Chapitre VII : De Sombres Nouvelles...
Vers six heures du matin, alors qu'Harry et Drago dormaient dans les bras l'un de l'autre, une chouette du Ministère de la Magie frappa à la fenêtre de la tour. Le brun se redressa, les yeux mi-clos, à peine conscient, pour retirer du bec de la créature, une lettre dont l'écriture lui était vaguement familière. La lettre indiquait qu'il en était le destinataire, ce qui signifiait que ce courrier venait d'Hermione, de Blaise ou Neville. Il déchira l'enveloppe et se posa contre la fenêtre refermée pour lire :
« Bonjour Harry,
Quelqu'un vient d'écrire à la Gazette en affirmant avoir vu Harry Potter en train d'embrasser Drago Malefoy, sur le chemin vers l'école de Poudlard. C'est un ami journaliste de confiance qui a eut la bonne idée de me prévenir car il soutient ma politique. C'était imprudent de votre part, et il ne fait aucun doute que dès que la Gazette obtiendra une preuve ou un témoignage crédible, ils publieront.
Comme nous en avions convenu l'année dernière, il vaut mieux faire la révélation vous mêmes, afin d'imposer votre narratif, car il est inutile de dire que celle du journal ne sera pas aussi flatteuse, surtout pour Drago. Je vous confie Blaise, il logera à Pré-Au-Lard, le temps de mettre en place un plan de communication efficace. Harry, je sais que tu ne l'apprécies pas mais il est réellement compétent, donc j'aimerai que tu écoutes ces conseils.
Je suis désolé que les choses s'accélèrent contre votre gré, mais ce n'est qu'un mauvais moment à passé. Nous pourrons toujours en discuter dans deux semaines au repas chez Arthur et Molly,
Nous serons toujours là pour toi,
Hermione. »
Au fur et à mesure qu'il avait lu la lettre, Harry était devenu de plus en plus blanc. Une boule lourde et remplie d'inquiétude lui pesait à présent sur l'estomac. Alors qu'il fixait Drago, endormi dans les draps, il fut soudain noyé par un océan de doute. Drago Malefoy arriverait t-il à faire face ? Risquait-il de le perdre ? Est-ce que leur relation allait être différente ?
Difficile de répondre à tout cela. Drago pouvait être tour à tour, insolent et charmant, courageux et faible. Le garçon avait fuit ses congénères, il avait mis un océan entre son rival et lui. Mais, ce même lâche, avait été le seul à combattre jusqu'au bout le Seigneur des Cendres, au côté de Harry.
Sans ce dernier pour lui tenir chaud, et accessoirement, lui servir d'oreiller, le blond se redressa en balayant de son regard endormi pour trouver son petit-ami. Il trouva finalement les yeux inquiets de ce dernier, illuminés par un rayon de lune, tournaient vers lui.
-Qu'est-ce qui ne va pas ? Demanda Drago.
-Quelqu'un nous à vue hier, sur la route entre Poudlard et le village. La Gazette est au courant, ils vont cherchés des témoins ou des preuves de notre relation. Hermione vient de m'envoyer une lettre pour me prévenir.
L'ancien Serpentard se raidit, comme si on venait de verser sur lui, un sceau d'eau glacée.
-On savait que ça arriverait, annonça t-il, d'une voix morne.
-Blaise est en route pour nous aider à préparer les choses, mais je ne veux pas que tu souffres encore des rumeurs et des préjugés. Je comprendrais, tu sais, si tu voulais partir...
-C'est une blague ? Demanda Drago de sa voix venimeuse. Comment peux-tu croire une seule seconde que j'ai envie de partir quelque part ?
-Tu as déjà fuit le pays à cause de la réputation de ta famille, fit Harry. Tu as changé depuis, je le sais bien, mais tu l'as dit toi-même, tu n'es pas aussi courageux que moi. Ce n'est pas un reproche, je ne te demande pas d'être comme moi, mais ça veut dire qu'un jour, tu pourrais vouloir fuir.
Drago quitta le lit, et fonça vers Harry.
-Tu es le pire crétin que la Terre est porté, Harry ! Fit-il dans un souffle. Il n'y avait pas de colère dans cette phrase, mais de la peine. Le brun l'avait blessé et en voyant le visage de ce dernier Drago comprit qu'il avait besoin d'une explication plus claire.
-Le fait que je sois moins courageux que la tête brûlée des Gryffondor n'est pas une excuse pour douter de moi comme tu le fais. C'est vrai, je me connais, je suis parfois lâche, et parfois je mens pour obtenir ce que je veux, cela sans le moindre scrupule. Tu ne pourras jamais avoir complètement confiance en moi, à juste titre, et ce n'est pas ce que je te demande, mais là, ce n'est pas de moi que tu doutes, mais de nous. Tu penses que notre relation ne pourra pas faire face à une annonce publique, et que j'en suis le maillon faible.
Harry resta silencieux devant autant d'éloquence. Le blond venait de percer à jour une réalité qu'il avait lui-même ignorer : son propre orgueil. A force de vouloir protéger la veuve et l'orphelin, de vouloir prendre soin des autres, il avait fini par ignorer leurs puissances propres. A présent, Harry comprenait mieux les mots de Drago, le jour précédent. « Je me retiens parce que nous sommes ensemble, pas à cause de tes principes idiots ou parce que je veux être le gentil de l'histoire. » Ces mots prenaient désormais un autre sens : Ils signifiaient que Drago Malefoy ne se battrait jamais pour le bien commun, mais toujours pour eux, pour Harry et lui, ensemble.
C'était là, l'immensité de l'amour que Drago avait pour lui, pour eux. Harry remercia Merlin d'avoir fait revenir ce foutu blond en Angleterre, car il était si heureux en cet instant, et si coupable à la fois, que son cœur menaçait d'exploser. Les battements étaient si rapides et douloureux. Durant de longues minutes, Harry goutta à un bonheur d'une effroyable intensité. Il pleurait de joie.
Drago n'avait pas attendu d'excuses, il avait simplement rejoint la salle de bain pour prendre une longue douche et se remettre les idées en place. Comment pouvait t-il sortir avec quelqu'un d'aussi idiot que Potter ? Ce crétin de Gryffondor avait l'intelligence d'un sage pour passer les épreuves de la vie, mais la capacité émotionnelle d'une petite cuillère. Heureusement, qu'il était beau. Heureusement qu'il était fort. Heureusement, qu'il était là. Heureusement qu'il était lui. Drago posa sa main sur le carrelage de la douche. Comment pouvait t-on être aussi amoureux ?
-Je suis désolé, fit soudainement une voix derrière lui.
Drago se retourna.
-Tu as les yeux rouges. Tu viens de pleuré ?
-De bonheur, répondit le brun avec son honnêteté brutale. Je viens de me rendre compte à quel point je t'aime, et à quel point j'aime être avec toi.
Drago n'appréciait pas les grandes effusions, il préférait les conversations sérieuses et calmes. Mais il fut heureux de constater que leur première dispute s'était achevée aussi bien. Harry s'était excusé, il avait rejoint Drago sous la douche et ce dernier lui chuchota à l'oreille ces quelques mots : « Moi aussi, je t'aime, crétin. »
Le reste de la journée fut relativement calme, comme ce qui précède la tempête. Les deux amants ne doutaient plus, mais l'inquiétude était toujours là. Vers midi, Blaise arriva à Pré-Au-Lard, et il rejoint Drago qui travaillait à l'infirmerie en début d'après-midi. Ce dernier était en train de vérifier les soins que Sélène venait d'appliquer sur une brûlure causée par une explosion de chaudron.
-Le bandage est un peu trop serré, expliqua t-il. Tu dois être vigilante, et trouver le juste milieu. Il doit être assez lâche pour que la circulation du sang ne soit pas obstrué mais assez pour que l'onguent pénètre la peau brûlée. C'est particulièrement compliqué pour cette pommade là, je sais, mais ça viendra avec de la pratique. Je te laisse finir ta consultation, le reste était bien.
Elle acquiesça, et il s'éloigna pour rejoindre son ancien camarade.
-Salut, Drago.
-Blaise, répondit le blond, en l'invitant à s'asseoir de l'autre côté du bureau.
-Vous avez eut la lettre d'Hermione ?
-Oui. Il faudra remercier ta chère Ministre pour ça elle est responsable de notre première dispute de couple.
Tout en disant cela, Drago fit apparaître deux tasses de thé.
-C'était à prévoir, ce n'est pas une situation très confortable pour vous. Je suis passé te voir avant d'aller voir Harry, car j'aimerai tes conseils. Il ne m'aime pas, et j'aurai besoin d'une marche à suivre pour qu'il m'écoute.
-D'après ce que j'ai compris, il ne t'aime pas car tu as fais des choses derrière son dos et celui de Granger pour qu'elle gagne l'élection.
-Potter n'a pas le sens politique de sa meilleure amie, tout simplement. Granger m'a pardonné tout ça depuis longtemps, mais pas lui.
-Ce n'est pas important, il n'est pas idiot. Si tes idées sont bonnes, et pas malhonnêtes alors tu auras son accord. Dans le cas contraire, Granger et moi nous lui feront la leçon. C'est quoi ton plan, exactement ?
-On organise un interview avec une journaliste pour toi et Harry, ensemble. Vous racontez votre histoire de manière sincère et honnête. On pourra ainsi confisquer le narratif des mains de vos détracteurs. Il faudra probablement que tu défendes ta nomination à la tête de St-Mangouste, et que tu démontres que ce n'est pas du népotisme de la part de Granger. Le seule problème, c'est qu'on va devoir justifier ta présence ici.
-Il est hors de question d'ébruiter l'état d'Ariana, cela relève du secret médical, et ça compliquerait l'enquête. On peut dire une semi-vérité, on explique que je suis là pour observer et organiser la nouvelle spécialisation en soin de Poudlard pendant que Ariana est souffrante. C'est cohérent.
-Je croyais que ton petit-ami n'aimait pas mentir.
-Quand c'est pour de bonnes raisons, il s'en accommode très bien. Je sors boire un verre avec Théo, ce soir, tu nous accompagnes ?
-Pourquoi pas. Je suis entouré d'anciens élèves de Gryffondor et de Serdaigle tout au long de la journée. Une virée chez Serpentard ne fera pas de mal. Avant que je ne rejoignes Potter pour discuter avec lui, il faut que je t'annonce une mauvaise nouvelle que j'ai appris des services de l'immigration.
-Est-ce que je risque un exil définitif, ou une autre idiotie administrative du genre ? Fit Drago, d'une voix lasse, un sourcil levé.
-Non, bien sûr que non. C'est simplement que Pansy Parkinson et sa famille sont en train d'organiser leur retour en Angleterre. Ils seront sur le territoire dès la semaine prochaines.
-Je ne vois pas trop quel est le rapport avec moi, Blaise. Pansy et moi, nous ne nous sommes pas vu depuis la fin de la guerre, si ce n'est lorsqu'elle à témoigner à mon procès pour me défendre.
-Son père est proche de quelques fonctionnaires du MACUSA avec qui je m'entends également très bien. D'après eux, Pansy espère te reconquérir à son retour ici.
Drago ricana sombrement.
-Bien entendu. Maintenant que le nom de Malefoy n'est plus frappé d'infamie, en tout cas plus totalement, et que j'ai récupérer l'ensemble de mes biens, les vautours approchent. En tout cas, une chose n'a pas changé : Elle est toujours aussi peu subtile. Elle risque de tomber de sa chaise quand Harry et moi feront notre annonce.
-Je ne suis pas aussi optimiste que toi, répondit Blaise, la mine sombre. Beaucoup de gens vont croire que tu as utilisé un filtre sur Harry, mais elle, elle serait assez stupide pour croire l'inverse.
Blaise se souvenait très bien que Parkinson avait dit des horreurs sur Potter, Granger et Weasley. Des choses que même Drago, par bienséance, n'aurait jamais dit.
-Je ne suis pas inquiet, répondit ce dernier. Elle déteste Harry, mais elle est trop lâche pour s'en prendre à lui d'une manière où d'une autre. Quand nous nous sommes battus lui et moi, en sixième année, elle a vu mes blessures. Elle est terrifiée par lui.
-Tu devrais quand même faire attention. Elle pourrait devenir un problème.
-Pour être honnête, c'est le cadet de mes soucis. Je dois trouver un moyen de sauver Ariana, gérer une clinique à distance, ainsi qu'une enquête, et maintenant une annonce publique, en sachant que je sors avec Harry Potter, alors que la moitié du monde sorcier me déteste encore. Si tu veux t'en occuper, fait-le Blaise, je t'en serais même reconnaissant, mais moi je n'ai pas le temps.
-Tu veux que je dépêche quelqu'un du Ministère pour faire surveiller ton ancienne petite amie ? Demanda le conseiller, en terminant son thé.
Drago esquissa un sourire mauvais.
-C'est pour protéger celui qui à vaincu le Seigneur des Ténèbres, et par conséquent, la popularité de ta ministre. Je pense que ça permet de justifier une note de frais, non ?
Blaise lui répondit en souriant de toutes ces dents, comme un carnivore à qui on venait de lancer un morceau de viande.
