Bonjour à tou·te·s ! Je suis de retour pour vous jouer un mauvais tour ! Mais avant, j'ai un petit service à vous demander. Je participe à un concours de fanfictions courtes HP, et j'ai décidé d'y soumettre une version raccourcie (d'un bon quart) du Campus Flottant d'Arnhem (Destin Parallèle n°4). Alors je vous invite à aller sur Short Edition, et dans la barre de recherche en haut au milieu, de taper campus flottant, il trouvera. Ensuite vous allez jusqu'en bas de la page (mais vous avez le droit de lire avant hein !), et vous votez pour moi ! Si vous participez aussi, n'hésitez pas à me le faire savoir que je vote pour vous en retour.
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Dans le chapitre précédent… la précédence de ce chapitre dont il est la suite directe. À savoir, les entretiens de rentrée des élèves participant au Projet Rosa. Guère à dire de plus, sinon que la lecture des Destins Parallèles est encore une fois recommandée (par contre désolé, celui de Pia a été retiré le temps du concours, mais vous pourrez le retrouver partiellement au sein dudit concours, et en intégralité dès la fin de celui-ci dans un mois).
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Salut Allan, et merci pour l'info sur les runes japonaises, j'en ferai bon usage !
Merci Dreamer, est soit-en assurée, ça va être le feu pour l'anniv d'Émi !
Tu me flattes beaucoup, MissHiwatari ! En espérant que la suite te plaise autant !
Salut le Fou ! C'est pas encore pour tout de suite, mais oui, la rencontre va être explosive, hé hé hé…
Coucou Rominet ! Je pense que la force de BeauX réside justement dans le fait qu'elle est immuable. Peu importe ce qui se passe dehors, dedans, avant, après, … rien ne change. Les profs font leur programme à leur guise, il n'y a que peu de conflits entre élèves, les problèmes semblent se tenir d'eux-même éloignés…
À défaut d'être la meilleure (ça, ça se joue entre Readviper, Durmstrang et Uagadou), Beauxbâtons est probablement l'école la plus relaxante du monde.
Hello Hiyoru, bien sûr que je me souviens de toi ! Même si jusqu'à maintenant, j'ai toujours cru que ta miniature représentait Red… de loin on peut confondre hein ! Je suis heureux que tu sois revenu et que ça te plaise. En tout cas, tu as bien cerné la suite, j'en suis ravi !
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Et maintenant on reprend sur le même ton, et je vous donne rendez-vous en bas pour la mauvaise nouvelle du jour.
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3) Le Projet Rosa (2/2)
– Et le seizième de la liste est… Isaki Ngcobo ?
– Présent !
– Lâche-ça abruti !
– Dégage ou je t'en mets une !
– Hé, un peu de silence dans la salle ! gronda la prof.
Isaki leva les yeux au ciel. Depuis qu'ils étaient monté sur le Morskoyvolk, les deux canadiens de Banff n'avait pas arrêté de se crêper le chignon. Isaki s'assit. Il était déjà grand pour son âge, mais ses cheveux volumineux rajoutaient au personnage. Nelpha avait même eu l'audace de le surnommer Tahiti Bob. Il ne l'avait bien sûr fait qu'une seule fois. Il ne valait pas bon insulter un hydromancien quand on se trouve dans un sous-marin.
– Isaki, tu es né le 22 juin 2003 dans le Transvaal… Je ne me trompe pas en affirmant que la communauté sorcière d'Afrique du Sud ne reconnait pas la subdivision du Transvaal de 1994, si ?
– Non Madame, c'est exact.
– Tu es donc élève à l'Institut des Paliers de Drakensberg… troisième année… tu as donc terminé le premier cycle. Tu passes ton année sabbatique parmi nous ?
– En effet, Madame. Caaren et moi avons trouvé ça plus instructif que de trouver un maître d'apprentissage, et très peu d'élèves continuent sans prendre cette "pause".
– Ah, je note que tu as une double affinité ! Mais l'enseignement des Paliers n'est pas basée sur les quatre éléments ?
– Si, Madame, mais la reconnaissance des affinités permettent de choisir ses options et orientations pour et après le second cycle.
– D'accord. Étant donné les circonstances, je te laisse entièrement le choix.
– Je vais m'inscrire en 5ème Année, suivre tous vos cours qui ne sont pas déjà prévus pour moi, et m'inscrire aux cours de Magicologie et d'Herbologie, si c'est possible.
– Hé bien, on peut dire que tu ne chômes pas !
– Je suis là pour apprendre, Madame.
– Certes. Tu peux passer à côté, Isaki.
Nelpha choisit cet instant pour jeter quelque chose à la tête de Lyon. Il le manqua de peu, et se leva pour voir où avait atterri son projectile.
– Petrificus Totalus !
Le sort jeté par Miss Delacour pétrifia si bien l'adolescent agité que celui-ci s'effondra au sol dans un fracas de chaises renversées.
– Bien, reprenons ! sourit Gabrielle. Sandra Paddling ?
Une adolescente blonde et pâle comme la mort se leva, et s'avança en silence. Elle portait des lunettes noires, et sa main gauche semblait raide. Sa longue robe noire à la mode britannique était échancrée au col, et elle portait une chemise fine et une cravate jaune et noire : c'était un uniforme de Poudlard. On ne se refait pas.
Elle s'assit, et pointa sa baguette en direction de la prof. Celle-ci eut un léger mouvement de recul, et la sienne qu'elle venait de poser sur le bureau se retrouva dans sa main. Mais Sandra ne s'en formalisa pas, et se mit à tracer à toute allure des lettres de fumée à l'envers, qui apparaissait donc à l'endroit pour Gabrielle. Sa maîtrise du français semblait parfaite, bien que le collier traducteur n'influençât pas les capacités d'écriture. Elle maîtrisait réellement la langue, au point d'être capable de l'écrire à l'envers.
"J'entends parfaitement mais je ne peux pas parler"
– Ah, d'accord. On ne m'avait pas prévenue… Hum. Sandra, tu es née au Pays de Galles le 3 juin 2004, élève au Collège Poudlard dans la Maison Poufsouffle, résultats excellents partout, surtout en Métamorphose… Ton parcours est très similaire à celui de ta camarade Ophélia !
Sandra haussa les épaules. Ça ne valait pas une réponse textuelle.
– Mais… tes résultats globaux sont plus élevés. Pardonne ma curiosité, mais comment fais-tu pour les sortilèges ?
"Sortilèges informulés, pas le choix"
– Si jeune ? C'est… impressionnant. Ça explique ton Optimal en Sortilèges, cependant. J'ai eu l'occasion de rencontrer le professeur Flitwick à plusieurs reprises, et il m'a toujours semblé être justement sévère. J'en conclus que c'est mérité. Tu te sens apte à une 5ème Année ?
"J'aimerais rester auprès d'Ophélia, si possible
Elle n'a jamais eu le réflexe de me traiter comme une handicapée"
– D'a… d'accord. Bien. Euh… autre chose ?
"Club Duel, c'est possible ?"
– Bien sûr. Allez, on avance ! Ihipera Paewai ?
La jeune fille qui s'avança portait une tenue assez minimaliste principalement constituée de bandes de tissu beige et de lanières de cuir brutes. Elle n'avait guère plus de treize ou quatorze ans, mais son corps athlétique était déjà recouvert de tatouages maoris. Un croissant de lune soulignait son œil gauche, tandis que la paupière du droit était entièrement recouverte d'encre. Elle avait des écarteurs de bois dans les deux lobes, et un anneau dans le nez. À sa ceinture pointait une baguette de bois blanc dont le manche était serti de cinq toutes petites sculptures de pierre verte. Elle s'assit à califourchon sur la chaise, les poings appuyés sur l'assise entre ses jambes. Ses phalanges étaient recouvertes de bandes de tissu, comme les boxeurs.
– Ihipera, tu es née le 7 février 2006 sur l'atoll de Manra, en République des Kiribati. Cet atoll est exclusivement habité par des sorciers, il me semble ?
– En effet, Madame, confirma la jeune maorie. Manra accueil un iwi sorcier en diaspora depuis quatre siècles.
Ihipera avait une voix profonde, presque transperçante, et un ton qui n'attendait pas à la discussion badine. Gabrielle haussa un sourcil.
– Merci pour la précision. Tu as effectué deux années au Typhon Chantant… la deuxième et troisième année. Pas de première année ?!
– J'ai passé les examens de fin de première année avant de rentrer à l'école, ce qui m'a permis de sauter une classe, énonça platement Ihipera.
– Je vois. Malgré cela, tes résultats sont presque parfaits partout… Que dire… Je vois que tu as cinq pounamu. Tu les as obtenus comment ?
– La petite tortue est l'emblème de mon hapu. Ma "grande famille". Je l'ai obtenue en validant les examens avant même d'entrer à l'école, apportant honneur sur le hapu. Le petit guerrier, ici, je l'ai reçu en remportant le tournoi trimestriel de duel, et le grand guerrier, à côté, en le remportant trois fois de suite en un an. La crête d'écume était le prix d'un concours de Potions entre le Typhon et Arnhem l'année dernière. Et l'œil de tempête, je l'ai obtenu en affrontant un cyclone avec ma voile pendant une garde de nuit.
– J'en conclus que tu es aéromancienne, toi aussi ?
– Gyromancienne, corrigea l'adolescente. Avec quelques notions d'échomancie pour me repérer dans le noir par rapport aux obstacles.
– Gyromancie ? C'est original. Tu…
– Une démonstration ? coupa Ihipera. Bien sûr.
Elle ferma les yeux, se concentra… Ophélia Haley ne put retenir un sifflement impressionné. Ihipera et sa chaise flottaient à quelques centimètres du sol, alors que celle-ci avait encore sa baguette à la ceinture, et ce dans un silence total. Miss Delacour reprit quand elle fut revenue au sol.
– Il semble établi que tu es une élève très douée. Normalement, tu dois comprendre que tu es trop jeune pour aller plus loin que la troisième année. Cependant, puisque tu as passé une classe au Typhon Chantant, nous pouvons considérer que c'est le cas ici aussi. Te voilà parmi les élèves de 4ème Année.
– Merci, Madame.
Sans attendre d'y être invité, Ihipera se leva, et quitta la salle. Un jeune homme avait déjà repris la place. Lui aussi était vêtu simplement, mais hormis un soleil sur sa gorge, seuls ses bras étaient recouverts de tatouages. Ses cheveux étaient très longs, et lâchés en cascade. Gabrielle lui jeta un regard suspicieux auquel il répondit d'un sourire sincère, sourire qu'elle partagea en lisant le nom sur sa liste.
– Tipene Paewai, je présume ?
– En personne, Madame !
Évidemment, il savait qu'il serait le suivant sur la liste.
– Tu es le frère d'Ihipera ?
– Son grand frère, oui, rit le jeune maori. Mais mon palmarès n'est pas aussi impressionnant que le sien, je le crains.
Il sortit sa baguette. Elle était blanche elle aussi, mais n'était sertie que de trois poumanu, dont le petit guerrier et la crête d'écume.
– Que signifie le troisième ? s'enquit la petite prof.
– La feuille de fougère est le poumanu accordé aux élèves qui se consacrent bénévolement au guidage des touristes moldus comme sorciers dans la jungle néo-zélandaise.
Si sa sœur était petite mais musclée, Tipene était lui un grand gaillard avec une forte carrure et un peu d'embonpoint. Ses deux sourcils étaient coupés en trois, et il portait trois anneaux noirs sur le dessus de chaque oreille.
– D'accord, sourit Gabrielle. Alors, Tipene, tu es né le 18 août 2003 à Manra… Typhon Chantant… supers résultats théoriques, un peu moins en pratique.
– Je suis la théorie, Ihipera la pratique.
– Elle reste douée en théorie…, fit remarquer la prof.
– Merci de le souligner, Madame ! grimaça le garçon.
– Pardon. Tes propres résultats sont très bons. Un certain talent en géomancie … tu travailles beaucoup avec les plantes, d'après la note du professeur Karaitiana ?
– En effet, Madame. Profitant de mon affinité à la terre, je travaille sur l'héliomancie en étudiant la photosynthèse à travers les arbres millénaires.
– Ah, toi aussi tu travailles sur les éléments complexes ?
– C'est assez habituel, au Typhon, expliqua Tipene. Alors que d'autres écoles comme les Paliers de Drakensberg poussent les élèves à maîtriser les quatre éléments grâce à leur amulette de concentration, nous sommes au Typhon amenés à développer le ou les éléments avec lesquels nous avons une affinité, et si le besoin s'en fait ressentir, soit se tourner vers un élément complexe, soit ne se concentrer que sur un seul élément simple… Nous sommes au plus près de la nature, nous jouons beaucoup là-dessus.
– Et toi aussi, tu voles ?
– Oh là, non ! Ah ah ! Moi j'aurais plus tendance à avoir le vertige !
– Je vois ! Hé bien soit rassuré, ici le sol est bien plat. Je t'inscris en 6ème Année, avec examen final. Tu peux aller te changer. Au suivant ! Suivant qui sera : Sh…Shean… wayne… Pag… kalina…wan ?
– Sheanwayne Pagkalinawan, répéta rapidement le garçon qui venait de se lever.
Sheanwayne était de taille moyenne. En revanche il était maigre, très maigre, et son pantalon était déchiré au niveau des genoux pour former un short grossier, et ceinturé de grosse corde. Sa peau mate était tannée, et ses petits bras recouverts de cicatrices de coupures. Il adressa un grand sourire à la prof. Sourire auquel il manquait une dent, mais il ne semblait pas s'en formaliser.
– Sheanwayne, tu es né dans la province philippine de Cagayan le 16 novembre 2004, et tu as étudié trois ans au sein de la République de la Sorcellerie Préservée, lut la prof sur sa fiche. Tu es hydromancien et tu… tu parles aux poissons ?! C'est-à-dire ?
– Je ne leur parle pas vraiment, Madame. Je comprends ce qu'ils veulent, et je les influence. Ils m'aident en échange de nourriture.
– Ah ! Tu es pathomens ?
– Peut-être, Madame. Je ne sais pas ce que ça veut dire.
– C'est… hum, nous verrons ça plus tard. Tu es globalement doué, mais le programme philippin a quelques lacunes au niveau des sortilèges… je vois que tu ne possèdes pas de baguette ?
– Nous apprenons à canaliser nos sorts à travers notre élément, Madame. C'est ainsi que la magie des ancêtres a toujours été accomplie.
– Oui, j'ai entendu parler de ce conservatisme, déplora la prof. Je suis désolée, mais il va te falloir une baguette, pour suivre nos cours.
– Je crains de ne pas en avoir les moyens, Madame, sourit Sheanwayne avec innocence.
– Ne t'inquiète pas, la totalité des frais du Projet Rosa sont couverts par la Prévôté… par le gouvernement français. Ceci étant dit, je pense que tes lacunes en magie traditionnelle, du moins en magie avec une baguette, risque de te porter préjudice. Il me semble plus raisonnable de te faire intégrer la 3ème Année.
– C'est parfait, Madame, si vous le jugez ainsi, sourit le garçon.
Gabrielle était mal-à-l'aise. Elle aurait bien pu lui annoncer qu'il devait repartir ce soir qu'il sourirait et lui dirait merci.
– Tu peux aller mettre l'uniforme de l'école. Et nous entamons le dernier tiers avec… Lyon Rooney ?
– Présent !
Gabrielle leva la tête, et fronça les sourcils. C'était le garçon blond avec qui se disputait celui qu'elle avait pétrifié. Ah oui, mince…
Elle leva le sort sur l'autre, tandis que Lyon s'asseyait.
– Lyon, tu dois savoir que le règlement de l'école interdit toute agression entre élèves, qu'elle soit physique ou verbal. Tout manquement à cette règle de base du vivre-ensemble sera sévèrement puni. Et par sévèrement, dans votre cas, ça implique le retour immédiat dans votre école d'origine. Suis-je bien claire ?
– C'est parfait, Madame. Ça ne peut qu'inciter mon agaçant camarade à cesser de me persécuter parce que j'ai de meilleurs résultats que lui alors que je suis né-moldu et lui un pédant sang-pur.
– De meilleurs résultats ?! s'écria Nelpha. Espèce de sale… Gnggmphffm !
D'agacement, Gabrielle lui avait jeté un Bloclang informulé.
– N'aggrave pas ton cas, jeune homme. Lyon, bien que je commence à saisir la racine du problème, tu dois comprendre que qualifier un camarade de pédant, ou même d'agaçant, est contraire à nos règles de bienséance.
– Pardon, Madame.
– Reprenons. Tu es né dans le Yukon le 16 mars 2005, et tu es élève à l'Académie de Banff. Pourquoi Banff ? La proximité géographique ne semble pas tant un critère que l'est la pureté du sang, généralement, si ?
– Je n'aime pas l'idée d'être sous l'eau la moitié du temps, je préfère encore supporter le racisme à peine latent de certains camarades…
Ophélia ricana bas. Ça avait été un des sujets de moquerie favori de Nelpha, durant le voyage : Lyon était tétanisé à chaque fois que le Morskoyvolk était immergé, soit la majorité du trajet, à tel point qu'il avait calfeutré la fenêtre de sa cabine dont il ne sortait que pour aller manquer, et sans jamais quitter le sol du regard. Son camarade faisait exprès d'attirer son attention en direction d'un hublot, ou d'aller décrocher son rideau improvisé. Avant de se faire punir par un des profs. Ophélia n'avait jamais vu quelqu'un éplucher autant de légumes sans magie, et surtout aussi mal.
– En revanche, la terre ferme semble bien te plaire. Étude des Milieux : A+. Bravo. Sortilèges, Potions : B, correct. Runes : B+, bien. Magicologie : A, très bien. Ah, j'ignorais que la Magicologie était aussi enseignée à Banff ? Je… Oui, je t'écoute, Danielle ?
L'américaine baissa la main.
– Le professeur de Magicologie de l'Institut de Salem qui est venu l'enseigner ici a étudié à l'Académie de Banff, Madame.
– Oh, je l'ignorais. Merci pour la précision, Danielle. Le reste est correct… Nous disons donc 4ème Année, programme de Banff… autre chose ?
– J'aimerais beaucoup étudier l'Alchimie, Madame.
– Le professeur Ingram en sera ravie. Allez, va te changer. Et plus de vague !
– Oui, Madame !
– Michaëlle Saint-Cloud ?
– J'arrive, Madame.
Un étrange bruit brisa le silence presque absolu de la salle. C'était à mi-chemin entre un vrombissement et un sifflement, et extrêmement ténu. En fait, Gabrielle n'était pas sûre que d'autres qu'elle l'entendent, son quart de sang de vélane lui donnant entre autres une ouïe amplifiée. Il s'avéra que le bruit provenait du bras de la jeune fille, d'un bracelet en bois serti de trois pierres blanches aux reflets irisés disposées en ligne parallèle au bras.
– À quoi sert ce dispositif ? s'enquit la prof en désignant le bracelet.
Michaëlle passa rapidement un doigt sur les gemmes, et le bruit se tut.
– Ça ? C'est un sonar, Madame. Ça me permet de me repérer dans mon environnement grâce aux échos.
Gabrielle comprit pourquoi la jeune fille semblait ne pas s'adresser directement à elle : elle était totalement aveugle. La jeune enseignante avait quelques clichés dans la tête à propos des yeux des aveugles, et s'était attendu à ce que ceux de la jeune fille ne soient pas aussi parfaitement… normaux, si ce n'est qu'elle regardait dans le vide. Ou plutôt ne regardait pas.
– Michaëlle, tu es née le 7 octobre 2003 en Haïti, et tu as étudié quatre ans sur l'Île des Sorciers, exact ?
– Oui, Madame.
– Tu es spécialisée en Magie des Épices, et en Navigation ?
– Pimentomens confirmée ! plaisanta l'haïtienne. Pour la Navigation, je n'ai pas vraiment de mérite. Il suffit de savoir parler au bateau, et surtout de savoir lui faire confiance. C'est plus simple de ne pas se fier à sa vue quand elle ne fonctionne pas !
– Je voi… Je comprends, se reprit la prof. Tu es bien notée dans la plupart des matières. Dispensée de Runes…
– Évidemment.
– Pardon. Hum… en Potions, correct. Enchantements, impressionnant. Une affinité élémentaire connue ?
– La géomancie, Madame. Mais je ne suis pas très douée.
– On va arranger ça, ne t'en fais pas. Je t'inscris en 5ème Année, pas d'objection ?
– Je n'en vois aucune, sourit Michaëlle. Juste une question : Un de vos professeurs est formé à la Magie des Épices ?
– Nous avons recruté une Herbologue très réputée, en Australie. Je pense qu'elle conviendra.
– Nous verrons bien. Je le souhaite, Madame.
– Tu peux passer à côté. Tu as besoin que quelqu'un t'accompagnes ?
– Pour m'habiller ? ricana l'adolescente. Non merci, ça devrait aller.
Elle passa à nouveau son doigt sur le bracelet, se leva, et quitta la pièce sans éprouver la moindre gêne. Gabrielle, elle, l'était beaucoup. Au fond d'elle, elle soupçonnait la jeune haïtienne d'avoir joué volontairement avec ses nerfs en répétant les allusions à la vue. Il fallait dire qu'après vingt-deux mini-entretiens où elle devait faire attention à ce qu'elle disait, l'enseignante en avait marre. Faire un cours magistral était bien moins compliqué…
– Greta Salers ?
– Bonjour, Professeure Delacour.
– Greta, tu es née 31 mai 2004 en Rhénanie. Étudiante à Mighty Adler… Tu as choisi Métamorphose comme matière magique, et Études des Espèces Terrestres comme matière naturelle. Exact ?
– Exact, Madame.
– Tu as représenté l'Allemagne durant la dernière finale des Concours de Connaissances, dans l'épreuve de Métamorphose, et tu t'es qualifiée seconde.
– Derrière Psamáthe ici-présente, confirma Greta en désignant sa camarade grecque qui attendait calmement son tour.
– Examens de troisième année : 83% de réussite, avec un score exceptionnel de 97% en Étude des Espèces Terrestres. Une question se pose…
– Pourquoi pas 100% ? ricana Greta. Parce que je me suis mélangée les pinceaux entre trollcleg et trollwig.
– De quoi s'agit-il ?
– Ce sont deux parasites du troll. La trollcleg est une sorte de mouche qui se nourrit sur la peau de leur dos, tandis que la trollwig est plus proche de l'acarien, et vit dans leur mucus nasal.
Il y eut plusieurs exclamations de dégoût dans la salle. Gabrielle elle-même ne put retenir une grimace.
– C'est… intéressant. Ceci étant, tu préfères être inscrite en 4ème ou 5ème Année ? Tu as l'âge et le niveau requis.
– La 4ème Année conviendra, Madame. Ce sont de toute manière les examens de 4ème Année que je devrai passer en rentrant en Allemagne en Juin.
– Ah oui, le professeur Ingram m'avait prévenue de cette… irrégularité. Du fait que tu sois obligée de quitter le programme avant la fin à cause du règlement de Mighty Adler. Hé bien je t'invite à passer à côté. Continuons avec : Bhaksar Sharma ?
– Plésent !
Une des particularités du collier traducteur, c'est que puisqu'il reproduisait la diction de celui qui parlait dans la langue de celui qui écoutait, il avait tendance à effacer les accents. Sauf que certaines personnes avaient un accent dans leur propre langue, ou employaient des mots d'autres langues. Ainsi, Bhaksar parlait en ce moment en anglais, mais avec un fort accent hindi.
– Bhaksar, tu es né le 1er juillet 2003 au Rajasthan… l'Académie aux Milles Couleurs ne s'y trouve pas, d'ailleurs ?
– Non, Madame. L'Académie sé tlouve dans lé nold du Madhya Pladesh. Mais les deux tellitoiles sé touche !
– Ah, mea culpa. l'Académie aux Milles Couleurs, donc… C'est quoi ça ?
Quelque chose était en train de serpenter hors de la manche échancrée de Bhaksar. Le garçon attrapa l'animal en bloquant sa tête avec le pouce et le majeur sous la mâchoire, et l'index entre les yeux.
– C'est juste Ayushmati, ma vipèle des buissons. Chez nous, les selpents ont beaucoup de succès.
– Hum… aucun règlement ne l'interdis, à priori. Mais je te prierais de bien surveiller ton animal. Il n'est pas venimeux, au moins ?
– Je connais bien cette espèce ! s'exclama soudain Noham Zula, qui venait d'apercevoir la tête jaune et verte d'Ayushmati. On en voit parfois dans les arbres, au Kenya, c'est une atheris hispida ! Faut surtout pas passer sous un arbre, parce que sinon elles se laissent tomber sur nous, et leur venin est mortellement neurotoxique.
Un murmure d'appréhension parcourut la salle, et certains se reculèrent sensiblement.
– Vraiment ? Gabrielle fronça les sourcils en se tournant vers Bhaksar.
– Ayushmati est inoffensive ! la rassura l'adolescent. Dé même qué lé plincipe dé quasi-dominance des êtles altificiels démontle qué les selpents et les oiseaux sont les cléatules les plus faciles à faile appalaîtle, cela s'applique à la métamolphose : c'est l'une des seules cléatule qui peut êtle métamolphosée dé manièle pelmanente. J'ai même un ami qui a un cobla bleu et lose !
– Merci pour le petit cours, mais qu'essaies-tu de dire ?
– Ayushmati n'a plus dé venin. Elle n'a même plus dé dent !
– Me voilà rassurée. Pouvons-nous reprendre, maintenant ? Tu es élève à l'AMC depuis 4 ans. Des résultats globaux plutôt bon. Rien ne ressort particulièrement, si ce n'est quelques petits points de plus sur les Enchantements. Tu m'en vois ravie. Ceci étant, je doute que tu aies le niveau pour la 6ème Année, malgré ton âge.
– 5ème Année, c'est palfait, Madame, assura Bhaksar. Poullai-je suivle le couls d'Alt Magique ?
– Je pense que Miss Lunist'El n'y verra pas d'inconvénient. Merci. Suivant… Yevfroniy Vasilyev ?
– Oui, Professeure.
Le jeune russe se leva de sa chaise pour rejoindre celle devant le bureau improvisé de la prof. Cette dernière dût tordre le coup pour voir le visage du garçon avant qu'il ne s'assoit. Yevfroniy faisait un bon mètre quatre-vingt-dix, et avait une carrure déjà impressionnante pour son âge. S'il était batteur au Quidditch, il devait faire des ravages.
– Yevfroniy, tu es né le 29 décembre 2002 dans l'oblast de Tambov. Quatre années à Durmstrang, durant lesquels tu as montré un talent certain au combat, physique comme magique, et… en Runes. Je vois que tu as commencé le Tatouage Runique l'année dernière. Cette matière n'est enseignée ici qu'en Chasse Runesort, mais je pense que le professeur Castle ne verra pas d'inconvénient à t'y intégrer, même si cela fera de toi un des plus jeunes élèves de l'histoire de l'Académie à franchir le portrait de Griselda Beauxbatons, à moins d'aménager une salle inutilisée et un créneau… enfin, peu importe ! Sixième année, programme de Durmstrang, Tatouage Runique en guise d'Option… autre chose ?
– J'ai lu qu'on pouvait rejoindre deux clubs en même temps ? s'enquit le russe.
– Un club et un sport, oui. Tu es intéressé par quoi ?
– Le club survie, et un accès à votre terrain de… comment c'est le nom, déjà ?
– Cognepoing ?
– Non, le sport acrobatique…
– Si tu veux mon avis, je trouve le Cognepoing très acrobatique ! Mais je pense que tu parles du terrain de Parkour !
– Oui, Parkour ! répéta Yevfroniy.
– Hé bien les entraînements dirigés par le professeur Fauchet ont lieu le samedi après-midi, mais le terrain est en libre accès le reste du temps, dans le respect des autres utilisateurs.
– Merci, Professeure.
Professeure. Oui, c'était son métier. Mais qu'on l'emploie en titre pour s'adresser à elle rendait Gabrielle mal-à-l'aise. Ça lui faisait trop penser aux vieux universitaires un peu court-circuités de Chevalier-Lys, où elle avait passé un an avant de rejoindre la PSAF.
Miss, qui était le titre ayant le plus cours dans la société sorcière française, pour une raison amusante. Madame, qui inspirait une certaine notion de respect et de haute-autorité (les seules qu'elle appelait elle-même ainsi étaient Madame Maxime, la directrice de l'Académie, et Madame Pincebois, l'Administratrice en chef du Gendarmagium). Mais Professeure, ça faisait tellement… vieille. Elle n'était pas vieille ! Elle n'avait que 29 ans. Depuis quatre ans, certes.
– Hum, oui… euh ? Il est où ?
– Il est déjà sorti, Madame, lui indiqua obligeamment Ophélia.
Gabrielle se demanda comment un si grand gaillard pouvait être aussi furtif.
– Ah. Peu importe. Allez, plus que cinq… Adélinda Wesphalie ?
Ah, elle aussi était grande pour son âge. Plutôt de l'ordre du mètre quatre-vingt, avec des cheveux bleu électrique, et des yeux jaunes. Si les deux couleurs pouvaient dans l'absolu exister dans la nature, les yeux jaunes n'étant pas plus rares chez les sorciers que les yeux bleus chez les moldus, les cheveux bleus, eux, étaient très rares, et se rencontraient surtout parmi les sorciers sang-purs ayant une naïade parmi leurs ancêtres. Mais il s'agissait d'un bleu plus sombre, plus… terne. Elle savait que même Mystique Pluiedeglace utilisait un shampooing spécial pour que ses cheveux naturellement bleus gardent un éclat pourtant incomparable à celui des cheveux d'Adélinda.
– Adélinda, tu es née le 15 avril 2002 au Nouveau-Brunswick, tu as étudié cinq ans à l'École des Provinces Maritimes, et tu as demandé à explicitement rejoindre la 6ème Année, avec examen final ?
– C'est exact, Madame.
– Pourquoi l'examen ? Tu as déjà passé celui de quatrième année au Canada.
– Parce que j'aimerais, si j'arrive à m'y décider, avoir la possibilité de terminer ma scolarité en Chasse Enchant'Art ici même.
– Je ne peux que t'y encourager ! Voyons voir. Très bon résultats dans la plupart des matières. Si je me réfère au Caré… Enchantements, et Runes : Optimal. Musique, Soins aux Créatures des Eaux Profondes et Potions… Tu joues d'un instrument ?
– De la flûte traversière, Madame.
– Ah, c'est difficile, ça ! Sinon, Très Bien pour le reste… et l'année dernière, des résultats similaires. Petite baisse en Runes, Potions et Histoire de la Magie, mais rien de trop étrange. Je pense que tout est parfait. Tu veux rejoindre un autre cours, une option, un club ?
– Pas vraiment, non.
– Comme tu le sens, je ne force personne à rien. Tu peux aller mettre ton uniforme. Suivante : Eurydice Wilkins ?
Une adolescente leva timidement la main, et vint prendre place sur la chaise. Gabrielle la dévisagea en plissant les yeux. Elle était persuadée de l'avoir déjà vu quelque part, mais… non, c'était impossible, ça ne pouvait pas…
– Eurydice, tu es née en Australie-Occidentale le 20 octobre 2004, et tu as étudié sur le Campus Flottant d'Arnhem… Ah, tu es dans la même classe que Nyurapayia, je vois ?
– C'est elle qui m'a poussée à m'inscrire, avoua la petite brune.
– Filière traditionnelle, avec cinq matières supplémentaires, c'est ambitieux. Toutes principalement ou totalement théorique, je vois. En fait, si on enlève la Guérissologie et l'Hydrologie et qu'on ajoute la DCFM, tu suis le même programme que…
Mais pourquoi cette impression de déjà-vu ne la quittait pas ?
– Excuse-moi, mais nous ne nous serions pas déjà croisées auparavant ?
– Je n'ai techniquement jamais quitté l'Australie, Madame. Techniquement, parce que le radeau aborde souvent des territoires étrangers, et nous débarquons temporairement sur certains. Et… et vous ?
– Non, je ne suis jamais allée en Australie…
Mais pourquoi, par les fils qui se touchent de Morgane, cette impression ne la quittait pas ?!
– Enfin, peu importe, reprit la prof. Tes résultats sont très bons, ton programme quasi-conforme… on continue sur une 4ème Année ? Je suis désolée, nous n'avons pas de cours d'Hydrologie. Mais tu as le choix : soit garder un peu de temps pour toi, soit rejoindre le cours de Zoomagicologie, ou celui de Magicologie. Pour information, seul le second est entièrement théorique.
– Oui, Magicologie, s'il vous plait.
– Et… voilà ! cocha Gabrielle. Tu peux passer à côté.
Eurydice se leva, et s'éloigna vers la porte. Elle a les cheveux bouclés aussi, remarqua Gabrielle. Je deviens dingue. Ça fait si longtemps…
– Psamáthe Xérispolis ?
Encore une timide qui vint s'asseoir en silence, et baissa la tête. Gabrielle soupira.
– Psamáthe, tu es née le 7 septembre 2004 sur l'Île de Stamfani… Ah ? Tu connais bien Sophía, je suppose.
– C'est…
Psamáthe jeta un regard en direction de ma camarade.
– Sophía est ma suzeraine, Madame.
Gabrielle ne put se retenir de lever les yeux au ciel. Elle croisa le regard empreint d'auto-satisfaction de Sophía, et après un micro-rictus de défiance, la tacla en déclarant d'un ton badin :
– Il n'y a aucun suzerain ni sujet ici. Uniquement des élèves tous égaux, uniquement distingables par leurs résultats. Et je remarque que les tiens sont très très bons ! Quel guide as-tu choisi ?
– Je suis disciple de Zélos, Madame.
– Zélos, dieu de l'ardeur au travail, et des duellistes. Avec de tels résultats en Sortilèges, tu es bien sûr la bienvenue au Club Duel. Peut-être que le combat t'intéresse aussi ?
– Oui, Madame !
– Trois ans à Perséphone, jamais une note sous la moyenne… Runes coptes ?
– Elles sont très utilisées dans les nombreux temples piégés en Égypte, ainsi que les neuf temples d'Isis situés en Grèce.
– J'ignorais que cette discipline était aussi enseignée à Perséphone. J'ignore si tu le savais, mais l'école de sorcellerie égyptienne se trouve dans un ancien temple d'Isis. Tu devrais en discuter avec Ridha.
Psamáthe jeta un regard d'appréhension au colosse, qui lui répondit d'un sourire encourageant.
– Peut-être, oui.
– Voilà qui est réglé. 5ème Année, Art du Combat, et Club Duel ! Allez va, et au suivant !
Sophía Apíonellis donnait l'impression d'avoir mordu dans un citron pas mûr qui lui aurait mordu la langue en retour. À elle, cette insolente de prof avait refusé la 5ème Année !
– Nelpha Zellars ?
Le canadien vint s'asseoir devant elle en silence, faute de choix en la matière. Il passa sa main dans ses cheveux en brosse, et eut le bon ton de paraître gêné. Gabrielle leva le Bloclang d'un Finite informulé.
– Nelpha. Ton comportement depuis le début du programme d'échange, surtout envers ton camarade Lyon, est déplorable. Je ne vais pas m'attarder là-dessus, mais nous ne tolérons pas la moindre forme de racisme. Le règlement de l'Académie s'applique à tous, et donc à vous. Puisque mon titre de référente de Rosa m'accorde ce pouvoir, je te donne un avertissement, qui sera reporté à ton dossier scolaire. Sache qu'après deux avertissements, c'est le blâme, et que le blâme débouche sur un conseil de discipline. Étant donné les circonstances intrinsèques au Projet Rosa, il n'y aura pas de blâme. À la troisième erreur de ta part, c'est le retour immédiat à Banff. Me suis-je bien fait comprendre ?
– Oui, Madame. Je suis désolé.
– Puisse-tu le penser. Nous pouvons commencer. Tu es né au Québec le 30 juin 2005, et tu as été recommandé pour le programme par ton professeur de Potions, exact ?
– Oui, Madame.
– Les potions ne sont pas tellement la spécialité de Beauxbâtons, mais soit. Tes notes dans cette matières sont plus que suffisantes. En revanche, pour ce qui touche à la magie avec baguette, ce n'est pas le même refrain. C'est… moyen. Histoire de la Magie, Anglais, Français, Magicologie… Hum, je vois que tu es plus doué sur la théorie. Étude des Milieux, c'est presque aussi bien que les Potions. Écoute, c'est assez difficile de trancher…
– Puis-je suggérer quelque chose, Madame ?
– Je t'écoute.
– Je m'inscris en 3ème Année, et en échange je suis les cours d'Alchimie et d'Herbologie.
– Je vois, je vois. C'est plutôt équitable. Allez, qu'il en soit ainsi ! Va te changer, et plus de vagues !
– Oui, Madame !
– Et nous achevons ces entretiens avec… Noham Zula. Huh, bonjour, Noham.
L'adolescent s'était déjà assis devant la prof, le temps qu'elle lise son nom sur la liste.
– Noham, né dans la Vallée du Rift le 3 mars 2003, éduqué par la Communauté Enseignante Uagadou. Étant donné la très grande réputation de Uagadou, je suis surpris qu'un élève avec de tels résultats ait décidé de la quitter durant toute une année pour venir ici ! Ton palmarès est impressionnant.
– Merci, Madame. Mais à Uagadou, ni Mathématiques ni Arts Magiques ne sont enseignés.
– Je suppose que tu souhaites rejoindre ces cours ? À titre d'observateur, bien sûr, difficile de commencer un programme par la sixième année…
– Bien sûr, Madame.
– Je n'ai aucune information sur tes performances de vol ?
– Parce que je ne suis jamais monté sur un balai, Madame.
– Vraiment !? Eh bien si jamais tu le souhaites, n'hésite pas à le faire savoir au professeur Undermacht. Les professeurs vous seront présentés durant le banquet.
– Merci, Madame.
– Tu peux aller te changer en vitesse, et dit aux traînards de nous rejoindre dans la salle juste en face.
– Celle qui ressemble à une église ?
– Celle-là même, confirma Miss Delacour.
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Après les entretiens eut lieu la Répartition. Bien qu'affiliés principalement à Rosa, chacun ayant son propre emploi du temps, les élèves du programme d'échange durent être répartis par le Sondeur pour déterminer la méthodologie la plus adaptée à chacun. Beaucoup furent fort étonnés d'être confrontés au Sondeur. D'autres… moins.
– Bonjour, Ophélia, la salua une voix éthérée. Inutile de tourner la tête ainsi, je suis pour ainsi dire partout et nulle part à la fois.
– Je suppose que ça vous donne un avantage. Qui êtes-vous ?
– Je suis le Sondeur, entité transcendante chargée de la répartition des élèves, et de la protection de l'Académie.
– À Poudlard, on a un vieux chapeau avec quatre cerveaux, pour ça.
– Le Choixpeau, confirma le Sondeur. Un très puissant artéfact noir, je le reconnais.
– Noir ? Vous voulez dire qu'il s'agit de magie noire ?!
– Comment définirais-tu un objet magique créé à l'aide de quatre cerveaux humains provenant de morts récents, peut-être même directement tués par son créateur, si puissant qu'il a développé un simulacre de conscience propre, et capable de lire dans n'importe quel esprit sans effort, même les plus protégés ? lança Th'aleem sur un ton taquin.
– Touchée. Et vous, ça se passe comment ?
– Disons que je pose des questions, et que je lis la réponse au-delà des mots.
– En quoi est-ce différent ?
– Touché. Commençons, si tu le veux. Je vais te poser cinq questions. Tu dois y répondre de manière spontanée et sincère. Pour certaines, je te ferai une proposition de choix : tu n'es pas obligée de t'y confirmer, à condition de justifier ton choix de ne pas le faire.
– Ça semble facile. Allons-y.
– Première question : À quoi mesure-t-on la valeur d'un sorcier ?
– À sa capacité à user de la magie pour faire ce qu'il pense être juste.
– Jour ou nuit ?
– Peu importe, tant qu'il n'y a pas de témoin.
– Quel est le pire entre perdre un ami et perdre un membre de sa famille ?
– Hum… À affinité égale, je dirais qu'un membre de la famille devient un ami, et c'est donc en tant qu'ami qu'il est le plus difficile à perdre.
– Quelle couleur associes-tu au dépit ?
– C'est quoi de ces questions déprimantes, là ?!
– …
– Disons le jaune, alors. Mais votre question est nulle.
– Je note. Qu'est-ce qui te rend joyeuse ?
– En général ? Faire de la magie.
– Ophélia Haley, tu n'as pas marché dans les pas de ton père, et tu penses avoir été trompée. Que Poufsouffle n'est pas à la hauteur de tes aspirations. Tu peux continuer à penser que c'est vrai, mais commence à penser à ceci : c'est peut-être à toi d'établir de nouvelles limites, à toi de marquer l'Histoire en jaune, non par dépit, mais par éclat. Mais ici, tu portes le vert. Et puisque tu le ressens ainsi, tu porteras aussi le bleu. Bienvenue à Lonicera.
– Comment vous savez tout ça ?
– Je n'ai rien nié, tout à l'heure.
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Les trente élèves du programme d'échange firent leur entrée. Ils portaient tous l'uniforme règlementaire de Beauxbâtons, avec l'écusson vert de Rosa, et un foulard rayé de vert et de la couleur de leur Ordre d'accueil. Ils s'installèrent un peu partout dans la salle. Certains avaient déjà des connaissances. Les quatre anciens champions rejoignirent la large table en arc de cercle prise d'assaut par les Augures, Greta s'asseyant juste à côté de Karol et entamant une discussion en allemand avec énergie. Le colosse du train se dirigeait droit vers eux.
– Tu crois qu'il m'a entendu tout à l'heure ? chuchota Nil assise juste à côté de Mathis.
Mais au dernier moment il détourna son chemin. Un élève d'Urtica se leva, et se jeta presque dans ses bras.
– Non, mais visiblement ton frère le connais bien, répliqua Mathis.
– Mais qui… Ooooooh ! Ça doit être son meilleur ami Ridha ! se souvint la turque. Il en parlait souvent. C'est un égyptien qui descend d'une grande famille de géomanciens. Je croyais que c'est pour ça qu'il le surnommait La Montagne…
– La vérité est plus évidente, fit inutilement remarquer Mathis.
– Hé, c'est écrit quoi sur ton écusson, Greta ? s'enquit Erwin.
– "Rosa. Apprendre, c'est vivre", lut l'allemande.
– Original, mentit effrontément le garçon.
Puis la directrice entama un long discours, présenta les nouveaux professeurs, et le banquet de rentrée put enfin commencer…
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Et voilà qui conclut ces entretiens ! Et maintenant, les choses qui fâchent…
Voilà : je vais lancer la publication de mon roman pour Juillet. Si possible le 1er Juillet même. Pour cela, je dois déjà le finir (c'est pas gagné si je ne bosse pas plus que ça, huh), mais surtout prévoir toute la logistique autour, les joies de l'auto-édition. C'est pourquoi je me retire du magnifique monde de la fanfiction qui m'a tant apporté. Ce n'est pas des adieux, alors je vais pas m'étaler sur le sujet. Mais c'est un au-revoir pour un retour inconditionnel à une date conditionnelle. Cette fois-ci pas de fausse frayeur, malheureusement, c'est définitif. Il n'y aura pas de chapitre avant très grand minimum improbable août. N'attendez pas non plus un miracle à la rentrée de septembre, vu que je ne rentre nulle part. En fait, mon retour à ELM dépendra des ventes de mon premier roman (je compte sur vous, mon cher mini-fandom !), et conséquemment à l'urgence d'écrire le second avant de penser à l'amusement littéraire.
Je suis désolé de faire ça maintenant, au début d'un nouveau tome. Mais après réflexion, je me suis dit qu'à l'instar des Destins Parallèles, ces entretiens variés pourraient être l'occasion de susciter l'envie de participer au Multivers à d'autres auteurs !
Je serai toujours joignable sur tous les supports que vous connaissez, mais pour la plupart, inactif. Cependant, je vous invite à suivre ma page facebook d'auteur dès que celle-ci sera acceptée par le staff (ça devrait pas tarder je pense). Tout comme moi quand je n'ai pas l'usage de mon pseudonyme, elle s'appelle Valentin Dumay-Pothuon (la plupart d'entre vous n'ignore de toute façon pas ma véritable identité). Je vous invite à m'y rejoindre et à inviter vos amis, afin de donner un maximum de visibilité à mon roman à venir. D'avance merci beaucoup, et rendez-vous ici quand les choses seront revenues à la normale !
Bisous à tou·te·s, et merci pour le bout de chemin que je reprendrai avec vous dès que possible !
