Chapitre XIV : Un Peu de Repos.
Blaise était à présent à l'infirmerie, toujours inconscient. Comme Ariana, il faudrait plusieurs semaines de coma avant que son esprit ne cicatrise. On venait de lui prendre une partie de lui-même. Au soir, vers vingt heures, tout le monde fut réuni, une nouvelle fois, dans le bureau de la Directrice.
-C'était la première fois, raconta Harry, que je voyais une lame capable de trancher un sortilège. Même l'épée de Gryffondor ne fait pas ça, achevant ainsi son résumé de la rencontre avec cette mystérieuse femme.
-Les gobelins savent peut-être quelque chose, considéra la Directrice.
-Nous avons déjà exploré cette piste lorsque nous avons appris l'existence d'une épée, indiqua Travers, nos sources à Gringotts disent qu'ils ignorent tout de cette épée. Ma réelle inquiétude concerne pour l'instant, le choix de la cible. Le conseiller de la Ministre, un proche et un haut fonctionnaire. Il est au courant de beaucoup de choses.
-Blaise et moi sommes plutôt proches, et il n'avait pas l'air de dire que vérifier des budgets et gérer la communication du Ministère étaient des tâches particulièrement sensibles. Ceux sont des informations intéressantes pour des opposants politiques, mais ils ne seraient pas assez stupides pour commanditer un attentat aussi flagrant.
-J'ai fait assez d'enquête pour savoir que l'important est dans les détails que les gens ne remarquent jamais. Son boulot semble ennuyeux, mais c'est très intéressant de connaître l'emploi du temps de tous les directeurs de département ainsi que de la Ministre, surtout si on veut passer à l'attaque. Je vais demander au chef Londubat d'envoyer des équipes de protection chez tout le monde. Concernant le diagnostique ?
-Il souffre bien du même sortilège qu'Ariana mais les effets sont plus faibles, donc les connaissances volées sont probablement de moindre importance. Malheureusement, même si ce sera moins long, pour l'instant il lui faut du repos, il ne se réveillera pas tout de suite. La bonne nouvelle, c'est que d'ici quelques heures Ariana sera debout, et nous aurons peut-être des informations supplémentaires.
-C'est une bonne nouvelle, fit Harry, mai je ne suis pas très optimiste. L'attaque venait de derrière elle, elle n'a probablement pas vu grand chose. Nous devrions plutôt compter sur la Langue-de-Plomb qui arrivera demain. Pour finir sur notre ennemie, nous pensions qu'elle utilisait ce sort par désespoir, cela semble se confirmer. Elle parlait d'une autre menace, et de « perdre une seconde fois », et de réussir à sauver le monde.
Drago eut un petit ricanement moqueur.
-Elle ne sait pas que la place est déjà prise ? Elle trouve peut-être que tu t'y prends mal ?
-Si elle n'était pas aussi dangereuse, je lui laisserai la place sans la moindre hésitation, répondit le brun, d'un ton joueur.
-Bon très bien, fit McGonagall. Vous avez tous accompli un travail exemplaire aujourd'hui, en particulier vous, Monsieur Malefoy, ainsi que vos deux stagiaires. Si certains parents n'étaient pas certains de la pertinence de ce programme de soin, cette journée fera changer de nombreux avis. Travers, je vous laisse faire votre rapport à Londubat et la Ministre. Ensuite, vous m'aiderez à rédiger un communiqué sur le terrible accident, il faut que nous trouvions une histoire crédible n'incluant pas une mystérieuse femme armée d'une épée.
Après la fin de la réunion, les deux amoureux rejoignirent la Grande Salle pour prendre leur dîner. Il était tard, si bien que la plupart des élèves avaient déjà rejoint les différents dortoirs. Les quelques adolescents encore présents n'avaient rien oublié de l'article de ce matin, et au moindre mouvement de Harry ou Drago, les chuchotements reprenaient et les regards s'agitaient.
-Tu veux ma tarte à la mélasse ? Demanda Drago sur un ton agacé. Elle est trop sucrée pour moi.
-Toi, ça ne va pas, nota le brun.
-Je commence à en avoir marre d'être ici et de m'occuper des bobos de Quidditch des élèves. J'ai une institut de médecine à diriger, et en plus les commérages m'exaspèrent.
Harry le fixa, les yeux ronds. Soudain, il explosa d'un petit rire moqueur que Drago n'apprécia pas du tout.
-Bien entendu, sourit le brun avec ironie. Tu m'en voudras pas si j'ai l'impression que c'est un juste retour des choses. Il me semble que les commérages, tu aimais plutôt bien ça quand nous étions à leur place. Plus sérieusement, je sais que cette situation est difficile pour toi, tu n'as jamais aimé Poudlard plus que ça, et tu préfères sans doute être dans ton élément avec des médicomages et des infirmières mais... On a vraiment besoin de toi, ici. J'ai besoin de toi, acheva t-il, dans un murmure.
Drago fixa son petit-ami avec un sourire doux.
-Par Merlin ! Harry Potter est d'un niais ! Ce n'était pas un reproche Potty, j'ai accepté ta demande, tu ne m'as pas forcé la main. Et puis, je préfère m'assurer que tu ne fonces pas dans le danger comme l'idiot que tu es.
Du coin de l'œil alors que Harry s'apprêtait à répondre, il vit un élève de sixième année de la maison Serdaigle qui approchait d'un pas hésitant.
-Oscar ? Demanda le brun.
-Excusez-moi, m'sieur ! Je voulais demandé des renseignements à monsieur Malefoy pour l'orientation vers la médicomagie. Je suis en sixième année, et mes parents n'ont pas voulu que je change d'option en début d'année pour étudier les soins magiques. Est-ce que je pourrais quand même devenir interne à Saint-Mangouste après mes ASPIC ?
-Ne t'inquiètes pas, lui expliqua Drago. Tu n'es pas le seul dans ce cas. Il faut quand même que tu es de bonnes notes en Défense contre les Forces du Mal, en Potion, en Botanique, et Sortilèges. Quels sont tes options ?
-Arithmancie et Soins aux créatures magiques, on m'a dit que c'était les deux options à choisir pour devenir médicomage.
-C'est vrai. Pour moi, si tu travailles correctement, tu n'auras aucun soucis pour entrer. Nous ne réformerons les processus d'admission de l'Institut que dans quelques années. Monsieur Potter pourrait peut-être parler à tes parents ? Tu pourrais prendre une option supplémentaire par exemple. Il me semble qu'une certaine Ministre avait fait cela, il y a des années.
Harry fixa son petit ami d'un air agacé et amusé à la fois.
-Bon très bien, céda t-il. Oscar, j'écrirais à tes parents pour leur vendre l'idée, mais tu as intérêt à t'organiser correctement, s'il accepte.
-Merci, m'sieur ! Salua le garçon avant de rejoindre ses amis à la table sous les oriflammes bleues. Harry se retourna vers le blond.
-Je rêve ou tu viens d'utiliser mon statut de Sauveur à ma place ? Tu sais très bien que ses parents accepteront si c'est moi qui écrit la lettre.
-Oui, que tu ne l'utilises pas pour en tirer avantage pour toi-même, je ne comprends pas, mais je respecte ça. En revanche, c'est un poil idiot de ne pas l'utiliser pour permettre à un élève de réaliser son rêve, surtout si ce rêve consiste à sauver des vies.
Harry fronça les sourcils, il avait l'impression que Drago se moquait de lui.
-Tu essayes vraiment de me faire croire que tu es altruiste ? Je n'aime pas ce que tu viens de faire, et je sais que tu n'es pas ton genre, donc j'aimerai que tu m'expliques.
-Très bien, souffla le blond. Je ne devais pas devenir médicomage, mais reprendre les affaires financières et politiques de mon père. C'est Rogue qui m'a conseillé de m'orienter vers les soins, mais tu sais comment il était. Il m'a vaguement orienté sur cette voie au détour d'une conversation, mais j'ai du tout faire toutes les démarches, seul. J'aurai bien voulu que quelqu'un soit là pour moi, alors un petit coup de pouce, ça n'est rien.
-Je comprends mieux mais me mettre devant un élève aux yeux implorants pour me mettre la pression, ce n'était pas fairplay de ta part.
-Peut-être pas, mais je n'ai jamais joué selon les règles, s'amusa le blond.
Plus tard, il rejoignirent leur appartement, leur cocon dans la tour nord du château. Harry corrigeait des copies pendant que Drago, déjà dans son pyjama de soie noire, lisait le grimoire de la famille Potter. Il cherchait la solution, le remède, une idée pour aider Ariana, et à présent Blaise.
-Ce livre est d'un ennui, maugréa ce dernier. Les trois quarts des sortilèges concernent les cheveux où les travaux ménagers. Pas de malédiction, un ou deux maléfices et quelques antidotes !
-J'imagine que le grimoire de ta famille est rempli de magie noire.
-Tu as une bien mauvaise opinion de nous. Nous sommes des financiers avant tout. Il y a par exemple une version simplifiée de Felix Felicis qui ne joue que sur l'aspect monétaire.
-Vous avez une potion pour attirer l'argent ? Est-ce que le Ministère est au courant ?
-Bien sûr que non, s'amusa le blond. Toutes les familles ont un grimoire, et les avantages qu'il contiennent sont des secrets. Je serais curieux d'avoir celui de la famille de Voldemort. La famille Gaunt devait avoir des secrets incroyables et terrifiants.
-Je pense que d'une manière ou d'une autre, Tom possédait le grimoire de sa famille. Sinon, comment aurait-il trouvé la Chambre des Secrets ? Si c'est bien le cas, et qu'il connaissait l'existence de ces livres, je trouve étrange qu'il n'est pas cherché à en voler d'autres.
-Il l'a peut-être fait, ou peut-être qu'il estimait ne pas en avoir besoin. Il maîtrisait les trois impardonnables, c'est suffisant pour faire des ravages. J'imagine déjà le contenu de son grimoire en tout cas, ricana Drago. En première page, les cinq meilleurs méthodes d'empoisonnement.
-Tu as beau dire le contraire, je suis sur qu'il y a la même chose dans le tien, alors ne te moques pas trop, lança Harry en posant sa plume pour se déshabillait et finalement rejoindre Drago dans le lit.
Le lendemain, alors que les vitraux et les fenêtres du château résonnaient d'une pluie battante. Une nuée de chouette s'engouffra dans l'annexe des cuisines, pour vérifier que tous les courriers à destination de Harry Potter et Drago Malefoy soit sans danger. Plusieurs elfes tombèrent sur des pièges, du papier empoisonné ou des cartes explosives, mais la réputation des elfes n'était pas usurpée. De leurs doigts fins et longs, il démontèrent les pièges, ils sentirent le poison et l'odeur de poudre. Si bien que la nuée de chouette décolla de nouveau pour rejoindre la Grande Salle.
Pendant ce temps, dans une calèche tirée par des sombrals, une petite femme ronde, dans un tailleur taupe, avec un immense chapeau assorti sur ses genoux, observait avec attention le paysage de prés humides et de bosquets mouillés qui séparait Pré-Au-Lard.
Elle avait les cheveux noirs bouclés, et les yeux d'un vert fluorescent étrange. Sur sa poitrine, une broche indiquait qu'elle était fonctionnaire du Ministère de la Magie, et en dessous on pouvait voir le symbole du Département des Mystères avec son nom en lettres dorées : Albertine Pallow.
