Plusieurs heures plus tard, Base lunaire Athéna

L'ingénieuse brésilienne Anita Batista Coelho est en plein travail. Elle observe la projection holographique qui est projetée. L'image montre une navette imposante avec une voilure très larges. Des paramètres indiquent sa taille : 120 mètre de long, 20 mètre de haut et 70 mètre de large. Il s'agit du vaisseau le plus imposant que la terre est en train de développer. Elle boit un café chaud, souriant de son travail.

- Cela avance à merveille.

Elle boit une gorgée du café chaud et pianote sur son ordinateur jusqu'à recevoir un appel.

- Coelho, nous allons tester la nouvelle arme.

- Très bien. J'arrive tout de suite.

Elle quitte son poste de travail. Elle marche et cela la surprend toujours autant de sentir la gravité sur la base lunaire.

''Une révolution que l'on a tant cherchée est maintenant réel.''

Elle s'observe rapidement devant un miroir. Elle est une jeune femme élégante, avec la peau mate, les yeux bruns et des cheveux longs lisse noir jais. Elle a connaissance que son physique séduit, et qu'elle aurait pu faire carrière dans le mannequinat. Seulement, cela ne l'intéresser pas du tout. Elle a toujours été fasciné par l'espace, et maintenant elle travaille dans la première base lunaire de l'histoire de la terre. Elle ne pouvait pas rêver mieux.

Elle rejoint ses collègues. Tous se trouvent dans un dôme de verre. Ils la saluent et elle observe la chose pour laquelle elle a été convoqué. Dehors, sur la surface lunaire se trouve une tourelle d'un nouvel genre. Elle a six canons, trois répartis sur deux niveaux.

- Elle est fonctionnelle ? demande-t-elle, ne pouvant cacher son excitation.

- Oui. Nous allons passer à des tests plus concrets, s'exprime un collègue australien.

- Il faut juste encore quelques ajustements, continu un autre collègue allemand.

- Les IA sont prêtes, annonce une femme indienne.

- Parfait, annonce le chef du groupe. Lancer le test.

Ils observent la tourelle bouger et se lever. Elle vise un mur à une bonne centaine de mètre. Elle s'ajuste et fait feu, d'abord avec la rangé inférieure, puis avec la supérieure. Ils observent les tirs violets s'élancés et faire mouche. Ils attendent les résultats.

- Toucher à 100%, énonce une voix robotique. Passage à la deuxième phase.

La tourelle s'élève davantage et fait feu. Ils observent la distance que les tirs mettent avant de s'étioler.

- Distance parcourue : 5000km énonce la voix robotique.

- Impressionnant, dit simplement Anita.

- Oui, énonce le chef du groupe scientifique. Et ce n'est pas la tourelle la plus imposante que nous pouvons construire. De plus, nous pouvons sans doute l'améliorer.

- Très bien. On peut passer à ma phase de test ? demande l'australien.

- Bien sûr, McEwan. Ton projet est même le plus attendu sur tous les autres.

L'homme, un jeune homme australien ayant une carrure musclé, des cheveux blonds coupé court et des yeux bleu pétillant de vie. Il semblait attendre enfin le moment.

Une porte s'ouvre et un drone s'envole, usant le nouvel moteur à propulsion.

- Ce drone est équipé d'un module d'hyperdrive, s'exprime McEwan. Il a été reconstruit après l'analyse faite par moi-même, d'autres confrères et des IA. Cela ne fut pas une mince affaire. Il nous a fallu trois semaines pour le comprendre et pouvoir le reproduire. Aujourd'hui, est la consécration d'un long travail pénible pour mon équipe et moi.

- Dans ce cas, lancer le drone.

- Parfait. Fenrir, tu peux y aller. Ta destination est le système Alpha Centuri C. Distance à parcourir : 4,224 année lumière. Voyons voir combien de temps tu vas mettre à le faire avec ce moteur.

Le drone s'élance sans problème. Il se positionne vers le système sélectionné. Grâce à sa caméra intégré tout le monde peut observer.

- Calcul du saut en cours, énonce Fenrir. Calcul de trajectoire. Masses gravitationnelles repérer. Route hyperespace trouvée. Lancement dans 3, 2, 1. Lancé.

Ils observent le drone s'étirer avant de disparaitre complétement. Pourtant, il n'a pas disparu. Ils observent avec la caméra à quoi ressemble l'hyperespace : un couloir bleu/blanc.

- Pourquoi avons-nous vu les étoiles s'étirer quand il a activé son moteur ? demande une collègue.

- Je pense, énonce McEwan, que c'est parce que nous dépassons la vitesse de la lumière. Je sais, cela peut paraitre aberrant au vu des lois de la physique que nous connaissons. Mais c'est la seule hypothèse plausible.

Si pareille chose avait été énoncé avant, tout le monde se serait gaussé de l'individu. Mais plus maintenant, pas avec ce qu'ils peuvent observer.

- Fenrir, que disent les instruments ?

- Ils indiquent qu'il s'agit bien d'un tunnel, un trou de vers.

- Et concernant la vitesse ?

- Je n'ai aucun repère pour donner une réponse claire. J'aurais plus d'informations à transmettre une fois sorti du tunnel.

Ils n'ont guère besoin d'attendre longtemps, quelques minutes tout au plus avant de voir le système Centuri apparaitre sous leurs yeux. Ils observent le premier système solaire autre que le leur. Les images envoyées confirment bien la présence de trois soleils et de plusieurs planètes.

C'est une explosion de joie parmi les scientifiques. C'est même l'euphorie générale devant pareille découverte.

- Estimation de la vitesse, Fenrir, se reprend McEwan.

- Hm…Après analyse, je dirais que ma vitesse dans le tunnel devait être de l'approximation de 30 à 40 année-lumière/heure, énonce-t-il simplement.

Cette annonce fait l'effet d'un choc pour les scientifiques. Ils vont devoir revoir bien de leurs découvertes.

- Prend le maximum de visuels du système et repart.

Chose qu'il effectue rapidement et une fois fait, il relance le moteur et replonge dans l'hyperespace. Alors que tout le monde est euphorique, une alarme s'enclenche au niveau du drone.

- Fenrir, que se passe-t-il ?

- Je l'ignore. Mon radar m'indique qu'une masse est en approche de ma direction. J'ai déjà rejeté la possibilité d'une étoile ou d'une planète. Leur champ gravitationnel ne correspond pas.

- Alors qu'est-ce qui peut s'y trouver ?

- Je l'ignore complètement. Je prépare le drone à dévier de sa trajectoire en cas de danger imminent.

- Accorder.

Tous regardent avec attention le tunnel quand soudain, le drone capte un son.

- De quoi s'agit-il ? demande Anita.

- On jurerait le bruit d'un animal, s'exprime McEwan.

- Un animal ? s'exclame le collègue allemand. Comment cela serait-il possible ? Aucun animal, même extraterrestre ne pourrait avoir la puissance pour passer dans un trou de vers.

Alors qu'ils discutent, des ombres se profilent à l'horizon. D'imposantes créatures étrangères avancent vers le drone. Les créatures ne semblent pas remarquer le drone arrivant vers eux. Fenrir parvient à dévier de sa trajectoire in-extremis. Les étranges animaux ne semblant même pas faire part de son cas. Le drone continu son avancer, ayant enregistré avec sa caméra l'allure de ces créatures.

- Fenrir, envoie les images que tu as captés.

- Envoi en cours.

Une image holographique se forme, montrant une créature avec corps profilé, une peau bleu-violet lisse , quatre grands tentacules postérieurs et de multiples nageoires. La tête a une forme bulbeuse caractéristique avec un œil de chaque côté. Ce qui étonne les chercheurs et que la créature n'était pas seule. Il y avait tout un band, comme le ferait certains animaux aquatiques sur la terre.

- Serait-il possible…qu'ils soient comme des…baleines de l'espace, propose un membre.

- Cela m'en a tout l'air. Regarder, certaines créatures ont des cicatrices. Cela signifie qu'elles ont dû percutés des appareils

- Il n'y a donc pas que les masses planétaires et les étoiles à calculer.

- Exact. Ce tunnel est donc aussi facile d'accès qu'il peut être dangereux. Je vais faire mon rapport sur tous les résultats que nous avons obtenus aux membres du conseil.

Tous acquiescent et partent, sauf Anita et le dénommé McEwan. Ce dernier s'approche d'elle.

- Alors ? Ai-je réussi ?

- On peut le dire Benjamin, répond Anita avec un franc sourire.

Elle sent Benjamin lui attraper les mains. Elle ne peut s'empêcher de rougir. Ils restent là un bref moment avant qu'Anita écartent ses mains.

- Benjamin, nous sommes encore au travail.

- Je le sais bien Anita. Mais j'ai passé presque un mois entier en te voyant à peine, se plaint l'australien.

- Je sais. C'était aussi difficile pour moi. La conception de ce vaisseau me prend un temps fou. J'aimerais vraiment profiter de notre relation. Mais la situation est ce qu'elle est.

- Attendons. Mais tu sais Anita, j'ai hâte de fonder une famille, dit-il en touchant avec gentillesse le ventre de sa petite amie.

Anita lui rend un grand sourire. Les deux se regardent encore un moment et repartent.

Quartier de la présidente Cheron

La présidente française est en pleine discussion avec son premier ministre, son ministre de l'armée et le chef de l'armée générale.

- Ou en sommes-nous avec la production ?

- Nous avons produit autant de munitions en à peine moins d'un mois qu'autant en une année, affirme le ministre des armées. De même, nous avons produit plusieurs Caesar, Napoléon, Rafale et Ouragan. Je ne compte pas les autres véhicules, mais la construction est constante.

- Elle devra le rester, affirme la présidente de façon ferme. Veiller à ce que les travailleurs soient réénumérés comme il se doit.

- Cela sera fait.

- Concernant l'Elysée, comment cela se passe-t-il, Grobbelaar ?

- Mise à part les parties extrémistes qui se plaignent de notre passage en économie de guerre, tous les autres partis sont d'accord avec vos actions, lui répond le premier ministre ayant des origines africaines.

- Cela ne me surprend pas. Toujours à cracher leur venin, mais rien de concret à proposer.

- En réalité, ils ont fait une proposition, admet le premier ministre. Mais elle est parue si saugrenue et absurde, qu'ils se sont faits huer par toute l'assemblée.

- Quelle est-elle ?

- Que nous fassions une approche diplomatique avec la CSI, dit-il d'une voix simple et neutre.

La présidente fut des plus étonnée.

- Qu'une bande de profiteur, lâche-t-elle avec mépris. Dite leur quand l'assemblée se réunira à nouveau que s'ils veulent discuter avec la CSI, cela sera avec leur droïdes de combats. Je ne leur donne pas deux secondes pour se faire tuer.

- Je le leur transmettrais, présidente Cheron, dit-il avec un sourire se dessinant sur son visage.

- Qu'en est-il de nos forces déployées, général Chuquet ?

- En place et en attente d'une éventuelle attaque. Nous préparons également des forces mobiles pour renforcer les fronts.

- J'accepte la proposition.

- Oh, je tiens également à vous faire parvenir les remerciements du commandant Duvall. Les CAESEM ont bien été reçus et avec un nombre plus important que demandé.

- Nous avons convenu avec Mittermaier que nous ne pouvons pas nous permettre de nous limiter dans nos déploiements. Tous les CAESEM construit ont été envoyés dans les zones les plus à risques, c'est-à-dire Paris, Berlin, Strasbourg, Marseille et d'autres villes importante pour nos deux pays.

Elle termine sa réunion et une autre s'enclenche.

- Madame la présidente, s'exprime un homme. Que puis-je faire ?

- J'aimerais que vous mettiez sous surveillance la présidente Hays, son entourage et ses membres, chef de le DGSE.

- Je vois. Vous craigniez qu'elle ne profite de la situation ?

- C'est une possibilité, admet la femme. Elle veut redorer le blason de son pays meurtri par son replis sur lui-même. J'ignore jusqu'à où elle est prête à aller, mais je ne veux pas que cela mette en danger la planète et notre pays.

- C'est compris. Je mets mes meilleurs éléments.

Cela lui convient et elle termine cette réunion. Une fois celle-ci terminée, une autre arrive sur le champ. Tous les membres du conseil sont réunis. Le sujet de celle-ci concerne l'avancement des travaux sur la base lunaire. Et le moins que l'on puisse dire est que les nouvelles sont plus qu'excellentes.

- Voilà qui est bon à entendre, professeur Cortez. Donc notre premier vaisseau est en cours de finalisation ?

- Pas encore, présidente Cheron. Notre cheffe d'équipe, Anita Batista Coelho est en train de finaliser le concept. Nous pourrons commencer le développement du vaisseau d'ici deux jours.

- Ait-il possible de réduire ce temps ? demande Gross.

- Je ne m'y risquerais pas, répond Cortez. Il reste certaines choses à analyser. Après-tous, nous allons introduire un réacteur à fusion miniaturisé comme moteur. Cela comporte des risques.

- Prenez votre temps, s'exprime Yevgenievich. Il est préférable que notre premier vaisseau puisse décoller en toute quiétude.

- J'acquiesce également, continu le président Nie Lie.

- Je suis du même avis, s'exprime la présidente Hays. Que cela prenne quatre ou cinq jours, cela importe peu, mais la sécurité du personnel passe en priorité.

Finalement, tous acceptent et ils passent sur l'autre découverte.

- Ainsi donc, le drone a réussi à aller au système stellaire Proxima du Centaure en à peines quelques minutes ? demande avec une certaine stupeur, Qaimkhani.

- C'est exact. Cela bafoue bien évidemment toutes nos découvertes sur la physique de l'espace. Je peux avancer qu'Albert Einstein, s'il était parmi nous, rigolerait de bonne foi devant nos découvertes.

- Ce qui est plus surprenant, s'exprime Ryu Tae-Yun, c'est que des animaux puissent accéder à cet hyperespace. Cela semble tellement surréaliste que l'on croirait à de la pure science-fiction.

- Et pourtant, tout cela est bien réel, affirme le scientifique.

- Peut-on améliorer le moteur ? demande Cheron.

- Oui. Son créateur McEwan Benjamin a déjà annoncé que ce n'était qu'un début. Les futurs moteurs seront bien plus efficaces : plus rapide et moins couteux en carburant. Il faudra par contre l'utilisation de plusieurs IA pour permettre des calculs efficaces et tracer nos premières routes.

Le conseil en prend note.

Pont du Vaisseau Lucrehulk

Le commandant Schrade observe les techniciens et ingénieurs travailler autour de lui. Cela fait maintenant plus de trois semaines qu'il opère sur le vaisseau extraterrestre. Il s'attendait, lui et son équipe à devoir affronter l'ennemi, mais il n'y avait personne, sauf des milliers de robots désactivés par l'IEM des bombes atomiques. Dans un sens, c'est plutôt appréciable. Il n'a subi aucune perte. Et ils ont fait de nombreuses découvertes sur leur ennemi et pas que.

- Commandant, s'exprime un ingénieur, nous avons terminé l'installation de l'antenne. Avec cette dernière nous allons pouvoir détecter l'approche de vaisseau provenant de l'hyperespace.

- A combien d'année-lumière est sa portée ?

- Au moins 100, voire même plus. Cela me parait étrange de parler d'année-lumière en distance, admet l'ingénieur.

- Il faut un début à tout.

- Je suis d'accord. Néanmoins, nous avois déceler plusieurs faiblesses sur le vaisseau, en retirant l'attaque IEM.

- Je vous écoute.

- Déjà, ces défenses turbo lasers ne se situent que sur la sphère centrale. Tout le reste n'en a pas. Cela réduit fortement son potentiel pour affronter d'autres vaisseaux de son tonnage. En outre, son système de défense lasers contre les chasseurs ennemis laisse à désirer. La précision est la même que les navires de la seconde guerre mondiale. Vous vous rendez-compte ? Des peuples plus avancer que nous et pourtant ont une précision digne de nos navires d'il y a plus d'un siècle.

- Je vois. Mais ce vaisseau n'est-il pas un porte-avion ? Il semble avoir des boucliers efficaces.

- Peut-être, mais s'il peine à se défendre face à des chasseurs, cela le met en danger.

- Que proposez-vous ?

- Déjà lui ajouter des tourelles au niveau de son anneau, à la fois dorsale et ventrale pour améliorer sa dissuasion. Ensuite, lui ajouter des systèmes de missiles air-air pour éliminer la masse de chasseur. Nous travaillons également sur l'adaptation du système CIWS pour lui permettre de tirer non pas des balles, mais des lasers. Avec une telle défense, les chasseurs ennemis y réfléchiront plus d'une fois avant d'attaquer.

- Hm, tout cela me parait correcte. Mais modifier un tel vaisseau va prendre du temps.

- Justement, ce navire va nous permettre de faire des essais et améliorer notre compréhension.

Le commandant acquiesce. Alors qu'ils discutent, un technicien vient voir l'ingénieur.

- Monsieur, le radar spatiale semble avoir détecter quelque chose. Cependant, nous pensons à une défaillance.

- Montrer-moi, ordonne le commandant.

Le technicien leur montre l'écran. Le radar indique plus de trente signaux. Trente-cinq pour être plus précis.

- Avez-vous vérifié si tout était bien branché ? demande l'ingénieur.

- Oui monsieur. Nous avons cherché si nous n'avions pas des programmes qui se superposent mais cela n'a rien donné.

- A quoi correspondent ces signaux ? demande le commandant Schrade.

- Nous avons fait en sorte de différencié les signaux CSI de la République grâce à ce que nous avons pu tirer du droïde tactique. Il semblerait que cela soit des signaux de vaisseaux de la République en translation dans l'hyperespace.

Le commandant observe leur direction. Ils se dirigent droit vers eux.

- Contacter sur le champ le conseil, ordonne le commandant. Dite à Gisèle qu'il s'agit d'un code COSMIC.

- Mais monsieur, s'exclame le technicien, ils sont en pleine conférence avec le chef des scientifiques de la base lunaire.

- Je m'en moque ! lui hurle le commandant. Nous sommes peut-être la cible d'une potentielle attaque. Ils doivent être prévenu. Exécution !

Dans la salle du conseil, les discussions fusent concernant les images prisent par le drone du système Alpha Centuri.

- Nous allons pouvoir récupérer beaucoup de ressources pour la construction de la future flotte terrienne, s'exprime la présidente Hays.

- Doucement, présidente Hays, lui répond le président Qaimkhani. Exploitons d'abord en priorité les ressources que nous offrent notre système solaire.

- Exact, répond Danasabe. Surtout la ceinture d'astéroïde qui est riche en matière de toutes sortes. Nous allons pouvoir enfin l'exploitée.

- Je pense que nous devons d'abord observer ce que va donner notre premier vaisseau avant de penser à l'exploitation spatiale, s'exprime la présidente Cheron.

- Oui, ne faisons pas de plan sur la comète, si je puis le dire, dit avec une touche d'humour le président Nie Lie.

- Cependant, mesdames, messieurs, nous pouvons déjà réfléchir à un vaisseau d'exploitation minière. Il pourrait être facilement autonome ou avoir un équipage restreint et faire effectuer le travail par des robots sous contrôle d'IA.

- L'idée est bonne, admet Yevgenievich. Nous vous laissons carte blanche.

- Nous vous tiendrons informé des…

Il est coupé par l'apparition de Gisèle.

- Gisèle, que signifie pareille intrusion, s'indigne Ryu Tae-Yun.

- Veuillez m'excusez pour cette intrusion involontaire, mais je viens de recevoir un message urgent du commandant Schrade à bord du vaisseau Lucrehulk.

- Que contient-il ? demande le premier ministre Hobbs.

- Code COSMIC, dit-elle simplement.

- Mettez-le en ligne tout de suite ! lui ordonne la présidente Cheron.

L'image du chef scientifique laisse place à celui du commandant allemand.

- Que se passe-t-il commandant ?

- Membres du conseil, le radar spatial nouvellement monté vient de détecter à l'instant plus de trente signaux de vaisseaux de la république. Ils se dirigent droit vers notre position.

L'annonce fait l'effet d'un choc.

- Ne peut-il pas s'agir d'un disfonctionnement ? questionne Qaimkhani. La machine est récente.

- L'ingénieur et les techniciens m'ont certifié que non.

- Très bien. Dans combien de temps cette flotte va sortir de l'hyperespace ?

- Selon les estimations des IA dans une heure voir moins. Et toujours d'après elles, cette flotte quittera l'hyperespace au niveau de Mars. Cela nous laissera encore une heure ou deux avant leur arrivée réelle.

- C'est noté. Commandant, ce vaisseau ne doit pas être découvert par la République. Ils penseront d'office que nous sommes alliés à la CSI sans penser un seul instant qu'ils nous ont attaqué.

- Nous allons l'amener sur la face cachée de la lune et réduire ses signaux énergétiques à leur minimum comme cela était convenu.

Le conseil acquiesce et l'image s'éteint.

- N'est-ce pas prématuré de penser qu'ils soient hostiles envers nous ? demande Danasabe.

- Nous l'ignorons et cette ignorance nous intime à être prudent, admet le président Nie Lie.

- Devons-nous préparer les missiles nucléaires sur la base lunaire comme pour la CSI ? se demande le président Gross.

- Oui, mais nous ne les lancerons pas, lui répond la présidente Cheron. Nous devons faire parvenir le message. Une flotte arrive et nous ignorons tout de ses intentions. Que toutes nos armées se préparent à une éventuelle attaque. Tous les avions civiles encore en vol, de même que les transports civils doivent être bloqués. Les civiles doivent rester chez eux et n'en sortir qu'en cas d'extrême nécessité. Il va s'agir peut-être de notre plus grand défi. Si la République vient pour la guerre, nous allons lui montrer que nous savons nous battre.

Tous acquiescent et lancent les préparatifs pour la potentielle guerre à venir.