Brigitte26 : Ahah ! Tu es sur la bonne voie effectivement. Tu as réussi à réunir les différents indices que j'ai glissé :). Bonne année à toi également.
Chapitre XIX : L'inconnue du Lac
« Une armée si puissante qu'elle pouvait éteindre les étoiles ».
Cette phrase, un blessé l'avait murmuré à l'oreille de Drago, alors qu'ils discutaient des détraqueurs.
Tandis que ce dernier rejoignait Harry, il vit ce que cela signifiait réellement. Peu à peu, comme un voile noire venant de l'Ouest, les astres disparurent derrière des haillons noirâtres. Ils étaient des centaines, peut-être des milliers, assez, en tous cas, pour que à plusieurs kilomètres, ils répandent un lourd malaise et un froid palpable.
Drago, depuis la chute du Seigneur des Ténèbres n'avaient plus vu ses créatures. Le Ministre de la magie, sous Shacklebolt les avait pratiquement tous bannis d'Angleterre, et on en trouvait en France, mais surtout dans le Nord. Le blond comprenait pour la première fois, le profond sentiment de mal-être qu'elles avaient toujours inspiré à Harry. Pour le dernier des Malefoy, au fil des ans, le poids des morts comme des regrets s'étaient alourdis, amplifiant par conséquent l'emprise que ces monstruosités avaient aujourd'hui sur lui.
Lorsqu'il rejoignit finalement son petit ami, le sentiment s'estompa légèrement. Harry semblait l'attendre avec un demi-sourire. Il était heureux que Drago soit là, et inquiet pour lui tout à la fois.
D'une voix plus ou moins unis, les gardes du village, lancèrent le sort de Patronus, et se joignant les uns aux autres, les toiles argentées formèrent un filet, un dôme qui recouvrit bientôt Pré-Au-Lard. Le sort était faible, l'état d'effondrement du monde avait anéanti l'espoir de ses hommes, la source même du Patronus.
-Ce sortilège ne tiendra pas longtemps, annonça Harry.
-Vous allez devoir faire vite, dit Neville.
Harry et Drago eurent à peine le temps de sortir leur baguette qu'ils comprirent que les détraqueurs n'avaient pas l'intention de se comporter en une vague de bêtes affamées mais plutôt en une armée de monstres avec un semblant d'intelligence. Ils se massèrent au Sud, dans le coin le plus faible du dô tentaient une percée, leur simple présence massive en ce lieu affaiblissait psychologiquement les miliciens qui gardaient cette partie du village. Finalement, l'un d'entre-eux s'effondra et les créatures s'infiltrèrent à l'intérieur du dôme pour s'attaquer aux autres gardes. Les monstres trop nombreux firent tomber les soldats un par un, et Neville quitta ces deux compagnons pour joindre ses soldats. Son patronus était encore puissant, mais il n'avait pas ou plus l'apparence d'un lion, mais d'un trais fin et blanc de lumière. Il était évident que même lui ne tiendrait pas longtemps.
Au milieu des cris des hommes et des femmes, au milieu des grognements évanescents des monstres, Drago et Harry eurent soudain l'impression de se retrouver à Poudlard, le 2 mai 1998. Derrière leurs paupières, les morts et les combats remontaient à la surface, et si Harry par son travail d'Auror avait vécu cela plusieurs fois, Drago fut pris d'une crise de panique comme il n'en n'avait plus fait depuis des mois.
-Harry...J'y...Arriverais...Pas ! Dit-il dans une détresse respiratoire aussi angoissante pour lui que pour son petit-ami.
Le brun bloqua le visage de Drago dans ses mains, et l'obligea à fixer ses yeux émeraudes.
-Respires calmement et écoute-moi, Drago. Je sais ce que tu ressens, ce que ces monstres te font vivre, mais tu es plus fort qu'à l'époque et moi aussi. Tu n'es plus un élève au milieu d'une guerre, tu es un médicomage, tu as sauvé Poudlard l'année dernière, et tu es la personne qui compte le plus que moi.
C'était idiot, c'était stupidement romantique, mais c'était surtout sincère, Drago pouvait le sentir. Les cris, les sorts, et les monstres disparurent un instant. Les derniers mots de Harry résonnèrent : « Tu es la personne qui compte le plus. » Ces mots, il les avait entendu de nombreuses fois, de sa mère et de son père, même de Pansy, mais cela avait toujours eut l'air d'aller de soi. Avec Potter, ils avaient du faire des efforts l'un comme l'autre pour pouvoir se dire ses choses mièvres, et c'était par conséquent, beaucoup plus satisfaisant à entendre.
Harry et Drago levèrent leur baguette et l'agitèrent avant de prononcer ensemble la formule « Spero Patronum ! »
Il y eut un grondement sourd, et dans un trais de lumière deux cerfs, dont un avait des ailes de dragon émergèrent dans un bruit de galop qui résonna si fort que tous les autres bruits semblèrent disparaître. Les deux formes argentés commencèrent à jouer, se sautant par dessus l'une et l'autre, comme des enfants. Elles fonçèrent néanmoins vers le point de rupture du dôme où la majorité des détraqueurs étaient encore massés. Le bruit de ses monstres au simple contact de la lumière argenté des Patronus était semblable à une souffrance étrange.
Harry observa son sortilège avec curiosité, son cerf semblait d'une puissance renouvelée. Il réfléchit un instant, puis il comprit qu'il était sur le point d'assister à un spectacle aussi merveilleux que terrifiant.
Les deux cervidés frappèrent la horde de monstre, bois en avant, provoquant une colonne de lumière pâle et aveuglante, ainsi qu'un bruit strident et terrifiant. Le bruit de centaines, peut-être de milliers de ces monstres en train de souffrir, comme si on brûlait leur peau. Les autres soldats encore en état, abaissèrent le bouclier autour du village, pour que les détraqueurs puissent fuir l'endroit.
Drago fixa sa baguette, puis celle d'Harry, puis le visage de ce dernier.
-Est-ce que tu as la moindre idée de pourquoi nos sorts étaient si puissants ? Fit le blond.
-Nos baguettes sont sœurs, j'imagine que si ça produit des effets quand elles combattent l'une contre l'autre, ça doit aussi produire des effets quand elles combattent ensemble.
-Accio Balais ! Lança Neville en arrivant, essoufflé. Nous entamons la seconde partie du plan, on va les poursuivre jusqu'à leur nid.
D'après la teinte de son visage et sa démarche chancelante, le pauvre homme avait subit de plein fouet l'assaut des détraqueurs. Drago lui donna un tonifiant à base de bave d'escargot de feu, et celui si retrouva rapidement son énergie et sa force.
-Pourquoi tu ne m'as jamais donner ça pour me remettre sur pied ? Demanda Harry, suspicieux.
-Parce que toi, aussitôt que tu es de nouveau debout, c'est pour repartir te battre, maugréa le blond. Tu n'es même plus Auror et on se retrouve quand même dans une histoire improbable, alors un peu de repos de temps en temps, ça ne te fait pas de mal. Oh, et en plus, j'aime bien que Molly Weasley me considère comme le plus raisonnable de tes proches.
Les balais arrivèrent finalement. C'était un assortiment des derniers modèles que la boutique de Pré-Au-Lard vendait avant que ce monde ne s'effondre, et des balais d'entraînement de Poulard que certains élèves avaient utilisé pour fuir l'école. Ensemble, une vingtaine de milicien en plus de Neville, Harry, et Drago suivirent la trace de l'armée de détraqueurs.
La piste n'était pas difficile à suivre, un chemin de fleurs fanées, d'herbes gelées, et d'eaux glacées longeait le lac jusqu'à l'orée de la forêt interdite.
Sur la plage, les créatures s'enroulaient autour d'un fauteuil qui n'avait rien à faire là. Harry repoussa de nouveau les créature , qui dévoilèrent , en fuyant, que le fauteuil ressemblait autant à un trône qu'à un lieu de torture. Sur le fauteuil, il y avait une femme enchaînée aux chevilles et aux poignées.
Drago s'approcha pour vérifier son état. Elle avaient des cheveux noirs filasses, et usés comme de la paille, un teint blafard, des joues creusés par la faim, et il ne fallu pas longtemps à Drago pour comprendre qu'elle était en état de mort cérébrale. Son corps était toujours vivant mais son esprit n'était plus là depuis longtemps. Il était évident que les détraqueurs avaient dévoré son âme, mais alors pourquoi revenaient-ils ici ? Pourquoi ces monstres tournaient-ils autour d'elle, comme des vautours au dessus d'une carcasse.
-C'est une coquille vide, expliqua le blond à Harry et Neville qui le rejoignirent après avoir vérifier que les créatures étaient vraiment parties.
-Tu es sûr ? Fit Harry. Je sens un truc étrange.
En effet, plus il s'approchait de ce corps plus il ressentait un malaise profond, comme une discontinuité dans la réalité. Ses jambes lui disaient de fuir, c'était une sensation nouvelle, et peu agréable.
-C'est de la magie noire, à l'évidence.
Oui, c'était évident, et pourtant, il y avait quelque chose de différent. Ce n'était pas qu'une magie noire, l'air lourd, lui semblait également familier. Il commença à fouiller le corps, pour finalement mettre la main sur la source de ce malaise. Cette pauvre femme avait un pendentif autour du coup. C'était un pendentif rond et argenté. Il était découpé en quatre partie qui formaient des runes, dessinées par des rainures qui se joignaient au centre sur une pierre d'une rouge vif et mal taillée.
-C'est impossible, murmura Harry.
-Qu'est-ce qu'il y a ? Tu connais cette amulette ?
-Non, mais je crois comprendre comme cette femme est restée enchaînée, en vie, sans pouvoir nourrir jusqu'à finir dans cet état. La pierre rouge que tu vois, c'est un fragment de pierre philosophale. Elle n'a peut-être pas été détruire dans cet univers.
-Les runes sur l'amulette peuvent effectivement servir à faire absorber des substances à un corps. Les médicomages les utilisent pour traiter la dragoncelle par exemple, expliqua le blond.
-Elle est corrompue, expliqua Harry. Il y a une magie très noire dans ce pendentif. Cela me donne presque la nausée.
-Tu es devenu bien sensible, s'amusa Drago. Je sens aussi l'empreinte de sorts nuisibles, mais pas au point de m'en rendre malade. Ceci dit à force de soigner des malédictions, je commence peut-être à être moins sensibles. Du moment où on retire le pendentif, elle mourra.
-Elle l'est déjà, expliqua Harry. Les détraqueurs ont dévoré tout ce qu'elle était. Tu l'as dit ce n'est qu'une coquille vide.
Donnons-lui tout de même une sépulture descente.
Le blond s'équipa de gant en écailles de dragon, et d'un petit sac en toile de jute. Il retira le pendentif, et le glissa dans la bourse. Quelques secondes plus tard, la femme poussa son dernier souffle. Pendant ce temps, avec plusieurs sorts, Harry avait creusé une tombe dans le sable. Ils glissèrent avec l'aide de Neville et des miliciens, le corps de l'inconnue, dans le trou, puis ils le recouvrirent.
-Vous allez faire quoi du collier ? Demanda Neville.
-Nous avons les infrastructures pour pouvoir étudier cet objet...
-Et les armes pour pouvoir le détruire, ajouta Harry. Je doute qu'un simple sortilège explosif soit suffisant. En tout cas vous êtes désormais débarrassés des détraqueurs.
-Merci à tous les deux, répondit le chef de la milice. J'espère que vous arriverez à stopper votre ennemie.
-On verra ce qu'Albertine aura découvert dans vos livres. Et nous avons encore d'autres pistes, répondit le blond qui attendait qu'ils terminent la mise en terre. Ils retournèrent en balais jusqu'au village, et Neville ordonna qu'on organise une grande fête.
Albertine en entendant l'annonce, compris que ces coéquipiers étaient de retour, victorieux. Elle les rejoignit donc aux Trois Balais.
-J'ai trouvé ça, dit-elle, en sortant de son sacoche un exemplaire de « L'histoire de Poudlard, Nouvelle Edition ».
Elle tourna les pages jusqu'au chapitre « Reliques des fondateurs » où on pouvait voir une reproduction exacte de l'épée que Harry avait vu. A droite de l'image, on pouvait lire :
« L'épée de Gryffondor, La Trancheuse Universelle.
L'épée de Godric Gryffondor n'apparaîtra qu'aux plus courageux, ceux dignes de la maison au griffon. Forgée dans de l'obsidienne, elle aurait été enchantée en secret par la magie de nombreux peuples magiques. Selon les recherches de ces dernières années, la lame est également enrichie en orichalque, un minerai magique qui amplifie les capacités des objets. Ainsi tout comme le Roi Gobelin Borbug, possédé un marteau d'orichalque qui frappait plus fort que n'importe quel autre marteau, la lame de cette épée pourrait, selon la légende trancher n'importe quoi, y compris la réalité.
Pourtant si la lame coupe tout ce qu'elle touche, elle ne devrait pas pouvoir être ranger dans un fourreau. Une étude récente, révèle en effet, qu'un autre objet enrichie en orichalque peut résister à la lame. C'est, néanmoins, à ce jour, la seule matière qui possède cette capacité, matière dont est évidemment composé le fourreau de l'épée. »
-Ce minerai n'existe pas dans notre monde, si on veut en obtenir, ce sera ici, expliqua Albertine.
-C'est une chance, répondit Drago, ils ont une énorme dette envers nous...
