Yop !
Me revoilà avec un chapitre 9 tout frais, mettant fin à ce semblant de première partie, je vous laisse le découvrir en espérant qu'une petite review motivante tombe à la fin ;) Je sais, ça ne se fait pas trop de quémander mais j'avoue que ça fait vraiment plaisir de savoir ce que les autres pensent de son travail et les critiques permettent de s'améliorer pour les chapitres suivants.
Au passage je me suis rendue compte trop tard que j'étais passé de Satch à Tatch, j'ai donc corrigé l'erreur en repassant à Satch. A force de lire les One Piece en anglais puis en français et vice-versa je m'étais emmêlé les pinceaux, je m'excuse donc de la gêne occasionnée. m(_ _)m
Sinon mes coudes sont en voie de guérison mais j'en ai pour encore pas mal de temps agrémenté de bonnes douleurs lancinantes quand je passe trop de temps à taper au clavier ^^'
Je ne vous embête pas plus longtemps,
Enjoy !
April
Chapitre 9
Le Moby Dick, localisation inconnue, destination inconnue. Deux mois après les événements précédents.
Deux longs mois étaient déjà passés et Isaya s'était déjà installée dans une certaine routine de vie monotone qui maintenant commençait à légèrement lui suffire. Elle passait ses matinées à lire, se renseigner et s'instruire sur ce monde puis ses après-midi se constituaient d'entraînements avec Vista, les jumeaux où bien Marco. Pour finir ses soirées à discuter avec les pirates et apprenant à connaître un peu mieux l'équipage qui était bien trop nombreux à son goût. Parfois elle se sentait étonnamment étouffer et à l'étroit sur l'immense navire au milieu de nulle part, la ligne bleue de l'océan pour seul horizon. En effet le navire principal de Barbe Blanche ne mouillait que peu fréquemment dans des ports et restait plus ou moins dans les mêmes zones climatiques favorables car ils étaient essentiellement ravitaillés par ses répliques plus petites qui appartenaient à chaque divisions envoyées parfois en mission. La dragonnière avait pu apercevoir seulement deux fois des îles et plutôt d'assez loin ce qui la frustrait grandement, elle qui était habituée à la terre ferme. Malheureusement pour elle les pirates étaient dans une période d'inactivé qui permettait à tout le monde de se reposer avant de repartir à l'aventure.
Ils n'avaient d'ailleurs jamais été attaqués pendant sa présence, les autres pirates ou la marine les craignant sûrement trop. À part quelques monstres marins mais ça avait toujours été réglé rapidement sans la moindre difficulté. Même le ciel qui autrefois aurait pu lui être un échappatoire était inaccessible dorénavant. Elle se contentait donc des histoires extraordinaires d'aventures rapportées par les différents pirates qu'elle écoutait comme une enfant.
Par contre la jeune femme avait été vraiment surprise et époustouflée par la force et la puissance des pirates comprenant cet équipage et comprit rapidement que sans pouvoirs elle était largement et de loin à la traîne derrière eux, ce qui pouvait parfois la frustrer. Mais ce qui la surprenait le plus était ces fameux fruits du démon qui conféraient des pouvoirs bien spécifiques à ses détenteurs, celui du phénix l'avait d'ailleurs vraiment fascinée presque plus que celui du capitaine car il pouvait voler et dans le fond elle l'enviait sûrement un peu même si elle refusait de le reconnaître.
De temps en temps quand le commandant de la première la surprenait sur le pont arrière perdue loin dans ses pensées avec l'idée de les quitter, il l'invitait à se défouler sous l'excuse d'entraînements sur le pont principal. Elle ne faisait clairement pas le poids contre lui mais cela restait un très bon exercice, la renforçant physiquement et mentalement. Elle avait même pu observer de belles améliorations sur son efficacité au corps à corps et son endurance physique même si cela n'était toujours pas assez.
D'ailleurs en ce jour officiel du deuxième mois passé sur le navire, le phénix était venu la déloger de la poupe où elle ruminait. Certains hommes avait pris l'habitude de venir les observer dont le capitaine et certains commandants pendant que d'autres flânaient paresseusement.
- Marco ! N'es-tu pas trop dur avec elle ?
Le concerné détourna son attention une fraction de seconde pour répondre à son capitaine qui observait la scène depuis un siège sur le pont.
- Mais père, elle me l'a deman- ouch !
Profitant de l'inattention de son adversaire, Isaya s'empressa de le faire ployer d'un coup de poing dans la rotule puis enchaîna par la rencontre de son genoux dans les côtes de l'infortuné. Alors qu'elle allait lui assener le tranchant de sa main sur la nuque, il se reprit et contra facilement l'attaque fourbe. Isaya comprit alors qu'il ne se laisserait plus distraire et qu'il lui fallait être très rapide. Elle réussi, d'ailleurs à contrer son attaque frontale en la déviant légèrement tout en se rapprochant du bastingage où elle se percha accroupie en équilibre dardant le phénix d'un sourire un peu moqueur. Elle savait qu'il essaierait de la pousser dans les eaux sombres comme toutes les fois précédentes mais cette fois-ci elle était prête !
Comme prévu le commandant de la première flotte chargea et alors que sa main n'était plus qu'à quelques centimètres de la jeune femme, celle-ci se ramassa sur elle-même pour bondir en avant. Prenant appui sur les épaules de son assaillant, elle détendis son corps souple et passa au dessus des cheveux blonds. Le poing lui frôla le ventre et ce qu'elle attendait arriva : le phénix entraîné par son élan et son propre poids basculait par dessus bord ! Elle se releva alors dans une roulade et sous les yeux ébahis d'une bonne partie de l'équipage venu observer le spectacle, plongea à la suite de leur commandant.
{-}
Se sentant tomber, le phénix eut un sourire quand à la manière dont la dragonnière l'avait passé par dessus-bord, elle l'étonnerai toujours. Il commença alors à transformer ses bras en ailes de feu bleu mais à peine avait-il eut le temps de se retourner et remonter au niveau du pont qu'une ombre aux cheveux blancs lui sauta dessus, ceinturant de ses propres bras les siens redevenant humains sous la surprise. Avant qu'ils ne tombent dans l'eau, il eut le temps de voir ses yeux ambrés pétiller de malice et une voix douceâtre lui murmurer à l'oreille qu'elle l'avait bien eut. La prise se fit plus forte, et la jeune femme l'enlaça entièrement lui coupant toute fuite, ils plongèrent alors tête la première dans les eaux froides.
S'attendant à se sentir mal, Marco fut surpris de ne pas souffrir plus que de mesure, seulement un léger malaise l'étreignait. Il ouvrit donc les yeux d'un coup et fit face à une dragonnière pleurant de rire et se tenant l'estomac, le tout dans une sorte de bulle transparente flottant à quelques mètres sous la surface. Il écarquilla les yeux et fixa ceux de la jeune femme en face de lui ils étaient d'un vert profond. De surprise et de frustration suite à sa défaite, il fronça des sourcils et lui attrapa le poignet avant de la gronder.
- Isaya, on avait dit plus de magie avant que tu te sois stabilisée !
La concernée répondit d'un sourire doux, au visage redevenu neutre, du phénix.
- Je le sais plus que quiconque et justement le peu de pouvoir restant est devenu contrôlable, il y a déjà deux jours de cela .
Gêné par sa réaction, Marco relâcha délicatement la dragonnière et lui demanda :
- Que veut dire ce changement ?
- Cela veut dire que mon but est proche et que je vais vous quitter.
Quand il releva les yeux pour voir si la jeune femme était sérieuse, il ne rencontra qu'un regard serein. Elle avait tellement changé pendant ces deux mois passé à bord de leur navire. Une nature enjouée était naturellement apparue malgré la rigidité de sa conduite sur certains aspects. Isaya semblait s'être épanouie et avoir repris confiance en elle-même. Même Ojutaï qui pouvait être rabat-joie parfois, se plaisait en leur compagnie. Tous ces entraînements, ces heures passées à la bibliothèque, ces histoires qu'elle racontait à l'équipage, pendu à ses lèvres rêvant d'un autre monde.
Perdu dans ses pensées il ne remarqua pas le silence dans lequel ils étaient plongés ni que la bulle s'était enfoncée plus loin dans les profondeurs, jusqu'à ce qu'un raie de lumière filtre à travers la surface et inonde la bulle dans des milliers de petits cristaux scintillants. Marco remarqua que ceux-ci se reflétaient sur le visage d'Isaya et lui donnait une beauté irréelle, il la fixa une bonne minute avant de suivre son regard et découvrir les fonds marins comme il ne l'avait jamais fait. Ceux-ci fourmillaient de vie et de couleur, des coraux chamarrés se serraient à côtés d'algues translucides ondulant dans les courants marins, des poissons de toutes tailles et formes virevoltaient dans un ballet aquatique hypnotique. C'était tout bonnement splendide.
Alors qu'il observait des oursins se déplacer dans le fond de l'eau, Isaya attrapa sa main et lui désigna un point précis sous eux : un coquillage blanc en spirale hérissé de pointes. Elle tendit son autre main et prononça :
- Komið til mín skel.
Ledit coquillage se mit à frémir puis s'éleva tranquillement dans leur direction jusqu'à traverser la bulle sans la percer pour se poser délicatement dans sa main. De plus près il était vraiment beau, en vérité à cause de son pouvoir Marco n'avait jamais pu prêter attention jusqu'à aujourd'hui, au fond de l'océan. Depuis qu'il avait décidé d'instruire la dragonnière sur son monde, il redécouvrait avec elle l'émerveillement pour chaque petites choses qui auparavant ne l'avait jamais intrigué. Même l'équipage le trouvait plus expressif.
Quand il releva les yeux de la coquille vide, Isaya lui souriait.
- Cadeau ! Pour avoir réussi à nous supporter avec Ojutaï. Au passage, seul toi et le capitaine êtes au courant de mon intention de partir, garde cela secret pour le moment s'il-te-plaît.
Il hocha la tête sobrement pour la remercier et lui faire comprendre qu'il respecterait son choix.
Soudain la tête se mit à lui tourner et il serra son poing sur sa cuisse, finalement l'océan le rejetait, c'était trop beau pour durer plus longtemps. La dragonnière dû comprendre car son regard se fixa vers la surface et la bulle s'éleva doucement. En l'observant se servir de sa magie, Marco ressentit une sorte d'aura l'englobant, rendant ses yeux plus brillants, colorés, ses cheveux plus légers et sa peau presque scintillante. Il se demanda alors, perturbé, depuis quand il s'était mis à l'observer ainsi, à repérer chaque détails. Sa question resta sans réponse car la bulle venait de sortir de l'eau et se plaçait au dessus du pont où elle éclata. Les deux occupants atterrirent souplement sur leurs jambes.
Une cacophonie ambiante régnait sur le pont, beaucoup de pirates se gaussaient de leur commandant qui s'était fait avoir, d'autres encourageaient la jeune femme. Celle-ci riait de bon cœur avec Izou en s'éloignant vers les entrailles du navire, sûrement pour se doucher avant le repas. Une aura menaçante s'approcha à toute vitesse de lui et l'agrippa par le coude pour le mener dans un coin désert. Marco poussa un soupir.
- Oui, Satch ?
L'homme à la coupe de banane tapait du pied nerveusement et se mit à déambuler devant son ami.
- Vous êtes resté longtemps dans cette bulle. Au fond de l'océan. Seuls.
Voyant le manque de réaction de son interlocuteur, le commandant de la quatrième flotte se stoppa devant lui.
- Si ça ne tenait qu'à moi j'aurais plongé mais le dragon a dit que vous ne risquiez rien alors père n'a donné aucun ordre.
Marco soupira devant l'attitude de son ami, serrant toujours dans sa main le coquillage nacré.
- Les pouvoirs d'Isaya se sont stabilisés. Nous ne craignions rien.
- Ce n'est pas vraiment la réponse à la question muette que je te pose.
Le phénix lâcha un petit rire et d'une tape sur l'épaule, dépassa son locuteur pour rentrer dans le navire afin de se débarrasser de la sueur due à son entraînement.
- Tu t'inquiètes trop Satch.
Il n'entendit pas, ni ne vit la mine sombre de son ami dans son dos.
- J'espère que tu sais ce que tu fais.
[...]
Une fois sa douche prise, Isaya se dirigea vers la cabine du capitaine en compagnie d'Ojutaï, perché sur son épaule.
- « Tu peux entrer il nous attends. »
La dragonnière franchit donc la lourde porte sans frapper.
Le grand homme les accueillit chaleureusement.
- Assieds toi donc Isaya.
Elle ne se fit pas prier et s'installa confortablement dans un large fauteuil, beaucoup trop grand pour elle, en face du capitaine du navire.
- Merci Edward, vous nous avez été d'une aide précieuse, je vous dois même la vie et je n'aurais de cesse de m'acquitter de cette dette. Si je peux vous apporter mon aide pour quoi que ce soit avant de partir, j'en serais très honorée.
- « Ae Oquoa Ed. »
{-}
Le « père » du navire fronça les sourcils devant la jeune femme, la main sur le cœur. La détermination se lisait sur ses traits, une énergie farouche brûlait dans ses yeux ainsi qu'une reconnaissance sans faille. Ainsi elle partait déjà. Lissant sa moustache, le vieux capitaine réfléchissait.
- Ne soit pas aussi formelle avec moi, s'il te plaît. Tu sais, parfois tu m'étonnes, comment une personne aussi jeune peut-elle être si sérieuse, dévouée pour une cause ? Quel âge as-tu déjà ?
- Vingt-quatre ans. Et je suis désolée, Satch et Izou me disent tout le temps que je suis parfois trop guindée mais disons que j'ai été élevé pour avoir ce rôle important et certes, lourd à porter.
- Ah ah, ne sois pas désolée, ici tu n'as aucune obligation. Sois toi-même.
La dragonnière, se réinstalla confortablement dans son fauteuil et Ojutaï se posa sur ses genoux.
- « Edward, comme je t'avais prévenu, nous partirons prochainement. La terre ferme nous manque trop et nous avons une quête à embrasser. »
L'homme d'âge mûr poussa un soupir.
- Je le sais bien mon ami mais comment allez-vous faire, nous sommes en pleine mer actuellement.
- «N'essaies pas de nous tromper pour retarder l'échéance, Isaya et moi-même pouvons sentir que l'on arrivera sur une île d'ici demain dans la nuit. »
Edward Newgate leva les mains en signe de reddition.
- Au moins de ce que je comprends, je sais que vous ne vous perdrez pas dans ce vaste monde. Mais Isaya es-tu sûre de vouloir affronter ce monde seule avec Ojutaï ?
- Ne vous inquiétez pas capitaine, nous avons étudié ces deux derniers mois, je ne me jette pas dans l'inconnu. Et puis j'ai senti un fragment de mes pouvoirs sur l'île où nous allons débarquer, je serais donc déjà beaucoup plus stable. Sans oublier que je me suis entraîné durement avec les jumeaux, Vista et Marco.
Barbe blanche s'adossa totalement à son siège, rassuré du sort futur de sa protégée. Il en était venu à l'aimer comme sa propre fille, lui qui n'avait que des fils. C'est sûr qu'ils seront tristes quand ils apprendront son départ. Surtout ceux avec qui elle passait le plus de temps : Satch, Izou, Gil, Vista, les jumeaux Gabriel et Watson ainsi que Marco. D'ailleurs comment Marco réagirait ?
- Dites moi, avez-vous prévu de prévenir l'équipage ?
La dragonnière releva la tête et planta ses yeux ambrés dans ceux du capitaine.
- Non et je ne le souhaite pas, seul Marco est au courant. Je n'ai jamais été douée pour les adieux.
Barbe Blanche tiqua, seulement Marco était au courant ?
- Ne vas-tu pas regretter ton choix ? Certains t'en voudront.
- Je le sais bien mais s'ils m'ont réellement accepté telle que je suis, ils comprendront. Non sans râler pour certains.
- Tu as raison. Demain soir avant d'arriver, nous fêterons l'anniversaire d'un membre de l'équipage. Ojutaï tu me dois une dernière revanche aux échecs. Quant à toi Isaya, fais moi plaisir, maintenant que tu as stabilisé ta magie, raconte nous tes contes et légendes. Après tout, de ce que j'ai retenu, ton père n'était-il pas conteur ?
Elle lui sourit tendrement et acquiesça tout en se relevant pour se diriger sans un bruit vers la porte. Ce fut juste avant que la porte ne se referme doucement qu'il lui lança :
- Je te souhaite un bon voyage et saches que tu seras toujours la bienvenue ici. Que ta vie soit belle et que ton destin guide tes pas, dragonnière d'Erevan.
[...]
- Gil, aurais-tu vu mes bottes ? Je ne les trouve pas.
Le brun aux lunettes apparut dans l'encadrement de la porte de la chambre au fond de l'infirmerie, les fameuses bottes à la main, un sourire au bord des lèvres.
- C'est ça que tu cherches ?
- Oui, merci ! J'étais sûre de les avoir déposées sous mon lit.
Isaya entama un mouvement vers le médecin et tendit ses mains vers l'objet de ses recherches infructueuses mais Gil recula d'un pas les mettant hors de sa portée. La jeune femme fronça les sourcils, perplexe devant l'attitude du médecin de bord.
- Qu'y a-t-il Gil ?
- N'aurais-tu pas quelque chose à me dire par hasard ?
La jeune femme blêmit quelques instants mais se reprit très vite et offrit un visage neutre à son vis-à-vis. Il ne pouvait pas être au courant, c'était impossible à moins que Newgate ou Marco aient vendu la mèche mais cela aussi était inconcevable. Elle reprit tout de même avec une once d'anxiété dans la voix.
- De quoi parles-tu ?
Gil soupira puis rendit les bottes à la dragonnière.
- Ne fait pas l'innocente devant moi. Je sais très bien que tu t'es blessée au poignet il y a quelques jours mais que tu n'as rien fait à part le bander grossièrement.
Inconsciemment Isaya souffla de soulagement, ce n'était que ça !
- Ce n'est qu'une simple foulure, je vais déjà mieux.
- Mouais. Aller, dépêche toi de t'habiller, la fête bat son plein là-haut, ils ne nous laisserons rien à manger.
- Je sais, je sais. Dis par pur hasard tu ne serais pas tomber sur ma-
- Veste ?
Cette fois-ci le médecin lui tendait sa longue veste, un air blasé sur le visage. La jeune femme à la chevelure neige l'attrapa avec un sourire contrit puis l'enfila. Elle se retrouvait habillé des même vêtements avec lesquels elle était arrivé ici, c'est à dire ses bottes cuissardes, son pantacourt, sa chemise à col et son long manteau évasé à capuche. Elle se retrouvait à nouveau dans la peau d'une dragonnière et cela la rendait à la fois heureuse et anxieuse, c'est comme si elle avait presque oublié sa précédente existence depuis qu'elle était arrivé ici.
Mettant de côté ses états d'âme elle se tourna vers Gil afin de lui indiquer que cette fois-ci elle était prête pour monter sur le pont pour fêter l'anniversaire d'un des membre de l'équipage. Elle omit juste qu'elle se faufilerait hors du navire lorsqu'ils arriveraient enfin en vue de l'île dans la nuit. Le brun lui tendit galamment son bras, qu'elle attrapa avec un sourire puis se dirigea en compagnie du médecin vers le pont supérieur. Elle s'était enfin habituée aux contacts physiques quand ceux-ci restaient modérés et seulement avec certaines personnes.
- Ces vêtements te vont à ravir mais même s'ils ont été taillés pour que tu sois libre de tes mouvements et que tu restes discrète dans ton royaume, n'importe qui d'ici et un peu observateur remarquera que tu n'es pas de ce monde. Je te conseillerai quelque chose de plus sobre et féminin si tu veux passer inaperçu une fois arrivé.
La dragonnière se stoppa net dans le couloir menant au pont, ils pouvaient déjà entendre les rires joyeux de l'équipage.
- Comment le sais-tu ?
À présent elle regardait d'un œil méfiant Gil. Puis se reprit avant qu'il puisse parler.
- Non en fait je ne veux pas savoir. Tu vas me répondre que c'est grâce à ta capacité d'observation ou ton instinct. Ou alors tu lis dans mes pensées. En tout cas sache que personne n'est au courant à part le capitaine et Marco.
- Je me doutais que tu n'en parlerais pas et je garderais ma bouche close le temps de la soirée. Je ne te ferais pas la morale ou quoi que ce soit dans ce genre.
- C'est pour ça que je t'apprécie Gil, rien ne t'atteins ni te perturbes.
Le médecin de bord glissa une bourse remplie dans la poche d'Isaya et lui fit un clin d'œil.
- Tiens, ta paie. Pour toutes les fois où tu m'as aidé à l'infirmerie. Et puis comme ça tu pourras t'acheter quelque chose de plus moderne et féminin. Tu dois sûrement ne plus supporter les vêtements qu'on te prêtait.
La jeune femme grogna de mécontentement mais ne le contredit pas, il avait raison, ils auraient besoin d'argent.
Ils reprirent donc leur marche tranquille vers la source du brouhaha ambiant, où Isaya passerait sa dernière soirée avec l'équipage. Elle se sentait ni triste ni heureuse de les quitter. C'est juste qu'elle le devait, c'est tout et si le destin le voulait, leurs chemins se croiseraient à nouveau. À présent il lui fallait aller de l'avant et retrouver sa force d'antan, il lui restait juste nombre de marches à gravir avant de pouvoir rentrer parmi les siens mais ils y arriveraient, c'était certain.
C'est donc le cœur léger, prête à se faire le plus de souvenirs possible en cette dernière soirée, qu'elle franchit la porte du pont où des hommes déjà bien alcoolisés dansaient à en perdre haleine.
Isaya se sépara de Gil et se dirigea vers Marco et Satch qui discutaient calmement autour d'une coupe de saké. Elle les interpella :
- Hey ! Puis-je m'asseoir avec vous ?
Le commandant de la quatrième division se décala pour lui laisser de la place sur le bout de couverture qui lui servait de tapis.
- Bien sûr, ta compagnie dériderait peut-être la tête d'ananas. Je crois qu'il t'en veux pour le coup bas à l'entraînement.
Le concerné leva les yeux au ciel et soupira de lassitude tout en portant sa coupe aux lèvres. Il semblait tout à fait calme mais la dragonnière jurerait que ce n'était qu'apparence. Quelque chose semblait le troubler, connaissant le commandant ce devait être important si même elle puisse le deviner.
Tout en réfléchissant à un moyen de faire un cadeau d'adieu à l'équipage et sortir Marco de ses sombres pensées, Isaya laissa Satch emplir son verre de saké. La solution lui revint à l'esprit. Une histoire ! Maintenant que sa magie s'était stabilisée elle pouvait conter une légende ou l'une de ses aventures en y mêlant un soupçon de magie. De plus le capitaine lui en avait parlé plus tôt, elle jeta un coup d'œil dans sa direction et celle d'Ojutaï pour les trouver concentrés sur leur dernière partie d'échecs.
Inspirant un bon coup, la dragonnière se leva en interpellant Watson et Gabriel qu'elle avait repéré plus tôt.
- Hey, les jumeaux ! Vous savez que vous vous battez comme des Traols ?
Un air dubitatif apparut sur leur visage, Watson répéta le nom des créatures sans vraiment en comprendre son sens. Gil non loin d'eux, rappela à la jeune femme que de telles créatures n'existaient pas dans ce monde.
L'échange finement orchestré attira l'attention d'une majeure partie de l'équipage. Et maintenant qu'elle avait capté leurs regards il ne restait plus qu'à leur en mettre plein la vue.
Bien sûr le médecin avait détecté ses intentions et l'aidait intentionnellement il enchaîna donc et Isaya l'en remercia d'un sourire.
- As-tu déjà combattu des traols, dragonnière ?
Une voix s'éleva de la foule rassemblée sur le pont :
- Qu'est-ce que c'est ? À quoi ça ressemble ?
Leur curiosité était piquée , la jeune femme n'avait plus qu'à répondre à leur questions. D'ailleurs une myriade s'abattit sur elle.
- Ça se mange ?
- C'est une sorte d'animal ?
- Tu as déjà eu des problèmes avec des traols ?
- Dis, tu nous raconte !
Isaya souriait jusqu'aux oreilles, il ne lui restait plus qu'à honorer sa parole auprès d'Edward Newgate. Alors elle se planta au milieu du pont et débuta son récit.
- La première fois que j'ai rencontré ces créatures, j'étais en mission - l'une de mes premières - pour mon roi, il soupçonnait une prochaine confrontation entre un clan des montagnes et l'une des forteresses du royaume. Nous avons donc été envoyés avec Ojutaï afin de prévenir une guerre intestine au royaume. Nous y sommes allé en tant qu'émissaires de la famille royale mais surtout en tant qu'espions pour récolter des informations !
Des murmures se propageaient autour d'elle, les pirates tels des adolescents étaient suspendus à ses lèvres attendant la suite et rêvant de voir les effluves de magie faire leur œuvre et donner vie à son récit.
- Bien entendu la mission a tourné à la catastrophe. Le chef de clan Craig Dünn a déclaré que le chevalier-commandant Thylaq de la citadelle de Lôkm voulait attenter à sa vie car six de ses chevaliers s'étaient aventurés sur ses terres pour piller ses gens. Alors Craig Dünn les avait fait emprisonner pour l'exemple. Mais le problème dans l'affaire c'est que Thylaq avait reçu de fausses informations comme quoi le clan avait fait pendre ses hommes, il voulait donc assouvir sa vengeance en se faisant justice lui-même. C'est à dire envoyer des assassins pour tuer Craig Dünn sauf qu'ils ont fait irruption dans la salle où j'étais reçu au moment même alors que j'essayais d'expliquer au chef de clan qu'une guerre ne devait pas avoir lieu. Bien sûr le chef de clan et ses hommes ont cru que j'étais de mèche avec eux.
En jetant un coup d'œil au capitaine du navire, Isaya relâcha une vague d'énergie magique avec des illusions bien plus grandes et impressionnantes que ce à quoi ils avaient déjà assisté. Ainsi elle dévoila aux yeux de tous une immense salle richement décorée aux poutres de bois gravées de runes et d'animaux, de lourdes tentures représentant des scènes de guerres pendaient aux murs de pierre et en son centre siégeait un trône, sur lequel un homme robuste était assis et tapait du point sur son accoudoir en désignant quatre hommes masqués ainsi que la dragonnière.
Soudain les personnes présentes dégainèrent toutes leurs armes et la fantasmagorique Isaya en fit de même puis plongea vers la sortie de la pièce. Par la suite l'image s'effaça pour laisser place à des tourbillons de flocons et une vingtaine d'homme armés d'épées encerclant la dragonnière.
Tout à coup un rugissement assourdissant retentit sur tout le pont et les hommes présents sentirent une ombre, immense et vive, frôler leur têtes à travers les flocons de neige. Ojutaï apparut, immense, se posant lourdement aux côtés de la dragonnière balayant de sa queue la moitié des hommes armés. Le vert éclatant de ses écailles tranchait avec la blancheur des flocons. La dragonnière bondit sur son dos et tous deux s'élevèrent dans les airs sifflants des montagnes. Alors celle-ci éclata d'un rire sauvage, ses cheveux bruns fouettant son visage au joues rougies par le froid.
Sentant qu'elle pouvait reprendre son récit, Isaya entama d'une voix amusée :
- Heureusement qu'Ojutaï était là, sinon je n'aurais pas réussi à m'enfuir. Toujours est-il que j'étais pressée de faire part de ma découverte au roi dans les plus brefs délais afin de lever le voile sur ce malentendu et éviter une guerre tragique.
La dragonnière prit une gorgée de saké puis continua. L'assemblée buvait ses paroles, ils semblaient même hypnotisés.
- Malheureusement si j'avais été envoyée en personne négocier avec Craig Dünn c'est parce que son clan fait partie des plus puissants et indépendants. En effet, ce qui fait leur spécialité est le dressage des Wyvernes.
Une main timide se leva, n'osant interrompre la jeune femme mais celle-ci invita le pirate à poser sa question.
- Qu'est-ce qu'un wyverne ?
- Une, pour être plus précise. Ce sont des créatures de la même famille des dragons mais pas de la même branche. Beaucoup plus petites qu'un dragon, elles ne crachent pas de feu, ne sont pas sensibles à la magie et ont un intellect équivalent à celui d'un cheval. En revanche, bien dressées, elles peuvent êtres redoutables en groupe. De plus le clan des Dünn les entraînent à traquer leurs ennemis. Autant vous dire que j'ai vite déchanté surtout qu'elles crachent un poison capable de dissoudre les chairs.
À présent les hommes sur le pont s'amusaient des wyvernes ressemblant à de petits dragons sans les pattes avant et aux corps bien plus serpentins. Satch se faisait courser par l'une d'entre elle qui lui grognait dessus en ouvrant les ailes en grand. Bien qu'intangible à l'heure actuelle, il n'en menait pas large. Certains de ces hommes se moquaient de lui à gorge déployée.
Quand le calme revint, la jeune femme aux cheveux neige reprit son récit.
- Nous avons donc sentit avec Ojutaï que nous étions poursuivit et avons décidés de nous séparer. Avec moi sur son dos, il ne pouvait pas se débarrasser correctement des wyvernes sans me mettre à portée de leur poison et je ne pouvais risquer de les mener au poste de relais le plus proche. Nos routes se sont donc séparées.
Alors qu'elle allait continuer, Isaya capta que Curiel mourrait d'envie de dire quelque chose.
- Oui Curiel ?
L'intéressé s'empressa de se faire entendre.
- Mais si tu étais sur le dos de ton dragon et poursuivie par les créatures comment vous êtes vous séparés ?
Un sourire énigmatique apparut sur le pâle visage de la dragonnière alors que certains acquiesçaient à la question du commandant. Brisant le suspens Isaya lui répondit :
- Et bien j'ai sauté.
- Que- quoi ?!
- Je te rappelle que j'ai des pouvoirs. De toute façon Ojutaï n'avait pas le temps de me déposer, j'ai donc sauté quand on est passé dans un nuage pour que les wyvernes ne me prennent pas en chasse. Et puis il suffit de demander poliment au vent un coup de pouce.
Le commandant suivit donc la chute rapide de l'apparition jusqu'à quelques centimètres du pont où elle ralenti jusqu'à se poser délicatement. Satisfaite, la dragonnière continua.
- Pendant qu'Ojutaï les semait à l'est, j'ai dû traverser à pied une forêt dense en direction du nord-ouest pour atteindre le fameux poste de relais pour transmettre un message de toute urgence à la capitale. Le problème c'est que je savais cette partie de la montagne infestées de créatures dangereuses mais mon devoir primait avant tout et c'était beaucoup plus rapide et court de passer par la forêt.
Newgate et Ojutaï l'observaient avec bienveillance et elle pouvait le ressentir, cette marque de tendresse lui mit du baume au cœur.
- Au début la traversée était plutôt agréable, il faisait jour, frais et la mousse couvrait le bruit de ma course me plongeant dans un monde de silence très agréable.
Des pins immenses poussèrent sur le pont, une lumière chaleureuse filtrait à travers les ramures où l'on pouvait distinguer de petites particules flotter, presque statiques. Une mousse d'un vert clair tapissait le sous-bois donnant une atmosphère étouffée et calme à la scène. De légers bruissements et craquements se faisaient entendre de temps à autre ainsi que quelques murmure soufflés au creux d'une oreille mais sinon le silence était maître dans cet univers étrange et fascinant.
Soudain un hurlement inhumain brisa la plénitude et tranquillité des bois faisant s'envoler une nuée d'oiseaux chamarrés. Certains pirates sursautèrent lorsque le cri éclata, d'autres frissonnèrent quand il se termina dans un gargouillis guttural donnant à douter de l'identité de l'être l'ayant poussé.
- Sur le coup j'ai tout de suite sût que j'étais entré sur le territoire de Traols. Normalement ceux-ci n'attaquent pas les humains mais poussés par la faim ils étaient tout à fait capables de traquer une humaine, seule.
La scène apaisante disparu pour laisser place à la dragonnière en chair et en os qui se plaça au centre du pont en posture de défense, prête à parer une quelconque attaque. Elle s'adressa à l'assemblée d'une voix calme.
- Je savais que j'étais cernée mais je ne les voyais pas encore. Alors j'attendais prête à me battre.
Brusquement une créature humanoïde se matérialisa derrière un petit groupe de pirates, qui tirèrent leurs armes par réflexe. L'être velu était légèrement plus petit qu'Isaya mais faisait deux fois sa largeur, de longs bras pourvus de mains presque humaines pendaient le long de son corps au dos arqué. Ses pattes arrières se terminaient par des sabots fendus trépignant sur le pont. Sa peau noirâtre semblaient épaisse et dure, de courts poils rêches parsemaient sa chair. Mais le plus impressionnant était sa tête large que l'on devinait lourde où reposaient, sur les côtés et le sommet, quatre grandes cornes torsadées qui empaleraient n'importe qui.
Le traol s'anima quand la jeune femme claqua des doigts. Malgré son faciès plat et ses yeux enfoncés profondément dans leurs orbites, il darda son regard de prédateur sur elle ouvrant grand une gueule pourvue de crocs impressionnants. Le même cri que le précédent sorti de sa gorge. Il se positionna donc sur ses quatre membres et chargea sauvagement la dragonnière qui l'esquiva au dernier moment. Emporté par son élan l'animal dérapa sur plusieurs mètres en direction du commandant de la cinquième division. Quand il fut à sa hauteur Vista dégaina par réflexe son épée pour l'arrêter mais la lame le traversa comme de l'air, après tout ce n'était qu'une apparition magique. Il lança à la jeune femme au milieu du pont un regard déçu, celle-ci rigola de sa mine déconfite.
Entre temps d'autres traols apparaissaient de ci de là parmi l'équipage. D'ailleurs celui-ci ne savait où donner de la tête jusqu'à ce que les créatures attaquent d'un même mouvement Isaya, prête à se défendre. La concernée marqua ses appuis puis bondit en arrière pour éviter la première salve d'attaquants, elle se repositionna plus loin et s'empara de petits couteaux de lancer immatériels. À présent quatre de ses assaillants gisaient à terre. Enfin elle empoigna deux de ses dagues accrochées entre sa taille et cuisses afin de rendre la scène plus vivante elle avait décidé de complètement revivre la scène, qui plus est c'était le meilleur moyen de montrer à Vista et Marco à quel point leurs entraînements intensifs l'avaient aidé.
{-}
- Vas y ! Tu vas les avoir !
-Attention derrière toi !
- Wouah vous avez vu ce kick ?
- C'est qu'elle se défend la petite, fout leur une branlée !
- Ils sont trop nombreux elle ne va pas réussir, comment a-t-elle fait pour s'en sortir ?
Au fur et à mesure de leur questions et exclamations la vision se déroulait sous leurs yeux, semblant irréelle. Isaya virevoltait dans tous les sens, tranchant, plongeant, frappant, bondissant, parfois utilisant des sorts dans un ballet hypnotique et fascinant. L'équipage avait l'impression de vivre le combat qui malgré la dextérité de la jeune femme, semblait perdu d'avance.
En effet, réfugié sur l'un des mats pour avoir une meilleure vue de la scène, Marco voyait bien qu'elle s'essoufflait rapidement même si après leurs entraînements elle aurait pu tenir bien plus longtemps mais cela ne faisait pas parti de son histoire. La curiosité du phénix était donc piquée quand à l'issue de l'affrontement se déroulant à ces pieds. C'est donc penché à plusieurs mètres du sol qu'il reprit une gorgée de saké dans sa coupe tout en continuant à observer minutieusement le déroulement du récit.
À travers ses paupières mi-closes il aperçut une ombre frôler la canopée intangible ayant poussée sur le pont. Soudainement le dragon Ojutaï plongea vers le sol, toutes griffes dehors, tout en abattant certains arbres sur son passage. Sa maîtresse releva la tête et d'une pirouette esquiva la masse fondant sur ses ennemis et elle-même puis d'une volte se dirigea vers le mât où était perché le premier commandant puis se mit à l'escalader le cordage sous les yeux dubitatifs par l'attaque du dragon, des pirates présents sur le pont. Mât qui d'ailleurs se changea en un immense pin déstabilisant quelque peu le phénix qui ferma quelques secondes les yeux.
Une voix douce s'éleva donc, toute proche de sa personne et lui susurra :
- Ce n'est qu'une illusion, ouvres donc les yeux.
Quand ses paupière se relevèrent lentement, elles découvrirent alors une Isaya rayonnante de vie dû au combat précédent. Ses joues était rosies par l'effort, sa poitrine se relevait et s'abaissait rapidement, ses lèvres entrouvertes laissaient passer un souffle presque saccadé, ses yeux pétillaient de force et ses cheveux neige étaient emmêlés lui donnant un air un peu sauvage. En cet instant il la trouva magnifique et ne sut que répondre mais ses pensées furent de courte durée car le fantasmagorique dragon gonfla sa cage thoracique et ouvrit la gueule pour souffler un air brûlant chargé de flammes et de souffre sur les traols qui comprirent que la débandade serait leur seul échappatoire.
Sur le pont c'était aussi la panique, les pirates couraient dans tous les sens cherchant instinctivement à se mettre à l'abri et lorsque l'un des hommes passa dans le champ d'action du dragon et que son corps fut léché par les flammes, il poussa un glapissement fort peu viril mais fut surpris de ne pas sentir la morsure du brasier.
- Hé les gars, ça ne fait rien c'est juste un peu chaud, c'est même plutôt agréable en fait.
Certains tendirent timidement leur main vers ladite source de chaleur et furent surpris par la découverte de leur camarade. Bientôt tous voulurent tester la sensation physique de l'illusion. Après un petit temps, Isaya mit fin à la vision, rendant au pont et au gréement son état naturel mais faisant s'élever quelques exclamations de protestation.
Avant de redescendre sur le pont, la dragonnière tendis sa main vers la marque du serment sur le poignet du phénix. Une douce chaleur s'échappa de sa paume mais avant qu'il puisse faire quoique ce soit la jeune femme la retira rapidement. Puis elle lui offrit un sourire et il eu du mal à entendre les paroles chuchotées qu'elle lui lança avant de glisser le long d'une corde et d'atterrir sur le pont:
- Je reprend ceci, prends soin de toi et de l'équipage. Adieu.
Quand sa chevelure le frôla il fut tenter de glisser ses doigts dedans mais telle ses illusions elle avait déjà disparu et se retrouvait au centre du pont sous le flot d'éloges, d'applaudissements et de questions de la part de l'équipage.
Alors qu'il abaissait ses yeux sur son poignet il constata que la marque s'était elle aussi envolée. Ainsi c'est ce qu'elle voulait dire par « Je reprend ceci. ». Inconsciemment il chercha à nouveau la dragonnière des yeux mais celle-ci était déjà devant son capitaine et s'inclinait discrètement vers lui, puis elle attrapa Ojutaï dans ses bras et se dirigea discrètement vers la porte menant aux entrailles du navire. Marco savait qu'elle allait récupérer son sac puisque le bateau atteindrait d'ici quelques minutes le port de leur tant attendue prochaine destination. Mais il savait aussi que lorsqu'elle ouvrirait cette porte il ne la reverrait certainement plus jamais. Son cœur eut donc un raté quand elle se retourna, la main sur la poignée, pour jeter un dernier regard sur les personnes présentes sur le pont, un doux sourire accroché aux lèvres. Puis la porte se referma sur elle comme on oublie un rêve.
"Adieu"...
Et voilà ceci clos la fin de ce chapitre 9 et vous aurez compris, c'est maintenant que débute la vraie aventure d'Isaya.
Je ne vous en dit pas plus mais j'espère que vos petits cœurs sont accrochés ;)
Sur ce au chapitre 10 !
Tendres baisers,
April
