Voilà, on est de nouveau calés ! Pas de bol pour moi, lorsque je publierai, je sortirai d'une longue semaine de rattrapages (j'ai réussi un joli exploit, cette année : je dois tout repasser…) où je suis obligé d'aller à cause des bourses, sachant que si je ne valide pas, je devrai quitter définitivement la fac sans le moindre diplôme (putain de S4, j'ai pourtant eu les trois autres !). Mais ça ne change rien du côté de la fic : seule la mort pourrait m'arrêter d'écrire, et c'est pas prévu au programme (par contre, si je dois écrire mon livre et devenir un auteur à succès avant de devenir SDF, je devrai mettre ELM en hiatus. C'est beau de rêver…). Alors embrayons.
Les deux derniers chapitres étaient centrés sur la Grande Finale des Concours de Connaissances, ayant eu lieu à Mighty Adler. Mathis s'est fait mutiler par un anaconda, Lothar Castle est un connard… mais sinon tout vas bien. Ce chapitre reprend peu de temps après le retour en France.

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Réponses vite fait :

Salut titietrominet ! Je suis sûr que l'anaconda était innocent, comparé à ce qu'ils avaient d'autre en réserve… Et tu crois pas si bien dire !

Hello Sengetsu ! Nil est une grosse faignasse, mais au fond d'elle, elle est super douée, et quand ça l'amuse elle montre des talents insoupçonnés. Un peu comme les jumeaux Weasley.
Note tout de même qu'à aucun moment, je ne mentionne qu'il fait usage d'essence de dictame. Et pour cause ! Il a toujours la cicatrice !
Oui Lothar le connard revient, et oui Andreas Castle est toujours Andreas Castle.
Tu ne pouvais pas être plus près de la vérité… et pourtant tu t'es trompée. Pas de bol !
PS : Merci de m'avoir prévenu pour le répertoire. C'est moi qui les y ai inscrites, mais j'avais complètement loupé leur annonce (Facebook ne veut pas que je vois les posts du Répertoire, apparemment…). Répertoire d'ailleurs supposé me faire une pub demain…

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19) Le Passage, la Passation et le Repassage

– Prête-la-moi.

– Non.

– Allez ! insista Nil.

– Prête-lui, s'il te plait, soupira Erwin. Elle m'exaspère !

– Non, c'est ma médaille, refusa Karol.

– Menfin, c'est fou, quand même ! râla Nil pour la énième fois. J'ai dû me battre contre un colosse de bronze de deux mètres, Mathis contre un anaconda, Camille contre ton cousin… et c'est toi la seule à rafler une médaille d'or, pour avoir fait une pauvre potion !

– C'était un onguent, pas une potion, corrigea Karol pour la énième fois, calmement.

– Tu vois, c'était même pas une vraie potion ! Et pis t'es pas la seule à avoir une médaille d'or dans notre promo : t'es la seule à avoir une médaille d'or dans tout Beauxbâtons !

– Remarque, ça a un avantage, s'immisça Mathis. Attorney sera trop occupée à lui embrasser les pieds pour tenter de nous empoisonner.

– Merci pour cette image de rêve, Mathis, ricana Karol. Je rêverais qu'on me baise les pieds. Alors si en plus c'est Attorney, là c'est la consécration !

– Alors, ça fait quoi d'être l'idole de toute une génération ?

– Tu exagères, tout de même ! rougit Karol.

– Pas tant que ça ! d'après Mila, les dernières médailles d'or que la France a remporté, c'était il y a deux et sept ans. Trois médailles en sept ans, c'est peu, quand même…

– On est des buses, à Beauxbâtons, commenta Nil.

– Certes, concéda Karol, mais je ne vois pas en quoi ça fait de moi une… idole.

Mathis lui jeta un regard agacé.

– Le respect de la Gloire, nom d'un snargalouf enrhumé !

– Hééé ! râla Nil. Me pique pas les bons jurons, c'est mon truc, espèce de lépidoptère myopathe !

– Cette conversation commence à aller un peu loin, intervint Erwin. Je vous rappelle qu'on est censé réviser pour nos examens de fin d'année.

Oui, car la légendaire assiduité des Aloysia était… légendaire. C'était le Samedi 10 juin que les Augures révisaient pour les examens qui commençaient le Lundi 12. À cause de sa monumentale punition, Mathis avait été un véritable boulet sur le terrain, et son équipe avait fini dernière, après avoir échoué la semaine passée à la petite finale. Cela ne l'incitait pas le moins du monde à aller voir la grande finale, et, avec Nil, dont l'équipe avait terminé troisième, et les jumeaux qui n'appréciaient pas particulièrement le Cognepoing, ils étaient allés réviser à la bibliothèque. Nil avait tenté de convaincre Mathis d'aller voir la grande finale des équipes Senior, et ce dernier avait répliqué qu'il y réfléchirait si elle la fermait.

En attendant, le quatuor se démenait avec une traduction particulièrement ardue de Runes, l'épreuve ayant lieu Lundi à 8h. Mais les Augures avaient trop compté sur Émeraude cette année, et avait tous, elle exceptée, un niveau épouvantable.

– Mais c'est quoi ce zigouigoui chelou, là ? râla Nil.

– Où ? s'enquit Mathis.

– Là ! Le machin qui ressemble à une allumette qui hausse les épaules !

– Un ear, expliqua patiemment Mathis. C'est une rune propre au futhorc, l'alphabet runique anglo-frison. Elle symbolise la tombe. Tu vois, là ça parle du tombeau d'un roi, et là d'un… machin pointu. En fait, je crois que ce texte parle de pyramides.

– Tu pouvais pas le dire plus tôt ! s'écria Nil.

– Euh… si pourquoi ? Ça change quoi ?

– Ça change, espèce de triple épilogue cryptophage, que mon frère n'a pas cours, et qu'il a tout de même passé trois ans et demi en Égypte !

– Ah ! s'intéressa Erwin. Tu peux aller le chercher ?

– Bah du coup…

Nil se précipita hors de la bibliothèque en trottinant, claquant la porte derrière elle. Le vieux Lampion marmonna dans la barbe qu'il n'avait pas, et jeta un regard noir aux trois autres, qui étaient forcément complices.

En attendant le retour de la fille prodigue, le trio restant laissa de côté les Runes pour faire quelques exercices d'Arithmancie. Là, en revanche, Mathis avait fait d'énormes progrès grâce à Erwin, et si celui-ci visait l'Or pour cette année, Mathis espérait au moins l'Argent.

Karol, elle, ne se faisait aucun souci. Après avoir réalisé un Onguent de Pare-Flammes Absolu qui lui avait valu la seule médaille d'Or remportée par Beauxbâtons, tout lui paraissait facile. Elle se souvenait encore du juré qui, pour tester son onguent, avait plongé ses mains recouvertes de son onguent dans du métal en fusion. Elles en étaient ressorties couverte d'une fine couche de métal qui s'était rapidement figé dans l'air ambiant, et qu'il avait ensuite retiré comme des gants, l'onguent gras aidant. Il avait posé des deux "gants" sur la table, et avait adressé un sourire éclatant à la jeune Française. Et le lendemain, ce vieux puriste d'Alberich Rosengart, directeur de Mighty Adler, lui avait remis la médaille d'Or avec un sourire mi-figue mi-raisin.

– Tu rêvasses ? demanda Mathis, la faisant sursauter.

– Hein ? Oh… je repensais aux Concours.

– Au fait, tu vas faire quoi de la prime ? demanda son frère.

En plus de grimoires rares et d'une magnifique balance en argent, Karol avait reçu une prime de 500 Gallions.

– C'est-à-dire ?

– C'est-à-dire que je ne voudrais pas me vanter devant Mathis…

– Aucun souci, le rassura celui-ci.

– … mais notre famille possède tellement d'Or qu'en indiquer le montant exact est terriblement indécent. Cet argent, on n'en a pas besoin.

– Ah, oui, j'y ai pensé, approuva Karol. J'ai d'abord pensé à Nil. Je sais que sa famille est assez pauvre. Mais… elle ne voudra jamais. Mathis…

– Même pas la peine d'y penser, refusa celui-ci.

– Je m'en doutais bien, rit Karol. Parmi les autres champions, la famille de Günter est aisée, et celle de Camille aussi. En revanche, je sais que les parents de Raven sont en difficulté financière, et son frère Kraecz est encore trop jeune pour travailler. Cependant, il pourrait devoir renoncer à entrer en Chasse Runesort comme il le souhaite, et s'orienter plutôt sur une Chasse Magus pour ensuite entrer à l'Académie du Secret, pour devenir l'apprenti de son père. Je vais essayer de convaincre Raven d'accepter cet argent. Après tout, elle a tout de même terminé seconde !

– Mais… comment tu sais tout ça ? s'étonna Mathis.

– Tu sais, même si je ne parle pas beaucoup, je sais écouter, répondit posément Karol. Raven m'a raconté tout ça sur le chemin du retour. Pendant que toi et Camille vous battiez pour savoir qui allait porter ma médaille en descendant du carrosse.

– Sur ce point tu as été injuste, d'ailleurs, rappela Mathis. Tu aurais pu nous… me laisser ce quart d'heure de gloire !

– C'était mon quart d'heure de gloire !

– Je veux pas le savoir !

– En plus, les résultats avaient été annoncés avant notre arrivée, tout le monde savait que c'était elle la championne… souligna Erwin.

– JE VEUX PAS LE SAVOIR !

– NON MAIS ÇA NE VA PAS DE HURLER DANS MA BIBLIOTHÈQUE, s'écria M. Lampion. DEHORS !

Et c'est ainsi que Nil et Bora retrouvèrent les trois Augures, penauds, dans le couloir.

– Qu'est-ce que vous avez encore fait ? parvint à demander Nil entre deux éclats de rires incontrôlables.

– C'est pas nous, c'est Mathis, bouda Erwin.

– Je parlais juste de l'injustice dont a fait preuve Karol à l'arrivée du carrosse, souligna Mathis d'un ton neutre.

Erwin lui jeta un regard noir. Nil n'en rit que de plus belle, et Karol croisa les bras et gonfla ses joues, comme une gamine boudeuse.

– Et c'est pour ça que tu m'as arraché à un entraînement hyper important de parkour ? s'agaça Bora.

Nil s'interrompit, et jeta un regard noir à son frère. Celui-ci lui rendit posément, de son regard souligné de khôl.

– Rabat-joie. Non, c'est pour une traduction de runes en rapport avec les pyramides.

– Oh. Tu sais, on étudiait surtout les hiéroglyphes, à Isis la Grande. Je ne fais réellement des Runes que depuis mon arrivée ici. J'espère au moins que ce n'est pas des runes celtiques !

– Non, non, on est sur les runes futhark, cette année !

– En l'occurrence, ce texte est en futhorc, corrigea Erwin.

– Euh, c'est quoi la différence ?

– Eh bien mis à part la forme de pas mal de mots qui changent, et même quelques mots qui sont totalement différents, il y a cinq runes de plus à retenir.

– Ils faisaient du futhorc, quand je suis arrivé, annonça Bora. Je vais voir ce que je peux faire. Mais il nous faudrait aller quelque part pour travailler, et si j'ai bien compris, la bibliothèque est compromise pour vous.

– On n'a qu'à aller au QG de Lucian ? suggéra Karol.

Bora grimaça.

– Lucian Appelbaum ? Non merci !

– Un souci avec Lulu ? s'enquit sa petite sœur.

– Disons que lui et moi, on n'est pas sur la même longueur d'ondes. Je l'ai insulté pour une farce de mauvais goût qu'il a fait à un de mes camarades, et depuis il semble m'avoir pris pour cible.

Nil soupira.

– Et beh allons à la salle E, alors. Comme ça si ça nous énerve trop, on pourra profiter de la cheminée pour brûler nos cours !

– Je sais pas pourquoi, mais les plans louches sonnent toujours bien, quand ils sortent de ta bouche, s'esclaffa Mathis.

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– C'est le début de la grande finale du Tournoi de Cognepoing ! s'égosillait Lucas Sailly, le commentateur. Je rappelle à ceux qui ne sont pas réveillés qu'elle oppose les Cobras Ardents aux décidément indétrônables Albatr'Os. Mais peut-être qu'aujourd'hui est le jour où tout changera !

– J'espère bien, marmonna Mathis. J'ai parié dix mornilles avec Nil sur les Cobras…

– Par solidarité avec mon amie, je te remercie pour ce geste, approuva gravement Lorna.

Pendant que Nil supportait son équipe (ou du moins sa bannière) de l'autre côté des gradins, accompagnée des filles et d'Erwin, Mathis était allé du côté des Cobras Ardents avec Sertorius, après avoir parié sur eux. Nulle trace de Jorge à l'horizon : celui-ci ne se montrait d'ailleurs plus beaucoup, et Lucian avait constaté la même chose. L'Espagnol devenait de plus en plus secret. Et puis, pendant que Sertorius était parti chercher à boire Morgane savait où (probablement dans une brasserie japonaise, vu le temps qu'il mettait), Lorna et Damien étaient arrivés, venant supporter Eefie, qui jouait sa première finale dans l'équipe Senior.

– Pour ceux qui débarquent, je fais un petit rappel de la saison. Lors des sélections, Les Cobras Ardents ont écrasé les Ratons-Chasseurs 18- 7, et les Bélials 20-15. Ils ont également vaincu les Albatr'Os 15-14 au second tour. Ces derniers ont tout de même réussi à se qualifier en final grâce à leurs scores phénoménaux au premier tour : 23-8 contre les Bélials, et 34-11 contre les Ratons-Chasseurs ! Nous sommes passé à ça qu'ils établissent un nouveau record ! Les Bélials ont vaincu les Ratons-Chasseurs 22-19 au second tour, avant de renouveler l'exploit en petite finale la semaine dernière, avec un score de 13-10. La Défense bleue a été redoutable, mais n'a pas résistée à la charge des Bélials, qui ont obtenu leur place sur le podium. Aujourd'hui, les Cobras Ardents affrontent à nouveau les Albatr'Os pour la grande finale, et ne peuvent qu'espérer renouveler leur exploit du second tour !

– Je suis optimiste ! s'exclama Lorna.

– La griffe surgit du sol, le match va bientôt commencer, continuait Lucas. L'exosquelette des Albatr'Os tombe en poussière, et les Cobras Ardents se débarrassent de leur chaperon.

En effet, les équipes de débarrassait de leur tenue d'apparat pour jouer. Alors que celle des Albatr'Os consistait en un exosquelette ailé apparaissant et disparaissant sur simple pression d'une sphère cousue dans la doublure du col de leur uniforme, celle des Cobras Ardent consistait en une longue cape verte en peau de lézard, dont la capuche se terminait en une longue pointe noire. Elle était recouverte de flammes froides, et semblait s'évanouir en fumée dès qu'elle était jetée au sol, en réalité se téléportant dans les vestiaires.

– L'arbitre lève sa baguette, la griffe libère le cognard. C'est le coup d'envoi ! Et c'est Floréal Goizane, Capitaine des Albatr'Os, qui s'empare du cognard ! Il passe à sa sœur, qui tente un passage au ras du dôme.

– Faudrait faire une pétition pour que ce soit ta sœur qui commente les matchs officiels l'année prochaine ! lâcha Mathis.

– Je ne peux qu'appuyer cette idée grandiose, approuva Lorna. Je pense qu'on peut déjà obtenir la signature de toute personne ayant déjà assisté au Bat'Show.

– Ça représente quoi ?

– Hum, un bon quart des élèves, je dirais. Et au moins quatre professeurs.

– Quatre ?

– Le Trio infernal, sans aucun doute.

– Mais Carter, non : il vient de Salem, énonça Mathis, plus pour lui-même. Donc qui est le ou la quatrième ?

– Ben, Pluiedeglace, par Folquet l'Usurpateur ! C'est tout de même elle, qui a inventé le Bat'Show.

– Ah ?

Indeed.

– Ajax tente un tir en cloche… intercepté par Beaupin. Celle-ci passe à Sagrada, qui renvoie sur Jorgensen, la dernière arrivée de l'équipe Senior des Cobras. Mais elle n'est pas à son coup d'essai, après deux ans en tant que Capitaine de l'équipe Junior, et deux victoires consécutives. Elle file comme le vent, esquivant la Défense adverse.

– ALLEZ EEFIE ! cria Lorna.

– ET C'EST LE CENTRE ! 10-0 pour les Cobras Ardents !

Mathis jeta un œil rapide aux bannières. Le serpent se… serpenta en forme de 10, tandis que l'albatros décrépi perdait deux plumes noircies, qui se collèrent contre la paroi, formant un zéro par leur forme courbée. Il n'y avait pas à dire, les scénettes de score des Albatr'Os avaient décidément plus de gueule que celle des autres équipes. Mathis se morigéna : il faisait partie des Bélials, avait parié de l'argent sur les Cobras Ardents… mais était en train d'admirer la bannière des ennemis. Il fallait se ressaisir !
C'est à cet instant que Sertorius reparut.

– J'ai loupé un truc ? s'enquit-il.

– Oh, rien, ironisa Mathis. Juste un magnifique centre d'Eefie.

– Sérieux !?

– Mais tu faisais quoi, bordel à crabe ?

– Rhooh, ça va, je discutais avec le concierge, ou plutôt je négociais pour pouvoir faire passer la boisson qu'il avait sentie.

– T'as ramené quoi, d'ailleurs ?

– Une bouteille de soda de branchiflore au pamplemousse. Mais… pourquoi tu te plains, je vois que tu n'étais pas tout seul.

– Hein ? oh. Oui, Lorna et Damien nous ont rejoints quand t'étais parti.

– Tu voulais dire "Lorna m'a rejoint", hein ? le taquina Sertorius.

– Pourquoi tu dis ça ?

– Pour rien. Laisse tomber.

Les deux garçons reportèrent leur attention sur le jeu. Les Cobras étaient sur le point de mettre un deuxième but.

– Rosengart intercepte le tir de Sagrada. Le cognard repasse aux Albatr'Os. Tir sur Dabrowski, qui remonte à Ajax. Floréal monte au créneau, Oria escalade le dôme. Vont-ils tenter une envolée ? Ajax esquive Caldeira. Beaupin se place en gardienne. Ajax passe à Oria, parvenue au sommet du dôme. Celle-ci bloque. Aucun allié ne peut l'aider, mais aucun adversaire n'a encore escaladé le dôme. Les Cobras et les Albatr'Os se regardent en chien de faïence : c'est à savoir lequel cèdera en premier… Et c'est Sagrada qui escalade à son tour ! Pour les plus jeunes, je précise que Mendosa Sagrada joue depuis maintenant cinq ans, dont deux ans en équipe Senior. C'est un cador du dôme !

– Ferme-la…, souffla Lorna. On s'en fout du pedigree de Sagrada, Oria a déjà repassé à son frère…

– … ET C'EST LE CENTRE ! 10-10, bravo aux Albatr'Os !

– Crétin de commentateur.

– T'as un problème avec lui ? s'enquit Mathis.

– C'est un crétin, répéta Lorna. Doublé d'un boulet. Il passe son temps à draguer lourdement Eefie, même quand elle est avec nous, ça en devient lassant. Et puis il est mauvais, quoi… ça fait deux ans qu'il est commentateur, deux ans que plus personne n'assiste aux matchs de sélection. Et pas que ! Ce matin, la moitié des gradins était vide.

– Ah oui, c'est vrai que tu as joué la finale Junior ! Au fait, c'est qui qui a gagné ?

– Tu vois, même toi t'y étais pas. C'est les Cobras qui ont gagné, de quatre points.

– On révisait pour Lundi, s'excusa Mathis.

– T'aurais préféré assister au match que de réviser, si le commentateur avait été meilleur, répliqua Lorna.

– C'est vrai que si ça avait été ta sœur, j'aurais raté ça pour rien au monde !

– Tu vois. Lucas est un crétin.

– Floréal tire… Premier Secteur ! 15-10 pour les Albatr'Os, et Mme Pluiedeglace siffle la mi-temps. Cinq minutes de pause !

Les Augures supportant les Albatr'Os en profitèrent et vinrent rejoindre Mathis. Nil le taquina, en le bousculant du bout du doigt.

– On va écraser vos asticots grillés ! asséna-t-elle.

– Nos "asticots", comme tu dis, ne vont faire qu'une bouchée de vos charognes volantes, répliqua Mathis sur le même ton.

– Vous avez conscience que cette conversation est très étrange, sortie de son contexte ? demanda Émi.

Mathis et Nil tournèrent tous les deux la tête vers elle, et répondirent en cœur d'une voix sèche.

– Oui !

– Soit, concéda Émi.

– N'empêche que vous n'avez aucune chance, reprit Nil.

– Baaah, votre capitaine est un boulet, lâcha Lorna. Il était face à la cible, le champ était dégagé, et il a quand même réussi à louper le centre !

Mathis ricana.

– Rira bien qui rira le dernier, brava Nil. Les Albatr'Augures, on s'envole !

À ce signal pour le moins étrange, la petite bande s'en alla. Émi se retourna une dernière fois pour adresser un clin d'œil à Mathis.

– … Les quoi ? demanda soudain Sertorius, qui avait assisté au court échange en silence.

– Cherche pas, cette fille se jette un sort de confusion tous les matins devant son miroir.

– Je veux bien le croire, rit Sertorius.

– Et c'est parti pour la seconde mi-temps ! annonça Lucas. Le coup d'envoi est aux Cobras. Lespinas passe à Sagrada, Jorgensen monte au créneau. Passe en cloche à Beaupin, qui se recentre. Jorgensen commence à escalader le dôme, tandis que Beaupin passe à Caldeira. Caldeira qui nous fait une magnifique envolée, et se suspend au dôme ! Jorgensen l'a presque rejoint ! Sans attendre, Oria et Ajax Goizane escalade le dôme à leur tour, tandis que leur capitaine et frère redescend en défense. Ah, enfin ! Je trouvais que cette Finale manquait de verticalité ! Caldeira passe à Jorgensen, qui coince le cognard entre ses genoux avant de filer à toute allure à la force de ses bras. Oh, incroyable ! Jorgensen passe le cognard à Lespinas en se balançant et en libérant le cognard… et la passe est réussie ! Lespinas fonce droit sur Floréal ! Mais que fait-il, il n'a aucune chance à trois contre un !? GRANDIOSE ! Lespinas fait une demi-envolée verticale, et tire droit sur Jorgensen, qui plonge avec le cognard ! Elle le projette en avant à deux mains, et part en envolée, passant au-dessus de la Défense adverse ! Elle roule, tire… Et c'est le Centre ! 20-15 pour les Cobras ! Mais quelle action incroyable !

Machinalement, Mathis leva les deux mains. Lorna tapa dans une, Sertorius dans l'autre. Par souci d'équité, il se pencha ensuite au-dessus de Lorna, et topa avec Damien. Il posa la main sur la cuisse de la jeune fille pour se redresser, ne se rendant pas compte du trouble qu'il provoqua chez elle avec ce geste innocent. Parce que si tout le monde, sauf l'intéressé, avait bien remarqué que Lorna draguait ouvertement Mathis, personne ne savait que c'était un mécanisme de défense, tentant de l'embarrasser pour cacher son propre trouble.

– Premier Secteur ! 20-20, les Albatr'Os égalisent !

– Hein, déjà ? s'étonna Mathis.

– Ils jouent fort, aujourd'hui ! constata Sertorius. Ils sont survoltés, des deux côtés !

– Je rêve !? s'écria Lucas. Beaupin vient d'assommer Floréal en lui tirant dans la tête ! L'arbitre ne siffle pas, c'est que ça doit être autorisé… Oria va relever son frère, pendant que Beaupin fonce droit sur les buts. Ah, Dabrowski lui arrache le cognard des mains, et tire sur Ajax, qui a le champ dégagé. Il tente de tirer sur les buts, mais est trop loin. Le cognard passe à ras de la cible, et est dévié avant de toucher le dôme. Cognard libre ! Je répète : cognard libre ! Les joueurs vont devoir le récupérer pour que le jeu puisse reprendre. Le cognard frôle la tête du grand Caldeira, qui n'a rien vu venir. On se réveille, Ricardo ! Floréal se relève, et appelle ses équipiers à lui. Les Albatr'Os établissent une stratégie groupée, tandis que les Cobras Ardents se répartissent sur le terrain pour tenter d'arrêter le cognard fou. Les triplés Goizane se séparent, et escaladent le dôme avec leur aisance habituelle, tandis que les défenseurs violets et ivoire restent au sol, l'un pour protéger leur cible, l'autre pour s'approcher de la cible adverse. Le cognard passe juste tout Ajax, qui plonge… et le manque de peu ! Oria plonge à son tour, et le manque également ! Mais le cognard ne va pas sur Floréal, et file droit vers les Cobras, qu'il contourne, avant de retourner vers la cible des Albatr'Os, où l'attend Floréal. En prévention, ses frère et sœur sont en train d'escalader le dôme à nouveau. Mais le cognard fait à nouveau demi-tour, et fonce droit sur Caldeira… qui propulse Jorgensen en l'air comme un boulet de canon ! Et si on ne peut pas la traiter de boulet, c'est vrai qu'elle est canon !

Le commentaire en fit ricaner plus d'un.

– C'est toi, le boulet, cracha Lorna.

– Il t'entends pas, souligna Mathis.

– La ferme. Je sais, mais ça détend.

– Jorgensen attrape le cognard, et file droit sur les buts peu défendus des Albatr'Os. Elle esquive Rosengart. Ah, Madame l'arbitre me fait signe que le match est terminé, et que le coup de sifflet sera donné en fin d'action. Jorgensen en a bien conscience, et se retrouve donc seule, puisqu'une passe signerait l'arrêt du match. Elle est presque parvenu à portée de tir, alors que Floréal se jette sur elle depuis le sommet du dôme. Mais, incroyable ! Jorgensen roule au sol, esquivant le capitaine adverse, et tire ! ET INCROYABLE C'EST UN CENTRE ! 30-20 pour les Cobras Ardents, quel incroyable fin de match! Quel incroyable match tout court, même ! Trois buts marqués de chaque côté, mais le score est parlant. Et moi, je vous dit à la semaine prochaine, pour la finale de Quidditch !

– On a gagné ! s'écria Lorna en bondissant de joie.

– Je suis riche ! s'écria Mathis, de même, en repensant à son pari.

Puis ils se tombèrent dans les bras l'un de l'autre. Et le pic de joie retombant, Mathis se prit à penser que les cheveux de Lorna sentaient sacrément bon. Ils se relâchèrent et reculèrent un peu précipitamment. Mathis ne put s'empêcher de sourire, constatant que Lorna était sûrement plus rouge que lui. Il se retourna, et se fendit d'une accolade avec Sertorius, qui aperçut le visage écarlate de leur aînée, et ricana gravement comme à son habitude.

Après le match, les Augures se rassemblèrent presque au complet, et partirent à la recherche de Lucian. Pas de trace de lui dans le gymnase, ni dans le parc. Ils rentrèrent au château, et filèrent au QG de Lucian, qui était désert. Alors, n'ayant rien à faire sur le moment, ils firent demi-tour et allèrent vérifier au terrain de Quidditch, vide, et aux serres, vides elles aussi.

– Mais ils sont où, bon sang !? s'agaça Mathis.

– Ils ? releva Erwin.

– Ben Jorge et Lucian. Il y a fort à parier qu'ils sont ensemble. Et pas de trace non plus de Mydian, d'ailleurs.

– On n'a pas encore vérifié le terrain de Parkour, fit remarquer Émi.

– C'est mort, répliqua Nil. Il y a mon frère.

– Et ? demanda Émi, qui n'était pas au courant de l'affaire.

– Et si j'ai bien compris, Bora et Lucian ne sont pas en très bon termes, expliqua Mathis. Mais, Émi, tu n'as pas le miroir de Jorge ?

– Oh, si, tu as raison ! J'y avais pas pensé. Mais ça ne marchera que si le sien est ouvert…

La Bretonne mauve ouvrit son sac à dos en cuir gris souris, et en sortit le petit miroir à Double-Sens carré de Jorge. Elle le déplia. L'image était noire, mais des voix leur parvenaient, signe que le miroir était ouvert au fond du sac de Jorge.

– *… Non, je te jure que c'est pas dangereux.*

– Arnaud Portesort !? s'écria Nil.

– Chut ! la réprimanda Mathis.

– *Mais pourrtant, le prrofesseurr Delambrosía nous a forrmellement interrdit d'y aller !*

– Et Aurora Crepúsculo, ajouta Nil.

– Mais ta gueule ! râla Mathis.

– Rhooh, c'est bon !

– Chut, tous les deux ! intervint Émi.

– *… pas été suivis, j'espère !*, s'exclama une voix grave qu'ils n'avaient jamais entendues, mais qui appartenait semblait-il à un jeune adulte.

– *Évidemment ! Personne n'est au courant, pas même nos amis.*

– *Ce qui dans le cas d'Arnaud n'a pas du poser trop de problèmes*, taquina Lucian qui était finalement là.

– *Espèce de…*

– *On se calme*, intervint Jorge. *Ne vous inquiétez pas, Gustelor, la seule personne au courant à part nous, c'est Mydian.*

– *Tout va bien, alors*, répondit le dénommé Gustelor. *j'apprécie cette jeune fille. Elle est drôle, et paie bien.*

– *En parlant de payer…* commença Lucian.

On entendit des bruits de fermetures éclair, et de sacs en papier.

– *Ah, magnifique !* s'exclama Gustelor. *Où est la péruvienne ?*

– *Dans le plus petit sac, là. Un cristal pure, de 350 grammes.*

– *Parfait, parfait. Voici ce que vous m'avez demandé.*

– *C'est magnifique !* s'extasia Lucian.

– *C'est dégueulasse !* répliqua Arnaud.

– *C'est un bon début*, conclut Aurora. *Et le rreste ?*

– *Mon camarade Muloxékè ne devrait pas tarder, il en apporte un plein bocal avec lui. Un bon litre ! Je pense même qu'il y aura un peu plus que prévu, mais c'est cadeau. À mes meilleurs clients !*

– *Je toucherai un mot à mon père à propos de votre situation*, énonça Arnaud d'une voix inhabituellement dénuée de vantardise, malgré la teneur de ses mots. Y décèlerait-on une pointe d'humilité ? Impossible…

– *Je vous en serez gré, Maître Portesort.*

Ah, oui, forcément. Un homme appelant Arnaud "Maître" méritait bien un traitement de faveur de la part de ce dernier. Ce n'était pas encore pour aujourd'hui qu'on verrait ce garçon humble.

– Ah, le voilà ! s'exclama Gustelor, satisfait.

Émi et Mathis, les plus proches du miroir, tendirent l'oreille. Mathis ne s'y entendait guère, mais Émi sembla reconnaître le bruit de sabots sur un sol forestier, les feuilles mortes craquant et les fougères bruissant.

– Par Morgane, je crois qu'ils sont dans la forêt du domaine, s'exclama Émi.

– *Comme promis, un plein bocal de…* commença une nouvelle voix, plus nasillarde mais aussi âgée que celle de Gustelor.

– *La ferme, Mulo, on pourrait nous espionner !* le réprimanda Gustelor.

– *Qui ? Les écureuils, ou les snargaloufs ?* se moqua Muloxékè. *Cette partie de la forêt est aussi déserte que ta vie sexuelle !*

Lucian et Aurora ricanèrent. Mathis imagina facilement l'air blasé de Jorge, qui ne riait que rarement aux moqueries gratuites, et l'air ahuri d'Arnaud, qui n'avait sans doute pas compris de quoi il retournait.

– *Bon, c'est pas qu'on n'a pas envie de connaître le fin mot de l'histoire, mais on va filer, nous !* annonça Lucian.

Mais les deux hommes n'écoutaient pas, trop occupés à se lancer des piques sur la vie sexuelle l'un de l'autre. On entendit des bruits de pas, et des frottements de tissu qui venaient des mouvements du sac de Jorge qui contenait le miroir. Émi s'apprêtait à ranger le sien, quand la voix d'Aurora s'éleva.

– *Tout de même, ils sont hilarrants, ces bestiaux !*

– *Mon père dit que ce sont des voleurs indignes de confiance*, énonça platement Lucian.

– *Ah ?*

– *Mon père est un crétin.*

– *Ah.*

Malheureusement, la conversation s'arrêta là, et les Augures décidèrent d'un accord commun de rentrer au château pour attendre la bande de comploteurs devant l'entrée du QG de Lucian.

Mais en entrant dans le château, ils tombèrent sur deux personnes, qui firent oublier tout autre chose à Mathis. Dans le hall, au pied de l'escalier central, Madame Maxime était en grande discussion avec le Lieutenant-Général Richard Magnus, habillé en civil, et accompagné d'une fille presque aussi grande que lui, portant un très long manteau noir touchant presque le sol dont le col était bordé de fourrure blanche, et une paire de Ray-ban.

– Angela !? s'exclama Mathis.

– Salut, petit oiseau ! répondit Angela. Je t'avais bien dit que je reviendrais !

– Ah bon ? s'étonna Mathis.

– Ben oui ! Me dit pas que tu n'as pas réussi à décoder mon petit mot !

– Euh…

– "Je reviens bientôt, 6 ou 9 mois, à plus !". Six mois, c'est maintenant, et neuf mois c'est à la rentrée.

– Tu veux dire que tu viens étudier ici ?

– En effet, Madame Maxime est en train de nous faire visiter.

Celle-ci discutait toujours avec Magnus Père et le tableau de St Renaud de sujets politiques, et n'avait même pas remarqué l'arrivée de Mathis, ainsi que des Augures qui assistaient à la conversation avec expectative.

– Ah, oui, s'excusa Mathis. Je te présente mes amis. Émeraude, Karol, Erwin et Nilüfer.

– Émeraude ? répéta Angela. Sympa sa couleur. C'est naturel ?

– Non, je me suis fait attaquer par un arc-en-ciel ! plaisanta Émi.

La plaisanterie plut à Angela, qui rit de bon cœur. Mais contre toute attente, Émi fit un bond en arrière en poussant un cri d'effroi, et devint blême. Ses cheveux virèrent au blanc. C'était quasiment la première fois que Mathis les voyait changer de couleur tous seuls, ce qui traduisait une trop forte émotion. Et Émi était pétrifiée de peur.

– C'est… c'est une saloperie de vampire ! bégaya-t-elle, tâtonnant son gilet à la recherche de sa baguette.

– Bien observé, répliqua Angela, pas vexée par l'insulte. Et toi, tu es donc une métamorphomage ! C'est cool, ça !

Mathis vit qu'Émi ne partageait définitivement pas l'enthousiasme de la nouvelle, et fit signe à Nil d'éloigner Émi. Elle et Erwin la tirèrent doucement, tandis que Karol subtilisait discrètement sa baguette pour l'empêcher de faire une bêtise.

– Une vampire ? lâcha Mathis.

– T'es pas très observateur, toi, gronda faussement Angela.

Elle ouvrit la bouche, révélant ses longs crocs.

– Mais t'avais pas ça, à Nouvel An !

Ja, jes, concéda Angela. Mon père avait insisté pour jeter un sort de désillusion sur mes crocs. Mais je te ferais dire que t'as pas remarqué non plus en arrivant.

– Humph… marmonna Mathis. Mais excuse si ma question semble impolie… mais je croyais que Beauxbâtons n'acceptait pas les non-humains ?

– Je suis une hybride, kretenon ! Tu trouves que mon père a l'air d'un vampire ?

Mathis jeta un œil au colosse à la peau tannée en costume moldu gris agrémenté d'un nœud-papillon orange.

– Euh, non.

– Magnifique. Bon, maintenant, si tu m'excuses, j'ai une visite à continuer. Tu devrais aller voir ton amie la pierre précieuse, parce qu'elle va devoir s'habituer à ma tronche jusqu'à la fin de notre scolarité. À moins d'un miracle, ledit miracle se résumant ainsi : que mon père résolve l'enquête, qu'il décide de déménager dans un autre pays ou que ma mère accepte de se poser quelque part, et qu'une autre école au monde accepte une demi-vampiresse sur ses bancs. Unuvorte, ce n'est pas demain la veille.

– D'accord, j'y vais.

– Attends. Tiens, je t'ai noté ma nouvelle adresse ici. Les hiboux chercheurs ne peuvent pas m'y trouver par hasard, c'est une adresse semi-incartable.

– Semi-incartable ? releva Mathis.

– On peut la noter sur une carte, mais on l'oublie facilement si on l'y voit, à moins d'y être déjà allé. Et on peut s'y rendre directement, y compris en transplanant, mais c'est impossible d'y tomber par hasard. Et ça concerne également les hiboux… T'inquiètes pas, rien de très secret, tu n'as pas besoin de le cacher dans tes sous-vêtements, c'est juste les appartements de fonction de mon père.

– Je ne…

Mais Angela s'était déjà éloignée, rejoignant son père et la directrice au pied du portrait de St Renaud, qui s'était endormi au milieu de la discussion. Mathis soupira, résigné, et alla rejoindre les Augures, priant un peu n'importe qui pour qu'il parvienne à convaincre Émi de… la convaincre de quoi, d'ailleurs ?

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Résultat des Élections

« En cette période de trouble, le devoir de chacun d'entre nous est de rester ferme, et d'affirmer notre autorité. C'est la Prévôté et les lois qui rythment le quotidien des sorciers Français, pas les actions de quelques marginaux ». Tels ont été les premiers mots de Lucullus Amphision, nouveau Prévôt de France élu ce matin à l'issu d'un dépouillage manuel sous contrôle des représentants du Consortium et de l'Assemblée Druidique, ainsi que des onze juges impartiaux.

L'homme désormais à la tête de la communauté magique Française est l'ancien leader du Parti Conservateur. Il semble que les informations transmises par l'un de nos informateurs à propos des révélations du dénommé Azazel semblent avoir fait écho auprès des grands électeurs, qui ont orienté leur vote vers le parti prônant la diminution des interventions sorcières sur le Monde Moldu.

Et Monsieur Amphision de poursuivre : "Nous serons la Justice. Nous serons Impartiaux, Justes, et Impitoyables. Que les forces armées du pays se préparent. Pour paraphraser ces moldus que mon prédécesseur appréciait tant, nous allons lancer une grande chasse aux sorcières". L'allusion ne fait rire personne, en cette période troublée. Mais l'humour sarcastique, presque cynique, ne semblait pas tant le but recherché par le nouveau Prévôt que l'intention de souligner l'ironie de la situation : le fait que des sorciers soient agressés à cause de leurs actions favorables envers les moldus, alors même que les fameuses chasses aux sorcières avaient commencé de la même manière, pour se conclure dans le bain de sang que nous connaissons tous. Espérons que notre dirigeant saura se montrer plus juste qu'impitoyable, limitant au possible les dégâts collatéraux.

La passation de pouvoir définitive aura lieu le 9 juillet à 10h30, devant le Palais du Prévôt.

Supplément politique gratuit spécial élections d'Hebdo Sud-Magique.

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