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Chapitre IX : L'Annonce

-C'est peut-être un passage..., proposa Harry tout en s'extirpant du puit qui donnait sur les toilettes, grâce à un sort.

-Même si c'est le cas, nous ne savons pas ce qu'il y a derrière. Il faut que quelqu'un étudie ça, quelqu'un de compétent, fit Drago. Cette chose... Elle me met mal à l'aise.

-Moi aussi, avoua le brun. Elle n'avait pas l'air de s'étendre en tout cas, donc j'imagine qu'on peut attendre demain soir pour organiser une réunion. Nous avons une horde de journaliste à affronter, il nous faudra des forces.

-Je me suis demandé un moment, si tu n'allais pas sauté pour éviter la conférence de presse.

-Ça m'a traversé l'esprit, s'amusa le brun. Mais je n'ai pas envie de faire face au courroux de Drago Malefoy.

-Je trouve ça un peu vexant que tu dises ça de manière aussi désinvolte, répondit le blond, d'un ton boudeur.

-Si tu veux que je sois honnête, je sais que tu es capable de choses terribles, répondit Harry, très sérieusement, alors qu'ils retournaient dans leur chambre. Nous nous sommes assez blessés dans le passé pour savoir de quoi l'autre est capable.

-Est-ce que tu as peur de moi ? Demanda Drago, qui ignorait la réponse qui lui ferait le plus de mal.

-Oui, répondit Harry en le fixant dans les yeux. C'est plus fort que moi, mais ça n'a rien à voir avec tes dons. C'est simplement normal quand on confie son cœur à quelqu'un d'avoir peur qu'un jour, il le brise.

Cette relation se révélait soudain plus complexe pour le Survivant que pour son petit-ami. Là où Drago pouvait avoir confiance, là où il pouvait s'investir sans la moindre retenue, Harry était plus prudent. Difficile de lui en faire le reproche, pensa le blond. Son caractère manipulateur et parfois même vicieux, était un frein. Ce dernier commençait pourtant à se dire qu'avec Harry, il arriverait peut-être à mettre de côté ses réflexes défensifs qu'il avait hérité de son père.

Le lendemain vers onze heures, deux personnes arrivèrent à Poudlard. La première était une femme avec une coupe garçonne, quelques amulettes portées en piercings, et des vêtements moldus dont une jupe écossaises aussi élégantes que courtes. Drago n'eut pas de mal à reconnaître le vieil homme en costume de sorcier traditionnel qui l'accompagnait. C'était Felix Pervall, un ancien reporter qui avait fait sa réputation en dénonçant un trafique d'écaille de dragon organisée par des fonctionnaires du Ministère.

Depuis le balcon de son bureau, Harry et Drago attendirent que Blaise et leurs invités n'arrivent. Après quelques explications de Blaise, et des salutations d'usage, le conseiller quitta la pièce, et les quatre autres s'installèrent sur la petite terrasse pour boire le thé.

-Vous êtes ici pour répondre aux questions de nos lecteurs sur votre relation, expliqua Félix. Seulement, nous ne pouvons pas commencer par cette question. Il faut du story telling, du suspens, et pour être honnête, je n'aime pas vraiment faire dans le people... Nous allons donc essayé de produire un contenu un peu plus intéressant que cela.

Harry trouva soudain cet inconnu beaucoup plus sympathique. Le vieillard sorti de sa poche intérieur qui semblait immense, une plume à papote, ainsi qu'un carnet de note. Le brun fonça les sourcils, ces plumes lui rappelaient de mauvais souvenirs.

-Allons-y, lança Félix, en redressant d'un doigt, ses lunettes en demi-lune. Première question : L'année dernière lors de votre interview, Monsieur Malefoy, vous parliez de légère friction mais d'une entente cordiale entre vous et Monsieur Potter. D'après les rumeurs, les choses semblent avoir changés, non ?

-Les frictions sont toujours là, mais nous nous entendons très bien, nous avons effectivement dépasser le stade de l'entente. Je pense que combattre au côté de quelqu'un n'est pas anodin.

-En effet, vous avez fait sensation auprès de l'opinion en arrêtant un terroriste extrêmement dangereux l'année dernière, ensemble. Est-ce que ce changement de statut à changer la vision que vous aviez l'un de l'autre ?

-Elle avait déjà changée avant, expliqua Harry. Je n'ai pas l'habitude qu'on me dise quoi faire ou avec qui je dois être ami. Drago le sait mieux que personne, s'amusa le brun qui commença à se détendre.

-Nous avons toujours été rivaux, et que nous soyons ennemis, amis ou autres, c'est une chose qui ne changera jamais. Nos réputation respectives étaient des barrières que nous avons été contraint de faire tomber pour le bien de l'enquête.

-Aujourd'hui vous vous entendez donc mieux, vous n'avez pas de regrets sur vos inimitées passées ?

-Non, répondit Harry. Nous n'étions pas les mêmes à l'époque. Mon seul regret, c'est que, à cause de ces erreurs passées, au moment où j'ai voulu tendre la main à Drago, en plein cœur de la guerre, nous avions atteint un tel niveau de rancœur qu'il était impossible qu'il change de camp.

-Vous ne semblez pas tenir rigueur à Monsieur Malefoy de ses choix passées. Nos lecteurs seront sans doute étonnés.

-Peut-être, nota le brun. Drago n'est pas un ange, mais il est monstrueux de demander à un adolescent de choisir un camp quand sa famille entière est dans l'autre. Les gens qui reproche à Drago d'avoir été un Mangemort sont souvent ceux qui n'étaient pas là pour se battre à nos côtés pendant la guerre. Drago lui, se battait pour que son père soit fier de lui.

-Et Drago, vous pensez que, avec son idéologie, votre père serait fier de vous ?

-Ses idées compte moins que notre nom. Ses priorités ont conduit ce dernier dans le charnier dont j'essaye à présent de l'extirper. Je ne sais pas si mon père serait fier, mais il devrait être reconnaissant que je n'ai pas définitivement quitté l'Europe pour vivre en paix loin de tout ça.

-Et bien... Si quelqu'un doutait encore de vos intentions, les choses sont claires à présent. Nous en venons à présent à la fameuse question. De nombreux témoins disent que vous avez opérés un rapprochement qui dépasse le cadre de la simple amitié, est- ce vrai ?

Harry et Drago se regardèrent, et durant un instant, le monde se figea. Ils étaient sur le point de révéler le plus grand secret, mais ils pourraient enfin se tenir la main lors des soirées, et même s'embrasser tendrement sans avoir peur d'être découvert. Le mot fut prononcé à l'unisson, un « Oui » rempli de promesses et de doutes.

-Merveilleux ! Scanda la photographe qui était restée silencieuse jusqu'ici. On va pouvoir faire des photos un peu plus sexy que les poignées de main diplomatique entre les ministres et les ambassadeurs gobelins, que je photographie habituellement.

Harry eut un petit sourire, cela ne l'enchantait pas de montrer sa relation au monde comme s'il était une bête dans un zoo, mais cette jeune femme le fit sourire. Son côté surexcitée était rafraîchissant.

-Revenons à l'interview, maugréa le journaliste. Comment peut-on passer du statut d'ennemi à celui de petit-ami ?

-C'est plus ou moins la même réponse que tout à l'heure. Nous ne sommes plus les mêmes tout simplement, expliqua Harry.

-Et puis, reprit Drago, tous les deux, nous étions des adolescents dans une guerre, en première ligne. C'est plus facile d'être avec quelqu'un qui sait ce que l'autre à vécu.

-Vous devez savoir que cette annonce va mettre beaucoup de gens en colère. Que voudriez-vous dire à ceux qui pensent que cette relation est une erreur ?

-Que si c'est le cas, sourit Harry, c'est la plus belle des erreurs.

-On ne tombe pas volontairement amoureux de son rival, fut la seule réponse de Drago.

-Je n'ai pas envie de poser cette question mais j'y suis contraint, souffla le journaliste. Est-ce qu'on peut dire que le Sauveur de notre monde préfère les garçons ?

-Je crois que j'aime bien tout. Disons que je suis bisexuel, ou pansexuel, mais j'ai déjà bien assez d'étiquette sur le dos. Ce n'est peut-être pas utile d'en rajouter une.

Après l'interview, la jeune femme poussa les tables de la salle de défense contre les forces du mal pour ensuite faire apparaître un studio. Elle alluma deux immenses projecteurs, et indiqua à ces deux sujets où ils devaient se placer. Après plusieurs prises, elle s'arrêta finalement sur les deux garçons se fixant, leurs doigts que se rapprochent puis s'entrelacent au centre de la photo.

-C'est parfait ! Déclara t-elle finalement. Elle symbolise autant la réconciliation que l'amour, j'ai hâte de voir ce que les gens vont dire !

Les deux journalistes saluèrent leurs hôtes puis ils rejoignirent Blaise qui attendait à la porte, après quelques échanges, ils quittèrent l'école. Blaise rejoignit Harry et Drago avec un grand sourire.

-Félix m'a dit que c'était parfait, il était content.

-Ces questions n'étaient pas gênantes ou orientées, confirma Harry. Est-ce que c'est toi qui l'a choisi ?

-Oui. Comme vous n'aviez accordé aucune interview avant, j'avais le poids de la révélation pour peser dans la négociation avec la direction.

-Parfois, juste parfois, j'arrive à comprendre pourquoi Hermione t'aime bien, fit Harry.

-Moi, je n'arrive pas à comprendre comment une fille aussi intelligente peut être amie avec un idiot pareil, répondit Blaise.

-Blaise, évite de te moquer de Harry, s'il te plaît. C'est mon droit exclusif, acheva le blond, en enserrant la main de son petit-ami. Maintenant, nous allons faire un tour, tous les deux, si tu veux bien.

Les deux garçons quittèrent l'enceinte de l'école pour atteindre l'orée de la forêt interdite. C'était un lieu à la tranquillité relative, mais dont les élèves n'approchaient jamais. Il y résonnait parfois le galop d'un centaure solitaire ou d'une licorne, et parfois le hurlement d'un loup ou pire.

-Pourquoi sommes-nous là ? Demanda Harry.

-J'avais envie de prendre l'air. Demain, tout le monde sera au courant pour nous, et tous les élèves chuchoteront sur notre passage. Un instant pour tous les deux, avant la pluie de commentaires et de messages de désapprobation.

Drago s'éloigna un peu de lui, mais Harry l'attrapa entre ses bras, et l'embrassa dans le cou.

Au même instant, le hurlement d'un loup résonna depuis les profondeurs de la forêt.

-Je me demande ce que Lupin et Sirius me conseilleraient de faire pour demain...

-Des Gryffondors ? Ils te diraient de fermer les yeux et de foncer droit devant sans réfléchir.

-Heureusement, j'ai un Serpentard pour me faire la leçon.

Drago se retourna et ils s'embrassèrent tendrement. Leurs langues dansaient un élégant ballet. Les odeurs humides et enivrantes de la forêt les enivraient. « C'est comme ça que je veux vivre, c'est comme ça que je veux mourir » pensa Harry.