Bonjour à tous et à toutes. Ce message s'adresse aux irréductibles de qui viennent encore rêver et frissonner ici, et plus particulièrement aux personnes qui ont suivi les aventures de Luana durant des chapitres, voire des années.

Tout d'abord merci à vous d'avoir fait vivre cette histoire si longtemps.

Ensuite pardon de vous avoir abandonné et laissé, malgré mes promesses répétés de finir cette histoire.

Malheureusement, je ne tiendrai pas cette promesse. L'arrêt de la publication de Naurofána coïncide avec un changement de vie, et finalement de personne. Je ne suis plus l'auteure qui a créé notre Nauro et il ne m'est plus possible de finir cette histoire.

Toutefois, je vous propose, afin de clôturer cette aventure, de vous livrer le début du chapitre 60 que je n'ai jamais réussi à finir. Ainsi qu'un résumé de ce qui aurais dû être les chapitres suivants.

Bonne lecture à vous.


Chapitre 60 :

- Dame Heda... merci mais je...

- Vous ne pouvez partir à la guerre ainsi ! S'indigna la bonne femme du Rohan.

- Je sais bien mais je...

- Vous avez un rang à tenir, il est impensable que je vous laisse vous présenter devant le seigneur Théoden vêtue de la sorte.

- Bien sûr mais...

- Et ne pensez pas que je vous laisserai traîner avec ces guenilles. Comme toute femme de la cour et en tant que gouvernante, je m'en vais vous accompagner jusqu'au campement !

- Bon d'accord, jusqu'au campement, mais sur le champ de bataille...

- Vous ne pouvez décemment pas aller vous battre comme un sauvage des montagnes !

- Mais y est pas questions de ça...

Un cor sonna hors les murs du palais, les interrompant dans leur débat. Enfin si on pouvait parler de débat, elle n'avait pas réussi à placer un seul argument. La fière dame se tourna vers elle d'un air satisfait.

- Le convoi du seigneur Théoden va bientôt se mettre en branle. Enfilez moi cette tenue, que nous puissions les rejoindre à temps.

- Au pire... vous grimpez sur mon dos et on les rejoint en courant, répliqua-t-elle d'un ton sarcastique.

Malgré elle, la vision la fit sourire et elle fut surprise de découvrir dans le regard d'Heda, une fois l'horreur passée, une pointe d'intérêt. L'idée ne semblait pas non plus lui déplaire tant que ça. Indécrottables cavaliers, tous autant qu'ils étaient sans distinction de genre. Eowyn n'était peut-être pas la seule à avoir une petite étincelle féministe en ce monde...

"Luana... si tu veux être habillée pour le combat, retiens-toi de recommencer."

" Ok, ok, j'ai rien pensé !"

Avec un soupir, elle considéra l'étoffe bleu nuit qui coulait entre ses doigts. Heda avait cousu un ensemble à ses mensurations. L'attention était belle. Elle l'était d'autant plus que la brave femme avait choisi uniquement du velours et de riches étoffes, sans lui imposer les couleurs du Rohan. La tenue n'en était pas moins pratique pour le combat ni trop voyante. Sûr, c'était plus dignes qu'une chemise de lin élimé et des braies trop grandes et usées.

Certes, Luana ne voyait pas l'intérêt de se battre dans de la soie et de beaux habits, c'était du gâchis. Mais Heda tenait visiblement à ce que son travail de relooking accompagne la Nauro jusque sur le champ de bataille. La Nauro eu un pincement au cœur en songeant que bientôt tous ses efforts seraient ruinés par le sang, la boue, l'acier.

- Merci dame Heda, souffla-t-elle finalement, sincèrement touchée par ce cadeau.

La bonne femme lui sourit avant de la presser de se changer.

Les derniers préparatifs touchaient à leur terme au-dehors. Les cavaliers alignés en une longue colonne attendaient le signal du départ. Théoden et son escorte se trouvaient entre les marches du palais et les écuries royales. Aragorn et les autres ne devaient pas être bien loin. Elle s'était promis de les retrouver avant le départ. Toutefois avant ça, elle avait un autre membre de la communauté à attraper.

Merry, dans sa livrée d'écuyer du Rohan, était perché sur un poney blanc récalcitrant. Le dada ne daignait pas répondre à ses talonnades et moins encore aux mouvements anarchiques de la bride que le Semi-Homme faisait en désespoir de cause. Contournant soigneusement la bête, Luana s'approcha du Hobbit.

- Tu es sûr de ne pas vouloir changer de monture ?

"Luana, c'est justement pour éviter de le voir en plein milieu du champ de bataille qu'ils lui ont donné ce cheval difficile", suggéra la louve d'un ton fatigué.

Comme si la Nauro n'avait pas compris le but de la manœuvre. Elle voyait bien quand on essayait de la mettre de côté et ce n'était pas difficile de comprendre qu'on voulait faire de même avec lui.

"Tu sais bien que si le cheval ne bouge pas, il en descendra pour courir sur ses petites jambes jusque dans la mêlée. C'est pas mieux qu'il reste avec nous ?"

"Je ne suis pas sûre qu'il serait plus en sécurité en nous accompagnant, vu ton habitude à foncer dans le tas..."

"Avoue tu as juste peur qu'il soit trop lourd pour toi" railla Luana pour couper court au débat.

Merry se tourna vers elle, perplexe.

- C'est la première fois qu'un poney me fait ça... je ne suis pourtant pas mauvais cavalier.

- Mouais... il est pas un peu trop haut pour toi ? Ça peut jouer, fit-elle innocemment.

Encore grisé par son nouveau statut, il ne semblait pas avoir compris pourquoi ce canasson refusait de lui obéir. Ou plutôt pourquoi on lui avait refilé le moins coopératif.

- C'est le plus petit qu'ils aient. Cela peut se comprendre, ce sont de Grandes-Gens.

- Hum… et tu ne voudrais pas changer pour une louve docile, douce et calme ?

"De qui parles-tu exactement ?"

- Tu es presque plus grande que ce poney.

- Ca semblait pas te poser un problème quand j'ai juré de ne plus monter à cheval mais de courir à côté... tu t'es dit prioritaire, sans laisser la moindre chance à ce pauvre Gimli.

- La situation est différente : j'ai présentement ma propre monture, je ne serai pas un sac qui se balance sur la croupe derrière le cavalier. Et loin de moi l'idée d'insulter Naurofána, qui doit être douce et calme comme tu le dis, mais je te connais. Je doute que sa patience suffise pour te calmer lorsque vous vous liez l'une à l'autre. Tu n'en feras qu'à ta tête et je ne serai de nouveau qu'un sac qui tente de s'accrocher désespérément sans avoir aucun contrôle sur notre trajectoire.

- Hey !

"Tu vois ? Lui au moins fait preuve de clairvoyance" gronda doucement la louve. Luana croisa les bras d'un air boudeur. Ça faisait du bien de retrouver une bulle de presque normalité dans toute cette agitation. Les chevaux et les hommes continuaient de ruer et s'affairer tout autour, pourtant leur petit jeu de pique rendait toute la scène moins surréaliste et impressionnante.

- Je suis parfaitement capable de coopérer avec mon cavalier ! Bougonna-t-elle.

- Hum, dois-je aller demander confirmation à Legolas ? Dit-il avec un haussement de sourcil et un sourire entendus.

Un grand rire grondant monta dans l'espace qui séparait conscience et inconscience chez la Nauro. Elle resta un long moment muette, le temps que son cerveau eu traité la vanne et ait pris pleinement conscience de tout ce qu'elle sous-tendait.

- Quoi ?!

Dans le chahut autour, son cri passa heureusement inaperçu. Elle était tellement choquée que Merry lui fasse ce genre de blague ! C'était un grand amateur de sous-entendus mais pas sur sa relation balbutiante avec Legolas quand même ! Elle pensait qu'il aurait eu un peu plus de délicatesse sur le sujet !

- Il faudra que je la transmette à Gimli celle-là, fit le Hobbit fier de sa trouvaille. Penses-tu que Legolas la comprendra ?

Ni une, ni deux elle saisit le Semi-Homme par la taille et le bâillonna d'une main.

- Si jamais tu fais ça je te jette sous les sabots de ton canasson ! Lui murmura-t-elle à l'oreille en une menace sourde.

Merry se débattit un peu pour la forme avant de faire mine de lui mordre la main. Elle le lâcha aussitôt d'un air horrifié, s'essuyant sur son pantalon.

- Mais c'est que ça mord ces petites bêtes !

- Bien sûr, même si d'ordinaire je préfère croquer dans un bon gigot de cerf que dans la carne raide d'une Nauro, répliqua-t-il en s'époussetant et en réajustant sa livrée d'écuyer.

Ils se considèrent tous deux d'un air méfiant, avant de céder à un petit rire complice.

- J'te jure, soupira Luana en secouant la tête.

- Si tu m'importune, je sais sur quoi peser à présent, fit-il d'un air satisfait.

- T'avises pas de la sortir à qui que ce soit !

- Nous verrons.

La mine du Hobbit se ternit lorsqu'il considéra sa monture. Le cheval n'avait pas bronché quand son cavalier lui avait été enlevé. Quel fier destrier il faisait, ah oui vraiment...

- Ma proposition tient toujours tu sais ? souffla doucement Luana.

- Je suis un écuyer du Rohan maintenant. Je dois monter comme tel.

La réponse la prit autant au dépourvu que sa blague de mauvais goût. Merry lui sourit sans joie. Il semblait désolé de ne pouvoir partager le voyage avec elle mais farouchement déterminé à s'en tenir à son nouveau rôle. Avait-il conscience malgré son naïf enthousiasme de ce dans quoi il s'était engagé ?

Oui, sans doute. Du moins elle l'espérait. S'attendait-il à traverser tout ce qu'ils avaient vécu depuis leur départ de Fondcombe lorsqu'il s'était engagé dans la Communauté de l'Anneau ?

- Dans ce cas-là tu préfères quoi ? Être en première ligne sur mon dos ou à l'arrière avec ton poney super-sonique ?

Elle avait hésité à faire jouer la corde sensible de la Communauté. Il était devenu écuyer du Rohan mais cela voulait-il dire qu'il rompait ce qui le reliait à Aragorn, Legolas, Gimli, Gandalf, Pippin et elle ? Ce qu'il restait entre Frodon, Sam et lui ? C'eût été mesquin et cruel d'en user. Il n'avait pas besoin de ce genre d'argument pour rester près de ses amis. Il devait être déjà assez malade d'inquiétude pour ses cousins et comparses Hobbits.

C'était pour cette raison qu'il ne pouvait rester derrière à la traîne. Pour cela qu'il s'était engagé auprès de Théoden. Il prit les rênes d'une main et tira doucement pour mener le poney par la bride.

- Ramenons-le au moins à l'écurie.

L'animal, pas bête, avait compris qu'on le ramenait en sécurité dans son box et fut le plus coopératif des dadas. Quelle fière monture du Rohan, ah oui vraiment...

- Ce bon vieux Bill me manque, lâcha le Hobbit.

Il avait le regard un peu lointain, un sourire en coin. Comme si les longues journées de marche et de peur en compagnie du poney étaient un souvenir agréable. Étrange comme la mémoire pouvait embellir les choses face à un avenir terrifiant. Il semblait avoir oublié le fait qu'ils étaient alors pourchassés par les Nazguls, puis que le brave Bill avait porté un Frodon au bord du précipice, avant qu'ils ne repartent vers le Mordor, leur petit groupe s'étant enrichi d'un mage, d'un homme, d'un nain et d'un elfe. Au fond, elle pouvait le comprendre. À l'époque la Communauté était au complet. Et Bill mine de rien en était un membre à part entière.

- Je suis sûre qu'on lui manque aussi. Mais rassure-toi, les bons soins des Elfes doivent le lui faire oublier le plus souvent, le taquina-t-elle. Il doit être peinard dans un box avec du foin à volonté, la crinière et la queue tressées.

- Comme tes cheveux ? Lâcha-t-il avec un sourire en coin.

- Mais t'as fini de me charrier sur ça ?

Il ricana, content de lui. Néanmoins, son sourire s'effaça vite.

- Crois-tu que les Elfes de Fondcombe soient restés ? Qui nous dit qu'ils ne sont pas partis pour les Terres Immortelles ?

Les Terres Immortelles. Ils y revenaient toujours. Était-ce vraiment un passage obligatoire dans chaque conversation sur les Elfes ? Elle ne voulait pas y penser. Elle ne voulait pas imaginer Arwen prendre le large... et moins encore imaginer Legolas s'éloigner à ses côtés. Lui aussi devait être appelé par ces terres. Que ferait-elle quand l'appel deviendrait trop fort pour lui ? Si cela voulait dire quitter Aragorn et les autres, elle n'était pas sûre d'accepter de le suivre. Ni même si elle le pourrait. Rien ne disait qu'elle eut droit d'accès à ce Nirvana réservé aux Elfes.

Et la voilà de nouveau à faire des plans sur la comète.

- Pas tous, finit-elle par répondre. Elrond ne partira pas tant qu'il restera une lutte à mener. Et je ne crois pas que les autres le laisseraient seul derrière.

- Tu as sans doute raison sur ce point. Mais je suis tout de même curieux de savoir s'ils emmèneraient Bill avec eux ou s'ils le remettraient à des Hommes.

- Un poney sur les Terres immortelles... Pourquoi pas ? J'ai envie de dire que pour un poney qui a appartenu à une raclure, il a largement payé son aller simple.

Merry ne releva pas la plaisanterie. Ils étaient arrivés et considéraient, l'air perplexe, deux personnes conversant devant les écuries. Luana grimaça de se retrouver entourée de tant de chevaux, avant d'aviser Eowyn et Aragorn. La fière dame du Rohan affichait un air revêche face au rôdeur, semblant le mettre au défi de l'arrêter. De quoi ils pouvaient bien parler avant leur arrivée échappait totalement à la Nauro. Et elle préférait ne pas trop s'en mêlait, histoire de ne pas envenimer les cho…

- Est-ce une épée que j'ai vue accrochée à sa selle ? demande le Hobbit, surpris.

- Hein ? Où ça ?

- Sous sa couverture. Elle vient de la rabattre alors qu'Aragorn l'avait soulevée.

- Oh…

« Luana… »

Non, elle ne dirait rien et ne ferait aucun commentaire. Mais intérieurement elle ne pouvait s'empêcher de jubiler. La révolution féminine était en marche !

- Luana…

Aragorn s'était tourné vers les deux comparses et la considérait d'un œil suspicieux. Comme si elle avait quelque chose à y voir. Certes elle avait saupoudré un peu de pensée féministe de-ci de-là mais hey… La fière dame du Rohan était assez grande pour se débrouiller seule. La Nauro était persuadée que même sans son intervention, Eowyn aurait agi de la sorte.

Autant jouer l'innocente qu'elle était.

- Quoi, vous vouliez vraiment que je laisse Merry tout seul à l'arrière ? Ce poney sera nettement mieux ici qu'avec nous sur le champ de bataille.

Le Rôdeur la considéra un instant, avant de chercher toute complicité dans le regard interrogateur du Hobbit et de finalement soupirer.

- J'en conclus que vous chevaucherez ensemble ?

- Elle ne me laisse guère le choix, plaisanta Merry. Mais je ne m'en plains pas. De ce qu'il m'a été donné d'entendre, il est très confortable d'avoir Naurofána comme monture. Même avec la meilleure des selles, un cheval ne peut rivaliser.

Luana se tendit, prête à étouffer de sa main les prochains mots de ce traître de Semi-Homme. Il n'allait quand même pas sortir sa mauvaise blague devant Grand-Pas. Pas alors qu'elle avait dû le porter sur son dos après sa chute dans le ravin !

Aragorn haussa un sourcil soupçonneux, avant d'abandonner : il avait appris depuis longtemps qu'il était inutile de chercher plus loin lorsque ces deux-là avaient leurs cachotteries. Gimli et Legolas arrivaient derrière eux, accompagnés d'Hasufeld. La Nauro ne put s'empêcher de sourire tendre en se tournant vers l'Elfe, tâchant d'ignorer la mimique comique du Hobbit à ses côtés.

- Et encore une longue chevauchée qui se profile devant nous, bougonna le fier fils de Gloin. Nous autres les Nains préférons marcher, quand allez-vous le comprendre ?

- Même si vous êtes à même de courir sur de longues distances, les chevaux du Rohan auront tôt fait de vous semer mon ami, répondit Legolas avec amusement.

- Je demande à voir... Mais voyez notre Hobbit dans sa livrée. Voici un fier écuyer.

Merry rougit de plaisir et se redressa, comme pour montrer à tous les couleurs qu'il portait.

- Je ne sais si l'on peut me considérer comme tel, je n'ai nul chevalier à servir. Toutefois je suis bel et bien aux services du Rohan à présent.

Qu'y avait-il d'aussi plaisant à se retrouver aux ordres d'un autre, sans possibilité de contester sa hiérarchie ? C'était une chose qui échappait complètement à la Nauro.

- Sans doute vaut-il mieux en ce cas que vous gardiez le cheval qui vous a été confié maître Brandebouc, intervint Elden, sorti de nulle part.

Luana considéra le jeune Rohirrim, loin d'être heureuse de son intervention. Pourquoi venait-il contrecarrer ses plans de protection ?

Et c'était quoi ce regard entendu qu'il lança au hobbit ? Ce n'était pas celui qu'on attendrait d'un supérieur hiérarchique –oui, aussi surprenant que cela puisse sembler, Elden était techniquement un des supérieurs militaires de Merry – conseillant une recrue. Non c'était plutôt une œillade entendu, pleine de sous-entendus, accompagné d'un léger haussement de sourcil et d'un sourire en coin. Elle sut qu'il se tramait quelque chose lorsque les yeux du Semi-Homme brillèrent de compréhension et de complicité, mais sans savoir ce qu'ils préparaient tous les deux.

- Vous avez raison seigneur Elden, finit par dire le Hobbit d'un air théâtral. Je me dois de chevaucher comme le ferait un cavalier du Rohan.

- Voici qui est parlé en écuyer !

- Hey ! Tu m'abandonnes pour cette vieille carne ? S'offusqua-t-elle.

- Je te remercie de ton offre Luana mais il faut aussi te montrer raisonnable : Naurofána doit se reposer avant les combats qui nous attendent et vous avez déjà forcé aujourd'hui sur votre patte blessée. Tu l'as dit toi-même, vous devez vous réadapter petit à petit.

Hola ! C'était quoi cet embrouillamini ?

- À bien y réfléchir, Merry a raison, renchérit Aragorn. Il est bon de t'entraîner afin de t'habituer et te renforcer, mais à trop forcer tu risques de vous épuiser, Naurofána et toi, ce que nous ne pouvons pas nous permettre face à la bataille qui s'annonce.

Elle le soupçonna un instant d'être de mèche, il fut toutefois vite écarté de la liste des suspects. Il était sincèrement inquiet pour elles et elle n'avait aucune envie de lui en rajouter. Avec une moue, elle acquiesça de mauvaise grâce.

- J'aurais aimé que vous ayez plus de temps toutes les deux, mais nous en manquons tous, tenta-t-il de la réconforter.

Mouais, pour le coup, ce n'était pas le meilleur des arguments pour lui remonte le moral. Pas alors qu'il annonçait qu'ils allaient devoir galoper pour arriver rapidement à destination et pouvoir s'organiser avant les combats.

- Et quoi alors ? Vous voulez que je monte aussi sur un dada tout le trajet ? bougonna-t-elle.

- S'il convient à notre ami Gimli de chevaucher avec Aragorn, je suis sûr qu'Hasufeld accepterait avec plaisir de vous porter, lui proposa Legolas avec un beau sourire.

Oh. Elle ne sut si elle devait traiter Elden de fieffé coquin ou de génie, si elle devait lui en vouloir ou l'adorer.

Certes elle devrait endurer un voyage à cheval mais pourrait ainsi être près de son Elfe et savourer une proximité que la bienséance leur interdisait autrement. Même les réserves que le prince de Mirkwood semblait éprouver depuis le premier emballement n'y résistaient pas.

Vu sous cet angle, ça devenait nettement plus intéressant. L'idée de devoir être à dos de dada ne lui plaisait toujours pas mais si c'était avec Legolas... Pourquoi n'y avait-elle pas pensé plus tôt ?

"Si ton aversion pour les chevaux n'était pas aussi forte, j'aurais moi aussi trouvé étrange que tu n'y ais pas songé avant" gronda Naurofána d'un ton amusé.

"Oui bon, je veux pas non plus me montrer manipulatrice pour pouvoir passer du temps avec Legolas et être collée à lui. Surtout pas alors qu'il n'est pas prêt pour ça, je vais pas m'imposer !"

"Hum, c'est sûr que là, il a l'air de subir et de se l'imposer."

Le prince Elfe attendait sa réponse. Il ne trouvait pas le temps trop long chaque fois qu'elle discutait avec Nana ? Certains auraient pu se vexer à sa place. Elle n'était pas sympa de le faire poireauter ainsi.

- Bon ben… on y va ?

- Donc, si je comprends bien, ered signifie montagne en Sindarin.

- Oui, bien que dans le langage courant on lui préfère orod pour le nom commun. Ered sert principalement pour les noms de de montagne, précisa Legolas.

Enfin… enfin elle avait droit à son cours d'elfique avec Legolas ! Elle avait oublié qu'il avait été » question, il fut un temps proche et pourtant si lointain à ses yeux, il lui avait promit de lui apprendre sa langue natale. Ca s'était fait naturellement, alors que lors d'un point stratégique entre Théoden et ses hommes, elle avait entendu le nom de montagnes, les Ered Nimrais, qu'il leur faudrait sous peu traverser pour rejoindre le Gondor.

- Et donc Nimrais veut dire blanc, conclut finalement la Nauro.

- Pas tout à fait, nim est bien le mot sindarin pour blanc. Mais il est ici complété du mot rais, qui désigne entre autre chose les cimes.

- Je pensais qu'on les appelait juste les Montagnes Blanches…

- C'est ainsi que les Hommes les nomment après en avoir simplifié le nom. La traduction littérale d'Ered Nimrais en langue commune est « montagnes aux cimes blanches ».

- Ok ! Et du coup pour les Ered luin, les Montagnes bleues, luin veut dire bleu c'est ça ?

- Tout à fait, approuva l'elfe.

Il rayonnait de pouvoir partager avec elle les savoirs et surtout la langue de son peuple. Enfin, plus que d'habitude s'entend. Luana ne pensait pas qu'il s'engagerait aussi prestement dans cette conversation et elle en était ravie. C'était nettement moins pénible d'être à dos de dada en discutant aussi agréablement avec son cavalier.


Hélas, il faudra vous contenter de ce court passage sans fin, car je n'ai jamais réussi à aller au-delà.

Pourvu que les lignes ci-dessous vous apportent satisfaction.


Vers Minas Tirith

A leur arrivée au campement Rohirrim qui foisonne de vie, face aux milliers d'hommes qui s'activent, Luana prend conscience de l'ampleur de la bataille qui s'annonce. Mue par la peur irrépressible de voir ses amis disparaître, elle décide de profiter de chaque seconde les séparant de la mort et de passer un moment avec chacun d'eux. Pour bien sûr finir par Legolas.

Un moment tendre, sous la clarté de la lune montante. Où notre Nauro demande à l'Elfe que chérit son cœur de lui apprendre à tresser les cheveux. S'ils doivent se retrouver séparés sur le champ de bataille, elle souhaite qu'ils puissent porter chacun les tresses faites par l'autre. Le bien-être ressenti chaque fois qu'il passe les doigts dans ses cheveux, elle veut le lui faire vivre. Mais alors qu'elle pose sa tête sur l'épaule de Legolas, s'autorisant enfin un contact plus intime et qu'ils se perdent dans cet instant, le campement s'anime.

Une troupe vient d'arriver. La Compagnie Grise, fidèle à Aragorn et menée par son cousin Halbarad. A leur côtés, Elladan et Elrohir, fils d'Elrond.

Je ne vous mentirai pas, j'avais un temps prévu pour vous, amis lecteur et lectrice, une surprise. Le doute étant présent, j'avais semé assez d'éléments pour justifier cela si je me décidai à le faire, tout en me laissant le choix de délaisser l'idée. Alors que Autant vous la partager. Caché parmi les Rôdeurs de la Compagnie, souhaitant rester en retrait encore un temps, une silhouette aurait attiré le flair et le regard de Luana. Qui s'en vergogne se serait jeté sur lui pour l'enlacer, pleurant à chaude larme. Car qui ne pleurerait pas de voir en vie Boromir, fils de Denethor.

Oui, je voulais vous faire ce cadeau improbable.

Laissez moi vous expliquer le comment : dans l'œuvre originale, Boromir meure de plusieurs flèches. Or, notre Nauro prend la dernière qui lui était réservée, lui épargnant la plus mortelle. Poussée par le désespoir et les contes de son enfance, elle porte aux lèvres du Gondorien son poignet qu'elle a entaillé pour lui faire boire son sang. Est-ce que cela a marché ? Il semblerait. L'Homme se découvre par la suite une capacité de cicatrisation accélérée, qui lui permit de tenir encore un peu.

Toujours est-il qu'une fois remise de ses blessures, Luana porte Boromir dans une barque avec sa corne brisée, son bouclier et son épée, et lui fait traverser le fleuve. Elle abandonne l'embarcation, qui se laisse emportée par le courant avec le matériel abandonné, avant de faire glisser Boromir sur son dos et de courir, remontant le fleuve.

Le salut de Boromir tient en un mot : Lindoïlin.

Cette Elfe que vous avez tant aimer détester, pour finalement pleurer sur sa mort. Galadriel l'avait envoyée, elle et un escadron d'Elfes de la Lorien, patrouiller aux delà de leurs frontières. C'est eux que Naurofána croisa, et à eux qu'elle remit son précieux chargement.

Peut-être vous souvenez-vous du hochement de tête silencieux échangé par Lindoïlin et Luana, lors de leurs retrouvailles à For-le-Cor ? La belle dame Elfe lui confirmait la survie de leur ami.

Je me rend compte à présent à quel point cette survie est tirée par les cheveux, et à quel point la chronologie des évènements empêchent ce petit miracle. Mais maintenant que le secret est éventé, partons du principe que Boromir est toujours en vie pour la suite et revenons au fil de l'histoire.

En lieu et place d'Elrond comme le film le prévoyait, c'est Elladan et Elrohir qui remettent Anduril à Aragorn. Ils lui apprennent qu'Arwen est restée mais qu'elle se meurt. La décision est prise, Grand-Pas suivra le destin qui lui est réservé, et pour cela, il prendra dès l'aube "le Chemin des morts", accompagné de Legolas, Gimli, Boromir et la Compagnie Grise.

Hélas, sa sensibilité empêche Luana de les suivre. C'est trop pour elle, ses sens l'empêchent de s'approcher de ce passage maudit. Elle doit, pour la première fois depuis le départ de Fondcombe, quitter ses amis. Elle restera aux côtés de Merry et Elden, et combattra avec les Rohirrims.

Les aurevoirs, malgré les promesses de se retrouver victorieux à Minas Tirith, sont déchirants. Après avoir serré dans ses bras Aragorn et Gimli, les larmes aux yeux, elle doit se séparer de Legolas. Bien qu'elle ce soit promis de ne pas forcer l'allure et d'aller au rythme de l'Elfe, elle lui demande une faveur avant qu'il ne doive partir loin d'elle : un baiser. Si cela doit être la dernière fois qu'ils se voient, elle veut pouvoir goûter ses lèvres et chérir ce souvenir jusqu'au bout.

Avec un sourire tendre, Legolas le lui offre de bon cœur, et c'est un baiser humide de larmes que tous deux partagent. A son tour, il lui demande une faveur : que lors de leurs retrouvailles, ils échangent de nouveau un baiser, cette fois-ci uniquement empli de joie et de bonheur.

Les Champs du Pelennor

La bataille approche. Luana ne quitte plus Elden et Merry. Et alors qu'elle s'apprête à se transformer pour servir de monture au Hobbit, un cavalier masqué enlève de terre le semi-homme et le hisse sur son cheval. Elden et Luana reconnaissent Eowyn.

D'un air de défi, teinté de terreur, elle les enjoint à ne rien dire. Luana a un simple sourire.

L'écuyer d'Eomer fait le serment de protéger la sœur de son seigneur et de la servir, comme il servirait son chevalier. Luana et lui ne lâcheront pas la Rohirrim de tout le combat. Ils combattront ensemble, côtes à côtes, jusqu'au bout. Tel est le plan.

Mais les batailles sont ce qu'elles sont. Luana est séparée des autres. Et alors que Eowyn et Merry affrontent le Ri-Sorcier d'Angmar, elle affronte elle aussi un Nazgul. Le combat est rude. Une lame de Morgul la blesse, laissant sur le pelage blanc, une marque noir indélébile. Luana croit qu'il va profiter de sa faiblesse pour l'achever. Au lieu de quoi il perd du temps à essayer de l'entraîner sur sa wyverne. Cela conforme un doute persistant : Saroumane, les Nazguls, tous les serviteurs de Sauron veulent la capturer et l'amener à lui. Elle parvient à saisir la lame de Morgul et à poignarder la créature, qui s'éteint dans un cri horrible.

A la fin de la bataille, Luana erre sur le charnier. Elle retrouve Elden, blessé mais debout. Son regard est hanté. Peren, son père, est mort sous ses yeux. L'Acrobate a perdu l'étincelle innocente et naïve qui l'illuminait.

Meurtris, ils cherchent ensemble leurs amis. Ils viennent en aide aux blessés, aux mourants, et seulement à la nuit tombés trouvent-ils enfin Eowyn et Merry. Pippin est avec eux. Ils sont vivants, mais leur état est critique. Malgré sa blessure qui ne guérit pas, Luana se transforme et transportent le plus vite possible els trois blessés jusqu'à la ville. Une fois qu'ils sont tous les trois pris en charge, elle s'effondre.

A son réveil, elle se trouve à l'infirmerie. Merry et Pippin reposent dans des lits près d'elle. Legolas est à ses côtés, Gimli veillant sur les deux Hobbits inconscients. Soulagés de se revoir, Legolas et elle échangent un nouveau baiser humide. L'Elfe lui rappelle qu'elle avait promis que leur prochain baiser ne serait rempli que de joie. Elle lui répond que contrairement à la fois précédente, se sont des larmes de joie.

Luana se remet vite sur pied. Dans la cité meurtrie, il y a tant à faire. Ne pouvant rester inoccupée, elle rejoint Boromir, pendant que Gandalf, Aragorn et Eomer décident des événements futurs. En tant que nouvel Intendant du Gondor, il doit gérer l'urgence de pourvoir aux besoins des citoyens blessés, choqués, de reconstruire la ville suffisamment pour les protéger.

Le fier fils de Denethor ne peut refuser cette aide, bien qu'il se lamente de n'avoir pu lui faire découvrir la cité dans tout son éclat. Elle le rassurer, en lui disant qu'elle ferait tout pour aider à retrouver cet éclat, et qu'alors elle escompte bien qu'il lui fasse la visite officielle. Boromir en fait sa messagère : elle court d'un bout à l'autre de la ville pour transmettre les ordres. Bien qu'elle ne connaisse pas la ville et ses rues, sa maîtrise du Parkour lui permet de franchir les obstacles et arriver rapidement à bon port. Le soir venu, Boromir lui ordonne de cesser et se reposer. Il a quelque chose à lui montrer. Ou plutôt, quelqu'un à lui présenter. C'est ainsi qu'elle rencontre Faramir.

Alors qu'elle quitte l'aile royale où séjournent les deux frères, un malaise la saisi. Elle reconnait dans l'air la vibration du Palantir. Naurofána la guide et toutes deux découvrent, dans la salle du trône, Aragorn, le funeste globe tenue d'une main, Elendil de l'autre. Il faut face seul à Sauron. Mais lorsqu'il recule brusquement et lâche le Palantir, le collier d'Arwen tombe de son cou. Luana le rattrape in extremis et le lui rend. Arwen se meurt ? Alors il est temps d'aller botter le cul de Sauron. En une dernière provocation, Luana pose à son tour la main sur le Palantir. Face à l'œil, elle lui dit qu'elle viendra à lui, lui qui la désire tant. Mais que jamais il n'aurait ce qu'il souhaite tirer d'elle, peu importe de quoi il s'agit.

Après la chute de Sauron

Pardonnez moi cette ellipse, mais je survolerai la bataille de la Porte Noire. Car je n'y ai jamais trop réfléchit. Par franchise, je me dois de vous dire que les scènes de bataille m'ont toujours été difficiles à écrire, et je les gardais toujours à traiter au dernier moment.

Je me contenterai simplement de dire que j'avais envisagé ceci, sans garantir que cela aurait été conservé : sur ordre d'Aragorn, dès qu'une ouverture se fait, Luana se précipite à travers les Portes Noires et pénètre le Mordor pour aller chercher Sam et Frodon. Elle les retrouve à la sortie du volcan et prend de suite sur son dos les deux Hobbits pour les emmener loin. Sans vous prier bien entendu de cette scène magique où Gandalf, perché entre les ailes d'un aigle géant, vienne les sauver.

La suite vous la connaissez. C'est la célébration. Sauron est défait. Frodon est sauvé. Aragorn est couronné et Arwen vient le retrouver. L'on fête en grande pompe leurs épousailles. Les Hobbits sont révérés.

A cela devait encore s'ajouter quelques chapitres.

La vie se réorganise. Boromir cède sa place d'Intendant à Faramir. Il décide de rester simple capitaine des armées du Gondor au service de son roi. Legolas, Gimli et Gandalf restent à Minas Tirith pour épauler Aragorn et aider à renforcer les liens entre les différents royaumes et peuples.

Et Luana dans tout ça ? Notre Nauro s'adapte à cette nouvelle vie. Mais une chose reste : le doute, car elle n'a toujours pas eu de réponse sur pourquoi Sauron la voulait. Et la rancœur.

Des nouvelles de Saroumane leur parviennent. Il se dirige vers la Comté.

Les Hobbits reprennent la route vers chez eux. Ils sont accompagnés par la Communauté jusqu'à Orthanc. Là, Luana prend la décision de les accompagner. Ils lui ont promis, depuis le début de cette aventure, de lui faire découvrir leur beau pays. Il lui est difficile de se séparer de Legolas, mais lui-même doit retourner auprès de son père. Connaissant les réactions de celui-ci quant à leur réaction, il préfère la préserver et l'affronter seul.

Mais avant cela, il tient à lui assurer son amour, quitte à braver les règles de la courtoisie Elfe : devant leurs amis réunis, Legolas sort une bague, sertie d'une pierre noire bien connue, entrelacée de vigne de lierre en argent. Celle qui avait appartenu à Luana et qu'il portrait sur son cœur depuis de long mois sans le lui avouer. Il avait demander à Gimli de faire cette bague.

Bien avant la fin de l'année de cour, il la demande en fiançailles avec la Communauté pour témoin.

A sa plus grande surprise, Luana sort elle aussi un anneau, fait d'ithidin, ce métal précieux qui ne reflète que la lumière de la lune. Dedans est enchâssée une cordelette blanche, faite des poils de Naurofána. La bague lui en permanence de la même clarté que la lune.

Luana et Legolas échangent leur voeux, passe une dernière nuit ensemble à se tresser les cheveux et parler en contemplant le ciel étoilé, avant de se séparer au matin.

Lors de leur arrivée en Comté, les Hobbits découvrent que Saroumane à fait main basse sur les terres verdoyantes, esclavagisant les semi-hommes dans sa folie industrielle.

Les Hobbits et la Nauro organisent la résistance et tout le mois d'octobre est un jeu du chat et de la souris contre le mage. Jusqu'au 31 du mois. A la veille de la bataille finale pour sauver la Comté.

Par une nuit sans lune, Naurofána qui assurait son rôle de messager entre les différents groupuscules, est capturée par Saroumane. Saroumane, qui la torture, retournant de plus en plus les ténèbres qui séparent l'humaine de sa louve. Il la soumet à un sort complexe et immonde, dont le clou final est un coup de poignard en plein cœur de la Nauro.

Les origines d'un secret

Je me dois de vous annoncer, que nous arrivons à la clé de voûte de toute cette histoire. La révélation de bien des secrets et indices disséminés dans les nombreuses pages que vous avez pu parcourir. Un secret mis en avant par les textes italiques, nébuleux et poétiques, qui ouvraient certains chapitres. Veuillez me pardonnez de vous le révéler de façon si abrupte après toutes ces années mais au moins est-il en ce jour révélé.

Alors que Luana se sent fauchée par la mort, elle sent une force surnaturelle l'arracher à Naurofána, un pouvoir brûlant lui emplir le corps et inonder l'escalier reliant l'humaine à la louve, brûlant comme un acide le lien qui les unit.

Ses yeux se rouvrent sur un espace blanc. Elle se réveille dans un grand lit blanc. Tout autour d'elle est blanc et rayonne d'une clarté argentée. Paniquée et perdue, elle se lève, et traverse d'étranges couloirs lumineux. Par les fenêtre, ce qu'elle voit est incroyable : elle voit un ciel étoilé, si beau, si lumineux et si distinct, qu'elle se croirait dans l'espace. C'est alors qu'elle voit, en-dessous, la terre.

Dans une immense salle blanche, semblable à une salle de bal, est attablé un Elfe. Mais un Elfe à la peau couleur de neige, aux cheveux de soie, aux yeux argentés.

Il ressemble à Luana comme un père ressemblerait à sa fille.

Il s'agit de Tilion, le Maia qui veille sur la lune. Un Maia si amoureux de la lumière des arbres de Valinor qu'il fut chargé, à leur mort, de conduire la Lune, vaisseau dans lequel fut placée la dernière fleur de Telperion, afin que sa lumière argentée baigne toujours le monde.

Si Luana et lui sont si semblable, c'est car de solitude, le Maia brava l'interdit d'Eru et voulu créer une forme de vie. N'ayant vu que son propre visage depuis si longtemps, il avait modelé à son image un corps à partir de la terre de la lune. Pour lui insuffler la vie, il y planta une graine, tombée de la fleur de Telperion.

Mais la graine en germa pas, et le corps resta longtemps inanimé. Tilion pleura de longs sanglots sur sa création, oubliant son devoir, Isil se faisant rare dans le ciel. Ce fut lors d'une de ses trop nombreuses nuits sans lune qu'un drame arriva.

Naurofána, louve originelle, Nauro capable de prendre forme humaine pour communiquer avec les Elfes, fut mortellement blessée.

Elle était la dernière de son espèce avec son frère Draugluin. Draugluin, le père de tous les Gauror. Celui qui se laissera par la suite pervertir par Sauron et clôturera l'histoire de toute son espèce, pour la remplacer par sa progéniture maudite.

Face à sa mort imminente, la Nauro pria qu'on la laissa encore se battre, pour ne jamais laisser vaincre celui qui sa race avait décimé.

Sa prière fut entendu par Eru qui, face à tous les sacrifices et les services rendus dans l'ombre par la Louve, confia à Namo, gardien des Cavernes de Mandos, la tâche d'accueillir son esprit et de le préserver.

Namo, l'omnipotent, savait le secret de Tilion et de son homoncule sans vie. Il lui ordonna de récupéré l'âme de la Nauro et de lui offrir ce corps nouveau. A regret, le pilote de la Lune s'exécuta. Et le miracle de la vie prie enfin. Abreuvée de la force de Naurofána, la graine germa et pris racine.

Mais la lune jamais n'étais en paix. Morgoth qui ne supportait pas la lumières des astres, envoya ses Esprits de l'Ombre conquérir et détruire le vaisseau nocturne. Mené par Sauron, ils attaquèrent Isil pendant que la graine se développait.

Profitant que Tilion lutte pour les repousser, Sauron s'approcha de la créature nouvellement née, dans le but de découvrir comment créer des créature mi humaine mi animale, comment sceller un esprit maléfique dans le corps d'un humain.

Afin de comprendre le mécanisme, il plongea dans le corps pour assister à la création de cet être. Mais son intervention fit stoppa la fusion de la louve et de la graine. Il se retrouva prisonnier de la lumière de Telperion et de la rancune de la Louve envers lui. Tentant désespérément de sortir, il dû abandonner une fraction infime de lui-même. Un fragment de son être si ridicule que cela n'impactait en rien sa puissance.

Mais sa fierté en fut touchée. Cette atteinte à son intégrité était une insulte que jamais il ne pardonnerait. Et chassé par Tilion, il se promit un jour de récupérer ce qui était sien.

Ce fragment d'ombre, si petit en comparaison de l'être dont il provenait. Et pourtant suffisant pour instaurer un océan de ténèbres entre Naurofána et la graine. La graine ne devint pas la louve. Elle devint autre. Une autre vie. Qui pour se développer avait besoin de plus. Et si vulnérable face à Sauron. Lorsque Tilion revient à sa création, il ne trouve à la place qu'une louve blanche.

Naurofána, pour protéger la graine, l'enfouit au plus profond de l'inconscient, dans une gangue de protection, loin de l'influence néfaste de l'Ennemi. Toute son humanité était dédiée à lutter contre sa Némésis, laissant ses plus primaires instincts guider et faire vivre sa nouvelle enveloppe corporelle.

Le Maia de la Lune n'eut d'autre choix que de laisser partir la louve et ses espoirs de créer un être qui pusse l'accompagner dans sa solitude. Ne pouvant que l'observer du haut de son vaisseau, Tilion demanda aux Elfes de veiller sur la louve et de la protéger, mais celle-ci eu tôt fait de disparaitre de leur vue, et même de leur mémoire. Des siècles durant, elle erra dans le monde telle une ombre de l'histoire, simple spectatrice de la fin du Premier Age, de tout le Second Age, et d'une grande partie du Troisième Age.

Pourquoi Luana a-t-elle grandit dans son monde, un monde si proche du nôtre ? La seule explication que peut lui apporter Tilion, c'est que la lune éclaire bien des mondes, et que chacun à la façon d'un miroir, réfléchit en partie la lumière en une succession d'image. Sans doute cette lumière a-t-elle donné à la graine de quoi s'inventer un univers, un milieu favorable à son développement ? Se créer une famille pour lui apprendre à marcher, parler, grandir. Un monde influencé par la lutte de Naurofána et de Sauron qui perdurait dans l'espace entre la conscience et l'inconscience.

Qui impacta sa vie d'adolescente de sa naissance à son arrivée en Terre du Milieu. Tout ce qui lui était arrivé de positifs, tout l'amour reçu, fut l'œuvre de la Louve. Toutes les épreuves et les sombres évènements sont le fait de l'âme de Sauron emprisonnée : la mort de ses parents pour la briser ; l'accident de cheval d'Eric, de quoi la traumatiser ; les brimades, le harcèlement, de quoi l'affaiblir et l'empêcher de devenir forte ; l'accident de camion, une dernière tentative de se libérer, qui eu l'effet opposé.

Le choc de la mort a suffit à éveiller l'instinct de vie de la graine qui a repris sa place en surface, repoussant Naurofána dans l'inconscient. Luana n'avait pas atterri par magie en Terre du Milieu. Elle avait simplement pris le contrôle du corps qui lui avait été offert par Tilion des millénaires plus tôt, forçant la terre de la lune qui la composait à se modeler selon son image.

Par la suite, chaque fois qu'elle éprouvait des doutes et broyait du noir plus que de raison, c'était Sauron qui lui soufflait de sombres choses. Si Éric est arrivé dans ce monde et avait été tué, c'était parce que cette partie de Sauron avait su communiquer avec le grand œil de feu, qui avait alors chargé Saroumane de créer un « homonculus » à l'image d'Eric, de telle sorte qu'une fois découvert la mort de son frère, Luana soit brisée. C'était encore une fois sans compter sur Naurofána, qui envoya Luana dans l'inconscient et donc son monde pour empêcher cela.

Le chant de la Nauro

Comprenez vous enfin, tout le mystère derrière les événements contés jusqu'alors ?

Je sais, tout cela peut paraitre brouillon et désordonnés. Il est compliqué après tant d'années de réagencer des idées hâtivement posées sur papier et perdue dans un coin de mon esprit. Je ne peux que sourire avec tendresse et un brin de désespoir devant la trame que l'adolescente que j'étais a pu vous concocter. Je l'avoue, il y a un léger syndrome de Mary Sue dans notre chère Luana.

Je me sens un peu comme Aragorn face aux frasques de Luana.

Mais revenons à nos tourments.

Luana, après tant de révélations, se sent trahie, salie. Elle n'est que la création d'un homme seul voulant combler le vide de l'absence. La seule trace d'amour, et celle de sa Louve, sa mère spirituelle. Et voilà que Tilion lui propose de rester avec lui sur son vaisseau, d'éclairer le monde pour l'éternité.

Bien sûr, notre Nauro refuse et menace de prendre les commandes d'Isil pour la faire s'écraser sur Arda s'il ne la renvoie pas de suite dans son corps, pour qu'elle rejoigne ceux qu'elle aime et aux côtés de qui elle doit encore se battre.

A contre cœur, Tilion obéit. C'est une atroce souffrance que ressent la Nauro lorsqu'elle revient à elle. Une souffrance physique, mais surtout psychique. Un trou béant se referme lentement sur son sein. Dès lors qu'elle plonge pour rejoindre la barrière de l'inconscient, Luana est frappée par l'absence d'un océan de ténèbres. Elle se retrouve de suite devant la barrière. Derrière… le vide. Naurofána n'est plus.

En franchissant la limite, la Nauro est submergée par les derniers souvenirs de la louve. La souffrance de se sentir seule dans ce corps, l'espoir que la graine sur qui elle a veillé si longtemps lui soit rendue. Le dernier effort pour soigner cette enveloppe charnelle, au prix de sa vie, afin que la graine puisse y reprendre racine. Un dernier adieu. Et le néant. La louve s'est sacrifiée.

Lorsque Luana ouvre des yeux emplis de larmes, le soleil est en train de se lever. Des yeux qui ne sont plus ni d'argent ni d'or. Ils sont un ciel nocturne, l'iris noir éclairé par une pupille telle une lune, clairsemé d'éclats dorés tels des astres dans le lointain.

C'est sans un mot, sans un cri de douleur, que la Nauro se relève et se transforme. Il est une mission qu'elle doit accomplir. Naurofána avait lutté toute sa vie contre Sauron. Elle devait s'assurer de la destruction de ses dernières traces.

Elle arrive sur le champ de bataille à temps pour se placer aux côtés de Frodon. Les Hobbits inquiets de son absence comprennent que quelque chose a changé. Que la Luana qu'ils connaissent à laisser place à une version d'elle qu'ils découvrent dans la violence du combat.

Alors que dans la mêlée, Saroumane atteint Frodon et plonge une dague qui se brise contre la cote de mithril, la Louve arrache le bras du sorcier et l'avale avec une voracité dévorante. Au poignet flétri, un bracelet irradiant de l'énergie de Sauron. Le vieux fou avait voulu s'accaparer sa puissance par un nouveau bijou maudit, pour ne découvrir qu'un brin de pouvoir usé et inutilisable. Cette souillure, la Nauro se chargerait de la chier plus tard, là où nul ne pourrait la retrouver.

Saroumane vaincu, Frodon croit devoir retenir Luana de le tuer. Mais elle laisse faire et accepte son verdict : le Hobbit laisse partir le vieux mage décati et décadent. Et c'est avec un sourire pernicieux et satisfait qu'elle assiste à ce qu'elle avait deviné : Grima poignardant à mort Saroumane après une dernière offense, la dernière insulte d'une longue succession d'humiliation. Une vipère acculée ne pouvait que mordre le bourreau qui la malmenait.

Il était une fois une fin

Vous tous connaissez les événements qui clôturent cette trilogie merveilleuse qui nous a tous bercé.

A ceux-là j'ajouterai qu'après toutes ces épreuves, rien ne put s'opposer au mariage de Legolas Vertefeuille et Luana Le Guen. Lors de la FAQ, la question de la dot avait été posée.

Bien que le Seigneur de Fondcombe, le roi du Gondor, un descendant de Durin et le Porteur de l'Anneau se portèrent volontaires pour doter notre Nauro, il n'en fut nul besoin. Face aux rejet de son père, le roi Thranduil, Legolas rejeta son autorité et fonda sa propre nation elfique. Il put y épouser celle qu'il aimait, entourés de leurs amis.

De cette union naquit le fougueux Oiraran.

Doté de la grâce des Elfes et de la vitalité des Nauro, cette petite tornade fit la joie et l'inquiétude de ses parents. Il suivit l'exemple de sa mère, fille de Tilion et porteuse de la lumière de Telperion, qui devint gardienne du royaume aux arbres blancs, descendants des arbres de Valinor. Lui-même épousera l'une des filles d'Arwen et Aragorn.

L'on raconte que depuis, à chaque génération, un descendant de Luana veille sur la cité de Minas Tirith.

Ce fut une ère de paix et de joie. Bien sûr, il y eu encore des escarmouches, des combats. Mais rien qui ne fit frémir nos amis autant que leur périple qui les avaient unis.

Le départ pour les Terres Immortelles de Frodon, Bilbon, Gandalf et Elrond fut un déchirement pour la Nauro, qui ne fut apaisé que par la promesse de se retrouver de l'autre côté de l'immense Océan.

Les années passant, les êtres chers à la Nauro s'éteignirent un à un.

Ce fut d'abord Boromir. Qui après une vie de rédemption, mourut d'une flèche orque. Même à un âge que beaucoup jugeaient trop vieux pour continuer à se battre, il refusait de délaisser sa charge et se sacrifia pour sauver son régiment, pris dans une embuscade. A cette nouvelle, Luana alla chercher jusque dans le repaire orque le corps du Gondorien, massacra ceux qui l'avait offensé, et ramena chez lui le fier fils de Denethor, pour que les derniers hommage lui soient rendus.

Sam, du jour au lendemain, disparut. Lui qui avait pris la succession en tant que maire d'Hobbitbourg après Frodon, rendit ses obligation et s'en fut. Sa fille Elanor, dernière à le voir, prétendit qu'il était parti rejoindre les Havres Gris, pour à son tour prendre la route vers les terres lointaines rejoindre son maître et ami. Lui qui ne savait pas nager, était prêt à affronter la mer.

Eowyn fut la suivante. Épouse de l'intendant du Gondor, elle avait des années durant travaillé à réaliser un rêve, que Luana lui avait insufflé. L'école devint gratuite et obligatoire pour tous les enfants. La tâche fut aisée avec le soutien d'Aragorn. Plus compliqué fut la libération de la parole des femmes et leur lutte pour plus de parité et d'égalité. On ne pouvait changer ainsi les mentalités. Mais cette lutte rapprocha les deux femmes, qui devinrent de précieuses amies. Lors de ses funérailles, un chœur d'enfants chanta sa victoire sur le Roi-Sorcier d'Angmar.

Faramir, la rejoignit peu de temps après.

Lorsque la missive de Merry et Pippin lui parvint, Luana su. Ils lui demandaient de venir les chercher en Comté et de les accompagner pour un dernier voyage. Quelle souffrance que de rester éternellement jeune quand vos amis, vos frères, se voutent sous le poids de l'âge. Ils ressemblaient désormais à Bilbo lorsqu'elle l'avait rencontré pour la première fois.

Tous trois repassèrent par tant d'endroits chargés de souvenirs, bons comme mauvais. Ils s'arrêtèrent à Edoras, où ils assistèrent au dernier souffle du roi Eomer.

Elden, devenu Capitaine du Rohan sous les ordres du suzerain, était lui aussi affecté par les ans. Le beau jeune homme, vif et ne pouvant vivre sans faire le troubadour, sauter et faire ses acrobaties, était devenu un vieil homme aux cheveux blanc, peinant à ne serait-ce que se baisser sans avoir mal au dos. Mémoire du Rohan, d'acrobate il devint barde, contant les aventures de la Communauté de l'Anneaux le soir autour du feu, entouré de ses petits-enfants.

Luana retrouva Legolas à Minas Tirith. Ils s'y retirèrent pour vivre avec le reste de la Communauté ces dernières années qui étaient accordés à leurs amis mortels. Quand Merry et Pippin s'endormir pour ne plus se réveiller, le pouvoir et le cœur de la Nauro avait commencé à tarir et souffrir.

Le coup de grâce lui fut porté lorsque Aragorn renonce à la vie. Il fut ses adieux à chacun de ses proches. Encore droit et fier malgré les cheveux blancs, il demanda à Luana de marcher dans les jardins du Gondor, avant de s'asseoir au pie de l'arbre blanc, sous la lumière de la lune. Ils parlèrent longuement, et les choses qui avaient pu être tues, en cette dernière nuit, furent dites. En dehors de Legolas, il fut seul informé du tragique destin de Naurofána. Tous avaient remarqué la disparition de la louve et le changement de la Nauro. Mais ils ne furent que deux à entendre la pleine histoire de la bouche de Luana.

Le lendemain, tout Minas Tirith était en deuil. Mais nul ne pleura autant que les trois survivants de la Communauté de l'Anneau et Arwen. L'étoile du soir s'en fut et s'éteignit sous les cimes de la Lothlorien.

De chagrin, Luana tomba malade. Oiraran déclara qu'il était venu l'heure du repos pour sa mère, et qu'il prenait la relève.

Legolas, qui de plus en plus cédait à l'appel de la mer, emmena son épouse et leur ami éternel, Gimli fils de Gloin, en Ithilien, où ils bâtirent un puissant bateau. Ils firent voile vers les Terres Immortelles. De ce qu'ils sont devenus, nul ne le sait.

Certains aujourd'hui, de ceux qui encore chantent cette légende, disent que Aranellisil, princesse de la Lune, fille de Tilion et porteuse de la lumière de Telperion, que tous connurent sous le nom de Luana Le Guen, finit par rejoindre son père sur son vaisseau d'argent.

D'autres, plus sages, ne sauraient l'imaginer bien loin des siens.


Ainsi se clôture l'aventure que fut Naurofána pour moi pendant des années. Ce n'est pas la fin que j'aurais aimé lui apporter, ni celle qu'elle méritait, et je me doute moins encore celle que vous attendiez.

J'espère me faire quelque pardonner de cet abandon en vous livrant les secrets de cette histoire et pouvoir apaiser, après tant d'années, une langueur qui devait vous consumer tout autant que moi.

Écrire ce résumé a été aussi difficile que libérateur. Les dernières lignes ont été les plus dures et je ne compte plus les larmes versées sur la mort de ces personnages qui m'ont accompagné si longtemps.

Quant à Luana, même si nous ne sommes plus en accord l'une et l'autre, si nous avons trop dévié l'un de l'autre pour encore écrire Naurofána, j'aimerai lui offrir une nouvelle vie dans un écrit originale. Dans un rôle secondaire, certes, mais peut-être un jour relirez-vous son nom et ses insultes en espagnole quelque part autre que sur Fanfiction dot net

Par ce chapitre, je clôture cette histoire et mon aventure en tant que fanauteure.

Merci à vous de m'avoir accompagné tout ce temps.