Hello !

Ci-après le chapitre le plus long de la fic oO (pour le moment!).

Bonne lecture !


Chapitre 31

Le lendemain, ou plutôt quelques heures plus tard, les Capitaines annoncèrent le retour au Gotei. Les blessés avaient été évacués ou soignés sur place pour les plus légers. Les plus en forme étaient allés chercher les affaires dans les auberges occupées. Nous devions rentrer, et vite.

-Et si des hollows reviennent ? m'étonnai-je.

-Ne t'en fais pas, ils ne reviendront pas, assura Sentarô tandis que nous replions et rangions les tentes. La douzième s'en est assurée.

Kandi et moi échangeâmes un regard circonspect, mais ne répondîmes pas.

Le retour nous prit une demi-journée, mais les Capitaines nous devancèrent en enchaînant les shunpos. Le troisième siège Sentarô avait pris la responsabilité de nos deux équipes. Le silence n'était perturbé que par quelques échanges d'ordre logistique. Nous n'avions pas le cœur à la discussion, et encore moins à la réjouissance. Malgré le peu de perte que nous avions subies, chacun de nous était dans un état proche de l'hébétude. Nous n'avions pas, à proprement parler, réussi notre mission. Je sentais l'inquiétude et la perplexité des soldats face au manque de communication de la part de nos supérieurs. Nous avions besoin de réponses.

Après avoir vérifié que tout le monde remplissait son rôle suite à notre courte pause restaurative, je m'approchai de Kandi.

-Tu as une idée de ce qu'il se passe ? lui chuchotai-je à l'oreille.

Elle tourna son visage vers moi, et m'observa quelques secondes de trop, avec une expression que je n'arrivai pas à déchiffrer.

-Pourquoi en saurai-je plus que toi, Hana ? demanda-t-elle d'un ton plat.

-Euh, je… eh bien, tu es dixième siège, je pensais que le troisième siège t'en aurait parlé ?

Kandi finit par se détourner de moi.

-Sentarô-san ne m'a rien dit.

Et elle continua à avancer, retournant à ses pensées. J'étais confuse. Elle ne m'avait jamais semblé si loin de moi, si inaccessible. M'en voulait-elle encore pour la veille ? Pourtant, nous nous étions expliquées. Je mis son comportement étrange sur le compte de la fatigue et de l'épuisement qui nous accablait tous. Nous ne nous adressâmes plus la parole durant tout le reste du trajet.

Sans surprise, car étant les plus éloignés géographiquement, nous fûmes les dernières escouades à rentrer au Seireitei. Le Capitaine Ukitake et Gin nous attendaient derrière la porte du mur Est. Ils accueillirent chacun des soldats personnellement en s'inquiétant de leur santé, bien que nous ayons tous été soignés. Ils nous informèrent que nous étions en congés pour les deux prochains jours afin de récupérer. La bonne nouvelle fit apparaître plusieurs soupirs et sourires de soulagement dans notre groupe et améliora considérablement l'humeur générale.

Tandis que certains restaient pour demander des nouvelles des blessés hospitalisés, je me précipitai vers Kandi qui s'éloignait déjà.

-Tu viens à la maison ce soir ? lui demandai-je.

Je détestais l'espoir qu'il y avait dans ma voix. Sans l'épisode de la veille, je n'aurais eu aucun doute sur le fait qu'elle aurait squatté mon appart, comme d'habitude. A présent, je n'en étais pas si sûre. Pourtant, j'avais besoin d'elle.

Kandi se pinça la lèvre. Elle était gênée.

-Je dois rentrer chez moi. ça fait longtemps.

Elle détourna les yeux avant que je ne réponde.

-Ok, ça va aller ? m'inquiétai-je en pensant à sa belle-mère Calypso, raison principale qui poussait Kandi à fuir de chez elle.

-Oui, pourquoi ça n'irait pas ? s'étonna-t-elle.

-Je sais que tu n'aimes pas y aller.

Elle me regarda sans comprendre. Puis son expression changea.

-Je vais dans mon appartement de fonction. Je dois travailler tôt demain, expliqua-t-elle.

-Demain ? Mais, c'est congé !

-Pas pour les dixième sièges.

J'avais la bouche sèche. Cette conversation étrange ne faisait que renforcer mon malaise vis-à-vis de Kandi. Je murmurai un vague "ah, ok" et la saluai ainsi que le reste des personnes présentes avant de me diriger vers ma propre caserne. Gin était occupé avec les soldats et le serai encore longtemps, aussi me décidai-je à rentrer seule. Kandi s'éloigna sans un regard.

Au fur et à mesure de ma marche, je ne cessai de ressasser notre dispute. Je ne comprenais pas le comportement de mon amie. Je m'étais pourtant excusée de l'avoir inquiétée, et je lui avais tout expliqué. Je ne savais pas ce que je pouvais faire de plus. Devais-je m'excuser une fois encore ? J'étais prête à le faire. Je détestais l'idée que Kandi s'éloigne de moi.

Je fis part de mes inquiétudes à Awa, mais celle-ci n'était pas d'humeur bavarde. Agacée, je rentrai chez moi en claquant la porte et en jetant mes affaires en vrac. Je me déshabillai puis je pris ma première véritable douche depuis plusieurs jours.

Cependant, l'eau chaude ne calma pas ma mauvaise humeur, et ma rumination prit de l'ampleur. J'avais eu des débuts difficiles avec Gin, des problèmes dangereux pour ma santé, ma carrière avait été mise en péril, et voilà que maintenant, ma meilleure amie agissait bizarrement avec moi. Et cette foutue mission. Allais-je un jour avoir la paix ? Je sentis les larmes monter, alors je me rinçai et sortis de la douche avant de me laisser aller. Je me refusai à pleurer. Le faire aurait été admettre qu'il y avait un problème. Et c'était hors de question.

Je sortais toute nue, car j'avais bien sûr oublié de préparer ma tenue de nuit, lorsque j'entendis :

-Salut.

Je sursautai et poussai un petit cri absolument ridicule.

-Gin ! m'exclamai-je en le reconnaissant. Je ne t'ai pas entendu arriver.

-Tu faisais un sacré boucan en même temps, me nargua-t-il.

Il s'approcha tout en me regardant d'un air appréciateur. Aussitôt, une douce chaleur m'emplit le ventre et je sentis mes trapèzes se détendre. Je ne pensais pas avoir envie ce soir. D'ailleurs, sa présence m'étonnait et je ne savais pas ce qu'il faisait chez moi. A présent qu'il était là, je n'étais pas contre le fait de me perdre dans ses bras. Je pris une grande inspiration et expirai fortement. Je voulais mettre les dernières vingt-quatre heures dans une boîte au fond de mon esprit et ne plus y penser.

-ça ne va pas ? Tu as mal quelque part ? s'inquiéta mon amant.

Je secouai la tête puis répondis :

-Je suis fatiguée et j'ai eu le tympan perforé, c'est un peu pénible mais ça va. Toutes mes autres blessures ont été soignées au campement.

Gin haussa un sourcil.

-Il faut que tu me fasses un rapport détaillé de ce qu'il s'est passé.

-Tu n'as pas eu celui des Capitaines Kuchiki et Ukitake ? m'étonnai-je en enfilant le premier kimono léger que je trouvai dans mon armoire.

-Si, mais j'aimerais en avoir un de la part d'un des membres de ma division, expliqua-t-il.

Le rappel de la mort de Sato surgit violemment dans mon esprit et je sentis à nouveau des larmes me piquer les yeux. La magie de l'instant s'évapora.

-Maintenant ? soupirai-je tout en connaissant la réponse.

Gin s'approcha de moi et posa sa main sur mon visage, me faisant lever la tête.

-Désolé Hana, je sais que ça doit être désagréable pour toi de devoir tout répéter. Il y a une réunion des Capitaines demain matin et je dois en savoir le plus possible. J'ai besoin de ta version des faits.

J'acquiesçai et me dirigeai vers la petite cuisine pour nous préparer un thé. La nuit risquait d'être longue. Je sentis Gin s'approcher dans mon dos. Il s'appuya légèrement contre moi et m'entoura de ses bras, les mains fermement ancrées sur mes hanches. Sa tête se posa sur la mienne. J'arrêtai ma préparation pour apprécier pleinement le contact. Depuis que nous étions ensemble, Gin multipliait ces gestes de tendresse. J'aimais qu'il ne soit comme ça qu'avec moi. Je fermai les yeux et me laissai aller contre son dos. Sa prise se raffermit et il murmura :

-Tu m'as manqué.

Son aveu tout autant que sa tendresse remuèrent quelque chose au fond de moi. J'étais si émue que je fus incapable de répondre. Je posai les mains sur ses bras quelques instants, puis je me détachai doucement. Plus vite je commencerai ce rapport, plus vite il serait terminé.

Une fois le thé infusé, je commençai mon récit, du début de l'attaque jusqu'à mon évanouissement. Cependant, je ne mentionnai pas le comportement de Rurori Name. Je détestais mentir à mon Capitaine, même par omission, mais je ne voulais pas mettre Kandi en porte-à-faux. De toute façon, je n'avais quasiment rien vu. Lui dire ne changerait rien à la potentielle punition de l'homme. Gin ne m'interrompit pas, mais il me demanda de lui raconter l'épisode avec les Capitaines. Ensuite, il me posa plusieurs questions, me forçant à revenir sur ce que je lui avais déjà raconté.

-Comment était le masque de ton adjuchas ? insista-t-il une énième fois.

Je ne pus empêcher un petit rictus d'agacement. Gin ne cessait de me questionner à propos de ce hollow de malheur. Je n'avais eu que quelques heures d'un sommeil artificiel suite à mes combats, sans compter la marche de retour, et la fatigue commençait à peser sur mon esprit embrumé. Mes idées n'étaient plus très claires, comme lorsque je buvais un verre de trop.

-Normal, pourquoi ?

Gin tiqua.

-C'est important Hana. Il était comment, exactement ?

-En forme d'enclume, on voyait ses yeux écartés et ses dents. C'était un étrange hollow.

-C'est-à-dire ?

J'expirai longuement en cherchant mes mots.

-Je ne sais pas, comme si sa tête n'était pas en accord avec le reste de son corps, ni de ses capacités. C'était un ensemble… pas très cohérent. Et puis, il a dit des choses… étonnantes. Le Capitaine Ukitake l'a aussi relevé. Kuchiki avait l'air furieux que je parle de ça.

Gin pinça les lèvres mais ne répondit pas. Comme souvent lorsqu'il était perdu dans ses pensées, il regardait dans une autre direction que la mienne et ne me prêtait plus attention. Je me levai pour préparer cette fois-ci un en-cas. Je n'avais presque rien mangé depuis la veille. Et puis, je sentais que cette discussion était loin d'être terminée.

-Je suis content que tu aies réussi à battre cet adjuchas, reprit-il.

-Oui, moi aussi, ironisai-je.

Gin arriva dans la cuisine et, en me voyant faire, ouvrit les placards pour chercher les couverts.

-Même si j'avais ordonné à Sato de te mettre en défense, auprès de ceux de la quatrième. Pourquoi tu n'as pas tenu ta position ?

-Ah non, tu ne vas pas t'y mettre toi aussi ! m'exclamai-je.

Surpris par mon éclat, Gin suspendit son geste. Il avait l'air bien con avec son air ahuri et ses baguettes dans les mains. La culpabilité m'envahit aussitôt.

-Pardon, je ne voulais pas crier. C'est juste que, Kandi m'a pris la tête à propos de ça et… je ne comprends pas en quoi c'est si grave. Après tout, je l'ai vaincu ce foutu adjuchas. En plus maintenant, Kandi m'évite. C'est la première fois qu'on se dispute comme ça. Elle n'a même pas voulu venir dormir à la maison, tu te rends compte ?

-Ah bon ? lança-t-il sur un ton ironique. Dois-je m'inquiéter ?

Je poussai un profond soupir et je dus me faire violence pour retourner à ma préparation tout en restant calme. Je n'étais pas d'humeur à la plaisanterie.

-Je pense qu'elle a eu une réaction disproportionnée. Elle a dit des choses quand on s'est disputées que je… je ne comprends pas. J'ai l'impression qu'elle m'en veut de quelque chose, mais je ne sais pas de quoi.

Gin ne répondit pas. Je tournai la tête. Il m'observait avec les bras croisés sur sa poitrine, la tête légèrement penchée. Ses paupières étaient presque closes. Cette posture me renvoya plusieurs années en arrière, lorsque je le connaissais à peine et que son comportement me rendait folle. Je songeai soudain qu'il était si incongru de partager mes états d'âme avec Gin Ichimaru, le Capitaine de la troisième division, mon copain, dans ma petite cuisine, à minuit passé. Je me sentis stupide.

-Désolée, je t'ennuie avec ces gamineries…

-Tu ne m'ennuies pas. Raconte-moi.

Je m'exécutai tout en finissant de préparer les bols. Mais la seule chose que Gin trouva à dire fut un long :

-Hmmmmm.

Nous nous installâmes à table et je le relançai :

-Tu en penses quoi ?

-Je ne suis pas entièrement sûr.

Sa réponse me désarçonna.

-Pas sûr de quoi ?

-Eh bien, je n'ai jamais eu de véritable ami…Pendant longtemps. C'était… Principalement parce que ça ne m'a jamais intéressé en tant que tel, je préférais être seul.

Il fit une légère pause.

-Enfin, sauf si ça me permettait de prendre l'avantage sur mon adversaire. Mais je m'égare. Les rares relations amicales que j'ai eues étaient ambiguës. Et je reconnais ça chez ta copine. C'est donc une hypothèse.

-Je t'en prie, dis-je en commençant mon repas.

-Je me demande si Kandi n'est pas amoureuse de toi.

J'avalai de travers. Une énorme quinte de toux et quelques tapotement dans le dos plus tard, je m'écriai :

-QUOI ?!

-ça fait plutôt sens. Réfléchis bien, quand est-ce que son comportement a commencé à changer ?

-Tu dis n'importe quoi, répliquai-je instantanément. C'est ma meilleure amie.

-Pourtant, elle est jalouse de notre relation.

-Impossible. Elle a suivi notre histoire avant même qu'elle ait commencé, elle m'a encouragée des centaines de fois. Sans elle, toi et moi ne serions peut-être même pas ensemble. Crois-moi, elle est fan de notre couple.

Gin arbora son sourire terrifiant.

-Vraiment ? Tu ne l'as pas vue te regarder quand elle croit que personne ne la remarque.

-Hein ? Qu'est-ce que tu-

-Elle est protectrice et possessive, coupa-t-il. Vous vivez quasiment ensemble, vous passez tout votre temps libre dans votre bulle. Enfin, passiez, devrais-je dire. Vous vous voyez beaucoup moins depuis que toi et moi avons commencé à coucher ensemble. (Je haussai un sourcil et il se reprit aussitôt :) Depuis que nous sommes ensemble. Et que tu squattes chez moi autant qu'elle squatte chez toi.

Je me tus car je ne savais pas quoi lui répondre. Je devais admettre que Kandi et moi étions fusionnelles. C'était vrai qu'elle avait tendance à me défendre. Elle l'avait fait face à Yû, face à Gin aussi. Elle était toujours là pour moi. Et sa remarque sur l'évolution de mon shikaï… Ok, il gagnait un point.

-Elle se sent peut-être délaissée parce que j'ai moins de temps à lui consacrer, c'est vrai. Mais de là à être tombée amoureuse, t'y vas un peu fort, non ?

-A-t-elle déjà été en couple ?

Il avait tapé dans le mille. Je me rappelai encore la façon dont Kandi m'avait envoyée balader lorsque j'avais abordé ce sujet avec elle, quelques mois plus tôt. Je secouai la tête pour lui répondre. Gin dut se rendre compte qu'il y était allé un peu fort, et il s'approcha de moi pour me prendre dans ses bras.

-Mais… Kandi est une femme, réalisai-je stupidement.

Gin reprit sa place et me laissa voir son joli sourire moqueur.

-Et alors ? J'espère que tu n'es pas homophobe. Nous vivons bien trop longtemps pour ne pas expérimenter tout ce qu'il est possible de faire avec l'un ou l'autre sexe. ça ne t'a jamais attirée ?

Je sentis le rouge me monter aux joues.

-Tu es impossible, ralai-je d'une petite voix.

Il éclata de rire.

-Alors ? insista-t-il.

-Je n'en sais rien. A la base les relations amoureuses, c'est pas trop mon truc. Je n'en ai pas eu avant mon entrée à l'Académie, parce que j'avais vraiment autre chose à faire quand je vivais à Inuzuri. Seule ma famille comptait. Puis après…je voulais juste devenir shinigami. Je ne m'attendais pas à… à vivre ça avec toi. Pour les femmes, je ne me suis jamais posé la question ! Enfin, pas encore.

-Hm. Heureusement que je ne suis pas jaloux, conclut-il en soulevant son bol pour avaler le bouillon.

Il se leva pour débarrasser la table.

-Tu devrais quand même aller lui parler et éclaircir tout ça, dit-il depuis la cuisine.

Je hochai la tête même s'il ne pouvait pas me voir. Il me rejoint et, après nos ablutions nocturnes, nous décidâmes d'aller nous coucher. Cela me fit tout drôle, de voir Gin déambuler chez moi. La différence de taille entre nos appartements de fonction ne semblait pas le déranger. Il avait raison, en général, c'était moi qui venais chez lui.

Je mis du temps à m'endormir. Je refaisais le cours de la soirée dans mon esprit, essayant de me convaincre que Gin avait tort. Je ne voulais pas penser aux conséquences que cela aurait sur ma vie si mon amant avait raison à propos de ma meilleure amie. Soudain, je me rappelai que nous n'avions pas terminé notre discussion à propos de l'adjuchas et surtout, de mon rôle durant le combat. Pourtant, Gin ne plaisantait pas à propos de la hiérarchie et des ordres. Plus étrange encore, il n'avait pas répondu à ma remarque sur le Capitaine Kuchiki, lui qui adorait se moquer de tout et de tout le monde, et en particulier de la noblesse. En fait, notre attention avait été complètement détournée par le nouveau sujet de discussion. La nôtre, ou la mienne ? Je savais que Gin accordait de l'importance à mes états d'âme, mais pas au point de les faire passer avant un rapport de mission. J'observai les cheveux de mon amant qui me tournait le dos, déjà endormi. Le haut de son corps se soulevait tout doucement, il ne faisait aucun bruit. Est-ce que lui aussi me cachait quelque chose ?

HhHhHhHhHhHhHhHhHhHhHhH

Je passai les deux jours suivants chez moi. J'essayais de me reposer mais, en réalité, je tournais en rond. Je n'avais aucune nouvelle de Kandi et je n'en avais pas prise non plus. Je me sentais incroyablement lâche. Car j'étais incapable de la confronter. Je craignais trop que, si nous nous voyions, cela signe la fin de notre relation.

Gin croulait sous les réunions d'urgence et nous ne nous rendîmes pas visite. De toute façon, je n'osais pas sortir de chez moi, la tension dans le Seireitei étant palpable. Je n'aurais pas réussi à me détendre. Impossible d'aller faire une balade ou de boire un verre avec des collègues. Je n'avais pas le cœur de me rendre à la quatrième division visiter mes collègues non plus. En fait, j'avais hâte de reprendre le boulot pour arrêter de penser à tout ça. J'essayais de me convaincre que mes questionnements étaient futiles, que la crise que traversait le Gotei 13 n'était pas si inquiétante que ça. Une réunion des sièges onze à quinze était prévue pour le jour de ma reprise, et j'avais hâte de savoir quelles seraient les nouvelles.

Pourtant, le retour au bureau fut difficile. J'avais du mal à me concentrer, j'avais pas mal de documents à rattraper et à signer à cause de ma longue mission au Rukongaï. Et ce, malgré l'aide de mes collègues qui avaient récupéré une partie de mon travail. Mais cette paperasse n'était rien comparée au fait que je devais, une fois de plus, raconter tout ce qu'il s'était passé, dans un rapport écrit cette fois-ci. Je m'attelai à la tâche sans conviction. Moi qui ne rechignai habituellement pas à remplir n'importe quel dossier, cela eut au moins le mérite de faire sourire mes collègues, qui me racontèrent les potins que j'avais manqués. Cependant, la pause café fut courte. L'absence d'un cinquième siège se faisait déjà ressentir dans notre organisation. Une réunion entre le Capitaine et les sièges trois à dix avait lieu en ce moment même. Je me demandai s'il serait vite remplacé.

La matinée passa lentement, et mon sens pratique reprit vite le dessus, me permettant de me plonger dans le travail. Arrivée à la pause déjeuner, j'avais terminé mon rapport de façon synthétique et factuelle. J'avais également commencé à diminuer la pile de dossiers sur mon bureau. Nous nous dirigeâmes vers le réfectoire avec mes collègues. Le repas fut rapide et cinq minutes après être sortie, je ne me rappelai plus de ce que j'avais mangé, ni de quoi nous avions discuté. De toute façon, toutes mes pensées étaient alternativement tournées soit vers Kandi, soit vers la peur de rentrer en guerre avec le Hueco Mundo. Mes préoccupations personnelles me semblaient futiles comparé au véritable état d'urgence, aussi décidai-je de me retourner immédiatement au travail.

Arrivés devant la salle de réunion, je croisai Yû en train de discuter avec le troisième siège, un jeune homme roux et bien bâti, du nom d'Hosuro Toma. Yû m'aperçut et s'excusa auprès de son collègue pour venir me saluer. Fidèle à sa personnalité extravertie, il se précipita sur moi et me prit dans ses bras jusqu'à me soulever du sol. Je sentis nettement mes côtes craquer.

-Moi aussi je suis contente de te voir, réussis-je à souffler.

Mon ami me reposa sur la terre ferme et me sourit.

-Hana banana ! ça fait trop longtemps. Content de te retrouver en un seul morceau !

Son attitude était presque exubérante pour les circonstances.

-Oui, il faut changer ça au plus vite.

-Quand tu veux ! Et bravo pour ton combat, ça ne m'étonne pas de toi !

Sa bonne humeur à toute épreuve finit par m'atteindre. Cela me rassura. Peut-être que la situation n'était pas si terrible. J'allais lui demander des nouvelles de sa femme lorsque notre discussion fut malheureusement avortée : la réunion allait commencer. Yû partit et je sentis immédiatement sa chaleur réconfortante me quitter. La perspective de le revoir bientôt me réconforta.

Je m'attablai le coeur un peu plus léger et, moins de deux minutes plus tard, Gin entra. Nous le saluâmes tous, comme notre grade l'exigeait, et il nous répondit par un simple hochement de tête, ce qui n'étonna personne.

-Comme vous le savez tous, Sato Haruo, notre regretté cinquième siège, s'est sacrifié lors du déploiement dans les quartiers du Rukongaï. C'est grâce à lui que plusieurs shinigamis de notre division, mais également de la treizième et de la quatrième sont encore en vie aujourd'hui. Il a accompli sa mission avec honneur. Une cérémonie sera organisée en sa mémoire à la fin de la semaine, dans la cour principale.

Je sentis ma gorge se serrer d'émotion. La même que celle de tous mes frères et sœurs d'armes.

-Notre actuel huitième siège, Mirasawa Yûi, a accepté de le remplacer au pied levé. Son changement de grade officiel n'aura lieu qu'à la fin du mois, mais considérez-le déjà comme mon bras droit.

A la surprise générale, Yû entra dans la salle.

Mais quel petit… cachotier ! Voilà qui expliquait son comportement surexcité.

Le sus-nommé s'inclina d'abord face à nous, puis face à notre Capitaine, et nous offrit un sommaire discours de présentation. Gin le remercia et il sortit vaquer à ses nouvelles occupations.

Habituellement, c'était un onzième ou un douzième siège qui guidait la réunion. Nous faisions le point sur nos missions quotidiennes et plus occasionnelles, faisions remonter certaines remarques des soldats et nous distribuions le travail pour les semaines à venir. Les limites entre les différents sièges étaient assez poreuses, et nous étions dans l'ensemble une équipe unie, qui n'hésitait pas à demander de l'aide aux collègues, même les moins gradés.

Nous nous doutions bien que Gin n'était pas là pour nous écouter parler de notre entraînement ou de celui des soldats, ou encore des dizaines de rapports que nous devions vérifier, synthétiser, et valider. En dehors des périodes de mission à l'extérieur du Seireitei, effectuées selon un roulement bien précis pour permettre à tout le monde de se reposer, notre travail était plutôt routinier. La situation était exceptionnelle.

Notre Capitaine était étrangement silencieux. Il prit le temps de nous observer par-dessous ses paupières avant de prendre la parole.

-Bien, si je suis présent aujourd'hui, c'est pour vous faire part des décisions du Commandant général et de la Chambre des 46 suite à la forte présence de hollows à la Soul Society ces derniers mois.

C'était un euphémisme.

-Il a été décidé que les frontières avec le monde réel et le Hueco Mundo seraient complètement fermées.

Aussitôt, des hoquets et plusieurs exclamations se firent entendre. Pour ma part, je restai silencieuse. J'étais curieuse de savoir comment la douzième division avait enfin réussi à empêcher toute intrusion, mais surtout, je n'oubliais pas les paroles de l'adjuchas que j'avais pu affronter. Quelles étaient leurs motivations ? Le Hueco Mundo nous déclarait-il la guerre ? Comme tous mes collègues présents, j'avais besoin de réponses.

Gin leva les mains en signe d'apaisement et le calme reprit.

-Laissez-moi finir, je répondrai ensuite à vos questions. Premièrement notre planning ne s'en retrouvera pas bouleversé, puisque nous n'intervenons habituellement pas dans le monde réel, et encore moins au Hueco Mundo… Les rondes de surveillance continueront dans le Seireitei et le Rukongaï. Il n'est pas question d'alerter la population par notre absence. De plus, les civils ont besoin de notre aide, au-delà de la présence des hollows. Les roulements restent inchangés. De plus, sachez que les Capitaines des douze autres divisions sont en train d'informer leurs gradés et leurs soldats, comme je suis en train de le faire. Je m'adresserai moi-même aux soldats sans grade lors d'une réunion générale. En attendant, pas un mot à qui que ce soit. Cela vaut également pour les membres de votre famille qui seraient des civils. Cette information doit être connue des shinigamis uniquement. Est-ce bien clair ?

Un hochement de tête général lui répondit. Nous étions tous tendus, attendant le pire.

-Ensuite, les entraînements seront renforcés. Combat au sabre, au corps à corps, kidô, stratégie… Le troisième siège et moi-même élaborerons des plannings d'entraînements plus spécifiques, en fonction des grades, sur les plages horaires déjà réservées. Ils seront gérés par les plus haut gradés, et parfois par moi-même. Vous devrez tous y assister.

J'avais du mal à croire que ces nouveaux entraînements ne changeraient pas toute notre organisation, mais soit. Enfin, c'était le cadet de nos soucis.

-Avez-vous toujours des questions ?

Une collègue treizième siège prit la parole :

-Sommes-nous en guerre, Capitaine ?

La naïveté de sa question déclencha quelques moqueries par messes basses et autres yeux levés au ciel. Gin pinça les lèvres et elles se calmèrent immédiatement. Il répondit lentement :

-Nous n'avons pas reçu de déclaration de guerre de la part du Hueco Mundo. Nous ne cherchons pas à en déclencher une. Cependant… la crise que nous sommes en train de traverser nous force à envisager le pire.

Le ton grave du Capitaine ne laissait pas de place à l'interprétation. Nous n'étions pas encore en guerre, mais nous nous préparions à l'être.

-Et qu'en est-il des âmes des mortels sur Terre ? Et des shinigamis sur place ?

-Il y a eu très peu d'attaques sur le monde réel depuis qu'elles se sont multipliées dans la Soul Society. La chambre des 46 a décidé de faire rentrer tous les shinigamis. Les âmes en attente de recevoir le konsô devront patienter.

De toute façon, si les frontières sont fermées, même avec le konso, ces âmes n'auraient pas pu nous rejoindre… la situation n'est clairement pas viable sur le long terme. Ils nous cachent quelque chose. J'espère que ça ira pour Urahara et les autres.

Awa approuva dans mon esprit, mais ne commenta pas. Elle n'avait jamais été aussi silencieuse que ces dernières semaines.

-Va-t-il y avoir des missions d'investigation au Hueco Mundo ?

-Je ne peux pas répondre à cette question.

Je ne fus pas la seule à écarquiller les yeux. Gin gardait une expression la plus neutre possible. Mais, le connaissant, je me doutais qu'il était pieds et poings liés par le Central et qu'il détestait ça. Il reprit la parole avant que les questions ne reprennent :

-Nous vous informerons de l'avancée de nos décisions en temps voulu et si nécessaire. Je comprends votre frustration, croyez-moi. Le Central 46 ne prend pas ses décisions à la légère et nous agissons au mieux pour le bien de tous. En attendant, je vous demande de garder votre calme et de montrer l'exemple. Est-ce bien clair ?

Un "hai, taichô!" modérément enthousiaste lui répondit. Mon regard croisa celui de Gin, puis il le détourna avant de sortir.

Je comprenais très bien pourquoi le Central, et probablement le Commandant, ne laissait filtrer les informations qu'au compte-gouttes. Ils cherchaient à tout prix à éviter une panique générale. Peut-être qu'ils n'avaient pas de réponses à nos questions. Peut-être se posaient-ils les mêmes. La situation était plus que délicate. Le Gotei ne s'était pas encore relevé de la précédente guerre, il manquait toujours deux Capitaines et deux Vice-Capitaines… La troisième, et surtout la cinquième, et la huitième division étaient en sous-effectif.

Nous passâmes le reste de la réunion dans un état second, abrutis par l'idée d'être en guerre. Après tout, la précédente ne datait que de quelques décennies. C'était à la fois peu, pour ceux qui étaient déjà présents, et la plupart n'étaient alors que de simples soldats. Ils n'avaient de toute façon pas grand-chose à raconter, la guerre s'étant déroulée dans le monde réel. Quant aux autres qui étaient arrivés plus tard, ils ne savaient quasiment rien de cette mystérieuse guerre également, et n'en avaient connu aucune. Seuls les très hauts-gradés s'étaient rendus sur place. C'est ce qui avait permis de cacher l'existence des Vizards.

En fait, j'étais la seule parmi nous à détenir certains éléments clefs, mais je savais que d'autres m'échappaient. L'omerta autour des Vizards et du traître Aizen en avait fait un secret d'Etat. Les plus haut gradés étaient tenus au silence. Nous n'avions quasiment rien appris au sujet de cette guerre à l'Académie. Officiellement, c'était comme si elle n'était jamais arrivée. L'aura intouchable et quasi-mystique des Capitaines et du Central 46 avait fait le reste. Il était impensable de remettre le dogme en question. Officieusement, c'était une autre affaire… et elle ne jouait pas en faveur du Seireitei, j'en étais convaincue.

Je profitai du reste de l'après-midi pour rassembler les informations que je détenais. D'après l'adjuchas, le Seireitei était la véritable cible de leur dernière attaque de masse. Pourtant, je n'avais vu aucun signe de combat. Si seuls les plus hauts gradés détenaient cette information secrète, les soldats s'étaient bien rendus compte de l'étrange comportement des hollows. La tension déjà présente au Seireitei ne pourrait aller qu'en augmentant. Et si le Gotei ne communiquait pas officiellement là-dessus, des rumeurs pourraient vite apparaître et enfler, compromettant notre fonctionnement et notre capacité à nous défendre.

Le résultat de ces pérégrinations mentales me fit réaliser une chose : j'en savais déjà trop pour en rester là.

C'est avec ces pensées et une certaine ironie que je me rendis au bureau de Gin à la fin de mon service. Car j'avais bien l'intention d'en savoir plus que les autres, malgré mon petit grade. Cette journée de reprise avait été harassante, mais je savais que je ne pourrai pas dormir en ayant obtenu si peu d'informations.

Comme je m'y attendais, Gin travaillait encore. Je toquai et entrai à son signal. Il leva la tête une demi-seconde puis me fit signe de m'asseoir. Je le laissai continuer le dossier dans lequel il était plongé, les fameux planning d'entraînement semblait-il. Il posa enfin son pinceau.

-Tu peux venir à la maison si tu veux, mais je te préviens, je suis fatigué.

Ou sa manière à lui de me dire que ça lui ferait plaisir.

-Tu as mangé ? demandai-je.

-Pas depuis hier.

-Je peux aller chez le traiteur. Et on dit que quand je reviens, on rentre ?

Gin fit la moue puis balaya son bureau du regard. Il lâcha un soupir et capitula :

-Faisons comme ça, ces fichus plannings attendront bien demain.

Je me rendis chez son traiteur préféré et commandai plusieurs plats, pour qu'il en ait d'avance. Entre le trajet et l'attente j'en avais pour une petite demi-heure.

Je retrouvai Gin avec le sourire et nous nous rendîmes immédiatement chez lui. Nous parlâmes de tout et de rien et cela nous fit beaucoup de bien. Je n'avais pas oublié mon objectif, et même, je culpabilisais un peu à l'idée de lui tirer les vers du nez. Cependant, c'était la première fois depuis des jours que j'arrivais à penser à autre chose que la guerre imminente, alors c'était pas mal. A la fin du repas, Gin nous prépara une infusion. Nous nous installâmes dans le canapé et il me prit immédiatement dans ses bras, pour ensuite m'offrir un long baiser.

Il me fallut toute la volonté du monde pour ne pas continuer sur notre lancée. Je réprimai un gémissement de frustration.

-Qu'y a-t-il ?

Je le regardai droit dans les yeux, ses beaux yeux bleus clairs, légèrement ternis par les cernes qui l'enveloppaient.

-Ecoute Gin, je sais que ce n'est pas dans mes fonctions, mais j'aimerais savoir ce qu'il se passe réellement.

Gin s'éloigna et serra les mâchoires.

-Alors tu es venu me tirer des confidences sur l'oreiller ? ironisa-t-il.

Je baissais les yeux, un peu honteuse.

-Je ne peux pas oublier ce que cet adjuchas m'a dit. Je m'inquiète. Je préfère savoir la vérité qu'imaginer le pire, expliquai-je.

-Tu n'es que quinzième siège, Hana. Ce n'est pas à toi de penser à ça.

Il se leva et s'éloigna de quelques pas, me tournant le dos.

-Je sais, répétai-je. Que ferais-tu, à ma place ? J'en sais déjà trop.

Il expira longuement.

-Si je ne te connaissais pas autant, je…

Je sentis que je n'allais pas aimer la suite de cette phrase.

-Bon sang.

Il revint s'asseoir mais ne s'approcha pas de moi.

-Que sais-tu de la dernière guerre ? demanda-t-il sans me regarder.

-Ce que tu m'en as dit. Ce que Hirako-san m'en a dit.

Il me regarda du coin de l'œil, mais ne répondit pas.

-Aizen était un traître, il travaillait dans l'ombre avec toi et l'ancien capitaine de la huitième division, j'ai oublié son nom. Il voulait se rendre dans la dimension du Roi. Dans ses recherches pour y parvenir, il a créé les Vizards. Vous avez réussi à le stopper durant la dernière guerre dans le monde réel, résumai-je.

-Bien.

-Je me doute que c'est pour cela que Urahara-san se trouve sur Terre également, mais je n'en sais pas plus.

-Et c'est très bien ainsi, grinça-t-il.

Il ferma les yeux et appuya la pulpe de ses doigts sur ses paupières, la tête légèrement penchée en arrière. Il resta dans cette position de longues minutes, et je devinai qu'il discutait avec son zanpakuto, Shinsô. Gin m'avait parlé de l'étroite relation qui le reliait à sa lame. Il m'avait même laissé la tenir, car apparemment, Shinsô était d'accord et m'aimait bien. Je l'avais trouvée plutôt lourde et je n'avais pas pu la manier, mais je m'étais sentie honorée. Awa n'avait pas voulu être portée par Gin, et s'était contentée de bouder comme un enfant face à mon enthousiasme pour un autre zanpakutô qu'elle.

Comme moi, Gin pouvait parler à son zanpakuto quand il le désirait, sans avoir besoin d'aller dans son monde intérieur. Mais, comme nous, ça ne les empêchait pas d'avoir des désaccords.

J'attendis patiemment qu'il émerge et effleurai la présence d'Awa dans mon esprit. Elle me répondit immédiatement. Depuis que mon "petit problème" avait été résolu, Awa et moi ne nous étions plus jamais disputées, mais elle me parlait moins. En revanche, notre communication avait évolué vers une autre forme : j'avais parfois l'impression qu'au lieu de mots, elle m'envoyait des images, des sensations. Je ne m'étais jamais sentie aussi proche d'elle, tout en étant perturbée par son silence. C'était comme si j'avais accès à un pan entier de mes capacités qui était jusque-là bloqué, et qui m'handicapait sans que je ne m'en rende compte. Il était plus facile que jamais de me retrouver dans mon monde intérieur. J'hésitai à lui rendre une petite visite car j'aurais voulu discuter avec elle de mes inquiétudes. Peut-être aurait-elle été plus coopérative ainsi. Mais Gin sortit de sa torpeur avant que je ne me lance. Un sentiment de chaleur m'envahit et je compris que c'était Awa qui cherchait à me rassurer.

-Bon. Shinsô pense que tu mérites de savoir. Moi aussi, à cause des éléments clefs dont tu disposes déjà. Je suis d'accord pour t'en révéler d'autres. De toute façon, tu es déjà impliquée.

Un bref sentiment d'exaltation m'envahit, que Gin calma aussitôt :

-Cependant, seuls les Capitaines, Vice-Capitaines et quelques rares hauts gradés, en plus de la Chambre des 46 et certains nobles sont au courant. Tu ne dois en parler à personne, c'est bien clair ? Pas même à Kandi. En tout cas pour le moment.

-Mais Kandi est déjà au courant pour l'adjuchas. Ainsi que Sentarô-san. Les Capitaines Kuchiki et Ukitake étaient là lorsque j'ai fait mon rapport.

-Dans ce cas-là, ce sera au Capitaine Ukitake de décider ce dont Kandi doit être tenue au courant, ou non. Son statut de dixième siège peut lui apporter ce privilège. Enfin, ce n'est pas encore décidé.

-Je ne comprends pas tout.

-Disons que les dernières réunions sont quelque peu… houleuses. Nous ne sommes pas tous d'accord sur ce que nous devons révéler aux soldats, ni même au grand public. Il y a encore beaucoup de tensions à cause… d'Aizen, de ce qu'il a fait.

Je hochai la tête, un peu stressée par un tel discours. Gin attrapa sa tasse et but une gorgée de son infusion. Enfin, il m'expliqua :

-En préparation de la guerre, Aizen n'a pas seulement créé les Vizards. Après cet.. échec, il a créé les arrancars. Tu n'en as jamais entendu parler, n'est-ce pas ?

-Non, jamais.

Gin se leva, à nouveau en proie à des sentiments contradictoires. Nous risquions sûrement gros si cette conversation venait à se savoir. Je savais que ce qu'il me révélait, il le faisait par sentiment d'intégrité, de justice, et non d'amour. Ce qu'il se passait allait bien au-delà de notre relation.

-Les arrancars sont le miroir des Vizards. C'est-à-dire un hollow qui a obtenu des pouvoirs de shinigami.

Je crus que mes yeux allaient sortir de ma tête. C'était vraiment possible ?

-Aizen en a créé plusieurs et s'est constitué l'armée contre laquelle nous nous sommes battus. Le pouvoir qui permettait de créer des Vizards et des Arrancars a été détruit. Cependant, il peut exister des Vizards naturels, comme Kurosaki Ichigo, que tu as rencontré, ou des Arrancars naturels. Il leur faut pour cela enlever leur masque.

-Mais, alors… à quoi ressemblent les arrancars ? Tu les connaissais, non ?

-Oui, ils étaient sous mes ordres. Ils ne sont pas si différents des shinigamis. Ils ont une apparence humaine, malgré leur trou de hollow, et possèdent un zanpakuto sans âme qu'ils peuvent libérer pour dévoiler leurs véritables pouvoirs.

Gin me laissa le temps d'assimiler ces informations.

-Je n'arrive pas à croire que personne ne soit au courant. Pourquoi garder une telle information ?

Gin ouvrit la bouche pour répondre, lorsque je compris soudain :

-Mais attends, s'il y a des arrancars naturels, ça veut dire que c'est eux qui ont ordonné aux hollows d'attaquer le Rukongai ? C'est eux qui voulaient aller au Seireitei, réalisai-je en me levant. Mais c'est catastrophique !

Gin s'avança et posa ses mains sur mes épaules pour me calmer. Je me rassis mais il ne coupa pas le contact physique avec moi.

-Hana, tu es très intelligente, mais tu n'as pas toutes les cartes en main. Laisse-moi finir.

Il attendit ma confirmation avant de reprendre.

-Tous les arrancars créés par Aizen n'ont pas été abattus lors de la bataille dans le monde réel. En fait, nous avons même soigné ceux qui pouvaient l'être.

-Vr-vraiment ?

Voilà qui ne ressemblait guère à la politique du Gotei.

-Ils m'ont bien soigné moi. Tu ne connais pas encore assez le Capitaine Unohana, dit-il avec un petit sourire sarcastique. Cette femme peut faire plier même le Commandant. Elle est terrifiante.

Il eut un petit frisson puis reprit :

-En fait, suite à ma réhabilitation, et avec l'aide d'autres Capitaines qui m'étaient favorables ainsi qu'à mon idée, j'ai établi avec les Arrancars survivants un traité de paix.

J'allais de surprise en surprise. Ce que j'entendais me semblait surréaliste.

-Nous nous engagions à les laisser diriger le Hueco Mundo et ne pas lancer de représailles. En retour, ils s'engageaient à nous laisser gérer Aizen et la façon dont nous allions le punir. En plus de la promesse de ne plus jamais attaquer la Soul Society, bien sûr.

-Je croyais que Aizen était mort ?

-Il a été condamné à mort, oui. Enfin, le problème, c'est que nous n'arrivons plus à joindre les gérants du Hueco Mundo depuis plusieurs mois. Dès que les attaques ont commencé, nous avons tenté de rétablir la communication. Jusqu'à ce qu'il y a deux jours, l'un d'eux ouvre un garganta pendant l'attaque, et n'arrive à la Soul Society…

TO BE CONTINUED


Des reviews ?

PS : je me fais opérer dans dix jours. Le chapitre 32 est entamé. Il arrivera sûrement fin juillet ! D'ici là, bon été !