Chapitre 5 : Le professeur Slughorn

Il avait vécu les quinze dernières années complètement retiré de la politique. Depuis la

disparition de Lord Voldemort, l'ancien ancien professeur avait goûté à une retraite bien méritée, jusqu'à son retour l'année précédente. Il n'avait pas voulu croire Albus, mais les preuves étaient rapidement devenues évidentes. Pour tout le monde, sauf pour Fudge visiblement, qui avait préféré s'enfermer dans un déni abrutissant jusqu'à ce que cela ne lui coûte son poste et sa crédibilité. Avec tout ce qu'il savait sur le seigneur noir, Horace Slughorn avait passé l'année écoulée à se cacher,

pour échapper aux mangemorts. Il ne vivait jamais plus d'une semaine au même endroit, avec un espoir de plus en plus vain depuis que Harry Potter avait été tué par sa famille moldue. Et finalement il avait accepté la proposition d'Albus : une dernière année à Poudlard, en sécurité. La toute dernière, car jamais ils ne gagneraient contre les mangemorts sans le Survivant. Le maître des potions aurait beau déployer autant d'astuces et bouger autant de ficelles qu'il pouvait, cela ne changerait rien. Il avait aidé à tant de carrières, jusqu'à voir disparaître celle de Bartemius Croupton Sr. lors de l'arrestation de son fils. Tout cela pour qu'aujourd'hui ...

- Professeur Slughorn.

- Monsieur Malefoy, vous vouliez me parler.

Le blond sourit, reproduisant les mêmes mimiques que son père. Il en avait connu des Malefoy,

parvenant à toujours se faire bien voir d'eux sans pour autant se compromettre dans leurs crimes.

Cela l'avait sauvé, la première fois, mais plus maintenant.

- Vous parler de mon avenir, vous me suivez ?

- En effet, mais mon garçon c'est le professeur Rogue votre directeur de maison.

Ainsi que son parrain, un détail que personne parmi les sangs-purs ne pouvait oublier.

- L'héritage de ma famille est pour le moins controversé pour notre communauté et mon père a perdu toute son influence au Ministère. Je pourrais essayer de tout rebâtir.

- Oui, mais la politique est un jeu dangereux. Beaucoup y ont été broyés.

- Un jeu : c'est exactement cela, avec des pions. Des pièces qu'il faut déplacer, après les avoir réunies.

- Vous avez très bien cerné ce que je voulais dire. Prenez Amelia Bones par exemple, dont le travail au département de la justice magique ces dix dernières années a été exemplaire, mais elle serait une

ministre de la magie bien trop manipulable. Et manipulée. Ce ne serait pas la première.

- Avec le bon entourage, recruté à Poudlard, il est possible de gouverner le monde sorcier dans l'ombre.

Il aurait fait un bon politicien, comme son père.

- Le directeur du premier journal du pays, la capitaine de l'une de nos meilleures équipes de Quidditch, le propriétaire de la seule boutique de confiseries de Pré-au-Lard, un auteur à succès, le plus jeune maître de potions de notre histoire, ainsi que plusieurs héritiers ou membres des Vingt-huits. Tous rencontrés ici-même, à Poudlard, et au même endroit. Devenus amis dans une même pièce.

- Votre parrain vous a parlé de moi à ce que je vois.

Le sixième année sourit. Ils allaient enfin jouer cartes sur table.

- Pas que lui. Vous avez influé sur la vie politique de notre communauté tout en restant confortablement

assis ici. La guerre n'est pas encore perdue vous savez.

Il était trop âgé pour cela maintenant. Mais ... un dernier coup, ce serait une manière admirable de partir en beauté. Cela avait quelque chose de grisant.

- Reformez votre petit club, professeur. Et passez une bonne soirée.