!Attention ce chapitre contient une mention de tentative de viol. Je suis responsable de ce que j'écris pas de ce que vous lisez.!

Point de vue d'Albus

J'en ai marre, cela fait environ trois semaines qu'Éridanie et mon frère ont rompu pourtant j'ai l'impression que cela fait trois mois au vu de toutes les « blagues » qu'a fait James. Pas plus tard qu'hier il a jeté des dizaines de bombes à colles made in Weasley sur l'escalier qui mène à la volière, des dizaines d'étudiants se sont retrouvé coincé et on réussit à s'en sortir uniquement grâce à l'aide des professeurs et en abandonnant leurs chaussures.

Malgré le mois de retenue qu'il s'est pris suite à cela il a juste fait un sourire insolent à la directrice et est reparti à ses occupations. Papa et maman sont même venus deux fois durant ses trois semaines pour lui remettre les idées en place mais rien à faire, James continue ses bêtises.

C'est devenu habituel maintenant de voir une enveloppe rouge vif être déposé sur la table des Gryffondors au moment du courrier. J'ai beaucoup rigolé la première fois où la voix de maman à exploser au milieu de la grande salle, priant James de réviser son comportement sous peine de représailles à la maison. J'ai beaucoup moins ris quand j'en ai reçu une à mon tour.

La voix de maman ne criait pas mais elle était si froide que j'en ai presque tremblé, elle m'ordonnait d'utiliser toute la ruse des Serpentard dont je dispose pour calmer mon frère, quitte à lui mettre une laisse ou elle brûlerait mon kit de potion, comme si c'était ma faute si James ne savait pas se tenir. Heureusement la lettre de papa m'indiquant que je n'avais pas à m'en faire pour mes affaires m'a rassuré.

Sauf que depuis ce jour-là, toutes les personnes qui ont fait les frais des plaisanteries de James ne cessent de me harceler pour que je fasse quelque chose, malheureusement, je ne sais pas quoi faire.

Le pire c'est qu'il s'est aussi remis à draguer tout ce qui bouge, je ne compte plus le nombre de fille que je l'ai vu embrasser ses trois dernières semaines ou les rumeurs qui proviennent de sa salle commune comme quoi il ramènerait une fille différente tous les soirs.

Il y a même une dizaine de filles qui sont venu me demander des conseils pour sortir avec mon frère, j'ai failli vomir.

Déterminé à avoir enfin la paix, je suis actuellement en train de parcourir les couloirs à la recherche de James afin qu'il cesse cette mascarade une fois pour toute, parce que Salazard m'en sois témoin, si une autre écervelée vient me voir à propos de James, je ne réponds plus de mes actes.

Arrivant près de la salle sur demande, un sanglot provenant d'une salle à ma droite me stoppe dans ma recherche et je décide de satisfaire ma curiosité en découvrant l'identité du pleurnichard.

Je pousse donc légèrement la porte pour ne pas me faire surprendre et scanne la pièce du regard, j'aperçois une silhouette cachée dans l'ombre, regardant un bout de papier qu'elle tient à la main. Vu l'obscurité de la pièce je ne distingue pas son visage mais les reniflements et sanglots que j'entends me font plutôt pencher pour quelqu'un de masculin.

Je pousse la porte un peu plus pour entrer sans un bruit et rase le mur pour me rapprocher de la personne qui pleure de plus en plus bruyamment. Je continu de m'avancer et grâce à la légère luminosité dû à l'entrebâillement de la porte, j'ai la surprise de découvrir que c'est James qui est en train de pleurer.

Je fais appel à toute ma maîtrise pour ne pas éclater de rire afin de ne pas révéler ma présence, c'est un spectacle bien trop rare que de voir James ainsi. Petit frère oblige, j'ai une folle envie de savoir pourquoi il est dans cet état afin de pouvoir le charrier.

Je sors discrètement ma baguette et me jette un sortilège de désillusion afin de m'approcher un peu plus près et découvrir ce que peut bien être ce bout de papier pour qu'il fasse pleurer ainsi mon grand frère.

J'avance à pas de loup et parviens à m'approcher suffisamment pour voir que ce que je prenais pour du papier est en fait une photo, je dérive vers la gauche pour regarder l'image et je ne peux retenir une exclamation de surprise.

– Oh par Salazard !

James se lève d'un bond et range précipitamment la photo dans sa poche.

– Qui est là ? Gronde-t-il.

Je mets fin au sortilège et redevient parfaitement visible.

– Mais qu'est-ce-que tu fais ici Albus ? Me demande-t-il très surpris.

– Il me semble que c'est plutôt à moi de dire ça. Qu'est-ce-que toi tu fais ici à pleurer dans une salle vide en train de regarder une photo d'Éridanie et toi où vous vous embrassez ?!

– Ce ne sont pas tes affaires Al. Me répond-t-il d'un ton hargneux

– Au contraire, parce qu'à cause de tes conneries de nouveau Don Juan de Poudlard, des dizaines de filles sont venues me voir afin de sortir avec toi ou de passer dans ton lit. Je te cherchais parce que je voulais que tu règles le problème pour ne plus jamais entendre un seul fantasme te concernant mais voilà que je te découvre en train de te lamenter sur ta relation passée avec Éridanie, alors c'est quoi ton putain de problème James ?! Tu aimes Éridanie alors pourquoi est-ce-que tu sautes sur tout ce qui bouge comme un chien en chaleur ? Dis-je d'une voix extrêmement froide.

– Parce que tu crois que j'en ai envie ?

– Non mais alors là c'est le bouquet. Tu n'es quand même pas en train de me dire que toutes ces filles t'ont forcé à coucher avec elle ?

– Non, bien sûr que non mais...

Il passe sa main dans ses cheveux et je sens ma colère redescendre un peu, il a l'air tellement affecté, ça me fait tout bizarre de le voir comme ça.

– Je...je souffre Al, tout le temps.

– Arrête James, ça ne te ressemble pas le délire mélodrame.

Il me regarde ensuite d'une manière si froide que des frissons de peur me parcourent l'échine.

– Ne redis jamais ça Albus. Je t'interdis de dire que je dramatise.

– Alors explique moi un peu pourquoi tu te caches pour pleurer une relation qui s'est finit par ta faute si je ne m'abuse.

J'ai beau faire le fier, je n'en mène pas large. Il suffirait qu'il me jette un autre regard aussi froid qu'il y a quelques instants pour que je parte de la salle en courant.

James me toise quelques instants, soupire et résigné ouvre la bouche.

– L'année dernière je n'aurais jamais pensé à me mettre sérieusement en couple et encore moins avec une Serpentard. Si je suis allé voir Éridanie en premier lieu, c'est juste parce que je voulais une bonne note pour mon devoir de potion.

Il me toise du regard me défiant de faire le moindre commentaire, mais je n'en ai pas du tout envie, pressé de savoir enfin ce qui se passe dans la tête de James. Voyant que je ne dis rien, il continu son récit.

– J'ai halluciné le lendemain lorsque le prof m'a rendu mon devoir, j'avais eu un A Al, moi qui étais abonné au P depuis le début de l'année, tu peux imaginer ma joie ce jour-là. J'étais tout excité par cette bonne nouvelle et je voulais absolument remercier Éridanie pour ça, alors dès la fin du cours je me suis précipité vers la bibliothèque pour le lui dire. Je l'ai trouvé plongée dans un énorme bouquin mais avant que je ne puisse ouvrir la bouche elle m'a jeté un regard si noir que je me suis arrêté net. Au début je ne comprenais pas son attitude, tellement différente de celle qu'elle avait eu hier, mais ensuite j'ai regardé autour de moi et vis que j'avais dérangé pas mal d'étudiants avec mon vacarme.

Cette attitude de foncer sans réfléchir est tellement Gryffondor que je me retiens de soupirer de dépit, heureusement, mon frère ne s'aperçoit de rien.

– Ensuite Éridanie m'a indiqué de m'asseoir d'un geste calme et tout intimidé par cette fille pourtant plus jeune que moi et Serpentard de surcroît, je lui ai obéit.

Cette fois, James ne manque pas le frémissement de mes lèvres qui prouve que j'essaye de retenir mon rire, il me jette un regard glacial qui ne fait que renforcer mon hilarité et je dois faire appel à tout mon self-control pour ne pas craquer.

– Albus Severus Potter, je te préviens que si tu ris, papa sera au courant que c'est toi qui as remplacé son shampoing préféré par une de tes expériences ratées de potion qui l'a rendu chauve pendant une semaine.

Cela coupe immédiatement mon envie de rire et James sourit d'un air suffisant. Agacé je fais signe à mon frère que mon hilarité est passée. Il commence par me regarder, suspicieux puis replonge dans ses souvenirs, un léger sourire aux lèvres.

– Après cinq bonnes minutes à me regarder me calmer sans rien dire, Éridanie m'a demandé en chuchotant ce que j'avais et encore un peu intimidé par son aura, je lui ai donné mon devoir, elle l'a regardé et...elle m'a souri. J'ai été soufflé en un instant Al, parce que son sourire...il contenait toute la joie du monde.

Est-ce vraiment mon frère James Sirius Potter qui parle avec un air aussi niait ?

– J'ai voulu continuer à parler mais elle m'a rendu mon devoir et a replongé dans son livre, je ne voulais pas la déranger alors je me suis levé et je suis sortis de la bibliothèque en silence. Deux semaines après on avait un autre devoir de potion et même si en temps normal j'aurais râlé, cette fois j'étais ravi. Je me suis donc rendu à la bibliothèque pour à nouveau demander de l'aide à Éridanie et c'est comme ça que notre relation a commencé.

Ont-ils vraiment fait aussi cliché que ça ? On dirait le synopsis d'un roman à l'eau de rose.

– On a fini par se retrouver de plus en plus souvent, d'abord à la bibliothèque, ensuite au parc, mais je n'ai vraiment compris que je l'aimais que trois mois plus tard.

– Tu l'as sauvé d'un gars un peu trop entreprenant ? Fis-je d'une voix moqueuse.

James me regarde ensuite comme si j'étais aussi stupide qu'une goule.

– Quoi ? Il faut quand même reconnaître que votre histoire était clichée à souhait, je la continuais juste.

Il lève les yeux au ciel mais continu ses explications.

– En fait quand je m'en suis rendu compte, Éridanie n'était pas avec moi et je ne l'ai revu que le lendemain.

– Ne me dis pas que ça t'a pris d'un coup comme ça.

– Bien sûr que non Al, pour tout te dire, c'est durant une fête dans la salle commune de Poufsouffle que j'en ai eu la certitude.

Je hausse un sourcil, demandant ainsi un peu plus d'explication.

– Ça s'est passé en Avril de l'année dernière, quelques septièmes années de toutes les maisons avaient été convié chez les blaireaux pour « l'unification de Poudlard ».

– Mais tu étais un sixième année à ce moment-là.

– Oui, mais j'étais aussi capitaine de l'équipe de Quidditch et James Sirius Potter. Crois-le ou non petit frère mais notre nom de famille ouvre bien des portes. Me dit-il d'un air suffisant.

Je lève les yeux au ciel, agacé par le manque de modestie de James.

– Bref, on était tous en train de s'amuser, on délirait bien et tout à coup une Poufsouffle de septième année s'approche de moi et commence à me faire des avances. Bien que je flirtais de temps en temps avec Éridanie à ce moment-là, j'étais quand même célibataire et j'avais envie de m'amuser alors j'ai répondu à ses avances. Sauf que quand elle s'est assise sur mes genoux j'ai tout de suite ressenti une sorte de malaise, j'ai voulu la repousser mais elle m'a attrapé la nuque et a plaqué ses lèvres sur les miennes. J'ai aussitôt eu envie de vomir et avant que tu ne me fasses une remarque Al, je n'avais pas bu de la soirée, j'étais juste dégoûté d'avoir cette fille sur mes genoux et de l'embrasser. Dès qu'elle a relâché mes lèvres je l'ai repoussé, pas très gentiment je l'avoue et je me suis immédiatement dirigé vers le buffet pour manger des tartares de dragon.

– Quoi ?! Mais ça...

– Donne une haleine abominable oui, c'était exactement ce que je voulais, je ne souhaitais absolument pas qu'une autre de ses filles m'embrasse.

– Et c'est pour ça que tu n'es pas allé à Serpentard, c'est complètement débile comme idée.

– Peut-être mais ça a marché et plus aucune fille n'a tenté de m'embrasser de la soirée, soirée où j'ai passé le reste du temps à me creuser les méninges pour savoir pourquoi j'avais eu cette réaction. Ce n'est que lorsque j'ai imaginé Éridanie m'embrasser à la place de l'autre fille que j'ai compris pourquoi.

James perd son air sérieux et arbore le sourire le plus niait que j'ai jamais vu.

– A partir de là tout m'a explosé à la figure, je revoyais en boucle les moments que j'avais passé avec Éridanie, je revoyais son sourire, ses mimiques, sa grâce, sa façon de m'encourager, sa sensibilité...et j'ai voulu protéger tout cela.

Ses derniers mots ont été murmurés, comme une supplique. Son air béat disparaît et il semble sur le point de pleurer.

– Mais on dirait bien que j'ai échoué et franchement Al, j'espère pour toi que tu ne connaîtras jamais ce sentiment, parce que perdre la personne que tu aimes à cause de ta propre connerie est vraiment quelque chose de douloureux.

– C'est pour ça alors toutes tes frasques ?! C'est pour oublier Éridanie ?!

– Non, c'est pour ne pas la blesser davantage.

Je suis tellement surpris de sa réponse que je mets plusieurs secondes avant de rouvrir la bouche.

– Euh...et tu peux m'expliquer pourquoi tu veux qu'elle croie que tu es un pauvre type ?

– Pas elle spécifiquement, mais les autres.

Je hausse un sourcil interrogateur, indiquant que je ne comprends toujours rien. James grogne, visiblement réticent à poursuivre mais continue son explication.

– On est les fils d'Harry et Ginevra Potter Al, des héros de guerre et du survivant en personne, qu'on le veuille ou non, notre vie et nos actions sont décortiqués, analysés, étalés dans les journaux...Soupire-t-il. Tout comme toi, dès mon premier voyage en train on m'a tout de suite reconnu et tout le monde voulait être mon ami. À l'époque je trouvais ça génial, je pensais que ma vie à l'école allait être parfaite et elle l'a été, jusqu'à ma quatrième année.

Un air sombre passe sur le visage de mon frère ce qui me fait appréhender la suite.

– A cette époque j'étais très ami avec deux gars qui s'appelaient Mathieu et Gaspard, je les connaissais depuis ma première année et je leur faisais confiance. On était en train de vraiment entrer dans l'adolescence et on commençait à s'intéresser aux filles, c'était à celui qui embrassait le mieux, avait le plus de succès...Bref, tu vois le genre.

Je hoche la tête et pose ma main sur son épaule en guise de soutien parce que vu la crispation de sa mâchoire, le reste ne sera pas très facile à raconter pour lui.

– Un jour une fille que je ne connaissais pas est venu me voir après un entraînement de Quidditch et m'a fait une déclaration, j'étais bien sûr très content d'en recevoir une mais je n'y ai pas donné suite parce que je ne connaissais même pas le nom de la fille et qu'elle avait ton âge, elle est partie déçue et je n'y ai plus repensé.

Sa voix se fait de plus en plus sévère et je me demande bien ce qui s'est passé ensuite pour qu'il en soit autant affecté.

– Environ une semaine après ça, alors que je me promenais seul dans les couloirs de Poudlard j'ai entendu des voix plutôt agressives et pensant que c'était une dispute je suis allé voir ça pour essayer de désamorcer la situation, sauf qu'à ma grande surprise c'était Mathieu et Gaspard qui embêtaient quelqu'un, sous le choc je me suis caché et j'ai écouté ce qu'ils disaient, ça m'a aussitôt glacé le sang.

J'avale ma salive sous la voix coléreuse de James.

– Ils essayaient de forcer une fille à coucher avec eux malgré ses nombreux refus et étaient de plus en plus insistant, je sais que j'aurais dû intervenir à ce moment-là mais j'étais sous le choc et comme un con j'ai continué à écouter. Ils disaient qu'après avoir été rejetée elle devait avoir besoin de réconfort, qu'elle était bien ingrate de refuser ce genre de proposition, qu'une telle opportunité ne se représenterait jamais...

Je comprends mieux son attitude maintenant, si moi j'ai envie de vomir rien qu'en entendant l'histoire, je n'imagine pas ce qu'a ressenti mon frère à ce moment-là, d'autant plus que c'était deux de ses amis.

– Je me suis enfin décidé à bouger quand j'ai entendu Gaspard dire que comme ils étaient amis avec le fils du survivant, ils étaient intouchables.

Les mâchoires de James sont tellement serrées que j'ai peur qu'il ne se casse les dents.

– Je suis sorti de ma cachette prêt à les confronter mais j'ai aperçu le visage de la fille, il était empli de terreur et couvert de larmes et j'ai...j'ai pété les plombs. Ma raison a déserté et je me suis jeté sur ces deux abrutis, l'effet de surprise à beaucoup joué mais j'ai réussi à les mettre à terre. Afin d'être certain qu'ils ne partiraient pas raconter n'importe quoi à tout le monde, je les ai immobilisés et je me suis enfin occupé de la fille.

James déglutit et je vois bien que ce souvenir est encore douloureux pour lui.

– Elle était complètement tétanisée, les boutons de sa chemise arrachés, sa brassière bien visible et paraissait à deux doigts de s'évanouir, je me suis alors rendu compte que c'était la fille qui m'avait fait une déclaration il y a une semaine et que j'avais dû la terroriser encore plus en frappant ses agresseurs. C'était qu'une gamine et j'ai aggravé sa peur suite à une tentative de viol, je me suis fait l'effet d'un monstre.

J'étais déjà dégoûté avant mais là je suis carrément écœuré, contre ses mecs bien sûr mais aussi contre moi-même. J'ai toujours cru que James avait eu une scolarité idyllique, qu'il n'avait jamais eu de problème et qu'il ne connaissait pas les coups durs. Aujourd'hui je me rends compte que je l'ai mal jugé et que finalement je ne le connais peut-être pas si bien que ça.

– En la voyant ainsi, les yeux écarquillés et toute tremblante, je me suis agenouillé et je lui ai dit que j'étais désolé, que je n'avais pas voulu lui faire peur et elle a éclaté en sanglots. Je suis resté comme un con à la regarder pleurer pendant quelques secondes, puis je me suis avancé doucement et je l'ai prise dans mes bras, elle a pleuré encore plus fort tout en s'accrochant à ma chemise. J'ai continué de l'étreindre tout en m'excusant jusqu'à ce qu'elle se calme enfin. Par chance Louis est passé par là et je l'ai envoyé chercher la directrice.

– Minute là, tu parles bien de Louis notre cousin, le fils de Bill et Fleur ?

– Lui-même, il est donc parti sans poser de questions et est revenu avec McGonagall. Elle a d'abord été choquée puis après les avoir dépétrifié, elle a emmené Mathieu et Gaspard à l'infirmerie malgré leurs cris accusateurs envers moi, pendant que je m'occupais d'y conduire la fille. Mme Londubat a soigné les deux garçons et après leur avoir fait avaler une potion de sommeil sans rêves s'est occupé de la fille qui était toujours accroché à ma chemise.

– Pourquoi tu dis toujours la fille ? Tu ne lui as pas demandé son prénom ?

– Bien sûr que si crétin, mais cette fille tu la connaît et très peu de personne dans son entourage sont au courant, alors ce n'est pas moi qui vais te révéler ce genre de chose sans qu'elle ne soit d'accord.

Je suis stupéfait par cette annonce. Une fille que je connais à subit une tentative de viol à douze ans et je ne suis pas... Je me stoppe aussitôt dans ma réflexion quand une discussion que j'ai eu avec la copine de Louis durant l'été me revient en mémoire. Blanc comme un mort, je décide de mettre fin à mes doutes.

– James, cette fille... est-ce-que c'est Maryam ?

Sa mine choquée me donne tout de suite ma réponse.

– Putain de bordel de merde, et moi qui la trouvais trop renfermée sur elle-même, tu m'étonne qu'elle soit comme ça après avoir subi ce genre de chose.

– Albus... Qu'est-ce-que tu sais de cette histoire ?

– Mais pratiquement rien justement, elle a remarqué cet été que je n'étais pas au meilleur de ma forme et m'a dit que quoi qu'il m'arrive ça finirait forcément par s'arranger. Je pensais que c'était une phrase bateau et j'ai été un peu virulent avec elle sauf qu'elle ne s'est pas démontée et m'a dit qu'elle avait subi un traumatisme à ses douze ans et que maintenant elle avait réussi à dépasser ça. Je me suis excusez pour mon comportement et on en a plus reparlé. Mais tout ça n'est pas le sujet, qu'est-ce-que cette affaire a à voir avec Éridanie ?

James me fixe du regard, pas dupe pour un sou par ma tentative de changer de sujet.

– Je te préviens Albus Severus Potter, il y a un seul murmure à ce sujet à l'école et je fais de ta vie un enfer, c'est clair ?

Je hoche la tête, pressé de connaître la fin du raisonnement de mon frère. Il soupire mais continu à m'expliquer tout ça.

– Bref, tout ça pour dire Al que c'est ce soir-là que j'ai compris qu'en tant que fils du survivant, toute mes actions auraient des répercussions sur le comportement des gens, parce qu'après s'être rétablis, Mathieu et Gaspard ont essayés de me faire porter le chapeau en disant que j'avais accusé Maryam d'être une fille facile et qu'ils avaient juste voulu vérifier. Alors c'est vrai que j'ai dit ça, mais c'était lors d'un délire entre potes dans la salle commune. Ils étaient en train de me charrier sur la déclaration qu'elle m'avait faite et pour plaisanter j'ai dit qu'elle ne devait pas trop regarder le mec avant de passer à l'action comme c'était la première fois qu'elle m'avait adressée la parole.

Vu sa tête, James devait encore s'en vouloir d'avoir dit ça.

– Les semaines suivantes je me suis mis à réfléchir à mon comportement et j'ai remarqué qu'il y avait des gens qui prenaient ce que je disais pour parole d'évangile. Je disais qu'un mec m'avait agacé, ils le mettaient à l'écart, je regardais une fille un peu trop longtemps, ils essayaient de me caser avec... Tout pour rester dans les petits papiers du fils de l'élu. Crache-t-il.

Ça me fait de la peine de le voir comme ça, lui qui d'habitude est si jovial. Il a vraiment été affecté par cette histoire, peut-être même plus qu'il ne le pense.

– C'est pour ça que je fais attention à ceux qui m'entoure maintenant, bien sûr j'ai des amis et des vrais, qui n'hésite pas à me soutenir ou à me remonter les bretelles au besoin, mais je suis toujours prudent quand quelqu'un tente de m'approcher maintenant.

– Je suis vraiment désolé de ce qui t'es arrivé James, sincèrement, mais je ne vois toujours pas le rapport avec Éridanie.

– Réfléchit Al, tout le monde dans l'école savait qu'on sortait ensemble et maintenant qu'on a rompu, que crois-tu qui va se passer si je montre que je suis malheureux ?

– Permets-moi de te rappeler qu'Éridanie n'est pas non plus des plus joyeuses.

– Sauf que tu le vois parce que tu la connais bien Al, pour la plupart des élèves Éri a toujours un visage avenant ou neutre, jamais triste, du moins en public. Elle porte un masque en permanence afin de se protéger, même quand on était ensemble elle ne l'a laissé tomber que de très rares fois. Alors à ton avis, qu'est-ce-qui va se passer si tout le monde voit que le fils du survivant est malheureux et que la fille Malfoy est heureuse suite à leur rupture ?

– Tu ne penses quand même pas que... ?

– Je ne le pense pas, j'en suis sûr. Ils feront vivre un enfer à Éridanie pour cette histoire dans l'espoir de s'attirer mes bonnes grâces. Peu importe si c'est de ma faute, j'aurais toujours une bonne excuse en tant que Potter et Gryffondor de surcroît, alors qu'Éridanie doit se battre constamment contre les préjugés dû au fait qu'elle s'appelle Malfoy et qu'elle soit à Serpentard. J'en ai encore eu un magnifique exemple en début d'année. Termine-t-il la voix plus venimeuse que jamais.

– James, c'est... touchant de ta part mais je pense qu'Éridanie ne se préoccupe pas de ce genre de chose et qu'elle peut se défendre toute seule.

– Tu ne la connais pas comme je la connais Al, elle est bien plus fragile et sensible qu'elle ne le laisse paraître. Je sais très bien que si on vient lui chercher des poux elle saura se défendre avec brio, que ce soit avec des mots ou avec des sortilèges, mais une fois à l'abri des regards elle va pleurer, ne montrera rien de sa tristesse et va encaisser jusqu'à n'en plus pouvoir et pour moi il est hors de question qu'elle revive ça.

Je reste abasourdi devant la tirade de James. Il est bien plus observateur que ce que je ne pensais. Je m'apprête à clore la discussion quand sa dernière phrase fait tilt.

– Qu'elle revive ça ? Ce ne serait pas la première fois ?

Je vois au regard de James qu'il s'en veut d'avoir lâché l'information.

– Je ne dirais rien, je te le promets.

Il marmonne un peu dans sa barbe mais finit par ouvrir la bouche.

– Après qu'on se soit mis ensemble, on s'est raconté des anecdotes sur notre scolarité et jamais elle ne m'a parlé de sa première année, avec le temps j'ai compris que si elle ne parlait pas de quelque chose, c'est que ça la faisait souffrir. Sauf qu'à l'époque je voulais vraiment savoir et suis allé voir Victoire, notre cousine, parce que je me suis rappelé qu'elles avaient traînées ensemble à cette période. La seule information que Vic a bien voulue me donner c'est que les préjugés ont la vie dure. Je n'ai aucune certitude ou preuve Al, que des soupçons, mais suffisamment sérieux pour deviner que ce n'est pas quelque chose qu'elle aimerait revivre.

Je reste muet face à son analyse. Mais qui est donc le type en face de moi ? Où est mon frère qui ne pense qu'à s'amuser et ne prend rien au sérieux ?

– Éridanie n'est pas la seule à cacher ses sentiments à ce que je vois. Pourquoi est-ce-que tu ne lui as pas dit tout ça avant ? Parce que je suis certain qu'elle n'est pas au courant et vous n'auriez peut-être pas rompu. Avoir quelqu'un qui se démène à ce point pour soi est toujours agréable non ?

– Oui, sauf qu'elle n'a pas reçu la même éducation que la nôtre Al. Parles-en à Scorpius si tu veux plus de détails mais moi je ne te dirai rien d'autre à son sujet.

Je reste là, muet, les bras ballants, à analyser ce que viens de dire mon frère que je croyais connaître par cœur alors qu'il n'en est rien.

Sous mes yeux, James sort la photo d'Éridanie et lui qu'il avait mis dans sa poche à la hâte, l'observe quelques instants avec un sourire triste puis secoue la tête et avec beaucoup d'émotion dans le regard, range précieusement cette preuve du bonheur aujourd'hui perdu de deux adolescents, avant de sortir de la pièce, non sans m'avoir jeté un regard d'avertissement au passage.

Il ne me faut pas plus de quelques minutes pour quitter la salle de classe, seule témoin de cette conversation qui a chamboulé la vision que j'avais de mon frère aîné.

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Bonjour, j'espère que ce chapitre vous a plût et que je ne vous ai pas choqué avec. N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez et on se retrouve vendredi prochain pour la suite. Bisous bonne semaine.