Meryx Sphyraena, quelques minutes après le départ
Selena et Aurora s'occupent de gérer les réservations.
- Vous en pensez quoi, toutes les trois ? demande Aurora.
- Tu parles du prix ? demande la tête droite. Totalement surréaliste. Jamais une personne ne peut valoir une telle somme.
- Cela cache sûrement quelque chose, surenchérit la tête de gauche. D'ailleurs, je trouve étrange que le patron ait accepté. Cette somme voulait bien dire que Ruby Flower n'était pas à vendre.
- Cela se trouve qu'il a peut-être trouver cela arrangeant, s'exprime la tête principale. Après tout, un milliard de crédit, cela en fait une sacré somme. J'espère juste qu'elle et les autres sauront retrouver une liberté que nous ne sommes pas près de voir.
- Tu as hélas bien raison, soupire Aurora.
Une femme vient les voir. Elle ressemble à une dragonne typée asiatique avec les barbichettes. Elle est d'un blanc d'albâtre avec une chevelure dorée, une paire de corne noire et le bout dorée. Le haut de sa queue est noir, tandis que le dessous est brun clair. Elle a de magnifique iris jaune sous un fond noir. Elle a un corps très bien formé au vu de ses courbes généreuses. Elle a du mal à se déplacer.
- Ah, comment s'est passée la séance avec les trois clients, manslaughter ? demande Aurora.
- Passe…urks…passe-moi un seau…je…
Aurora le fait et la dragonne déglutit. Une fois fini, elle est très pâle.
- Je constate qu'ils ont bien profité de toi.
- Pourquoi crois-tu que mon ventre soit aussi gros ? se plaint la femme. Je vais en baver pour me vider.
- C'est amusant de voir que cela te déplait autant de le faire, alors que tu sembles bien apprécier, lui dit Selena.
- Sache que l'on n'est pas forcément toutes heureuses de se faire prendre. Je suis bien obligé de faire semblant. J'ai été une idiote de croire cet immonde individu ! Dire que je pensais avoir trouver du travail en tant que mécanicienne.
- Que peut-on dire de nous ? Moshadol Tutdorr est un génie pour tromper les autres et parvenir à ses fins. Vous savez pour Maescia et Ellarian ? Il semblerait qu'il ait fait pression sur l'entreprise du père pour récupérer les enfants.
- Elles doivent bien souffrir, vu qu'elles sont les favorites du patron.
Malgré tout, manslaughter semble subir un sérieux coup au moral. Des larmes commencent à couler de ses yeux. Quelqu'un l'attrape et l'enserre contre elle, comme le ferait une mère sur une enfant.
- Calme-toi. Je suis là, répond la femme.
- M…merci, Green Flower
La dénommée Green Flower ressemble à un mélange entre un dinosaure et une plante. Elle est grande, avec un long cou et deux antennes sur la tête. A la base de son cou, des pétales de fleurs en sortent. Ces pétales semblent dégager une odeur apaisante. Elle a une petite queue. Tout son corps est vert et les pétales sont un mélange de bleu et de blanc. Elle semble âgée au vu des rondeurs de son corps.
- Tu te sens mieux ?
- Oui, mais je me sentirais encore mieux dehors et loin de ce maudit lieu. Sinon, est-ce que Ruby Flower a réussi son coup ?
Les deux réceptionnistes leur font part de ce qui s'est passé. Manslaughter semble être jalouse.
- J'aurais dû le faire comme c'était prévu. Je serais peut-être libre en ce moment.
- Tu aurais laissé la chance à Ruby Flower avec tout ce qu'elle subit ?
- Non, bien sûr que non, mais voilà, je me sens jalouse de leur chance.
- Toutefois, dit Green Flower il est vrai que c'est étrange de mettre un prix aussi important pour elle. Elle nous a déjà expliqué sa situation, mais cela ne peut tout expliquer.
- Je pense que c'est quelque chose qui nous dépasse, prononce simplement la tête principale de Selena. Nous ne pouvons que leur souhaiter bonne chance.
Toutes acquiescent.
Autre part, Vasthor se dirige vers le bureau du patron, tenant avec lui l'original de l'acte de vente. Il reste cependant circonspect, car il trouve étrange le changement d'attitude de son patron au niveau de l'achat de Ruby Flower. Il toque et son patron l'autorise à rentrer.
L'homme est entouré par deux superbes créatures. Il ne manque pas de poser un regard mauvais à son chef. Il semble le déranger pendant une séance.
- J'espère que tu as de bonnes raisons de me déranger durant cette séance avec Maescia et Ellarian, Jarvbrau.
- Oui. Je vous ramène l'acte de vente de Ruby Flower comme demandé.
Moshadol Tutdorr montre de la surprise devant les paroles de Jarvbrau.
- De quel acte de vente me fait tu parts ? Je t'avais pourtant dit de donner un prix totalement délirant pour empêcher la vente.
- C'est le cas, monsieur. J'ai donné la somme d'un milliard et la reine Azaeroria a accepté tout en demandant les dénommées Fluffy Wise, Ingenuity Turtle, Sober Wywern, Hawkeye et Seductress Intoxicating. Je vous ai contacté et vous m'avez finalement donner votre accord pour la vente.
- Je n'ai jamais reçu ton appel, répond-il d'une voix froide et colérique.
- Pourtant, je vous assure que c'était bien vous. Je ne gagnerais rien à vous mentir, monsieur Tutdorr.
Moshadol le foudroie d'un regard mauvais. Seulement, il sait que Jarvbrau ne ment pas. Si pour beaucoup cela est une faiblesse, pour Moshadol c'est une qualité qu'il apprécie.
- Très bien. Passe-moi l'acte de vente. Prends ces deux-là avec toi. Dis-leur qu'elles restent prêtes. Je risque d'avoir besoin à nouveau d'elles d'ici peu de temps.
Jarvbrau acquiesce et quitte le bureau de son patron escortant les deux adolescentes. Une fois seul, il se demande bien qui a réussi à se faire passer pour lui. Il n'a pas d'autres choix. Il doit les prévenir.
''Si je ne dis rien, je risque bien trop.''
Il ouvre un canal de communication et une personne apparaît. Moshadol lui fait part des événements. Son interlocuteur ne cache pas sa colère.
- Nous avions pourtant été claire ! lui crie son interlocuteur. Elle ne devait pas être vendue !
- Je le sais bien et personne jusqu'à présent n'a voulu l'acheter.
- Qui est son acheteur ?
- Un certain maréchal-commandeur Duvall Azur, de la terre.
- De la terre, dites- vous ? De cette insignifiante planète remplie de parvenus ? Aucun n'a les moyens d'acheter quoi que ce soit.
- Il est vrai. C'est la reine Azaeroria qui a fourni les fonds pour l'achat.
- Ces maudits Qhagiens nous posent encore des problèmes. Très bien, nous allons nous occuper de son cas et également de son amie. Je préfère vous prévenir, Mr Tutdorr que vous risquez bien plus que votre argent. Dans votre intérêt, faites comme si cette histoire n'avait jamais eu lieu.
- C'est entendu.
La communication est coupée. Moshadol garde son calme. Puis, il demande à revoir les deux filles et il oublie tous ces problèmes.
Appartement de la reine Azaeroria
Tous sont réunis autour de la table ou presque. Les affranchies portent des habits de la reine, leur permettant d'être plus présentables.
- Ashahira est encore sous la douche ? demande la reine.
- Oui majesté, répond une qhagienne à la peau foncée. Elle semble se laver plusieurs fois.
- Cela ne m'étonne pas, s'exprime Azur. Toute personne ayant subi un viol, que cela soit un homme ou une femme a se besoin. Ils pensent que cela leur permet de retirer ce qu'ils ont subi. C'est psychologique et c'est une action totalement cohérente. Laissez-là.
La femme acquiesce. Dans la salle de bain luxueuse et grande de la reine, Ashahira se savonne pour la troisième fois. Elle active l'eau et sent la chaleur se répandre sur sa peau écailleuse. Elle observe son corps et passe ses mains machinalement sur sa poitrine. Des visions de ses nombreux abus et humiliations remontent. Elle sent les nausées montées. Elle parvient à les contenir.
''Ceci n'est pas un rêve. Ce que j'ai subi est bien réel. Je…Je suis enfin libre ! Je dois néanmoins garder la queue sur le sable. Tout n'est pas gagné. Seulement, je sens que je vais enfin pouvoir aider mon peuple. Qui sait ce qu'il a subi durant ces huit années ?''
Finalement, elle sort et la servante l'attend avec les habits. Cette dernière l'aide à s'habiller. Ashahira arrive, portant des habits blancs, magnifiant sa beauté déjà grande. Elle arrive devant sa place. Sans dire un mot, les cinq autres femmes se lèvent et s'inclinent.
- Nous vous remercions de votre acte, disent-elles pour Azur et la reine Azaeroria.
Ces derniers sont gênés. Puis, elles s'assoient toutes.
- Je pense qu'avant qu'Asha ne commence son récit, commence Fluffy, que nous vous donnions nos vrais noms. Je me nomme Freyja Nithisut. Je proviens du peuple Fepji.
- Quant à moi, je me nomme Pergere des fosh, dit Hawkeye.
- Je me nomme Flosa Nuun. Je suis une cosienne, ravie de faire connaissance, dit avec politesse et respect Ingenuity Turtle
- Pour ma part, mon nom est Laeralle. Je suis une fière et aventurière Coyu ! prononce avec fierté Sober Wywern.
- Pour moi, je me nomme Ilqas Nochxochitl. Je suis une Sleheng et encore merci de nous avoir acheté notre liberté, dit Seductress Intoxicating.
Une fois les présentations faites, tous tournent leur attention sur Ashahira. Cette dernière prend une grande inspiration avant de leur expliquer clairement ce qui s'est passé.
Neuf ans plus tôt, planète Sagomakus
La planète Sagomakus est une planète orbitant autour d'une naine jaune toute aussi grosse que le soleil terrien. Le système planétaire comporte sept planètes dont Sagomakus qui est en troisième position. Elle possède deux petites lunes vides de vie. La planète en elle-même est légèrement plus petite que la Terre. Cependant, le monde semble désertique, mais la vie a réussi à prospérer sur un tel monde.
Les autochtones de la planète, les sagomakas, vivent sur les immenses plateaux de la planète et y ont construit d'imposants dômes pour y vivre. Dans le plus important, celui faisant office de capitale, l'effervescence est immense. Pour cause, dans peu de temps, ils vont inaugurer leur spatioport. C'est la fête. De nombreux sagomakiens, des deux sexes, de toutes tailles et couleurs dansent avec joie.
Le souverain de la planète, un sagomaka cobra d'un blanc immaculé avec des touches de bleus sur certaines parties, avec les yeux bleus et se nommant Cucshixu se montre. Il est accompagné par une femme cobra au ton violet et ayant des courbes généreuses. Elle se nomme Fasarah.
Tous applaudissent, puis c'est le silence.
- Sagomakiens, Sagomakiennes, prononce Cucshixu avec éloquence. Aujourd'hui est un grand jour pour notre peuple. Nous allons pouvoir explorer notre système comme jamais. Nous allons découvrir bien des choses. Nous avons avancé ensemble et c'est ensemble que nous explorons l'espace. Que les divins nous observent et voient notre union.
Il laisse un silence avant de reprendre.
- Sur ce bref discours, que tous dansent et s'amusent. C'est un grand moment à célébrer.
Tous ceux présents répondent d'une seule voix. Nombreux sont ceux à danser, tandis que d'autres festoient. Cucshixu regarde son peuple avec joie et amour.
- C'est toujours agréable de voir les nôtres ainsi.
- Tu as raison, Cucshi, lui répond son épouse. Il s'agit de ton premier discours depuis ton intronisation. Tes parents doivent apprécier ton comportement.
- Oui. Cela est difficile, mais voir notre peuple s'épanouir est la seule récompense que je veux. N'oublions pas de remercier les chercheurs et constructeurs de leurs efforts.
- Bien, maintenant profitons tous les deux de la fête, mon cher.
- Oui, mais fais attention, ma douce, dit-il en touchant le ventre rebondi de son épouse.
- Je ferais attention. J'attends avec impatience quand notre enfant sortira de son œuf. Cela sera un grand moment pour nous.
- Oui. Nous serons une famille.
En orbite, le spatioport est en pleine effervescence. Nombreux sont les sagomakiens à travailler, tandis que d'autres observent les différents appareils de mesures et d'observations. Les techniciens vérifient que tout fonctionne correctement, tandis que les opérateurs observent les instruments. Un sagomakien se démarque des autres. Il est imposant et musclé. C'est surtout son apparence qui intimide. Il est un cobra avec son corps qui est noir jais et ses yeux rouge sang. Il observe tout ce monde. Il semble être l'autorité la plus importante à bord.
- Amiral Kasima, s'adresse un membre, tout est prêt. Nous pouvons commencer la construction de notre premier vaisseau.
- Parfait. Transmettez aux ingénieurs qu'ils peuvent commencer.
Son interlocuteur acquiesce et transmet. L'amiral Kasima, de son nom complet, Ekshuss Kasima montre un calme naturel. Cependant, il est tout aussi enthousiaste que le monde présent. Il sort de son habit ce qui s'apparente à une photo. On le voit lui, avec une femme ayant le même coloris que lui et leur enfant. Une fille qui leur ressemble physiquement. Elle est noire de jais, mais possède une paire de cornes sur le haut du crâne. Elle a également un œil rouge et un œil noir. Ces attributs lui ont amené des tracas, mais cela a permis également de lui donner un caractère bien trempé et une insondable envie d'explorer les étoiles. Ekshuss sourit devant cette image. Il la range aussitôt et redevient sérieux quand un technicien vient à sa rencontre.
- Amiral, nos capteurs détectent d'étranges pics d'énergies.
- Avez-vous trouvé l'origine ?
- Nous cherchons, mais ils proviennent entre notre monde et la quatrième planète du systême.
L'amiral trouve cela curieux. Il n'y a rien entre les deux planètes. Puis, des alarmes s'enclenchent.
- Un navire inconnu vient d'apparaître à l'instant ! s'exclame un soldat.
- Vous en êtes sur ?
- Oui, le radar est formel, lui confirme le soldat.
L'effervescence se transforme en chaos pour essayer de comprendre comment un vaisseau a pu arriver ainsi. Ekshuss reste calme.
- Mettez-moi en communication directe avec notre souverain.
La forme holographique de Cucshixu se forme.
- Amiral Kasima, y-a-t-il un problème avec le spatioport ?
- Non, souverain. Un vaisseau vient d'apparaître subitement entre notre monde et la quatrième planète de notre système.
Le visage de leur souverain se raffermit.
- Avez-vous pris contact ?
- Pas encore. Je voulais d'abord vous informer. Et ensuite de la marche à suivre.
- Je vois. Essayer de prendre contact avec ce vaisseau inconnu. Je ne veux aucun signe de violence, amiral.
- J'en prends note, souverain.
Une fois la communication terminée, l'amiral ordonne que l'on essaie de prendre contact avec le navire inconnu.
- Usez de tous les moyens dont nous disposons. Nous ignorons comment ceux se trouvant à l'intérieur communiquent.
Les échanges commencent. Finalement, ils parviennent à trouver une fréquence. Comme ils le pensent, la langue qu'ils entendent leur est inconnue. A la place, il envoie le lieu où leur vaisseau doit atterrir.
Finalement, le vaisseau inconnu est visible. Il est bien plus grand que leur navette. Ce dernier fait dans les cent cinquante mètres. Le navire semble ridiculiser leur spatioport de par sa taille. Une délégation du navire en sort et est escortée par des soldats. Ekshuss peut observer ladite délégation.
Elle est composée de bipèdes comme eux. Ils n'ont pas de queues, ni de collerettes ni même d'écailles sur leur corps. Ils ont une peau blanche à la place et un étrange pelage sur le haut de leur crâne. Ils portent des habits complexes. Pourtant, ce qui attire son regard est l'humanoïde métallique avec deux gros yeux les accompagnant. Il en déduit qu'il s'agit d'un robot, mais ne comprend pas la raison de sa présence.
Vient le problème de la langue. Ils n'ont pas réussi à faire une analyse poussée. Il craint de faire un geste déplacé envers ces gens. L'homme s'exprime avec le robot et il acquiesce.
- Mes respects, peuple inconnu, mais bienveillant, s'exprime le robot dans leur langue. Mr Bilalis Symobot de la respectueuse corporation Kuat Drive Yards vous remercie de votre cordialité.
Ekshuss et les siens sont choqués.
- Comment peux-tu parler notre langue ? s'adresse-t-il au robot.
- Veuillez m'excuser. Je suis un droïde protocolaire. Mon rôle est d'apprendre et de parler toutes les langues connues de la galaxie. J'ai enregistré vos paroles et les ai apprises.
Ekshuss en reste malgré tout sans voix. Il a fallu à ce ''droïde'' que quelques paroles pour comprendre leur langue.
- Quelles sont les raisons du meneur de ce vaisseau ? demande-t-il.
Le robot traduit la question et l'individu lui répond.
- Mr Symobot explore les régions inconnues pour trouver et aider les peuples qui s'y trouvent.
- Pourquoi pense-t-il que nous avons besoin d'aide ?
Même si la question semble stupide, Ekshuss veut l'entendre.
- Kuat Drive Yards peut vous aider à développer votre spatioport. La corporation est la plus reconnue dans la galaxie.
Ekshuss en prend note. Il admet que cette aide pourrait les aider. Seulement, il préfère en parler au souverain.
- Je vais faire part à mon souverain de votre arrivée et de vos intentions. Veuillez patienter, je vous prie.
Ekshuss se lève pour parler en privé. Plusieurs des siens viennent le voir.
- Amiral, les scanners ont révélé que leur armement est à base d'énergie. De plus, le navire semble posséder un bouclier énergétique. Ces deux technologies sont soit balbutiantes pour la première et encore à trouver pour la deuxième.
- Je vois. Je le dirais au souverain.
Il ouvre un canal avec le souverain. Une fois fait, il lui explique la situation. Le sagomaka blanc est pensif.
- Je vais réunir le conseil. Ce n'est pas une décision que je peux prendre à la légère. Faite les patienter.
- Cela sera fait selon vos ordres, souverains.
Cucshixu a réuni le conseil, les sagomakiens et sagomakiennes qui gèrent les autres villes de la planète. Il a également demandé la présence d'ingénieurs et scientifiques. Une fois tout le monde présent, il leur fait part des événements. Les discussions vont bon train. Les scientifiques et ingénieurs sont d'accord du soutien que ces étrangers peuvent apporter. Les gouverneurs sont plus modérés. Plusieurs soulignent qu'ils pourraient devenir dépendant et perdre leur identité. D'autres encore refusent qu'une quelconque aide leur soit donnée. C'est eux qui doivent faire l'effort de découvrir et non leur offrir sur un plateau.
Cucshixu réfléchit grandement. Les différentes parties ont chacune leur raison qui est valable. Pourtant, leur connaissance pourrait aider son peuple à se développer plus rapidement.
- Membres du conseil, scientifiques et ingénieurs. J'ai entendu chacun de vos avis. Je comprends les inquiétudes que certains peuvent ressentir. Je le comprends. Nous ignorons tout d'eux. Seulement, nous ne devons pas avoir peur de l'inconnu. C'est elle qui nous motive à comprendre et à faire progresser notre peuple. Selon moi, nous pouvons accepter leur aide. En contrepartie, nous devons nous assurer de rester indépendants vis-à-vis d'eux. C'est un effort que tous doivent faire. J'attends le vote de chacun.
Cucshixu s'attend à ce que certains votent le refus, mais à son grand étonnement, tous répondent de manière positive.
- Très bien. Je prends note de votre jugement. Je recontacte l'amiral Kasima pour lui faire part de notre réponse.
Une fois transmise, l'amiral la transmet à leur invité. Ce dernier a une demande bien étrange.
- Mr Symobot aimerait traiter avec votre souverain en personne pour la ratification de l'aide.
L'amiral ne sait quoi répondre. Pour le moment, c'est la fête dans la capitale. Qui sait comment les siens vont réagir avec la descente d'un navire aussi grand ? Cependant, il prend sur lui et permet au navire de rejoindre la capitale. Il prévient au préalable le souverain Hafeezas qui accepte.
Le navire descend et pour les citoyens à la capitale, c'est la surprise quand le navire descend. Ils n'ont jamais observé de vaisseau aussi grand. Cucshixu et son épouse, escortés par des soldats, vont à la rencontre des occupants du navire. Cucshixu peut observer le dénommé Bilalis Symobot.
Il s'agit d'un humain au teint rose, avec de long cheveux blonds et des yeux bruns. Il est d'une taille normale, mais les habits qu'il porte en comparaison des autres montrent son statut hiérarchique. Lui et son équipage sont amenés au palais pour mettre au clair le contrat qui sera signé entre les deux parties. Les questions et demandes du souverain Hafeezas sont nombreuses, voulant s'assurer que son peuple ne subira rien en acceptant leur offre. Une fois tout clarifié, le contrat est signé. Cucshixu empoigne la main de Symobot en guise de clôture. Lui et son équipage sont amenés dans les chambres dans lesquels ils logeront durant leur bref séjour sur Sagomakus.
Pourtant, si tout cela devait être bénéfique, Cucshixu semble malgré tout troublé. A un tel point que son épouse vient voir ce qui le tracasse.
- Quelque chose ne va pas, Cucshi ? Tu devrais être plus qu'heureux avec l'accord que tu as signé avec ce représentant de cette corporation.
- Je l'étais au début, Fasarah, lui assure son compagnon. Seulement, j'ai senti un malaise quand je lui ai empoigné sa main. J'ignore les raisons, mais j'ai le pressentiment d'avoir été berné.
- Tu dois te faire des idées. C'est la fatigue qui te parle. Tu as géré bien des choses ces derniers jours.
- Tu as sans doute raison, ma douce, admet Cucshixu, non sans refouler le sentiment étrange qu'il a ressenti.
Un an plus tard
Le souverain observe les différents sagomakiens/kiennes devant lui, agenouiller.
- Relevez-vous tous, dit-il d'une voix forte et gracieuse.
Tous s'exécutent et attendent.
- Vous tous qui êtes présent, vous avez montré chacun d'un grand talent. Votre danse, vos mouvements et votre parcours respectif ont été lus et observés avec attention. Seulement, un seul d'entre vous peut être sélectionné.
Il se tait, puis reprend.
- Ashahira Faselis avancez-vous.
Une sagomakienne couleur rouge Ruby portant une tenue violette ressemblant fortement à une Casablanca orientale avec des formes avantageuses s'avance. Elle pose sa main droite sur sa poitrine et s'incline.
- Ashahira Faselis, il a été décidé que tu deviennes notre diplomate pour nous présenter au sénat de la république. Toutes mes félicitations.
Elle reste silencieuse, tandis que tous les autres l'acclament. Le souverain impose le silence.
- Vous devez vous demander pourquoi elle et pas un autre ? Je pense que vous devinez pourquoi. Sa prestation nous a montré toute sa volonté et sa détermination à vouloir défendre notre peuple. Sa danse fut complexe et belle à regarder. Malgré tout, vous pouvez être fier de votre prestation respective. Diplomate Faselis, veuillez me suivre.
Ashahira suit son souverain. Ils arrivent dans une salle. La compagne et reine Fasarah les attend. Elle tient dans ses bras une jeune fille. Elle a les écailles blanches, oranges et noires, comme une carpe koï. Fasarah observe leur arrivée et sourit.
- C'est finalement toi qui as réussi, Ashahira. Je n'en attendais pas moins de toi, mon amie.
- Je ne mérite pas autant de compliment Fasarah, répond l'intéressé humblement. Je n'ai fait que retranscrire ma vision. Les autres ont été aussi performant et déterminé que moi.
- Peut-être, mais tu as été sélectionné, c'est parce qu'il y a un petit détail. Peut-être ta grosse poitrine qui signifie que tu es porteuse de vie.
Ashahira acquiesce et s'assoit.
- Très bien Ashahira. Laisse-moi te faire un résumé de la situation pour que tu puisses te préparer au mieux. J'ai signé un contrat pour que la corporation Kuat Drive Yards puisse nous aider à améliorer notre spatioport et nos connaissances. Au début tout se passait bien. Hélas cela s'est vite dégradé. Tu dois savoir que les planètes de notre système regorgent de matières premières. Kuat sous prétexte de nous aider exploite ces ressources pour leur propre profit tout en forçant notre peuple à travailler pour eux, tels des esclaves. J'ai fait remonter à plusieurs reprises leurs actions déplacées. Mais cela est resté vain. J'ai appris qu'il existait un sénat républicain dans lequel les différents peuples de la galaxie peuvent faire part de leur problème. C'est là que tu rentres en jeu. Tu devras nous présenter et expliquer à ce sénat le préjudice que cette corporation fait à notre peuple. Tu dois savoir que tu portes sur tes écailles le sort de notre peuple, Ashahira Faselis. Te sens-tu toujours capable de le faire ?
- Oui, souverain Hafeezas, dit-elle avec force et conviction.
Cucshixu est satisfait en observant Ashahira.
- Parfait. Tu seras bien évidemment accompagné. Je te laisse le choix.
- J'ai déjà fait mon choix, souverain. Ikyasa Masmi me servira de garde du corps et Utixsu Rafisa me secondera.
- Je vois. Deux choix judicieux. Je ne vais pas te prendre plus longtemps. Tu as des affaires à préparer et des parents à prévenir.
Avant de partir Fasarah et Ashahira s'enlacent toutes les deux. Puis, la sagomaka rouge part.
- Elle réussira son entreprise, assure Fasarah.
- Oui. J'espère que tout se passera bien.
Fasarah foudroie son mari devant ses paroles peu enthousiastes, voire négatives.
- Arrête d'être négatif, Cucshi ! Tu vas finir par lui amener la malchance.
- Je sais. Seulement, je me méfie de Bilalis Symobot. Il nous a bien dupé. Je vais d'ailleurs lui communiquer notre action.
Le spatioport a triplé de volume depuis l'arrivée de Kuat. Seulement, il semblerait que cela soit ces derniers qui contrôlent le lieu et non les créateurs d'origines, les sagomakas. Ils sont d'ailleurs exploités dans la récolte des ressources et dans la construction des vaisseaux. L'amiral Ekshuss Kasima s'occupe de la sécurité du lieu. Seulement, il commence à éprouver une colère en voyant les siens être ainsi exploité. Il la cache pour éviter les ennuis, que cela soit à son peuple qu'à son souverain. Il reçoit un appel de ce dernier par ailleurs.
- Souverain Cucshixu Hafeezas, dit-il avec respect.
- Amiral Kasima, prévenez Bilalis Symobot que nous avons une diplomate et qu'elle doit se rendre auprès du sénat. Il devrait comprendre.
- C'est compris. Je lui transmets l'information personnellement.
Il se dirige vers les quartiers de ce dernier. Il est autorisé à le voir. Une fois fait, il explique les raisons de sa venue. Il paraît étonné que les sagomakiens demandent à une diplomate des leurs d'aller sur la planète capitale.
- J'ai bien peur de ne pas comprendre, amiral Kasima. Pourquoi vouloir envoyer une des vôtres à la capitale ?
- Je n'ai rien reçu d'autre. Mon souverain m'a fait souligner que vous comprendriez la raison de ce choix.
- Soit. Je vais préparer une navette pour elle et ses accompagnateurs. Vous pouvez prévenir votre souverain.
- Je lui en ferai part.
L'amiral salue l'homme et part. Une fois seul, Bilalis appelle plusieurs de ces subalternes. Une fois ces derniers arrivés, il explique la situation.
- Il semblerait que j'ai sous-estimé ce peuple primitif, admet Bilalis. Ils envoient une des leurs pour surement faire remonter nos actions envers leur peuple.
- Le sénat les renverra, s'exprime l'un d'eux. Ils n'auront que faire d'un peuple à peine découvert. Kuat a bien trop de prestige pour qu'ils croient les paroles de cette diplomate.
- Peut-être. Néanmoins, certains sénateurs seront plus avisés, comme le sénateur Bail Organa d'Alderaan qui enverra sûrement des équipes pour vérifier la véracité de ses paroles. N'oublions pas le conseil jedi qui s'en mêlera sûrement. Keatsti.
L'homme observe son supérieur. Il reste silencieux et pourtant, il met mal à l'aise son supérieur et les autres. Ces yeux noir donnent l'impression d'être vide et pourrait aspirer leur âme.
- Je veux qu'aucuns n'arrivent à la capitale. Suis-je clair ?
- Oui, c'est compris, dit-il avec un ton de voix mécanique et froid. Doivent-ils être tués ?
- Non. Je pense qu'ils pourront être utiles. J'ai un ami qui serait intéressé d'avoir de la marchandise rare. Il se nomme Moshadol Tutdorr. Dites-lui que vous venez de ma part. Il comprendra.
L'homme acquiesce et part. Les autres attendent.
- Avez-vous quelque chose à me faire remonter ?
- Oui. Jeraide Keatsti est vraiment dérangeant, admet un homme. Il donne l'impression d'être vide de toute émotion. C'est vraiment étrange.
- Je sais qu'il est quelqu'un d'étrange. Seulement, il est efficace dans son travail et c'est la seule chose qui compte à mon niveau. Si jamais cela devient plus problématique, je m'en occuperai.
Les hommes ne semblent guère réjouis, mais acceptent la réponse de leur supérieur.
Bien plus tard, Ashahira se trouve dans la navette. Elle observe par le hublot le spatioport.
- Difficile de se dire qu'il était le nôtre avant, s'exprime une voix masculine.
Ashahira observe son interlocuteur. Il s'agit d'un mâle ayant une taille normale, de même qu'une musculature basique. Il est d'un bleu azuré avec quelques tâches de bleu foncé. Ce qui attire le regard d'Ashahira sont ces yeux émeraudes. Ils l'ont toujours captivé. Ils lui montrent toute l'ingéniosité de l'individu qu'elle a en face d'elle.
- Tu as raison, Utixsu. Tu sais que tu peux t'asseoir à côté de moi.
- Cela serait mal vu, Asha, lui répond Utixsu. Tu es notre diplomate. Tu as un rang important. Le simple scientifique que je suis ne peut pas s'asseoir à côté de toi.
- Arrête avec l'étiquette, Uti, lui répond Ashahira avec colère. Nous avons fait la danse de l'union et nous avons échangé les fleurs d'épanouissement. Tu es mon autre moitié. Je t'ordonne donc de t'asseoir à mes côtés.
Il semblerait que c'était le but d'Utixsu d'agacer sa partenaire au vue du sourire qu'il envoie.
- Tu es toujours aussi susceptible, Asha, dit-il avec amusement. Sinon, encore mes félicitations pour ta réussite.
- Merci Utixsu. Tu as été d'une grande aide dans cette dernière, dit-elle en regardant avec amour son conjoint.
- Tu n'oublierais pas quelqu'un ? demande une voix féminine.
- Je ne t'oublie pas Ikyasa. Je ne peux oublier celle qui m'a permis de montrer mon talent de danseuse à son paroxysme.
La dénommée Ikyasa se trouve être une femelle cobra. Elle est légèrement plus grande qu'Ashahira. Elle est une cobra, mais sa collerette descend dans son dos. Elle possède une sorte de carapace ou de cuirasse. Elle se trouve sur le haut de son crâne et de sa collerette, de son buste, sur ses épaules, sur ses bras et mains. Elle se trouve également sur ses cuisses, genoux et sur le haut de sa longue queue. Ikyasa est violette. Elle est violet pâle sur au niveau de sa mâchoire inférieure, de son cou, de sa poitrine, de ses avant-bras, jambes et queues non. Sa collerette est d'un violet plus foncé, tandis que sa cuirasse est d'un violet sombre. Ces yeux sont également d'un violet intense, mais profond.
Elle transpire le calme et la tranquillité. Elle a avec elle une lance primitive, mais construite de ses propres griffes. Elle observe tranquillement le couple, même si cela l'amuse de voir Utixsu provoquer Ashahira. Malgré tout, elle prend ombrage quand elle voit le corps fort généreux de son amie.
- Tu complexes toujours sur ça, Ikyasa ? demande son amie.
- Oui. J'ai l'impression d'être moins attirante que les autres. Je suis une mudassaea. Cela amène son lot de problèmes.
- Pourtant, je te trouve sublime, ma chère, répond son amie avec franchise. C'est juste que les nôtres ne voient pas qui tu es réellement.
- Si tu le dis. J'espère que tu te sens prête pour ce qui t'attends. Nous allons dans l'inconnu total.
- C'est justement ça qui est excitant, s'exprime Utixsu, enthousiaste. Nous allons découvrir toute une galaxie de choses nouvelles. Bien sûr qu'Ashahira sera à la hauteur de son rôle. Ikyasa, ne lui met pas la pression. Je pense qu'elle l'a subi déjà.
Il dit vrai. Mais elle diminue quand Ashahira voit ces deux-là. Un appel sonore survient, annonçant le décollage de la navette. Elle décolle et observe son monde pour lequel elle va se battre, s'éloigner. Puis, la navette entre dans l'hyperespace.
Au poste de pilotage, le fameux Keatsti est le capitaine à bord. Il observe son équipage avant de s'adresser à ces derniers.
- Vous savez quoi faire quand nous arriverons à proximité de la planète capitale ?
Ils acquiescent silencieusement. Pendant ce temps et ignorant ce qui se trame, les trois sagomakiens observent l'intérieur d'un canal hyperespace.
- J'en reste sidéré, admet Utixsu. Je pensais que nous ne pouvions pas dépasser la vitesse de la lumière.
- Il semblerait que cela le soit finalement, lui répond avec amusement Ashahira.
- Sinon, Asha, as-tu pensé à notre futur ? Te sens-tu prête à être une mère ?
Ashahira rougit face aux questions de son partenaire. Il lui faut un moment pour se reprendre. Elle s'éclaircit la gorge.
- J'ignore si je suis prête à être une mère, Utixsu, admet Ashahira. Je dois d'abord m'occuper en priorité d'expliquer au sénat le litige que nous avons avec Kuat Drive Yards. Mais après avoir résolu cette situation, je pense me sentir prête à devenir mère. Après tout, nous n'avons pas fait tout ça juste pour être ensemble, Utixsu.
- Tu as raison, Asha.
Ikyasa observe le couple. Elle laisse un moment avant d'intervenir.
- Excuse-moi Asha, je ne veux pas me montrer dédaigneuse à ton égard. Seulement, je pense que tu devrais être sur tes gardes durant notre séjour sur cette fameuse planète capitale.
Les deux l'observent en la dévisageant.
- Que sous-entends-tu ? lui demande son amie.
- Que nous ne devons pas faire une confiance aveugle à Kuat. Regarde comme ils ont réussi à berner le conseil et le souverain Hafeezas. Nous sommes ignorants de ce qui se passe. Nous montrer imprudent serait dangereux.
- C'est ton instinct de soldat qui te parle ? lui demande Utixsu.
- Oui. Je sens comme une étrange atmosphère dans le navire. Soyez sur vos gardes.
La remarque est écoutée. Quelqu'un toque à la porte.
- Ici D-3PO Je vous apporte une collation, s'exprime le droïde protocolaire.
Il est autorisé à entrer. Il dépose le plateau comportant trois verres.
- J'espère que vous apprécierez, dit-il avant de partir.
Le contenant semble généreux. Ashahira allait en boire un peu, qu'elle se fait stopper par Utixsu. Elle allait demander la raison, mais ce dernier lui intime de rester silencieuse. Il sort un appareil et analyse la boisson. Des bip sonores résonnent quand il reçoit l'analyse complète.
- Il y a du somnifère dans les boissons, dit-il simplement.
Ashahira est surprise et comprend que les paroles d'Ikyasa sont encore plus vraies. Cela l'effraie-même.
- Kuat ne veut pas que nous arrivions sur Coruscant, admet Ashahira. Pouvons-nous communiquer avec notre monde ?
- Non, lui répond Utixsu. Kuat a fait en sorte que tout passe par le spatioport. Nous n'arriverons pas à transmettre la situation, si bien sûr Kuat ne la coupe pas. Nous sommes seuls. Au pire, nous pouvons nous enfuir via les capsules de sauvetage.
- Non, lui répond de manière catégorique sa partenaire. Si nous le faisons, non seulement nous abandonnons les nôtres à leur sort, mais en plus nous ignorons comment retourner chez nous. Il faut que nous ayons une copie des coordonnées de notre monde.
- L'ennui est qu'elles se trouvent au poste de pilotage. Cela va être compliqué d'y parvenir si tout l'équipage est contre nous.
- J'ai une idée et respectez-là scrupuleusement, leur dit Ikyasa.
Le droïde protocolaire arrive au poste de pilotage.
- J'ai servi les boissons. Ils devraient bientôt dormir.
- Parfait, répond simplement Keatsti. Vous deux, allez-vous assurez qu'ils dorment bien. Si tel est le cas, ligotez-les fermement.
Les deux hommes obéissent, mais prennent avec eux un blaster avec le cran positionné sur le rayon paralysant, au cas où un ne dort pas assez. Ils arrivent à la chambre. Ils observent les trois serpents dormir paisiblement. L'un d'eux observe Ashahira avec conviction.
- Qu'est-ce qu'elle est bien roulée celle-là ! J'ai bien envie de m'amuser avec elle avant de la ligoter.
- Calme tes ardeurs, lui dit son collègue. Faisons ce que le capitaine a demandé. Je pense que tu n'as pas envie de lui désobéir ?
Il voit la réponse avec la mine renfrognée de son camarade.
- Parfait. Maintenant au travail.
Il rengaine son blaster et attrape une corde. Il entend un étrange bruit provenant de son collègue. Il tourne la tête. Il a une lance primitive qui lui transperce le cou. Son visage pâlit et il s'écroule raide mort. L'homme tourne encore pour observer Ikyasa se jetant sur lui. Elle lui attrape la tête et d'un mouvement fort et sec, lui brise la nuque. Le deuxième s'écroule à son tour, mort. Leurs exécutions furent rapides et silencieuses. Ikyasa observe directement les couloirs pour s'assurer qu'il n'y a personne. Une fois fait, elle observe Utixsu prendre les deux blasters et en donner un à Ikyasa.
- Cela va être difficile d'y aller, même en les prenant par surprise, assure Utixsu.
- Qu'importe. Nous n'avons pas d'autres choix. Nous devons le faire, sinon notre peuple ne pourra pas se faire entendre.
Sans autres questions, ils s'élancent. Ils avancent avec prudence, faisant le moins de bruit possible. Ils rencontrent le droïde protocolaire D-3PO, ce dernier les regarde.
- Avez-vous trouvé les boissons à vos goûts ? demande-t-il.
- Non, pas à nôtre goût, lui répond Utixsu de manière froide.
- Dommage, répond simplement le droïde.
D'un mouvement fluide, il enfonce quelque chose dans l'épaule d'Utixsu. Ce dernier parvient à ne pas hurler de douleur.
- Je me dois de vous neutraliser.
Il retire son arme du bras d'Utixsu pour sentir son autre bras se faire arracher par Ikyasa.
- Fichtre, vous savez que vous devrez payer pour m'avoir endommagé ?
- C'est le dernier de tes soucis, lui répond Utixsu.
Le sagomakien bleu lui empoigne la tête. Il tire jusqu'à lui arracher la tête. Ces immenses yeux s'éteignent. Ashahira vient le voir.
- Uti, tout va bien ?
- Cela pourrait être pire. Seulement, je pense qu'il m'a introduit quelque chose. Je commence à ne plus sentir mon bras.
- Dépêchons-nous, intime Ikyasa.
Ils avancent et prennent par surprise les pilotes. Ils les neutralisent avec les rayons paralysants. Un tente de les tuer avec son blaster. Ikyasa agrippe fermement sa lance et l'envoie. Le malheureux se fait transpercer la poitrine. Il tombe au sol, mort.
- Vite, dit Ikyasa en se positionnant à côté de l'entrée. Ils ne vont pas tarder à comprendre ce qui se passe.
Ashahira et Utixsu se dépêchent. Utixsu prend une puce vierge et la transmet dans la machine.
- Cela va prendre du temps. Asha, tu penses pouvoir t'en sortir ?
- Oui. Soutien Ikyasa.
Il la rejoint et les deux observent le couloir. Des cris se font entendre.
- Ils ont dû découvrir leurs camarades morts.
- Ou alors le droïde détruit. Prépare-toi Uti.
Très vite, des ombres se profilent. Ikyasa et Uti usent des tirs paralysants. Le fait que le couloir est petit n'est pas à l'avantage de l'équipage. Néanmoins, ils répondent avec leur blaster. Ikyasa parvient à se protéger, tandis qu'Utixsu a plus de difficulté avec son bras paralysé. Soudain, un des tirs percute le verre de la cabine.
- Ashahira ! lui crie Utixsu. Active la fermeture d'urgence des cloisons !
Ashahira cherche le bouton, tandis que le verre commence à se fissurer de plus en plus. Ashahira finit par le trouver et à activer la commande quand le verre vient à se casser. Des parois s'abaissent, évitant la dépressurisation de la cabine.
Ils se remettent et se concentrent. Il n'y a plus de bruit venant du couloir. Un silence surnaturel tombe. Les deux sagomakiens ne sont pas rassurés. Le stress commence à monter pour eux. Puis, une forme se montre. Il s'agit du capitaine Keatsti. Ce dernier s'avance, évitant les tirs paralysants. Il use de son blaster. Il blesse Utixsu à la main, le forçant à lâcher son arme. Ikyasa lui envoie sa lance. Elle est sans voix quand l'homme l'attrape simplement avant de la laisser tomber au sol. Il parvient devant eux.
Il se dégage de lui une mauvaise atmosphère. Il donne un coup de pied à Utixsu qui tombe au sol inconscient. Ikyasa se jette sur lui. Malheureusement pour elle, l'homme est bien entraîné. Il parvient à se mettre derrière elle et à lui maintenir les mains dans son dos. Pourtant, elle se démène pour se libérer. Il attrape la tête avec son autre main et lui fait percuter une première fois la paroi. Puis à la deuxième elle perd connaissance, mais il le fait une troisième fois pour s'en assurer.
Ashahira ignore ce qui se passe, s'occupant de récupérer les coordonnées. Une fois fait, elle cache la carte avant de se retourner. Elle tombe nez à nez face au capitaine Keatsti. Ce dernier la dévisage et lui donne un puissant coup de poing dans le ventre. Ashahira tombe à quatre pattes et a le souffle coupé. Elle essaie de retrouver une respiration. Elle observe son agresseur. Ce dernier la regarde comme on regarde un insecte. Il lève sa main tenant son blaster et lui fait perdre connaissance.
Ashahira se sent légère quand elle sent une personne lui donner une claque. Elle reprend connaissance. Il lui faut un moment pour retrouver ses esprits. La première chose qu'elle sent, sont ses mains menottées dans son dos. Sa queue semble être menottée avec. Puis, elle peut se concentrer sur son environnement.
Première chose qu'elle constate. Elle ne se trouve plus dans la cabine. Elle se trouve dans une chambre assez grande. Elle est décorée de choses qui ne lui disent rien. A ces côtés, Utixsu et Ikyasa sont aussi menottés qu'elles. Utixsu a encore la marque du coup de pied, tandis qu'Ikyasa a une partie du visage blessé.
- Je vois que notre fleur a fini par se réveiller de son sommeil, s'exprime un homme.
Ashahira observe l'interlocuteur. Il s'agit d'un homme ayant la trentaine avec un physique normal et des cheveux coupés court de couleur brun. Il observe Ashahira avec ces yeux noir, ne cachant pas son intérêt. Il n'est pas seul. Le capitaine Keatsti est à côté de l'homme inconnu.
- A qui avons-nous l'honneur ? demande Ashahira réveillée et calme.
- Je me nomme Moshadol Tutdorr propriétaire du Meryx Sphyraena sur Coruscant. Je dois admettre que Bilalis Symobot est loin de la vérité vous concernant. Vous allez être un ajout des plus fructifiant, ex-diplomate Ashahira.
- Comme si j'allais rester ici. Je représente mon peuple, vous n'avez pas le droit de nous retenir ici.
Le dénommé Tutdorr rigole.
- Ah, les peuples primitifs. Ils sont tellement amusants à entendre. Leur naïveté est tellement pratique. Personne de la capitale ne sait que vous êtes ici. D'ailleurs, ils ne vous chercheront pas. Après-tout, à quoi cela leur servira-t-il de chercher des morts ? Votre vaisseau a eu une panne critique et à exploser lorsqu'il est sorti de l'hyperespace. C'est ce que les médias diront.
Ashahira, de même que ses deux amis ne comprennent pas les paroles de l'homme. Ils sont bien vivants.
- Seulement, le problème est que vous avez fait une copie des coordonnées de votre monde. J'ai demandé à mes hommes de vous fouiller, très chère Ashahira, mais ils ne l'ont pas trouvé. Il serait appréciable que vous vous montriez coopérante en me donnant cette puce.
Ashahira ne dit mot. Comprenant qu'elle refuse, Moshadol claque des doigts. Un de ses hommes dégaine son blaster et le pointe contre Utixsu.
- Continuez à refuser et c'est votre ami qui en paiera les conséquences, prononce simplement l'homme. Je vous prierais de vous montrer sage.
Ashahira observe son compagnon.
- Ne le fais pas. Notre peuple vaut plus que ma simple vie !
- Belles paroles, mais voyons si votre amie a la détermination qu'il faut.
Moshadol observe le garde. Ce dernier décale son blaster et tire. Le faisceau transperce l'épaule d'Utixsu. Il hurle de douleur. La scène effraie Ashahira. Pourtant, il serre les lèvres. Comprenant la chose, le garde lui tire sur l'autre épaule et ensuite dans une jambe. Il allait tirer dans l'autre quand Ashahira finit par céder devant tant de violence.
- Arrêtez ! Je…Je vais vous donner ce que vous voulez. Mais pitié, arrêtez.
D'un simple signe de tête, le garde arrête sa sale besogne.
- Ou se trouve-t-elle ?
- Dans le collier sur ma queue. Un compartiment secret s'y trouve.
Utixsu observe avec effarement le choix d'Ashahira. Elle l'observe.
- Notre peuple est important, mais tu es aussi important pour moi, Utixsu.
Un homme manipule le collier jusqu'à ouvrir le compartiment secret. Il apporte la puce à Moshadol. Il sourit de satisfaction.
- Voilà quelque chose de fait.
D'un simple mouvement, il brise la puce et laisse tomber les morceaux.
- Exécutez-le, dit-il simplement.
Ashahira est horrifiée.
- Je…Je vous ai donné ce que vous vouliez.
- C'est exact. Seulement, je ne vois aucun intérêt à garder votre ami. Votre camarade va rejoindre une arène dans laquelle elle trouvera sa place. Pour vous, votre place, le reste de votre vie sera ici.
Ashahira observe Utixsu alors que le garde dégaine son blaster.
- Garde espoir Asha. Tu es forte et déterminée. Je le sais. Même si tu souffres, tu trouveras quelqu'un pour te soutenir. Je t'aime.
Le coup retentit. Le faisceau transperce la poitrine du sagomakien bleu. Il tombe au sol, le corps inerte. Il est mort et pourtant, même dans la mort, il sourit. Ashahira est totalement abattue.
- Déplacez son corps. Je verrais ce que l'on va en faire. Amenez l'autre à sa nouvelle destination. Quant à elle, amenez-là dans ma chambre. J'essaie toujours la marchandise avant de la proposer.
Bien plus tard, Ashahira est amenée à son nouveau lieu de vie. Elle y est jetée comme une malpropre. La pauvre se remet encore de sa séance avec son nouvel employeur. Elle se sent honteuse. Elle se sent salie. Alors que son esprit vagabonde, une ombre s'approche.
- Bonjour. Tu es une nouvelle ? lui demande l'ombre.
Ashahira lève la tête. Elle voit la personne qui deviendra sa première amie en ce lieu : Freyja Nithisut surnommée Fluffy Wise. Elle ne sait quoi lui répondre. La femme l'aide à se relever et à la poser sur son lit.
- Tu t'appelles comment ?
- Je…Je m'appelle Ashahira Faselis.
- Enchantée de te connaître. Je m'appelle Freyja Nithisut. Mais mon surnom ici est Fluffy Wise.
- Je ne compte pas rester là longtemps.
- Je préfère te prévenir. Personne ne part du Meryx Sphyraena autrement qu'en devenant l'esclave d'un autre. La liberté n'existe pas dans ce lieu.
- Pourtant…Je dois sortir. Mon peuple…a besoin…de moi…
Freyja est intriguée et lui demande si Ashahira est d'accord pour lui expliquer les raisons de sa venue ici. Une fois fait, Freyja vient la réconforter.
- Cela doit être dur. Je ne peux imaginer perdre l'être aimé.
- C'est…indescriptible. Dis-moi Freyja, est-ce que des personnalités importantes viennent dans ce lieu ?
- C'est uniquement ce genre d'individus qui viennent. Ils dépensent leurs argents pour nous voir trémousser nos corps quasi dénudés et parfois paient davantage pour profiter de notre corps.
- Alors, j'ai peut-être une chance de rencontrer un sénateur afin de lui expliquer mon histoire.
Freyja ne lui dit rien.
- Je préfère te prévenir que tu vas souffrir, Ashahira. Ici, les femmes avec ton corps sont très appréciées.
- Je surmonterais. J'ai failli une fois, je ne compte pas le faire une deuxième fois.
- Alors je prie pour que tu réussisses.
Ashahira observe Freyja.
- C'est étrange. Je ne te connais que depuis quelques instants et pourtant, je peux te faire confiance.
- C'est un signe que nous nous entendons, Ashahira, assure Freyja.
Les deux s'empoignent la main. Ashahira observe son collier autour de son cou. Une magnifique fleur bleue/violette s'y trouve. C'est une construction artificielle, mais le rendu la confond avec une vraie.
''Oui. Je ne vais pas abandonner. Tu resteras auprès de moi Utixsu. Je ne t'oublierais jamais.''
Ashahira se rapprocha alors des sénateurs et sénatrices venant dans le lieu. Mais à chaque fois le même déroulé se faisait. Les sénateurs l'écoutaient et donnaient l'impression de lui donner de l'espoir. Puis, ils l'enfonçaient dans la boue en abusant de son corps et chacun avec toujours plus d'ingéniosité et de sadisme. L'esprit d'Ashahira a failli à de nombreuses reprises se briser devant toute la douleur qu'elle subissait. A chaque fois, sa première amie Freyja était là pour l'aider à remonter la pente. Ce fut au tour de ses quatre autres amies de le faire. Elle continua à lutter jusqu'à apprendre qu'une planète dans les régions inconnues avait réussi l'exploit de repousser une attaque de la CSI et de la République. La planète se nomme la Terre.
