le sort ?
- « Elle tente déjà de le faire toute seule mais je pense que son inquiétude pour moi prend le dessus sur sa raison. Si tu veux vraiment l'aider, il va falloir que tu m'épaules pour l'approcher sans t'évanouir. »
Le Phénix fronça des sourcils, ainsi si il s'approchait trop, elle puiserait dans son énergie.
- « Quand elle se sera calmée je pense qu'il faudra l'assommer pour arrêter définitivement tous les sorts qu'elle est en train de créer. »
Pour confirmer ses dires, Ojutaï releva sa tête gracieusement vers le ciel. En effet, le soleil était masqué par de sombres nuages et un vent violent descendit de ceux-ci pour s'enrouler sinueusement autour de la jeune femme qui maintenant se tenait recroquevillée dans sa bulle transparente. Elle semblait souffrir, des gouttes de sueurs perlaient sur ses tempes et ses mains crispées tenaient fermement sa tête. Quant à ses yeux- Marco eu un frisson en les regardant- ils étaient grand ouvert et d'un blanc laiteux.
- C'est elle qui fait tout ça ?
- « Oui mais elle pourrait détruire votre navire tant qu'il y a des êtres vivants débordants d'énergie à portée de main. »
- On est au beau milieu de l'océan je ne peux pas demander aux hommes de sauter à l'eau !
Marco grinça des dents, que faisait le capitaine dans un moment pareil ? Le dragon venant de grimper sur son épaule, le Phénix se tourna vers Isaya. D'un bond il rejoignit les différents commandants présents sur le pont et leur demanda d'éloigner le reste de l'équipage encore présents et de se mettre entre eux et la jeune femme. Il leur expliqua en quelques mots la situation. Puis se tourna vers la dragonnière, accompagné d'Ojutaï il fit quelques pas vers elle.
Elle n'était qu'à environ huit mètres et pourtant Marco peinait à avancer. En effet le vent violent balayait le pont en un courant circulaire protecteur autour de la bulle où était enfermée la jeune femme aux cheveux blancs. Elle ne le voyait pas ni ne l'entendait alors qu'il essayait de capter son attention.
Soudainement il mit un genoux à terre, son énergie le quittait ! Il comprit tout de suite que c'était Isaya quand la sensation se stoppa. Le dragon ! Il l'aidait. Il pu se relever tant bien que mal, avançant contre les rafales essayant de le déstabiliser. Alors qu'il n'était plus qu'à deux mètres, la dragonnière releva son regard vide vers lui comme si elle avait perçu sa présence et celle d'Ojutaï. Le vent retomba brusquement le temps que deux bras fins tremblants enlacent tendrement la petite créature à travers la protection.
Ne s'y attendant pas Marco fut projeté en arrière par un dernier courant bouillonnant d'énergie. Haruta et Izou l'interceptèrent avant qu'il ne se fracasse sur le pont. Namur s'approcha du Phénix.
- On fait quoi maintenant ? Père demande ton avis sur la situation et ce que t'as dit le dragon.
Satch apparut derrière lui à ce moment là.
- Aaahh mais comment peut-on se reposer sur un lézard, ce n'est pas comme ci il était plus intelligent que nous, non ?
Le commandant de la première eut un ricanement.
- Il est certainement plus intelligent que toi, ça c'est sûr. D'ailleurs va dire à tes hommes Watson et Gabriel de ne plus foutre la merde s'il te plaît.
Vexé Satch se dirigea vers les deux membres de son unité coupables de ce bordel en grommelant.
Vista apparut sur le pont enfin suivit de Barbe Blanche, Marco se précipita vers eux et leur expliqua en détail la situation.
Situation qui venait encore de changer car les nuages au dessus de leurs têtes se délitaient en une fine bruine et le vent violent n'était plus qu'un souffle. Quant à Isaya ses traits semblaient apaisés. Elle avait les yeux fermés et flottait doucement au dessus du pont. Ojutaï dans ses bras, elle avait retrouvé son calme et réussi à rompre le sort. Le soleil fit une timide apparition et frappa d'un rayon chaleureux la bulle qui grâce aux fines gouttes tombant, explosa dans une myriade de gouttelettes colorées.
Toutes les personnes présentes eurent le souffle coupé face à ce moment de calme et presque de féerie. Satch ému, une larme à l'œil, chuchota avec un humour plus que déplacé, à Curiel qu'il «inviterait» bien cette petite fée à partager son lit. En réponse quelques bosses fumantes apparurent sur son crâne.
C'est à ce moment qu'Isaya ouvrit les yeux en grand, d'un vert profond. Elle fixait quelque peu perdue Marco. Au bout de longues secondes, les marques sur son corps s'estompèrent, ses cheveux reprirent place sur ses épaules, elle déplia ses jambes afin que celles-ci touchent le sol. Alors elle s'inclina respectueusement vers les commandants et leur capitaine. Un sourire fin et emplit de remords apparut sur ses lèvres tandis que ses pupilles reprenaient leur couleur ambré naturelle.
- Merci et désolé.
Sur ces mots elle s'écroula au sol. Certains pirates se précipitèrent vers elle. Edward Newgate les stoppa.
- Attendez, on ne sait pas si sa « crise » est finie. Marco.
Le concerné s'approcha doucement et tendit la main vers sa joue. Il fut surpris par la douceur de celle-ci. Quant à sa propriétaire, elle dormait profondément éreintée par la scène qui venait de prendre place. Il souffla de soulagement, il n'avait pas eu à la tuer. Tant mieux, cette jeune femme était pleine de surprises. Alors qu'il la soulevait dans ses bras pour la déposer à l'infirmerie, le petit dragon se cala sur le ventre de sa maîtresse et jeta un regard profond, menaçant et certainement rancunier au Phénix qui déglutit. Heureusement que cette créature n'était pas plus grosse qu'un petit chat car à taille réelle même le commandant n'en mènerait pas large.
C'est étroitement surveillé qu'il déposa la dragonnière, qui ne se doutait de rien, dans un lit aux bons soins de Gil qui avait déjà eu vent de l'affaire.
En revenant sur le pont, il prit conscience de la situation dans sa totalité. La jeune femme avait couché à elle seule une trentaine de bon gars résistants. Ses pas le menèrent vers son capitaine, entouré par les commandants. La voix grave de celui-ci détendit immédiatement l'atmosphère :
- Et bien on retiendra une chose: Ne JAMAIS toucher à son dragon.
Son célèbre rire retenti et dérida les quelques pirates qui avaient repris conscience et boudaient de s'être fait avoir par une « gamine venue d'ailleurs ».
Et voilà le chapitre 6 ! J'espère qu'il vous aura plu et que l'action est bien écrite car c'est la première fois que je fais ce genre d'exercice d'écriture :3
Normalement à partir de maintenant les chapitres seront plus longs. J'espère que ce changement ne fera pas trop brouillon mais vu tout ce que je vais mettre dans cette fiction, qui risque d'être bien plus longue que prévu, j'ai décidé d'accélérer la cadence.
Et pour finir comme d'habitude mes publications sont et seront encore erratiques car je repars bientôt pour travailler afin de gagner ma croûte ^^
Mais ne vous inquiétez pas dès que j'en aurais l'occasion je publierais le plus de chapitres possible à la fois, histoire de rassasier tout le monde :)
Bise, j'espère à bientôt !
April
