.

17/ TrustNo1

.

"You have to believe me.

Nobody else on this whole damn planet does or ever will.

You're my one in... five billion..."

.

Note 1 :

Cette histoire sera un peu particulière, comme le démontre le titre qui, contrairement aux autres, ne commence pas par "Spooky".

Vous commencez à me connaître, je fais plusieurs cauchemars par nuit, car je me réveille en sursaut à cause des horreurs que je vis. Parfois, je me souviens de tous mes songes, parfois que d'un seul.

La plupart du temps, mes songes se suivent et ne se ressemblent pas vraiment. Ils ne sont qu'une succession de récits horribles les uns à la suite des autres.

Parfois, mon nouveau songe continue l'histoire de son prédécesseur.

Mais, cette nuit, une nouvelle forme de cauchemar est apparue...

J'ai fait une terreur nocturne, de laquelle je me suis réveillée en sursaut, puis je me suis rendormie et... Il y a eu un "Reboot". Mon cerveau a pris la même histoire que la précédente, pour en recréer une nouvelle.

Et, bande de petits veinards que vous êtes, je me souviens des deux horreurs alors...

... Bienvenue aux portes de mes cauchemars !

Note 2 :

Fox Mulder et moi avons le même âge : 34 ans. J'ignore la Ligne Temporelle exacte, impossible de savoir s'il était dans le futur avec moi et si j'étais dans le passé avec lui, mais nous avions le même âge et il était fidèle à son lui des saisons trois et quatre...

Note 3 :

Je cauchemarde en Anglais, je parle avec mon chéri en Anglais, et je regarde les films et séries en Anglais, donc : pour mes histoires ici, j'essaye de traduire comme je peux, mais parfois la version originale est mieux. Désolée.


"I can't afford the price I pay,

And I can't even pay the rent,

They're coming at me every way,

And there's no letting up."

.

PARTIE 1 : NoDogs.

Je ne pouvais pas attendre ma sœur plus longtemps encore, j'allais être en retard. J'avais promis à Fox Mulder que j'irais à la Convention en compagnie des "The Lone Gunmen", ses trois amis Geeks/Conspirationnistes.

De fait, je me retrouvais toute seule dans l'immense hôtel que nous louions pour l'occasion. Helya, ma sœur, était en vadrouille en ville avec son amie Constance, mais nous devions pourtant nous retrouver toutes ensemble dans notre chambre pour m'accompagner à la Convention.

C'est que... J'avais peur d'y aller toute seule, pour une raison assez logique...

Le trio des "The Lone Gunmen" était composé de trois hommes aussi différents mentalement que physiquement. Il y avait Byers, Frohike et Langly.

Nous devions nous retrouver à une Convention pour un RPG géant. Dans ledit "Role-Playing Game", j'incarnais un personnage diabolique en la personne de...

Adolf Hitler. (Purée, je n'arrive toujours pas à y croire...)

D'une idée de Byers, nous avions "féminisé" le personnage du tyran. Cependant, même le fait de me surnommer "Adolfette" n'enlevait rien à l'abomination de mon rôle. Je n'ai pas attendu Helya pour revêtir mon costume.

Dans ce songe, Adolf Hitler portait une tenue très très très spécifique, reconnue de tout le monde dans le Monde entier. Tenue que j'avais donc féminisé pour l'occasion.

J'ai donc enfilé un short aux motifs camouflages militaires avec une épaisse ceinture en cuir qui, apparemment, était spécifique à Hitler. Mon haut était un ample T-shirt, également aux couleurs militaires. Mes chaussures, totalement féminines, étaient des Salomé noires, typique des années 20, que les femmes portaient, avec des petits talons et une ouverture sur le devant. Sur mon T-shirt, je portais quelques insignes semblables à ceux du Führer. Malheureusement, je ne pouvais pas porter ma chaîne en argent avec mon pendentif blason en forme de "M" gothique.

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"I'm frightened by the threats they make,

Take me down and they'll bury me,

And if I run, they'll chase me back again,

Drag me before I make the break."

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Normalement, j'aurai dû me déguiser une fois arrivée à la Convention, mais j'étais en retard à cause de ma sœur, donc je me suis habillée dans la chambre d'hôtel, puis j'ai jeté mes vêtements civils dans un sac gris en toile pour me changer à la Convention une fois la journée terminée. Comme je devais prendre le métro, j'ai décidé de cacher mon costume à l'aide du long manteau noir appartenant à Mulder. Ce n'était qu'un simple trench-coat, assez épais, long et totalement noir. Comme mon chéri était grand et moi petite, le manteau tombait jusqu'en dessous de mes genoux.

Au moment où j'allais quitter la chambre, Helya et Constance sont revenues.

Et... Nous nous sommes disputées, car elles auraient dû être là depuis plusieurs heures et que je ne voulais pas prendre le métro toute seule avec mon accoutrement. Je suis partie fâchée, nous avons bien trop crié et j'ai quitté l'hôtel en étant triste à en mourir...

Dans la poche gauche du trench-coat, j'avais ma carte bleue et mon téléphone portable, que j'ai sorti pour appeler mon chéri :

- Mulder, it's me. Je suis en route. Seule.

- Seule ? s'inquiéta Mulder au téléphone. Alisone, tu ne peux pas prendre le métro toute seule !

- Je sais, mais j'ai enfilé ton manteau pour cacher mon costume.

En disant ça, j'ai d'ailleurs attaché les trois gros boutons noirs devant moi, pour mieux camoufler mon haut et ma ceinture.

- Alisone, je viens te retrouver. Où es-tu ?

- Je me dirige vers le métro, je dois acheter un ticket pour me rendre à l'arrêt NoDogs.

Mulder tiqua :

- Quoi ? Non ! Pas toute seule ! Ne bouge pas, j'arrive ! Et... Alisone ?

- Oui ?

- ... Trust no one...

Puis, il raccrocha.

.

"I can't keep holding on,

And I hide away,

I needed to keep me from breaking down,

And I'm under..."

.

Une fois dans les boyaux métalliques du métro, je me suis dirigée vers les machines à tickets. J'essayais de choisir la machine avec le moins de file d'attente, mais il y avait du monde partout. C'étaient de simples et vieilles machines, carrées et grises, à gros boutons, soudées aux murs. Certains appareils étaient vides, car ces derniers ne permettaient pas d'acheter des tickets, mais plutôt de payer pour avoir une consultation en direct avec une Voyante. J'ai souri en découvrant ça.

Mais... J'aurais sûrement dû m'en servir, ça m'aurait permis de survivre à la journée.

Je faisais la queue, lorsqu'une jeune femme m'a accosté derrière moi pour me parler. Elle semblait très hyperactive et sociale, tout ce que je ne suis pas. Elle souriait et me posait trois millions de questions que j'éludais tout en restant poli.

Puis, une dame plus âgée en face de moi, s'est retourné pour me parler et me rassurer quant à la désinvolture de la personne derrière moi. En réalité, je me fichais de tout ça, je voulais juste un ticket pour sauter dans le métro et rejoindre la Convention au plus vite. Pendant que la jeune parlait sans discontinuer dans mon dos, la file avança et la dame en face passa enfin sur la machine.

Lorsque ce fut mon tour, je découvris qu'elle avait laissé une bague et des pièces sur la machine.

Pour moi ?

J'ai secoué la tête et j'ai payé un ticket allé/retour avec ma carte et je suis partie.

J'ai sorti mon Iphone pour vérifier dans quelle direction je devais prendre le métro pour arriver à la station "NoDogs". (Oui, un nom étrange, mais je m'en souviens précisément.)

Je me suis faufilée dans le couloir anthracite de droite pour attendre mon métro. Malheureusement pour moi, il y avait un accident sur la voie, et le panneau de signalisation indiquait :

"Le trafic est momentanément interrompu pour cause d'accident sur les voies.

Merci de rejoindre les sorties de secours en attendant que le trafic reprenne."

Shit !

J'étais trop en retard !

Puis, quelqu'un tapota sur mon épaule. En me retournant, je découvris la jeune fille et la dame plus âgée. Cette dernière sourit :

- Nous allons commander un Uber, on partage ?

Je fis simplement "oui" de la tête, n'ayant pas d'autres solutions. Je les ai suivies dehors et nous sommes montées toutes les trois sur la banquette arrière d'un taxi. Je me trouvais au milieu, et la jeune à ma gauche sortie un bijou de sa poche. C'était une belle bague en or gris avec trois perles nacrées sur le dessus. Elle me dit qu'elle avait trouvé ça sur la machine des tickets de métro. Je le savais, puisque je l'avais vu, mais que je ne l'avais pas prise.

Cependant, la dame à ma droite grogna en voyant la jeune avec cette bague. En serrant les dents, elle m'avoua à voix basse :

- Je l'avais laissé sur la machine pour toi. Tu devais la prendre.

Je tiquais.

De quoi ? Mais... Pourquoi ?!

Pendant que la jeune s'amusait avec sa nouvelle acquisition, la dame râlait encore et encore, répétant en boucle que la bague était censé être pour moi. Et pourquoi je ne l'avais pas prise ?!

Je me suis frotté les yeux et, Dieu merci, mon téléphone a sonné.

- Alisone, it's me.

- Mulder ! Je suis dans un taxi en direction de "NoDogs".

- Je t'attends là-bas alors. Attention à toi et... Trust no one...

- I know.

Au moment où je raccrochais, le taxi s'arrêta net et le chauffeur nous expliqua :

- Les flics ont fermé les routes. Désolé mesdames, vous devez continuer à pied.

Shit !

Nous sommes sorties ensemble et nous nous sommes dirigées vers l'arrêt "NoDogs". Avant celui-là, nous sommes arrivés à l'arrêt précédent : "NoName".

Ouais, ils ne se sont pas trop foulés pour les noms...

Une fois dans les couloirs anthracite et sales de la station "NoName", nous avons vérifié si le métro passait jusqu'à la station suivante. J'avais chaud, entre les mésaventures et la chaleur dégoutante qui collait dans les boyaux métalliques, j'ai déboutonné mon manteau en faisant quand même attention de cacher mon haut et mes accessoires.

Les arrêts de "NoDogs" et "NoName" étaient connus pour leurs dealers de drogues et la délinquance évidente qui sévissait dans les couloirs du métro. La raison pour laquelle nous faisions attention en progressant dans le labyrinthe décrépi.

Forcément, ce qui devait arriver, arriva, et un agresseur s'est jeté sur nous. Je lui ai donné un gros coup de pied dans les parties et pendant qu'il était plié en deux, j'ai enlevé ma chaussure gauche pour le frapper de toutes mes forces avec le talon. Une fois l'attaquant à terre, j'ai remis ma chaussure, puis deux hommes armés sont apparu derrière nous.

- POLICE !

Ils avaient des lampes torches et des armes. Les deux femmes et moi-même avons levé les mains en l'air en signe de reddition, pendant que les Officiers se sont dirigés vers nous. L'un d'eux a vu le terroriste à terre et grogna dans sa moustache hirsute.

Là, il se passa une chose de totalement similaire à une scène dans "The X-Files". Je suis presque à la fin de la série, et comme je ne veux pas encore la terminer, je me refais les épisodes. Hier soir, j'ai revu l'épisode 19, de la saison 5 : "Folie à deux". Il y a une scène où Mulder se fait prendre en otage par un homme armé (comme moi dans mon songe) et il essaye de cacher son arme de service derrière sa veste noire (comme moi avec mon costume) sauf qu'en déboutonnant sa veste pour attraper son arme et sauver tout le monde, son téléphone sonne et le terroriste découvre qu'il est un Agent du FBI et lui casse la figure.

Et..

... Devinez quoi ?

.

"Baby, I can't carry on, dead and I've been buried on,

Baby, I was one in a million,

Even if our love was strong, take me down and let it fall,

Baby, I was one in a million."

.

Je n'ai pas eu le temps de reboutonner mon long trench-coat noir et avec les mains en l'air, le Policier a entraperçu ma tenue. Il s'est lentement dirigé vers moi, arme en joug, et m'analysa longuement.

Mon cœur battait la chamade.

En approchant son revolver de ma poitrine, mon souffle se coupa. Puis, l'homme ouvrit ma veste et découvrit ma tenue : le T-shirt et les accessoires Nazis, sans parler de la ceinture du moustachu génocidaire.

Shit.

Malgré ma peur, j'ai commencé à plaider :

- Wait ! Je dois aller à une Convention, je porte un costume, et...

L'homme me frappa violemment le visage avec la crosse de son arme. (Comme dans la scène du 5.19, donc...).

Le second Policier ordonna aux deux femmes de partir et elles n'eurent pas d'autre choix que d'obéir. Puis, un des gardiens sortit un énorme couteau de sa ceinture et il s'approcha de moi avec colère.

- Nous aimons planter les Nazis...

Mon cœur rata un battement. Je me suis collée au mur sale du métro, en tendant mes mains en avant pour essayer de me défendre :

- Ok, ok, ok, wait ! Je ne suis PAS un Nazi ! C'est un costume pour une Conv...

Aïe...

Un autre coup.

Le flic me colla contre le crépi dégoûtant et glissa l'énorme lame étincelante de son couteau sous ma gorge. Malgré le goût du sang dans ma bouche et mes tremblements, je ne bougeais pas. Un seul mouvement, et son arme blanche me trancherait la carotide. Un mince filet de sang coula le long de ma nuque, puis mon portable sonna.

L'écho de la musique retentit dans les couloirs désormais vides et le Policier qui ne me tenait pas contre le mur attrapa mon téléphone, sans parler.

Je savais pertinemment qui m'appelait, alors j'ai tout tenté, en hurlant :

- MULDER ! HELP !

L'homme raccrocha et jeta mon cellulaire, tandis que l'autre planta finalement son énorme lame dans mon abdomen.

Une douleur fulgurante m'empêcha de respirer.


REBOOT


PARTIE 2 : NoName.

Je me suis réveillée en sursaut, pour me rendormir aussitôt et replonger...

... Dans le même cauchemar, après son reboot.

Vous connaissez le début, je suis en retard pour la Convention, je porte le costume de l'atroce Hitler, et je pars de l'hôtel en m'engueulant avec ma sœur.

Mais, dans cette version, je ne rencontre pas les deux femmes.

Non, à la place, Mulder vient me chercher à la station de métro où je faisais la queue pour acheter des tickets. Comme je portais son long manteau noir, lui n'avait qu'une chemise blanche froissée avec une cravate rouge à motifs.

Ses profonds yeux bleu clair m'observèrent avec intensité et inquiétude.

- Alisone, nous devons partir d'ici. J'ai repéré deux hommes armés à la sortie du métro. Mieux vaut être loin d'eux. Et cache ton costume.

Il ferma deux autres boutons de son manteau sur moi, puis glissa sa main dans la mienne pour me tirer vers la sortie.

Une fois dans les couloirs labyrinthiques, Mulder me chuchota à l'oreille :

- Trust no one.

- I know.

Nous sommes enfin arrivés dehors.

.

"And I was holding, burning, waking, turning,

Tasting blood and losing time,

I want to get a hold of myself,

Baby, I was one in a million,

I want to get a hold of myself,

Baby, I was one in a million."

.

Il faisait gris dehors, les nuages étaient bas et menaçants. Malgré ça, Mulder me tirait toujours par la main, courant presque le long des rues bondées. J'avais du mal à courir avec mes talons, mais je le suivais comme je le pouvais.

Lorsque Mulder se tourna une nouvelle fois pour vérifier que personne ne nous suivait, il repéra malheureusement les deux Policiers du songe précédent qui nous poursuivait.

Shit.

- Alisone, s'ils voient ton costume, ils vont te tuer.

- Je sais, je sais...

Il s'arrêta net, dans une rue pleine de boutiques, puis sourit en me traînant vers l'une d'elles.

- J'ai une idée.

Nous sommes entrés dans un grand magasin rempli de vêtements en tout genre. Évidemment, les méchants nous poursuivaient encore, donc Mulder m'a traîné vers un rayon un peu caché, en chuchotant :

- OK, attrape une autre tenue et cachons-nous dans la cabine.

J'ai jeté des regards autour de moi. Nous étions dans une aile consacrée aux robes pour femmes. Mais, plus spécifiquement...

... Les répliques exactes des robes que Rose DeWitt Bukater portait dans le film "Titanic".

Wow...

Parmi les dizaines de magnifiques robes, j'ai choisi ma préférée d'entre toutes : la tenue finale de Rose, celle qu'elle porte lorsque le navire coule.

C'est une longue parure en soie, légère, qui tombe jusqu'aux pieds. La robe et ses volants sont de couleurs blanc et violine. Une ceinture de tissu rose entoure la taille et les bretelles sont épaisses sur les épaules.

Une fois que j'ai attrapé ma tenue, Mulder m'a tiré jusqu'à la cabine d'essayage la plus proche, celle-là même à l'entrée du magasin. Il a fermé les rideaux, tout en jetant des coups d'œil à travers les ombres de l'autre côté. Les deux flics venaient d'entrer dans la boutique. Pendant ce temps, j'enlevais aussi rapidement que possible mon costume d'Adolf Hitler pour vite enfiler la belle robe de Rose.

Comme nous n'avions pas le temps d'acheter ma nouvelle tenue, Mulder a arraché les étiquettes avec ses dents, puis nous nous avons vérifié furtivement derrière le rideau avant de quitter le magasin en courant.

Alors, j'ai jeté mes chaussures à talons pour marcher pieds nus, parce que c'était plus facile pour suivre les grandes enjambées de mon chéri.

Main dans la main, nous avons couru le long des rues, fuyant ainsi nos agresseurs...

.

"Tears fall like acid rain,

And it burns me through the skin,

It's taken everything from me,

I lost my innocence."

.

Mais, n'oubliez pas que vous êtes dans mes cauchemars, et dans mes cauchemars, les héros ne gagnent pas.

Jamais.

Donc, lorsque nous étions en pleine course pour fuir les Policiers derrière nous, un groupe armé de quatre personnes a débarqué devant nous, nous barrant ainsi le passage. Nous étions piégés.

Mulder s'est arrêté net et a lâché ma main pour attraper son arme de service.

Malheureusement, nous étions encerclés par plusieurs hommes qui nous mettaient en joue, et Mulder savait pertinemment qu'il n'aurait pas le temps d'en tuer un seul, alors que le groupe nous tuerait en quelques tirs.

À contrecœur, il lâcha son arme, mais rappela :

- Je suis un Agent du FBI, vous ne pouvez pas nous retenir prisonniers.

Le Chef apparemment incontesté de la bande sourit en s'approchant de nous. Il railla :

- J'en ai rien à foutre de qui vous êtes. Nous voulons la fille.

Son regard se porta sur moi.

Je sursautais pendant que Mulder tiqua, visiblement énervé :

- N'y pensez même pas !

- Du calme, Roméo, nous allons te tuer toi aussi. Oi ! Embarquez-les !

Les hommes armés autour et derrière nous se rapprochèrent avec leurs revolvers droits devant eux, nous faisant signe d'avancer sans résister.

Ce que nous fîmes, n'ayant clairement pas le choix.

Tels des condamnés à mort, nous avancions vers un bien étrange bâtiment, juste à côté de la station de métro "NoName".

.

"Bats bring the night to day,

Watch them turn the sky to black,

Like a gun that fires that sound again,

Frightens me until the bitter end."

.

Nous sommes entrés à l'intérieur d'un Café improbable, puisque le salon était en réalité une piscine géante, avec les Baristas autour du bassin. Le restaurant accueillait déjà pas mal de monde, mais cela n'empêcha pas le Boss des Vilains de tuer une bonne partie des clients, et ensuite d'ordonner à ses hommes de jeter les corps dans la rue. Le serveur, aussi apeuré que nous, dut préparer les commandes des gangsters malgré ses mains tremblantes.

Ouais... Nos ravisseurs venaient d'assassiner des civils par dizaine, dans le plus grand des calmes.

L'homme dans mon dos et celui derrière Mulder nous poussèrent violemment vers le bord de la piscine, puis ordonnèrent avec hargne :

- Sautez !

N'ayant pas le choix, ni aucun moyen de lutter, nous avons plongé.

L'eau était claire et tiède. La surface nous arrivait au niveau de l'abdomen. Contre le rebord, dans la piscine, se trouvaient plusieurs bancs sur lesquels nous étions obligés de nous asseoir. Une fois assis dans l'eau, contre le bord, la surface nous arrivait à la poitrine. Mulder était à ma droite et les autres Vilains s'installèrent tout autour de la piscine. Le bassin était parfaitement rond, ni trop grand, ni trop profond, de telle sorte à ce que tout le monde puisse s'asseoir, parler et s'entendre.

Le Chef était devant nous, sourire aux lèvres, tandis que quatre hommes toujours armés se tenaient dans notre dos, au sec.

Mon cœur battait la chamade. Je voyais bien que Mulder était aussi perdu et paniqué que moi, mais il le cachait autant que possible.

Finalement, le Boss nargua :

- It's time...

Puis, tout est devenu noir...

.

"I can't keep holding on,

And I hide away,

I needed to keep me from breaking down,

And I'm under..."

.

Deux mains puissantes poussaient mes épaules vers le fond de la piscine. J'avais désormais la tête sous l'eau, le souffle coupé et les yeux fermés. Je ne pouvais pas crier, même si je le voulais. J'essayais d'arracher la grippe puissante qui me maintenait sous la surface, sans succès.

Éventuellement, les mains me ramenèrent au-dessus de l'eau et je pus prendre une profonde inspiration.

- ALISONE ! hurla Mulder, à ma droite.

En ouvrant enfin les paupières, je découvris que deux hommes tenaient fermement mon chéri pour ne pas qu'il puisse me secourir d'une quelconque façon.

Cela dit, il hurlait et insultait tous les Vilains du Café.

Le Boss fit un signe de tête à l'individu derrière moi. Ce dernier sortit un énorme couteau et approcha la lame aiguisée vers mes clavicules. Sans attendre, il entailla quelques centimètres de mon épiderme, pas assez pour créer une horrible plaie, mais juste assez pour me faire saigner.

Une chose absolument étrange se passa.

Mulder et moi fûmes choqués, en même temps.

Car, mon sang n'était pas rouge écarlate.

Mais vert émeraude.

Mon cœur rata un battement.

.

"And I was holding, burning, waking, turning,

Tasting blood and losing time,

I want to get a hold of myself,

Baby, I was one in a million,

I want to get a hold of myself,

Baby, I was one in a million."

.

De quoi ?!

Les gouttes vertes qui coulaient sur moi se mélangèrent ensuite à l'eau de la piscine.

- Alisone ? murmura Mulder.

- Je... Je ne comprends pas...

Soudain, le Chef se mit à rire. Un rire sardonique qui stoppa mes questions intérieures. Il nous avoua :

- Vous ne le saviez pas, hein ? Pathétique...

Derechef, il fit un signe de tête, et un autre homme dans mon dos sortit une imposante aiguille en verre, qu'il planta sans délicatesse dans ma nuque. Il n'était pas en train de m'injecter un produit, mais de prendre mon sang. Car je voyais le tube se remplir d'un liquide vert.

Mon sang. De toute évidence.

Tandis que le prélèvement continuait avec douleur, le Boss reprit :

- Nous voulons savoir ce qu'elle est...

- Ce qu'elle est ?! s'énerva Mulder. Comment ça ?

Notre ravisseur ricana :

- Il n'y a que deux entités connues à ce jour qui ont le sang vert. Les Sirènes...

Il attendit quelques secondes et observa longuement Mulder avec amusement, avant de terminer :

- ... Et les Extraterrestres...

Mulder se tourna vers moi et me jeta un regard perdu et inquiet.

De quoi ?!

Est-ce que c'était possible ?

Est-ce que c'était possible que, les créatures que Mulder cherchait le plus, la vérité qu'il voulait connaître, se trouvait en fait juste devant lui ?

Moi...?

Le Chef lâcha, avec malice :

- Il n'y a qu'une seule façon de savoir ce qu'elle est.

Un autre signe de tête.

Et tout est devenu noir à nouveau...

.

"And I need it,

And I need it,

And I need it to keep me from breaking down,

And I need it to keep me from breaking down,

And I need it to keep me from breaking down."

.

Je ne pouvais plus respirer. J'avais beau bouger mes bras dans tous les sens, impossible de me défaire de l'emprise griffue de l'homme dans mon dos, qui maintenait mes épaules et ma tête sous l'eau. Je pouvais entendre l'écho étouffé des hurlements de Mulder, je sentais le mouvement de l'eau à ma droite, il bougeait dans tous les sens, lui aussi, sans réussir à échapper à ses propres ravisseurs.

Le plus fou, c'est que dans le même genre que mon songe précédent, le "15/ Spooky Christmas", je sentais mon souffle se couper, IRL, dans mon lit, à Drogheda. Je ne pouvais plus respirer.

J'étais littéralement en apnée.

Et je me sentais étouffer lentement.

Puis, l'homme me releva et j'inspirais un bon coup, mes poumons en feu.

Mulder hurla derechef.

Les autres s'amusèrent et rirent de concert.

Encore, ma tête fut poussée sous la surface.

Encore, dans mon lit, je me noyais, en apnée, cherchant un moyen de respirer alors que je le pouvais. Je pouvais respirer, je n'étais pas sous l'eau IRL, mais le songe m'agrippait tellement dans son étreinte angoissante, que même dans la vraie vie, je m'étouffais toute seule.

Tué par un cauchemar.

C'est possible ça ?

Well... Il faut bien une première fois à tout, j'imagine...

.

"And I need it to keep me from thinking,

I won't find my wings no more,

Baby, I was one in a million,

Baby, I was one in a million."

.

Je savais ce qu'ils faisaient.

Je l'ai compris après la cinquième tentative de noyade.

Ils ne voulaient pas me tuer. Ils voulaient des réponses.

Et c'était simple : si je ne pouvais pas respirer sous l'eau, alors je ne pouvais pas être une Sirène.

Logique.

D'ailleurs, Mulder le comprit aussi.

Parce que... Si je n'étais pas une Sirène, mais que j'avais le sang vert, il ne restait qu'une seule explication...

Mulder m'observa avec amour et interrogation.

Était-ce possible ?

Était-ce possible que je sois ce que Mulder avait toujours cherché, sans même le savoir ?

Sans qu'il ne le sache ni sans que je ne le sache ?

Par les sept Démons des Internets, ça expliquerait tellement de choses...

Je suppose que...

... La vérité est ailleurs...

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"And I was holding, waking, tasting, losing time,

I want to get a hold of myself,

Baby, I was one in a million."


Drogheda - Ireland.

21 Juillet 2024 - 05h00 :

Je me suis réveillée en sursaut, en inspirant un long moment, car j'étais toujours en apnée. En vrai, peut-être que je commence à faire de l'apnée du sommeil et que mon cerveau me l'explique à sa façon horrifique.

Forcément, après ça, je n'ai pas voulu me rendormir, par peur d'un reboot.

À la place, j'ai pris mon téléphone pour écrire les mots-clefs et mettre cette horreur au propre, à l'ordinateur.

Car oui, je n'ai toujours pas entamé un nouveau carnet, puisque j'ai encore envie de brûler les anciens. Inutile d'en commencer un autre...

À 5h10, une fois mes mots écrits, je me suis reposée, en faisant bien attention de ne pas m'endormir. Mais, j'étais épuisé, à bout de souffle, et à bout de force.

Je me suis posée jusqu'à 6h20, puis je me suis enfin levée...

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"Baby, I can't carry on, dead and I've been buried on,

Baby, I was one in a million,

Even if our love was strong, take me down and let it fall,

Baby, I was one in a million."

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PS 1 : La première phrase en italique qui entame le récit est une réplique de Mulder. La dernière phrase m'a Triggered une musique, dont j'ai posté les paroles à la suite des songes, pour séparer les paragraphes. La chanson est "One in a Million" par Midnight To Monaco.

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21.07.2024

Copyright © 2024 by Alisone DAVIES – All rights reserved.

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"And I was holding, burning, waking, turning,

Tasting blood and losing time,

I want to get a hold of myself,

Baby, I was one in a million,

I want to get a hold of myself,

Baby, I was one in a million..."