Hellllllustucru mes farfans au blé complet ! C'est-y pas moi que v'là ! Avouez, je vous ai manqué ! Moi aussi, vous m'avez manqué. Enfin, surtout moi, mais vous aussi un peu.

Dans le chapitre précédent, les bordéliques de BeauX s'associaient pour un speed dating géant, où Mathis commettait une fois de plus un crime grave sans broncher du sourcil, et gagnait le coeur de sa belle cinglée au passage. Après la révélation de l'identité de l'Ange Déchu (OH CHOC C'EST LUI BRUUUUU), Mathis, ou plutôt Triora, faisait part de la nécessité de le tuer. Ce qui ne l'empêcha pas de qualifier son équipe de Cognepoing pour la finale. Ensuite, rencontre des vilains au sommet pour la passation de pouvoir entre Azraël et Samaël, qui en arrive à une connerie stratégique de Zomiel impliquant la mort de ce pauvre BasK, héros et père. On lève tous nos baguettes pour Primaël Goizane.

.

Comme d'hab (je ne préciserai plus, c'est chiant…) :

HEY K'Ywy ! Tu l'attendais hein ! Me dis pas "non, j'avais oublié", sinon je pleure. PERSONNE n'a deviné (mia kara Lunja, si tu lis ceci, honte sur toi et sur tes ancêtres et sur ton chien et sur les ancêtres de ton chien, même si t'as pas de chien).
Non, ça paraît logique. Après tout, c'est un de tes enfants, même si c'est le Lucifer de ton Chuck (quoique dans son cas on est sur du Metatron, petit salopard de traître manipulateur…).

Bonjour Allan. Oui je sais c'était tellement… artificiel. Bon, on a qu'à dire que c'est parce que Mathis est doué pour les illusions, et pis c'est tout. L'amour EST une illusion.
Tu le savais ? Mouais mouais. Tu n'en as jamais évoqué la théorie, alors j'ai aucune preuve. Quant à l'explication manquante, elle arrivera avant la fin, promis.
Quand ça implique Lorna, il y a forcément du double-sens.

Salut le fou ! Désolé, je ne triche pas ! D'ailleurs, tu as eu ta réponse dans le chapitre, donc je peux te la confirmer maintenant : c'est le fait que Carter aidait les méchants sans le savoir. Lui et ses… camarades protégeaient Duncan, y compris du Gendarmagium, parce qu'ils pensaient que l'exposer, par exemple en le faisant arrêter pour ses crimes de guerre en Angleterre, aurait mis en danger un des sceaux. Ils savaient ce qu'il avait fait, et savaient que c'était un Loup. Mais ils ne pouvaient pas se douter que c'était aussi un Duc Infernal !

Hey titietrominet. Oui on apprend pleins de choses, la fin approche !
Bah pourquoi ça serait raté ? l'UD est ouverte à tous… le chapitre centré dessus commence justement par l'arrivée d'un élève Sud-Africain qu'on a vu dans l'OS sur le Palier de Drakensberg…
Pour l'instant, ça semble bien parti, oui…
MAIS VOUS ALLEZ VOUS AIMEZ LES UNS LES AUTRES, PUTAIN DE MERDE ?!
Beh en fait la saison commence assez tard, je trouve les entraînements chiants, et Mathis était trop occupé avec Mauvais Augure pour aller au Bat'Show. Mais pour ce dernier, promis il y aura des règles mystères de dingue dans le prochain tome ! Et puis pour te faire plaisir (je déconne), voici la finale, Bélials de Mathis contre Ratons-Chasseurs de Lorna !
Il y a des indices dans ce chapitre et le suivant qui justifient l'incongruité de cette discussion, mais c'est pas dans ce tome que t'auras une justification formelle, désolé.

Bonjour Ardelone ! ravi de te rencontrer, surtout qu'apparemment t'as créé un compte le jour même de cette review !
Mais sur la tête de Grindelwald comment je suis trop fier, merci beaucoup pour ton incapacité à cesser de me lire, c'est hyper gratifiant ! Je t'en prie, enfile-toi autant de lignes que tu veux tant qu'il s'agit de lignes d'ELM non-coupée !

Hello Sengetsu ! Je t'avoue que moi non plus… Mathis me ressemble trop, et d'après la loi magnétique, les égaux se repoussent. On ferait des étincelles, lui et moi !
Ça fait depuis le tome 1 que je l'ai, et j'ai réussi à le protéger tout ce temps, je suis fier ! Une fois j'ai quand même eu une sacrée frayeur quand quelqu'un a demandé ce qu'il devenait sur la SSD…

.

Dans ce chapitre… un match épique dans une perspective nouvelle, un exercice incompréhensible d'arithmancie, et un titre qui ne spoile pas du tout.

.


.

13) Le Limier, Maître Trompeur

Un souffle. Deux battements de cœur. Un souffle. Deux battements de cœur. Un souffle. Les paupières qui se lèvent. Un geste mécanique, tant de fois travaillé. Tirer, draper, fixer. Trois battements de cœur. Quelques regards échangés. Un battement de cœur. Deux portes qui s'ouvre. Le souffle d'air frais. Trois battements de cœur. Trois mètres. Un battement de cœur. Un regard. Un geste amical, vite camouflé. Un cri, unanime.

– BÉLIALS ! BÉLIALS ! FORCE ANIMALE !

Et sa réponse, attendue.

– RATONS-CHASSEURS ! GUERRIERS SANS PEUR !

Les Ratons-Chasseurs retirèrent les capuches de leur cape de fourrure rayée. Lorna secoua sa tête pour aérer ses magnifiques boucles rousses, et Mathis ne put retenir un sourire. Mais il se reconcentra, et répondit à la provocation par le geste rituel consistant à jeter son casque à cornes au pied de son adversaire. Chacun des membres de l'équipe en fit de même, et le casque de Juliette atterrit sur le pied de Neftali Heredia, le nouveau défenseur droit, qui couina d'indignation, et lui jeta un regard noir. Juliette répondit à son camarade Urtica d'un sourire faussement candide, tandis que les casques enchantés disparaissaient. Puis, d'un geste mesuré, les dix joueurs dégrafèrent et jetèrent au sol leurs capes, qui pour les Bélials était en laine et ne comportait pas de capuche. Quand les capes disparurent et touchèrent le sol, les joueurs allèrent prendre place, tandis que la griffe surgissait entre les capitaines. Le cognard fut libéré, et la griffe rentra à nouveau dans le sol. La balle enchantée flottait en vol stationnaire au milieu du stade. Lorna esquissa un sourire enjôleur. Mathis lui tira la langue : son charme n'avait plus aucune emprise sur lui, maintenant qu'il savait à quoi s'attendre.

– Et le coup de sifflet de lancement est donné ! C'est Devaux qui prend l'avantage, pour un lift arrière à l'adresse de Magnus ! La grande défenseuse attend que le jeu s'étale, et passe à Glazkov, qui frappe sur Appelbaum… qui loupe le cognard ! Lève les bras bougresse, il va pas te mordre ! Le cognard vrille… Et Devaux le rattrape au vol, bousculant Malétrix d'un redoutable coup de postérieur dans l'épaule ! Un peu plus haut, et il lui tapait dans l'œil !

Le commentaire fit ricaner la foule, et Miss Brindargent tança Ulmys. Celle-ci jubilait : les joueurs ne l'entendant pas pendant le jeu, elle pouvait se moquer de sa demi-sœur et son copain autant qu'elle voulait.

– Devaux a fait l'erreur de passer à sa cousine Bonval qui visiblement est aussi agile de ses mains que bigleuse. Elle percute Lespinas de plein fouet, laissant échapper le cognard. Malétrix le réceptionne, et le passe à Duchemin, qui… Oh par le pancréas de St Renaud, cette gamine détale comme un licheur coursé par un rottweiler albinos ! Elle esquive Glazkov, qui se récolte un coup de coude dans le nez au passa… ah, on me fais signe que c'est accidentel, dommage, pas de faute sifflée… Et elle tire ! Mouaaaiiis, Premier Secteur ! Ouverture du Score à 2-0 pour les Ratons-Chasseurs !

Le raton esquissa un sourire nonchalant, avant de prendre une poignée de traits dans son carquois, et de les tirer un par un à une vitesse ahurissante derrière lui, traçant un large 2 formé des empennages, avant de se retourner face à l'adversaire pour lui tirer puérilement la langue. En face, le mouflon répondit à la provocation en chargeant de toute sa puissance. L'impact laissé contre la paroi de la bannière par l'énorme rubis serti dans son front traça un 0 aux bords anguleux.

Mathis avait regardé l'affichage des scores. Il soupçonnait Lorna d'avoir elle-même choisi la provocation de sa bannière, et se promit de lui demander comment elle avait fait. Mais d'abord, le coup d'envoi. Il fit signe à ses coéquipiers dans son dos pour une formation, avant de passer à Mydian. Sa technique de communication était inspirée de celle des joueurs de football américain, que Lorna ne connaissait visiblement pas. C'est pourquoi il parvint à la prendre au dépourvu quand toute son équipe, porteuse du cognard (Angela, à cet instant) comprise, se dirigèrent vers leur propre fond de terrain. Puis alors que l'équipe adverse était au complet dans leur moitié de terrain, Mathis fit demi-tour, chargeant de toute sa puissance vers le terrain vide. Les ratons furent pris au dépourvu, et le temps qu'ils réorientent leur course, Angela avait fait une belle passe en cloche à Mathis, qui réceptionna, et tira. Pris dans le feu de l'action, il n'avait pas vu la véloce Isaure Duchemin le dépasser, et si celle-ci ne parvint pas à intercepter le tir, le geste de son bras dévia subrepticement la course du cognard, qui manqua le Centre de peu.

– Et c'est le Premier Secteur pour Devaux ! Dommage pour le carton plein, mais Duchemin a encore montré ses talents de sprinteuse ! Mais quelle détente ! Que dis-je, quelle puissance ! Cette petite a un potentiel tel que…

– *hum* *hum*. Le score, Ulmys, la rappela à nouveau à l'ordre la directrice-adjointe.

– Ha oui, mer… ci ! Ça nous fera donc 5-2 pour les Bélials. Et je vois que le Bélial avait un 5 tondu sur son flanc droit. Comme par hasard. Ce match a été truqué par les mascottes.

– Ça suffit, Ulmys…

– Ouais ou…ET C'EST LE MATCH QUI REPREND ! Mini-Malétrix passe à Fontaine, qui touche le premier cognard de ce match. Phénicia Fontaine, 3ème L, première année en tant qu'Attaquante Droite des Ratons. Avant, il parait qu'elle faisait du Parkour. Ah ? J'aurais misé sur le tir au pigeon ! Quel frappe ! Je crois que Glazkov vient de perdre la moitié de ses neurones, c'est pas l… Ah bah si c'est légal, c'est le cognard qui l'a touché. Qui lui a aplati le front, pardon. Et donc le cognard est en roue libre, sans les roues ! Et Glazkov se relève, se recogne dans le cognard… qui… euh… bah qui vient de percuter le Second Secteur. C'est un tir de défenseur, donc… un point pour les Ratons. J'avoue que je suis éminemment perplexe quant à ce qui vient de se passer. C'est le but contre son camp le plus incongru qu'il m'ait été donné de voir. Et le seul au Cognepoing, en fait. 5-3 pour les Bélials.

La perspective de l'arrière-plan de la bannière bleu et grise bascula de manière à centre le bas du 2, et le raton haussa les épaules, avant de tirer quelques flèches supplémentaires pour compléter le bas du 2 et le transformer en 3. En face, le mouflon trépignait d'impatience.

– Et c'est la mi-temps ! annonça Ulmys. Les joueurs vont souffler un peu dans les vestiaires, moi je vais boire un coup, et vous… bah on s'en fout, faites votre vie !

– Ulmys ! gronda la directrice-adjointe.

– Florine !

– Hé !

– J'ai un business à faire tourner, moi, Madame la directrice-adjointe. Si vous n'aviez pas besoin de moi, je serais en train de pulvériser le record de l'école en score de duel. Au lieu de ça, je pulvérise le record de popularité de la Finale Junior. Et ça n'a rien à voir avec le fait que les deux capitaines se relèchent les amygdales en dehors du terrain. C'est moi, qui leur donne du spectacle. Sauf ton respect, tu penses pouvoir faire mieux ?

– Je n'ai jamais insinué ça ! Mais…

Et bien sûr, Ulmys avait "malencontreusement" oublié de couper son mégaphone, et avait "accidentellement" allumé celui devant la prof. Tout le monde entendait la conversation, mais l'accoustique particulière de la cabine faisait que cette dernière n'en savait rien.

Dans les vestiaires, Mathis soufflait.

– Allez, on est en tête, les encouragea Mydian. On n'a qu'à maintenir l'écart, et à nous la victoire !

– J'ai mal au crâne.

– T'es marrante, toi, répliqua Mathis. On est crevés, et eux ont deux joueurs qui ont à peine touché le cognard. C'est un marathon, et on s'est crevés comme à un 100m. Ils vont nous massacrer. Lorna va nous massacrer.

– J'ai mal au crâne.

– Correction : Lorna et Isaure vont nous massacrer, intervint Juliette.

– J'ai mal au crâne.

– Mais tu vas pas fermer ta grande gueule, Serpent ? s'écria Mathis.

– J'ai mal au… ok ! ok ! Pose ce casque à cornes, j'ai assez été frappé !

– Elle est dans ta classe, non ? reprit Mathis.

– Ouaip, confirma Juliette. Pas plus douée que moi sur un balai. Par contre elle nous met tous la misère en MST et Enchantements, surtout en pratique. M'est d'avis qu'elle a le duel dans le sang.

De l'autre côté, il y eut moins d'interactivité, et plus de verve.

Phénicia Georgette Fontaine, tu vas me faire le plaisir de te sortir les bras du derch, et de te motiver ! grondait Lorna. Et Neftali, bon boulot en défense, mais bordel de nom d'un Moldu glabre, monte au créneau ! Tu joues sur un demi-terrain, pas un quart ! Lily c'est pas mal, mais essaie d'aérer ton champ, t'es trop sur la ligne. Tu dois te méfier de Juliette, elle a un lift vicieux. Quant à toi, Isaure… Isaure… continue comme ça, et tu seras la prochaine capitaine ! C'est ça que je veux, de la poigne, de l'énergie ! Prenez exemple sur elle, tas de mollusques !

Quand les joueurs revinrent sur le terrain, Lorna s'approcha de Mathis, et posa un peu agressivement sa main sur son épaule :

– Tu vas morfler.

– Je sais.

Et moins de deux minutes de jeu plus tard, Phénicia Fontaine marquait un Premier Secteur.

– 8-5 pour les Ratons-Chasseurs, le coup d'envoi est à Devaux. Il passe à Bonval, qui renvoie à Magnus. Magnus qui passe la ligne adverse… Attention à … ! Trop tard, Malgré ses réflexe, Magnus ne parvient pas à esquiver la frappe de Heredia, qui ramène le cognard sur Malétrix. Malétrix passe à Duchemin, qui se précipite vers la cible adverse ! Mais elle est interceptée par Glazkov qui récupère le cognard, et le renvoie sur Devaux ! Devaux qui tente de forcer le passage… Bloqué par Malétrix. Il passe en arrière à Appelbaum, qui cadre un tir sur sa consœur attaquante droite. Bonval intercepte le tir à deux mains, et quitte le plancher des mouflons pour s'agripper à mi-hauteur du dome. Elle saute, cognard à deux mains en direction de la voûte à mi parcours du terrain adverse… Et tente le tir canon ! Et c'est le Premier Secteur, suivi d'une réception parfaite de Bonval après sa chute de plus de deux mètres ! Mais quel joli jeu bondissant ! 10-8 pour les Bélials !

D'une contorsion, le mouflon griffa la paroi de la bannière du bout de sa corne pas loin de l'endroit où il avait fait un impact, traçant un 1 irrégulier à gauche du 0. Un changement de perspective centra et agrandit le 10 marquant le nouveau score. En face, le raton se contenta de continuer à attacher une corde autour des piquets disposés en 8 de son piège.

– Une cinquante avant le coup de sifflet final ! Coup d'envoi aux Ratons-Chasseurs. Malétrix passe à Fontaine. Fontaine à Heredia. Heredia à Lespinas. Lespinas à Duchemin. Duchemin à Malétrix. Malétrix à… oui bon ça va, vous avez compris. Ils tournent en rond. J'ai déjà vu ça quelque part… À quoi peut bien servir de perdre du temps quand on n'a pas l'avantage ? L'amour aurait-il grillé le cerveau de ma petite sœur ? Toutes ces révélations dans le prochain numéro de Sorcière-Hebdo ! Notons tout de même que le manège s'est déplacé vers le terrain adverse, et que chaque joueur est marqué. Ça ressemble à une étrange partie de passe à dix. Ha, on vient de passer la minute de jeu, plus que cinquantes secondes ! Cognard à Duchemin, qui quitte le cercle, attirant Bonval et Glazkov. Elle passe en cloche à Fontaine, qui attire Appelbaum et Magnus. Ha, j'ai compris, ils dégagent le champ ! Fontaine passe à Malétrix qui bloque, et attend la réaction de Devaux. Devaux recule d'un pas, anticipant une charge… qui ne vient pas ! Malétrix tente une envolée sur place ! Devaux bondit, mais il n'a pas le droit de toucher l'adversaire ! Malétrix tire ! ET C'EST LE CENTRE ! DIX POINTS POUR LES BLEU ET GRIS, C'EST UN CARTON PLEIN ! Score à 18-10, moins de vingt secondes restantes !

Ces vingt secondes furent bien sûr inutiles. Juliette parvint tout de même à placer une tentative, mais manqua la cible d'un bon mètre, et le cognard échappa à toute portée directe. Il ne redescendit qu'à quatre secondes de la fin, mais personne ne prit le temps de le réceptionner. Le score était scellé, et les Ratons-Chasseurs, sacrés.

.


.

En fait, Mathis accepta plutôt bien sa défaite. Il fallait dire qu'il avait autre chose en tête. Une semaine assez studieuse passa… et ce fut les examens de 3ème Année.

Pour ne pas perturber les emplois du temps calibrés comme du papier à musique, les examens se déroulèrent aux heures habituelles des cours, dans l'ordre habituel. Ainsi, Les classes de 3ème à 5ème A, et de 3ème et 4ème L purent profiter d'un week-end de trois jours, n'ayant pas cours le Lundi. Cela incluait de nombreux membres de l'UEI, qui investirent donc le QG partagé avec la Légion de Lucian, les intéressés n'ayant pas la même chance.

Les hostilités commencèrent pour les Augures dès Mardi, 8h, par les Mathématiques. D'après Thomas, qui avait envoyé une lettre de pseudo-encouragements moqueurs à son petit frère, il suffisait d'évaluer la difficulté du deuxième exercice pour avoir une idée de la difficulté générale de l'examen. Mathis lut donc cet énoncé en premier :

Exercice 2 : En utilisant une seule fois les nombres 3 ; 7 ; 10 et autant de fois que vous voulez les signes + − × ÷ ( ) essayez d'obtenir les résultats suivants : 20 ; 14 ; 31 ; 67 ; 40 ; 1.
Pour chaque calcul, expliquez la symbolique dégagée par le poids arithmantique des sous-opérations, et déterminez la clé de Sorn pour un enchantement des Quatre-Points.

Mathis attrapa son brouillon, et réfléchit quelques instants.

20 = 10 + 7 + 3

Surenchère : symbolique de l'avancement. Clé de Sorn : 10.

14 = 10 + 7 - 3

Retour : symbolique de l'équilibre. Clé de Sorn : -3.

31 = 3 × 7 + 10

Faiblesse : symbolique du petit poids fort. Clé de Sorn : 21.

67 = 7 × 10 - 3

Priorité naturelle : symbolique de la passivité. Clé de Sorn : -3.

40 = 10 × (7 - 3)

Avantage : symbolique de la stratégie. Clé de Sorn : 4.

1 = 10 ÷ (7 + 3)

Effet miroir : symbolique de l'union. Clé de Sorn : 10.

Et sinon, ils étaient aussi faciles, les autres exercices ?

Visiblement, oui. Pour Mathis, en tout cas. Le premier était presque une révision du principe de la priorité de calcul, et le troisième un truc assez nébuleux à propos de l'effet de propagation heptatique dans les additions au boulier, mais à faible coefficient dans le barème. Le quatrième exercice était un problème de catégorie de poids pour les boxeurs, et Mathis eut un blocage assez long, se souvenant du 17 février, et du match qu'il était allé voir avec Nilüfer. Celle-ci eut une réaction visible, et quand Mathis parvint au terme de l'examen (ce qui ne fut guère difficile, le problème en question était bateau, et le cinquième et dernier exercice était une insulte à son intelligence qui avait dû atterrir par erreur dans un sujet de 3ème Année au lieu du sujet de 1ère Année), il quitta la salle, et alla rejoindre Nil, qui l'avait quittée avant lui. Elle était assise au 1er Droite, l'étage au-dessus du Grand Réf, où se trouvait la salle habituelle de Miss Delacour. Il s'assit à côté d'elle, et lui demanda simplement :

– Ça va aller ?

– Oui, répondit Nil, avant d'appuyer sa tête sur l'épaule de son ami.

Ce fut tout. Les autres élèves les rejoignirent au fur et à mesure, et quand 10h fut légèrement dépassé, ils entrèrent dans la salle de Gabrielle Delacour pour l'examen théorique d'Enchantements et Maléfices. Le retard n'était pas très important, vu que l'examen de durait qu'une heure et demie. Une heure et demie durant laquelle les 3ème A durent disserter sur le sortilège d'allégresse. Ils étaient censés tous savoir le jeter, mais il aurait fallu faire des recherches supplémentaires pour développer suffisamment pour produire trente centimètres de parchemin en une heure et demi, soit dix centimètres par demi-heure, sur le sujet, et ce n'était pas le cas de tout le monde. Les Augures faisaient bien sûr exception : même Nil maîtrisait parfaitement le sujet, ayant longuement disserté sur ses usages en duel avec Mister Carter.

L'après-midi, Potions. Et cette année, pas de théorie, mais un examen pratique à l'aveugle, comme aux épreuves pratiques des Concours de l'année passée : une table pleine d'ingrédients, y compris inappropriés, et une recette incomplète. En l'occurrence, celle du poison indétectable. Mathis regarda l'énoncé quelque secondes à peine, sourit, et jeta une fleur de lotus noir entière dans son chaudron d'eau frémissante, avant d'enfiler ses gants en peau de dragon pour manipuler les noix vomiques. Parmi ses ingrédients, il y avait une noix assez grosse pour qu'un quart suffise à tuer un homme adulte en une demi-heure. Cette noix disparut mystérieusement.

La longue journée se terminait par l'épreuve d'Anglais, qui fut rapidement bâclée : Émi, Karol et Erwin étaient parfaitement bilingues (trilingues, pour ces derniers), et Mathis, Nil et Camille avaient bossés grâce à un parchemin luisant subtilisé à la bibliothèque le week-end même. Le temps que le vieil Abraxar Lampion se rende compte de sa disparition, cela n'aurait plus lieu d'être puisqu'il serait revenu. Et en effet, le soir même, l'excuse des révisions de dernière minute pour les Runes fut l'occasion de rapporter le parchemin incriminé.

Le lendemain matin, la journée était plus courte. Après l'examen de Biologie qui consista à récolter les spores puissamment sternutatoires d'une champifleur, ce fut le moment de faire ses preuves en Runes Anciennes. L'examen consistait en la traduction d'un texte à l'origine en vieux norrois, et retranscrit en futhorc pour l'occasion. Et qui parlait de "rassemblement musical violent", à défaut d'expression plus appropriée. Mathis en conclut que les Vikings étaient déjà fan de headbang et de pogos dans les années 800. Normal.

– N'empêche, cette histoire m'intrigue, insista Camille. Vous croyez que les Vikings ont inventé la musique punk avec plus de mille ans d'avance, et que les gouvernements se sont appliqués à essayer de la cacher depuis ?

– Absolument, approuva Mathis.

– Ne l'encourage pas ! soupira Erwin.

– Et même que le dubstep est un message des aliens qu'on a pris pour de la musique à défaut de l'avoir compris, ajouta Mathis.

– En fait tu me soutiens pas, tu te fous de ma gueule, comprit la Corse.

– Absolument, confirma Mathis. Et maintenant, Miss Viking, si tu pouvais me passer la salade…

– Blague à part, je me demande ce qui se passe, dehors… intervint Karol. C'est trop calme.

– "J'aime pas trop beaucoup ça, je préfère quand c'est un peu plus moins calme", ajouta Nil.

– … Hein ?

– Rien, laisse tomber. Une référence moldue.

.


.

Clermont-Ferrand, bureaux du CSG.

Richard Magnus était en train de lire un rapport de mission de routine provenant de l'équipe qu'il avait assigné à la surveillance du campus de la PSAF, quand la porte de son bureau s'ouvrit à la volée. Devant le manque de respect flagrant, il s'attendait presque à voir sa femme, qui méprisait le décorum administratif du haut de ses titres de noblesse. Ou cette peste de Vesprit, censée être en observation auprès de Marion Castellan. Mais dans l'embrasure, c'était un jeune homme, guère plus âgé que son épouse, qui se tenait. Ses vêtements étaient recouverts de poussière, et ses cheveux ébouriffés. Un sourire nonchalant barrait son visage angélique.

– Devine qui a une bonne nouvelle, mon vieux ?

– Ha, mais qui daigne nous rendre visite ? s'exclama exagérément Magnus. Mais c'est le Limier en personne ! Si tu n'étais pas lié par un serment inviolable, j'aurais pu croire que tu t'étais évadé, depuis le temps… remarque, tu aurais pu le faire aussi, tu serais juste un peu plus mort.

– À ce propos, Richard…

– Pas de négociation, asséna Magnus. Tu es dehors parce que tu es utile. Et tant que tu es utile, tu es assermenté, lié à vie à moi.

– C'est chelou, tourné comme ça. Pas qu'un plan à trois avec ta chère et flippante épouse ne me tente pas, mais je t'ai pas épousé. Blague à part, je suis venu t'informer que j'ai trouvé le nid du pigeon géant.

– T'as trouvé la planque de l'Ange Déchu ?! s'écria Magnus en bondissant, renversant son pot de crayons au passage en bousculant son bureau.

– Bravo, t'auras une Médaille du Mérite pour avoir compris un jeu de mot ! Pendant ce temps moi je vais retourner en taule en récompense de mes loyaux services…

– Tu passes du A-0 au C-2, ce n'est pas négligeable, souligna Richard. Et puis je te ferais dire que tu as négocié toi-même ces termes avec le Prévôt en personne, alors ne pousse pas.

– Le Prévôt ? Tu veux dire le mec qui profite du bordel actuel et du meurtre de son successeur pour continuer son mandat l'air de rien ? Le mec qui n'a pas voulu déclarer l'État d'Urgence parce que pour la Prévôté de France ça veut dire loi martiale et pleins pouvoirs au Secret ? C'est vrai que ça donne envie de faire confiance à la parole d'un homme pareil !

– Qu'est-ce que tu veux ? soupira Richard.

– B-1, visites libres.

– B-1 ? Même pas en rêve ! Et puis de qui tu veux recevoir de la visite ? Je te rappelle que t'es orphelin et apatride, en plus d'être un foutu meurtrier. T'as même plus de vraie identité, "Gellert Nurm", t'as été effacé. B-0 et aucune visite, c'est mon dernier mot.

– Vas-y, fait pas ta pute !

– Pardon ?!

– C'est comme ça que tu me remercies pour avoir lancé ta carrière ? En me traitant comme ton esclave ?

J'ai lancé ma carrière en t'arrêtant pour 17 meurtres et plusieurs milliers de gallions extorqués.

– Que j'ai extorqués. Tu vois que c'est grâce à moi ! Bon, ok, va pour le B-0. De toute façon je préfère les cellules individuelles. Mais je veux une chaine hi-fi.

– On verra ça. Alors, l'Ange Déchu ?

– Il se cache dans les grottes de calcaire, dans le Nord de la zone bouclée. Les attaques pour ouvrir une faille au Sud de la zone était un leurre, il a un autre moyen de passer la barrière au Nord. Ou où il veut, d'ailleurs.

– Ah ? Lequel ?

– Hé bien figure-toi, collègue slash maître-esclavagiste, que vos foutues barrières magiques à la con ont la même limite de portée vers le haut que vers les côtés, et que ce cher Duncan combine une forme animagus volante à une putain de paire d'ailes.

C'était tellement gros que Richard se frappa le front du plat de la plat.

– Oh, foutu…

– Oui, moi aussi, je me sentirais particulièrement con, à ta place. Bon, c'est pas le tout, mais t'as du boulot maintenant ! Sonner le rappel, faire sauter la barrière, et investir les grottes. Ça va pas se faire en un après-midi, tout ça !

– Tu as raison, Limier… CABOSSIN, AU RAPPORT !

.


.

Le lendemain matin, les Augures reprirent les examens à 10h avec l'Histoire de la Magie, l'examen de Vol sur Balai ayant lieu la semaine suivante. Mathis n'eut aucun mal avec le sujet. La Grande Usurpation était un évènement historique qu'il connaissait bien : en 1348, un métamorphomage et échomancien du nom de Folquet Pastichard avait usurpé les identités des six membres du gouvernement en même temps après avoir enfermé les originaux dans une cave à vin, et ce pendant un mois entier. C'était un elfe de maison, Grogl, qui les avait découverts et avait, malgré les ordres de Pastichard sous les traits du Prévôt, donné l'alerte. Quand les forces de l'ordre étaient arrivées sur place, Pastichard avait disparu, à jamais.

– Ça va encore bien arranger ma popularité, ça ! persifla Émi, ses cheveux virant au vert.

– Vous êtes prêts pour la Zoomagicologie cet après-midi ? s'enquit Erwin. Tante Sérène n'a rien voulu nous dire, mais elle m'a promis que ça serait assez facile. À cause des risques d'attaque, on n'a pas pu visiter tous les écosystèmes prévus, alors les chapitres qu'on a pu aborder ont été largement plus approfondis que prévu par le programme. Mine de rien, c'est un avantage.

Malheureusement pour lui, l'Univers avait d'autres projets. Alors que les Augures sortaient du château par la porte de derrière pour rejoindre les serres, où se trouvait le point de rendez-vous, Sérène Castle arriva vers eux presque en courant.

– Bonjour Miss Ca…, commença Erwin.

– Pas le temps ! Mathis, je viens de recevoir un patronus de Lupin, les bleus ont piégé l'Ange Déchu dans les Boutières, dans un groupement de grottes de calcaire. Il faut qu'on aille boucler la Fosse des Loups. Tu dois réunir ton équipe, c'est maintenant ou jamais. Je vous attends à la grille, avec un portoloin réglé à cinq minutes.

– Nil, Émi, partez avec elle ! ordonna Mathis. Camille, va chercher Serpent, je me charge d'Angie ! Erwin, Karol…

– Nous restons ici, confirma gravement Karol. Je vais informer les membres de Mauvais Augure.

Mathis hésita une fraction de seconde, puis hocha la tête, avant de partir en courant. Angela suivait également l'option, alors il risquait de la croiser en partant en direction des serres. Effectivement, il l'intercepta près de la statue des Résistants, juste avant le pont. Il faillit d'ailleurs la percuter.

– Ils ont bloqué l'Ange, il faut y aller !

– Oh merde… t'as prévenu les autres ?

– Les Augures étaient avec moi. Camille prévient Serpent.

– On te suit !

– Comment ça "on" ? releva Mathis.

– Je viens avec vous, répondit Raven. C'est…

– Non tu…

– C'EST NON NÉGOCIABLE.

– … Bon ok comme tu veux, mais on se dépêche !

– On va où, comme ça ? s'enquit Angela, pas le moins du monde gênée par la course effrenée.

– À… la… grille… Castle… portoloin…, haleta Mathis.

La grille était assez loin. Quand Mathis y parvint, Sérène Castle l'attendait à l'extérieur du domaine en compagnie d'Émi et Nil, un cerceau de bois à la main.

– Où sont les deux autres ?

Mathis n'eut pas besoin de répondre. Camille et Sertorius était cent mètre plus loin, et arrivaient en courant.

– Parfait, tout le monde est là ! Attrapez le cerceau, je vais le déclencher instantanément ! Je vous dépose dans un renfoncement rocheux que Lupin m'a signalé, faites bien gaffe ! Vous avez besoin de quelque chose pour prévenir votre gars ?

– On se débrouille ! mentit Mathis, avant d'empoigner le cerceau de bois.

Les autres firent de même, et Sérène Castle pointa sa baguette sur le cerceau :

Portus !

Le groupe d'adolescent disparut dans un vortex. Elle se retourna, et pointa sa baguette dans la direction approximative du bureau de la directrice :

Expecto Patronum ! La Faille va rompre, je dois accomplir mon devoir ! Réunissez tous les élèves dans le Grand Réfectoire, et levez les défenses du Domaine. Vous êtes en grand danger !

Puis elle transplana.

Madame Maxime était en train de discuter avec Eloïse Midgen dans la salle des profs quand le patronus en forme de mangouste apparut. La voix de Sérène Castle s'éleva :

La Faille va rompre, je dois accomplir mon devoir ! Réunissez tous les élèves dans le Grand Réfectoire, et levez les défenses du Domaine. Vous êtes en grand danger !

Olympe et Éloïse se regardèrent…

– Informez Malwen Carter immédiatement, puis demandez à tous les professeurs de rassembler les élèves ! ordonna la directrice.

– Oui Madame !

Et chacune se précipitèrent hors de la salle des profs. Elles se séparèrent dans le hall. Tandis qu'Éloïse montait les escaliers quatre à quatre, Olympe se dirigea d'un pas vif vers la salle du Sondeur. Elle écarta le rideau d'un geste vif, mais n'entra pas dans la cabine de toute manière trop étroite.

– Th'aleem, lève les défenses du domaine !

– … Que ce passe-t-il, Madame ?

– Apparemment, la Faille des Pyrénées est sur le point de rompre. Nous ne savons pas à quoi nous attendre, mais le seul point d'entrée connu se trouve à moins de 300 km. Nous ne pouvons prendre aucun risque.

– C'est fait, Madame. Je verrouillerai le château quand tout le monde sera rentré.

– Merci, Th'aleem.

Elle traversa le couloir, et jeta un regard par la fenêtre de la salle à la cheminée. Devant le château, les grilles en vigne d'argent tressées avaient poussé, jusqu'à atteindre plus de cinq mètres de haut, et brillait avec intensité. La fontaine Flamel s'était arrêtée de couler.

– Vous m'avez fait demander ? s'enquit Malwen Carter, qui venait d'arriver derrière elle.

– Protégez-les, Malwen. Je vous fais entièrement confiance.

.


.

Dans un choc brutal, le portoloin atterrit. Angela fut la première à lâcher le cerceau, et regarda autour d'eux. Ils avaient effectivement atterri derrière un grand rocher, sur un sol aride. Elle s'avança avec prudence, et constata qu'il n'y avait personne, et que les grottes étaient visibles. Elle fronça les sourcils.

– Tout le monde va bien ? s'enquit Mathis. Angela, la voie est libre ?

– Oui, répondit Angela.

– Oui mais… ? devina Raven.

– Oui, mais elle ne devrait pas. Ça devrait grouiller de Gendarmages, ici. Et il n'y a personne. Même si c'était fini, mon père n'aurait pas tout lâché comme ça.

La petite bande quitta sa cachette, pour s'avancer à découvert vers les grottes. Effectivement, il n'y avait pas un chat. En revanche, l'entrée d'une des grottes semblait d'être effondrée récemment, le nuage de poussière n'étant pas encore entièrement retombé. Un clac sonore retentit derrière eux. Tous sursautèrent, et l'intrus se retrouva avec sept baguettes pointées sous le nez. C'était un jeune homme brun, les cheveux bruns mi-longs, vêtu d'une veste en cuir par-dessus une chemise de lin et d'un jean denim brut. Il leva les mains en signe de reddition, et s'exclama d'un ton amusé, avec un accent américain :

– Holà ! Du calme les gosses ! Qu'est-ce que vous foutez là ?

– Ça ne vous regarde pas, répondit froidement Sertorius, redressant sa baguette.

Ça ne fit qu'accentuer le sourire de leur interlocuteur.

– Mauvais Augure hein ? Obligés d'intervenir vous-même parce que votre agent de terrain s'est fait tuer…

– Comment vous savez ça, vous ? fronça Angela. Vous êtes qui ?

– Ah ha, grande question ! Pour la première, c'est simple : je le sais pour la même raison que je sais que tu es une vampiresse, et que le grand gaillard à la mèche grise est occlumens.

– Vous êtes Legilimens, comprit Sertorius.

– C'est à peu près ça, Sertorius Glazkov. On m'appelle Le Limier. Mais vous pouvez m'appeler Sam. Je vais répondre à toutes ces questions que vous ne vous posez pas : les agents du Gendarmagium sont dans la grotte dont l'entrée est bouchée. Tous les agents. Et pas de bol pour eux, Duncan se trouve juste deux grottes à droite. Ha, et le chef de la bande avait vu juste, c'est bien Zomiel qui a tué Primaël Goizane. Si tu veux mon avis, Mathis, c'était une erreur monumentale, venant d'une personne censée revendiquer la suprématie de la magie, de tuer un Sang-Pur animagus.

– Mais comment vous faites ça ?! s'écria Sertorius, qui avait baissé sa baguette de surprise. Vous ne faites pas usage de Légilimancie, je l'aurais senti !

– J'ai dit "c'est à peu près ça", pas "oui", rappela Sam. Mais trêve de bavardages. Allons voir le gros pigeon dans sa tannière !

– Vous n'êtes pas invité, répliqua Mathis, en faisant un signe de la tête vers sa baguette.

Baguette qui se mit à chauffer si fort que Mathis la lâcha dans un couinement de douleur. Ses six compères subirent le même maléfice au même instant, et, d'un geste nonchalant du poignet, le Limier attira les sept baguettes à lui d'un coup à l'aide de la sienne, et les fourra dans sa poche droite, avant de fourrer la sienne dans la gauche.

– Magnus m'a dit la même chose, et depuis, il s'est reconverti en mineur. Ou en taupe. Je ne sais pas trop ce qu'il fait, là-dedans. Allez, avancez ! Par contre, je trouve que ça relève du génie de leur part d'avoir encerclé le massif de balises anti-transplanage. Je les ai certes aidés, mais au final ils se sont piégés tous seuls comme des grands ! Ça a encore été plus drôle de déplacer les balises de manière à les piéger tout en me permettant d'aller et venir à ma guise…

– Pourquoi vous avez fait ça ? couina Raven.

– Parce qu'il ne veut pas retourner en prison, répondit froidement Mathis. Si c'est quelqu'un d'autre que le Gendarmagium qui arrête l'Ange, il sera libéré de son serment inviolable quand même, et il pourra s'enfuir.

– T'as tout compris, Mathis ! J'avais pas prévu que Mauvais Augure soit une bande de gamins, mais bon, vous avez réussi à faire arrêter Azazel sans même bouger de l'Académie, c'est fort. Allez, on rentre dans la grotte, et en silence.

Avant de passer l'arche rocheuse, Mathis surprit Émi souffler dans le petit sifflet accroché à son bracelet. Aucun son n'en sortit, ou du moins aucun son audible pour un humain.

Lumos, lança Sam en entrant dans la grotte à son tour. Avancez en silence, les mioches, il ne doit pas nous entendre.

Ils serpentèrent donc en silence dans un dédale rocheux. À un moment, une lueur leur parvint du bout du tunnel, alors le Limier éteignit sa baguette, et chuchota :

– À vous de jouer, les gosses !

Il y eut un long moment de silence, puis…

– Sam ? Hé ho, monsieur le Limier ? chuchota Camille.

Angela, qui était en tête, se retourna. Ses yeux reflétait le peu de lumière qui leur parvenait, à l'instar de ceux d'un chat.

– Il nous a faussé compagnie !

– Ha le salop !

– On ressort pour récupérer nos baguettes ?

– Ça serait contre-productif, répondit une voix grave derrière eux.

Il y eut un claquement sonore, et la grotte entière sembla s'illuminer de partout et nulle part à la fois, comme si l'air émettait sa propre lumière. Face au septuor se tenait le seul, l'unique. L'Ange Déchu en personne.

– Venez donc nous rejoindre, j'ai préparé de la brioche !

Sentant la menace à peine voilée, les adolescents obéirent, intimidés. Le couloir rocheux débouchait sur une chambre assez large, avec des sphères de lumière magique flottant dans l'air. Il y avait un plateau de roche légèrement surélevé, sur lequel était posé une table et une dizaine de chaises. Sur la table, une grosse brioche tranchée, et un tonnelet de bièraubeurre. Sur un vieux canapé de cuir avachi, derrière une des chaises, une femme à l'air vaguement agacé.

– Ne faites pas attention à Zomiel, elle n'est pas franchement emballée par l'idée que je doive mourir aujourd'hui. Elle a fini par s'attacher un peu, je crois.

.


.

Une heure plus tôt…

– Prenez position ! ordonna Richard Magnus. Braguemont, flan Est ! Cabossin, flan Sud ! Madec et Werle, vos équipes couvrent l'arrière. Kasun, vous suivez le Limier, vous êtes en première ligne.

Ratko Kasun acquiesça en silence, et ordonna aux Argeciel de se rassembler. Le Limier, lui, fut plus réticent.

– Comment ça en première ligne !? J'suis pas un soldat, moi !

– Tu dis l'avoir vu, alors tu guides les troupes ! répliqua Magnus. Pas de faux semblant, si tu veux être traité avec respect ensuite !

– Tyran !

– Dégage !

Le Limier haussa les épaules, et fit signe à Kasun de le suivre dans la grotte. Pendant que les tireurs d'élite se déployaient dans la grotte, Magnus veillait à ce que tous les accès soient sécurisés. La zone entière avait été magiquement bouclé par les balises anti-transplanage et les barrières magiques récupérées autour de la zone bouclée. Cette fois-ci, Magnus avait suivi le conseil du Limier, et en avait placé à plusieurs niveaux de hauteur dans la montagne pour assurer un maximum de couvrance. Il avait quatre équipes de Gendarmages au sol, une aérienne, et trois en déploiement de sécurité à l'extérieur de la zone. En plus, les troupes de Castellan étaient en niveau d'alerte maximale pour se déployer depuis le Nord dans tout le territoire au cas où, la campagne était battue par le Corpus Scabinus aidés d'une partie du Bureau des Chasseurs à la recherche d'éventuels complices, et Magnus avait le soutien du Secret incarné par l'équipe Argeciel, meilleurs tireurs de baguette d'élite du pays.

Magnus sentit plus qu'il ne sut qu'il y avait un problème quand Le Limier ressortit seul de la grotte, l'air paniqué, et qu'il appela à la charge. Magnus fronça les sourcils, mais ses lieutenants trépignaient. Il sonna la charge, et toutes les équipes au sol entrèrent dans la grotte. L'effet de mouvement de masse fit qu'il fallut attendre que les premiers agents, Magnus en tête, rejoignent les Argeciel dans la chambre principale pour se rendre compte que la grotte était vide. Et puis il y eut un fracas assourdissant suivi d'une onde de choc. Ce n'est que lorsque le nuage de poussière arriva jusqu'à lui que Magnus comprit qu'ils venaient d'être enterrés vivants.

– Putain de merde.

À l'extérieur, l'incompréhension était de mise, pour les troupes aériennes. Le piège avait été déclenché par une rune, alors personne n'avait rien vu. Le lieutenant de la 2ème Compagnie Aérienne du Gendarmagium (CAG-2), une Tahitienne nommée Moerani Rereau, fit descendre son balai pour se retrouver à portée de voix du Limier, seul homme au sol, pour lui demander ce qui s'était passé.

– Je crois qu'une partie du tunnel a cédé, cria le Limier. On devrait essayer de dégager l'entrée de ce côté pendant qu'ils neutralisent l'Ange à l'intérieur !

– D'accord ! répondit Rereau.

Elle sorta une sorte de petite flûte en argent de sa poche, et souffla dedans. Le son qui en sortait avait une particularité unique : partout où il pouvait porter, on l'entendait avec la même intensité. C'était le moyen de communication des troupes aériennes, et c'était efficace. Les agents se mirent à affluer. Le Limier en avait compté sept. Aussi, quand le septième fut à portée, il sourit.

Et ce fut le chaos. Les troupes aérienne étaient formées à combattre en vol. Les CAG faisaient partie des meilleurs équipes d'interventions aérienne du Monde, et ils pouvaient vaincre la majorité des sorciers en duel aérien, sans compter ce qu'ils valaient au sol. Ils étaient bardés de défenses enchantées et runiques, et avait un mental d'acier. Chacun pouvait générer un patronus capable de repousser une centaine de détraqueurs.

Mais que pouvaient faire sept sorciers face à douze feudeymons ?

.


.

Vous aurez bien sûr remarqué, et le flash-back final ne vous en aura pas détourné, que l'histoire se finit sur un cliffhanger de bâtard autour d'une brioche. Au cas où, je vous le rappelle. Allez, rendez-vous dans quelques années pour le 14ème et dernier chapitre de ce tome !