Platipus à toustes, peuple ! Un grand jour aujourd'hui, n'est-ce pas ? C'est la rentrée des [[Rôdeurs]] (ces crochets signifie qu'il existe une page de ce nom sur le wiki, je crois que je l'avais déjà fait il y a un bail. Je vais faire ça de plus en plus souvent, alors n'oubliez pas !), et de la [[Promotion 2017]]. C'est aussi la rentrée dans ma désormais ex-fac si je ne m'abuse (ou c'est demain ? osef). Bon alors j'ai tenté les vendanges, et bien que ça s'est soldé par un fiasco, j'ai quand même dû subir les désagréments internet de la campagne vignifère. Ce chapitre est fini depuis plus d'une semaine... whatever.

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Previously, in Multivers' ELM : des inscriptions à des cours, Mathis a une aura cheloue et une demi-soeur en la personne de Juliette Bonval, officiellement sa cousine (moh le vilain monsieur que son papa, qui accessoirement est en vie et a un nom désormais connu, Armin Heriaas). Et les Mauvais Augures ont presque tous révélé des secrets embarrassants, que vous pourrez retrouver plus tard. Ah, et un cours sur la Perception Éthérique. Il y en aura d'autres.

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Nombreuses reviews cette fois-ci, avec de nouveaux noms !

Hello Sengetsu ! Je te pensais disparue, et te revoilue avec quatre review (lire "reviu"). Oui j'ai republié assez rapidement. En fait j'ai préféré prévenir que je ne pourrais plus respecter mon rythme parce que l'écriture de mon roman est prioritaire, mais je continue à écrire ELM quand même. Et vu qu'en ce moment (depuis plus d'un mois, bravo !) je n'avance plus sur celui-ci, bonus pour les lecteurs d'ELM !

Salut Allan ! Ouiuiui c'est absulument très dangereux, une Juliette extralucide. C'est ce qui rend les choses marrantes.
Non, tu ne peux pas l'appeler le Poulpe. C'est hors de question. Arrête d'y penser !
Noooon, tu crois ?!
Et bla bla bla, occupe-toi du tien. Ou de ta fic, tiens. Comment avance les Fleurs de Cerisier, hein ? HEIN ? Deux. J'ai gagné, on recommence ?

Tu vas être content, alors, mon ami fou, parce qu'il va y en avoir d'autres !

Salut Rominet ! C'est toi qui a un timing parfait, ça fait plusieurs fois que tu lis et reviewe pendant que je suis en train de préparer le chapitre suivant.
Ben en fait c'est précisément ça, je pensais que c'était assez explicite. Son aura affecte celle des autres en la touchant avec ses excroissances. Si on était dans l'univers de Riordan, on pourrait dire que Mathis est un enjôleur naturel, comme les enfants d'Aphrodite.

Et maintenant... Sainte Elia *trois emojis coeur*, pour un quadruplé. Oui tu as tout compris (encore, comme d'hab), ils ne sont pas là par hasard, il savait qu'il en aurait besoin ! Et désolé mais j'aime mes cliffhanger sadiques, encore plus s'ils n'aboutissent pas !
Oui beaucoup de 4ème Année. À ton avis, pourquoi Mathis a donné une fourchette d'âge autour de la 4ème Année au prévôt hein ?
Non désolé, aucun rapport, et si j'avais raconté tous les embarquements ça aurait été lourd je pense. Déjà que j'ai deux chapitres de présentations...
Isa et Pia. PIA. Nyurapayia, si tu préfères (ha ha ha). Oui, tu es désespérante. Mais j't'aime quand même.
Oui bon ok il y a peut-être beaucoup d'archétypes clichés dans le lot. Mais c'est une bonne base ! 30 clowns prêts à faire le show !
En effet, le choixpeau a été fabriqué à partir du chapeau de Gryffondor, et de quatre cerveaux humains, c'est canon. Et franchement douteux.
Je suis cruel.
Ton "petit cerveau" ? Tu veux dire la machine de mort qui a déjà craqué la plupart de mes secrets, y compris des fils rouges à peine débutés ? N'attends aucune compassion de ma part, monstre. Tu es une génie, avec certes la capacité d'attention d'une balle en caoutchouc et un problème étrange avec les noms propres.
Ah si si c'est très dangereux l'éther, ça file des cancers de la double-vue, et tout. C'est pas pour rien que ce n'est pas enseigné dans la plupart des pays, à l'instar de la magie noire (qui ne l'est que théoriquement à Durmstrang et un peu de pratique à Readviper).
Ouh là, beaucoup de questions pour beaucoup de spoils ! Je vais faire comme si de rien n'était hein ! Mais je peux répondre à certaines :
Mathis n'en parle pas à Lorna, parce qu'il a déjà dit qu'il préférait la préserver de tout ce qui concerne ses machinations, et qu'il n'a pas la moindre confiance en l'homme que pourrait être son père. En plus, Lorna connaît son père qui ne l'a jamais désirée, en tant qu'enfant illégitime, donc pas la meilleure personne pour comprendre pourquoi il le cherche.
La fille de Salem ? Elle apparaît en personne dans le dernier WDS, et il me semble que dans ce chapitre ci-dessous elle est encore mentionnée.
En fait, Mathis considère au contraire qu'il est le seul à avoir compris ce qu'il faut faire. Sa preuve, c'est que le Gendarmagium s'acharne à vouloir arrêter les Ducs alors qu'il faut les tuer pour que les choses s'arrêtent un jour (oui, ce gosse est un meurtrier en puissance, mais c'est pas un scoop).
AH BORDEL ça aussi tu l'as compris HEIN. Oui parce que le seul exemple canon sur les dégâts que provoque la magie hors magie noire, c'est feue la mère de Luna, et c'est à peine mentionné. La magie, c'est dangereux !
(C'était long, tout ça)

Whowhowho Ardelone ! J'allais te souhaiter la bienvenue, mais j'ai un doute. On s'est pas déjà croisé il y a un bail, genre tome 1 ou 2 ? Ton pseudo me semble familier.
HÉ BEN NON ! Non, mais ça serait trop facile ça ! Je suis plus subtil que ça !
Mathis ne l'a pas pris parce que c'est en même temps que l'autre cours, mais tu te doutes bien le connaissant qu'il va profiter des notes de cours et séance d'entraînements des filles. Je suis bien placé pour savoir que la présence d'un prof ne fait pas grand-chose...

Et pour finir, un petit nouveau. Bienvenue, EldaThren ! Alors, combien de temps pour lire le Multivers ?
En théorie, je pense que non, ça doit être réservé aux enfants de deux parents sorciers, parce que le but est de leur donner une place dans le monde de leur famille qui est entièrement sorcière, pas d'enseigner la magie à des non-sorciers. Et puis il y a aussi la question des gènes : les enfants sang-mêlés sans pouvoirs sont considérés comme des moldus car n'ayant pas hérité du gène magique. C'est le cas pour une bonne partie, d'ailleurs. Et il n'y a aucun moyen de le savoir, parce que les chances qu'ils aient un enfant sorcier avec un moldu ou un autre sorcier sont les mêmes que pour les moldus (statistiquement. Je suis mathématicien (même si je déteste les stats), pas généticien).
Alors en revanche, pas de Thomas prévu pour l'instant. Il est en Terminale, il a le baccalauréat à préparer, puis à passer, avant de s'inquiéter de jouer avec la magie.

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et voilà, maintenant on attaque ! Dans ce chapitre, des créatures, de l'ombre, et un mélange des deux.

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5) Des créatures dans l'ombre

Le lendemain matin, l'étage blanc était plus rempli que d'habitude. Non seulement le Club Duel avait eu un regain de succès, notamment auprès des Rosa, mais Carter avait demandé pour cette première séance de présentation que les deux groupes Senior et Junior soient mélangés, en regroupant les sélections sportives sur l'après-midi (qui incluaient le cours d'Art du Combat cette année). Pourquoi ? Pourquoi pas !

Sonorus ! Bonjour à tous ! Comme nous sommes très nombreux ce matin, je vais pour la première phase demander aux 2ème Année de se répartir dans les salles d'entraînement… Hé, restez ici, bande de veracrasses, j'ai pas fini de parler ! Oh, je vous jure, les jeunes d'aujourd'hui… Bon alors voilà comment nous allons nous organiser : les 2ème Année et les Rosa qui n'ont jamais pratiqué le duel iront dans les salles d'entraînement quand je leur dirai de le faire, 3-4-5 sur les cibles fixes, et 6-7-8 sur les mannequins. Où sont mes championnes ? Ha, vous voilà ! Lorna, répartit les tiens par groupes de niveau. Calypso, occupe-toi de graver les instructions sur la tablette. Uniquement en défense, à toi de juger pour le niveau. Les autres, on bouge !

Les groupes se répartirent comme Carter l'avait demandé. Jade Fournier donna un coup de poing dans l'épaule de Mathis.

– Concours de vitesse ? proposa-t-elle.

– M'en veut pas trop si je te met une raclée ! sourit Mathis.

Et avant même que le reste du groupe soit en place, les deux 4ème A se déchaînèrent. Le but de leur concours, qu'ils répétaient régulièrement dans le cadre du Club Duel, était d'être le premier à percer un trou dans le centre de sa cible en la saturant uniquement de Repoustouts.

Flipendo !

Flipendo !

Flipendo ! Flipendo !

Flipendo ! Flipendo ! Flipendo !

Flipendo !

Flipendo !

Flipendo ! Flipendo !

La première cible à céder fut celle de Mathis, mais cela se joua à une demi-seconde près. Leurs deux cibles arboraient maintenant un trou fumant aux bords luisant de résidus magiques turquoise. Ils attirèrent plusieurs regards impressionnés. Lorna haussa les yeux au ciel.

– Bravo champion, maintenant vous n'avez plus de cible pour vous entraîner. Calypso ! Tu pourrais nous arranger ça, s'il te plaît ?

– Pas de souci, acquiesça son aîné, laissant un peu de répit à son mannequin d'entraînement pour aller graver ses instructions en runes sur la tablette de cire qui commandait aux enchantements de l'arène de duel, renouvelant les deux cibles.

– Merci ! Bon, les deux clowns, vous vous tenez à carreau maintenant ! Les 3ème et 4ème Année, vous allez bosser les charmes du bouclier à distance par binôme. L'un de vous attaque la cible, l'autre la protège à distance. Mathis, tu fais équipe avec Raven de ce côté de la salle, et toi Jade tu vas là-bas avec Machin… toi, là !

– Je me nomme Nelpha Zellars ! se présenta le canadien, outré.

– Ouais, ouais, tu m'en diras tant, Nellie ! Allez dégage. Toi, là, Mister C a dit "tous les 2ème Année avec moi", ça te concerne, l'artiste ! Toi, euh…

– Psamáthe, rappela la grecque.

– Ha oui, pardon. Viens par-là. Les autres 5ème Année, on fait un "choc thermique", faites tourner les équipes. Je vais t'expliquer le principe, Spam-à-thé…

Psamáthe, corrigea la grecque.

– Grand bien t'en fasse, grande asperge ! Alors voilà comment ça se passe…

Lorna était une cheffe d'équipe née. Tout le monde lui obéissait au doigt et à l'œil, et quand Carter revint après avoir appris aux petits nouveaux à se servir des salles blanches, les deux groupes travaillaient dans un calme confondant, compte tenu de leurs activités destructrices. Mathis était en train de s'acharner sur le bouclier que Raven maintenait sur leur cible quand le prof s'approcha de lui.

– Mathis, un mot ?

L'adolescent ne se retourna même pas.

– On aura tout loisir de discuter demain matin, Mister C.

Le jeune prof sourit.

– C'est tout ce que je voulais savoir. Essaie un sort de feu, Raven a une très forte affinité avec l'eau, ça lui porte préjudice sur la magie de zone.

– Ah, merci. Pyro Sagitta !

Un trait de feu surgit avec une grande rapidité de la baguette rosée de Mathis, et transperça le bouclier magique. Le trou dans celui-ci se referma rapidement, mais pas celui, fumant, dans la cible.

– À ton tour, Oiseau Nocturne !

C'était une plaisanterie entre eux. Outre le fait que "Raven" signifie corbeau en anglais, celle-ci était la meilleure amie de la demi-vampiresse Angela Magnus, une créature nocturne qui s'affublait du surnom d'Oiseau Libre, alors Raven était devenue Oiseau Nocturne. Après tout, lui-même n'était-il pas l'Augure, celui qui lit les présages de l'avenir grâce à ses oiseaux ? se disait Mathis.

Ce premier jour de club en commun fut plutôt divertissant, mais ils ne purent rien faire de concret. L'après-midi eurent lieu les sélections de Cognepoing. L'équipe Junior des Bélials était au complet, mais Mathis et Mydian s'y rendirent ensemble pour observer la nouvelle composition de leurs adversaires, et également voir les sélections des équipes Senior.

S'ils n'avaient aucun changement dans leur équipe, les deux Bélials Juniors eurent tout loisir de constater l'hécatombe habituelle dans les autres équipes.

Chez les Cobras Ardents, l'ex-capitaine Audrey Luceneige reprenait son poste de défenseuse droite dans l'équipe Senior, libéré par Iris Beaupin qui en tant qu'aînée héritait du poste de capitaine de Simon Lespinas, et Émilie Montel passait en équipe Senior au même poste d'attaquante droite grâce au départ de Mendosa Sagrada. C'est Victor Hein, le cracmol de la classe de Mydian, qui héritait du poste de capitaine Junior, ce qui laissait les postes d'attaquant droit et défenseur gauche libres. L'équipe devint entièrement masculine car rejointe par un 3ème U nommé David Beauregard à l'attaque, et Mehdi Benabadji, un 2ème A particulièrement grand pour son âge, en défense.

Chez les Bélials Senior, c'est l'ex-défenseur gauche Bastien Jaquet qui devint capitaine à la place d'Élisabelle d'Armonval, et son poste était repris par Maxime Clerc qui avait pris une année sabbatique après la mort de sa mère, mais aimait trop le Cognepoing pour en rester si loin un an de plus. Le départ de Blandine Augé posa un plus grand problème, parce qu'il n'y avait aucun joueur en réserve. C'est finalement Sven Hårka qui obtint le poste d'attaquant droit des rouge et jaune.

Chez les Ratons-Chasseurs, Lily Lespinas occupait à nouveau un poste de défenseuse gauche, cette fois-ci chez les Seniors où une place s'était libérée, Cindy Charpentier étant devenue capitaine à la place de Sarah Frey. Lizbeth Schmitt était également partie, et son poste d'attaquante droite fut donné à Lorna Malétrix, qui après avoir été défenseuse puis capitaine, pouvait bien occuper le troisième type de poste. Chez les Juniors, la jeune Isaure Duchemin était devenue, comme promis par Lorna, la nouvelle capitaine, et son ancien poste d'attaquante gauche fut légué à Arthur Renaud, un belge cracmol de 3ème L, rejoint par sa camarade Loriane Bernier au poste de défenseuse gauche.

Chez les Albatr'Os, enfin, c'était l'hécatombe totale chez les Seniors : quatre départ, et un seul joueur disponible : Yoann Plume, qui laissait sa place de capitaine à Lucile Kréolis, au grand dam de Nilüfer, pour reprendre le poste de Sébastien Rosengart en défense droite. L'autre défenseur, Guiomar De Antunes, était le seul joueur restant et devenait donc de facto le nouveau capitaine. Mais personne pour remplacer les triplés Goizane, et difficile de trouver des joueurs potentiels assez âgés pour entrer en équipe Senior, et assez doués en Cognepoing pour tenir tête aux "carrières". Une seule solution : aller débaucher les légendes du circuit parallèles. Les meilleurs joueurs du Bat'Show. Floréal Goizane n'avait jamais réussi à convaincre Kraecz Luschek de jouer pour eux avant qu'il ne quitte Beuxbâtons, mais cette fois la situation était différente. Finalement, Guiomar sut se montrer plus persuasif, et les postes d'attaquants furent repris par le 5ème U Caius Ballessaim et le 6ème A Armando Cabraq. Restait le poste de défenseur gauche, et celui-ci fut donnée à la duelliste de 6ème L Alexiane Bautista, déjà rivale de Lorna dans le Club Duel, mais également habituée du Bat'Show bien qu'elle n'était pas considérée comme une "légende", n'ayant pas le minimum de dix victoires nécessaires à son actif (mais elle était tout de même à 7, ce qui n'était pas négligeable étant donné que le système du Bat'Show ne permettait de jouer qu'un nombre négligeable de matchs dans l'année). Il ne restait plus qu'à remplacer Lucile Kréolis, mais les sélections chez les Juniors étaient beaucoup plus simple. Les tirs au but permirent à Jacinta Pontes, de 2ème L, de gagner la place d'attaquante droite.

Mais le lendemain…

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Le lendemain… Ça aurait pu être un dimanche comme un autre. Après avoir été piégé par Samaël qui lui avait pris sa baguette, Mathis s'était dit qu'il avait vraiment besoin de reprendre à fond les entraînements d'illusionniste. Mais Carter lui réservait autre chose…

Quand il entra à l'Étage Blanc, Mathis fronça les sourcils. Carter avait emmené son coffre à épouvantard.

– Je ne vois pas bien l'utilité de la manœuvre.

– C'est bien ton père ?

– La forme qu'a pris mon épouvantard ? Oui, mais…

– Mais tu penses que ce n'est plus ton épouvantard maintenant que tu sais qu'il est en vie.

– Comment vous savez ça vous ?!

– Tu as vraiment cru après tout ce que tu as fait que ton courrier n'était pas contrôlé ? Tu me vexes en me sous-estimant à ce point, gamin.

– Soit. Et alors ?

– Alors je ne pense pas que ça puisse changer à ce point. Mais peu importe. Ce n'est pas toi qui va l'affronter.

– Vous ?

– Non. Du moins pas en l'état. Tu vas proposer à cet épouvantard des illusions de personnes que tu connais bien. Dont tu connais l'épouvantard. Je veux savoir s'il est possible de tromper un épouvantard. Si l'illusion trompe la psychomancie.

– Finissons-en…

Mathis se concentra. La première personne à laquelle il pensa dans ce contexte fut Nil, car il se représentait parfaitement son épouvantard. La sphère de lumière surgit de ses mains. Il la modela aussi bien qu'il le pouvait, puis lui injecta tous les souvenirs visuels de Nilüfer Azerbas. L'illusion commença à prendre corps, puis un sosie parfait de son amie apparut dans la silhouette de lumière qui s'atténua peu à peu. Elle ne parlait ni ne bougeait… mais l'illusion était parfaite. Lorsque Mathis cligna des yeux, elle en fit de même.

– Je vois que tu as grandement progressé pendant les vacances, je t'en félicite. Pas de souci avec la Trace ?

– L'Illusion ne l'active pas.

– En effet. La Trace réagit aux baguettes et amulettes, donc ne réagit pas aux usages de magie naturelle. Mais tu n'es pas supposé le savoir.

– Vous n'êtiez pas supposé savoir que mon père est en vie.

– Un point partout. Je vais ouvrir ce coffre, maintenant. Recule de quelques pas pour ne pas l'influencer, s'il te plaît.

Mathis s'exécuta. La fausse Nil ne bougea pas. Carter ouvrit le coffre d'un sort, et un nuage de fumée en surgit. La fumée morpha, d'abord hésitant pour une silhouette humaine, mais se mit à enfler, à se ramasser, à s'hérisser… et face à la fausse Nil se trouva un faux, mais tout aussi réaliste sinon plus, loup-garou immense et écumant aux yeux injectés de sang. Mathis ne put retenir un frisson, qui attira l'intention de l'épouvantard. Mais l'illusion était plus proche.

– Comment est-ce possible ? s'étonna Mathis. L'épouvantard détermine sa forme en lisant dans les pensées de sa cible. Or, c'est une illusion, elle n'en a aucune !

– Vraiment ? Aucune ? Comment l'as-tu formée, alors ?

– Oh ! Vous voulez dire que… que les pensées que j'injecte dans mon illusion pour lui donner forme sont perçues comme une forme de pensée complète par l'épouvantard ?

– Par la psychomancie, corrigea Carter. Tu ne l'as pas senti, mais j'ai fait usage de légilimancie sur ton illusion, et j'ai pu y percevoir des souvenirs très clairs. Des souvenirs de Nilüfer Azerbas qui ont comme point commun de tous t'y voir apparaître, puisqu'il s'agit de vos souvenirs communs. Je ne sais pas si tu peux tromper Samaël, car son pouvoir est différent et inconnu, mais tu peux faire illusion auprès d'un legilimens aisément si tu maîtrises bien ton sujet. De toute manière la question ne se pose pas. Je ne souhaite pas que Mauvais Augure affronte Samaël, il est bien trop dangereux. Occupez-vous de Zomiel. Peut-être même serez-vous à la hauteur pour les autres ducs. Mais l'Archiduc Samaël est hors de votre portée. Hors de la mienne également, je le concède. Mais je ne suis pas seul.

– Et pour l'instant, que faisons-nous ?

– Tu vas essayer de modifier ton illusion, et nous verrons si l'épouvantard suit.

C'est ce qu'ils firent. Le reste de la matinée, Mathis s'acharna à faire apparaître de nouvelles illusions, et l'épouvantard à en révéler la peur. Ça ne fonctionnait bien sûr que pour ceux dont Mathis pensait ou savait connaître la peur. Ça fonctionna même pour Malwen Carter, l'épouvantard prenant l'aspect sanglant et ricanant de l'ex-prêtresse wiccane Eileen Edwards. Mais quand il tenta, sa plus grande illusion réussie à ce jour, à faire apparaître un sosie de la directrice Maxime, quoiqu'un peu plus petite qu'en réalité (Mathis l'ayant surtout vue assise), l'épouvantard sembla particulièrement perplexe, mais prit ensuite l'apparence d'Armin Heriaas.

– Ça répond au moins à une des mes questions.

– C'est toujours ton épouvantard, convint Carter. Tu dois l'affronter pour que quoi que ce soit évolue, vu que la forme ne relève pas de la peur mais de ton appréhension.

– M'aiderez-vous ?

– C'est déjà fait. Je ne te mentirai pas, les choses se compliquent un peu maintenant que Skye est ici, mais nous avons encore des contacts en Allemagne. Le Professeur Conis a retrouvé son nom dans les registres de l'Académie. Un très bon élève. Étude des Esprits et Magie Combattive. Il a suivi le cursus allemand des aurors.

– Aurors ? J'ai déjà entendu ce nom…

– Les chasseurs de mages noirs et de créatures obscures. Le premier rôle est attribué en France aux Gendarmages, et le second aux chasseurs. Mais tous les pays disposant d'un Ministère de la Magie tel qu'établi par la signature de l'article 73 du Code International du Secret Magique disposent d'un corps d'Aurors.

– Ce qui n'est pas notre cas, je sais. Alors mon père serait un auror allemand ?

– Non. Il n'a jamais rejoint de centre de formation des aurors. Sa trace administrative s'arrête là. Ensuite il apparaît dans les registres de naissance français comme étant le père déclaré de ton frère et toi. Votre petite sœur a été reconnue par le père de son frère moldu Bastien, Jean-Luc Bonval. Mais encore une fois, aucune autre trace. C'est comme si cet homme n'avait jamais travaillé de sa vie, n'était jamais tombé malade, n'avait jamais reçu la moindre amende ni payé le moindre impôt. Il est certes en vie, mais c'est un véritable fantôme.

– Comment quelqu'un peut échapper aux gouvernements magiques. Est-ce un espion ?

– Qui sait. M'est d'avis que le retrouver sera fort difficile. Mais je connais quelqu'un. Une personne également absente de tout registre. Un autre fantôme. Ce fantôme-ci pourrait être en mesure de retrouver un de ses semblables.

– Ce fantôme a un nom ?

– Plusieurs. Aucun que je ne saurais te communiquer.

– Merci pour la confiance…

– Ce n'est pas un manque de confiance, mais une mesure de sécurité pour toi comme pour lui.

– Si vous le dites, Mister C. Et maintenant ?

– La semaine prochaine nous continueront avec l'épouvantard, et quand tu maîtriseras suffisamment les changements de formes complexes, on passera aux illusions animées. Et en attendant si j'ai quoi que ce soit de nouveau pour ton père je te tiens au courant.

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Mathis dut encore trop longtemps à son goût ronger son frein.

La semaine suivante commençait le mardi avec l'Option Majeure. Sérène Castle étant garnisonnée à la Faille, le cours de Zoomagicologie était assuré par le capitaine du Morskoyvolk, le professeur de Zoomagicologie de Durmstrang Ionafan Matveev.

– Votre directrice m'a confié une mission que j'honorerai avec une satisfaction certaine. Plus qu'un cours théorique, elle souhaite que ce cours devienne une véritable formation pratique au combat contre les créatures magiques dangereuses. Chapitre 1 : les démons. Le terme de démon regroupe toutes les manifestations magiques physiques, n'étant ni des esprit ni des non-êtres mais des parodies d'êtres vivants faits de chair. Ils ont un corps physique, donc sont combattables, avec les armes adéquates. En Russie, vous pourrez rencontrer de nombreux povrebines, mais ici, il fait trop chaud pour eux. La région est trop montagneuse pour les licheurs, et votre lac ne contient pas le moindre strangulot, kelpy, ou kappa. Où trouve-t-on des kappas ? Toi !

– Au Japon, Monsieur, répondit Raven.

– Correct. En France, on trouve en réalité peu de créatures de la nuit, tout au plus quelques vampires dans le Massif Central.

Angela montra les crocs. Le russe ne sembla pas s'en émouvoir.

– Mais les vampires ne sont pas des démons, malgré le comportement de certains. D'aucuns diraient de la plupart. Peu importe. Non, en France il est un type de démon qu'on trouve assez facilement dans les régions boisées. Il y en a même dans votre bosquet. Allons-y !

Et tout le groupe se dirigea vers la forêt du domaine. Ils y pénétrèrent, et suivirent le professeur qui semblait parfaitement savoir où il se rendait, malgré qu'il y ait jamais mis les pieds. L'observant, Mathis comprit : il se dirigeait grâce aux essences. La forêt était millénaire et naturelle, l'agencement des différentes espèces d'arbres et de plantes obéissait à une règle mathématique.

Il fit plusieurs détours. Il les fit même passer en lisière du village faune, mais le regard noir que le russe jeta au patrouilleur rouquin Gustelor suffit à lui couper tout envie de signaler leur présence au reste du village. Ils s'enfoncèrent encore un bon moment, et Mathis devina, à l'ombre de la crête, qu'ils étaient allé bien plus loin qu'auparavant. Il y avait une sorte de totem accroché à un arbre, formé d'un crâne de chèvre et de divers os dont des phalanges à échelle humaine disposées de manière à former des ailes sophistiquées.

– Nous y voilà. À partir de ce point, le soleil ne perce plus la forêt, plongée dans une nuit éternelle. Cette partie de la forêt est strictement interdite aux élèves, vous comprendrez pourquoi. Suivez-moi.

– Allons-y si c'est interdit ! grinça Nilüfer.

– Je couvre vos arrières, sourit Angela.

– Tu me la refais sans le sourire carnassier ?

Angela n'en sourit que d'avantage.

Il s'avancèrent dans les ténèbres pendant plusieurs interminables minutes, à peine éclairés par leurs baguettes. Angela n'avait pas allumé la sienne, à l'instar du professeur, et ses yeux brillaient d'une lueur malsaine. Soudain, lesdits yeux se tournèrent vers un arbre, mais le professeur fut plus rapide :

Stupéfix !

Une petite masse tomba de l'arbre, et s'écrasa au sol dans un grognement.

Lumos Sagitta.

Sa baguette projeta une boule de lumière qui flotta doucement au-dessus de l'endroit où la créature était tombée. Il s'avança, et fit descendre la lumière. C'était une sorte d'affreux petit troll barbu au corps sphérique, aux longues jambes pourvues de deux orteils griffus, et aux longs bras terminés par trois doigts. Ses yeux étaient petits, ronds, et blancs, et ses grandes oreilles s'agitaient de colère malgré l'effet de la stupéfixion.

– Ceci est un alizor de Ouest-Côte. Un petit démon nocturne totalement aveugle, mais avec une ouïe phénoménale et la capacité d'émettre des infrasons. Ils apparaissent en quantité dans les zones trop longtemps plongées dans le noir, et dès qu'une des sentinelles signale la présence d'intrus, ils se mettent à agiter les branches, gratter derrière les murs, ronger les fils électriques… Ils sont responsables des désagréments qu'on attribue à tort à des "esprits frappeurs". Ils sont inoffensifs en soi, car il ne se nourrissent que de peur, mais ne sont pas à l'instar des épouvantards des métamorphes. Celui-ci, vous l'aurez compris, est une sentinelle. Dès que je l'aurai libéré, il émettra son cri d'alerte pour prévenir ses petits amis, et la forêt deviendra… hantée. Il fait très sombre, et comme vous le savez, il est impossible de jeter deux sorts en même temps, et le Lumos en est un. Voilà le défi du jour : sortez de cette partie de la forêt, et rejoignez-moi au totem. Ne vous inquiétez pas, la zone a été balisée pour tenir les créatures plus dangereuses éloignées. L'union fait la force, mais seul le premier ou la première à sortir aura l'Or à cet exercice. Les deux suivants l'Argent, et tous les autres le Bronze. Une seule interdiction : pas de sort de feu. Je vous surveille. Deluminem.

Le professeur sembla onduler, puis disparut.

– L'exercice commence à partir de maintenant. Finite !

Aussitôt l'alizor se leva, émit une sorte de chuintement sec, et partit à toutes jambes. Tous se tournèrent vers Angela. La demi-vampiresse sourit.

– Hasta la vista, les loosers !

Et elle s'enfuit en courant. Mathis haussa les yeux, et éteignit sa baguette.

– Chacun pour soi, je présume ?

– On dirait bien, confirma Raven. Mais je ne suis pas sûr qu'elle soit partie dans la bonne direction…

Mathis se concentra sur sa paume gauche, qui se mit à luire comme une torche. L'illusion, c'était quand même bien pratique ! Il prit une direction légèrement différente de celle d'Angela. Marco Stepán lui emboîta le pas.

– Hé, tu te débrouilles ! râla Mathis.

– Tu ne peux pas m'empêcher de te suivre !

– On parie ? Expelliarmus !

La baguette de Marco lui vola des mains, et s'éteignit en vol avant de retomber dans les fourrées.

– Hé ! T'as pas le droit !

– Elle est tombée dans la fougère, là-bas. Dépêche-toi de la récupérer, avant qu'un alizor ne te la vole !

Et Mathis s'enfuit en courant. Il n'était pas fier de son sale coup, mais était persuadé que ses amis feraient bien pire. Nil avait probablement déjà stupéfixié Lucile Kréolis, sa partenaire de Cognepoing qui lui avait raflée le poste de capitaine, prompte à l'abandonner sur place. L'adolescente avait la rancœur tenace, et la vengeance facile.

Il regardait devant lui, mais ne vit pourtant pas la branche qu'il percuta de plein fouet. Sonné, il se redressa doucement sur son séant, et regarda la branche d'un œil noir.

– Toi t'étais pas là avant, j'en suis sûr.

Et comme pour lui donner raison, des racines se mirent à surgir du sol, et à s'entourer autour de ses chevilles.

Génial, des démons géomanciens…

Mathis ne devinait pas : il savait que seuls deux types de magies permettait d'influencer les plantes : la géomancie, et l'héliomancie. La seconde était plus puissante, plus précise, mais ne fonctionnait qu'en pleine lumière du jour. Or, il faisait plus nuit que dans le cul d'un dragon.

Les racines tiraient doucement Mathis vers l'avant, qui sentit les ennuis.

– Merde, c'est quoi le sort, déjà ? Lâchemoi ! Lâchemajambe ! Nom d'un botruc ! Dissendium !

Les racines furent tranchées nette. Mathis se releva, et recula précipitamment de l'arbre. Il leva sa main-torche, qui éclaira un alizor perché sur une des branches, lui jetant un rictus moqueur tandis que des oreilles hypersensibles d'agitaient et se dirigeaient comme des sonars. Mathis pointa sa baguette vers lui :

Assurdiato, tête d'endive. Essaie de te diriger avec ça, maintenant !

L'alizor se mit à remuer la tête dans tous les sens, paniqué, et courut droit sur Mathis. Sauf qu'il semblait ignorer, désormais sourd, qu'il ne se trouvait pas au sol, et après une chute de plusieurs mètres s'écrasa au sol dans un couinement.

– Crétin, commenta Mathis.

Pendant ce temps, dans la direction presque opposée, Émeraude et Karol avançait. La cracmolle, ne pouvant dépendre de la magie, avait toujours sur elle une petite lampe-torche. Cependant, elle était sans défense, et la métamorphomage l'avait invité à l'accompagner.

– De toute manière, Angela arrivera avant nous. Unissons-nous pour l'Argent !

– Bonne idée ! avait souri Karol.

Elles avaient quitté le point de départ depuis déjà cinq bonnes minutes lorsqu'elles parvinrent à une sorte de barrière magique ondulante. Karol ramassa une petite pierre qu'elle jeta dessus. Défléchie à pleine puissance, la pierre manqua de l'éborgner.

– Je suppose que ça signifie que ce n'était pas la bonne direction.

– Longeons la barrière vers la droite, nous finirons bien par trouver l'entrée.

– Ou croiser Mathis ou Angela, s'ils se sont tous les deux trompés.

– Certes.

C'est donc ce qu'elle firent. Guère longtemps cependant : au bout d'une centaine de mètres, elles commencèrent à avoir des difficultés à avancer. L'herbe (comment de l'herbe pouvait pousser dans une pénombre pareille ? Mystère) poussait à vue d'œil, entravant leurs pieds et leurs chevilles. Émi pensa immédiatement au sort de découpe, contrairement à Mathis, mais c'était inutile. Il y avait des centaines de brins d'herbes, et elles étaient de toute façon piégées. Elle risquait de déchiqueter ses chaussures.

Se dégageant une nouvelle fois en levant brutalement les pieds, Karol dirigea sa torche vers le sol. Aussitôt, dans le faisceau de lumière, l'herbe bleuâtre se mit à flétrir.

– De la nocturnelle ! reconnut Karol. Émi, la nocturnelle est luminophobe, comme le filet du diable !

Émi comprit tout de suite le message.

– Ferme les yeux ! Lumos Solem !

Une véritable explosion de lumière surgit de sa baguette. Toute la "clairière" flétrit brutalement d'un seul coup, émettant un grincement qui ressemblait à s'y méprendre à un cri de douleur d'acromentule.

– Cours ! ordonna Émi.

Les deux filles se mirent à courir. Grand bien leur en fit, car l'herbe recommençait à entraver leurs pieds alors qu'il leur restait encore quelques mètres à parcourir. Karol à l'aide de sa torche et Émi à l'aide d'un Lumos parvinrent à retourner dans le bois. Elles ne savaient même plus dans quelle direction il fallait aller, mais tous les autres avaient dû voir l'éclat de lumière indiquant là où il ne fallait surtout pas aller.

– Nous sommes perdues ! se lamenta Émi.

– Ne te fais pas tant de cheveux blancs ! gloussa Karol.

Littéralement. La chevelure pourpre de la métamorphomage virait au blanc.

– Éteint ta baguette, et pose-là dans ta paume.

Nox. Comme ça ?

– Bien à plat, confirma Karol en éclairant la paume de son amie avec sa torche. Et maintenant, tu lui ordonnes : "Pointe au Nord".

Pointe au Nord !

La baguette fit plusieurs tours, comme une aiguille de boussole qui s'affole, puis se stabilisa presque dans la direction qu'elles suivaient déjà.

– L'école est au Nord de cette forêt, expliqua Karol.

– Vous avez appris ça au Club Survie ? devina Émi.

– Mmh. Tante Sérène me manque. Elle est officiellement assignée à la Faille depuis que celle-ci s'est ouverte, comme tous ceux qui avec elle la surveillait déjà avant que… avant la mort de l'Ange Déchu. J'espère qu'elle va bien…

– Avant que Korrigan le dévore vivant, traduisit Émi. Je suis sûre que Miss Castle va très bien. Les créatures de la Faille doivent plus avoir peur d'elle que l'inverse !

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Arcadus Lupin dégaina son kopis d'argent de la main gauche. Son bras d'ombre, le droit, palpita, et une seconde lame se forma dans sa main.

La créature poussa un grincement strident, faisant claquer les chitines de son corps articulé.

D'un revers de la main, Sérène Castle traça une ligne arquée devant elle avec la fumée qui jaillissait de son tatouage runique. Elle attendait, la main encore levée. Lupin leva son kopis, et l'abattit d'un geste sec, donnant le signal. Sérène passa sa main dans la fumée. Là où elle la troublait, les volutes de la fumée se changeaient en petits poignards qui fusaient à pleine allure sur le monstre. La plupart rebondissait sur sa carapace, mais l'un d'eux se planta entre deux plaques abdominales, et le monstre poussa un rugissement, avant de charger droit sur elle.

Sérène ne bougea pas. Lupin et Navajas s'interposèrent, l'un avec ses deux kopis, l'autre avec une hache d'arme qui devait peser le même poids qu'elle. Elle leva sa main à plat devant elle, et fit jaillir à nouveau de la fumée de son tatouage, à la verticale. Lorsque la fumée fut montée assez haut, elle referma les deux mains dessus, et la colonne se changea en une longue épée à deux mains noire comme le charbon. Une claymore d'obsidienne.

Pendant que Lupin harcelait la tête et les pattes antérieures, Cecilio Navajas essayait de trouver une ouverture entre les pattes médianes. Il vit enfin sa chance, et projeta sa hache si brutalement qu'il fendit une chitine. La créature hurla, et pivota si brutalement que sa tête percuta Navajas de plein fouet, envoyant valser le colosse quinze mètres plus loin. D'un claquement de patte, elle retira la hache de sa blessure. Un peu de sang verdâtre en coula. Parfait, se dit Sérène. La chair est à vif.

Et elle saisit sa chance.

Elle courut droit sur la créature. Celle-ci la vit approcher, et projeta son immonde tête mandibulée dans sa direction, mais Lupin, petit vieillard sachant se faire discret, frappa des deux kopis, qui tranchèrent deux pattes. Celle tranchée par l'ombre était cautérisée, mais de l'autre moignon jaillit un jet de sang verdâtre et fumant qui éclaboussa le chasseur. La bête se cambra dans un hurlement strident, tournant son corps en direction de Lupin. Sérène se retrouva pile en face de la fente faite par Navajas, et y planta des deux mains son arme d'obsidienne jusqu'à la garde, avant de se plaquer contre la chitine. Le monstre se mit à battre follement de ses immenses pattes tranchantes, mais ne s'approchait jamais de son propre abdomen où Sérène se tenait. Enfin elle se raidit, et ses pattes se replièrent sur elle-même. Sérène se dégagea juste à temps pour ne pas être broyée contre le ventre de la bête par la rigidité cadavérique extrêmement rapide à survenir chez ces bêtes.

– Chasseurs 7, siligondres 0 ! commenta Sérène.

– Du bon boulot, chasseuse Castle, grogna Lupin, dont le bras d'ombre se dissipait, laissant apparaître le moignon de son épaule droite. Celui-ci est presque intact, les deux illuminés vont être contents.

– Ils préféreraient en avoir un spécimen vivant à étudier, le modéra Sérène.

– Je te jure que si un seul me sort ça à nouveau, je les jette tous les deux dans la Faille pour qu'ils aillent en étudier un ! grogna de plus belle son chef.

Mandatés par le Gardien du Secret lui-même, deux zoomagicologistes de renommée mondiale étaient venus étudier les créatures surgissant de la Faille des Pyrénées. Le problème, c'est que ces créatures essayaient de les tuer, et que les chasseurs les tuaient avant, ce qui n'était pas au goût des experts qui auraient préféré travailler avec des créatures vivantes.

Et de ces créatures, nulles n'étaient plus surprenantes que les siligondres. Baptisées ainsi selon un nom trouvé dans un texte ancien à la datation proche de la fermeture estimée de la Faille, ces insectoïdes étaient d'immenses blattes au corps articulé de huit à dix mètres de long, à la carapace bleutée presque blindée, avec une immonde tête munie d'une paire de mandibules capables de broyer de la pierre, et de chaque côté du corps une dizaine de pattes à la face antérieure tranchante comme des rasoirs qu'elle pouvaient mouvoir indépendamment les unes des autres. Elle étaient très rapides, souples, puissantes, et même plutôt intelligentes. Et non contentes de cela, les deux individus les plus grands que les chasseurs avaient eu à affronter, que les zoomagicologistes avaient identifiés comme étant des femelles, étaient munies au bout de leur queue de deux dards contenant un venin inconnu mais dévastateur. Un échantillon avait été envoyé au collegium de toximancie de l'Université Druidique, mais ils n'arrivaient à rien, sinon à avoir découvert que le venin dissolvait même le venin de manticore. Seul l'argent semblait y résister.

Et cerise sur le gâteau : elles étaient totalement immunisées à la magie.

Aujourd'hui, c'était la septième créature en quatre mois, et si les chasseurs avaient enfin trouvé comment les vaincre, elles avaient déjà tué deux hommes de qualité, dont le vieux Pascal Ronsard, et gravement mutilé une pisteuse, une mère de famille en plus. Et puis ça annonçait toujours une grosse vague de petites saloperies.

– Navajas, Posidonius, dégagez-moi cette saloperie. Allez la poser sur la table de chevet de Scamander, il sera ravi ! Castle, va chercher les Argeciel, on n'a jamais trop de renforts. Rollat ? Où est ce fichu gamin !? ROLLAT !?

– Je suis à la Faille avec l'Allemand, chef !

– Ramène ton p'tit cul de blanc-bec par ici, et cours chercher les balises, il faut boucler la zone ! L'Allemand, tu sens quoi ?

– Ça sent l'égout par ici ! avertit l'agent chargé de la surveillance rapprochée de la Faille.

– Pas de soufre ?

– Non chef ! Égout bien rance !

Arcadus Lupin sourit avec satisfaction des dents qui lui restaient, ce qui le rendait encore plus effrayant. Il toucha le tatouage runique complexe qui recouvrait la majorité de son bras gauche du bout de son nez. Aussitôt, du moignon de son épaule droite se mit à jaillir une nappe d'ombre gélatineuse, comme du pétrole qui absorberait la lumière alentour. La gelée s'étira, formant un bras presque humain, si ce n'était la couleur de ténèbres. Lupin enfila à sa main de chair un gant qui pendait à sa ceinture, dont les doigts étaient terminés par des griffes d'acier. Puis les doigts de ténèbres se mirent à s'allonger, à s'affiner, jusqu'à ce que la main devienne serre de dragon, comme une parodie grotesque de ce à quoi sa main gauche ressemblait avec le gant.

– Allez les jeunes, c'est reparti pour une "régulation stratégique radicale" de la population de hellbounds de cette foutue Faille !

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Cependant à Beauxbâtons, les 4ème Année étudiaient en MST (du moins pour la partie Métamorphose) un tout autre type de créatures.

– Bien qu'elle n'assiste pas à ce cours, car trop âgée,la présence dans notre académie d'une élève et héritière des fondateurs d'Ozarkhawk m'amène à aborder différemment ce cours sur les animagi. Pourquoi ? Vous le saurez très vite. D'abord, qui peut me dire ce qu'est un animagus ? Nous t'écoutons, Ophélia Haley.

– Un animagus, au pluriel animagi, est un sorcier ayant acquis la capacité de se métamorphoser en animal. Il ne choisit pas la forme qu'il va prendre : ce sera toujours celle de son animal-totem, qui correspond généralement à la première forme de son patronus, qui lui peut évoluer au cours du temps. Sous sa forme animale, un animagus conserve la plupart de ses facultés humaines, mais son instinct animal prend le dessus. Il perd également temporairement tous ses pouvoirs magiques, à l'exception de la capacité à reprendre à nouveau forme humaine. Enfin, dans le processus de transformation, ses vêtements et sa baguette sont également transformés, et réapparaissent sous sa forme humaine.

– Pour ce dernier point, ça n'a pas toujours été le cas, précisa Mystique Pluiedeglace. Miss Delacour l'abordera avec vous en cours d'Enchantements jeudi ou vendredi. Félicitations, Ophélia. 20 points pour Poufsouffle. Oui, j'en ai l'autorité. Reprenons un point : les animagi sont des métamorphes qui ne peuvent prendre qu'une seule forme animale, celle de leur animal-totem, une notion que vous aborderez en seconde partie avec Miss Ingram. Une seule et unique forme, qu'on ne peut pas choisir. Cependant, il existe un autre type de métamorphes : les nahuals. Dans le Lieu de Partage d'Ozarkhawk est enseignée une très ancienne forme de magie chamanique qui permet, en enfermant sa conscience dans une gemme tout en effectuant une métamorphose totale, de prendre la forme de n'importe quel animal, même magique dans certains cas. Il existe de nombreux cas dans l'histoire chinoise de nahuals prenant la forme de dragons boutefeux. Je ne connais que vaguement la théorie, mais en se concentrant très fort sur la tâche à effectuer sous leur forme animale pendant qu'ils se transforment, les nahuals parviennent à garder un minimum de contrôle grâce à l'influence de la gemme. Bien sûr, plus la tâche est contraire à la nature de l'animal, plus l'effort de concentration à fournir est grand. De plus, sous cette forme, le nahual n'a aucun moyen de reprendre forme humaine. C'est pourquoi le bijou où est serti la gemme contenant leur conscience comporte toujours un second enchantement, souvent enchâssé dans une seconde gemme de moindre taille, qui déclenche la transformation inverse après un temps déterminé. Mainenant, voyons si vous avez compris, avec un exemple pratique : Vous êtes face à un ami, qui n'a pas d'arme, et une attitude neutre, et par un moyen x vous vous changez en loup. Que se passera-il pour votre ami si vous êtes un animagus loup, un nahual loup, ou un loup-garou ? Pas toujours les mêmes… Raven ?

– Un animagus reconnaîtra son ami, celui-ci ne risque à priori rien, à moins que son ami saigne, et que l'animagus soit énervé contre lui et déjà de nature impulsive sous forme humaine. Le corps d'un nahual deviendra temporairement un véritable loup, et agira en tant que tel. Les loups ayant un très fort instinct de meute, il ne sera pas difficile au nahual de lui insuffler l'instruction de ne pas faire de mal à son ami, mais s'il ne le fait pas, l'ami sera face à une bête sauvage comme une autre. Enfin, un loup-garou transformé est submergé par la rage destructrice provoquée par la maladie et n'a aucun contrôle ni aucune reconnaissance. Son ami est dans une très mauvaise posture, voire déjà condamné.

– Parfait, Raven ! Cela mérite bien un Or pour la compréhension de la leçon. Vous avez tous bien pris des notes ? Bien ! Ouvrez vos livres à la page 53, et lisez l'encart historique.

Après les deux premières heures, Skye Ingram vint les rejoindre, portant un aquarium. Elle le posa à côté du bureau, en bas de l'amphitéâtre, et l'amplifia jusqu'à ce qu'il soit assez gros pour contenir trois-mille litres, et le remplit à un débit impressionnant tandis que Mystique Pluiedeglace expliquait la suite. Ensuite, elle changea sa chaise de bureau en échelle, l'appuya contre l'aquarium géant, et plongeant dedans, se changea en loutre noire aux moustaches bleu roi. Les élèves applaudirent, puis à son tour, Miss Ingram se changea. L'énorme varan de komodo albinos eut un tout autre effet. Plusieurs élèves des premiers rangs se découvrirent un talent soudain pour l'escalade de tables d'amphi. Les élèves ayant participé à la finale des Concours de Connaissances en Allemagne, ayant déjà assisté à la scène, en rirent beaucoup; eux.

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Voilà ! Et pour la première fois depuis des mois, j'ai un peu d'avance. En l'occurence, j'ai 7 pages, soit un demi-chapitre, et je ne suis pas bloqué ! Allez, Platipus back soon !