Aloha, combattants du crime littéraire ! Dans l'épisode précédent, nous remettions en cause la santé mentale de Beedle le Barbe, nous apprenions de la France était menacé par un bouc (et émissaire, en plus), et que les sirènes sont des loups aquatiques expertes en géothermie. C'était sympa, et tout à fait normal.
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Réponses à vous, lecteurs non silencieux :
Hey, Ywëna von Kiwistein ! Je suis super content pour toi, ça a l'air de se passer mieux que moi ! Non je m'en fous pas, on est humains avant tout !
Ah c'est clair que Mathis né dans une famille sorcière aurait tourné comme l'Ankou ! Voire encore pire, parce qu'il a un potentiel Jédusorien… Mais le risque est évité, ouf ! Enfin, ça ne le rend pas moins conciliant envers les créatures non-humaines, juste… moins concerné ?
Alors, en l'occurence, ce ne sont pas des sirènes dans le lac de Poudlard, mais des selkies, dirigés par Murcus (qui semblerait être une femelle, d'ailleurs (logique vu que les êtres de l'eau sont matriarcaux, comme les nymphes (faut que je fasse les pages des nymphes sur le wiki (j'adore les parenthèses)))).
Ah ah bien vu pour la Confrérie ! Et dis-toi qu'il n'y a que Mathis qui s'implique. Si le reste des Augures s'y mettaient… CARNAGE ! Et ouais, un complot, rien que ça. Ou pire ? Probablement pire. Bien pire que prévu, en tout cas. Je suis parti tellement loin… que je n'ai pas envie de revenir. Ça va tourner à la crack-fic si ça continue…
Ouaip Nil est la Naima du groupe. Mais Nil est avant tout une loque. Nil a la flemme. Nil est une version Serpento-Pouffsoufflienne de Naima.
Moi aussi je suis un peu coincé dans le tome 3. En l'occurence, je n'ai pas encore choisi les Options qu'ils vont prendre, et ça me bloque pour la suite. Du coup en attendant j'écris un peu pour le wiki.
Salut titietrominet ! Oui ! Non ! Peut-être ? Ah ah je ne vais ni affirmer ni infirmer une telle information ! On va déjà apprendre à la connaître, notre petite Corse.
On est dans le vrai terrorisme, là. Plus tu creuses, pire c'est. Et dire qu'à l'origine, je me base sur la Résistance française que j'ai beaucoup étudié…
Quelle origine ? Celle donnée par Dario dans son devoir ? AH AH AH ne retiens surtout pas ça !
Bonjour Sengetsu ! Tu sais quoi ? Le pire, c'est qu'il y a un OS en préparation qui raconte ce qu'elle faisait au moment où Mathis lui a envoyé la première lettre, qui explique pourquoi elle n'a pas répondu. Mais il va me demander sûrement autant d'effort pour l'écrire que pour qu'il soit compris, vu qu'il ne sera pas en Français. Et c'est dans un moment pareil que je remercie le site de ne pas autoriser le copier-coller, pour que personne ne triche en copiant le tout dans un traducteur! Niark niark niark !
En effet, elle n'était pas au courant, mais ça ne veut pas dire que c'était faux ! Les sirènes sont des nymphes (plus d'infos sur le wiki d'ici peu, peut-être ce soir même), donc bien placées pour savoir ce qu'il en est ! Ou alors elles mentent ? Mystère, illogisme et chips au bacon…
Harmonie est une véritable élitiste, c'est normal qu'elle se montre plus agréable avec Karol qui joue du piano depuis… qu'elle a des doigts. Et non, les bébés n'ont pas de doigts, ils ont des petits boudins souvent baveux.
Saluuuuut LeFouDesLivres (j'adore ton pseudo !) ! Bienvenue à toi ! Eh bien oui, c'est carrément fait exprès. J'ai toujours aimé les sigles à la con dans HP. Sérieux, qui a eu l'idée d'appeler un diplôme OWL (BUSE) ou NEWT (ASPIC) !? Et du coup j'ai cherché une matière avec un bon gros sigle débile et… voilà.
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Dans ce chapitre, on annonce la couleur dès le début. Pas grand chose à dire, à part que le titre et l'intro donnent le ton général. Et qu'on va enfin rencontrer AA le moustachu.
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14) Sooortilèges !
À l'attention des élèves de premier cycle
Cette semaine sera consacrée aux épreuves pratiques des Concours de Connaissances. Tout élève inscrits sur l'une des listes suivante est présentement dispensé de cours pour toute la durée des épreuves, soit du Mardi 21/04 8h au Vendredi 24/04 17h. Je rappelle que seuls les élèves ayant obtenu un or à la partie théorique peuvent concourir aux épreuves pratiques. Tout élève sélectionné mais ne souhaitant pas concourir pour la Grande Finale doit en avertir immédiatement son professeur référent. Bonne chance à tous, et que Merlin vous garde.
Gallios Grimaldi, officier d'État à la commission des Concours de Connaissances.
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– Alors ? Alors ? s'impatienta Nil.
– Eh bien :
o–o "Potions : Glazkov Sertorius, Luschek Raven, Niafasen Erwin, Niafasen Karol.
o–o Runes : Brisebois Émeraude, Hastier Camille, Luschek Raven, Niafasen Erwin, Masari Orilia.
o–o Le Serpent et l'Oiseau : Appelbaum Mydian, Devaux Mathis, Glazkov Sertorius, Hastier Camille, Quidma Amara.
o–o La Force du Fors : Appelbaum Mydian, Azerbas Nilüfer, Ballessaim Octavius, Luschek Raven.
o–o Les Modificateurs : Hastier Camille, Amara Quidma, Rouvier Lucie, Günter Zeitmann.", lut Erwin.
– Ouiiiii ! s'exclama la jeune fille en dansant la gigue, avant de se figer dans un demi-pas. Mais attends… Camille a eu l'or à trois épreuves !?
– Ben… faut croire.
– Oh la salo… hum. Et c'est qui, l'autre, qui a eu trois or aussi ?
– Raven Luschek.
– Connais pas.
– C'est une fille de Lonicera. Une fille aux cheveux noirs avec une tresse sur le côté, et aux yeux bleus foncés. On l'a vue une fois avec Aventino.
– Elle fait partie du Club Survie, intervint Karol. Mais elle ne vient pas à chaque fois. C'est une fille étrange, et plutôt solitaire.
– Elle est Polonaise, souligna son frère, comme si cela répondait à tout.
– Blague à part ! trancha Mathis. Je vous ferais remarquer qu'on est Dimanche, et que la première épreuve, les Potions, a lieu Mardi à 15h30. Donc je pense que deux d'entre nous ont des Potions à travailler. Et les autres aussi ont du boulot, d'ailleurs.
– Je vous propose de nous séparer, suggéra Émi. Les jumeaux vont bosser leurs potions, si possible au labo du Club. Ensuite… Eh bien c'est les Runes. Je vais essayer de convaincre Camille de bosser avec moi. Mathis et Nil, vous devriez travailler ensemble, et si possible avec Mydian. Je sais que c'est un concours, qu'on est adversaires… mais c'est à l'épreuve pratique qu'on doit faire nos preuves, ça ne nous empêche en rien de nous entraîner ensemble.
– D'accord, ça me va, accepta Mathis. Mais, et Rolls dans tout ça ?
– Je n'ai obtenu aucun Or, fit constater l'espagnol. Mais si tu veux, je peux vous aider toi et Nil pour les sortilèges. Je passe à la biblio avec Émi, et je vous déniche des nouveaux sorts sympas. Deal ?
– Deal ! acquiesça Nil.
Et les Augures se séparèrent pour la journée.
À voir la tête de certains le lendemain matin, la séance d'entraînement avait été intense. C'est en traînant les pieds que les Augures se rendirent au cours de MST. Heureusement pour eux, la prof avait prévu un cours léger à cause des concours.
– On fouette l'air avec sa baguette en direction du sort, et on prononce d'une voix ferme : Finite Incantatem. Une variante plus subtile existe, mais on y reviendra. Maintenant, je vais voir de quoi vous êtes capables !
Mystique Pluiedeglace ouvrit en grand le vieux coffre qui trônait devant son bureau, et des dizaines de balles en mousse s'en échappèrent. Puis elles se mirent à attaquer les élèves. Arnaud Portesort fut le premier à tenter de lancer le sort, et toucha une des balles, qui tomba inanimée au sol. Alors une douzaine de balles fusèrent vers lui et se mirent à le persécuter, au point qu'il tenta de se réfugier sous sa tablette. Jorge le regardait en ricanant, avant d'intervenir, charitable. Puis, lorsque les balles fusèrent vers lui, il leva un bouclier magique d'un revers fluide de la baguette, et les balles le percutèrent de plein fouet, avant de changer de direction.
– Belle démonstration de magie, Jorge ! cria la prof par-dessus le brouhaha. Ça mérite bien un petit Or, ça !
– Merci Madame ! gloussa le garçon, avant de se recentrer sur la bataille.
Bataille qui ne dura guère longtemps, les balles tombant les unes après les autres. La dernière fut abattue par Camille, alors qu'elle était sur le point de percuter l'arrière du crâne de Lucie Rouvier. La prof applaudit lentement, avant de reprendre sur un ton enjoué :
– Je n'en attendais pas moins de vous ! Arnaud, Mathis, Erwin, Baptiste, Orilia, Marine, Aventino et Camille, vous avez bien mérité un Argent. Jorge, je confirme ton Or, bien joué pour le bouclier. Nilüfer, j'avais dit Finite Incantatem, pas Incendio. Tu as de la chance qu'aucune balle enflammée n'a touché l'un de tes camarades. Tu peux remercier Erwin pour ça (Nil toisa sardoniquement l'Alsacien). Karol et Émeraude… belle démonstration de tennis. Je vous donne également un Argent pour la peine ! Allez, sur ce sympathique intermède, je vous invite à ouvrir vos manuel page 127 : le Contresort Général. Lisez bien, je vous interroge ensuite !
Le reste du cours, de la journée, et même le lendemain semblèrent se dérouler comme dans un rêve, ou quelque monde parallèle. Mathis se souvint juste de s'être couché tôt Lundi, et d'avoir travaillé ses sorts toute la journée de Mardi, du moins jusqu'à ce que les jumeaux reviennent de l'épreuve de Potions avec un même sourire aux lèvres, pronostiquant lequel des deux obtiendrait la première place.
Sa mère lui avait toujours dit que réviser la veille d'un examen était le meilleur moyen de tout oublier le jour même. Alors Mathis suivit son conseil, et passa la journée du Mardi, consacrée à l'épreuve de Runes en ce qui concernait les 2ème Année, avec ses camarades du Club Duel qui s'étaient réunis à l'Étage Blanc pour des passes improvisées. Comme si cela devais être écrit, Mathis se retrouva encore une fois face à Lorna. Celle-ci fit la moue en le dévisageant, avant d'opter pour la carte de l'amitié naissante.
– Bah alors, je t'attendais au dernier Bat'Show ! Et à ceux d'avant aussi, d'ailleurs… Tu ne viens plus ?
– Pas le temps, rejeta Mathis. Et pis c'est trop dur à sortir du Pavillon, faut que ça vaille vraiment le coup.
– Moi j'y arrive bien à sortir… Mais attends, tu es en train d'insinuer que je ne vaux pas le coup !?
Mathis toisa la rouquine avec amusement. Puis il décida d'ignorer la question.
– Et comment tu fais, pour sortir, d'ailleurs ?
– Disons que ça aide d'avoir une sœur Chasseuse. Et de connaître le sort de ramollissement.
– Tu sautes du toit en passant par la fenêtre de la salle secrète des Chasseurs, en conclut Mathis.
– … Comment t'es au courant pour la salle !? s'étonna sincèrement Lorna.
– Eh bien, je…
– *Hum* *hum* !
Alexiane Bautista, la duelliste de 4ème Lonicera qui jouait les arbitres du jour, se racla bruyamment la gorge, avant de jeter un regard courroucé aux deux jeunes sorciers sur l'estrade.
– Quand vous aurez fini de tailler le bout de viande, le duel pourra commencer ?
– Désolée ! mentit Lorna.
– Bien. On salue, en garde… et attaquez !
– Ebublio ! lança directement Lorna.
Mathis regarda le sort arriver droit sur lui, et, comme au ralenti, s'écarta d'un mouvement fluide, le sort le frôlant avant de disparaître, absorbé par la barrière magique de l'estrade.
– Levicorpus !
– Deflecto ! Stupéfix !
– Protego ! Accio Lorna ! Repulso Maxima !
La jeune fille fut d'abord attirée droit sur Mathis, avant d'être projetée comme un fétu de paille dans une tornade. Elle percuta de plein fouet une des large cibles de paille, qui amortit sa chute en explosant à l'impact. Après s'être assurée que Lorna était intacte, Alexiane déclara :
– Mathis Devaux, vainqueur par éjection. Combat suivant !
Mathis sauta de l'estrade, et se précipita pour aider Lorna, encore empêtrée dans la paille de la cible qui s'était brisée. Une fois debout, elle retira un brin de paille coincé dans ses cheveux, et accorda un sourire sincère à Mathis.
– Tu as acquis un sacré niveau ! Tu te rends compte que tu viens juste de battre la Championne Junior de Duel ?
– Je m'entraîne depuis un mois pour les épreuves pratiques, justifia Mathis. Je viens de passer trois jours à m'entraîner à de nouveaux sorts.
– Eh bien, bravo en tout cas. J'avais jamais vu l'association Accio / Repulso, c'est assez malin !
– Merci !
– J-M vainqueur par désarmement ! annonça Alexiane. Combat suivant… Mathis contre Samuel.
Jean-Michel jeta un regard amusé à Mathis en descendant de la scène, avant de lâcher avec un faux accent russe très mal imité :
– Bon chance, komrade.
Pas dupe, Mathis reporta son regard sur son adversaire. Sous ses airs d'intello un peu lunatique, Samuel Follet était un redoutable sorcier. Mathis l'avait déjà vu désarmer dix adversaires à la suite, en dix sorts. Il fallait se méfier de son œil d'aigle. Alors quand Alexiane lança le combat, Mathis réagit au quart de tour. Il se mit à croupis au moment où son adversaire jeta son sort.
– Expelliarmus !
– Tarrentallegra ! répliqua Mathis, encore baissé.
– Protego Sagitta !
Mathis, alors qu'il se relevait, replongea au sol pour éviter le filet magique renfermant son propre sort, projeté comme un boulet de canon droit sur lui. Puis, alors que son adversaire lui laissait un micro-répit le temps qu'il se relève, Mathis eut une idée.
– Protego Corpore ! Flipendo !
– Protego. Alors comme ça, tu veux jouer les soldats en armure, hein ? se moqua Samuel.
– Ça vaut le coup d'essayer ! répliqua Mathis.
– Translationem ! lança alors Samuel, en pointant Mathis d'une main, et un mannequin de bois de l'autre. Mannequin… qui échangea instantanément sa place avec le bouclier de Mathis, faisant chuter le garçon sous le poids. Alors Samuel s'approcha tranquillement, et lança en direction du bras coincé de Mathis, qui n'avait pas lâché sa baguette pour autant.
– Expelliarmus.
La baguette de Mathis sauta dans la main de l'Urtica, qui dégagea le mannequin d'un sort avant de rendre sa baguette à son adversaire. Alexiane annonça le vainqueur, et Mathis retourna auprès de Lorna.
– Je ne voudrais pas faire de pronostics hâtifs, mais à mon humble avis… ton trône est en danger, Princesse.
– "Humble", hein ? se moqua Lorna, sans relever le surnom. Tu voulais dire "présomptueux", peut-être ?
– Ça marche aussi, en toute franchise.
– Ravie de t'entendre le reconnaître.
Et c'est dans cette bonne ambiance que Mathis finit par rejoindre ses amis au Grand Réf, autour d'une assiette de couscous. Émi et Camille étaient en pleine discussion, et à voir la tête que faisait la métamorphomage, soulignée par ses cheveux verts, ça devait sûrement concerner l'épreuve de Runes. Mathis avait en effet remarqué que depuis quelques semaines, Émi avait tendance à perdre le contrôle de son pouvoir, et des transformations physiques incontrôlées au gré de ses émotions. Le plus amusant, c'était que son nez avait tendance à s'allonger quand elle s'énervait, ce qui arrivait de plus en plus souvent lorsqu'elle travaillait ses Enchantements. Gabrielle Delacour était de plus en plus exigeante en cours, et Nil commençait déjà à suggérer de lui trouver un surnom à la même hauteur que "la Vélane du Chaos", insistant d'ailleurs sur le fait que ce devait être la part de sang vélane de la petite blonde qui ressortait. Émi répliquait auparavant qu'elle leur en demandait forcément plus à l'approche des examens, et que le niveau allait crescendo… mais elle se faisait de moins en moins prompte à prendre sa défense.
– Tu es sûre ? insista Émi.
– J'ai vérifié, confirma Camille en agitant son exemplaire du syllabaire Lunerousse sous le nez de son amie.
– Donc si je résume… j'ai fait plus d'erreurs que toi, donc je suis forcément derrière.
– On verra bien, estima Camille en haussant les épaules.
– Ça consistait en quoi, l'épreuve de Runes ? s'immisça Mathis.
– On avait un genre de cube en cire magique, un stylet d'écriture, et on devait piocher un papier sur lequel était écrit l'enchantement qu'on devait réaliser. Camille et moi sommes toutes les deux tombées sur une figure géométrique théorique ; elle un pentachore, et moi un tesseract.
– … Hein !?
– Le pentachore et le tesseract sont des figures géométriques théoriques de dimension 4, c'est-à-dire qu'elles évoluent au fil du temps, et elles sont respectivement issues du triangle et du carré, expliqua Camille.
– Et donc, vous deviez faire une figure qui n'existe pas, avec de la cire et des runes.
– En fait, l'énoncé sur le parchemin donnait les runes nécessaires à la formation du modèle, et une explication détaillée du cycle de mouvement de la projection, corrigea Émi. Mais de toute façon, je me suis plantée. J'ai mal calculé le facteur de projection d'une des arêtes, et en plus j'ai fait une stupide erreur de syntaxe dans une des directives.
– Et… c'est grave ? demanda Mathis, qui ne pigeait définitivement rien.
– Ben pour la première, oui, vu que j'ai un cube qui a défusionné au bout de seize cycles, faisant par la même occasion éclater ma sculpture. Et pour l'autre erreur… je ne sais pas, vu que ça a explosé. Mais ce n'est pas pour autant négligeable, ils l'ont vue avant de déclencher les runes.
– Et toi Camille ? s'enquit Karol.
– Ben quasi pareil, éclaté au bout de neuf cycles, mais pas d'erreur de directive.
– Ah, bah tu vois, Émi ! se ravit Nil. Le sien a tenu moins longtemps !
– C'est pas comme ça que ça marche, réfuta Émi.
– Ma figure était formée de faces triangles, la sienne de faces carrées. Le nombre de faces transitant par chaque arête temporelle est égal au carré du nombre de côtés de cette face. 3 au carré, ça fait 9, alors que 4 au carré, ça fait 16.
– Mais en fait… c'était des Maths, votre truc, pas des Runes ! constata Mathis.
– Et des Maths sacrément balèzes, confirma Erwin. La géométrie euclidienne de dimension quatre, ça ne rigole pas. Notre précepteur en Arithmancie l'avait mentionnée, une fois. Pour vous situer le truc, c'est du niveau Master, voire Doctorat, chez les moldus.
– Et donc, ils donnent ça à des 2ème Année, constata Mathis.
– C'était super bien expliqué ! répliqua Camille. Et on avait deux heures ! Et on nous demandait de représenter, pas de comprendre ! Heureusement, d'ailleurs…
– Et puis Mila nous avait avertis, ajouta Émi. C'est les Concours de Connaissance, pas un petit contrôle de fin de trimestre. Même si, j'avoue, le gagnant sera le moins nul d'entre nous, à défaut du meilleur. Une chance pour nous, les exams de fin d'année, voire même le B.A.N.Q.U.E.T., nous semblerons une promenade de santé à côté des Concours.
– N'empêche… c'est vachement classe comme mot, "Tesseract", souligna Mathis.
– … Va te faire foutre, bougonna Émi.
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Finalement, Mercredi matin arriva à une vitesse folle, et ce fut le moment pour Mathis de faire ses preuves. L'épreuve avait lieu dans la salle d'examen de sortilèges, où il avait déjà eu l'occasion de se rendre. À l'appel de son nom, il entra dans la salle, où l'attendait le jury : Gallios Grimaldi, alias Gros Moustique, une femme blonde à l'air glaciale que Mathis n'avait jamais vue, et, à sa grande surprise, le Professeur Difidliangé. Non, après réflexion, la présence d'un enchanteur n'était pas si surprenante. Et celui-ci valait mieux que Runecorne, le vieux fou du Bourg.
– Monsieur Devaux, avez-vous compris le thème de cette épreuve ? demanda la femme en guise d'introduction.
– Je… je pense, hésita Mathis.
– Démonstration.
– Serpensortia ! Avis, Oppugno !
L'oiseau que Mathis avait fait apparaître fonça droit sur le serpent qui l'avait précédé, et les deux se mirent à se battre, sous les yeux de la juge. Puis, d'un Finite, Mathis fit disparaître les deux bêtes.
– Vous avez donc estimé que la clé était le combat en lui-même ?
– Ce n'est pas exactement ça, la corrigea Mathis. J'ai estimé que la clé était le combat entre les deux êtres les plus simples à faire apparaître par magie. C'est… une allégorie d'un véritable duel.
– C'est intéressant, commenta le Professeur Difidliangé. Voyons pour la partie pratique, maintenant. Si je te demande de sortir un serpent d'un race particulière, tu saurais le faire ?
– Je pense.
– Un cobra, un crotale, et un python ?
Mathis prit une grande inspiration, puis raffermit sa prise sur sa baguette.
– Serpensortia ! Serpensortia ! Serpensortia !
L'un après l'autre, les trois serpents demandés sortirent du bout de la baguette de Mathis, un peu surpris d'y parvenir du premier coup. Le professeur fit disparaître les trois serpents d'un seul sort informulé, avant de reprendre :
– Et maintenant, un anaconda…
– Ouuuh…, souffla Mathis en écarquillant les yeux. Je ne vous promets rien… Serpensortia !
Cependant, sa baguette ne lui fit pas défaut, et un énorme anaconda se mit à escalader le bureau, avant de se diriger d'un mouvement assuré droit sur Gros Moustique. Celui-ci émit un couinement effrayé, sous le regard amusé du prof. La jurée, pas le moins du monde amusée, fit disparaître le reptile, avant de prendre le relais.
– Et si je vous demande, disons, un Basilic ?
– C'est impossible, madame.
– Pourquoi donc !? N'est-ce pas un serpent ?
– Si, mais c'est une créature magique. Et la magie ne peut pas créer de la magie. Donc il est impossible de faire apparaître une créature magique avec un sort.
La femme ne répondit pas, et se contenta de prendre des notes d'un air pincé.
– Dernière chose. Pouvez-vous faire apparaître un oiseau de proie ?
– Volu… hum, Volucris Omnis Alae, prononça Mathis d'une voix moyennement assurée.
Un faucon apparut, et se percha sur le coin du bureau. Puis, au bout de quelques secondes, il se mit à vaciller, comme l'image d'une télévision déréglée, avant d'exploser dans une gerbe de lumière violacée.
– Merci Monsieur Devaux, conclut la femme. Vous pouvez disposer.
– M… merci à vous, répondit Mathis, avant de sortir.
Au moment où il ouvrit la porte, Mathis prit le risque de se retourner brièvement… et capta du coin de l'œil ce qui avait semblé être un clin d'œil sur le visage d'Éric Difidliangé. Alors, par réflexe, un sourire se colla sur le visage de Mathis. Il avait assuré comme une bête, sur ce thème animal !
L'après-midi était consacré à l'épreuve de la Force du Fors, et les Augures au complet soutenaient moralement Nil depuis un banc du parc, ne pouvant l'accompagner dans la salle. Ils ne connaissaient pas vraiment le niveau d'Octavius, plutôt discret en cours, et ne savaient rien à propos de cette "Raven". En revanche, tous connaissaient les talents redoutables de la benjamine Appelbaum. Mydian était une concurrente très sérieuse pour Nil, malgré son Incarcifors exécuté à la perfection. Lorsqu'elle sortit pour les rejoindre, cependant, elle arborait son plus beau sourire.
– Alors ? s'enquit Émi.
– Alors, ils m'ont parlé de mon écrit, et m'ont demandé de reproduire le sort que j'avais choisi pour la partie libre.
– Donc…, tenta de comprendre Jorge.
– Donc, ils m'ont demandé de faire un Incarcifors. Et quand ils ont vu la facilité avec laquelle je le faisais, ils m'ont demandé de recommencer plusieurs fois, avec des demandes de plus en plus complexes.
– Alors ? répété Émi.
– Alors je pense que ce sort a spécialement été inventé pour moi ! fanfaronna Nil. J'ai fait un sans-faute, et en un temps record !
– Félicitations ! s'acclamèrent toute la bande.
– Merci ! rougit-elle.
La dernière épreuve des 2ème Année, sur les Modificateurs, ne concernait que Camille. Celle-ci rejoignit les Augures vers midi, avec un air résigné.
– Ça m'écorche de le dire, soupira la grande brune, mais je crois que mes chances d'entrer dans le carrosse ont la forme d'un pentachore instable.
– C'était si dur ?
– L'épreuve, non. La concurrence, redoutable. Ils laissaient la porte ouverte pendant les épreuves. On entendait pas trop le jury, mais on entendait les candidats, et on pouvait un peu voir ce qui se passait. Günter a utilisé une formule qui comptait six ou sept mots, et a fait apparaître une espèce de gnome de jardin en terre, qui clignotait de toutes les couleurs en jouant du air guitar. Tsssss, c'est pas loyal, ça.
– J'avoue que se faire battre par un faux gnome guitariste… ricana Mathis avec cynisme. Manquerait plus qu'il soit unijambiste…
– On t'a déjà dit que tu étais un insupportable crétin ? demanda Camille, faussement fâchée.
– Je crois que tu me l'a toi-même déjà dit une fois ou deux.
– J'avais raison, conclut alors Camille.
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Ayant passé une semaine à la fois reposante par l'absence de cours et éprouvante pour les nerfs à cause des épreuves, les Augures se motivèrent pour retourner au Bat'Show. Ils décidèrent d'employer la voie de Lorna, bien qu'ils durent soudoyer Arthur pour les laisser passer, ils parvinrent à sortir du Pavillon Rouge après le couvre-feu, et se rendirent au gymnase.
Rien n'avait changé depuis la dernière fois. L'ambiance était toujours aussi festive, le petit marché toujours aussi attractif… Les Augures retrouvèrent Jorge à son stand, et discutèrent du programme du soir.
– Finalement, la motion a été acceptée à la majorité, racontait Jorge. Et du coup, un module de Duel a été intégré aux évènements possibles.
– Événements ? souligna Émi.
– Bah oui, tu croyais pas qu'il y avait un match de Cognepoing toutes les semaines, si ?
– Ben…
– Ça deviendrait vite monotone, même pour les fans. Non, il y a pleins de trucs qui peuvent avoir lieu, comme des concours, des défilés, des concerts… Le Conseil vote pour les prochains évènements, et l'évènement du jour est annoncé en début de soirée.
– Et ce soir, c'est quoi ? demanda Mathis.
– Regarde, banane.
Mathis leva la tête dans la direction que Jorge pointait. Sur l'énorme tableau flottant, en lettres énormes, il était écrit : "Soirée Duel libre", suivi de : "Inscrivez-vous sur le tableau tournant, un combat aléatoire garanti pour tout inscrit". Mathis se frappa le front pour se punir d'être si aveugle. Cependant, il tint à mettre son grain de sel.
– Ils font comment, s'il y a un nombre impair d'inscrit ?
– Simple, répliqua Jorge. Le tableau ajoutera automatiquement le nom de Gideon à la liste le cas échéant.
– Pourquoi lui ?
– Parce que c'est le responsable de l'animation, évidemment.
– D'accord… Et on peut tomber sur n'importe qui ?
– Non, quand même pas ! Le tableau ne mettra jamais deux personnes ayant plus de deux classes d'écart face à face.
– Mais je peux toujours me retrouver face à un 4ème Année, du coup ?
– Dégage et va t'inscrire, tu m'énerves, répliqua Jorge en guise de réponse.
Mathis lui répondit d'un sourire sardonique, avant d'aller s'inscrire en trottinant.
– Je ne sais pas ce qu'il a en ce moment, mais il est en train de griller un fusible, commenta Nil.
– Il a toujours un peu eu les fils qui se touchent… souligna Karol.
– Ouais, mais là, on frôle le court-circuit, rebondit Jorge.
– J'aurais pas dit mieux.
Comme la dernière fois, à 22h30 précise la corne de brume sonna, et les exposants remballèrent rapidement leurs stands pour libérer le terrain. Puis Célestia fit son entrée en haranguant la foule, avant de faire apparaître une estrade improvisée d'un sort. Alors les duels commencèrent. Contrairement à l'estrade de duel du Club, celle-ci ne retenait pas les sorts, et beaucoup percutèrent le dôme transparent, dont l'enchantement de désillusion fluctuait aux impacts. Cependant, quelques sorts perdus parvinrent par un malheureux hasard à passer entre les barreaux, et touchèrent des membres du public. Alors certains comme Lorna, puis Mathis quand il l'aperçut, se plaçaient à peu près derrière les duellistes, pour réceptionner les sorts qui fusaient, pendant que le reste du public se resserrait sur les parties latérales des gradins, l'arrière des buts de Cognepoing étant jugé zone dangereuse.
Enfin, le tableau finit par tirer le nom de Mathis, qui se retrouva face à Damien Rohr, l'ami de Lorna et Eefie. Le grand blond grassouillet à l'air débonnaire sourit de toutes ses dents, et quand le début du duel fut annoncé, il se mit à mitrailler.
– Expelliarmus ! Glisseo ! Engorgio Cranius ! Incarcerem !
Mathis, désarmé, ligoté au sol, et avec une tête ayant doublé de volume, jeta ce qu'il voulait être un regard étonné à Damien. Il semblait tellement gentil, tellement… lent. Et il venait juste de le détruire en deux secondes chrono. Pour une surprise, c'en était un sacrée grosse.
Après sa défaite, Mathis laissa Lorna à son amusement, et retourna s'asseoir avec ses amis. Après avoir assisté à quelques combats définitivement plus longs que le sien, dont un particulièrement explosif opposant deux Chasseuses Magi, Calypso Quidma et Ulmys Malétrix (Ulmys repartit avec la moitié de ses cheveux réduits en cendre, c'était le risque quand on affrontait la Championne Senior de Duel), les Augures purent se lâcher sur la musique d'un duo de joueurs de percussions, qui avait pour ainsi dire des dizaines de mains, usant de magie pour contrôler toute une flopée de baguettes de batteurs. La musique était tribale, rythmée, et fortement motivante pour danser. Mathis apprit de Jorge qu'il s'agissait de frères jumeaux en Chasse Enchant'Art, Luka et Gustav Eisenhoff. La ressemblance n'était pas frappante, Luka ayant les cheveux courts et un bouc taillé, alors que Gustav avait les cheveux frisés aux épaules et le menton imberbe.
Puis la soirée toucha à sa fin, et les Augures rentrèrent discrètement à leur Pavillon respectif. Avant de dormir, Mathis tenait à s'exprimer.
– C'était une super soirée, hein ?
– Oui, on s'est bien amusé, confirma Erwin.
– Hé !
– Oui ?
– Je suis désolé, de m'être comporté comme un con, s'excusa Mathis.
– Pas de mal.
– Et j'espère qu'on pourra aller au Bat'Show un peu plus souvent, maintenant.
– Moi aussi.
– Bonne nuit.
– Bonne nuit, Mathis.
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Le lendemain, après une grasse mat' arrachée difficilement à l'enchantement-réveil, les Augures passèrent la journée à comater à la bibliothèque, avant de se faire virer par Abraxar Lampion qui ne supportait pas qu'on somnole dans son antre.
Alors que les augures se promenaient dans les vastes jardins afin de prendre l'air, Karol aperçut une lueur étrange qui filait vers eux.
– C'est un patronus, sûrement un élève qui s'entraîne, constata Erwin, avant de recommencer à marcher, suivi de ses amis.
Mais Nil resta sur place, fixant le patronus qui filait droit sur eux en fronçant les sourcils. Puis soudain, elle eu un éclair, et s'exclama :
– Attendez ! C'est un coyote ! C'est l'animagus d'Ahmet !
Les amis revinrent alors l'attendre avec Nil. Le patronus s'arrêta devant la bande, fixant Nil sans même voir les autres, et délivra son message avec la voix un peu angoissée d'Ahmet.
– Haydar et Tarkan se sont évadés d'Isis la Grande. D'après Bora, Haydar n'arrêtait pas de parler de rejoindre les Sorciers Musulmans. Maman est devenue folle, elle veut aller les chercher. Papa fait tout pour la retenir. Je fonce en Égypte récupérer Bora, c'est trop dangereux de l'y laisser seul. Je tenais à te prévenir pour ne pas que tu l'apprennes autrement, mais surtout, ne fais rien de stupide ! Reste bien à Beauxbâtons, je viens te voir dès que je suis rentré. Je pense de toute façon que les parents ne laisseront pas Bora y retourner, il devra finir sa scolarité avec toi. Je répète, ne fais rien de stupide. Je t'aime, Nil.
Mathis tourna la tête vers Nil. La jeune turque était livide. Plus pâle encore que Karol, qui était pourtant d'un blancheur maladive. Puis, d'un coup, Nil se mit à courir comme une dératée. Ses amis la poursuivirent en l'appelant à grands cris, jusqu'à l'appentis du tunnel. Mathis comprit, et sortit sa baguette. Nil était en train de prendre une pleine poignée de jeton de transport, et Mathis jeta un puissant Flipendo sur la main de Nil, encore plongée dans le bol. Des jetons volèrent partout dans la pièce, et Nil se jeta au sol, essayant d'attraper un jeton dans la couche de poussière et de terre qui maculait le sol. Mathis se jeta sur elle alors qu'elle se relevait, un jeton à la main, se précipitant vers le tunnel.
– Nil ! NIL ! Tu ne peux pas quitter l'Académie !
– MAIS TU COMPRENDS PAS ! hurlait la jeune fille, en pleurs. ILS ONT BESOIN DE MOI !
– Et tu vas faire quoi, hein ? Tu vas aller où ? Réflechis, tête d'enclume !
– Je dois… je sais pas ! Je dois… retrouver mes parents ! LÂCHE-MOI !
– Ahmet t'as dit de rester à l'abri ici ! Il a dit qu'il viendrait te voir !
– NON ! IL VA SE FAIRE TUER, LÀ-BAS !
– Mais non, ne t'en fais pas ! tenta de la réconforter Mathis. Calme-toi, Nilüfer, tu ne peux rien faire. Ici aussi, c'est dangereux, dehors. Azazel court toujours. Pense à tes parents, pense à ce qu'ils deviendraient s'il t'arrivait quelque chose à toi aussi !
Nil s'effondra alors au sol, pleurant toutes les larmes de son corps. Mathis la berçait doucement dans ses bras, et fit signe à Émi de les rejoindre. La jeune métamorphomage, dont les cheveux avaient viré au blanc de peur, les força à redevenir violets avant de rejoindre son amie, puis la prit dans ses bras à son tour. Mathis tenta alors de s'écarter doucement, mais Nil le retint d'un geste saccadé. Ils restèrent prostrés là, sous le regard figé des jumeaux ErKA et de Jorge, jusqu'à ce qu'une fois retentisse au niveau de la porte.
– Par Merlin ! s'horrifia Mystique Pluiedeglace. Quel est donc de foutoir !? Qu'est-ce que vous faites ici ?
Puis, baissant la tête vers Nil, elle aperçut les dizaines de jetons répandus au sol, dont celui que Nil n'avait pas lâché.
– Sortez de là, immédiatement, gronda la prof. Ça sera quatre heures de retenue chacun, pour dégradation du matériel de l'école.
Puis, lorsqu'Émi et Mathis, penauds, s'aidèrent mutuellement à relever Nil, Mystique sembla enfin prendre conscience que quelque chose n'allait pas.
– Que s'est-il passé ? questionna-t-elle.
– Mieux vaut éviter d'en parler devant elle, soupira Mathis.
Mais Nil tint à répondre.
– M… mes frères sont p… partis chez les S…Sorciers Musulmans, parvint-elle à prononcer entre ses sanglots.
– Oh, lâcha la prof, ne trouvant rien de mieux à répondre. Eh bien, euh… ça n'était pas une raison pour saccager l'appentis. La retenue est maintenue. Allez vous reposer, jeune fille, je veillerai à ce que Le Sondeur vous fournisse un repas au Pavillon Rouge.
Puis, après s'être assuré qu'il n'y avait plus d'élèves dans l'appentis, et que les Augures se dirigeaient bien vers ledit Pavillon, Mystique rentra au château. De loin, Mathis la regarda s'éloigner. Cette prof était vraiment tordue. Mathis la soupçonna de mettre des laxatifs dans les bonbons qu'elle distribuait à Halloween afin d'apprendre aux élèves à être moins gourmands, ou quelque chose dans ce goût. Et c'est lui qu'on traitait de cinglé…
Quelques jours plus tard, Les Augures eurent l'occasion de rencontrer Ahmet et Bora Azerbas, respectivement frère aîné et frère cadet de la famille Azerbas. Ahmet était un jeune homme assez grand et filiforme, qui arborait la traditionnelle bıyık ("moustache" en turc). Il portait un débardeur moldu, qui laissait apparaître ses nombreux tatouages runiques, dont certains semblaient s'effacer d'eux même. Bora, lui, était un garçon un peu rondouillard, plus petit que l'asperge Nilüfer malgré ses trois ans de plus, qui portait du khôl aux yeux. Alors que ce dernier semblait profondément mal-à-l'aise à l'Académie, Ahmet vagabondait çà et là, saluant de nombreux élèves. Il alla même faire la bise à Attorney, plaisantant avec elle sous le regard étonné des 1ère Année qui avaient cours avec elle. Juliette jeta un regard interrogatif à Mathis, qui lui signifia par quelques gestes qu'il était le frère de Nil.
Finalement, Ahmet emmena Bora dans le bureau de la directrice, pendant que les Augures attendaient assis sur les marches de l'escalier central. Erwin, à sa nouvelle habitude, discutait avec le tableau de St Renaud.
– Et comment va ce vieux Zoffeheim ? demandait St Renaud. Quand je me rend dans mon tableau du Grand Palais Castle, j'espère toujours l'y retrouver, pour partager une bonne bouteille de Bourbon.
– Il est encore en vie, Monsieur. Et plutôt en bonne santé.
– Oh, par ma barbe, et ça lui fait combien d'année ?
– Il fêtera ses 143 ans en Juillet.
– Hé bien ! En tout cas, j'espère qu'il aura la présence d'esprit de se faire peindre avec une bonne bouteille de Bourbon, à sa mort. Je l'imagine mal passer l'éternité à regarder les autres boire sans pouvoir faire de même.
– Je croyais que les tableaux n'avaient pas besoin de boire ?
– Ah ah, jeune homme, il n'est pas question de besoin, mais d'envie. J'ai moi-même été peint avec ce cruchon… qui renferme un infâme picrate bon à teindre les cuirs, si vous voulez mon avis. Heureusement que ma fille a eu, pour une fois, la bonne idée de vendre un de mes tableaux à votre famille, qui s'avère posséder un tableau d'orgie.
– Monsieur ! s'indigna Erwin, en rougissant.
– Hé, alors ! Je suis mort, pas moine !
– Ça devient gênant, là…
– Ça tombe bien, s'immisça Mathis. Ils reviennent.
– Ah, eh bien il va me falloir vous dire au revoir, Maître Godefroy, salua Erwin en s'inclinant.
– Bonne journée à vous, jeune Castle.
– Niafasen, corrigea mécaniquement Erwin. Merci.
Les Augures se réunirent en bas des marches, et les deux frères les rejoignirent. Nil, ne tenant plus, explosa :
– Bon alors !? On peut savoir ?
– Bora a été transféré ici. Par souci d'urgence éducative, Bora pourra assister au cours sans uniforme scolaire, qu'il devra cependant se fournir dès les vacances.
– J'ai juste le foulard, indiqua Bora en agitant le bout de tissu encore blanc.
– Nous allons nous rendre à la Salle du Sondeur, pour qu'il soit proprement réparti.
– C'est génial ! s'exclama Nil en se jetant dans les bras de Bora. Alors, des pronostics pour ton Ordre ?
– Euh, je ne sais pas trop, hésita Bora. Je n'ai pas vraiment compris le principe.
– En tout cas, nota Ahmet, Papa et moi avons tous deux été à Lonicera, et toi t'es à Aloysia. Et comme tu es comme Maman et moi comme Papa…
– Ouais, mais Bora a le même sale caractère qu'Oncle Aziz, constata Nil. Il pourrait tout aussi bien finir à Urtica.
– Donc même vous, vous n'avez pas la moindre idée, ricana Bora. Eh ben, ça promet !
…
– Bon, tu rentres là-dedans, et tu suis les instructions.
– J'ai compris, eşek, râla Bora en entrant dans la cabine de bois.
Il y passa un temps qui sembla désespérément long à sa petite sœur, avant de ressortir avec un foulard jaune.
– Alors comme ça, tu es un Urtica, constata Nil. Je savais bien que tu avais des airs d'Oncle Aziz.
– Maintenant que je suis officiellement élève ici, je vais pouvoir de rendre la vie infernale, alors me cherche pas, menaça Bora.
Nil arbora son fameux sourire carnassier de chat ayant croqué le canari.
– Tu oublies que tu es à Urtica. Si tu bronches, je demande à Gideon Appelbaum de te rendre la vie impossible.
– Renonce, intervint Ahmet. Je le connais. Déjà en 6ème Année, je ne l'aurais pas taquiné. Alors maintenant qu'il est en 8ème Année… quel filière ?
– Runesort, indiqua Jorge.
– Bora, tu as sérieusement intérêt à te tenir à carreau.
– Qu'est-ce que tu veux qu'il me fasse que mes frères ne m'ont pas déjà fait subir ? grimaça Bora, mi-figue, mi-raisin.
– Il a piégé l'ensemble des profs derrière une simple porte en bois pendant un bon quart d'heure, en la scellant avec de la Magie Rouge et des runes.
– Tu vois, conclut Ahmet. Si ta sœur te le met sur le dos, et nous savons tous les deux qu'elle ne bluffe pas, c'est toi qui vivra l'enfer.
– Et Gideon ne dort jamais, l'acheva Jorge.
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Et dans le prochain chapitre… de la magie encore plus bizarre, encore moins recommandée, encore plus drôle !
Paix et tartines de rillettes, NEXT !
