Salutations, mes tartiflettes à la menthe ! Dans le chapitre précédent, les Augures se livraient à un rituel de magie noire avec Cytra Appelbaum pour créer un puissant charme localisateur ciblé sur Azazel, que Mathis remet en main propre au BasK. Et Sertorius et Camille se rendent à la prison de La Giraglia, pour rendre visite respectivement à sa soeur, patiente internée, et à son père, vigile.

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Réponse aux reviews :

Titietrominet ! Alors c'était toi, l'invité mystère ? Oui c'est clair, il va faire un overdose, le pauvre !
Ah mais Vipère est intéressante ! Malheureusement, si elle ne cramait pas les gens, elle ne serait pas en asile dans une chambre paramagie…
Le "bonhomme roux", c'est le frère du prof de runes ! Et bien qu'il y ait clairement des roux en Pays Basque, c'est surtout qu'ils sont originaires de Bretagne, donc celtes. Donc roux, comme les Weasley / Prewett. Après, ils ont probablement des ancêtres communs, vu que c'est deux familles sang-pures celtes.

Helloo Sengetsu ! Relire ta review me rappelle que j'ai deux chapitres à renvoyer à Ywëna, elle va me tuer…
Mais oui, c'est clair ! N"hésite pas à me traiter de tous les noms quand je laisse des horreurs pareilles ! Quelle honte !
Bien sûr qu'on les reverra ! Si je me met à introduire des personnages sans jamais les remontrer, même le wiki ne suffira plus à s'y retrouver ! (t'es allé voir la photo de Vipère ? Elle a l'air totalement à l'ouest !)

Salut, LeFouDesLivres ! Mais de rien, ça ne me gène pas du tout ! En fait, si tu t'en rappelles, je l'avais un peu fait dans le tome 1, mais j'ai vite abandonné le truc…
Alors franchement, quand un commentaire me fait plaisir, je me moque totalement de l'orthographe ! Par contre en toute sincérité, j'ai absolument rien compris à ta première parenthèse…
Alors lui, amoureux d'une fille… faudrait déjà qu'il ait conscience que les filles ne sont pas des garçons. Mais avec les hormones qui le chatouillent, ça devrait pas tarder. En revanche, ça fait un moment que l'inverse est vraie, et que c'est comme toujours le seul à ne pas s'en rendre compte ! (je ne pense même pas avoir à préciser de qui il s'agit !)

Bonjour, Dess Id, enchanté ! Merci, tant de compliments me vont droit au cœur ! Merci à toi, de l'apprécier à sa juste valeur (ha ha) ! En tout cas, à voir vos compliments, ça a l'air sympa ce que vous lisez, faudrait que je le lise aussi, un jour. Sérieux, avant d'écrire, je n'aurais jamais imaginé la sensation étrange de me relire. Je connais l'histoire par coeur, et pourtant je la redécouvre, comme une adaptation de mes propres souvenirs par quelqu'un d'autre !
C'est marrant, les gens qui disent avoir hâte de lire la suite postent toujours la veille ou le jour même où je poste le chapitre suivant ! À croire que c'est fait exprès…

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Bon, clairement, vous vous êtes tous mis d'accord pour dire que Mathis est cinglé ! Ça me rassure, ça veut dire que vous n'êtes pas comme lui. Donc pas comme moi. Oui, je suis encore pire ! Mais je saute pas dans le vide, j'ai le vertige debout sur une chaise… Bon, assez parlé de moi, parlons de ce chapitre. Le titre… j'aime bien les titres comme ça. Ça dit tout, et en même temps, ça dit rien. Mais sinon, à part lui, il y a aussi les résultats des Concours locaux de Connaissance. Et c'est normal qu'il n'y ait pas le même nombre de noms dans toutes les épreuves, puisque seuls ceux ayant obtenu l'Or à l'épreuve écrite ont participé à l'épreuve pratique. Voilà, ENJOOOOOOOOOOOOOOOY !

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16) Azazel

Une merveilleuse nouvelle pour les victimes !

Après des mois de recherches, les experts de la Prévôté ont finalement découvert la raison de la perte de pouvoirs de certaines victimes, ainsi que le moyen de rétablir leur magie. Il s'agirait en fait d'une forme inédite de malédiction, dont le réceptacle serait la victime elle-même. Aucune information supplémentaire n'a été donnée quant aux circonstances de cette découverte, mais un informateur nous a évoqué l'autopsie d'une victime décédée, dont on aurait retrouvé des runes gravées sur les côtes. Il est possible qu'il s'agisse de l'« Examus » de la malédiction (voir dossier sur l'historique des malédictions, page 19). Une seule cible, une durée limitée à l'espérance de vie de celle-ci, … qui sait ? Cependant, le dernier élément, l'effet de la malédiction, a été l'élément clé qui a permis de découvrir son existence. Il s'agissait en fait d'un siphon magique, puisant la magie de la victime avant de la dissiper dans l'air, inutilisable. Ainsi, les victimes ne pouvaient plus faire usage de magie, mais dégageaient une aura d'intensité largement supérieure à la normale, perturbant les instruments magiques qui aurait pu les aider, comme les impulseurs.

Le personnel de la clinique médicomagique de Notre-Dame des Orages appelle donc toutes les victimes de perte de pouvoirs à se présenter au bureau de crise spécialement aménagé au rez-de-chaussée de la clinique, afin d'être admis. Il s'agit d'une opération peu éprouvante, conjointe à un rituel alchimique effectué par un expert du Gouvernement, et qui ne demandera qu'une journée de repos. Vous pourrez obtenir plus d'informations au bureau de crise susmentionné.

La Rédaction de L'Intrigue


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– C'est bon ça ! s'exclama Mathis.

À nouveau, il survola rapidement l'article des yeux, et sourit encore plus que la première fois.

– Putain c'est bon ça ! répéta Mathis en jetant le journal sur le vieux bureau professoral devenu table de réunion.

Tous partagèrent le sourire communicatif du garçon. Juliette leva la main d'un air insolent, et Mathis lui accorda la parole d'un signe de tête.

– C'est bien jouasse, tout ça. Mais j'ai deux questions : premièrement, comment ils ont fait pour graver une malédiction sur les côtes des gens sans qu'ils ne s'en rendent compte ? Et deuxièmement, on le choppe quand, ce crevard d'Azazel ?

– Pour la première question, j'y ai réfléchi et j'ai deux théories sur la technique, intervint Sertorius. Ma première est que si on combine les effets d'une potion d'Amnésie combinée à un sort de confusion, on obtient des effets moins facilement détectables et bien plus efficaces qu'un sort d'Oubliettes. La deuxième, c'est qu'avec un Imperium suffisamment puissant, il est possible de forcer un sorcier à extraire ses propres souvenirs. Et après hop potion d'Amnésie pour oublier qu'il l'a fait. Cette deuxième solution est moins facile à mettre en œuvre, mais totalement indétectable. Parce que même si la victime parvient à se rappeler qu'on la forcée à extraire ses propres souvenirs, elle ne pourra jamais les retrouver. Quant à l'étape de la gravure… c'est purement mécanique : un poinçon, un couteau bien aiguisé, et de l'essence de dictame pour effacer les traces.

– … Rappelle-moi ce que fait ta famille dans la vie ? demanda Triora.

– Ma grand-mère invente des sorts basés sur les poisons mortels. Mon père torture des prisonniers à Nurmengard. Ma mère est amatrice de taxidermie. Ma sœur est à l'asile à la Giraglia. Une seule de ces assertions est fausse, à toi de deviner laquelle.

– Facile, ricana Mathis. Bon, blague à part… pour ta deuxième question, Juliette, j'ai une réponse approximative. Le BasK est à ses trousses, et grâce aux notes du carnet d'Angela, on a pu lui expliquer comment suivre la trace du charme localisateur. Il m'a écrit Jeudi dernier, apparemment c'est une question de jours.

– On est déjà Mercredi… fit remarquer sa cousine.

– Oui, d'ailleurs faut que je file ! s'exclama Triora en consultant la montre de Camille. J'ai Voyance dans dix minutes !

– Bon cours ! lui souhaita Camille, avant de s'adresser aux autres. Bon alors, au final si je fais le bilan : depuis la mise en place des blocus autour des grandes villes sorcières et depuis que l'équipe de ma mère a trouvé la faille dans le premier, il n'y a plus une seule attaque. Les experts médicomagiques ont trouvé le "remède" contre la perte de pouvoir. Un mec du gouvernement est sur les traces d'Azazel avec l'aide un charme de localisation noir lancé par une bande de sorciers mineurs cinglés, nous, donné par la fille du chef du Gendarmagium dans notre moitié du pays. Gendarmage qui sait qu'Azazel n'est pas seul, mais qui fait croire le contraire pour optimiser ses chances de trouver la tête de la pieuvre.

– La pieuvre ? releva Mathis.

– J'ai failli dire l'hydre, mais c'est déjà pris par Hydra, fit remarquer Camille.

– Hail Hydra ! s'écria Mathis.

– Très drôle. Bon, j'ai rien oublié ?

– Si ! T'oublies le cas du Limier, rappela Sertorius.

– Ah oui, notre fameux gendarmage Magnus qui n'a rien trouvé de mieux à faire que de libérer un soi-disant traître enfermé dans l'asile le plus sécurisé au monde sous un faux nom. Dans le genre louche, on fait difficilement mieux.

– À part une louche, tenta Mathis.

– La ferme, crétin…

– Chef oui chef. Alors donc… on a fini !

– Comment ça fini !? s'étonna Juliette. Je croyais que le deal c'était de tout faire pour mettre fin à tout ça !?

– Oui… , concéda Mathis, et comme tu peux le constater, il ne se passe plus rien, et on est sur le point de gagner la bataille. Mais pour gagner la guerre, il faudra être prêts ! D'après l'Opus Tenebræ, Azazel est un des douze Ducs Infernaux, et même plus précisément le premier, celui qui déclare la guerre. Or, tout semble porter à croire que ces terroristes / sectaires / cinglés s'en inspirent très fortement. Il y a donc douze têtes à trancher avant de pouvoir s'attaquer au big boss.

– … QUOI !? s'écria Camille.

Sertorius, lui, était déjà au courant puisque l'Opus Tenebræ appartenait à sa famille. Juliette, elle, se contenta de grimacer, comme à son habitude.

– J'espère sincèrement que tu as tort. Mais au pire, ton bouquin raconte un peu la suite ?

– Oui, répondit Sertorius à la place de Mathis. "Le messager reçu dans la peur…" le messager, c'est Azazel, "Le messager reçu dans la peur, et banni dans la colère, l'Ange Déchu se révèlera au monde"…

– Encore ce foutu Ange de la Mort ! coupa Juliette.

– … Tss, si tu arrêtes pas de me couper, je vais jamais pouvoir raconter tout. En plus, l'Ange de la Mort… n'est pas un ange. C'est un cavalier de l'Apocalypse. Et il n'en est nul fait mention dans l'Opus.

– Après, je te le concède, intervint Mathis, Angela parlait peut-être de lui, et s'est trompée.

– Je reprends… soupira Sertorius. "l'Ange Déchu se révélera au monde, et lorsque le messager tombera, Il appellera à lui son second frère, et la Guerre sera.". Voilà. Après je n'arrive pas du tout à me souvenir… comme si le livre effaçait ma mémoire.

– C'est possible ça ? s'intéressa Camille.

– Oh oui ! On n'est jamais à l'abri de rien avec les grimoires noirs. Enfin, comme ça au ressenti, je crois bien que ça parlait de passation de pouvoir. Du genre "le second frère monte sur le trône, et l'Ange Déchu va à la castagne."

– C'est l'idée, confirma Mathis qui avait le même vague souvenir.

– Et donc si j'ai bien compris… faut tous les arrêter un par un pour trouver le Big Boss.

– Oui, et ils sont de pire en pire.

– C'est marrant, on se croirait dans Devil May Cry.

– C'est pas un jeu, Juliette… la tança Camille.

– Je sais ! C'est encore plus drôle !

– T'es aussi cinglée que ton cousin…

– Ouais, mais je suis plus maligne. Et plus jolie.

– Va te faire… commença Mathis.

– Bien bien bien ! le coupa Camille. Ça veut dire qu'on doit attendre que le messager tombe pour voir si toute l'armée des enfers suit derrière ?

– C'est l'idée, confirma Mathis.

– Eh bien, en attendant… Et si on allait voir les résultats des Épreuves Pratiques ?

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Pendant que Juliette rejoignait ses camarades, les trois 2ème Année rejoignirent les Augures à la Bibliothèque, puis tous se rendirent au tableau d'affichage du hall, sur lequel figurait un gros décompte qui affichait 23 secondes… 22… 21…

– Alors, il reste qui en lice ? s'intéressa Jorge.

– En Potions : moi, les jumeaux ErKa, et une fille de Loni, compta Sertorius. En Runes : Émi, Camille et Erwin, et deux filles de Loni dont la même qu'en Potions. Pour la fable : moi, Mathis, Camille, une fille de votre classe…

– … et moi ! intervint Mydian, qui arrivait tout juste, accompagnée de Lucian.

– Oui. Pour le Fors… encore toi, Nil, un garçon de votre classe… et encore la même Loni. Et enfin pour les modifs : Camille, et trois autres personnes je crois.

– Je veux pas dire… s'immisça Lucian, mais… 6 !

La petite foule rassemblée dans le hall fit le décompte en cœur.

– 5… 4… 3… 2… 1 !

Applaudissements. Cris de joies. Chants d'allégresses. Gestes de colère. Pleurs. Et au milieu de cette mer d'émotions mélangées… les Augures.

– Alors ? s'enquit Nil.

– Alors… tenta de lire Mathis en se penchant entre deux colosses. Alors… Alors ma vieille, fait tes bagages, on bouge chez les cousins Germains !

– QUOI !?

– ON A GAGNÉ, TÊTE D'ENCLUME !

– AAAAAAAH !

Et Mathis et Nil se mirent à faire une danse de joie, sous le regard navré de leurs amis. Puis Camille jeta ce qui ressemblait à un bout de gomme dans la tête de Mathis, qui couina d'indignation.

– Et nous, on peut savoir ? Si tu ne veux pas nous dire, tu pourrais au moins te pousser qu'on aille voir…

– Rhooh, rabat-joie !

Camille poussa alors Mathis, et alla voir le tableau des 2ème Année.

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Potions :

– Niafasen Karol

– Glazkov Sertorius

– Niafasen Erwin

– Luschek Raven

Runes :

– Luschek Raven

– Brisebois Émeraude

– Hastier Camille

– Masari Orilia

– Niafasen Erwin

Le Serpent et l'Oiseau :

– Devaux Mathis

– Glazkov Sertorius

– Hastier Camille

– Appelbaum Mydian

– Quidma Amara

La Force du Fors :

– Azerbas Nilüfer

– Appelbaum Mydian

– Luschek Raven

– Ballessaim Octavius

Les Modificateurs :

– Hastier Camille

– Zeitmann Günter

– Quidma Amara

– Rouvier Lucie

Arithmancie :

– Zeitmann Günter

– Soriano Jorge

– Quidma Amara


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– C'est. Qui. Elle ? asséna Émi en frappant le nom de Raven Luschek sur le tableau.

– On l'a déjà dit… souligna Mathis.

– Je m'en fous qu'elle ait une tresse et qu'elle soit à Lonicera ! Je veux savoir pour qui elle se prend pour me battre en Runes !

– Je te rappelle que c'était à moitié de l'Arithmancie, votre épreuve… souligna Nil.

– ET QUOI ?

– Et t'es nulle, en Arithmancie.

– … Ah oui, c'est vrai. Par les organes fermentés de Morgane !

– Moi en tout cas, j'ai hâte ! s'exclama Camille. P'tit trip en Allemagne tous les quatre, ça va être chanmé !

– Grave ! s'exclama Mathis. Karol, il y a des gens sympa, là-bas ?

– Euh… hésita la jeune fille. Notre cousin Andreas, ça va.

– Cousin Castle ou Niafasen ? s'intéressa Sertorius.

– Ben… les deux en fait…

– Wow wow wow, attends, c'est quoi le délire ? s'écria Nil. Vous vous mélangez tous là-dedans ou quoi ? C'est quoi le délire ?

– Tu te répètes, fit remarquer Mathis.

– Ta gueule, je veux savoir.

– C'est simple, expliqua Karol. Son père est le cousin de ma mère, et sa mère est la cousine de mon père. La fille du Ministre.

– Donc en fait… c'est le petit-fils du Ministre de la Magie Allemand par sa mère, et un Castle par son père, résuma Mathis.

– C'est cela même.

– Donc c'est encore un gros bourge d'héritier sang-pur hautain et richissime.

– C'est l'idée, oui. Mais en pire que ceux que tu pourrais connaître.

– Pire qu'Erwin ? impossible ! se moqua Nil.

– Encore un mot, je fais du polynectar avec tes cheveux, et je vole ta place dans le carrosse, menaça Erwin.

– J'ai rien dit, se rétracta la Turque.

La Finale à Mighty Adler ayant lieu en Mai, le sujet passa rapidement en arrière-plan, et la bande se concentra sur ses cours. Les profs des matières concernées se montraient particulièrement pleins d'intentions envers les futurs champions. À son habitude, Mathis en profita. Abuser du système était une seconde nature chez lui, sa nature première étant de tenter à tout prix de contourner ledit système. Il obtint donc une autorisation d'emprunt à la Réserve signée par Miss Delacour, et emprunta un lourd grimoire qu'il prit bien soin de cacher à tous, sauf une personne. Par un système plus que bancal, Mathis parvint à transmettre via son miroir à Double-Sens, qui se fatiguait de plus en plus, une image de chaque page à Thomas, qui prenait alors une photo avec son téléphone. C'était très rudimentaire, mais c'était le seul moyen de transmettre l'ouvrage à son frère. Ce grimoire, c'était un recueil d'adresses assez particulier. Comme les Pages Jaunes, mais pour les enchanteurs peu scrupuleux, les empoisonneurs encore inconnus des services gendarmagiques, etc… Bien sûr, le recueil datait un peu, et la plupart des adresses étaient obsolètes. Mais il suffisait d'une seule. Une seule bonne adresse. Une seule personne qui répondait. Et Thomas aurait gagné. Au vu de ses activités récentes, Mathis se sentait mal placé pour faire la moindre remarque sur les dangers qu'il encourait. Mais si Marianne savait que son fils aîné cherchait à contacter des trafiquants d'artéfacts… mieux ne valait pas y penser. Mathis n'était pas sûr s'il devait remercier ou non Gideon de lui avoir parlé de ce recueil…

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Pendant ce temps, dans les bureaux du Central Sud du Gendarmagium (CSG), à Clermont-Ferrand.

Richard Magnus parcourut rapidement des yeux la dernière note de service, qui venait de se poser sur le coin de son bureau. Il la froissa, et la jeta dans la corbeille enchantée qui déchiqueta le papier de sa mâchoire acérée. Il attrapa une feuille et une plume, et s'apprêtait à rédiger une réponse lorsqu'un soupir se fit entendre dans le coin du large bureau. Richard releva la tête, et adressa un sourire d'excuse à sa fille.

– Je suis désolé ma chérie. Je finis ça, et on ira faire un tour.

– Maman rentre quand ?

– Cette nuit, normalement. Si tout va bien, elle est à Annecy.

– Et si tout ne va pas bien ? lâcha Angela d'un ton cynique.

– Alors elle est encore à Prague, et elle nous enverra un message. Et puis, tu connais ta tante, elle ne supporte pas la nourriture Tchèque, elle aura tôt fait d'entraîner ta mère par la peau du cou !

La remarque arracha un sourire à Angela. Sa tante, qui avait sept ans de moins que sa mère, était comme une grande sœur pour elle. Et comme sa mère, elle avait le goût des grands voyages. Angela, elle, était plus casanière, comme son père. Père qui l'exaspérait au plus haut point…

– Par Sneguroĉka, je t'ai dit que Mauvais Augure s'en occupait ! râla-t-elle.

– Et moi je t'ai dit que je n'accordais nulle confiance à cet inconnu qui se sert de gosses comme messagers.

– Mais il a un moyen de retrouver Azazel ! c'est qu'une question de temps avant qu'il…

À ce moment, on frappa à la porte. Richard fit signe à sa fille de se taire, et ouvrit la porte d'un revers sec de la baguette.

– Lieutenant-Général ! salua le gendarmage. J'ai des nouvelles de notre homme.

Il jeta un regard gêné en direction d'Angela, puis de Richard.

– Tu peux parler, David, elle sait tout, éluda celui-ci.

– Le Limier affirme qu'une autre personne traque Azazel. Un gars du gouvernement, apparemment.

Richard jeta un regard accusateur à sa fille. Celle-ci pencha la tête sur le côté, un tic que Richard trouvait généralement adorable mais qui ne sonnait que trop comme de l'insolence à ce moment.

– Je t'avais dit qu'il avait un gars de confiance sur sa piste.

– Grmbl… David, on sait quoi de ce gars ?

– Hum, on n'a pas encore de nom, mais d'après la description que le Limier nous a faite, Silvert pense avoir reconnu un employé du Palais du Prévôt. Peut-être un vigile qui fait du zèle ?

– Eh bien alors ! s'énerva le Lieutenant-Général. Tu prends Silvert et Cabossin avec toi, et vous transplanez jusqu'au Palais, nom d'un griffon cul-de-jatte ! Ah, et prenez le petit Caillot avec vous, ça lui fera un peu d'expérience.

– Bien, Monsieur. Et… pour le Limier ?

– Remets ton rapport à Adam, c'est lui qui gère ça.

– Bien Monsieur, à vos ordres Monsieur !

Et le gendarmage s'en alla, laissant la porte ouverte. Magnus la claqua d'un revers rageur de la baguette, et jeta une petite impulsion magique à une plume verte posée sur un carnet, qui s'anima.

– Tu notes : "Rapport d'État du jour. Mauvais Augure marche sur nos plates-bandes. Un clown à boucler pour entrave à la justice. Bogardian-Silvert-Cabossin-Caillot envoyés au Ministère pour trouver l'homme du piaf. Insurgence ? +Limier à recontacter, voir avec Adam. PS : David Bogardian est un crétin, déf. pas l'employé du mois."

La plume voletait sur la page du carnet, s'interrompant de temps à autre pour aller se tremper dans l'encrier.

– Angela, regarde dans mon agenda à quelle heure est mon rendez-vous à la clinique.

– Hum… Dans sept minutes.

– Merde… Bon, tu vas venir avec moi. Prends ton manteau et tes lunettes, on va transplaner d'ici !

– Heu, si on transplane depuis un bureau jusque dans une clinique, c'est quoi l'intérêt ?

– Tu seras bien contente d'avoir un manteau, quand on sera à la morgue ! répliqua Richard.

Angela attrapa ses lunettes de soleil style ray-ban sur la table, et les enfila, avant de revêtir son long manteau noir à col d'hermine.

– C'est parti, allons jouer avec les cadavres !

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Une semaine et un jour. Il lui avait fallu une semaine et un jour, malgré le charme localisateur, pour retrouver ce type. Il ne passait pourtant pas inaperçu, avec son demi-masque qu'il ne quittait jamais. Mais il maîtrisait le transplanage à la perfection, et ne laissais jamais la moindre trace. Et à chaque fois que Primaël avait une piste… il disparaissait.

Jusqu'à ce Vendredi soir, où Azazel était rentré dans une auberge isolée pour passer la nuit. L'opportunité était trop belle. À la faveur de la nuit tombante, Primaël sortit ses quatre balises, qu'il planta aux quatre coins de l'auberge. Il jeta ensuite un sort à l'une des balises, et un carré de lumière entourant l'auberge miroita quelques secondes avant de disparaître. Ainsi, l'homme ne pourrait transplaner. Il entra ensuite dans l'auberge, et réserva une chambre pour la nuit. Il monta à l'étage, et s'assura que toutes les portes et fenêtres étaient verrouillées. Il descendit ensuite dans la salle, jeta un Collaporta informulé à la porte d'entrée et aux fenêtres à sa portée, et commanda un repas. Il était au milieu de son plat lorsque l'homme se présenta à la salle, et commanda à son tour. Et alors que l'attention d'Azazel semblait toute portée sur son repas, Primaël passa à l'action. Il jeta un autre sort de verrouillage sur la porte de la cuisine, et se leva pour affronter le criminel. Mais celui-ci n'était déjà plus là. Primaël se tourna d'un quart, juste à temps pour parer un sort informulé qui fusait sur lui.

– Putain t'es qui toi ? gueula Azazel. Qui t'envoie ?

– Je suis Primaël Goizane, mandaté par le Mauvais Augure pour t'arrêter et te livrer au Gendarmagium.

– Va te faire foutre ! ricana Azazel, avant de visiblement tenter de transplaner.

Mais les balises de Primaël étaient efficaces, et son échec tira une grimace au mage noir.

– On dirait que je vais d'abord devoir me débarrasser de toi !

– On dirait bien.

– Juste une chose… laissons d'abord les autres clients se réfugier derrière le bar. (Primaël jeta un regard incrédule à Azazel) Eh bien quoi ? Si tu penses que je suis du genre à blesser des sorciers innocents, tu n'as rien compris !

– C'est ce que tu as dit à Scipion Sirtesente avant de le torturer à mort ? railla Primaël, toujours en position de combat.

– Ce vieux timbré était aussi innocent que je le suis ! ricana Azazel.

– Sale…

Avada Kedavra !

Accio table ! Waddiwasi !

Evanesco !

Ossio Dispersimus Maxima !

Protego ! Sectumsempra !

Primaël esquiva le sort noir en plongeant derrière une table renversée. Il se jeta un Protego Corpore informulé, avant de se lever violemment.

Everte Statum ! jeta Azazel.

Son sort ricocha sur l'armure magique de Primaël, qui répliqua aussitôt.

Icturatum !

Azazel fut projeté à travers la salle, et percuta le mur derrière lui. Primaël s'approcha doucement, et pointa sa baguette vers son adversaire… qui faisait semblant d'être sonné.

Expelliarmus !

La baguette de Primaël vola dans les airs, en direction d'Azazel. Celui-ci jeta un sort au vol à la baguette, qui fut projetée à l'autre bout de la pièce. Mais alors qu'il se redressait, Primaël se jeta sur lui, et parvint à le désarmer à son tour, jetant de même sa baguette au loin. Dans la bagarre, il tenta de lui arracher son masque. Mais le masque ne bougea pas d'un iota. Parvenant à se dégager suffisamment de l'emprise du colosse roux, Azazel le frappa au visage de toute la puissance de son poing. Et alors qu'il titubait en arrière, et qu'Azazel reprenait son souffle, Primaël sourit avec une jubilation malsaine, essuyant le sang qui coulait de son nez d'un revers.

– Puisque tu le prends comme ça…

Ce qui se passa ensuite différait selon les témoignages. Mais tous les témoins présents ce jour affirmèrent avoir entendu un puissant grognement, et la voix d'Azazel s'écriant :

– Putain c'est quoi ce délire !?

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Quelques jours plus tôt, à Beauxbâtons…

– Et donc, on doit tracer un cercle avec la baguette ?

– Non.

– Et donc, on ne doit pas tracer un cercle avec la baguette ?

– Non.

Mathis jeta un regard incrédule à la petite prof d'Enchantements. Comme à son habitude, Gabrielle Delacour souriait doucement en regardant les élèves s'évertuer à réussir leur sort.

– Ça m'aide pas beaucoup M'dame.

– Un oméga majuscule, Mathis. Tu dois tracer un oméga majuscule renversé.

– Oméga, oméga… je fait pas grec LV2, moi ! D'ailleurs je fais même pas de LV2, soit dit en passant.

– La gestuelle est illustrée dans ton manuel, Mathis.

– Je l'ai oublié à l'internat. Je suis coincé.

– Il semblerait, oui. La prochaine fois, tu ne l'oublieras pas.

– Je peux pas juste jeter un œil sur celui d'Émeraude ?

– … Nan, pas envie.

Gabrielle sourit avec espièglerie. Mais il ne fallait pas s'y tromper : cela ne voulait en aucun cas dire qu'elle plaisantait. Mathis poussa un soupir à fendre l'âme.

– Vous pourriez au moins me montrer, s'il vous plaît ?

– D'accord, d'accord, céda la prof. Tu vises ta petite plume, et… Amplificatum !

La plume sur la table de Mathis tripla de volume en un éclair.

– Hein !? Moins vite, j'ai rien compris !

– Si je vais moins vite, le sort ne fonctionnera pas, Mathis, répliqua la prof. Maintenant, excuse-moi, si je ne vais pas la voir tout de suite, le bras de Jade va finir par se détacher de son corps.

La prof n'avait pas fait trois pas que Mathis s'effondra sur sa table dans un soupir qui fit s'envoler sa plume.

Accio plume… lâcha-t-il pour la récupérer.

Et il regarda la plume revenir vers lui d'un air résigné. Pourquoi maîtrisait-il ce sort si bien, alors qu'il était incapable de faire grossir un objet ? Ah, oui, la gestuelle ! La foutue gestuelle des enchantements. Secouer sa baguette en gueulant une formule était tellement plus cool. Flipendo, ça c'était un sort qui claquait !

– Bon, allez ! lança Mathis pour s'encourager lui-même. Une… deux… Amplificatum !

La plume de Mathis explosa dans une gerbe d'étincelle ocre. Il éteint d'un geste nonchalant la flammèche sur son épaule, examina rapidement ses sourcils du bout des doigts, balaya les cendres sur sa table… avant de s'y effondrer à nouveau.

– Mathis, que fais-tu ? demanda la prof qui repassait par là.

– Plus d'plume. Plus d'espoir. J'abandonne.

– Ah mais ça ne marche pas comme ça, mon coco ! Nous sommes en cours, pas au club de vacances ! Je t'apporte une nouvelle plume, et tu reprends !

Le soupir que Mathis poussa à ce moment-là aurait facilement pu balayer un gratte-ciel.

Après ce cours, Mathis retrouva les Augures dont il avait été séparé, Miss Delacour ayant eu la bonne idée de séparer les petites bandes de la classe pour optimiser leur attention. Malheureusement, elle avait passé le mot à Attorney, qui décida elle aussi de remanier tous les binômes. Émi, la plus chanceuse du groupe, se retrouva avec Sertorius. Les jumeaux ErKa furent aussi séparés, et se retrouvèrent respectivement avec Lætitia Pergaud et Lucie Rouvier, deux Lonicera. Puisqu'elle semblait favoriser les binômes inter-ordres, elle ne sépara pas Jorge et Nil. Quant à Mathis, il se retrouva avec Orilia Masari, la petite Urtica d'origine japonaise. Camille, qui s'était retrouvé avec Arnaud Portesort, ne manqua pas l'occasion de se plaindre.

– Mais Miss Attorney, c'est quoi l'intérêt de nous forcer à faire des binômes inter-Ordre, alors que dès l'année prochaine, on aura cours en classe séparée ?

– L'intérêt ? ricana Célestia. Quel intérêt ? Je fais ça par plaisir, moi, pas par intérêt !

Décidément, ça devait être la journée où tous les profs grillaient un fusible. Cependant, Mathis ne fut pas à plaindre. S'il ne partageait pas la même affinité avec elle qu'avec Émi, il devait reconnaître qu'Orilia était sympathique, et plutôt douée en Potions. Il se promit de l'inviter à un de leurs tournois de duel, à l'occasion.

En revanche, tous les nouveaux binômes ne fonctionnaient pas aussi bien que le leur. Au bout de la dixième erreur de sa part, Camille ne tint plus, et frappa Arnaud. L'insupportable garçon couina d'indignation, et s'apprêtais à interpeller la prof, lorsqu'il se raidit d'un coup. Dib Bercier, la jeune recrue des Cobras Ardents, appuyait sur la nuque d'Arnaud avec sa baguette. Mathis l'entendit menacer :

– Si tu balances Camille, je fais sauter ta caboche.

Arnaud prit la menace au sérieux, puisqu'il se rassit en silence. Pas le moins du monde charitable, Camille se retourna pour remercier son ancien camarade pour son intervention, et lui tapa dans la main. Arnaud fulminait. Camille jubilait. Mathis ricanait. Bref, une situation totalement normale.

Tout allait bien pour le meilleur des mondes, jusqu'au Samedi matin, où Mathis reçut un hibou express, qui manqua de le percuter de plein fouet alors qu'il se rendait au Grand Réf pour le petit-déjeuner en compagnie des jumeaux.

– C'est une lettre du BasK, lut Mathis. Je me demande ce qu'il y a de si urgent. Alors… hum… HEIN !? OH PUTAIN !

Et Mathis s'enfuit en courant en direction du Pavillon Rouge, abandonnant la lettre.

– Euh, on m'explique ? lâcha Erwin.

Karol ramassa la lettre dans l'herbe humide, et essuya les gouttes de rosée qui perlaient sur le parchemin. Elle la lut, et grimaça.

– Alors ? s'impatienta son frère.

– Alors à mon avis, il allait prévenir Camille. Le BasK a choppé Azazel, il l'a livré au Gendarmagium cette nuit.

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Clermont-Ferrand. Salle d'interrogatoire n°2 du CGS. Samedi 29 avril 2017. 8h42.

– Une dose de Veritaserum pure vous a été injectée, expliquait calmement l'infirmier. Vos blessures ont été soignées pendant que vous étiez évanoui, mais il est possible que vous ressentiez encore quelques douleurs, notamment au niveau des côtes. La Poussos ne fait pas de miracles, une côte explosée met du temps à se recomposer.

L'homme ne répondant pas, l'infirmier quitta la pièce. Il fit signe au Gendarmage qui attendait dans le couloir d'entrer.

– Il est tout à vous, Monsieur Magnus.

– Merci, Oliver. Va te prendre un café, tu sembles épuisé.

– Merci, Monsieur.

Richard Magnus entra dans la salle, et s'assit en face de l'homme qu'il avait cherché pendant un an et demi, et qu'il n'avait même pas arrêté lui-même. Il le détailla du regard. Arrivé dans un sale état, il avait été hospitalisé d'urgence avant d'être amené ici, ce qui expliquait sa tenue de patient. Pourtant, malgré tous leurs efforts, les médicomages n'avaient pas réussi à lui retirer son demi-masque. Ledit demi-masque était en métal blanc, et représentait un visage neutre, quoique maquillé à outrance au niveau de l'œil. L'homme en lui-même était blond aux yeux gris, d'une carrure assez impressionnante digne d'un rugbyman. Un rugbyman aussi grand qu'un basketteur. Primaël Goizane, l'homme qui l'avait ramené et qui s'avérait être un des gardes du corps du Prévôt, était lui-même impressionnant. Pourtant, Richard se demandait comment il avait pu s'y prendre pour mettre le criminel dans un si sale état, et sans baguette : quand il l'avait amené, le dénommé Azazel avait un œil tellement gonflé qu'il restait clos, des larges plaies qui ressemblaient à des griffures un peu partout sur le corps, les deux clavicules brisées comme s'il avait été pris dans un étau, et trois côtes cassées dont une littéralement explosée, comme s'il avait été percuté par un boulet de canon.

– Votre nom ? demanda Richard.

– Azazel, répondit l'homme masqué de la voix morne typique des personnes sous Veritaserum.

– Votre vrai nom !

– …

– Vous n'avez pas compris la question ?

– Si.

– Alors répondez.

– Je ne me connais nul autre nom qu'Azazel.

– On vous a effacé vos souvenirs.

– Je ne m'en souviens pas.

Malgré le sérieux de la situation, Richard ne put retenir un ricanement.

– On a essayé de retirer votre masque. Impossible. Pourquoi ?

– Il est maintenu par un verrou d'âme.

– Vous voulez dire l'enchantement de Magie Noire qui permet de lier un objet à son possesseur de manière à ce qu'il soit impossible de lui voler tant qu'il est en vie ? et qui nécessite pour cela le sacrifice d'une âme humaine ?

– Précisément.

– Vous pouvez donc le retirer facilement ?

– Oui.

– Alors retirez-le.

L'homme retira son masque. Richard Magnus avait vu beaucoup de chose dans sa vie. Mais ça, ça dépassait l'entendement.

– Qui vous a fait ça ?

– Nicolas Flamel.

– L'enchanteur !?

– Précisément.

– Comment ? Pourquoi ?

– Je ne sais pas. Probablement parce que j'ai essayé de tuer sa femme.

– Pourquoi ?

– Parce qu'elle a fondé une œuvre de charité pour les orphelins moldus.

– C'est ça votre truc ? Tuer les sorciers qui aident les moldus ?

– Précisément. Puis-je remettre mon masque ?

Richard ne releva même pas l'initiative qui était très inhabituelle chez une personne sous Veritaserum, et acquiesça en silence. Azazel replaça son demi-masque, qui sembla à nouveau fusionner avec son visage.

– Pour qui vous travaillez ?

– Personne.

– Avec qui vous travaillez ?

– Je ne peux pas vous le dire.

– Vous ne pouvez pas, ou vous ne voulez pas ?

– Je ne peux pas vous le dire.

– Vos souvenirs ont été effacés ?

– Je ne peux pas vous le dire.

Richard soupira. C'était un coriace. Cela arrivait très rarement, mais certains sorciers, souvent de très puissants occlumens, pouvaient en partie résister au Veritaserum, en se concentrant pour bannir les informations vitales de leur mémoire au plus profond de leur subconscient le temps que la potion fasse effet. Richard décida de changer de tactique.

– Qui vous a fait toutes ces blessures, que vous aviez en arrivant ici ?

– Le gros rouquin.

– Comment a-t-il pu faire ça ?

– Il s'est changé en grizzly.

– Ah, vous voulez dire que c'est un animagus ?

– Précisément.

Ceci expliquait donc cela. Restait à vérifier s'il était déclaré, ou s'il y avait une possibilité de le boucler avant que la garde-à-vue de 48h pour entrave à la justice ne prenne fin. Richard Magnus détestait qu'on marche sur ses plates-bandes.

– Quel était votre but ?

– Déclarer la guerre aux traîtres à leur sang.

– C'était donc des crimes racistes ?

– Non.

– Je ne comprends pas.

– …

– Hum… Pourquoi, alors ?

– Parce que telle est Sa volonté.

Nous y voilà !

– La volonté de qui ?

– Sa volonté.

– La volonté de qui ?

Sa volonté.

Ah il était bon, le salop ! Impossible de le faire craquer. Impossible de l'avoir par la ruse. Peut-être les menaces ? Non, trop surfait. Ou alors…

– Si vous n'aviez pas été attrapé, qu'auriez-vous fait ensuite ?

– J'aurais tenté d'éliminer une autre cible.

– Éliminer ? Vous voulez dire tuer ?

Azazel haussa les épaules.

– Le meurtre n'est pas le but premier. Le Jugement d'abord. Les Secrets ensuite. La Sentence enfin. La Sentence n'est pas toujours la mort.

– Quel étaient les secrets que vous cherchiez à arracher à Scipion Sirtesente ?

– Il cachait quelque chose. Il devait avouer sa cachette.

– Que cachait-il ?

– Je ne sais pas. J'interrogeais. Il devait avouer. C'est tout.

– Que devait avouer Péronne Citrus ?

– Je ne connais personne de ce nom.

– Pourtant, c'est une de vos victimes, non ?

– Non.

– Un de vos "collègues", peut-être ?

– Je ne sais pas.

– Humpff ! Et… la nature des secrets de Pernelle Flamel, vous la connaissiez ?

– Oui.

– Ah ! Quelle était-elle ?

– La raison de sa survie. La pierre philosophale a été officiellement détruite il y a 25 ans. Ils devraient être morts. Pourtant…

– Pourtant ce n'est pas le cas, coupa Richard. Je sais, mon père a participé à leur rapatriement et leur cachette en France, pendant la Guerre des Ténèbres. Alors quoi, vous soupçonniez que Messire Flamel n'ait pas détruit la pierre ?

– Précisément. Ou qu'il en ait fabriqué une autre.

– Et quel est le rapport avec ce que vous faites ?

– Leur longévité est contre-nature, et leur comportement envers les moldus plus encore. Ils ont été jugés coupables, et Son jugement est sans appel.

– Donc, cette personne dont vous refusez de me parler se prend pour le juge et juré, et vous vous êtes le bourreau ?

– …

– Je vois… Et ensuite quoi, vous auriez continué comme ça indéfiniment ? C'était ça le plan ?

– Non.

– C'était quoi, alors ?

– Déclarer la guerre aux traîtres à leur sang.

– Et quand cette "déclaration de guerre" devait s'arrêter, pour devenir une vraie guerre ?

– Après mon arrestation.

– Vous voulez dire qu'il y a quelqu'un, là, dehors, qui va profiter du fait que vous êtes en état d'arrestation pour, quoi, déclarer la guerre à la Prévôté ?

– Précisément.

– Vous vous rendez compte que ce que vous dites est surréaliste ?

– Je pense, oui.

– Mais ?

– Mais c'est la vérité.

– Et quand, précisément, cela doit avoir lieu ?

– Lors de la septième Pleine Lune de l'An 2017.

– C'est donc… le 9 juillet de cette année ?

– Précisément.

– Hé bien nous verrons cela. En attendant, vous, vous filez droit à La Giraglia, et nous, on continue de tracer votre boss. Maintenant que vous êtes derrière les barreaux, le Limier peut se concentrer sur le principal.

À ce moment, Richard aurait juré que, malgré l'effet assommant du Veritaserum qui rendait cela impossible, une lueur de jubilation froide avait traversé le regard d'Azazel.

– Juste une dernière question. Si vous n'aviez pas été capturé avant cette date, qu'auriez-vous fait ensuite ?

– Rien.

– Pourquoi ?

– Je serais mort.

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Et s'il était mort, il ne serait plus vivant, ce qui lui poserait quelques soucis existentiels.

Après cela, je vous propose un double chapitre hors de BeauX ! Oui, c'est bientôt la finale des Concours de Connaissance à Mighty Adler !