Bonjour à tous, je suis désolée pour le retard mais j'ai réécri une grande partie de l'histoire qui est désormais terminée.
Merci pour ceux qui ont laissé des commentaires et bonne lecture !
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Le tisserand a tissé sa toile, il a combiné les fils selon des motifs que lui seul connait.
Les épreuves de la coupe des trois sorciers battent leurs plein. Ann y assiste de loin. Les dragons sont magnifiques. La deuxième épreuve a été compliquée à suivre…C'est la fin de l'année scolaire et la troisième épreuve approche.
Elle assiste à la scène où Maugrey métamorphose Malfoy en fouine, l'idée est bonne. Elle est contente de ne plus l'avoir à ses trousses.
Des gradins ont été montés devant le labyrinthe magique, la fanfare n'arrête pas de jouer cet air atroce que beaucoup ont l'air de trouver stimulant. D'après les règles expliquées par le directeur, ils doivent trouver la coupe. Je m'assoie, je trouve tout cela bien long. Fleur Delacour est sortie en premier, suivie de peu par le champion de Durmstrang.
Soudain tout s'accélère. Harry Potter surgit couvert de sang en portant le corp sans vie de Cédric Diggory. Il n'arrête pas de crier que Voldemort est revenu. Je le crois bien évidemment même si les autres s'y refusent.
Je pleure silencieusement en voyant le père de Cédric le serrer contre lui…ses cris me transpercent le cœur, je hais les mangemorts.
Un été à Spinner End
Il avait été convoqué sans douceur auprès du seigneur des ténèbres qui tout en le félicitant d'avoir trompé Dumbledore lui fit comprendre qu'il allait devoir prouver sa loyauté.Les jours s'écoulaient sans fin et sans espoir. Les ténèbres étaient revenues, comme la guerre qui bientôt les emporterait. Il allait mourir, il le savait, tué par l'un ou l'autre camp, sacrifié par deux maitres mégalomanes pour qui il ne comptait pas. Il serait l'éternel traitre.
Il pensa à Ann. Elle était dans sa famille. Il chassa cette image bien vite, c'était ridicule.
Dumbledore refuse cette année encore sa candidature pour la défense contre les forces du mal. Il a donc encore plus d'un an à vivre.
L'été est encore plus pluvieux que d'habitude, l'air humide privé de lumière enserre chaque chose dans une gangue froide. Il aimerait partir en Italie. Il n'ira jamais en Italie.
Dumbledore a demandé à ses anciens partisans de reformer l'ordre du Phoenix. Il sera donc obligé de prendre le chemin de l'horrible demeure des Black. Le propriétaire lui est encore plus odieux. Il les hait.
Réunion de l'ordre du Phoenix
Sirius ne put s'empêcher de demander à Hermione des informations sur les élèves de Serpentard. Il dut la manœuvrer pour qu'elle lui parle des filles, elle finit par cracher le nom d'Ann Low, une peste d'après Hermione, la chouchou de Rogue. Cela inquiéta Sirius, il n'avait pas envisagé la connexion entre Ann et Rogue. Impossible d'en parler à ce dernier. Il devait se garder de lui, dans ses paroles mais aussi ses pensées. Il se força à protéger ses souvenirs et fabriqua une fausse cavale dans les pays du sud à partir de souvenirs de jeunesse.
Rogue savait-il quelque chose ? Avec lui tout était si mystérieux. Lui avoir de l'intérêt pour Ann ? Sa si jeune Ann ? Pourquoi elle précisément ? Il pouvait être son père !
Rogue sentit sur lui le regard lourd de Sirius, il crut percevoir l'ombre d'Ann dans ses pensées, ce qui était impossible, et des flots de souvenirs grotesques l'assaillirent quand il sonda l'esprit de Black.
Sirius perçu une douceur incongrue dans le regard d'ordinaire froid de Rogue. L'instinct paternel le mit en éveil. Il savait pourtant que la seule personne à laquelle tenait Rogue était Lily...Ann ne ressemblait en rien à Lily...Sa fille était entre les mains de cette ordure, il était son professeur, le directeur de sa maison et... S'il posait la main sur elle, il le tuerait.
Black que me vaut ce regard meurtrier ?
Mais rien Severus hormis ta propension à torturer tes élèves, spécialement ceux que j'aime...
Je ne torture pas les élèves, s'ils travaillaient plus et écoutaient davantage, je n'aurais pas besoin de les punir et de passer mes soirées à surveiller des retenues !
Tu parles, le grand Rogue qui s'en prend à Harry, un gamin de 15 ans parce qu'il a reçu une raclée par le père
ça suffit Black ! Et toi tu te plais à te souvenir de ce que vous m'avez fait subir !
Tu joues la victime Severus mais je connais tes salles petits secrets !
je t'interdis! Comment oses tu me salir ! Jamais !
tu les aimes jeunes...
Sirius comprit qu'il avait touché un point sensible et qu'il avait profondément blessé Severus qui s'abattit à poings fermés sur lui, à l'ancienne. Il semblait hors de lui, émotionnellement. Les autres les séparèrent.
Molly était furieuse.
Sirius tu es fou, insinuer des choses pareilles!
C'est un mangemort et Dumbledore lui a confié nos enfants !
Tes enfants Black ? Jamais je ne te laisserais insinuer de telles choses, je te tuerais plutôt, sois en sûr !
Laisses aux autre la dignité offensée, tu n'en as plus depuis longtemps.
C'est le prisonnier d'Azkaban qui me parle ?
Sirius eut son air de dément qu'il avait parfois lorsque des pans de vérité qu'il était le seul à comprendre se révélait à lui.
Le destin lui avait volé ses amis, sa fille, son filleul, sa santé mentale, il avait confié à cet homme méprisable son bien le plus précieux, sa part d'innocence... Rogue qui se trompait toujours...
ton esprit si subtil Severus ? Tes déductions brillantes et tordues, toujours fausses, tu t'es toujours trompé Severus, toujours ! Tu es aveuglé par la haine, part ta propre faiblesse !
Tais toi...
La voie de Severus était basse, sifflante comme le reptile prêt à l'attaque.
Dans les jours qui suivirent, Sirius tenta de prendre des nouvelles sans succès. Il ne pouvait localiser le manoir. Snape était une huitre et le trio aurait trouvé son insistance bizarre.
Susan et Ann lui manquaient. Il était inquiet depuis que John était mort, elles étaient seules.
Il finit par envoyer un hibou. Il put les voir dans un lieu très isolé. Il proposa à Ann une balade en forêt sous leur forme animale. Il prit le pari qu'il la rattraperait même si elle prenait de l'avance. Elle s'élança avec joie. Enfin seul avec Susan, il lui demanda pour Rogue. Elle était surprise et très inquiète.
Les fils de Rogue se rapprochent d'Ann, j'essaie par tous les moyens de les stopper mais pour l'instant je n'arrive qu'à les ralentir.
As-tu assez de pouvoir ?
Je ne le sais pas mais je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour la protéger.
Susan, moi aussi…
Il l'embrassa tendrement, savourant cet instant volé au destin. Il s'élança dans la forêt.
Ils revinrent un moment plus tard, riant de bon cœur. Ils avaient été raisonnables car le temps était compté. Ann fut fatiguée et les leçons de chronomancie la fatiguèrent plus que d'habitude. Une migraine lancinance s'installa.
Année 1995-1996 : l'ordre du phenix
Dolores Ombrage devient professeur de défense contre les forces du mal.
Ann a quinze ans
Severus avait envie de quitter l'atmosphère étouffante du château et au harcèlement peu catholique de Dolores à son égard. Même Minerva s'interrogeait sur l'attitude du monstre rose qui semblait attirée par le maître des potions tel un papillon autour d'une flamme. Severus ne connaissait pas ses motivations mais l'aurait volontiers transformée en tas de cendres. Il surprit même quelques caricatures d'élèves le montrant marié Ombrage, le conte de la bête et ...la bête. D'autres dessins étaient plus obscènes. Ombrage d'une nature jalouse pris naturellement Ann en grippe. Cette dernière ne dût son salut qu'au fait qu'elle était trop accaparée par Potter pour pleinement s'attaquer à elle. Sans compter la vigilance de Severus qui habilement lui évitait toute détention.
Dolores en prit naturellement un jour ombrage :
Severus est-ce vraiment la place d'une élève que d'être assistante d'un enseignant ? Ses parents pourraient juger cela inapproprié...
Ses parents sont informés.
Mais elle reste seule avec vous des heures durant, on dit que parfois même tard dans la nuit...
L'art des potions est un art rigoureux et contraignant qui n'a que faire des racontars.
vous admettrez quand même Severus qu'au ministère on soit étonné de la situation.
Je ne pensais pas que le ministre de la magie s'occupait de mes assistantes. Si vous en avez terminé, je vais retourner surveiller mes chaudrons. La potion de véritaserum risque d'être gâchée si je ne la surveille pas correctement.
Ombrage ne put répondre à la menace. Mais elle voulait avoir le dernier mot.
Je suis dans l'obligation d'en informer le ministère.
Severus ne prit même pas la peine de répondre, sur un dernier regard noir des plus méprisants, il se retourna d'un mouvement sec tout en cape et robe et quitta les lieux à grandes enjambées.
Quand elle se retourna, elle vit au bout du couloir Ann. Elle l'observait, bien droite, indéchiffrable. Cette petite la mettait toujours extrêmement mal à l'aise. Elle se rengorgea et passa à côté d'elle en feignant de l'ignorer.
Les rapports de Rusard et de ses espions l'informèrent des activités suspicieuses de Potter et de ses amis. Ces vues sur le maître des potions s'en trouvèrent perturbées.
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Il était très compliqué de s'échapper quelques instants pour s'envoler dans la forêt interdite. Ann avait du mal et pourtant cela lui manquait tellement. Ses habitants étaient très agités, inquiets. Des groupes se formaient ça et là. Elle voyait Hagrid se promener et discuter avec les créatures magiques. Des mesures discriminatoires étaient en cours ce qui rendait beaucoup d'entre eux furieux contre les sorciers. La forêt serait bientôt interdite aux élèves.
Elle y vit également Rogue herboriser. Il était concentré sur sa tâche, coupant avec précision les tiges, les feuilles et les bourgeons. Soudain son regard se fixa sur elle.
J'aimerais tellement avoir des ailes. Si j'étais toi je m'envolerais loin d'ici.
Il se remit à marcher. Elle prit soin de rentrer à l'école par le chemin opposé.
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C'était la fin de l'automne et pourtant il avait déjà abondamment neigé. Il pénétra profondément dans les bois qu'il connaissait bien car ils renfermaient des plantes d'une grande rareté. Les créatures magiques se terraient par ce froid aussi il n'avait pas peur de faire de mauvaises rencontres. Une heure passa peut-être, le froid se faisait sentir, il resserra son manteau contre lui.
Il trouva une magnifique orchidée des neiges au cœur de sang et une rose des glaces au parfum suave. Des glands enchantés, des mousses ayant poussées au chant des centaures, et l'herbe de Licorne qui ondulait transparente en émettant une délicieuse mélodie.
Il perçu soudain comme l'écho d'une pensée, il leva la tête et vit une colombe posée gracieusement sur une branche de sorbier.
J'aimerais tellement avoir des ailes. Si j'étais toi je m'envolerais loin d'ici.
Cela doit être merveilleux de voler avec des ailes. Tenter la métamorphose avec une potion était dangereux. Il voulait partir, être enfin libre.
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Ann assistait toujours Rogue mais ce dernier, au fur et à mesure que l'année avançait était plus froid, plus sombre. Il quittait assez souvent l'école la laissant seule surveiller les potions et corriger des parchemins. La timide intimité qu'ils partageaient s'étiolait. Depuis son retour, sa présence n'était plus aussi réconfortante qu'auparavant. Elle écoutait attentivement ses conseils, suivaient les consignes mais elle devinait qu'il était ailleurs, de plus en plus loin.
Les exercices de chronomancie étaient fatiguant, sa santé chancelante. Elle devait ralentir le rythme. Devant son miroir, elle coiffait rapidement ses cheveux ternes dans un chignon bas. Son teint était tout aussi terne. Personne ne l'avait invitée l'année précédente au bal. Personne ne s'était aperçu de son absence…
Elle prit une potion contre les maux de têtes.
Mon père est mort aujourd'hui dans l'attaque du département des mystères.
Ma mère m'a dit qu'il lui était apparu un bref moment. Il lui a dit qu'il avait été heureux de nous connaître, qu'il nous aimait.
Mon père est quelqu'un de bien, un homme aux grandes qualités de cœur. J'aimerais consoler Harry mais je ne le peux pas. J'ai eu l'occasion de l'aider pendant le cours de potions où il s'est retrouvé assis à côté de moi parce qu'il était arrivé en retard. Il s'est fait tancer par Rogue mais il n'a pas été puni. Je lui ai fait discrètement passer mes notes. Il m'a souri timidement. Il n'est pas l'ado arrogant dont parlent Rogue et Malfoy. Nous avons discuté quelques minutes pour la première fois.
je suis désolé, je suis un peu distrait...
Tu as l'air malheureux...
Je viens de perdre quelqu'un qui m'était cher...
je comprends, mais il vivra toujours en toi, dans les moments de bonheur que tu lui as apporté.
Merci Ann
Je viens de perdre mon père alors je comprends
Je suis désolé...c'est dur, il avait tant de choses à vivre encore...c'était mon parrain.
Il devait être fier de toi
Je ne le méritais pas.
Ne dis pas cela
Il s'est sacrifié pour moi, je voulais qu'il vive, pour elle aussi...Il a dit Susan avant de mourir, je pense que c'est la femme qu'il aimait.
Elle lui cacha son trouble.
Qui l'a tué
Bellatrix Lestrange
Harry n'eut pas le temps de poser la question de comment elle connaissait ce détail.
Nous nous sommes souri une dernière fois. Rogue est revenu avec des ingrédients et le quotidien a repris ses droits. Harry se demanda pourquoi il était allé raconter cela à Ann Low qu'il connaissait à peine, une Serpentard qui plus est.
Ann observait sa mère alors qu'elle s'affairait sur un chaudron crachant des gerbes violettes.
Tu ne peux la tuer
cela me serait très facile
Non Ann, tu ne dois pas modifier le cours du temps. Tu dois te prémunir contre l'illusion du pouvoir, elle nous guette à chaque instant, tu dois la combattre.
Tu as raison mais il est dur de ne pas agir quand on sait qu'elle tuera à nouveau des innocents...
Maman tu as regardé ?
Oui.
Pourquoi maman ? *ça a rendu grand-mère folle. Tu ne dois pas le faire.
Je fais attention c'est promis.
Susan ne pouvait lui dire que c'est pour la protéger qu'elle voyageait le long des fils du temps. Le risque était de se perdre, comme sa mère avant elle. Comment contrôler toutes ses informations perpétuellement en mouvement comme un kaléidoscope infini. C'était comme se plonger dans le cœur des étoiles et des galaxies. Tellement de choses qu'elle ne connaissait pas encore, alors sans relâche elle explorait ces contrées étranges où tous les repères se brouillent, les certitudes s'effacent. Les fils du temps de tordent et s'élongent, les ondes comme des échos d'énergie traversent les fils du temps. C'est fascinant mais l'on oublie tout et l'on s'y perd. Sa propre réalité devient un rêve, une parenthèse dans ce long voyage où l'espace et le temps n'existent plus dans leurs linéarités. Elle se croise parfois elle-même habillée différemment, à un autre âge, elle se salue puis continue sa quête. Elle croise d'autres personnes, son père, sa mère, ses ancêtres chronomanciens. Les premiers à avoir franchi la limite du système solaire. Ils sont tous là. Et parfois d'autres visages inconnus, de futurs chronomanciens?
Les potions, de plus en plus puissantes protégeaient leurs corps durant ces explorations mais pas leurs esprits. Pour aller plus loin encore il fallait sans cesse fabriquer de nouveaux élixirs, complexes, lourds à assimiler pour le corps, difficile à concilier avec les manipulations du temps. Mais l'esprit comment le préparer à affronter tout cela? De longues discutions entre eux, pour faire part de ses sentiments, de ses envies, pour lutter contre l'illusion du pouvoir. Encore qu'aux confins du discernable l'âme du sorcier n'est plus qu'une particule de l'immensité et il est impossible d'avoir l'illusion du pouvoir !
Des formes d'énergie sont détectables mais peuvent-elles être utilisées par eux ? Certainement, mais il leur faudrait encore des générations pour le savoir. Des siècles avaient été nécessaires pour apprivoiser la lecture des fils du temps et des dimensions. Tout n'était pas maitrisé encore. Les vertiges infinis qui les coupaient inexorablement du monde.
Elle ne dit pas à Ann qu'elle était aussi allée aux confins du monde des vivants pour le voir lui. Elle avait suivi le chemin que les égyptiens appelaient le chemin d'Osiris peuplés de créatures étranges, à la limite de la vie et de la mort. Chaque jour, elle repoussait les limites pour lui, pour leur fille.
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Il reçut un mot d'excuse de Mme Pomfresh lui signalant qu'Ann était souffrante, un refroidissement qui l'empêcherait d'aller en cours pendant deux jours. Pendant que les élèves s'affairaient sur leurs chaudrons, il prépara un parchemin avec des indications pour qu'elle puisse aisément rattraper son retard. Il le confia à un élève de sa maison.
Il finit sa journée particulièrement ennuyeuse et retourna dans ses appartements. Sur le chemin il croisa l'élève en charge de remettre le parchemin qu'il avait encore sous le bras et qui loin de faire ce que l'on lui avait dit, devisait gaiement avec ses collègues. Il bondit sur lui et vit avec satisfaction la terreur s'inscrire sur ses traits.
- Vous n'avez pas remis le parchemin tel que je vous l'avais demandé ce matin.
L'élève n'osait même plus se défendre.
- détention M. Brown. Donnez-moi le parchemin maintenant.
Chaque syllabe prononcée comme des couperets tombant sur l'élève étourdi. Il se retourna d'une manière brusque et disparu en direction de l'infirmerie. Adam Brown avait eu le temps de voir un éclair de haine à son égard qui le fit frémir jusqu'au fond de son être.
Mme Pomfrey fut surprise de le trouver là et le guida vers le lit de la jeune malade. Elle le laissa rapidement pour s'occuper d'autres patients. Elle dormait. Il s'assit à côté et resta à la veiller alors qu'il aurait pu se contenter de laisser le document. Elle était plus pale que de coutume hormis les joues rougies par la fièvre. Un sentiment de protection à son égard se développait. L'idée de sa souffrance si insignifiante soit elle, lui était désagréable. Il se leva pour tirer le rideau et les isoler des autres malades. Il remarqua alors que personne n'était venu la voir.
Il créa un petit bouquet de fleurs de lynstant sur la table de nuit. Ce geste d'attention ne pouvait être déplacé, elle était si jeune. Elle ouvrit enfin les yeux et eut une brève surprise.
- Bonjour professeur
- Bonjour Ann. Mme Pomfresh m'a informé que vous étiez malade. Je vous ai apporté un parchemin avec les indications pour les cours que vous avez manqués.
- Merci professeur. ses yeux s'arrêtèrent sur les fleurs. Elle le regarda et il hocha la tête.
- Merci
Severus fut enveloppé par une fugace douceur. C'était chaud, doux, inattendu. Il n'avait aucune envie de la quitter mais plus d'une heure avait passé et il faudrait qu'il se rende au repas du soir.
- Je repasserais demain.
- Merci
Il croisa Poppy qui lui lança un regard de biais, interrogatif.
- Oui Poppy ?
- Severus, veuillez me rejoindre dans le bureau.
Au ton de cette dernière il comprit qu'il ne fallait pas objecter.
- Asseyez-vous.
- oui ?
- J'ai remarqué votre attitude envers Melle Low. Y-a-t-il une raison particulière ? Je ne pense pas qu'elle soit de votre famille.
- non, c'est une élève de ma maison.
- Severus, nous nous connaissons depuis suffisamment longtemps. Il ne faudrait pas que cette relation soit inappropriée, vous êtes un homme adulte et qui plus est un professeur.
- Poppy, elle n'a que 15 ans ! j'avais juste de l'inquiétude.
- Êtes-vous certain Severus ? Je suis dans l'obligation de prévenir le directeur.
- A vous entendre il serait un crime de prendre des nouvelles d'un élève malade !
- En effet, il n'est pas déplacé de prendre des nouvelles, mais...
- mais quoi Poppy !
- Severus, je ne vous ai jamais vu ainsi... Je vous crois et sincèrement je pense que vous êtes un homme droit, digne de confiance mais ce n'est pas le cas de tout le monde...
- Avez-vous entendu des rumeurs.
- non.
- Est-ce tout ?
- oui.
Il marcha dans les couloirs en réfléchissant à la situation. Il se doutait bien que son attitude inhabituelle risquait de susciter les interrogations mais voilà d'une part il ne souhaitait pas se priver de la compagnie d'Ann et d'autre part changer d'attitude du jour au lendemain pourrait accentuer l'impression qu'il cachait quelque chose. Montrer plus pour mieux se préserver, idée très intéressante et complexe pour l'espion qu'il était. Il retourna à son chevet dès le lendemain sans tirer le rideau. Il lui parla plus souvent aux yeux de tous. Rapidement les habitants de Poudlard acceptèrent pour un fait cette relation un peu plus privilégiée entre le taciturne maître des potions et la discrète Ann Low.
Chapitre le don de soi
Ann volait vers l'école quand elle aperçut Rogue transplaner devant la barrière de l'école, tituber comme un homme ivre avant de s'effondrer dans l'herbe.
Ann retrouva sans effort sa forme humaine et s'approcha sans bruit du corps secoué de légers tremblements. Des traces de sang apparurent sur la chemise que la redingote noire en lambeaux laissait visible.
Elle osa poser sa main contre sa poitrine sans exercer de pression.
Elle ferma les yeux n'écoutant que sa respiration haletante et les battements de son cœur qui cognaient fort. Les filets scintillants apparurent à la surface de sa main et glissèrent légèrement vers lui, ils l'entourèrent et pénétrèrent en lui.
Au fur à mesure un bien être comme il n'en avait jamais ressenti s'insinua en lui. Les douleurs physiques disparurent. Il ouvrit les yeux et il sentit comme un douceur en lui, quelque chose d'indéterminable mais d'absolument délicieux, pur et chaud, une sentiment de paix infinie. Il ouvrit les yeux et vit Ann penchée vers lui et cette lumière incroyable. Il ne ressentait à présent que des vestiges de la douleur que lui avait infligé le seigneur des ténèbres.
Ann ?
Elle sembla sortir d'une transe. Peu à peu les filaments de lumière se retirèrent de son corps et refluèrent vers sa main pour disparaitre totalement. L'obscurité de la nuit les entoura à nouveau ainsi que les bruits de la forêt.
Mu par ses réflexes d'espion Severus la tira avec lui bien derrière les barrières de l'école en sécurité. Constatant qu'il ne saignait plus et qu'il pouvait marcher il maintient sa prise sur son bras et l'obligea à le suivre en direction de l'école.
Ann que faisiez-vous à la limite de l'école en cette heure tardive.
J'ai marché sans me rendre compte que je m'étais éloignée si loin dans le parc.
Vous n'êtes pas autorisée à sortir après l'heure limite. Vous serez en retenue avec moi.
Bien professeur.
Il ne dit plus rien jusqu'au donjon.
Elle s'apprêtait à regagner la salle commune de serpentard quand il la poussa par surprise dans une salle de cours. Elle le vit installer de puissants sortilèges de silence.
Ann qu'est-ce que c'était ?
Je ne sais pas, c'est la première fois que cela se produit.
Avez-vous des dons de guérison ?
Non professeur.
Alors comment ?
Je ne sais pas…
Ils se regardaient, déroutés par cet élément imprévu.
Je vous demande de ne jamais parler de ce qui s'est passé ce soir.
Oui professeur.
Il lui prit la main. Elle était étrangement douce et chaude. Sans le vouloir, il caressa la paume et un filament émergea de celle-ci pour caresser sa main en réponse, la sensation était exquise. Ann avait pali. Non, elle ne pouvait lui mentir en cet instant.
Il se força à mettre fin au contact.
Ann regardait sa paume, elle semblait aussi étonnée que lui. Etonnée et apeurée. Une douleur aigue lui traversa le crâne déclenchant une migraine.
Ann vous pouvez regagner votre dortoir.
Elle hocha la tête et regagna calmement sa chambre en dissimulant la douleur qu'elle ressentait. Elle prit des potions.
C'était bien plus qu'un sort de guérison, il le savait, il le sentait, il prenait place en lui, revitalisant ses cellules, chassant toute trace de douleur. Plus encore, cette magie avait combattu avec succès la magie noire.
Chapitre : la rumeur
Mais on ne pouvait empêcher les adolescents de créer des rumeurs basées sur leurs fantasmes les plus fous. La grande question était de savoir quelle était la nature exacte de leurs relations. L'avait-il ensorcelée, l'avait-il soumise à l'imperium ? Se livrait-il des à des actes condamnables dans les tréfonds de son laboratoire. Ou était-ce elle ? cela paraissait inconcevable car qui pourrait aimer la vieille chauve-souris ? L'horrible professeur des potions, même chez les serpentard cela était inconcevable.
Aussi Ann qui ne s'attendait pas à recevoir beaucoup d'attention de la gent masculine ne fut pas surprise qu'aucun garçon n'osa l'approcher au fil des années de sa scolarité.
Un jour, il était en train de s'acharner sur des copies de 6eme année plus mauvaises les unes que les autres. Elle prit la théière et lui prépara un encas qu'elle vint discrètement déposer sur le bureau. Il la retint avant qu'elle ne s'éclipse tout aussi discrètement.
Merci Ann
Il se sentait bien tout à coup. Cette sérénité qui s'installait dès qu'elle entrait dans la pièce, cette douce chaleur qui l'enveloppait dès qu'elle lui transmettait le don de soi, il avait cherché le sens de ce lien et l'avait trouvé, du moins il le croyait. Le don de soi, si rare si peu documenté. C'était devenu une drogue auquelle il avait du mal à résister quitte à franchir la ligne rouge. Il sentit une résistance et consentit à la libérer. Le don de soi puisait dans son énergie, elle semblait fatiguée tout à coup.
Une magie ancienne, puissante, profonde. Lily l'avait utilisé en se sacrifiant pour sauver Harry, Ann l'utilisait pour...lui. Il avait de l'affection pour elle, de la reconnaissance sans aucun doute. Mais il ne l'aimait pas.
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Il n'avait pour le moment qu'une envie, goûter à nouveau à cette exquise sensation...
Le cours de potions était fini. Les élèves s'étaient empressés de quitter la salle après une séance particulièrement éprouvante, en effet, il n'avait plus de patience et le désir le tenaillait. Chaque mot échangé, chaque regard perdu et la punition tombait avec la précision de la langue acérée du professeur au visage encore plus raide que d'habitude, son regard noir crépitait.
Seule elle demeurait à présent dans la classe, assise à son bureau, bien droite mais comme toujours sans affectation.
Pouvait-elle le savoir ?
Il s'était approché sans même s'en apercevoir. Elle dut lever la tête pour le regarder, avec à peine l'ombre d'une émotion.
Il tendit la main et il sut qu'elle avait compris. Comme par enchantement les bribes de lumière se mirent à scintiller à la surface de sa peau et il les observa alors qu'elles se dirigeaient vers lui flottant et tournoyant. Ce fut encore plus délicieux et apaisant que la dernière fois.
Il pouvait aussi l'observer elle; elle se contentait de fixer le bureau devant elle. Elle semblait en transe, dans un autre monde.
Un bruit du côté de la porte fit cesser le contact.
Minerva entra
Severus, vous voilà
Elle s'interrompit en voyant Ann Low, cette élève dont elle ne se souvenait qu'avec peine du nom. Severus vit comme extérieur à la scène, Ann Low se lever s'incliner poliment devant lui en le remerciant et quitter la salle sans la moindre émotion comme s'ils n'avaient échangé qu'une bibliographie quelques secondes plus tôt.
Il dut se concentrer sur la demande de Minerva à propos du Quiddich. Pouvait-elle seulement suspecter à quelle point elle le saoulait ? Il n'avait que faire de cela. Malgré tout le respect qu'il avait pour Minerva et il était grand, comme il déplorait à cet instant ses faibles dispositions pour la légitimencie...
Fliwick se présenta également à sa porte et il sut que sa journée était gâchée.
Chapitre : dans le cou d'Ann
Elle se penchait sur le chaudron. Le col de sa robe s'écarta révélant quelques centimètres de peau à la racine des cheveux qu'elle avait remonté en chignon. Une peau claire et soyeuse. Il fut traversé du désir violent de toucher cette peau.
Il stoppa son geste et referma les poings. Crabbe qui se trouvait ce jour-là être le partenaire d'Ann voulant par-là grappiller quelques points dans son océan de nullité, se mépris totalement sur le sens du regard enflammé, des joues empourprées et du poing de son professeur. Il en renversa la totalité de la fiole dans le chaudron avec les conséquences que l'on imagine.
triple idiot !
Crabbe n'aurait pas été un serpentard qu'il aurait laissé le flot d'injures se déverser.
Vous allez rester nettoyer tout ça. Non en réfléchissant, il allait plus tôt lui faire écrire quelques parchemins.
Ann vous resterez nettoyer la classe, vous causerez moins de dégâts.
Ce n'est pas juste !
Taisez-vous miss Granger. C'est cela où j'enlève 19 points à Griffondor.
Autant dire que ses collègues la lâchèrent.
Oui professeur
Il savait lui qu'elle est la responsable de tout cela.
Quand à vous M. Crabbe vous allez rédiger deux parchemins sur les propriétés de l'antimoine lunaire
Il mis fin au cours et attendit de se retrouver avec Ann. D'une simple incantation il mit fin au désordre. Elle demeurait impassible à son bureau. Elle le regardait toujours avec ce calme olympien si étrangement décalé pour une élève de 15 ans.
Il jeta un sort pour qu'on ne puisse les observer ni les écouter à leur insu.
Je voulais travailler avec vous sur cette potion et que vous ne subissiez pas les conséquences des erreurs crasses de votre voisin.
Merci professeur.
Il lui désigna les ingrédients sur une table dans un coin de la pièce et alluma un feu sous un chaudron. Elle se mit au travail d'une main sure. Il lui prodiguait des conseils sur comment couper la graine du cactus cracheur, la manière de comptabiliser la demi-goutte d'antimoine lunaire et l'art de manipuler la rate de l'anguille des Sargasses. Elle se pencha sur la minuscule rate dévoilant inconsciemment à ses yeux le cou qui l'avait tant bouleversé plus tôt. Il fut à nouveau attirer et se pencha sur elle. Elle sentit son souffle chaud dans son cou. Elle stoppa son geste.
Ne vous arrêtez pas, sinon la potion va se corrompre...
Sa voix au timbre si particulier s'enrichit d'une nouvelle note, plus chaude, plus profonde. Il posa ses mains sur les siennes avec une infinie douceur et les guida. Elles restèrent plus longtemps que nécessaire. Quelque chose de très doux se posa au creux de son cou et elle frissonna.
Elle se tint aussi immobile que possible. Il fallait à tout prix qu'elle cache ce qu'elle ressentait, entre l'émoi et la haine pure d'être traitée comme un objet que l'on utilise sans conscience. Il ne donnait rien mais prenait tout, toujours plus.
Il mit fin aux charmes qui les isolaient du reste de l'école. Elle quitta silencieusement la pièce comme à son habitude et personne n'aurait pu suspecter quoi que ce soit. Elle ne l'avait pas repoussé. Il venait de braver un des plus grands interdits, toucher sensuellement une élève, de 15 ans et il n'avait pas l'ombre d'un remord. Si jamais elle en parlait il serait renvoyé, cela anéantirait toute sa mission...Il n'avait pas la moindre peur, jamais elle ne le trahirait.
Ann était coupée en deux, anéantie. Elle n'avait pas protesté et elle mentirai à sa mère. Elle avait honte de ce qui se passait. Elle avait été avertie. Elle venait de trahir son père et sa mère.
Elle n'avait pas protesté.
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Il passait ses rares moments à lui à repenser à ce délicieux baiser sur la peau douce. Il n'avait jamais touché ainsi, ni durant ses années à Poudlard ni après. Il avait connu les femmes en tant que Mangemort puis lors de rares étreintes tarifées. Toutes sans âme et combien insatisfaisantes pour un cœur épris d'absolu comme le sien. Il voulait un amour inconditionnel, consumant tout, la fusion parfaite de deux âmes. Lily l'avait traité avec bienveillance et une amitié sincère mais rien n'approchait ce qu'il venait d'expérimenter. Un désir intense de possession. Il adorait l'image d'eux, penchés dans une attitude équivoque sur un chaudron. C'est inapproprié et pourtant il aimait cela. Elle n'avait pas protesté. Elle savait ce qu'il faisait et elle n'avait pas protesté.
