9/ Spooky Fever
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Notes : Je cauchemarde en Anglais, je parle avec mon chéri en Anglais, et je regarde les films et séries en Anglais, donc : pour mes histoires ici, j'essaye de traduire comme je peux, mais parfois la version originale est mieux. Désolée.
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« Before the exploration of space, of the moon and the planets, man hailed that the heavens were the home and province of powerful gods who controlled not just the vast firmament, but the earthly fate of man himself and that the pantheon of powerful, warring deities, was the cause and reason for the human condition, for the past and the future, and for which great monuments would be created on earth as in heaven. But in time man replaced these gods with new gods and new religions that provided no more certain or greater answers than those worshipped by his Greek or Roman or Egyptian ancestors. And while we've chosen now our monolithic and benevolent gods and found our certainties in science, believers all, we wait for a sign, a revelation. Our eyes turn skyward ready to accept the truly incredible to find our destiny written in the stars.
But how do we best look to see?
With new eyes or old? »
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Apartment 221B - Washington, D.C.
13 Février 1995 :
Je transpirais.
Je me sentais transpirer, malgré mes yeux clos et mon esprit ailleurs.
Mon corps tournait en rond, suait, enroulé dans mes couettes, tandis que mon âme se baladait loin, trop loin, dans un autre Univers, dans une autre Ligne Temporelle.
Je faisais un cauchemar, dans un cauchemar.
La routine.
Une routine tellement routinière que je surnommais cet effet une 'Inception'.
Oui, comme le film.
En revanche, je haïssais encore plus mes songes noirs lorsque ma fièvre crevait le plafond. Comme cette nuit.
J'étais malade. Une simple grippe, certes, mais le plus difficile à gérer était la fièvre. Parce que la fièvre me provoquait des cauchemars plus horribles que d'ordinaire. Et, en plus de la sueur froide, la maladie me donnait d'affreuses divagations suivit d'énormes délires en tout genre.
Rien de sympathique, j'en ai peur.
Entre deux toux à m'en cracher les poumons et la peau couverte de sueur, une chanson résonnait, trop fort à mon goût, dans mon Palais Mental :
"Are you someone that I can give my heart to ?
Or just the poison that I'm drawn to ?
It can be hard to tell the difference late at night."
Je n'étais pas sûr de savoir où je me trouvais, mais mon songe me ramenait au lieu obligatoire de mes Troubles de Stress Post-traumatiques.
Et... Il y avait le Maître...!
Enfin, non, pas le Maître, mais un de ses Alters, en la personne de Sam Tyler.
Malheureusement, ce qu'il se déroula dans ce songe immonde, ne sera jamais écrit.
Jamais.
Mes doigts n'auront aucun droit de gribouiller cette histoire dans mon carnet, et mes mains n'auront jamais le bénéfice de taper cette horreur sur mon clavier.
Jamais.
Non, je me suis simplement réveillée en sursaut, transpirant à grosses gouttes, ma gorge souhaitant vomir l'ignominie de la nuit.
Mes yeux, explosés de fatigue, se posèrent sur le réveil de ma table de nuit, dont les chiffres digitaux rouges indiquaient :
4:30
Tant pis, je décidais de me lever.
Le réveil me donna une indication concernant ma Ligne Temporelle.
Il n'y avait qu'en 1995 que cet objet se trouvait sur ma table de nuit. Je savais donc que je me trouvais présentement dans l'Univers de Mulder.
Ça m'arrangeait.
Mais, du coup, la chanson de Dua Lipa qui continuait de tourner sur 'Radio Alisone' était un véritable anachronisme.
"Are you somebody who can go there ?
'Cause I don't wanna have to show ya,
If that ain't you, then let me know ya,
'Cause training season's over."
J'ai attrapé ma canne pour me traîner vers la douche.
Tout mon corps me faisait mal, les courbatures torturaient chaque parcelle de ma peau et de mes os. Je transpirais tellement que je ne rêvais que d'une longue et froide douche.
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"I need someone to hold me close, deeper than I've ever known,
Whose love feels like a rodeo, knows just how to take control,
When I'm vulnerable, he's straight-talking to my soul,
Conversation overload, got me feeling vertigo."
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F.B.I Headquarters "The J. Edgar Hoover Building" - Washington, D.C.
13 Février 1995 :
J'étais seule dans l'ascenseur qui descendait lentement dans les sous-sols. Je portais une robe bleu marine, aux pans s'arrêtant sous mes genoux. Mes Converses All Star blanches étaient aussi pâles que ma peau. En temps normal, j'étais très blanche, mais lorsque la maladie s'emparait de mon corps, je devenais pratiquement translucide, tel un fantôme, vous pouviez voir à travers moi. Mes longs cheveux châtains furent grossièrement tressés dans mon dos et je sentais déjà ma tête tourner. Ma main droite moite glissait sur le pommeau de ma canne.
J'avais pris mes médicaments pour faire tomber ma fièvre, mais j'avais tendance à transpirer par moment, et mes délires ne quittaient pas ma tête, toujours dans le coaltar.
D'une façon bien trop mécanique, je me suis dirigée vers un bureau précis dans les sous-sols, jusqu'à toquer au battant en bois.
Un "entrez" étouffé m'invita à tourner la poignée.
L'Agent Fox Mulder se tenait derrière son bureau, croulant sous le poids de centaines de paperasses. Il tenait un stylo entre ses doigts pour gribouiller dans un carnet à spirale jaunâtre.
Mon cœur battait la chamade.
Mais pas uniquement parce que Mulder était toujours aussi mignon, mais aussi parce qu'un pic de fièvre s'empara de moi. Essayant de cacher ma grippe fulgurante, j'ai clopiné jusqu'à mon ami. Il portait une simple chemise blanche, froissée par endroit, avec une cravate brune à motifs. Ses cheveux châtains étaient impeccablement bien coiffés, sa longue frange ne lui tombait pas dans ses yeux magnifiquement bleus. D'un bleu océan, comme la plus pure des mers. Son visage juvénile contrastait avec sa mâchoire carrée. Un voile de tristesse traversa son regard pâle, puis il se leva de sa chaise pour se diriger vers moi, avec inquiétude :
- Alisone ? Est-ce que tout va bien ?
Ma gorge se noua. Tout me faisait mal. Les courbatures lançaient des piqûres douloureuses dans mes terminaisons nerveuses. Des gouttes de sueurs perlaient sur mon visage et ma nuque. Mulder posa ses mains sur mes épaules, comme pour me maintenir debout, tout en me scrutant les yeux dans les yeux :
- Alisone ? Je te demanderai bien comment tes vacances se sont passées, mais j'ai l'impression que tu es revenu malade...
- Je... Je ne suis pas... Malade...
Mulder esquissa un sourire, puis posa la paume de sa main droite sur mon front, et s'inquiéta derechef :
- Tu es brûlante !
- Chaude bouillante, comme toi... raillais-je malgré moi.
Mulder tiqua, puis marcha vers le téléphone fixe de son bureau :
- Est-ce que la fièvre te ferait flirter avec moi, Alisone ?
- Non.
Il fit la moue, mais expliqua :
- Je vais appeler Scully pour une petite consultation.
- Non, Mulder, je...
Mais, de toute évidence, la jeune Docteur répondit rapidement, puisque Mulder s'enquit :
- Scully ? It's me. Est-ce que tu peux descendre dans mon bureau ? Alisone a besoin d'une consultation.
Je ne pus entendre la réponse de Scully, mais Mulder reprit :
- Oui, elle est revenue de vacances.
Pause.
- Non, je ne sais pas.
Pause à nouveau.
- Parfait, à de suite. Merci.
Il raccrocha.
Ma vue se brouilla tout à coup.
Mon cœur rata un battement.
La fièvre empira, mes vertiges me donnèrent envie de sombrer et de vomir en même temps. Je ne sentais plus mes jambes.
Un bruit retentit et il me fallut un moment pour comprendre que je venais de lâcher ma canne, qui tomba sur le sol avec fracas.
Mon corps n'arrivait plus à rester debout et, telle une poupée de chiffon, je m'écroulais.
Pourtant, avant de m'écraser sur le sol, deux bras musclés m'attrapèrent au dernier moment. Mulder me retenait à la seule force de ses bras, chose aisée pour lui, puisqu'il était grand et fort, et que j'étais maigre et petite.
- Alisone ?
J'entendis de l'inquiétude dans sa voix.
Mais sa voix me parut de plus en plus lointaine.
Enfin, mes yeux se fermèrent et tout devint noir.
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"I hope it hits me like an arrow,
Someone with some potential,
Is it too much to ask for ?
Who understands ?"
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Apartment 221B - Washington, D.C.
13 Février 1995 :
"For someone to tell you to go,
You should know I,
Need someone to hold me close, deeper than I've ever known,
Whose love feels like a rodeo, knows just how to take control,
When I'm vulnerable, he's straight-talking to my soul,
Conversation overload,
'Cause training season's over."
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Alors que la mélodie de Dua Lipa résonnait en fond sonore, mais en volume faible, sur 'Radio Alisone', ma vue essayait de se focaliser sur quelque chose.
Sur une forme diffuse, vive, d'une couleur orangée, qui bougeait tel un feu follet, dansant dans le feuillage de la forêt émeraude dans laquelle je me trouvais. Mes pieds nus marchaient sur la mousse et les feuilles mortes, c'était comme se promener sur un petit nuage. Sur mes deux jambes.
Valides.
Mes deux jambes valides ?!
La lueur sautillait devant moi, comme une flamme vacillante, aussi orange que mes adorables citrouilles. Une force en moi voulait la suivre.
Ce que je fis.
La forme rutilante vagabondait dans la jungle, sautant de rochers en rochers, et je devais courir pour ne pas la perdre de vue. Je n'étais plus malade, je n'avais plus ma jambe morte, je courais aussi rapidement que la lueur orangée.
Je courais, encore et encore, à travers les fougères, entre les arbres et les fleurs, jusqu'à ce que la flamme orange s'arrête enfin, sur une pierre grise.
Je n'étais même pas essoufflée, juste curieuse. Je me suis rapprochée de plus en plus de la forme diffuse, qui ne bougeait plus. Plus je marchais dans sa direction et plus les contours de la forme se matérialisèrent sous mes yeux.
Lentement.
Deux oreilles pointures apparurent.
Puis un joli petit museau, avec des longues moustaches.
Enfin, quatre pattes, posées sur le rocher.
La couleur orange garda son éclat, mais je vis des poils couvrir sa fourrure.
Et là, à quelques centimètres de lui, je compris ce que c'était.
Un renard.
Un beau et jeune renard, dans toute sa splendeur.
Je me sentais comme le Petit Prince, voulant adopter son ami le renard. J'ai tendu ma main gauche vers lui, je voulais glisser mes doigts dans sa fourrure, qui semblait si douce. Lorsque j'ai pu le caresser, j'entendis une voix résonner dans ma tête. Une voix masculine qui recouvrait les paroles de Dua Lipa.
Cette voix provenait...
... Du renard !
Comme s'il me parlait par télépathie.
Il murmurait mon prénom.
Alisone.
Alisone.
Alisone.
Ma fièvre devait empirer, de toute évidence.
Pourtant, je me sentais bien avec ce renard.
Je compris pourquoi, à la fin de cette divagation.
Je n'écris pas dans la langue de mes songes, et mes songes sont en Anglais.
"Renard", en Anglais, se dit...
... "Fox".
Fox Mulder...
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"Ce n'était qu'un renard semblable à cent mille autres.
Mais j'en ai fait mon ami, et il est maintenant unique."
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- Alisone ? ... Alisone ? ... Alisone ?
En ouvrant lentement mes paupières couvertes de sueur, la couleur orange vive laissa place à un bleu profond qui me scrutait intensément.
Je souris.
Je venais d'échanger mon petit renard pour un autre, plus grand. Mais, comme ce renard-là n'aimait pas que les gens l'appellent par son prénom, j'ai toussoté avant de murmurer avec ma bouche sèche :
- Mulder ?
Il se pencha vers moi.
Je compris que j'étais allongée sur mon lit, dans mon lit, chez moi, dans mon appartement. Mulder, assit sur une chaise à mon chevet, posa une main sur mon front. Ses yeux éteints semblèrent tristes et inquiets. Il attrapa un gant humide pour essuyer mon visage dont la fièvre faisait perler quelques gouttes de sueur. Alors qu'il s'occupait amoureusement de moi, une femme passa l'arcade de la porte de ma chambre.
- Scully ? compris-je. Qu'est-ce que...?
- Tu as fait un malaise, Alisone. Heureusement que Mulder était là au bon moment pour te rattraper, sinon tu aurais pu te faire très mal en tombant.
Elle marcha vers moi en faisant claquer ses talons sur le sol, et me tendit un verre qu'elle tenait dans sa main.
- Bois ça, Alisone.
Je lui faisais confiance. Après tout, elle était Docteur.
En revanche, le médicament avait un goût absolument immonde. J'esquissais une mine dégoûtée en avalant le liquide trouble, une fois terminée, Scully reprit le verre. Puis, elle prit un thermomètre, qui se trouvait apparemment sur ma table de nuit, pour le mettre dans ma bouche, en m'informant :
- Nous avons essayé de faire tomber ta fièvre, ta température était bien trop élevée, tout à l'heure. Tu aurais pu faire des convulsions ou même sombrer dans le coma.
Le mot "coma" m'a Triggered Sam Tyler et, par force, le cauchemar de la nuit d'avant. L'immondice que je souhaitais oublier et ne jamais écrire. Mulder dut voir mon air paniqué, car il posa sa main sur la mienne.
- Alisone, tout va bien se passer, d'accord ?
Je fis simplement "oui" de la tête.
Je voulus me rendre dans ma salle de bain, malgré mes courbatures, j'ai retiré la couette qui me recouvrait et je découvris que je ne portais plus ma robe azur, mais mon pyjama blanc.
Je tiquais en jetant un regard interrogateur vers Mulder, que ce dernier remarqua. Il sourit, en m'expliquant :
- Scully s'est occupé de te faire prendre un bain froid et de changer tes vêtements trempés de sueur. J'ai juste attendu dans le salon que tu sois prête à être bordé.
Je soufflais de soulagement.
- Merci.
Après le cauchemar de la nuit passée, je n'aurais jamais voulu être nue comme un ver devant un homme, contre ma volonté...
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"I tried to see my lovers in a good light,
Don't wanna do it just to be nice,
Don't wanna have to teach you how to love me right."
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Drogheda - Ireland.
21 Juin 2024 :
Voilà.
Je suis malade.
Trempée de sueur, enroulée dans ma couette comme un nem. Je tousse à m'en arracher les poumons, mon corps entier me fait mal, et les courbatures torturent chaque centimètre de ma peau, de mes os et de mes muscles. J'ai une migraine épouvantable et la bouche sèche. L'immonde cauchemar sur le matin me donne la nausée et il n'était que 5h30 lorsque je me suis réveillée. J'ai essayé de penser à autre chose jusqu'à 6h30. J'ai cherché mes millions de peluches pour m'ancrer à quelque chose, puis je me suis accroché au torse de Brendan, mon chéri, à ma gauche. Je savais que j'allais passer ma journée au lit, terrassée par cette grippe fulgurante.
Mais, si mon corps m'a lâché, mon esprit continue de carburer, alors j'ai pris mon ordinateur avec moi, au lit, pour pianoter sur mon clavier de temps en temps, entre deux siestes fiévreuses.
Bien sûr, lorsque mon cerveau me le permet, je continue de regarder "X-Files" !
J'entame la saison 6 et je vais voir le premier film aujourd'hui !
Je dois follow la Ligne Temporelle de la série (à défaut de suivre MA propre Ligne Temporelle !)...
Les courbatures dans mes poignets m'empêchent d'utiliser mes bras et j'ai même des courbatures dans mes chevilles !
Nom de Dieu...
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"Le renard se tut et regarda longtemps le petit prince :
- S'il te plaît… apprivoise-moi... dit-il.
- Je veux bien, répondit le petit prince, mais je n'ai pas beaucoup de temps. J'ai des amis à découvrir et beaucoup de choses à connaître.
- On ne connaît que les choses que l'on apprivoise, dit le renard. Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi."
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21.06.2024
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