Platypus, mes zoziaux ! Comme vous le sachions tous attentivement (et plus si affinités), mon rythme de publication diminue à mesure que mon implication dans mon roman augmente. Ce qui est très bon signe. Malgré tout, j'ai réussi à boucler ce chapitre en deux jours (trois, en tout), parce que je l'avais presque entier dans la tête.
Avant de retourner sur la fic, je voudrais faire une annonce. En tant que linguiste amateur éclairé (d'ailleurs pas si amateur, mes études ont en partie porté là-dessus) et éditeur professionnel, j'ai suivi une formation et j'ajoute officiellement à mes statuts celui de créateur de langues construites professionnel. Si vous travaillez sur un projet de roman nécessitant une langue construite complète, comme un roman de high fantasy ou de space opera, je suis en mesure de vous fournir un travail de qualité (j'estime) à tarif très raisonnable comparé au marché actuel (jusqu'à trois fois moins cher, pour les premiers arrivés). Cette différence de prix s'explique uniquement par le fait que j'ai besoin de projets initiaux pour mon CV, pour prétendre à de plus grands objectifs. Ça n'implique en rien que ceux qui arriveront dans les premiers auront un travail de qualité moindre. J'ai beaucoup d'entraînement pratique en sous-marin, et un bagage théorique largement suffisant derrière. Je sais que c'est pas très bien vu, de parler d'argent dans le milieu de la fanfiction, mais considérez ça plus comme une annonce fière de mon évolution professionnelle et non comme de la publicité gratuite. Vous connaissez mon caractère… passionné. Je vous promets de ne pas vous décevoir, si vous faites appel à moi.
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Revenons à nos gryffons ! Un chapitre plus tôt, Erwin se fiançait avec Amara Quidma pour piéger ses parents, son père le piégeait en l'obligeant à dire la vérité quant à son héritage, et Erwin tuait le second frère de Nil, Haydar Azerbas, qui était en fait un Duc Infernal que personne n'attendait du tout.
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Plein de reviews, je suis gâté ! Je devrais tuer des gens plus souvent !
Merci Sushi, IceQueen et Dreamer, camarades de Discord, pour votre soutien ! Et non, Dreamer, aucun risque, ça ne marche pas comme ça. Comme… Duncan (?) l'a expliqué, il faut recevoir la visite d'un supérieur. Et de toute façon, les douze ducs sont déjà choisis depuis un moment, maintenant.
Salut Allan ! Quelle idée en même temps de reviewer sur le mauvais chapitre. T'avais qu'à reviewer sur celui d'avant aussi au lieu de condenser. Nah !
ALORS C'EST TA FAUTE ?! Je ne savais plus d'où j'ai sorti ça, mais tu vas être content, du coup…
Quel chapitre 4 ?
Ah tiens, ça fait longtemps qu'on n'en a pas vu une. Je crois que j'ai un retour Faille prévu chapitre suivant, je vais bien réussir à en caser une ou deux ou quarante-douze.
Comme tu le dis toi-même, c'est une forme encore plus secrète. Les nahuals sont très peu connus en dehors d'Ozarkhawk, c'est justement Nizhoni Bylilly qui en parle aux deux profs. Or, il n'y a personne de Mahoutokoro pour parler des Yokai. D'ailleurs, l'auraient-ils fait ?
C'est des ados, tu t'attends à quoi ? :smirk:
Elle ou Sertorius, mais en effet, c'est dit. Et vu que j'ai dit qu'on a déjà rencontré ledit parent, ça limite les choix !
Richard Nixon, ça vient d'une blague avec ma première bêta, où Sérène a plein de créatures magiques portant des noms de politiciens véreux moldus. Et on trouvait que Nixon ressemblait à un sombral…
Les nobles anglais, et c'est pas cliché si c'est 100% vrai ! Et non, j'ai jamais dit ça ! J'ai dit qu'ils étaient à la pointe de la technologie. De la technologie moldue, j'entends. Comme les nés-moldus l'ont prouvé, magie et électronique ne sont pas incompatible. C'est lieux magiques et électricité. Or, les vampires habitent des anciens châteaux moldus ou construits pour eux par des esclaves moldus, donc ils peuvent les aménager comme ils veulent. Wifi comprise.
Alors, un Oubliette peut être brisé, mais personne n'a cherché à le faire en trois ans et demi, Renouveau en témoigne. Les galères de la chronologie désynchronisée. Pas toujours simple de penser en 4D hein Marty ?
Les Serapel sont les corbeaux de la mort, les porteurs du mauvais présage. Comme le dit Magnus, certains disent qu'ils s'agit de trois sœurs, d'autres qu'il s'agit d'une seule femme capable de se trouver à trois endroits en même temps. Elles ne sont pas vraiment les supérieures des Archiducs. Simplement les messagère du Maîtres des Enfers qui ne se mouille jamais personnellement. C'est… comme le Trio des Ombres dans Pokémon Noir/Blanc : ils ne répondent qu'à Ghetis, et ont une mission totalement différente, mais font partie de l'organigramme de la Team quand même.
Ensuite… trop de questions spoil !
Charlus et Sigfus sont à MDS, donc même si je les développe guère plus, Dreamer en fera bon usage en les récupérant.
Iriane Delacour est une petite-cousine de Fleur et Gabrielle. La grand-mère vélane n'a pas eu qu'une seule fille avec son mari Delacour (alors oui, Delacour est le nom de leur mère, le père de Fleur et Gaby a pris le nom de sa femme parce qu'elle a un statut plus élevé et que la Maison Delacour est matrilinéaire).
Aucun rapport. Volontaire, en tout cas.
Tu auras beaucoup de réponse dans ce chapitre, toi plus que n'importe qui !
Hello Wrapochou, bienvenue ! Mieux vaut Tartare que jamais, comme disaient les Mongols. Je suis touché par tes compliments, et j'espère que l'histoire continuera à te plaire.
Valou… Je ne peux pas t'en vouloir, tu m'as gentiment prévenu. En effet, ce n'était pas agréable. Mais ce que je te reprocherai, ce n'est pas d'avoir donné un avis balancé (mais en ne soulignant que les points négatifs, précisons…), mais en faisant ressortir des points erronés qui s'expliquent en partie parce que tu as justement lu trois tomes et demi en trois jours alors que ça m'a pris des années à les écrire. Vu que tu ne mentionnes guère le fond, je vais de même te répondre sur la forme en démontant ces arguments que je juge fallacieux :
Déjà, de manière générale, tu adoptes un certain ton condescendant qui me hérisse fortement le poil. Ça exclu, ça aurait déjà été beaucoup plus agréable à lire. Tu me sors des banalités positives ou négatives, c'est ton avis et je le respectes. Mais des banalités que tu ressens ensuite le besoin d'expliquer comme si j'étais particulièrement demeuré. Et ça, ça ne passe pas du tout. Mais mettons ça sur le coup de la forme et non du fond. Tu ne me prends pas vraiment pour un con, n'est-ce pas ?
D'ailleurs pour rester sur ce point, je réponds à ton post scriptum : Je n'ai jamais parlé une seule fois de Marseille. Je ne sais même pas d'où tu me sors ça. En revanche, j'ai clairement parlé plusieurs fois du Perthus, et non de Pertuis, et je l'ai même assez précisément localisé. La leçon de géographie était encore plus malvenue qu'elle reposait sur une erreur de lecture de ta part que tu aurais pu facilement éviter.
Attaquons maintenant le style. As-tu déjà lu Terry Pratchett ? Douglas Addams ? Frédéric Dard (San Antonio) ? Le style oral, informel, passe parfaitement à l'écrit dans la narration, c'est un choix entièrement volontaire et assumé. Et je sais pas dans quel monde tu vis, mais je peux t'assurer que depuis que j'ai moi-même eu dix ans (ce qui date pas mal !), c'est à cet âge que les jeunes commencent à être extrêmement vulgaires lorsqu'ils discutent entre eux, pour se donner des airs cools. Comme tu l'as justement remarqué, ça s'amenuise au fur et à mesure. Ce que tu n'as pas fait remarquer, en revanche, c'est que cette vulgarité était justement l'apanage des né-moldus ou apparentés ayant étudié en école primaire moldue. La raison est fort simple : ils ont changé de milieu social et se sont adaptés, se rendant compte que parler mal n'était pas cool aux yeux des jeunes sorciers. Mais c'est sûr, je ne peux pas espérer que tu aies appréhendé quatre ans d'évolution comportementale en trois jours (non, tu n'aurais vraiment pas dû t'en vanter, vu le contexte).
Ensuite, je te concède que je pèche un peu sur les descriptions dynamiques. C'est ce que je retravaille en priorité depuis que mes collègues me l'ont fait remarquer, et je pense tout de même que ça va mieux sur la fin. C'est sûr qu'en prenant tout dans sa globalité, ça ne se voit pas trop. Quand aux duels, le statisme sous forme de dialogue reflète simplement le statisme physique des jeunes duellistes dont le style de combat est assez mou et consiste essentiellement à se balancer des sorts à la tronche. Tu aurais pu remarquer que ce n'est justement pas le cas, lorsque les duels impliquent des personnages plus expérimentés.
Enfin, oui, il y a un peu trop de personnages importants. C'est justement pour ça que je m'en débarrasse aussi vite, en ce moment. C'est une phase de transition un peu grossière, peut-être, où la plupart des personnages principaux changent. Ils sont tous là, c'est une nécessité physique, dû aux limites de l'école. C'est plus simple de tous les réunir puis d'éclaircir le groupe un à un. C'est un choix peut-être risqué, mais côté écriture ça fonctionne plutôt bien. Émi n'est pas simplement exclue de la narration, mais s'éloigne volontairement du groupe parce qu'elle a peur des Ducs et ne comprends pas que certains de ses amis aient tant envie de se mettre en danger. Quand à Lorna, outre que c'est à la base une simple figurante devenue un peu trop envahissante (comme Justine), elle n'y peut rien, le problème (que j'explique lentement, pour ne pas tout balancer d'un coup) venant entièrement de Mathis. Les choses changeront quand elle s'en rendra compte.
Voilà, maintenant si tu me dis que tu aimes l'histoire malgré tout, j'en suis ravi et je souhaite que ça continue à te plaire. J'aurais tout de même apprécié que tu commentes depuis un compte connecté, pour que je n'aie pas à laver tout ce linge sale en public.
Heeey, MissHiwatari ! Cet arc est particulièrement horrible, désolé. Oui, arc, pas chapitre. C'était que le début.
C'est fou, tu as tout deviné juste ! Bien joué.
Salut Andouille ! Ça m'a fait bien rire de relire ça. Je viens justement de dire "L'auteur, c'est le Destin. Il ne devrait jamais avoir à jouer le rôle du Libre-arbitre des personnages en plus", sur la SSD. Donc oui, le Destin (moi) a tout prévu, et c'est moche !
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ET VOILÀ ENFIN FINI ! Pfiuuuh, j'adore quand vous me noyez de messages comme ça !
Dans ce chapitre : des échanges culturels culinaires, un poulpe de l'espace et une odeur de cramé.
ET SURTOUT, dans ce chapitre, les prémisses du crossover Entre les Mondes 5 / Marchands de Secrets 2,5 ! Oui, pour ceux qui ne sont pas encore au courant, la suite de MDS-2 reprendra en un crossover synchronisé avec le tome 5 d'ELM, et c'est pourquoi je vous invite dès à présent à commencer ladite fic si ce n'est pas déjà fait.
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11) La guerre froide
– Rappelez tous nos agents sur le territoire français, ordonna Wyatt Angeville d'une voix atone. Maintenant.
Arthurin Marotti ouvrit la bouche, mais le regard de Wyatt le dissuada de demander quoi que ce soit d'autre. De mémoire de Mains-Grises, l'ordre Yorktown n'avait jamais été redonné depuis… Grindelwald. Alors Arthurin frissonna. Mais fit son travail malgré tout.
"On décroche de l'empire et on rentre à la maison", transmit l'agent américain aux courriers.
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Mathis se réveilla complètement aveugle.
Il porta la main à son visage, et sentit un bandage recouvrant ses yeux. Bon. N'ayant pas la capacité de voir à travers la matière (malheureusement), il n'était pas forcément aveugle.
– Du calme jeune homme ! Reste allongé, tu as subi un lourd traumatisme.
Oui, Mathis s'en souvenait. En fait, il était peut-être bien devenu aveugle, après réflexion.
– Où suis-je ?
– Tu es à la clinique médicomagique de Notre-Dame des Orages. Est-ce que tu… Oh, excusez-moi, Monsieur, les visites ne sont pas autorisées…
– Confundo. Vous allez faire une exception parce que je suis son frère.
– Je vais faire une exception parce que vous êtes son frère.
– Vous allez prendre une pause, et boire un bon café.
– Je vais allez prendre une pause et boire un bon café.
Mathis ricana.
– Depuis quand tu es mon frère ?
– Ça ou autre chose…, fit remarquer Malwen. Ça va, toi ?
– Hum, pour ce que je peux en juger, j'ai tous mes membres. L'inverse aurait été étonnant. Z'avez accès à mon dossier ?
– Hum, confirma Malwen en attrapant le bloc-note au pied du lit. Philibert ?
– Pas pire que Malwen, répliqua l'alité. Au moins je ne le porte pas au quotidien. Est-ce que je suis devenu aveugle ?
– Pas d'après ton dossier. Lésions oculaires probablement due à un sort reçu en plein visage… Pas de trace de magie noire… Évidemment. Nous savons toi comme moi que ce n'est pas dû à un sort.
– Je n'ai pas grillé d'étape, assura Mathis. Les sortilèges de protection du bureau du père d'Erwin couvraient vraisemblablement l'Éther. J'ai pu passer quand même.
– Et l'Astrum, crut bon d'ajouter Carter. Tu as été imprudent, et tu as de la chance de t'en tirer avec si peu.
– Si peu ?
– Simple retour d'énergie éthérique. Félicitations, tu as les iris marqués !
– Mes yeux vont briller dans le noir comme ceux de la petite caribéenne ?
– Probablement pas. Tu auras juste le cercle cyan typique des éthéronautes. Si tu ne voulais pas que ça se sache que tu t'entrainais en dehors des cours de Miss Delgado, c'est raté. Elle ne pourra pas rater ça.
Mathis grimaça. Il avait horreur de se faire repérer.
– Du coup je peux enlever la bande ?
– Les médecins préconisent la prudence.
– Les médecins ne savent pas ce que j'ai fait, et supposent à tort, fit remarquer Mathis.
Et avant que son professeur ne réponde, il arracha la bande de ses yeux. Pour constater qu'il avait un coton imbibé sur chaque œil.
– Ça casse mon effet spectaculaire, grogna l'adolescent, avant de retirer délicatement les patchs.
Il ouvrit délicatement les yeux, les plissant de gêne à cause de la lumière. Mais celle-ci était tamisée, et il s'y habitua vite.
– Alors ?
– Marqués, confirma Carter. Et bien que je ne sois pas un expert, je dirais qu'ils sont encore plus marqués que ceux de Yaira Delgado.
– Elle va me tuer, gémit Mathis. Ou pire, me virer de son cours !
– Je vois que tes priorités n'ont pas changé ! rit Carter. Enfin…
Il se recomposa une expression sérieuse. Extrêmement sérieuse.
– Tu vas me raconter précisément ce qui s'est passé.
Alors Mathis raconta. Puis ce fut au tour de Carter :
– Suite à cette attaque, l'État d'Urgence a été déclaré. Le Gardien du Secret a pris les rênes du pays, et récupéré les balises de la zone bouclée pour fermer le pays entier. On ne quitte plus la France, et on ne vient plus en France sans passer par la seule zone de douane étroitement contrôlée. La loi martiale n'a pas encore été décrétée officiellement, mais il y a déjà des patrouilles partout, les oubliators, les tireurs d'élite et les scabins étant venus grossir les rangs des gendarmages.
– Par Merlin ! Je suis resté dans les choux combien de temps ?!
– À peine 48h.
– Ourf… Et les autres ?
– Les invités de la fête qui ont dû quitter le pays ont été escortés et oubliettés.
– Même le Ministre allemand ?
– Surtout le Ministre allemand. Les Ducs Infernaux n'ont jamais existé. Le Secret y veille.
– Et de ton côté ? Aucune réaction des États-Unis ?
– Le MACUSA est passé maître dans l'art de l'autruchologie, grinça l'américain. Ils ont retiré toutes leurs cartes du jeu, et laisse la France se débrouiller.
– Et le VOODOO ?
– Ils applaudissent l'efficacité du Secret français, et jouent le jeu de la diplomatie, mais serrent les dents et les fesses. Tous les agents ont été rappelés. Yorktown.
– Tu vas partir ? supposa Mathis.
– Même pas en rêve. Quand j'ai vu le sceau sur la missive, je ne l'ai même pas ouverte. Un bon sortilège de confusion sur le hibou, et hop !
Mathis roula des yeux.
– Bah bravo !
– Mon allégeance va à la Légion d'Argent, et nous avons du boulot à terminer ici. Elle sait, maintenant, et Loup Blanc va devoir sortir de sa tanière pour accélérer les choses.
– "Elle sait", répéta Mathis. Thamiel n'arrêtait pas de répéter ça. Qu'est-ce que ça veut dire ? Qui est-Elle ?
Carter jeta un regard circonspect derrière lui. Il avait placé des sécurités sur l'entrée de la chambre, mais lança par excès de prudence une seconde bulle de silence autour d'eux.
– Le Maître, ou plutôt devrait-je dire la Maîtresse des Enfers. Elle attendait son heure, Merlin sait où, ainsi que le voulait la prophétie de l'Opus Tenebræ. Elle avait prévu depuis le début la réaction du gouvernement, et l'opposition de la Légion d'Argent. Loup Blanc m'en a suffisamment dit à ce sujet. Mais elle n'avait pas prévu deux éléments perturbateurs majeurs : Morgana, et Mauvais Augure. Mais maintenant, elle sait que vous existez, et est venue en France pour régler le problème personnellement. Et c'est très mauvais. Comme l'apparition très… trop furtive de Thamiel l'a prouvé, le troisième triangle est entré en action. Trois ducs sont morts, ce qui veut dire qu'au moins cinq sont actifs en même temps. Et nous ne sommes pas prêts.
– Je croyais qu'ils étaient 12 ? calcula Mathis.
– Les trois Harab Serapel sont les gardes du corps personnelles de la Maîtresse. Il y en a toujours au moins une des trois avec Elle, et nous ne les considérons pas actives. Trois sont morts. Zomiel a disparu, mais est en vie. Samaël ne va pas tarder à faire parler de lui, de même que Sathariel le centaure, chargés de semer le chaos. Le rôle exact d'Arakiel n'est pas très clair dans l'Opus, mais selon le conte de l'Opus il est là pour purifier la terre que Samaël aura brûlée, donc il attend son tour. Enfin Chaigidel est encore enfermé à la Giraglia, donc est à la fois le moins dangereux et le plus à même de survivre contre son gré. Quant au dernier…
– Quoi ?
– Rien. Rien du tout. Un nom est mentionné dans l'index de section du dernier triangle : "Gamaliel, le Spectre de la Nuit" archiduc donnant ses ordres à Thamiel et Chaigidel. Et rien de plus.
– Vous n'avez pas réussi à ouvrir la section correspondante ? supposa Mathis.
– Non, tu ne comprends pas : il n'y a aucune page sur lui. Le livre n'en parle pas du tout.
– Sa mère la fougère…
– Pardon ?
– Rien, rien. Je peux rentrer à Beauxbâtons dans combien de temps ?
– Tu vas être transféré à l'infirmerie aujourd'hui. Ensuite, tu y resteras au moins 48h en observation, et dans tous les cas tu devrais pouvoir reprendre les cours à la rentrée.
– Qui est lundi prochain, et on est jeudi, souligna Mathis. Donc au mieux, j'aurai mon dimanche de libre ?
– Hé, c'est pas moi qui décide !
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+Hibou de Wyatt Angeville, Directeur du VOODOO à Jules Mercier, Directeur de la Rosace+
Cher Jules,
Suite à votre état d'urgence déclaré sans aucun avertissement, mes agents enquêtant dans votre pays doivent revenir sous ordres de la maison-mère. Je ne vous apprends pas le protocole.
Cependant, un de mes éléments ne répond pas à nos ordres, j'ai donc peur qu'il soit compromis. 182 est un agent dormant, mais sa position-clef est un atout majeur pour les intérêts du VOODOO. Pouvez-vous vérifier son état de santé et son statut ? Merci.
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Mathis passa donc les deux jours suivant à l'infirmerie. Il reçut quelques visites de ses amis, mais se rendait bien compte qu'il y avait un problème, et que personne ne voulait rien lui dire.
– Je sais pas comment tu fais !
– Hein ?
Mathis émergea de son demi-sommeil, et se tourna vers sa voisine d'infirmerie.
– Le malaise qui déborde de partout quand tes amis viennent te voir, précisa Justine. Sérieusement, il est tellement palpable que j'ai envie de faire de la batterie dessus !
– J'avais pas remarqué ! ironisa Mathis.
– À ta place, j'aurais explosé depuis longtemps.
– Typique d'Urtica, ricana le garçon.
– Ouais ouais, si tu veux. Change pas de sujet. C'est quoi le malaise ?
– Tu veux pas savoir.
Justine lui jeta un regard incrédule.
– Tu crois vraiment que j'ai mieux à faire ?
– Hum, un point pour toi.
– Alors ?
– Alors… alors…
Mathis ferma les yeux et se prit la tête entre les mains. C'était trop pour lui. Trop de secrets enfouis. Trop de choses à gérer pour un si jeune adolescent. Ses murailles se brisèrent d'elles-même, et ses secrets s'enfuirent par la brèche.
– Alors, un de mes amis a accidentellement tué un ravisseur qui nous tenait en otage. Sauf que c'était le frère de mon autre amie qui était parmi les otages, et qu'elle a donc assisté à tout. Et que c'est peut-être finalement pas si accidentel que ça.
– Ah, merde… Wow. C'est…
– La routine, pour nous, grinça Mathis d'un ton cynique. Nous n'évitons pas les problèmes, nous plongeons dedans et nous y nageons allègrement. Et plus les conséquences sont désastreuses, plus on se prépare à creuser loin la prochaine fois. Mais là, je crois que le retour de flammes va être sacrément compliqué à gérer. Et ça pue.
– Comme les pneus, fit remarquer Justine.
– Hein ?
– Les pneus, quand ça brûle, ça pue.
– Ah. Passionnant.
– Ouais.
– …
– …
– Au fait, t'as quoi ? J'veux dire, pourquoi t'es là ?
– J'ai l'espérance de vie d'un serpencendre sur la banquise, résuma Justine. Toi ?
– Abus d'éther.
– Gueule de bois ?
– Irradiation oculaire.
– Aaaah, cet éther !
– Tu croyais que… Ah ! comprit Mathis. T'es sang-mêlée ?
– Et toi perspicace, Mathis !
– Mais… t'es pas la fille de l'infirmière ?
– Qui ? Oh, Jeanine ? Non ! Elle c'est Chevallier, moi c'est Levallier. Simple coïncidence.
– Humph, grogna Mathis. Je les connaîs, celle-là, et je m'en méfie.
– Les coïncidences ?
– Ouaif. Jamais bonnes.
Mathis finit par sortir de l'infirmerie en fin d'après-midi. Après avoir promis à Justine de lui rendre régulièrement visite.
Il comprit le problème lorsqu'il retrouva Émi avec Nil, seules. Quand Mathis demanda où était le reste de la bande, Nil se contenta d'un "on n'a pas besoin d'eux !". Émi lui donna un compte-rendu des choses plus précis :
• Erwin, Karol et Camille traînaient avec Amara et son cousin Octavius Ballessaim. "Entre gosses de riches", comme les appela Nil. Émi fit remarquer que Greta Salers était avec eux. Nil répliqua que "cet abruti de Nelpha Zellars" aussi, ce qui suffisait amplement à rendre le groupe totalement infréquentable, malgré sa relative sympathie pour l'allemande.
• Même si, théoriquement, Émi était toujours en couple avec Sertorius, il y avait un peu d'eau dans le gaz. Celui-ci, s'entendant difficilement avec Erwin, préférait traîner avec les Urticas. Enfin, surtout avec deux membres honoraires qui faisaient crever Émi de jalousie : Isadora Castilho et Nyurapayia Nakamarra, le duo infernal.
• Angela et Raven, en vraies mères-poules, s'étaient entichées d'Eun-Jae, l'artiste des runes coréennes, et par son biais passaient beaucoup de temps avec les britanniques, Sandra et Ophélia. Le problème, c'est que leur groupe incluait également Danielle Bourgeois, et Mathis remercia Émi d'avoir anticipé le conflit pour lui en refusant de les rejoindre.
• Visperi, Mydian et Lorna s'étaient enfermées dans le QG de Lucian (mettant celui-ci dehors à son grand dam) avaient demandé à être dérangées par personne, sauf Mathis. Sauf que dans l'absolu, Ni Émi ni Nilüfer n'étaient Mathis.
• Les plus jeunes étaient partis Merlin sait où avec Juliette et Duneska Henry, la fille-cheveux aux yeux bloqués dans l'éther. Émi craignait le pire, mais personne ne savait où elles et Alois étaient. Dommage, Mathis aurait aimé discuter de son propre "accident" avec la jeune caribéenne.
Eh voilà, ça commençait. Le papillon, Mathis, avait battu ses ailes, et maintenant l'ouragan se levait. D'abord Danielle, puis Erwin ou Nilüfer (selon son prochain choix)… Mathis détestait se faire des ennemis. Surtout quand c'était ses amis. Alors il fit le choix le plus raisonnable qui lui vint à l'esprit :
– Je vais voir ma copine. Vous devriez aller rejoindre Angie et compagnie. Danielle Bourgeois est assez intelligente pour ne pas reporter sur vous notre différend. La preuve, elle ne le fait pas avec Angela qui pourtant était présente.
– En quoi consiste ce différend, d'ailleurs ? s'enquit Émi.
– Tu ne risques pas d'aborder le sujet si tu l'ignores, répliqua sagement Mathis. J'espère qu'elle en fera autant de son côté. Allez, à peluche !
Mathis les laissa dans le hall, et revint sur ses pas en direction de l'infirmerie. Il frappa à la porte en face de celle-ci. Derrière, une voix féminine l'invita à rentrer. Plus ou moins.
– *Si t'es pas Mathis Devaux ou un prof, dégage !*
– Une chance que je sois prof, alors ! gloussa Mathis en ouvrant la porte.
Visperi, Mydian et Lorna étaient bien là, ainsi qu'Éliza dans les bras de Triora. Et Alexiane Bautista, la grande rivale de Lorna au Club Duel.
– On t'attendait, petit oiseau ! s'exclama Visperi, tandis que Mathis embrassait Lorna.
– Voilà qui est flatteur. Que puis-je faire pour vous, mesdemoiselles ?
– Éviter la guerre ouverte, répondit Alexiane d'un ton sec.
– Je… hein ?
– Comme tu le sais, chacune d'entre nous a, à son échelle, toujours œuvré pour maintenir une paix sereine entre les différents groupes turbulents de Beauxbâtons, expliqua Mydian. Ceux qu'on peut qualifier de "bordéliques" sont rivaux, mais ne s'affrontent jamais directement. Cet état de fait n'est pas tant dû au prestige de Beauxbâtons qu'à l'intervention de consciences, comme nous. Certaines, comme Alexiane, sont plus efficaces que d'autres. Pour ma défense, canaliser Lucian est un exploit parfois au-delà de ma portée…
– Hum ! se racla la gorge Alexiane.
– Pardon, reprit Mydian. De fait, tu es le seul élément perturbateur qui se canalise tout seul, parce que tu es suffisamment intelligent pour anticiper les conséquences de tes actes. Cependant…
– Cependant, reprit Alexiane, ce n'est pas le cas de tes amis, Erwin Niafasen et Nilüfer Azerbas.
– Erwin n'est pas un élément perturbateur ! corrigea Mathis.
– Non, mais comme tu as su le démontrer, il est très influençable. Le problème, c'est que sa petite fiancé est une peste démoniaque issue d'une famille très raciste. Elle va chercher à pousser à bout Nilüfer, et à provoquer Erwin pour les amener à se battre.
– Et elle, tu ne pourras affirmer le contraire, elle a le sang chaud…, soupira Éliza.
– Vous pensez qu'ils risquent vraiment de se battre ?
– Pire, grimaça Mydian. La Légion espionnant un peu tout le monde, se tenant au-dessus des conflits internes à l'école, et y coupant court par des blagues ciblées, voit des choses avant qu'elles n'éclatent au grand jour. Et le problème, c'est que ce qu'elle voit autour de ça, c'est du racisme, et on ne peut rien y faire. Amara va aiguilloner Erwin, qui va provoquer Nil, qui va l'attaquer. Tu sais ce qui arrive quand un né-moldu attaque un sang-pur, à Mighty Adler ?
Mathis croisa le regard de Visperi. Tout deux eurent le même réflexe de porter le doigt à la gorge et d'y tracer une ligne. Il aurait pu répliquer qu'ici, on n'était pas à Mighty Adler. Mais en fait, il avait compris…
– Si Nilüfer attaque Erwin, la guerre du sang éclatera, et ça en sera fini de la quiétude de Beauxbâtons, confirma gravement Alexiane. Et en cette année où le projet Rosa, une première mondiale, est déjà fortement entaché par la déclaration d'État d'Urgence, si une guerre du sang éclate ici, la réputation de l'Académie sera à jamais ruinée, et l'Académie elle-même pourrait ne pas y survivre. Et je te le dis très franchement, je préfererais encore ligoter tes deux potes au fond de la forêt pour les deux ans et demi à venir que de devoir finir ma scolarité à Mighty Adler, où les impurs de Beauxbâtons seraient vus comme des ennemis de la Noblesse à cause de deux abrutis.
Cette fois-ci, c'est Visperi qui prit la parole :
– Tu connais mon histoire. Je n'entrerai pas dans les détails ici, mais tu sais pourquoi il n'y a aucune chance que Sertorius et moi rejoignons le camp des puristes si cette guerre venait à éclater. Alors ça va être ton rôle.
– Mais je ne suis pas un sang-pur !
– Inutile, pour le moment. Tout ce que tu as besoin d'être, c'est un soutien à ton ami Erwin, et sa bonne conscience pour contrer Amara.
– Nil va m'en vouloir à mort. Il a tout de même… enfin, ça ne va pas s'arranger si facilement, cette histoire.
– Alors pas de temps à perdre, conclut Lorna. Tout le monde au boulot.
Et comme Mathis l'avait prévu, Nil lui en valut à mort lorsqu'il rejoignit ouvertement Erwin. Émi comprenait d'autant mieux que Visperi lui avait expliqué pourquoi elle devait se réconcilier pleinement avec Sertorius. Avec Mathis d'un côté et Sertorius de l'autre, tous deux amis, les risques de guerre de sang étaient bien amoindries.
Mais Amara était pire encore que ce qu'avait averti Alexiane (qui, Mathis l'avait appris, était la conscience du Bat'Showman hyperactif Aurel Thirion). Parce qu'elle était subtile. Elle pointait les petits défauts des nés-moldus, évoquait des anecdotes positives d'un passé révolu mettant en valeur la société traditionnelle, et menait doucement Erwin à penser que Nilüfer s'était vengé de lui en l'éloignant de ses amis. Mathis canalisait les choses comme il pouvait, mais c'était un fait, une dure vérité : Erwin avait perdu la plupart de ses amis en même temps que Nilüfer. Amara avait bien trop raison pour lui donner tort.
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Juliette avait fini par reparaître pour de bon le dimanche suivant, avec une nouvelle pour le moins inattendue, qu'elle et sa nouvelle amie Duneska annonçèrent à Mathis en présence de Malwen Carter :
– Félicitations, tu es pathomens. Plus ou moins. Potentiellement.
– Je suis quoi ?
– Pathomens, répéta lentement sa demi-sœur. Comme Sheanwayne Pagkalinawan, le philippin dans notre classe. Les pathomens sont des gens ayant la capacité de ressentir et influencer les émotions des autres. C'est une forme de psychomancie naturelle assez aléatoirement héréditaire, comme la métamorphomagie est une forme de métamorphose naturelle. Sheanwayne s'en sert pour communiquer avec les poissons, dont émotions et motricité se confondent, et fait des spectacles de rue devant les moldus grâce à ça.
– Et donc, je peux parler aux poissons ?
– Mais non, marsouin ! se moqua Duneska. Toi, c'est pas pareil !
– L'inverse m'aurait étonné…, soupira Mathis. Qu'est-ce que j'ai fait, encore ?
– Ton aura bizarre, cette espèce de pieuvre dorée que Duneska voit, c'est directement lié à ça, expliqua Juliette. Et à ton talent naturel pour l'Illusionnisme. En fait tu n'es pas vraiment pathomens…
– T'es vraiment nulle pour les ascenseurs émotionnels.
– … ni illusionniste, continua la jeune fille sans s'interrompre. Tu as… comment avez-vous dit, Professeur ?
– Tu influences directement les flux d'énergies de l'Éther, ce qui te permet de créer des illusions, de pratiquer la pathomancie, et qui te donne probablement une affinité naturelle avec la magie élémentaire, expliqua Carter. Mais c'est impossible de manipuler l'Éther de l'intérieur. J'ai consulté Miss Delgado pour confirmation… Impossible !
– J'aime faire des trucs impossibles.
– Arrête de te vanter et écoute un peu, marsouin ! le morigéna Juliette en lui donnant un coup de poing dans le bras.
– Aïe ! Pourquoi "marsouin", d'abord ?
– Parce qu'un marsouin, c'est un gros dauphin un peu idiot, expliqua Juliette d'un ton candide.
– Espèce de…
– Du calme, les jeunes ! intervint Carter, ne pouvant retenir un sourire.
– Hé ! Je peux finir ? s'agaça Duneska. J'ai des tas de trucs à faire, moi ! Isa-Pia m'ont promis de m'apprendre à grimper aux murs !
– Pardon. Termine, l'invita Mathis.
– Les seuls moyens d'influencer l'Éther, les flux d'énergies, c'est soit par le bas, soit par le haut. Par le bas, tu en es incapable. Peu de gens le sont, et tous ont un don naturel et beaucoup d'entraînement. Et du coup, on pense que ton aura qui n'en n'est pas vraiment une te permet de manipuler l'Éther par le haut.
– Mais oui, c'est clair, je comprends parfaitement ! … C'est-à-dire ?
– Par l'Astrum, anonça Carter.
– J'ai déjà entendu ça quelque part…
– L'intérieur de certains bâtiments magiques sont ancrés dans l'Astrum, la couche supérieur de l'Existence, expliqua-t-il. C'est très répandu aux États-Unis, l'ensemble de l'Institut de Salem est dans l'Astrum d'un quartier moldu. Mais le meilleur exemple est l'Île d'Avalon : le légendaire foyer des druides de Brocéliande est une immense forêt entièrement dans l'Astrum. On dit que c'est Merlin lui-même qui l'y a envoyé, mais c'est plus probable qu'il ait été aidé de nombreux autres sorciers. Et beaucoup de sorciers puissants, comme le père de ton ami Erwin, dispose d'une pièce aux vitres enchantées à la fois dans le plan Physique et dans l'Astrum pour empêcher toute intrusion. Pense à ça comme du double-vitrage magique.
– Mais comment je pourrais euh… manipuler l'Éther depuis l'Astrum si je suis ici ?
– J'ai envie de te dire que c'est impossible, tu ne peux pas être dans l'Astrum et dans le plan Physique en même temps. Imagine la réalité comme un oignon. Chaque couche correspond à un plan. L'Astrum est la première couche, L'Éther la seconde, et le plan Physique la troisième.
– Il y en a d'autres ?
– Je n'en sais rien du tout. C'est possible, mais ce n'est pas de notoriété publique.
– D'accord, je comprends. Donc le plan Physique n'est pas dans l'Astrum, mais sous l'Astrum ?
– Figurativement. Avec l'Éther qui fait "colle" entre les deux. On peut créer des bulles de matière physique dans l'Astrum, et s'y rendre via des portails. C'est comme… une tumescence sur l'oignon. Un bout de Physique dans l'Astrum.
– Très enrichissant, tout ça, ironisa Mathis. Mais je fais comment, moi, pour faire ce que je fait ?
Carter grimaça. Juliette posa une main compatissante sur l'épaule de son frère, qui eut le sentiment qu'ils ferait mieux de se dégager avec agacement. Mais il n'en fit rien.
– Je pense que tu as une sorte de… parasite extraplanaire. Cet aura tentaculaire ne serait alors pas la tienne, mais celle de la créature qui se nourrit de ton énergie éthérique. Ce flux d'énergie que j'ai repéré dès le début de nos séances, serait alors ta propre énergie vitale que le parasite absorbe et convertit en magie. C'est pour ça que le flux disparaissait juste avant la formation de l'illusion : il était passé dans le plan astral.
– Quoi ?!
– La base de cette théorie, c'est que Duneska a remarqué que ton aura ne se déplaçait pas exactement à la même vitesse que toi, ce qui est inédit pour elle, expliqua Juliette.
– Tu veux dire… que mes pouvoirs bizarres viennent d'un genre de poulpe vampire extraterrestre qui me vole ma magie mais qui m'en donne une autre en échange ?
– Extraplanaire, corrigea Carter. Mais oui, c'est assez bien résumé. Et il y a pire.
– Évidemment qu'il y a pire. Pourquoi n'y aurait-il pas pire, hein ?
– Aucune créature magique répertoriée ne peut se rendre seule dans le plan astrale, et nous n'y avons jamais trouvé d'autochtones, si tant est que c'est possible. Si créature il y a, elle a été mise là sciemment. Par un sorcier capable d'ouvrir son propre portail astral. Le problème de cette piste certes plausible…
– Encore un ! Pour changer ! s'énerva Mathis pour de bon.
– Le problème c'est qu'aucune créature magique connue n'est capable de ça non plus. Même si c'est le cas, nous savons ni de qui ni de quoi il est question. Et je ne comprends de toute manière pas le but : ça ne semble t'affecter que positivement. Comme si cette personne avait voulu amplifier ses capacités pour une raison étrange.
Mathis tourna la tête, et croisa le regard de sa demi-sœur. De sa demi-sœur. Évidemment.
– Et on fait quoi ?
– Toi, rien. Moi, je vais trouver un moyen d'aller dans l'Astrum pour vérifier ça. Je ne connaît personne capable d'ouvrir un portail, mais il suffirait par exemple que tu entres dans le Brocéliande sorcier terrestre, et que je me rende au même endroit que toi depuis Avalon.
– Mais les non-druides n'ont pas le droit de rentrer sur Avalon, intervint Juliette.
– Et tu sais ça parce que ? Ah oui, pardon, "pas de question", l'imita Mathis.
– On lu ça dans un bouquin de la bibliothèque, répondit Duneska, s'attirant un regard noir de Juliette. Bah quoi ?
– On ne cite jamais ses sources, ça entretient le mystère !
– Ah mince. Pardon. Désolée. Oups.
– Pas grave… pour l'instant. Allez on y va. Salut, marsouin !
– Espèce de… graaaah ! grogna Mathis, renonçant à sa vindicte pour réfléchir à ce que ça impliquait.
– Ça va ? demanda Carter.
– Hum, je sais pas trop. C'est dur d'envisager que ce qui me rendait si spécial est le fait d'un genre de parasite ou je sais quoi.
– Ce n'est qu'une théorie…
Mathis lui jeta un regard équivoque.
– Oui, bon, une théorie très plausible… Pourquoi pense-t-elle que c'est votre père ?
– …Va-t-il falloir que j'apprenne l'occlumancie à Juliette ?
– Hé, je m'inquiète pour toi ! se défendit Carter. D'ailleurs, comment est la tienne, d'occlumancie ?
– J'ai encore de la marge de progrès.
– …
– … Bon, d'accord, j'arrête de changer de sujet ! Hum… Juliette pense qu'Armin Heriaas est un genre d'espion, allemand d'après ce que vous avez trouvé. Mais un vrai espion, quoi.
– Je prends cette attaque personnelle avec dignité.
– Ce que je veux dire, c'est qu'on ne le retrouve pas parce qu'il ne veut pas être retrouvé. Ça parait normal, pour un espion, de vouloir effacer ses traces. Je pense. Avoir des enfants avec deux sœurs, beaucoup moins.
– Je ne suis pas au fait des règles allemandes, mais ça me paraît contre tout règlement raisonnable, ça.
– C'est pourquoi Juliette envisage que c'est peut-être un agent renégat… ou autre chose. Quelqu'un qui serait parfaitement capable de pratiquer ce genre d'expérience probablement interdite dans le monde entier sur son propre fils. Enfin, c'est ce que j'ai conclu de son regard, mais il était très communicatif et le fait qu'elle ait justement pensé à lui conforte cette théorie.
– Et toi ? Tu en penses quoi, personnellement ?
– Très franchement, Mister C, je me moque bien de tout ce qui concerne cet homme.
– Mais c'est ton père !
– "Père", c'est un titre qui se mérite, et il n'a rien fait pour ça. C'est au mieux mon géniteur.
– Tant de cynisme dans un garçon si jeune…
– J'aurai quatorze ans dans dix jours, et je suis déjà indirectement responsable de trois morts, répliqua Mathis.
– Trois Ducs Infernaux, crut bon de préciser Carter.
– Peu importe. C'était avant tout des personnes. Et d'après Duncan, Azazel avait fait ça pour aider son fils malade, c'était même pas un sale type à la base… J'ai leur sang sur les mains, c'est un fait. Je ne regrette rien, et si je n'en ai pas peur, j'ai la profonde impression que je devrais. Je cerne le problème, mais je n'arrive pas à le toucher. Et c'est la même chose avec cette histoire de poulpe parasite. Je devrais être terrifié, dégoûté, despespéré. Au lieu de ça, je me demande juste à quel point le pouvoir que ça m'apporte est grand. Je repense à ce que vous avez dit sur la magie élémentaire. Mon expérience avec la perception étherique était assez catastrophique, alors je pense demander à Miss Delgado de me transférer dans le cours de Magie Élémentaire à la prochaine séance. Je devrais me tenir à carreau, mais je ne peux pas ne pas céder.
– Et c'est une bonne, ou une mauvais chose, selon toi ?
Mathis sourit.
– Tu aurais dû faire psychomage, t'es doué à ce jeu là, gloussa-t-il. Je ne sais pas. Même réponse que tout à l'heure : je sens au fond de moi que c'est une mauvaise chose, que je ne devrais pas chercher à exploiter cette puissance qui me dépasse dans un but belliqueux, mais je n'arrive pas à me convaincre que c'est un mauvais choix alors je le fais quand même. Et toi ?
– Moi ?
– Tu en penses quoi, de tout ça ?
– Je vais trouver le moyen de te rejoindre par l'Astrum, pour confirmer ou infirmer la théorie du poulpe parasite, puis le cas échéant continuer d'enquêter sur la piste adéquate. En attendant, je pense qu'il n'y a aucun mal à vouloir utiliser ce qu'on t'as donné à ton insu. Te demander de renoncer à exploiter ces avantages qui te sont offerts reviendrait à demander à un sorcier de vivre comme un moldu sous prétexte que ce n'est pas juste qu'il ait reçu un don en magie à la naissance. En fait, tu sais ce que tu devrais le faire ?
– C'est une question de secondes, affirma Mathis.
– Tu devrais aller à la bibliothèque, et trouver un livre qui décrit tous les phénomènes énergétiques, qu'on les considère comme magiques ou non, liés à l'Éther. Peut-être découvriras-tu d'autres possibilité d'utilisation du poulpe.
– Voilà, maintenant je sais. Merci ! J'y vais, alors.
C'est ainsi que le "don" de Mathis fut baptisé "le poulpe", et que ledit poulpe devint un sujet de conversation habituel entre eux. Dans ses recherches, Mathis eut confirmation que les illusions (dont sa capacité à créer de la lumière ne relevait pas directement), la magie élémentaire et l'influence des émotions étaient des phénomènes éthériques. Mais il découvrit également qu'il avait le potentiel de manipuler au moins deux autres flux d'énergie. Si le premier était une assez bonne nouvelle, car il avait le potentiel d'ouvrir des portails vers le plan astral (avec énormément d'entraînement très dangereux, à fort potentiel mortel) et s'en servir pour voyager à grande vitesse, l'autre parvint enfin à effrayer l'adolescent : le flux de vie était également un phénomène éthérique. Ça voulait dire tuer n'importe qui en l'interrompant (ce que faisait le sort Avada Kedavra, probablement), mais aussi… ramener les morts à la vie. Nécromancie.
Il en parla avec Émi qui, d'un regard horrifié, lui fit promettre d'oublier cette histoire définitivement. Ce qu'il ne put guère faire longtemps.
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+ De Jules Mercier à Wyatt Angeville+
Vraiment Wyatt? Vous croyez que dans une telle situation d'urgence j'ai le temps de m'occuper d'un de vos agents dormants? Non. Débrouillez-vous.
PS: merci pour le beurre de cacahuète, je vous renvoie un bon bordeaux. Vous m'en direz des nouvelles.
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Les choses dégénérèrent d'un seul coup. C'était le mercredi 16 janvier 2019, soit une semaine exactement avant les 14 ans de Mathis, après son premier cours de Magie Élémentaire qu'il avait pu prendre à la place du cours de Perception Éthérique du vendredi. Il sortait de cours avec Émi et Nil qui le suivaient déjà, et décida de se rendre à l'Étage Blanc pour se détendre un peu à l'arène, avec un peu de chance libre ou au moins occupée de duellistes prêts à faire quelques passes. Mais ils tombèrent sur une scène qui fit serrer les dents à Mathis. Sertorius, seul, était en train de se disputer avec Erwin entouré de sa bande qui l'échauffait comme une meute de hyènes autour de Scar. Seule Camille se tenait en retrait, gênée de voir ses deux amis se déchirer.
– Ah bah voilà ! Il ne manquait plus qu'elle ! s'écria Erwin en voyant Nil arriver. C'est vraiment parfait !
Mathis fit mine de la retenir, mais elle répondit avec calme :
– Hé, je ne me mêle pas de vos histoires. Nous allons prendre une petite salle, et vous laisser régler tout ça entre vous.
– Entre nous ?! Mais c'est toi le problème ! Tout arrive toujours à cause de toi, cette dispute comprise !
– Pardon ?!
Erwin la snoba, et préféra répondre à Émeraude qui n'avait rien demandé :
– Ton petit-ami me soutient que notre comportement est en train d'entretenir les tensions entre Purs et Impurs. Alors je lui explique qu'on ne fait que considérer le véritable problème comme ce qu'il est, une gêne. Et qu'il devrait nous rejoindre, au lieu d'apporter son soutien à un cas aussi désespéré que cette petite conne de sang-de-bourbe.
– Va te faire foutre ! Allez vous faire foutre toi et tes idées de merde ! hurla presque Nil. C'est quoi ces idées de raciste de merde ? C'est Amara qui t'a mis ça dans la tête !? Tu n'as pas le droit de me parler comme ça, Tu m'en veut pour ce que tu as fait, c'est déjà trop ! Mais alors reporter ça sur ma naissance, je… je…
– Amara ? Mais pourquoi tu me parles d'elle ? Le problème c'est toi, espèce d'hystérique ! Thamiel…
– IL S'APPELAIT HAYDAR AZERBAS ! Aie au moins la décence de prononcer son nom !
– Thamiel s'en est pris à Karol uniquement parce que t'as pas pu fermer ta gueule ! Tu l'as mise en danger en provoquant ton taré de frère, et tu oses rejeter la faute sur moi parce que je l'ai défendue !? Parce que je vous ai défendues contre un Duc Infernal ? Amara avait raison, tu es ingrate, et un danger pour ton entourage !
Sans même s'en apercevoir, Erwin avait sorti sa baguette, et la serrait suffisamment fort pour que ses phalanges blanchissent. Nilüfer regarda d'un air froid l'alsacien qui brandissait sa baguette, mais ne fit aucun geste en direction de la sienne. Elle respira profondément, et essaya de se calmer au mieux.
– Tu as tué mon frère, énonça-t-elle d'une voix froide. C'était une nécessité, car oui c'était un Duc. Mais n'attends pas de moi la moindre compassion après ça. Vos fiançailles nous ont tous mis en danger, et c'est uniquement à cause d'elles que tu as dû intervenir. Que tu as tué mon frère. Ce que j'ai dit n'a rien changé, il n'était pas venu pour moi, Karol aurait été tout autant en danger chez vous. Et maintenant, baisse cette baguette.
– Sinon quoi ? gronda Erwin, relevant sa baguette par provocation.
Tout se passa très vite. Erwin croisa le regard de Nil, et tenta de se protéger. Mais il ne fut pas assez rapide. En un éclair, Nil avait sorti sa baguette, et jeté son sort. On eut dit qu'elle avait prononcé la formule après coup, tant elle fut rapide.
– DÆMON FULGURAS !
Erwin fut comme parcouru d'un frisson. Puis il lâcha sa baguette qui rebondit au sol dans un bruit creux, et se mit à convulser. Il convulsait de plus en plus, sous les yeux horrifiés des témoins figés d'effroi. Et plus il convulsait, plus l'odeur de chair brûlée qui commençait à emplir l'air s'intensifiait. Lorsque la peau désormais marbrée d'Erwin se mit à fumer, Mathis se résolut à intervenir. Il sortit sa baguette, la pointa sur Nil qui semblait en transe, et…
– Hominum Exumai !
Instantanément, Nil fut projetée sur le côté comme un fétu de paille, et perdit connaissance quand son épaule puis sa tête percutèrent le mur blanc. Le sort rompu, Erwin s'effondra au sol, et, dans une dernière convulsion, se figea à son tour.
Il y eut un silence assourdissant. Puis Amara hurla le nom d'Erwin, et se jeta sur lui. Elle se brûla en touchant sa peau, et poussa un cri en reculant. Camille fit à son tour une tentative, mais se brûla aussi. Erwin ne bougeait plus.
Alors Mathis, seul personne présente capable de faire autre chose, ouvrit ses yeux à l'Éther.
– Son aura est faible, mais il est en vie. Je vais essayer de l'aider.
Il attrapa mentalement le flux de vie faiblissant d'Erwin, et tenta de le ramener au corps de celui-ci. Il n'avait jamais rien tenté de tel, mais improvisait, à défaut de mieux. La peau de Mathis se mit à se couvrir de veinures sombres. Soudain, il hurla de douleur, et rompit le contact. il regarda avec horreur ses mains noircies et raccornies, qui semblaient avoir été fumées.
– La magie noire se protège d'elle-même ! comprit-il.
Son cerveau bascula en mode "réflexion froide", et il prit les choses en main.
– Émi, va voir si Nil va bien. Camille, où est Karol ?
– Elle… elle est partie avec Visperi… À la bibliothèque je crois. Greta et Nelpha les ont suivies.
– Va les chercher, et dis-leur de nous retrouver devant le château. Octavius, tu pourrais le faire descendre par un sort ?
– Je… bien sûr. On l'emmène à l'infirmerie ?
– Trop tard… j'ai une meilleure idée. Direction la Fontaine Flamel.
– Je… d'accord. Levicorpus. Locomotor.
– Elle a juste perdu connaissance. Je crois qu'elle a le bras cassé.
Mathis planta son regard froid dans celui habituellement ardent d'Amara, et demande d'un ton plus glacial que jamais, demandant un coup de main mental au poulpe :
– Te sens-tu capable d'aider Émi à emmener Nilüfer à l'infirmerie sans lui nuire plus que ça ?
– Mais elle… Erwin…
– On s'occupe de lui. Émeraude n'arrivera jamais à faire descendre Nil toute seule. Si tu ne peux pas la porter avec elle non plus, va chercher de l'aide pendant qu'Émi veille sur elle. Tu peux faire ça ?
– Ou…oui. J'y vais.
Les trois sorciers valides quittèrent en vitesse l'Étage Blanc, Octavius faisant léviter devant lui le corps fumant et désarticulé d'Erwin Niafasen. Les escaliers étaient déserts à cette heure, mais il y eut quelques témoins horrifiés dans le hall, dont le tableau de St Renaud qui hurlait au meurtre. Amara parvint à attirer l'attention d'un Chasseuse qui l'accompagna pour aller aider Nilüfer, jetant au passage un sortilège de mutisme au fondateur.
Mathis mena Octavius à la fontaine. Celui-ci s'arrêta à la limite autorisé, et déposa Erwin au sol.
– Et… et maintenant ? On fait quoi ?
– Maintenant, toi, tu te bouches les oreilles, ordonna Mathis.
Il attrapa son ami au sol, poussant un double hurlement de douleur, à cause de ses mains rongées et de la chaleur encore inhumaine de la peau de son ami. Il comprit que la température n'était pas réel (Erwin serait mort cuit, sinon), mais une sensation dûe aux puissantes radiations de magie noire. Dès qu'il franchit la limite autour de la fontaine, la sirène se mit à hurler. Malgré la douleur intense, et le volume de la sirène qui s'amplifiait à chaque pas, il parvint à la fontaine à margelle basse, et y jeta Erwin, qu'il maintint sous le liquide luisant d'azur.
– Allez, c'est le moment de montrer tes vertus soignantes ! s'exclama Mathis, pour lui uniquement car personne n'aurait entendu sa voix couverte par le vacarme du Cridurut.
Mathis gardait Erwin plongé sous la surface. Il avait de l'eau jusqu'à mi-avant-bras, et sentait de désagréables picotements sur toute sa peau. Mais il n'avait plus mal aux mains, et pouvait à nouveau bouger correctement les doigts. En revanche, il avait horriblement mal aux oreilles, et fut soulagé quand le charme s'interrompit
– Mais que se passe-t-il ici ?! s'écria Florine Brindargent qui était intervenue la première.
Mathis, les oreilles sifflantes, lui adressa un sourire forcé.
– Sauvetage d'urgence, Madame.
– Mais enfin… Cette eau est très dangereuse ! Stop !
– Inutile de bluffer, je sais que c'est de la quintessence, Madame, pas du poison !
– Quoi ?! Qui est-ce, d'abord ? Sors-le de là, tu vas le noyer.
– Peut-on se noyer dans une potion qui protège de la mort ? philosopha Mathis.
Cependant, il s'exécuta. Lorsqu'il sortit Erwin de l'eau, celui-ci était entièrement chauve, et étrangement luisant. Mathis ne releva pas tout de suite, mettant ça sur le coup du sortilège noir. Mais il vit que ses propres mains étaient également luisantes, comme plastifiées, et qu'il n'avait plus aucun poils sur les avant-bras. Les mains encore mouillées et les oreilles sifflantes, il eut l'idée, et le réflexe, de se glisser un index dans chaque oreille. Le sifflement cessa aussitôt.
– Arrête de te toucher ! ordonna Miss Brindargent qui, passée la première phase d'ahurissement, reprenait le contrôle des choses. Petrificus Totalus !
Mathis s'effondra, comme gelé, manquant de tomber dans la fontaine. S'il avait pu, il aurait haussé les yeux au ciel.
Il sentit qu'on le faisait léviter dans l'infirmerie en même temps qu'Erwin. Mais si celui-ci fut déposé dans un lit conventionnel, Mathis fut amené sur un lit à part, dans une petite pièce derrière le bureau des infirmières dont la porte fut verrouillée.
Lorsque la paralysie se dissipa, Mathis observa immédiatement ses mains. Elles étaient comme… vitrifiées. Il les toucha… C'était perturbant : elles étaient très douces et chaude au toucher, comme de la peau de bébé, mais avait un aspect de plastique, luisant comme si elles avaient été huilées. Il essaya de frotter à sec, puis avec de la salive, mais rien n'y changeait. Et ses poils qu'il avait perdu, allait-il repousser ?
Et puis Mathis réalisa. Erwin avait été entièrement plongé dans le liquide. Mathis Devaux venait de défigurer un prince héritier d'une société pratiquant la loi du talion. Peut-être de manière permanente. Qu'il ait fait ça pour le sauve de la mort n'entrerait probablement pas en compte. D'ailleurs, était-ce pour ça, ou uniquement pour protéger Nilüfer des conséquences de son acte ?
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+De Wyatt Angeville à Jules Mercier+
Cher Jules,
OUI vous avez le temps de vérifier, je sais parfaitement que la mise en place de l'État d'Urgence a transmis la plupart de vos fonctions au Gardien du Secret, vous n'avez pour ainsi dire plus rien à faire de vos journée ! Ça prendrait juste un petit contact. Et puis je vous rappelle amicalement que si cet agent est compromis, pour vous comme pour moi ça pue le chenil.
Cordialement.
PS: Super vin ! Y'a moyen d'avoir du camembert ? Je vous envoie du cheesecake newyorkais que j'ai pris soin de réfrigérer.
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Et voilà ! Le passage du sort est écrit depuis… mi-tome 2, je dirais. C'est le premier inspiratum que j'ai écrit d'avance. Et je rêvais d'utiliser ce sort depuis qu'Ywëna l'a créé dans le Parfum des Arums. Même si j'ai un peu improvisé les conséquences sur un humain.
Que dire ? … ET C'EST PAS FINI ! Le petit monde fragile de Mathis s'effondre. Enfin, le Karma reprend ses droits.
Prochain chapitre… un jour, peut-être. Faut vraiment que je finisse mon roman un jour. J'aimerais beaucoup recevoir la version imprimée d'ici mon anniversaire le 20 avril.
