Hello ! Merci pour vos gentils commentaires ! J'apprécie beaucoup !

Je vous souhaite une bonne lecture et, soyez rassurés, il y aura de la douceur plus tard…

2

Jacob Carter répondit à l'appel de détresse du SGC au bout de dix longues journées.

Il s'excusa auprès de Georges, expliquant que la base Tok'ra avait été attaquée et qu'ils avaient dû déménager en urgence.

– Qu'est-ce qui se passe, Georges ?

– Allons dans mon bureau pour en parler, veux-tu ?

Les deux hommes s'assirent l'un face à l'autre et Hammond expliqua :

– SG 1 a été pris à partie par une population indigène particulièrement agressive lors de leur dernière exploration. Le Major Carter a été blessée à la jambe et à l'épaule mais, ses blessures sont en bonne voie. Le Colonel O'Neill en revanche, a été touché au dos. Nous espérions que tu pourrais peut-être l'aider avec l'appareil de guérison.

– Bien sûr ! Montre-moi le chemin !

Tandis que les deux généraux prenaient l'ascenseur vers l'infirmerie, Jacob demanda encore :

– Est-ce que Sam est ici ?

– Non, elle a été autorisée à rentrer chez elle. Le Dr Jackson et Teal'c se relaient pour veiller sur les deux autres membres de leur équipe. Tu sais comment fonctionne SG 1 ?

Jacob acquiesça, songeur.

Oui. Il savait. SG 1 était une famille plus qu'une équipe de soldats. Ils prenaient soin les uns des autres.

En pénétrant dans l'infirmerie, les deux hommes furent accueillis par le Dr Fraiser qui sortait justement de la salle d'isolement 1.

– Bonjour Docteur ! déclara Hammond.

– Messieurs. Êtes-vous là pour m'aider avec le Colonel O'Neill, Monsieur ? demanda-t-elle à Jacob avec espoir.

– Je vais voir ce que je peux faire, Docteur.

Janet le fit entrer dans la pièce qu'elle venait de quitter. Jack était allongé dans le lit, immobile et pâle. Il semblait dormir mais, son front était barré d'une ride de souffrance ou de contrariété.

Le Tok'ra sortit l'appareil de guérison et s'approcha du blessé. Alors qu'il prenait un léger appui au bord du lit, Jack sentit sa présence et ouvrit les yeux.

– Jacob ? souffla-t-il d'une voix à peine audible.

– Oui, c'est bien moi, Jack. Reste tranquille. On va essayer de te soulager un peu, d'accord ?

Jack sembla comprendre ce qu'il s'apprêtait à faire car il hocha lentement la tête, comme si ce simple mouvement lui coûtait toute son énergie.

Jacob sortit l'instrument de guérison et passa le contrôle à Selmack.

« Fais tout ce que tu peux », demanda l'ancien général à son symbiote.

Il sentit la vague sereine que lui transmettait sa compagne intérieure et Jacob se retira pour la laisser agir tranquillement.

Selmack œuvra un long moment sous le regard inquiet et attentif de Georges et de Janet. Lorsqu'enfin, l'appareil s'éteignit, Selmack déclara :

– J'ai fait tout mon possible mais, les dommages étaient très graves. J'ignore s'il récupèrera totalement l'usage de ses jambes. Dans tous les cas, la rééducation sera longue… et pénible.

Les yeux de Selmack brillèrent et Jacob reprit la parole :

– Nous allons aller voir Sam à présent, si tu veux bien Georges.

– Bien entendu, Jacob. Je vais te faire prêter une voiture.

– Merci.

Le Colonel s'était endormi, apparemment soulagé d'une partie de ses douleurs.

– Non, merci à vous, Général, déclara Janet en approchant du lit de Jack pour vérifier ses constantes.

Jacob lui serra amicalement la main et quitta l'infirmerie avec Hammond.

oOo

Daniel Jackson ouvrit la porte, pensant qu'il s'agissait du livreur de pizzas et se figea, un instant surpris de voir Jacob Carter debout sur le seuil.

– Jacob ! Entrez, je vous en prie ! Sam va être ravie de vous voir !

– Merci, Daniel. Comment va-t-elle ?

– Elle guérit doucement. Elle commence à dire qu'elle s'ennuie et qu'elle veut retourner à la Montagne…

– Cela doit vouloir dire qu'elle va mieux. Où est-elle ?

– Sur la terrasse. Nous étions en train de faire une partie d'échecs. Je fais ce que je peux pour l'occuper mais, c'est Jack le champion à ce jeu… Laissez-moi vous débarrasser.

Daniel prit la veste de Jacob puis précéda l'homme vers l'extérieur.

– Eh Sam ! Devine qui te rend visite ?

Sam tourna la tête, curieuse et, à la vue de son père, des larmes embrumèrent ses yeux avant qu'elle puisse les retenir.

– Papa !

– Sammy… Ma petite fille chérie… Je suis là !

Jacob prit Sam dans ses bras en prenant garde à ne pas la bousculer, craignant pour ses blessures.

Daniel s'éclipsa dans la cuisine pour leur laisser un peu d'intimité et prépara du thé.

Lorsque Sam fut remise de ses émotions, elle murmura :

– Est-ce que tu as vu le Colonel O'Neill ?

– Selmack a utilisé l'appareil de guérison sur lui. Il devrait y avoir un mieux même si cela prendra du temps.

– Vous n'avez pas pu le guérir totalement ?

– Les dégâts sur sa colonne vertébrale étaient vraiment très sérieux, chérie et, je n'ai pas pu venir immédiatement, donc… disons que cela a pu compliquer un peu les choses. Mais, il a déjà moins mal, c'est une bonne chose.

Sam hocha doucement la tête, le regard posé dans le vide, ses mains serrées l'une contre l'autre pour contenir ses tremblements. Jacob devina qu'elle luttait pour lui dissimuler ses émotions.

Cela faisait longtemps qu'il avait compris que sa petite fille avait le béguin pour son Commandant mais, il se demanda un instant s'il y avait plus que ça… Elle semblait… dévastée.

Daniel poussa la porte et vint déposer un plateau avec du thé chaud et des gâteaux sur la table de jardin. Il rangea le jeu d'échecs de côté et tendit leur tasse au père et à sa fille.

– Merci Daniel, murmura Sam.

– Georges m'a autorisé à sortir l'appareil de guérison de la base, donc, Selmack pourra guérir tes blessures après, expliqua tranquillement Jacob en savourant le breuvage.

Mais Sam ne l'entendit pas vraiment, l'esprit perdu dans ses pensées.

SJSJSJSJSJ

Grâce à l'intervention de Jacob Carter, Sam put reprendre le chemin de la base une semaine avant la date initialement prévue. Janet avait tenté de la raisonner, lui disant qu'elle avait aussi besoin de reposer son esprit, mais, son amie était têtue et Janet n'avait trouvé aucun motif valable pour l'empêcher de reprendre ses fonctions.

Il était à peine sept heures trente lorsque le Major Samantha Carter pointa à l'entrée du SGC. Elle prit l'ascenseur, savourant le silence de cette heure matinale. Elle dut résister à l'envie de composer immédiatement le numéro de l'étage de l'infirmerie mais, elle savait que cela serait suspect si elle s'y présentait aussi rapidement après être arrivée. Sam a donc pris son mal en patience et est descendue à son laboratoire.

Le travail s'était amoncelé durant son absence.

Elle s'attela à la tâche avec un acharnement destiné à lui faire oublier l'homme à quelques étages d'elle, allongé dans un lit d'hôpital.

– Eh Sam !

La voix réjouie de Daniel lui fit lever la tête de son écran.

– Bonjour Daniel !

– J'ai su que tu étais arrivée tôt.

– Oui, j'en avais assez de tourner en rond chez moi.

– Hum hum…

Daniel lui sourit avec bienveillance et tendresse, comme s'il savait qu'elle avait un motif bien moins professionnel de vouloir être à la base. Sam rougit et baissa le nez vers l'artéfact qu'elle étudiait pour essayer de cacher son trouble.

– J'allais au mess, chercher une part de gâteau pour Jack. Tu veux m'accompagner ?

Sam hésita une fraction de seconde à peine avant de céder à ce à quoi son cœur aspirait depuis des heures : voir Jack.

– Oui, j'arrive, laisse-moi juste sauvegarder ça…

Elle ferma son fichier et rejoignit son ami.

Daniel et Sam profitèrent de leur passage au mess pour prendre un café avant de descendre à l'infirmerie avec une part de tarte aux pommes pour le Colonel.

Ils furent accueillis par Janet qui finissait ses visites.

– Bonjour vous deux ! leur lança-t-elle.

Elle jeta un coup d'œil à l'assiette que tenait Sam et sourit :

– Contrebande ? demanda-t-elle.

– Réconfort, répondit Daniel à la place de Sam.

Janet soupira :

– Alors ça ne peut pas faire de mal…

Sam blêmit et demanda :

– Est-ce que l'appareil de guérison n'a pas fonctionné ?

– L'œdème de la colonne ne s'est pas encore résorbé. Il comprime la moelle épinière et cause une paralysie de deux jambes, Sam. Et comme tu t'en doutes, le Colonel O'Neill n'est pas un patient très facile… Il vient de terminer sa séance de kiné, vous pouvez aller le voir…

Daniel serra doucement le bras de Sam pour la soutenir et prit les devants vers la salle d'isolement qui était devenue les quartiers de Jack depuis l'incident.

– Salut Jack ! lança-t-il en entrant.

Sam hésita sur le seuil et prit une lente inspiration en entendant la voix basse et enrouée de Jack répondre avec lassitude :

– Eh Danny… ça va ?

– J'ai une surprise pour toi…

Sam se demanda un instant si Daniel parlait de la part de tarte… ou d'elle.

Avant de pouvoir trop y réfléchir, elle entra à son tour dans la chambre. Ses yeux se posèrent sur son Commandant, assis dans une chaise roulante, le dos un peu voûté, le teint pâle et fatigué.

De profondes cernes soulignaient ses yeux, les enfonçant dans les orbites sombres. Ses cheveux avaient un peu poussé et ils rebiquaient d'un air anarchique sur sa tête. Un sourire se forma malgré tout sur les lèvres de Sam : il était vivant. Ils surmonteraient le reste. Ensemble.

Les pupilles de Jack s'écarquillèrent de surprise et il la fixa intensément, la détaillant pour s'assurer qu'il ne restait rien de ses blessures.

– Bonjour, Mon Colonel, finit-elle par lâcher en contrôlant avec peine le tremblement dans sa voix. C'est bon de vous revoir.

– Vous allez bien, Major ? demanda O'Neill en faisant un effort pour se redresser un peu dans son fauteuil.

Sam fut tentée de s'approcher pour l'aider mais, elle était à peu près sûre qu'il refuserait son soutien. Alors, elle répondit simplement :

– Je suis totalement guérie, Monsieur. Mon épaule est encore un peu raide mais, ça va passer.

– Bien. Je suis content.

– Nous vous avons ramené de la tarte, Mon Colonel.

Elle déposa l'assiette sur la tablette près de lui.

– C'est gentil, merci les gars… Alors quel est le programme de la journée ?

– Eh bien, j'ai tout un tas d'artéfacts à examiner. SG 6 les a ramenés hier d'une planète qui pourrait avoir abrité les Anciens, expliqua Daniel.

– Oh… Si tu as besoin de mon aide, n'hésite pas à m'appeler, déclara Sam, intriguée.

Jack observa ses deux amis et un léger sourire flotta sur ses lèvres.

Cela faisait du bien de voir Sam… Il avait rêvé d'elle chaque nuit, aspirant à sa présence à ses côtés lorsqu'il ouvrait les yeux, le matin, même s'il savait que Janet l'avait renvoyée chez elle.

Il ne regrettait rien de ce qui s'était passé puisque ça l'avait sauvée. Mieux valait lui plutôt qu'elle. Elle était jeune et belle et avait une brillante carrière d'officier supérieur devant elle. Lui n'était qu'un vieux soldat brisé qui avait fait son temps.

Lorsqu'il était seul à fixer le plafond durant de trop longues heures, Jack se demandait s'il serait un jour capable d'être suffisamment autonome pour retourner vivre à la cabane.

Il avait réfléchi à un plan. Il pourrait embaucher un gamin du coin pour faire les courses et l'entretien du terrain et il avait une amie au village qui accepterait peut-être de l'aider avec le ménage. Il pourrait passer une retraite paisible, loin du monde… Certains jours, l'idée semblait plutôt attrayante. Mais, le plus dur était de se convaincre que ce serait aussi loin de Sam…

– Jack ?

O'Neill tourna la tête vers Daniel.

– Pardon Danny, qu'est-ce que tu disais ?

Le front de Daniel se plissa d'une ride d'inquiétude et l'archéologue demanda plutôt :

– Est-ce que tu veux t'allonger un peu, tu as l'air fatigué ?

– Ouais… En fait, ce serait bien…

– Sam, tu peux appeler Janet, s'il te plaît ?

– Je peux aider, tu sais.

– Janet a dit que tu dois faire attention à ton bras, lui rappela son ami.

– Je vais très bien ! trancha-t-elle en approchant du fauteuil de Jack pour le déplacer doucement près du lit.

Daniel se pencha en avant et Jack passa ses bras autour de son cou. Sam se glissa sur le côté et soutint l'homme au niveau de la taille. Daniel prit le poids de Jack contre lui et pivota lentement jusqu'à être au niveau du lit. Sam s'écarta, bloquant le corps de Jack sur le côté pour éviter qu'il ne bascule alors que Danny l'asseyait puis l'allongeait sur le lit. La main de Sam s'attarda et serra doucement celle de Jack tandis que Daniel s'éloignait pour ranger le fauteuil dans un coin de la chambre.

Jack tourna la tête vers elle et croisa son regard. Un millier de mots passa entre eux avant que Daniel ne demande, brisant le lien fugitif qui unissait les deux officiers :

– Est-ce que tu veux ton gâteau ?

– Ouais, excellente idée !

– On va vous laisser manger tranquillement, Mon Colonel…

– Merci d'être passés me voir, les gars !

– Je repasserai plus tard, lui annonça Daniel avec un dernier signe de la main.

Il sortit en premier, laissant Sam s'attarder encore quelques instants au chevet de son Commandant.

– Reposez-vous, Mon Colonel, recommanda-t-elle en serrant une dernière fois ses doigts.

Il pressa sa main en réponse et murmura :

– Je suis content de vous voir, Major…

Elle lui sourit puis lâcha ses doigts et s'éloigna.

SJSJSJSJSJ

Une semaine plus tard, Jack regardait en silence Janet faire ses examens quotidiens et il n'avait pas besoin de voir les ridules sur son front pour savoir que ce n'était pas bon. Il le sentait bien.

Au moment où elle remit son stylo dans la poche de sa blouse et où elle reposa le dossier au pied du lit, O'Neill demanda :

– Doc, j'ai besoin que vous me disiez la vérité maintenant.

Janet lui jeta un regard surpris.

– Est-ce que je vais remarcher, Doc ?

Le Colonel O'Neill était calme et la fixait d'un air résolu. Il avait beau être brisé, il restait un cœur de guerrier dans cet homme.

Janet soupira et s'assit au bord du lit, chose qu'elle ne faisait que rarement. Le regard de Jack s'adoucit, conscient qu'elle allait satisfaire à sa demande et reconnaissant qu'elle accepte de le faire.

– Je n'en sais rien, Colonel. L'appareil de guérison a permis des avancées qui auraient été impensables sans lui, mais, même avec cette aide, je ne suis sûre de rien. Les dégâts sont encore importants et, malgré l'énergie que vous mettez dans vos séances de rééducation, les progrès restent encore limités.

Elle le scruta, cherchant à savoir s'il voulait vraiment entendre la vérité nue. Il hocha imperceptiblement la tête.

– On peut espérer que vous parviendrez à terme à vous déplacer avec des cannes mais… Il se peut aussi que vous ne puissiez jamais quitter ce fauteuil, Colonel. Je suis désolée.

– Non, c'est bien. Je préfère savoir à quoi m'attendre.

Janet était sur le point de le laisser seul afin qu'il puisse digérer ce qu'elle venait de lui annoncer lorsque Jack l'interpella encore :

– Eh Janet…

Il ne l'appelait jamais ainsi…

La gorge de la Doc se serra, pressentant ce qu'il allait lui demander.

– Je voudrais rentrer chez moi à présent… Je crois que j'ai été suffisamment dans vos jambes…

Elle hésita ce ne serait pas simple pour lui d'être à domicile. Ici, il disposait d'une assistance de chaque instant… pourtant, elle comprenait son besoin de rétablir un semblant de vie normale après ce qu'il venait de traverser.

– Entendu… Si vous acceptez l'aide d'une infirmière deux fois par jour et si vous venez à la base deux fois par semaine pour que je vous examine.

– Pas de problème, Doc.

– Il vous faudra aussi quelqu'un pour faire les courses et le ménage…

– Je vais m'en occuper, pas de soucis. Quand puis-je sortir ?

– Je dois voir le Général Hammond et je vous tiens au courant.

Jack hocha gravement la tête.

Il ne fut pas surpris outre mesure lorsqu'il vit Hammond apparaître à sa porte moins d'une heure plus tard.

– Mon Général, dit-il en se redressant comme il pouvait dans son lit.

– Repos, Jack. Le Docteur Fraiser m'a dit qu'elle envisage de vous laisser rentrer chez vous…

– Oui, Monsieur.

– Je vais faire en sorte que vous ayez tout le personnel nécessaire pour vous accompagner dans votre convalescence, Jack.

– Je vous remercie, Général mais, je peux me débrouiller. Tout ira très bien.

– Comme vous voulez, Colonel. Je vous verrai lorsque vous reviendrez pour vos contrôles médicaux dans ce cas.

Hammond allait partir lorsque Jack le retint :

– Mon Général… Puis-je vous demander un service ?

– Tout ce que vous voulez Jack.

– Je voudrais être autorisé à prendre ma retraite. Pour raisons médicales, Mon Général.

Hammond laissa échapper un léger sursaut de surprise et rétorqua :

– Il est encore trop tôt pour penser à ça, Jack. Vous êtes en pleine convalescence…

– Mon Général, il y a de fortes chances pour que ce fauteuil soit ce qui reste de mon avenir. Alors, avec tout le respect que je vous dois, je voudrais être libre de vivre ce qu'il me reste de vie comme je l'entends.

Hammond réfléchit un moment puis soupira :

– Je vais transmettre votre requête au Président mais, je ne peux rien promettre. Pour le moment, vous êtes simplement sorti d'active pour motif médical.

– Je comprends. Merci, Mon Général.