Platypus mes zoziaux ! Voici venu le chapitre final de La Faille des Pyrénées ! Quatre tomes, plus que quatre ans écoulés depuis que j'ai créé cette fic, le premier spin-off de Renouveau qui a conduit à la création du Multivers Parfum-Potter.
Je pourrais vous dire à quel point j'ai été fier de faire tout ce chemin avec vous, à quel point je suis honoré d'avoir appris à connaître plusieurs d'entre vous grâce à cette fic… Mais ça ressemblerait un peu trop à des adieux. Or, malgré tout le chemin parcouru, nous en sommes à peine à mi-chemin ! On peut donc dire que tout ceci n'était que le début !
Je vais donc me contenter de vous remercier d'être toujours là, et de faire les choses comme d'habitude.
·
Dans le chapitre précédent, nous assistions à la Grande Finale des Concours de Connaissances, où Mathis s'illustrait plutôt pas mal, montrant un grand sang-froid et une grande maîtrise des deux sortilèges qu'il avait choisi pour l'épreuve.
Lui prenait ensuite la lubie de créer un golem de chair, une forme de magie assez noire et bien sûr illégale, pour contourner allègrement les sécurités de l'Opus Tenebræ. Sacré coup de bluff, que ça marche ou non !
Enfin, nous apprenions qu'Alex (tu as bien deviné, StElia !) appelait à rassembler le Cercle d'Argent en France.
·
Miaou Allan ! Étant donné qu'on ne sait rien du Néant, je ne peux pas te répondre. Mais non, "Th'aleem" n'est pas un mot possible en Aczu Śavnecze, qui n'autorise ni l'apostrophe, ni la double voyelle -ee. Mauvaise piste !
Ça dépend ce que tu penses ? Pour alimenter quoi ?
Oui, le Volk est la seule tentative de conversion d'un navire militaire russe moldu en sous-marin magique. Pas de bois magique, pas de métal alchimique, aucun sort tissé… C'est le seul qui a résisté à la charge d'enchantements et de runes. Mais le processus a été jugé trop coûteux, et il n'a jamais été reproduit, volontairement. Ça reste du domaine du possible, mais c'est beaucoup moins chiant de construire un bateau magique directement.
Γειά σου Kuro no Kage ! Les grecs en force, hein ?
C'est une théorie qui se défend. Je n'affirme ni n'infirme rien quant à cette affirmation.
Mathis est pragmatique, c'est la raison pour laquelle il s'en sort aussi bien. Là où Harry Potter a pataugé pendant des années malgré un destin écrit, parce qu'il était trop émotionnel, trop dissipé, mauvais élève, qui voyait plus Poudlard comme une échappatoire qu'une école… Mathis voit l'instruction qu'il reçoit à BeauX comme une arme surpuissante qu'il peut mettre au service de la cause de son choix. Ne prenant pas en compte l'impact sur lui et ses amis, il voit surtout les conséquences à long terme de l'avènement des Ducs. Même s'il ne sait pas comment ça doit finir, quand on te dit que ça sera de pire en pire et que c'est déjà un merdier pas possible, tu te doutes bien…
Du coup, il a choisi son combat. Là où Harry Potter, tout plein de bonne volonté qu'il était, se l'est vu imposer.
Hello back, StElia ! Je n'ai pas grand-chose à te dire de plus, t'ayant répondu par MP, alors… Merci !
Je n'ai pas trop su comment le présenter, j'en referai sûrement mention plus tard au passage, mais le "druide" qui encadre Mathis est Bandile Gango, le pyromancien qu'on a découvert dans le Destin Parallèle sur l'Afrique du Sud, et qui devient étudiant à l'Université Druidique dans le tome 3. Là, il n'est qu'étudiant de deuxième année, mais ça en fait déjà un expert dans son domaine (en l'occurence, toute forme de sort de feu qui étaient interdits par le règlement, donc strictement surveillés).
Et bonsoir, Tiph ! On apprendra un peu plus sur la Grèce sorcière (et sa vraie fausse mythologie) dans ELM, mais la source principale sera le DP sur Perséphone. Et, je l'espère fortement, une certaine fiction à chapitres prévue pour le Multivers qui doit se dérouler à Perséphone. Tous mes encouragements à la personne censée l'écrire !
.
C'est parti pour un dernier tour. Mathis a-t-il remporté la médaille d'or ? L'appel d'Alex a-t-il porté ?
Vous le saurez dans le prochain épisode… Maintenant !
.
.
17) Adieu, peut-être
Mi-juin, juste avant les examens, les Rosa qui devaient passer leurs examens dans leur école respective durent repartir. Ça concernait uniquement Eirik Appelbaum et Charlus Glenn de la Hekseri Akademiet, Noham Zula de Uagadou, ainsi que Greta Salers de Mighty Adler. Cette dernière salua chaleureusement les Augures. Elle n'avait pas eu l'occasion de passer beaucoup de temps avec eux, à cause de cette histoire de clans et avec l'incident entre Erwin et Nilüfer, mais avait apprécié chaque instant.
Ils eurent droit à une escorte vers la berge du lac, d'où l'immense carosse qui allait tous les ramener prit son envol.
– C'est bientôt notre tour, renifla Pia. L'Australie me manque, mais ce ne sera jamais plus pareil…
– Je ne te le fais pas dire, soupira Isa. Que ferai-je, sans toi ?
– Des bêtises, mais ça sera moins drôle.
– Ouais.
– Ouais…
– Pfffffff…
Les saisons de Cognepoing et de Quidditch étant annulés, il n'y eut aucune distraction avant les examens, à part un match de Quidditch amical opposant certains Rosa à une équipe inter-Ordres dans laquelle Émi ne fut même pas sélectionnée.
Puis les examens, bien sûr, qui avaient un goût de réchauffé pour les participants aux Concours de Connaissances. Bien sûr, Mathis était dispensé de "Sortilèges", donc de MST et d'Enchantements & Maléfices, grâce à la médaille d'or qui ne quittait plus son cou. Il était le seul Augure (ou associé) à avoir remporté son épreuve. Celle de Métamorphose avait été remportée par l'anglaise Ophélia Haley. Celle de Potions avait échappé de peu à Sertorius, battu d'un cheveu par Paewai Ihipera qui avait aussi remporté l'épreuve de Mathématiques et finie troisième pour les Sortilèges, derrière Mathis et Sophía. Enfin, Greta avait raflé la médaille pour les Runes, au grand dam d'Émi et Raven qui s'étaient déchirées pour la seconde place (combat vain, remporté une fois de plus par Raven, qu'Émi accusa à raison d'avoir révisé en cachette avec Eun-Jae, qui, ael, avait refusé de participer).
Mathis n'était en revanche pas dispensé de Potions, où la perte de son binôme Erwin l'avait durablement pénalisé. Il s'en sortit plutôt bien étant donné la situation, mais ne pensait pas refaire un score parfait cette année.
Les semaines furent longues. Mais elles ne furent que deux, et malheureusement, la fin des examens signifiait la fin du Projet Rosa. Le jour du grand départ et des adieux déchirants arrivait.
– Tu te rappelles notre deal ? insista Isa.
– Bien sûr que je me rappelle ! couina Mathis en se massant l'épaule. Le coup de poing n'était pas nécessaire !
– Le coup de poing est toujours nécessaire ! répliqua la brésilienne. Quand j'irai en Australie pendant nos grandes vacances, si jamais j'apprends que tu n'as pas arrangé la rencontre entre Eurydice et sa sœur Hermione, je te jure que je reviens en France pour te botter le cul, et à pieds s'il le faut !
– Tu vas venir en Australie ? releva Pia.
– Évidemment ! grogna Isa. Je ne vais pas laisser une foutue planète se mettre entre nous deux.
– Très romantique, ricana Mathis.
– Tu comprends rien, tête de clabbert…, soupira Isa, avant de lui balancer un second coup de poing. Puis elle attrapa la poignée de sa valise d'une main, celle de Nyurapayia de l'autre, et grimpa à bord du carrosse volant.
Cette dernière secoua la tête.
– Fais pas attention, elle se réfugie dans cette fausse gangue de négativité quand l'émotion devient trop intense. Nous avons été ravies de vous rencontrer. C'est dommage que nous n'ayons pas passé du temps ensemble plus tôt…
– Je le déplore aussi, Pia ! assura Mathis. Mais promis, moi aussi je passerai en Australie à l'occasion ! Même si ça me prend des années, et que je dois attendre d'avoir mon permis de transplanage, je visiterai ton fantastique pays. Mais en attendant, je compte sur toi pour nous envoyer des lettres !
– Évidemment ! Même s'il me faut t'avertir que la douane magique Australienne est pire que l'Inquisition, les crucifix en moins…
– Faire des références humoristiques à un moment si sombre de notre histoire européenne, c'est clairement le signe que tu as passé trop de temps ici.
– Peut-être ! concéda Pia.
Elle se jeta dans les bras de Mathis, qui lui rendit son étreinte. Au moment de se séparer, elle lui chuchota à l'oreille :
– Mais sérieusement : ne déçois pas Eurydice.
Celle-ci vint ensuite le saluer, et le remercia d'une voix timide. Il lui assura que sa sœur viendrait très rapidement leur rendre visite, dût-il aller la chercher par la peau des fesses en Angleterre.
Psamáthe Xérispolis serra Mathis si longtemps dans ses bras qu'Émi dût lâcher un vicieux "Hé, c'est pas Lorna qui arrive ?" pour que Mathis se dégage. Cela fit ricaner Sophía Apíonellis, qui invita sa camarade à ne pas trop se donner en spectacle. Duneska Henry qui passait sur le ponton au même moment que la grecque eut la malchance de se prendre les pieds pas du tout volontairement dans le seul cordage qui traînait, bousculant Sophía dans la vase du bord de lac. La disciple de Poséidon ne se montra pas à la hauteur de son ancêtre, hurlant et pestant de rage, agitant la vase de plus belle. Mathis constata que Duneska échangeait un check avec une de ses futures-ex camarades de 3ème Aloysia, en la personne de Juliette. Mathis ignorait que sa sœur et la fille-cheveux étaient amies… enfin, peu importe.
C'était fini. Les Rosa partaient. Bien sûr, Mathis tiendrait sa parole, par acquis de conscience et non par peur de la menace d'Isadora, mais après ça, tout serait fini.
Il ne restait qu'une chose à faire avant la fin de l'année : obtenir l'information dont il avait besoin avant de se lancer dans son sombre rituel alchimique. C'est pourquoi quand les trois transports magiques furent partis, et que tout le monde rentra au château, Mathis s'approcha subrepticement de la directrice.
– Madame ?
– Bonjour, Mathis, que puis-je pour vous ?
– Hé bien, j'étudiais le noyau d'énergie de l'Étage Blanc avec Eun-Jae…
Se servir d'une camarade qui vient de quitter l'école et ne peut plus rien nier : fait.
– Quel noyau d'énergie ?! s'étonna la directrice.
– Celui dans le plafond au-dessus de la scène de duel, déguisé en plafonnier !
– Comment êtes-vous au courant de ça, jeune homme ?
– Comme j'étais en train de le dire, c'est Eun-Jae qui l'a découvert. Ael cherchait la source d'énergie alimentant l'ardoise de cire, et quand ael l'a trouvée, il lui fallait un expert en sortilèges pour comprendre. (Mathis leva la médaille, qu'il portait évidemment toujours) C'est flatteur, mais je doute d'être si qualifié que ça.
– Hé bien arrêtez de vous torturer avec cette question, jeune homme.
– Vous allez me le dire ? s'enthousiasma Mathis.
– Bien sûr que non ! gloussa la directrice. Allez plutôt rejoindre vos amis, jeune impertinent.
– Désolé, Madame ! Je vous laisse tranquille, Madame !
La directrice secoua la tête. Ce gamin n'avait vraiment aucune limite. Elle retourna immédiatement à son bureau, laissant aux référents d'Ordres le soin de gérer les élèves. Elle ferma la lourde porte azurée derrière elle, et étira ses longs bras, faisant craquer ses épaules.
– Alors ça y est, Olympe ? Le Projet Rosa est bel est bien terminé ? supposa le tableau de Dumbledore.
– Une belle réussite, Albus ! confirma la directrice.
– Cependant, quelque chose vous tracasse, visiblement, observa le tableau.
Olympe soupira, et dut courber l'échine pour s'appuyer sur son bureau.
– Un élève est venu me poser des questions sur le noyau d'énergie du 3ème Gauche.
– Le jeune Devaux ? devina le tableau.
– Évidemment. Je ne sais pas ce que ce garçon a dans la tête, mais il est de plus en plus ingérable. Il ne sait pas… Je me suis bien gardée d'intervenir, quand j'ai découvert qu'il avait rassemblé une sorte de groupe, qui interfère avec les affaires du Gendarmagium. Avec cette affaire des Ducs, en particulier. Il est si… arrogant.
– De croire qu'il est capable de résoudre cette affaire seul, d'ici ?
– De croire qu'il est plus malin que moi, corrigea Olympe. Il ignore que son ami le Sondeur est lié à l'Académie par un serment inviolable, et au directeur en poste par ce biais. Pour autant que ça ait de valeur avec les créatures de son espèce, Th'aleem a toujours respecté sa part du marché. Il me rapporte chacune de leurs discussions, mais désobéit à mes ordres directs dès que ce garçon lui demande.
– Alors vous avez décidé de renoncer, conclut Dumbledore.
– J'ai décidé d'aviser.
– Vous pensez vraiment qu'il est capable de relever ce défi ?
– Il a reçu une prophétie, Albus. Plus que quiconque, vous savez ce que ça implique.
– Vraiment ? le tableau leva un sourcil, intéressé. Pourriez-vous me l'énoncer ?
– "Par sept fois le maître s'est brisé, l'erreur des douze est la même. Le sacre des chiffres est la signature de la Mort qui vole. L'enfant qui traverse le désert brisera le fratricide. La clef est dans le passé de celle qui n'est qu'un écho, et pour l'oiseau seule la cadette d'un jour peut s'en emparer.", récita Olympe.
Dumbledore sembla réfléchir un instant. Puis, comme les tableaux ne pouvaient pas soupirer, se contenta de reprendre :
– C'est parfaitement clair… Le "maître" est Voldemort, qui s'est brisé sept fois, et non en sept. Harry Potter, le horcruxe de trop, a été la clef de sa perte. L'erreur des douze est la même : il y a un treizième Duc, qui a contre leur gré hérité d'un sceau. Ils ne pourront jamais réaliser la prophétie sans lui.
– Je l'avais compris ainsi, confirma la directrice.
– "Le sacre des chiffres est la signature de la Mort qui vole".
– Celle-là m'échappe totalement, avoua Olympe.
– "La Mort qui vole". L'Ange de la Mort. Azraël.
– Étienne Duncan ?! Mais il est mort depuis longtemps !
– Peut-être. Peu importe : vous ai-je déjà dit que je l'ai eu comme élève ?
– Je m'en doutais. Ça ne m'a jamais paru pertinent.
– Savez-vous quelle était sa spécialité, à Poudlard ? L'Arithmancie. Le sacre des chiffres est un enchantement extrêmement complexe à réaliser, qui consiste à combiner différents types de sorts et de contre-sorts, de manière à obtenir un flux magique parfait, dont la valeur symbolique totale est de 7. Duncan est le seul élève, de toute ma longue carrière, à avoir réalisé un enchantement stable avec pas moins de onze sorts, le jour de son ASPIC d'Arithmancie.
– Est-ce supposé signifier quelque chose, pour vous ?
– Je pense que Duncan a créé un objet magique, très puissant, et que cet objet est lié aux deux personnes dont il est question dans les deux vers suivants. La première, c'est évident…
– Nilüfer Azerbas, acquiesça Olympe. Le Nil coule dans le désert. Nilüfer a brisé Erwin Niafasen, qui avait involontairement tué son frère : le fratricide. L'oiseau… C'est ainsi que se fait appeler Mathis. Mauvais Augure. L'oiseau de malheur. Ils doivent donc trouver cet objet ensemble ?
– Ce vers n'est pas à propos de lui, réfuta Albus.
– Ah ? Mais pourtant…
– C'est l'oiseau qui obtient la clef. Les subtilités m'échappent, car je manque d'informations. Mais c'est peut-être pourquoi j'ai pu la comprendre, n'étant pas dérangé par quelque information superflue. Mathis a obtenu, à l'aide d'une seconde personne, une clef du passé dans l'esprit d'une tierce personne. Un souvenir, d'une personne qu'elle a connu. C'est cette personne, qui avec la jeune Nilüfer, doit trouver l'objet.
– De quoi peut-il s'agir ?
– Je l'ignore, Olympe… Je l'ignore, mais j'ai peur pour vous tous.
La directrice l'ignorait (et s'il avait vu quoi que ce soit, le vieillard en peinture n'avait jamais pipé mot), mais Nilüfer Azerbas avait caché un miroir à double-sens derrière son lourd coffre deux ans auparavant. N'ayant pas servi depuis, il fonctionnait toujours. Il n'y avait pas d'image, et le son était étouffé, mais Mathis avait tout entendu. Et tout retenu.
.
.
Dans le même intervalle chronologique, à Londres…
– *Allô Exie ? C'est fait. Appelle les autres, on peut partir en France.*
Exane Mason raccrocha le combiné et pendant un instant… resta figée, les bras ballants à regarder son reflet dans son miroir sur pied. Depuis des mois, elle appréhendait cet instant de toutes ses forces. Les choses n'étaient jamais allées aussi mal, et ce n'était que le début. Elle sentit sa gorge se serrer, et son corps en entier trembler. Elle aurait voulu repousser l'inévitable mais c'était impossible. Comment faire maintenant ? Comment prendre ses responsabilités quand on savait qu'on allait tout perdre ?
Exane expira profondément. Elle était chez elle dans le manoir familial. Protégée et avec quelques heures qu'elle pouvait utiliser. D'abord, elle devait couvrir sa disparition, en s'occupant du plus important : l'avenir de ses enfants.
Il lui fallut des dizaines d'essais, des larmes de colère et de tristesse, des ratures, et les parchemins froissés jonchaient le sol autour de la poubelle. Mais finalement, elle la tenait, entre ses mains tremblantes qu'elle se força à figer.
Dans cette lettre, les instructions pour l'avocat de la famille Mason, si jamais elle ne revenait pas. Les délais, le nom du notaire qui détenait leur testament, les informations à transmettre aux enfants, à Madison… Exane confia la lettre à son meilleur hibou qu'elle regarda s'éloigner à l'horizon. C'était fait maintenant, elle avait déclenché le compte à rebours vers le chaos. Puis, elle inspira et descendit dans le salon familial.
Exane avait hésité à transplaner, partir. S'enfuir. Mais elle n'avait plus dix-sept ans. Elle avait quarante ans, elle était maman, elle était matriarche… et elle ne pouvait plus s'enfuir face à ses responsabilités.
Il y avait des informations sensibles que sa tante avait le droit d'obtenir de vive voix.
Alors Exane descendit dans le salon, essuyant les traces des larmes taries sur son visage et vint dans le salon. L'elfe de maison Marvie la rejoignit immédiatement. Exane faillit tirer la langue. Elle n'était toujours pas habituée à la présence de l'elfe de maison, mais elle n'avait pas pu refuser cela à sa tante préférée. Il fallait réintroduire un peu de vie dans ce Manoir triste à pleurer, avait-elle dit.
– Bien le bonjour, Maîtresse Exane ! Est-ce que Maîtresse souhaite du thé ou une collation ?
Exane lui adressa un léger sourire.
– Le thé au lotus que les Higemoto ont offert, avec des cookies pour moi et Madison, ordonna-t-elle.
– Tout de suite, Maîtresse Exane !
L'elfe disparut dans un claquement de doigts. Exane haussa les yeux au ciel. Elle entra dans le petit salon, où sa tante l'attendait. Comme toujours, elle était assise confortablement sur son fauteuil préféré en train de lire le journal, son châle lilas sur ses épaules. Madison avait vieilli, remarqua tristement Exane. Elle avait presque la soixantaine maintenant… Sa tante l'accueillit d'un sourire alors qu'elle s'assit en face d'elle sur le fauteuil jumeau.
– Tu t'es bien reposée ?
– On peut dire ça. Notre nouvel elfe fait du zèle.
Madison soupira.
– Marvie est adorable, mais insupportable.
– Mais Mrs Thirdon devenait trop âgée, murmura Exane. Je comprends. C'est mieux pour… les enfants. Je croyais qu'elle te rendait encore visite, d'ailleurs?
Mrs Thirdon était une voisine de Madison, une vieille cracmole adorable, abandonnée par sa famille. Elle venait plusieurs fois par semaine au manoir, et l'aidait à faire le ménage pour profiter de sa compagnie. L'arrangement avait lié les deux femmes jusqu'à l'amitié. Les enfants Mason Skyler et Jamie, qui venaient au manoir chaque été, l'aimaient comme une grand-mère. Exane soupira, ses jumeaux allaient expérimenter beaucoup trop de pertes dans les semaines à venir…
– Elle est passée hier, répondit Madison. Ne t'inquiète pas, cette vieille bourrique est aussi solide que moi ! Et puis Marvie est un cadeau de Faye. Je n'ai pas eu à cœur de le libérer contre son gré, j'ai plutôt pour projet de le confier à une famille qui en a plus besoin. Si tu le souhaites…
Exane regarda sa tante, droit dans les yeux. Il était vrai qu'elle était contre la venue de l'elfe. Trop de souvenirs, l'habitude… Mais il fallait laisser partir le passé… non ?
– Ne t'inquiète pas, j'y serai habituée. Eventuellement. Hé mais, j'ai manqué ton anniversaire ! Je suis désolée, joyeux anniversaire, Tante Maddy!
– C'est la semaine prochaine, fit remarquer sa tante. Faye est toujours persuadée que je suis née le 10 juin… Et puis, tu es bien mal avisée de me souhaiter un joyeux anniversaire alors que les nouvelles que tu me portes te déchirent le cœur, jeune femme.
Bon sang. Rien ne lui échappait. Les deux femmes se fixèrent l'une et l'autre alors qu'Ysandra Mason qui rêvassait dans son cadre se pencha en avant, sa fille ayant piqué son intérêt. Marvie posa finalement le plateau avec la théière, les deux tasses et les cookies avant de s'en aller. Madison prit délicatement une tasse et sentit la décoction :
– Lotus… ça à l'air sérieux, Exie.
– Je vais partir, Tante Maddy.
– Tu pars souvent en mission.
– C'est différent, cette fois-ci… Je ne sais pas comment te dire ça… Je vais quitter ce monde.
– Allons bon ! Tu n'es pas malade, au moins ? plaisanta la vieille femme.
– Elle parle des Terres d'Argent, intervint le tableau d'Ysandra Mason. Tu vas aller dans les Terres, gamine ?
– Oui, grand-mère, confirma Exane. En France, une faille…
– NON ! s'écria soudain Madison. Je sais ce que tu es venue me demander ! C'est hors de question !
Elle était maintenant pâle comme un linge et avait reposé sa tasse sur la petite table. Exane haussa un sourcil, incrédule :
– C'est hors de question que tu t'occupes de mes enfants en mon absence ?
– C'est hors de question que je prenne la responsabilité de dire à tes enfants que tu ne reviendras jamais ! gronda la tante. Il est hors de question que je dise à ton fils de douze ans qu'il ne reverra jamais sa mère ! Il est hors de question que je dise à ta fille de douze ans qu'elle est la nouvelle matriarche de la famille !
– Si Exane meurt, il faudra aussi lui dire que son siège dans le Cercle d'Argent lui revient, fit remarquer Ysandra.
– Sauf ton respect, mère, ferme-là ! Exane, tu ne peux pas… Et Alexander ? Un père a des responsabilités à prendre.
– Oh, il les prend, répliqua Exane d'un ton sec. Il vient avec moi. Comme tout le reste du Cercle.
– C'est si grave que ça ? s'enquit Ysandra. Une des portes a été ouverte ?
Exane se détourna de sa tante, pour porter son attention sur le tableau de sa grand-mère.
– Pire encore. Des tarés se sont amusés à réouvrir une faille dans le sud de la France, dont nous ignorions l'existence. Nos sources sont absolument formelles : elle mène bel et bien aux Terres d'Argent. Elle est plus grande que n'importe quelle porte, et laisse échapper de nombreuses créatures. Les autorités françaises gèrent relativement bien le problème…
– C'est assez rare pour être souligné, marmonna Madison.
– … Mais le solstice d'été approche à grands pas.
– Par les sous-vêtements souillés de Merlin !
– Mère ! s'écria Madison.
– Elle a raison, Tante Maddy… On est dans la merde.
La vieille femme était comme soudainement fatiguée. Ereintée. Pour la première fois, le poids de la perte appuyait la terreur désespérée dans ses yeux…
– Pitié, Exane, dit-elle d'une voix chevrotante, il y a forcément une autre solution…
Un silence suspendit le temps. Pendant quelques secondes, Exane Mason ferma les yeux. Mais elle n'avait pas le choix. Le sort en était déjà jeté.
– Si tu en trouves une dans les prochains jours, envoie-moi un hibou, lâcha-t-elle en se levant. Moi, j'ai un Cercle à rassembler.
Rassembler le vieux Cercle d'Argent ne fut pas aisé. Si la plupart répondirent à l'appel, et usèrent de leur porte pour se rendre directement dans la chambre d'hôtel qu'Alex avait pris à Perpignan, deux manquaient : Christian Mason, le propre frère d'Exane, et Sebastian "Bash" Norris, un impitoyable mercenaire de l'Agence, un monstre de cruauté haï par tous les autres… mais malheureusement indispensable. Même s'il n'avait pas fourni ces informations vitales sur la Faille, il était hors de question de le laisser en arrière.
Christian fut de loin le plus facile à trouver. Il était exactement là où Exane s'attendait à le trouver : chez lui, ayant ignoré royalement le message de sa propre sœur. La situation étant très tendue entre les deux Mason, c'est Alex qui utilisa sa porte pour se rendre dans la Salle d'Argent. De là, il frappa à la porte de Christian aussi fort qu'il le pouvait.
– *QU'EST-CE QUE… !? Alex ?! s'étrangla Christian. Ça ne va pas de débarquer dans la tête des gens comme ça !?*
– Ouvre ta porte, s'il te plaît. Il faut qu'on parle.
– *Fous-moi la paix !*
– Obéis, ou j'explique à nos fils comment Malwen Carter a fait pour voler la cloche du beffroi de Salem !
– *Tu n'en as aucune idée !*
– Je viens justement de le rencontrer à Beauxbâtons, sourit Alexander. Tu pourras demander à Danielle, elle était présente !
– *Tu n'oserais pas, Alex ?!*
– Sans hésiter ! Il y a des choses bien plus graves dans la vie ! Par exemple, ce que je dois te dire, et que je te HURLERAI DANS LA TÊTE SI TU N'OUVRES PAS CETTE FOUTUE PORTE !
– *Hmmph, d'accord, d'accord ! Mais frappe moins fort, la prochaine fois. Barbare…*
Un déclic résonna dans la pièce circulaire. Alex ouvrit la porte, et la franchit pour apparaître dans le bureau de Christian Mason. En se refermant derrière lui, la porte en bois poli verte sapin disparut. Christian était assis sur son fauteuil derrière la table couverte de dossiers et autres parchemins. Il fusilla la Main-Grise qui jubilait du regard, mais reprit très rapidement un air grave.
– C'est malin, je vais avoir la migraine toute la soirée, grogna Christian.
– Tu as ignoré le message d'Exane, Chris.
– Ne m'appelle pas comme ça. Elle se doutait très bien que j'allais l'ignorer. Je ne veux plus rien avoir à faire avec le Cercle d'Argent, Alex. Plus jamais.
– Joue pas au con, Chris…
– Moi !? Jouer au con ?! Pour qui tu te prends à débarquer sans être invité, pour me donner des leçons et m'insulter sous mon propre toit ?! gronda le patriarche Bourgeois, dont les yeux noisette s'assombrirent brutalement.
– Je me prends pour le type qui vient te rappeler que tu as prêté serment. Le Cercle…
Il fut interrompu par la porte du bureau qui s'ouvrit. Une femme d'une très grande beauté, à la chevelure de feu rassemblée en un chignon serrés entra. Elle portait des lunettes de vue et balaya la salle de son regard pour voir son mari qui avait les yeux noirs comme les abysses, et son beau-frère Alexander qui lui décocha un sourire amical. Irène fronça les sourcils.
– Que se passe-t-il ?
Christian refusa de décrocher un mot. Sa femme soupira et tourna vers son invité.
– Bonjour, Alex ! Tu es arrivé quand ?
– Bonjour, Irène ! Il y a tout juste trente secondes !
– Oh, vraiment ? Je ne t'ai pas entendu rentrer.
– Je suis passé par la fenêtre, assura Alex.
Irène jeta un coup d'œil vers la fenêtre, par réflexe. Évidemment, cette fenêtre ne s'ouvrait pas : trop de risque qu'un courant d'air renverse les dossiers. Elle haussa un sourcil, un geste que sa fille Danielle avait hérité :
– Et quel est l'objet de cette visite ?
– Rien, il s'en va, assura Christian d'un ton sec.
– En fait, c'est tout le contraire, ma petite Irène. Figure-toi que je suis venu, par ce bel après-midi clair…
– Il est huit heures du matin, fit remarquer Christian.
– Fichu décalage horaire… Par ce beau matin clair pour rappeler à son tendre époux qu'il a prêté un FOUTU serment et qu'il a un devoir sacré de protéger le Monde! éclata Alex. Qu'il ne peut pas simplement ignorer un appel d'urgence sous prétexte qu'il vient de sa sœur, et que je repartirai avec lui en le traînant par la peau des fesses s'il le faut !
Irène fronça les sourcils, soucieuse, et se tourna lentement vers son mari. Christian s'était figé sous la diatribe de l'homme blond, qui avait maintenant les bras croisé et un éclat de colère brillant dans ses yeux gris.
– C'est vrai ? demanda-t-elle.
– Irène, je…, Christian se renfrogna. J'ai loyalement servi le Cercle. J'y ai sacrifié ma jeunesse, tandis qu'Exane et Bash…
Il s'interrompit. C'était trop dur, il avait trop perdu. Christian se détourna pour regarder par la fenêtre. Alex, lui, s'était assombri. C'était un passé qu'il n'aimait pas qu'on lui rappelle, il avait trop détruit celle qu'il aimait.
– C'est une question de vie ou de mort, Christian. Nos vies, ou la mort de tout le monde.
– Mais Les portes sont pourtant bien scellées ? s'étonna Christian. Nous nous en sommes assurés et…
– Les portes n'ont pas bougé, confirma Alex. Le problème, c'est qu'il existait une faille.
Christian se retint de laisser échapper un hoquet d'horreur. Ce n'était pas digne de lui. Mais il pâlit. C'était une très mauvaise surprise.
– Une faille ?
– As-tu entendu parlé de la Fosse des Loups, en France ?
– L'ancien temple druidique où vit un phénix solitaire ? se souvint Christian. Oui, j'en ai entendu parler. Il paraît qu'il s'y passe des choses, mais la France ne laisse plus rien filtrer… C'est de ça qu'il s'agit ?!
– Malheureusement, répondit gravement son beau-frère. La Faille des Pyrénées est un canal direct, physique, entre les Terres d'Argent et notre monde. les druides l'avait scellé avec un rituel de magie rouge extrêmement complexe, mais tous les héritiers des sceaux ont été assassinés par… Enfin, peu importe, il est mort aujourd'hui. Le fait est que la Faille est ouverte, et que des créatures vivantes s'en échappe. La France gère pas trop mal cet aspect de l'histoire, mais…
– Mais ?
– Le solstice d'été approche.
– Oh put…
Christian s'interrompit, et croisa le regard interrogateur de son épouse. Il ne lui avait jamais rien dit du Cercle d'Argent. C'était déjà du passé, pour lui, quand il l'avait rencontrée. Du moins l'espérait-il. Mais maintenant… Maintenant, tout allait recommencer… en pire. Alors Christian inspira et expira profondément, les yeux mi-clos :
– C'est quoi le plan ?
– C'est un plan simple, en cinq étapes : desceller la porte des Mystères, entrer dans la faille en France, sceller la Faille de l'intérieur, ressortir par la porte des Mystères, resceller la porte. Et pour cela…
– … Vous avez besoin du Cercle au complet, comprit Christian. Bordel de nouilles.
– J'ai déjà entendu mon fils dire ça, releva Alex avec un sourire.
– C'est lui qui… Tout le monde a répondu à l'appel ?
– Presque, assura Alex. Il ne manque plus que toi… et Bash.
– Et Bash, évidemment.
– Les autres sont partis à sa recherche. Il ne répond pas.
– Pourquoi ça ne m'étonne pas ?
– Pourquoi tu réagis comme lui ? Tu veux vraiment lui ressembler ?
– Ne deviens pas insultant, Alex…
– Ne deviens pas timoré, Chris.
Christian gronda, et se tourna vers sa femme qui s'était figée durant toute la conversation. Elle et lui s'échangèrent un regard. Un regard qui fit pâlir Irène car elle ne voulait pas croire ce qu'il allait suivre…
Christian attrapa sa baguette et d'un geste sec, la pointa vers un tiroir du bureau double face qui se déverrouilla dans un déclic sonore. Il en sortit une clef dorée, dont la vue intrigua Alex et paralysa Irène, qui sentit un filet de sueur froide glisser le long de son dos et sa bouche devenir pâteuse. Non… Christian s'avança vers elle. Irène savait ce qui allait se passer. Elle l'avait vu faire, plusieurs fois dans sa vie. À chaque fois, elle avait pleuré la perte de quelqu'un qu'elle aimait de tout son cœur. Sa grande-tante… son père… Les larmes se mirent à couler toutes seules sur ses joues.
– Non…
– Irène Alyssa Cromwell, énonça son époux d'une voix gonflée par l'émotion. Par cette clef symbolique, je te transfère l'ensemble des affaires, contrats, actifs et possessions de la famille Bourgeois, ainsi que les actifs et possessions du couple Mason-Cromwell.
– Je refuse…
– En touchant cette clef, tous les droits et titres te seront transférés. Tous les tiroirs, coffres et tubes scellés s'ouvriront à ta commande. Tu seras dès à présent la seule et unique détentrice de notre patrimoine.
– Je refuse, répéta Irène, pleurant maintenant à chaudes larmes. Tu ne peux pas me dire adieu avec une fichue clef… Tu n'as pas le droit…
– Le droit, non, concéda Christian. Mais j'en ai le devoir. Tout comme j'ai le devoir de répondre à l'appel du Cercle. Je n'ai pas non plus le droit de ne rien faire, et de laisser le monde où vivent nos enfants être détruit parce que j'aurai refusé d'honorer ma parole. Alex a raison, je n'ai pas le choix. Prends la clef, Irène. Prends la clef, ainsi que ma promesse que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour te revenir.
Irène essuya ses larmes d'un revers de manche habile, et se tourna vers Alex qui avait eu le bon goût de rester silencieux.
– Toi, promet-le-moi.
– Je…
– Promet !
Alex lança un regard à Christian qui hocha légèrement la tête. Il soupira et accepta, grave.
– Je te promets, Irène, que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que Christian te revienne sain et sauf.
Irène acquiesça en silence et attrapa le bout de la clef dorée. Celle-ci disparut dans une nuée de poudre d'or qui tourbillonna autour de la femme avant de serpenter vers le tiroir qui se referma de lui-même à double-tour. Un silence ténu passa entre les deux époux :
– Irène… Irène je suis désolé.
– Reviens-moi.
Il hocha la tête et s'accorda le luxe, jugé indigne des nobles, de serrer sa femme dans ses bras avant d'invoquer sa porte. Il la franchit avec Alex, qui le ramena à la chambre par la porte d'Anthony Goldstein. Celui-ci était resté en arrière pour permettre à tout le monde de revenir. Il était aussi le seul du Cercle à ne pas craindre d'être surpris par Bash, même dans un de ses mauvais jours (enfin, pires que les autres).
Christian serra chaleureusement la main de l'agent britannique.
– Ça faisait bien longtemps, mon ami, le salua Anthony.
– Trop, assura Christian. Je suis désolé d'avoir coupé les ponts avec vous tous.
– Sauve le monde avec nous, et tout sera pardonné ! assura Alex.
.
.
Malheureusement, la date fatidique du solstice approchait, et personne ne trouvait la moindre trace de Bash. Goldstein, agacé de ronger son frein, échangea sa place de relais avec Christian. Celui-ci n'était pas enchanté à l'idée que Bash débarque seul s'il laissait sa porte ouverte pour lui, mais Exane lui fit remarquer d'un ton acide que Bash n'avait pas ignoré leurs appels pendant des jours pour finalement débarquer à l'improviste par sa porte à lui. Christian le prit si mal qu'il ferma sa porte à sa sœur, qui dut rester en binôme avec Sven pour que celui-ci lui prête sa propre porte, jusqu'à ce qu'Exane s'excuse (c'est-à-dire indéfiniment). Le russe était le seul du groupe à qui Christian n'aurait jamais osé verrouiller sa porte au nez par simple défiance.
La stratégie forcée paya peut-être, car c'est ainsi qu'ils trouvèrent finalement Bash. Sven savait que celui-ci s'était établi à Moscou, et que comme tout homme vivant comme mort, il revenait toujours à son point d'ancrage. Le tandem Sven-Exane se rendit donc là-bas, pour glaner les renseignements. Le père de Sven, un mafieux de l'Underground sorcier russe qui se faisait appeler « le Boucher de Moscou » (un homme charmant), l'adressa au bon contact, un membre du Réseau bavard pour quelques gallions qui leur indiqua où trouver le « Corbeau ». Christian se serait bien gaussé de l'appeler "la bête noire"… Malheureusement, ce tuyau un peu rouillé leur avait coûté de précieux jours d'errance, et quand ils retrouvèrent finalement la trace du britannique, le solstice était passé. Bien sûr, Ils l'ignoraient, et quand ils retrouvèrent Bash en train d'essuyer son long couteau sur la robe d'une adolescente fraîchement égorgée, le sujet ne fut pas abordé. Ni le sujet du meurtre qu'il venait juste de commettre, d'ailleurs. Le visage de Bash s'éclaira alors qu'il revit Exane qui affichait un regard profondément dégoûté.
– Oh, Exane, Sven ! Quel bon vent vous amène !
– L'odeur de cadavre putréfié aide bien à te suivre à la trace, grinça le russe.
– Elle est encore fraîche pourtant…
– C'est toi, qui pue la charogne, répliqua Sven.
– Ça fait des jours et des jours qu'on te cherche, triple buse ! gronda Exane. Pourquoi tu n'as pas répondu à nos appels ?
– Je suis un employé modèle. J'éteins toute communication quand j'exécute mon contrat, assura Bash.
– Tu ne peux pas simplement couper la communication avec le Cercle ! s'écria Sven. Tu nous as forcément entendus !
– *Chiche*, répliqua Bash, parlant directement dans la tête de Sven.
Le russe parvint à repousser l'intrusion d'une poussée d'occlumancie. Mais quand il essaya de répliquer, il se heurta à un mur. Presque littéralement : essayer de lire dans les pensées du mercenaire revenait à essayer de lire dans les pensées d'un mur béton armé. Il n'avait jamais vu une défense occlumantique aussi parfaite. Il grogna sous l'effort, mais ne tira rien de plus qu'un sourire goguenard au mercenaire.
– Bon, c'est fini, vous deux ? râla Exane. On a un monde à sauver, et ceci n'est pas un exercice. Alors Bash, tu prends des clics et tes clacs, et tu viens avec nous.
Sans attendre de réponse, elle invoqua sa porte, qu'elle ouvrit à la volée.
– Le souci, c'est que j'ai pas été payé d'avance pour ce contrat, et…
– JE M'EN BAT LES STEAKS, NORRIS ! TU RENTRES DANS CETTE FOUTUE SALLE D'ARGENT, ET TU LA FERMES ! hurla Exane à bout de patience.
– C'est si grave ? demanda Bash à Sven.
– Pire, répondit Sven d'un ton froid qui n'admettait pas de réplique.
Le mercenaire haussa les épaules, et passa la porte d'un pas leste. Sven s'apprêta à en faire de même, avant de marquer une pause.
– On fait quoi, pour elle ? demanda-t-il en désignant la jeune victime de Bash.
– Si tu veux faire une minutes de silence pour chaque victime de ce monstre, je t'en prie, commence tout de suite. J'aurai quelques semaines de paix.
– Rhooh, tout de suite… râla Sven, passant la porte à son tour.
Exane referma la porte derrière elle. Bash d andinait sur un pied, comme un gamin qui s'ennuie.
– Alors, on prend laquelle ?
Exane ne répondit pas, et frappa plutôt à chaque porte hormis les leurs, indiquant qu'elle avait trouvé Bash. Chacun utilisa sa porte pour rentrer dans la Salle d'Argent, sauf Christian. Tous ignorèrent royalement Bash, qui faisait l'idiot. Enfin, Exane frappa à la porte de Christian, et lui demanda de laisser rentrer tout le monde. Il comprit le message, la porte se déverrouillant six fois. Le groupe franchit la dernière porte un par un, Bash en dernier. Celui-ci se précipita vers Christian, bras grand ouvert :
– Mason ! Quelle bonne…
Christian lui asséna un coup de poing si violent qu'il lui brisa le nez. Bash redressa la tête, et reprit son sourire, le sang coulant à plein flot de son nez à son menton.
– … su'b'ise ! Je zuis 'abi de de 'eboi' auzzi !
Alexander échangea un check discret avec son beau-frère, alors que sa femme approcha de Bash qui lui adressa un sourire charmeur malgré le sang qui dégoulinait sur son visage.
– Episkey, jeta Exane sans répondre au sourire. C'est ni l'endroit, ni le moment, les gars. Nous devons gérer ça avant le solstice…
Un silence gênant s'installa, les quatre autres toisant les trois derniers arrivants. Exane et Sven avec gêne, Bash avec haine.
– Quoi ?
– Exane… le solstice est passé depuis huit jours, lui apprit Akane Higemoto. C'est trop tard, pour prévenir.
Exane se figea. Vaincue. Elle tourna le dos au Cercle et fit les cent pas. C'était mauvais. Très mauvais.
– Alors on fait quoi ? demanda Anthony.
Exane s'arrêta de marcher et soupira. Ils n'avaient pas le choix de toute façon :
– On guérit.
Par cette phrase sybilline qui voulait tout et rien dire à la fois, Exane signifiait qu'il fallait renoncer à une grosse partie du plan. La partie qui leur assurait un moyen de revenir.
Hors de question d'ouvrir une porte si des démons se baladaient dans les Terres d'Argent. Ils allaient entrer par la Faille, la sceller de l'intérieur… Et espérer que le prochain Cercle d'Argent aurait la bonne idée d'ouvrir la porte des Mystères derrière laquelle ils devraient peut-être attendre des années. S'ils survivaient.
C'était une décision radicale. Une qui détruisait des familles et qui suspendait toute probabilité de revenir à Noël. C'était donner leurs vies pour la cause. Alors Exane se tourna vers chacun des membres du Cercle avec le dos droit, la voix nette, mais les yeux embués par les larmes :
– Est-ce que vous avez tous fait vos adieux ?
– Je n'ai personne à qui dire au revoir, répondit Bash en rigolant.
– Je réitère, à part Bash, avez-vous préparé vos départs ?
Les cinq autres hochèrent la tête. Christian regarda ailleurs, Exane comprit. Cela a dû être dur de le dire à Irène, encore plus sachant que ce serait à elle de prévenir leurs enfants. Leurs enfants… dont Danielle, qui devait justement de quitter la France, et qui volait quelque part dans le Monde dans le carosse géant qui la ramènerait. Elle au moins était à l'abri, pour le moment…
Akane regarda ailleurs :
– J'ai prévenu mon grand-père, il s'occupera… de Kei.
– Lena est aussi au courant, ajouta Sven.
– Sven, je suis tellement désolée, murmura Exane.
– Faut pas. Les Sokolov prendront soin d'elle… Du moins jusqu'à sa majorité.
– Je ne dirai rien à Terry, lâcha Anthony. J'ai laissé une lettre derrière moi, mais en ce qui le concerne je suis parti en mission à risque. C'est le plus proche de la vérité.
Le reste hocha la tête. Alexander se tourna alors vers Exane et lui prit la main.
– Les enfants ?
– J'ai… pris les dispositions. Madison est aussi au courant.
– La famille Bourgeois prendra soin de Jamie s'il souhaite continuer ses études à Salem, répondit Christian.
– Merci Christian, dit Exane d'une voix sourde.
Un silence lui répondit. Alex et Exane se regardèrent, le Bailey embrassa la main de sa femme qui reprit la parole, la voix chevrotante :
– Nous partons pour des années. On devra croire en nos enfants pour nous sortir de là.
Elle le dit en regardant Akane et Christian :
– Nous n'avons plus le choix.
Foutu pour foutu, ils consacrèrent deux jours de plus à préparer leur plan d'infiltration. La Faille était très lourdement gardée. Si l'embargo national avait eu pour effet positif de rétablir la circulation libre dans l'ensemble du territoire, ou presque, la zone autour de la Faille était toujours inaccessible. Ils durent donc convenir d'un moyen de se rendre sur place en pleine lumière, et de gagner suffisamment de temps auprès des autorités locales pour atteindre la Faille. Anthony et Akane s'occupaient de préparer les vivres, les sacs à dos extensibles bardés de protection avec tout le matériel dont ils auraient besoin pour survivre. Bash faisait de la reconnaissance avec Sven qui équipaient tout le monde en matériel de chasse, et enfin, Alex et Christian préparaient le départ en prévenant à demi-mot les plus impliqués, dont Wyatt Angeville et Irène Cromwell. Exane profita de ce temps pour rendre une ultime visite à Madison, la chargeant également de transmettre au futur Cercle l'instruction de leur ouvrir la porte au plus près d'un prochain solstice d'hiver, ce qui la fit tempêter :
– Ils sont trop jeunes Exane !
– J'ai reçu la charge au même âge.
– Tes parents étaient morts ! La guerre était à nos portes, tu…
– Cette fois ce sera différent. Cette fois, ils seront préparés, je leur ai laissé tout ce que j'avais, et ils seront entourés des vrais héritiers. Cette fois, ils ne feront pas mon erreur !
Madison ne put ajouter un mot, car sa nièce s'en alla. Ysandra observa sa fille sangloter sur son fauteuil, dans un silence d'outre-tombe. La famille Mason était vraiment maudite…
Ils transplanèrent finalement à une dizaine de kilomètres de la zone, et Akane soumit un chauffeur de bus moldu à l'Imperium pour qu'il les rapprochent le plus possible. Au pied du sentier dissimulé aux moldus par une illusion très basique, ils firent un dernier point.
– Quoi qu'il se passe là-bas, la priorité est qu'un maximum de personnes passent la faille, rappela Exane. Il n'est pas impossible que nous devions nous battre, mais nous devons faire en sorte de ne tuer personne. Le travail des chasseurs est le même que le nôtre : protéger la population. Celui que nous effectuons aujourd'hui l'est beaucoup plus, car il concerne le monde entier. Mais ce n'est pas une excuse pour fauter. Si jamais ça tourne mal…
– J'assurerai vos arrières, proposa Bash.
– Je ne pense pas…
– Hé, je ne tuerai personne, promis ! Pas de contrat, pas de meurtre !
– Tu parles, marmonna Christian.
– Tu n'es pas obligé de me faire confiance, Christian. Tu n'as qu'à faire équipe avec moi ?
– Te surveiller, tu veux dire ? reformula Christian. Avec plaisir.
– T'auras même le droit de te cacher derrière moi s'ils sont trop agressifs à ton goût.
– Sebastian. Je te prierais d'aller bien TE FAIRE F…
– HÉ ! Chris, Bash, c'est pas le moment ! les morigéna Alex. Moi je propose que vous fermiez un peu vos grandes gueules, et que vous laissiez Akane et Anthony gérer la suite.
Christian, gêné, acquiesça. Bash sortit un petit poignard pour se nettoyer les ongles avec.
Le septuor passa l'illusion, et avança à pieds sur le sentier montagneux, jusqu'à atteindre le point de contrôle. Il était tenu par deux Argeciels, et un chasseur.
– Qui va là ? demanda le chasseur, tandis que les deux tireurs d'élite pointaient les nouveaux arrivants de leurs mortelles baguettes.
– Je suis le docteur Asami Itadashi du clan Matsumae, et voici le professeur Balrus Pain de l'Institut des Recherches Magiques de l'Université de Pendragon, ainsi que notre équipe technique, énonça Akane dans un français parfait. Nous sommes les experts dépêchés par la Rosace pour analyser la Faille.
– Nous n'avons pas été mis au courant d'une telle visite, s'étonna le chasseur.
– Je suis sûr que Monsieur Mercier n'a pas voulu faire fuiter l'information, et n'a informé qu'Arcadus Lupin à mi-voix, intervint Anthony, dans un aussi bon français.
– Mouais. Nous allons le consulter sur le sujet.
Le chasseur glissa quelques mots aux Argeciel, qui ne bronchèrent pas. Lui se retourna, sortant sa baguette, et leva une barrière magique invisible derrière lui.
– Allez-y. Les agents Basista et Delpierre vont vous accompagner jusqu'à la tente de commandement.
– Merci, bonne journée à vous.
– De même, messieurs-dames.
Le chemin était long, de ce premier poste au suivant. Exane secoua mentalement la tête devant tant de bêtise. Elle toucha discrètement le bras de son époux, et se baissa pour refaire son lacet qui était parfaitement serré.
– Madame, nous ne pouvons pas nous arrêter ici, la pressa l'agent Delpierre. La crête est assez instable, et des rochers peuvent…
Il ne finit jamais sa phrase. Exane déploya le bouclier magique tatoué sur son avant-bras, et l'asséna violemment sur la tête de l'agent qui s'évanouit. L'autre agent émit un sifflement strident, probablement un signal d'alarme, et lança tout de suite l'offensive en invoquant un feudeymon prenant la forme d'un ours si démesuré qu'il dépassait de la corniche rocheuse. Tout le monde se baissa, sauf Akane qui leva les deux mains à la hauteur de ses épaules, et prononça une formule qui sonnait si étrangement, qu'on aurait dit du latin prononcé à l'envers et aspiré. Quand elle claqua des mains, une onde de choc chassa tout l'air environnant. Le feudeymon disparut dans une volute de fumée, et l'Argeciel porta ses mains à sa gorge. Alex, qui retenait sa respiration, se redressa et le stupéfixia. Quand Akane relâcha le charme élémentaire, l'aspiration fut telle que ses cheveux se dressèrent brièvement sur sa tête.
– Badass ! admira Bash.
– Ta gueule, Norris ! répliqua la japonaise. Il a lancé une alerte, on fait quoi ?
– On guérit, évidemment, répondit Anthony.
Il s'approcha de l'agent qu'Exane avait assommé.
– Oubliettes.
– S'ils oublient qu'ils ont donné l'alerte, ils vont très vite se poser des questions quand quelqu'un leur posera des questions, souligna Christian.
Anthony ignora l'intervention et s'approcha de Basista. Il était stupéfixié, mais sa grimace débordait de haine.
– Pas si on a une meilleure histoire à leur raconter. Memoria Alterum.
Il lui murmura ensuite à l'oreille ce qu'il s'était "vraiment" passé : un rocher avait manqué de les écraser, c'est pour ça qu'il avait donné l'alarme. Delpierre s'était assommé en se jetant contre la paroi pour l'éviter, mais il n'y avait pas eu d'autre blessé. Ils avaient bien sûr accompli leur mission, accompagnant les experts à la tente de Lupin. Ils n'avaient plus qu'à reprendre rapidement leur poste.
– On sent le métier. Super boulot Antho, apprécia Bash.
– La ferme Norris, répliqua Anthony Goldstein. On bouge.
Les septs sorciers s'éloignèrent discrètement, levant le sortilège de stupéfixion au passage, et attendirent que les agents soient suffisamment éloignés pour reprendre leur route discrètement. En haut du sentier, ils furent arrêtés au second poste de contrôle, où ils n'eurent qu'à expliquer qu'on les avait déjà laissés passer en bas, mais que le chasseur avait gardé leur autorisation écrite.
– Abruti de Vattin, il fera tout pour me compliquer la vie celui-là ! râla le chasseur. Allez-y, Lupin vous attends sûrement déjà sur place. Quand je serai relevé, je descendrai récupérer votre autorisation pour la transmettre en bonne et due forme.
– Très aimable à vous, le remercia Akane. Par où est la Faille, je vous prie ?
Le chasseur ricana, et fit un signe du menton, vaguement vers sa gauche. C'est alors qu'Exane et les autres remarquèrent la Faille pour la première fois. Ils restèrent sans voix.
La plus grande crête entourant la gorge pyrénéenne était fendue de haut en bas par une immense balafre luisant d'un blanc argenté. À sa base, qu'on ne pouvait voir d'ici, elle devait être à peine plus large qu'un cheval ou un bœuf, et moins encore au-dessus. Cependant, Exane le savait par l'intermédiaire de Bash qui avait obtenu quelques informations, elle était suffisamment large pour laisser passer ces "aquaviri" femelles, des moustiques-libellules gros comme des saint-bernards, ou ces "siligondres", des réincarnations cauchemardesques d'arthropleuræ.
– C'est joli, hein ? commenta le chasseur.
– C'est grandiose ! lâcha sincèrement Christian.
– Les saloperies qui en sortent aussi, sont grandioses. Et mortelles. Jolies… beaucoup moins. M'enfin, j'espère que vous savez ce que vous faites.
Personne n'ignora l'avertissement. D'après ce qu'ils avaient compris, la Faille s'ouvrait sur une zone dangereuse des Terres d'Argent, une sorte de marais d'où surgissait des créatures mortelles, principalement insectoïdes. Le "marais" était peut-être plutôt une mangrove. Dans tous les cas, ils auraient les pieds dans l'eau.
En traversant le vallon, ils attirèrent de nombreux regards curieux. Exane n'était pas inquiète, ils effectuaient réellement le boulot pour lequel ils étaient venus : analyser la Faille était obligatoire, pour savoir s'il était prudent de la franchir sans précaution. Et quand l'attention baisserait, ils franchiraient la Faille. Personne n'avait de raison d'intervenir, hormis le superviseur des lieux, le capitaine Lupin, et celui-ci était dans sa tente de "commandement", vraisemblablement en train de pioncer car l'activité de la Faille était principalement nocturne.
Cependant, ce qui l'inquiéta, et qui la poussa à en toucher un mot à son mari, ne fut pas le regard d'un chasseur, mais d'une invitée, une véritable experte dans son cas.
– Alex, je crois qu'on est grillés.
– Quoi ? Comment ça ? s'étonna l'intéressé. Personne ne nous attaque, ça me semble bien parti. Allez, encore cent mètres à peine et on y est.
– La blonde là-haut, c'est Luna Lovegood, révéla Exane. Elle était dans ma maison à Poudlard, Serdaigle. Elle avait deux ans de moins, mais je suis sûre qu'elle se souvient de mon visage.
– T'es parano, chuchota Anthony, qui avait capté l'information. T'étais plus discrète que l'ombre d'un détraqueur, et tu as beaucoup changé. À l'inverse, tout le monde se souvient de Loufoca.
Malheureusement, Anthony Goldstein se trompait. Luna avait non seulement reconnu Exane, mais lui aussi, ainsi que le Poufsouffle Bash, et le Serpentard Christian. Luna, solitaire à Poudlard, avait eu tout loisir d'observer les gens, dans leur gestuelle. Elle ne se laissait pas berner par un changement de coiffure et quelques kilos en plus.
Or, si l'héritière Mason avait toujours été extrêmement discrète sur sa vie, Luna savait qu'Anthony travaillait pour le Département des Mystères britanniques. Elle adressa quelque mot à l'homme qui l'accompagnait, qu'Exane devina être Rolf Scamander, puis descendit de la crête pour aller droit sur eux.
– Merde, on fait quoi ? demanda Alex.
– Ce n'est que Luna, elle n'est pas dangereuse, assura Exane.
– Je m'en occupe ? proposa Bash dans un éclat d'acier.
– Range ce couteau, triple buse !
Quand Luna fut à portée de voix, elle garda pourtant le silence. Elle ne parla qu'une fois le groupe rejoint, de sa voix aussi douce que vingt ans auparavant.
– Bonjour Mason, Goldstein, Norris, Mason, et… vos amis que je n'ai pas le plaisir de connaître.
– Bonjour, Luna, répondit Exane.
– Je devine que cette visite impromptue concerne les Terres d'Argent, Exane ?
– Comment tu…
– Je te rappelle que tu as lu le bestiaire des Lovegood, fit remarquer Luna.
Exane ne put s'empêcher de sourire. Quelle mémoire !
– J'avais à peine quinze ans.
– Quatorze, corrigea Luna.
– Alors tu sais ce qu'il y a au-delà de la Faille ? comprit Anthony.
– Évidemment ! se rengorgea Luna. En théorie, tout du moins.
– Tout ce que le bestiaire mentionne existe ? demanda Exane, soucieuse.
– Tout ce qui a surgi de cette Faille y figurait, en tout cas, confirma Luna.
– Merlin nous damne…
Luna se gratta la tête, l'air gêné.
– Vous savez, je vais devoir signaler vos intentions à Monsieur Lupin… Je ne sais pas ce que vous risquez de provoquer, mais les équipes de sécurité doivent être prêtes.
– Tu peux nous accorder un tout petit délai ? espéra Exane. Juste le temps qu'on atteigne la Faille.
– Comme vous voulez. Mais de toute manière, elle est surveillée de près, donc je ne peux rien garantir. Ne faites pas de bêtises !
Et sans attendre de réponse, Luna flâna en direction de la tente de Lupin, en chantonnant d'une voix haut perchée.
– Elle a sniffé de la mandragore ? supposa Sven.
– Non, elle a toujours été comme ça, répondit Exane en la regardant s'éloigner. Vous l'avez entendue ? On doit se dépêcher !
Ils accélérèrent donc le pas. Plus que cent mètres… cinquante mètres… Jusqu'alors masquées par la lueur irréelle de la Faille, deux silhouettes se détachaient sur les rochers sombres. À vingt mètres, Alex put distinguer leurs traits. S'il ne connaissait pas le plus jeune, l'autre lui était tristement familier.
– Je vais lui parler, dit-il simplement à Exane, avant de se détacher du groupe.
L'apercevant qui s'avançait, l'intéressé ordonna au jeune homme d'aller lui chercher un café. Alex attendit que le jeune homme ait dépassé le groupe pour s'approcher de l'autre.
– Cook.
– Bailey, quelle désagréable surprise !
– Pourquoi je suis pas surpris de vous trouver ici ?
– Parce que Carter vous l'a dit ?
– Évidemment, la taupe de Loup Gris… Ça ne pouvait être que vous.
– Qui est mieux placé ?
– N'importe qui sauf un Cook.
– Vous êtes mal placé pour dire ça, Mayflower.
Le reste du groupe s'était approché de la Faille, et donc des deux hommes. Exane s'immisça dans la conversation :
– Qui est cet homme, Alex ?
– Exie… J'ai le malheur de te présenter Jefferson Cook, alias "l'Allemand". Cook, voici mon épouse.
– La légendaire Exane Mason, bien sûr ! Ravi de vous rencontrer, ma chère !
– Est-ce que vous êtes ce fils de pute qui…
– Voyons, laissez ma mère en dehors de ça, s'il vous plaît !
– Je parlais de votre père, corrigea Exane, très sérieuse.
– Touché ! ricana Cook. Mais je ne suis pas là pour ça. Je représente les intérêts de Loup Gris au cœur des choses. Tant que Samaël fait profil bas, nous pouvons encore éviter la rupture. Vous êtes tous là pour ça, je suppose ? Sept sorciers, dont trois agents secrets… Et un tueur en série sociopathe au charme ravageur.
– Merci pour le compliment ! approuva Bash.
– Ça n'en était pas un, Corbeau. Alors ? Rupture ?
– Ça n'est pas à l'ordre du jour, réfuta Alex. Nous sommes ici pour aller là-bas.
L'Allemand sourit, et sortit un petit objet argenté. Alex reconnut une cloche d'Hermès et porta la main à sa baguette.
– Alors je vous conseille de plonger sans plus attendre ! lâcha-t-il avant d'activer le portoloin de poche.
– Espèce de…
– Alex, Exane ! s'écria Christian.
Tous se tournèrent vers la vallée, et virent le contingent de tireurs d'élite, guidés par Arcadus Lupin… Et Mercier. Ce dernier gueula d'une voix magiquement amplifiée :
– PLUS UN GESTE OU LES ARGECIELS VOUS VAPORISENT ! NOUS ALLONS VOUS PLACER EN DÉTENTION PRÉVENTIVE ET CONTRÔLER VOS IDENTITÉS !
– Cet enfoiré a détourné notre attention ! couina Exane, horrifiée d'être tombée dans le panneau.
– Et Lupin a appelé Mercier, ajouta inutilement Anthony, qui haïssait le directeur de la Rosace.
Ils sortirent tous leur baguette, et cinq boucliers se déployèrent autour de la Faille, protégeant Sven et Anthony qui examinaient la Faille, jetant des cailloux et divers sorts à travers pour en tester les propriétés magiques.
– ON VOUS AURA PRÉVENUS !
Une tempête de feu bleuté se leva soudain dans la vallée, et déferla droit sur eux. Akane s'avança, et glissant sa baguette dans ses cheveux, leva ses deux mains nues. La bourrasque qu'elle déclencha fut si puissante que des rochers gros comme des voitures volèrent vers les militaires. L'arrière-garde pulvérisa les rochers au vol, tandis que l'avant-garde interrompait le sort collectif pour ne pas se prendre le retour de flamme.
Le contingent avait déjà réussi à se déployer sur la zone, arrosant le petit groupe de sorts de tous les côtés. Les cinq membres du Cercle d'Argent forcés de tenir la position s'en sortait pas trop mal, jusqu'à ce qu'intervienne Ratko Kasun, capitaine des Argeciel. Celui-ci provoqua une explosion massive de chaque côté de la faille, faisant s'effondrer les parois rocheuses dans le prolongement du pic de la Faille. Les charmes de vent d'Akane ne suffiraient pas, et Kasun le savait. Il était entraîné à vaincre des armées entières à lui seul, alors cinq sorciers…
Mais les membres du Cercle n'étaient pas des sorciers ordinaires. Plus vite que l'œil humain ne pouvait suivre l'action, Christian et Bash arrosèrent les rochers massifs de sorts pour pulvériser les plus gros rochers, qu'Akane déviait de deux poussées d'air manipulées en même temps. Elle donnait l'air de faire la circulation au milieu d'un carrefour à quarante voies… ou de danser la tektonik. Pendant ce temps, le couple Bailey-Mason tenait tête aux sorciers qui continuaient à les bombarder.
Et Exane hurla.
Un soldat valdingua, projeté par l'onde de choc, atterrissant sur un collègue. Les deux furent assommés sur le coup. Alex se tourna vers sa femme, impressionné mais désapprobateur :
– On a dit qu'on ne tuait personne, Exie.
– Si je voulais le tuer, j'aurais rajouté des décibels ! Christian ! appela-t-elle en attrapant le bras de son mari.
Christian attrapa un gros rocher d'un sort de lévitation, et le propulsa vers les tireurs de baguette. Mais au moment de le relâcher, il lui jeta un charme d'amplification graduelle : plus le rocher s'éloignait, plus il grossissait. Il tomba au sol et s'immobilisa avant d'atteindre les adversaires, obstruant la gorge du vallon. Il ne restait que les tireurs perchés sur la crête de chaque côté.
– Ça devrait retenir ceux-là un bon… un bon moment ! s'écria Christian, déviant un sort. Vous faites quoi, les experts du dimanche ?
– Je crois que c'est bon ! répondit Anthony. On devrait pouvoir passer la Faille sans risquer nos vies.
– Tu crois ? On devrait ? répéta Exane. T'as pas mieux à nous annoncer ? Hastæ venatur !
– Si t'as mieux à me proposer…
– Attends, j'ai une idée ! intervint Sven. Serpensortia !
Il attrapa au vol le taïpan du désert invoqué par le sort, et sortit de sa poche une cordelette qu'il attacha autour du cou du serpent. Il balança ensuite le pauvre animal aussi fort qu'il le put par la Faille. À sa grande surprise, il entendit clairement le splash quand celui-ci atterrit dans l'eau. Il tira rapidement sur la cordelette, ramenant dans notre monde un serpent indigné d'avoir été trempé, mais en parfaite santé.
– Evanesco. C'est bien un canal direct, on peut plonger dans…
Il fut interrompu par une explosion assourdissante, accompagné de cris de guerre. Les chasseurs et tireurs avaient atteint le rocher, et l'avait pulvérisé. Ils se déversaient maintenant dans le dernier vallon, où quelques semaines auparavant avait été éteint le dernier héliopathe.
– Sautez ! ordonna Bash. On les retient !
Exane hésita un instant, inquiète. Pas pour Bash, mais pour son frère. D'accord, peut-être pour Bash aussi. Un peu. Mais Christian s'avança, invoquant des golems de roche d'une main, parant les sorts ennemis de sa baguette de l'autre. Elle se retourna, et vit que Sven et Anthony avaient disparu. Akane franchit à son tour la Faille, et Exane put pendant un instant l'apercevoir de l'autre côté, avant que la lueur argentée ne brouille sa silhouette. Alex l'attendait à côté de la Faille, tendant la main vers elle.
– Dépêche-toi !
Exane attrapa sa main, et ils plongèrent tous les deux.
Face à la puissance de l'assaut, Christian dut reculer. Il cherchait un peu à tâtons à rejoindre Bash, quand il sentit une baguette s'enfoncer entre ses omoplates. Il se figea d'horreur, comprenant.
– Anima Dilitirio Semper, énonça Bash d'un ton froid.
Christian s'effondra comme une poupée de chiffon, sous le regard froid de Sebastian Norris. Celui-ci afficha un rictus victorieux. Bye Bye, Chris.
De l'autre côté de la Faille, les nouveaux explorateurs tentaient de décrypter le paysage. Ils avaient effectivement atterri dans une mangrove… mais marécageuse, avec de l'eau douce et vaseuse. Une odeur étrange montait, ressemblant plus à du parfum de vieille dame qu'à un gaz naturel tel le méthane qu'on pouvait attendre dans un marais. Les grands arbres biscornus avaient le tronc gris foncé, et les feuilles en hauteur étaient… bleues ?!
Akane ramassa une feuille tombée, qui flottait à la surface de l'eau peu profonde. Elle était verte, mais réfléchissait la lumière comme si elle était métallisée. Quand Akane fit tourner la feuille entre ses doigts, celle-ci étincela d'un bleu intense.
– Comme le begonia pavonina, commenta-t-elle à mi-voix.
Elle leva les yeux. Aucun soleil n'était visible ; la lumière argentée semblait émaner du ciel tout entier. En se retournant, elle put apercevoir une lune, plus petite que celle de la Terre, à quart pleine.
Son attention fut détournée par un bruit d'éclaboussure et un juron : Bash venait de franchir la faille.
– Où est Christian ? s'affola Exane.
– Merci, je ne suis pas blessé, répliqua Bash.
– OÙ EST MON FRÈRE ?! hurla-t-elle en se cassant presque la voix.
Bash trembla de peur un court instant. Quand Exane hurlait, ce n'était jamais bon. Celle-ci l'empoigna par le col et lui planta sa baguette sous le menton. Derrière elle, tous les autres étaient prêts à dégainer. Alex avait les bras croisés et fusillait Bash du regard. Il n'intervenait pas, il n'en avait pas besoin.
Bash leva les deux mains en signe de paix.
– Il s'est pris un sort ! Il est tombé, j'ai rien pu faire !
– Il est mort ou pas ?
– J'en sais rien ! J'ai pas vu la couleur du sort, il est juste tombé !
– Il faut aller le chercher ! lâcha Exane en laissant tomber Bash.
– C'est trop dangereux, Exane ! intervint Alex d'une voix calme.
– On ne peut pas sceller la Faille si le Cercle n'est pas complet, grimaça Akane.
– Exane et Christian sont du même sang, fit remarquer Alex. S'agissant de magie rouge, je doute qu'un doublon aurait eu beaucoup plus d'effet. Et puis les français avaient réussi à la faire tenir avec cinq sceaux, alors six devraient suffire pour au moins mille ans de plus… Et puis on t'as toi, Akane.
Celle roula des yeux mais hocha la tête. Peu convaincue, Exane s'éloigna Bash. Alex soupira discrètement de soulagement. Si Christian avait survécu, et après l'assaut initial aucune attaque des Argeciel ne semblait intentionnellement mortelle, il serait rapidement relâché grâce à l'influence de la Caste Noire, et Alex pourrait tenir sa promesse auprès d'Irène que son époux lui reviendrait sain et sauf.
Le groupe s'éloigna en discutant à mi-voix, pour explorer la zone et sécuriser le périmètre direct de la Faille.
À peine quelques minutes plus tard, une silhouette se glissa derrière eux, et franchit la Faille dans l'autre sens. Une silhouette humaine.
.
.
De l'autre côté de la Faille, au moment où Christian et ses golems s'effondrèrent, il y eut un flottement confus parmi les tireurs. Aucun ne quittait les cibles des yeux. Et aucun d'eux n'avait atteint celui-là.
Quand l'autre franchit la Faille seul sans se retourner, Lupin comprit.
– Un traître, cracha-t-il. Bien fait, tiens !
Il ordonna aux tireurs au sol de se déployer dans le vallon, et à ceux perchés sur les crêtes de chercher d'éventuels planqués. Il héla ensuite deux chasseurs, Navajas et un nouvel affecté nommé Monnier :
– Remblayez-moi ce foutu bordel ! je veux retrouver ma magnifique zone d'exécution à bestioles. Et que quelqu'un aille me chercher cet abruti là-bas !
Quelques chasseuses se précipitèrent vers Christian. L'une d'elles, la trappeuse Aimée-Lyne Hastier, jura.
– Capitaine, on a un problème.
– Quoi encore ? Il est mort ?
– Non, il respire. Mais c'est Christian Mason. Le patriarche de la maison Bourgeois.
– Toucher rectal de détraqueur ! jura Lupin. Que fais ce richard ici ?
– J'en sais rien, mais il faut rapidement l'évacuer vers une zone sécurisée, si on ne veut pas déclencher un incident diplomatique.
– Une zone sécurisée ! ricana Lupin. Comme si ça existait encore.
– On peut l'envoyer à Beauxbâtons ? suggéra l'Allemand, surgi de nulle part. Je dois justement m'y rendre.
– Hum, mouais. Faisons ça. Si Mercier n'y voit pas d'inconvénient ?
– Allez-y, Cook, approuva le directeur de la Rosace.
– Au fait, chef, je crois que…
Soudain, Aimée-Lyne s'interrompit, et avança vers la Faille. Elle était persuadée d'avoir vu quelqu'un de l'autre côté.
– Qui…
Devant elle, quelqu'un franchit effectivement la Faille. Un très grand homme à la peau blanche, vêtu d'une tenue de toile noire recouverte d'une cape rouge. Une épée dépassait derrière son épaule. Aimée-Lyne, habituée à traiter avec les vampires, ne fut pas immédiatement effrayée. Elle leva les yeux pour croiser le regard de la créature, qui mesurait plus de deux mètres. Mais en voyant les yeux noirs et rouges, les quatre sourcils droits et la gemme sertie dans le front du nouvel arrivé, elle comprit que ce n'était pas un vampire du tout. Ses yeux s'arrondirent de peur. Aucun humanoïde, à l'exception discutable des héliopathes, n'avait jamais franchi la Faille. Mais à vrai dire, personne n'avait jamais essayé d'aller dans l'autre sens non plus…
– D'accord, dit simplement la créature d'une voix chaleureuse, dans un français à peine teinté d'un accent. Tu feras l'affaire.
Il posa sa main sur le front d'Aimée-Lyne, et disparut purement et simplement.
Cependant, quand Aimée-Lyne se retourna, ses yeux étaient devenus noirs et rouges. Elle leva les deux mains, et claqua des doigts. Tout le monde dans la Fosse des Loups s'effondra en même temps.
– Ainsi renaît Gamaliël, le Spectre de la Nuit ! annonça-t-elle.
Elle s'éloigna de la Faille en gambadant, et en chantonnant.
– Elle descend de la montagne à cheval ! Elle descend de la montagne à cheval ! Elle descend de la montagne, elle descend de la montagne…
.
.
Au moment où Gamaliël avait franchi la Faille, Mathis Devaux était en train de faire la vaisselle à la main, chez sa mère moldue. Il détestait faire la vaisselle, mais il ne pouvait plus espérer refourguer la corvée à son aîné.
Dans le service des soins palliatifs de Notre-Dame des Orages, Justine Levallier jouait aux dames avec son voisin de lit, en attendant la visite de ses parents. Elle avait horreur des dames, mais M. Verville était adorable et mourrait de toute manière dans le mois, alors la jeune fille lui cédait volontiers ce petit caprice.
Au manoir des Appelbaum de Belgique, Mauvia Staarleit partageait une tasse de thé avec ses nouvelles amies, Cytra Appelbaum et Marie-Alice Sirtesente. Ou du moins, ses amies avaient une tasse, et elle un gobelet en fer-blanc, seul récipient que la maladroite adolescente ne risquait à priori pas de casser.
Aux États-Unis, Danielle Bourgeois venait d'apprendre le départ de son père. Elle avait dû l'extraire de la mémoire de sa mère grâce à son talent PSI, car celle-ci refusait de lui révéler quoi que ce fût.
À l'orphelinat de l'Île des Sorcier, Duneska Henry passait le temps en jetant des cailloux sur un cocotier pour en faire tomber un fruit. Elle manqua un tir, et la petite pierre dépassa l'arbre pour atterrir… sur la tête du directeur de l'orphelinat, à son grand désespoir.
Bien plus au sud, au cœur de la jungle Amazonienne, Isadora Castilho révisait ses gammes à l'ocarina avec sa mère. Celle-ci (Margareth, bien sûr) était une professeure patiente, mais Isa était très exigeante avec elle-même, et recommençait depuis le début à chaque erreur.
Au moment où Gamaliel claqua des doigts, tout au fond de la Fosse des Loups, tous les six entendirent un sifflement strident, douloureux.
Tous les six s'effondrèrent.
.
.
FIN.
Pour ce tome ! le cycle du Secret continue avec le tome 5 de la saga Entre les Mondes : La Légion d'Argent.
Comme promis, je clos le vote, et je vous communique le top 5 du sondage "quel participant au Projet Rosa souhaitez-vous voir terminer sa scolarité à Beauxbâtons ?".
1) Isadora Castilho : 15
2) Iago Alessandri : 14
3) Nyurapayia Nakamarra : 12
4) Erio Alessandri : 9
5) Ophélia Haley : 8
J'avoue être supris par le résultat de ce vote. Les gens pouvant voter pour plusieurs personnes en même temps, cela signifie que cinq personnes ont voté pour que Iago soit séparé de son frère jumeau. Cela est sûrement dû au fait que Iago est le seul des deux à avoir exprimé des regrets sur l'absence de module de duel à Fin'Arte Del Magia.
Je suis sur ce même résultat surpris qu'il ait eu plus de votes que certains personnages ayant eu un rôle plus prépondérant, comme Pia qui arrive juste derrière lui, ou Duneska, carrément hors-jeu (bon, elle, je m'attendais à rien, mais ça aurait facilité les choses vu son rôle évident dans la suite).
Mais je respecterai le choix du peuple, et entre 3 et 5 de ces personnages feront leur rentrée à Beauxbâtons le tome suivant (minimum 3 parce que faut pas déconner, je sépare pas Isa et Pia !).
Après ce tome, ELM va faire une petite pause, le temps que Dreamer se resynchronise dans les Marchands de Secrets pour la suite du crossover. Moi, en revanche, pas de pause ! Je dois avancer les Wiccans de Salem, Renouveau 6, essayer de refaire un Destin Parallèle (Canada, Banff), et surtout… Une surprise dont je n'ai jamais parlé, mais qui fera bien partie du Multivers, dans un registre assez particulier.
