Un nouveau chapitre, bonne lecture !
Les disparus
Je regardais ma mère s'éteindre lentement. Elle m'avait appelée quand elle avait compris qu'il n'y avait plus d'espoir.
- Pardonnes moi ma chérie de te laisser mais je n'ai pas pu m'empêcher de vouloir le sauver, de vous sauver…
- Maman!
- Je ne veux pas te laisser seule !
Elle pleurait en silence.
Je n'ai pas été assez forte, j'ai eu beau l'appeler, je n'ai pas pu le faire revenir, pourtant il voulait revenir. Il faut que tu sois forte. Soit prudente avec la chronomancie. Elle ne t'apportera que du malheur si tu essaies de la contrôler. Si le danger te menace, brûle tout. Personne ne doit savoir. Ann méfie-toi de Rogue, son fil du destin refuse de te laisser. Dans un an tu seras majeure, nous t'avons laissé assez de biens pour que tu puisses choisir la vie que tu veux. Tu dois détruire tout ce qui se rapporte à nos secrets. Promet le moi ! Je veux que tu sois heureuse ma petite fille, il faut que tu sois forte. N'essaie pas de modifier les fils, cela aspire toute notre magie. Les récits nous mentent ma chérie…brûle tout !
Elle s'est arrêtée de parler. Elle est morte en me regardant. Elle avait l'air si triste.
Le monde s'est soudain écroulé autour de moi. Ma maman est morte en essayant de nous sauver. Elle a haït la chronomancie, je le sais…A quoi sert tout ce savoir si l'on ne peut protéger les gens qu'on aime ? Tous ces sacrifices vains qui nous condamnent à être toujours seul… j'ai transporté le corps de ma mère au tombeau de ma famille. Elle semblait dormir, elle paraissait si jeune à présent. Le caveau s'est ouvert à notre approche et l'a accueillie en son sein. J'aurais voulu la retenir. Quand la lourde pierre a repris sa place j'ai compris que c'était irrémédiable, ma maman était morte.
Je suis rentrée au manoir silencieux et morne. Je vais dans la chambre de ma mère pour m'accrocher à sa présence. En m'asseyant sur son lit, je remarque une pile de lettres sur son bureau. Je reconnais l'écriture. Sirius lui a écrit, souvent, après son départ.
Quand je finis la première lettre, je pleure sans pouvoir m'arrêter. Il voulait revenir vivre avec nous, avec Harry, pour que l'on forme une famille, il disait qu'il nous aimait…Il rêvait de Susan, de cette vie qu'il avait goutée auprès d'elle, de ces quelques mois de bonheur. Il voulait qu'Harry et moi nous soyons comme frère et sœur…
Tout était mort à présent, cet espoir de bonheur futur. Une violente migraine me cloue sur place. Je décide de regagner ma chambre pour me reposer.
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Mon ami John
J'aimerais bien revoir John, un ami moldu. Il habite Londres, il est médecin. Je me suis rendu plusieurs fois à son appartement pour diner et discuter. C'est l'autre monde, celui où je ne suis plus un mangemort, un assassin…
Oui il faut que j'aille le voir. Je me rappelle petit quand nous jouons au foot dans le parc. Il est brun comme moi, nous aurions pu passer pour frère. Oui cela fait longtemps que je ne pas allé le voir. Je me demande comment il va, s'il s'est trouvé une copine.
L'adresse me revient, oui, il faudra m'y rendre.
Je me réveille désorienté, il est encore tôt mon premier cours n'est que dans deux heures. J'ai envie de quitter Poudlard.
Un petit tour dans le Londres moldu me ferait le plus grand bien.
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Retour à Poudlard
Un hibou arriva de Poudlard. Rogue m'informait qu'étant mineure et sans parent connu, je serai sous la protection de l'école durant l'année à venir. Je restais une journée de plus à lire quelques papiers transmis par Gringotts, ils m'indiquaient que je ne pouvais disposer d'aucune ressources hormis le paiement de Poudlard. Je ne manquais matériellement de rien, ce n'était donc pas un problème.
J'étais totalement désorientée. Je rentrais à l'école en passant par le réseau des cheminées. Les autres élèves me montrèrent de la sympathie et furent discrets.
Rogue me prit en entretien. Il était chargé plus particulièrement de mon cas étant mon directeur de maison. Dumbledore ne trouva pas de temps pour me recevoir..
Le quotidien ne changea pas, ce qui me rendait encore plus difficile la situation. Les premiers mois j'oubliais facilement qu'elle n'était plus là. Souvent je lui parlais comme si elle était juste à côté de moi. Elle avait été tout mon univers jusqu'à présent.
J'ai cessé de m'entrainer à la chronomancie le jour où elle est partie. Je ne pouvais lui pardonner de m'avoir pris ma mère et de ne pas avoir sauvé mon père. C'est absurde peut-être mais c'est ainsi.
Le don de soi a continué à se développer comme une plante aux racines toujours plus longues et complexes, puisant dans mon âme et lui offrant une source de magie blanche d'une pureté sans pareille, d'une beauté surnaturelle. L'arrêt de la chronomancie a eu pour principal effet que ma santé s'est rapidement améliorée et ma magie s'est développée sans entrave indifférente à mes sentiments. J'avais régulièrement des migraines, j'étais suffisamment avancée en potion pour me préparer des calmants. Mon âme est entrée en sommeil, j'errais dans les champs mornes de mes journées. Si j'avais su ce que ces années allaient être, peut-être que je ne serais jamais retournée à l'école. Mais l'on ne sait jamais, même nous les chronomanciens ne pouvons nous prémunir contre les fils du destin. J'avais promis à ma mère d'être forte. Alors je suis demeurée parmi eux, avec seulement lui, à mes côtés.
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Elle à la plage
Il fait chaud, le ciel est d'un bleu azur comme il n'en existe pas en Angleterre. Le sable est brulant, je le sens à travers mes fines espadrilles. Je suis en retard de plusieurs heures. Je n'ai pu résister à l'invitation de Lily mais je le regrette à présent. En se tient dos à moi. Je ressens un profond désir pour elle. Son chapeau me dissimule son visage et pourtant je sais qu'elle m'a attendu. Des enfants et des adolescents jouent plus loin. Comment réagira-t-elle ? Elle doit m'en vouloir. Je suis soulagée qu'elle ne soit pas partie. Je m'avance, mes pieds s'enfoncent dans le sable. Elle se retourne mais à contre jour je ne vois pas son visage.
Elle semble me parler mais j'ai du mal à entendre, sa voix est couverte par le bruit de la mer, des mouettes et du vent.
- J'arrive ma chérie, attend-moi !
Je me réveille avec l'odeur de la mer dans les narines. J'ai de la fièvre. Je prends une potion puissante qui me fera dormir jusqu'au matin. C'est absurde, je n'ai jamais eu de rendez-vous avec Lily à l'âge adulte ni de copine m'attendant sur la plage. C'est absurde mais si mon esprit rejette cette image mon corps lui refuse. Comme les fois précédentes où je rêve de cette fille, le désir me vrille les reins. Elle est présente depuis longtemps dans mes rêves, fée de mon enfance, tour à tour enfant ou femme. Compagne secrète de mes nuits solitaires, je pensais à elle dans le noir espérant qu'elle vienne me chercher et m'emmener loin d'ici, vers cet ailleurs où je ne suis pas seul.
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Bureau de Severus Rogue
Il me pressait si fort contre lui, à me broyer, et pourtant entre les murs de mon esprit il ne régnait que la solitude et puis cette migraine qui revenait, chassant chaque pensée, me tourmentant jusqu'à la nausée. Dès ces instants-là j'aurais dû fuir, partir, mais pour aller où ? La magie m'a trahie à chaque fois alors que le don de soi me poussait inexorablement à rester auprès de lui malgré la souffrance.
Depuis mon retour à l'école, je sentis que l'ambiance avait changée. Il était plus tendu encore, toujours sur le qui-vive. Dans les premiers jours, il me laissa tranquille mais par un jour banalement ordinaire, il partit et revint des heures plus tard pouvant à peine tenir sur ses jambes. J'étais dans le labo en train de surveiller quelques potions. Je vins à sa rencontre et il me tomba presque dessus. Son souffle n'était plus qu'un râle sourd. Alors que je l'aidais à s'assoir sur le fauteuil du bureau, une lumière blanche sortit de mes mains et l'enveloppa, je sentit de la fatigue et un début de migraine mais lui guérit sous mes yeux. Sa souffrance fit place au soulagement et très vite le masque se remit en place.
- Pas un mot de ce qui vient de se passer, à personne.
- Oui professeur.
Il prit mes mains, une faible lueur entoura les siennes. Il ne put totalement cacher un sentiment agréable.
Nous n'en parlâmes plus jusqu'à une autre de ses sorties hors de l'école où il revint une nouvelle fois blessé. Il me fit appeler et en me regardant, il me tendit ses mains froides et dures. Et comme la première fois, le lien se fit, plus fort encore et il guérit. Il ne semblait pas vouloir les lâcher. Cela se répéta plusieurs fois, et chaque fois il m'attirait un peu plus près, plongeant son nez dans mes cheveux, dans mon cou. Je restais comme statufiée, alors que ma magie se donnait à lui, dans une lumière irréelle, elle avait pris des nuances irisées comme les pétales des fleurs de Lynstant quand elles s'ouvrent au crépuscule et exhalent le nectar des fées. C'était si incroyablement beau, si extraordinairement incongru dans ce bureau. Il se laissait emporté par cette sensation exquise alors que le contact me laissait épuisée et nauséeuse. Mon sang battait dans mes tempes et de derrière mon crâne jusqu'au front des pics de douleurs me vrillaient le cerveau. Je concentrais la potion calmante au fur et à mesure que la douleur s'intensifiait. Il ne le voyait pas car il fermait les yeux, sa bouche entrouverte dans une étrange posture d'abandon. J'avais mal, tellement mal.
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Le déshabillé de soie rose
Je me réveille dans notre chambre au manoir. Son déshabillé de soie rose traine tout chiffonné sur les draps. Nous avons fait l'amour plusieurs fois. Je caresse de tissu délicat. Je n'entends pas de bruit, elle a du descendre. Je paresse encore un peu.
Je ne quitte la chaleur du lit que pour prendre une douche et je descends le majestueux escalier baigné de lumière pour la rejoindre dans la cuisine. Elle me tourne le dos. Ses cheveux sont remontés en chignon. J'ai envie de la toucher encore. Je me penche dans son cou pour le couvrir de baiser, je sens son sourire. Je me colle à elle.
- Je dois partir Severus
- Je ne comprends pas le sens de ses paroles.
- Je dois partir Severus. C'est ainsi. Tu as Lily, j'espère que vous serez heureux.
- Sa voix est lointaine, désincarnée.
- Non !
Au moment où elle se retourne, je me réveille. Je goute le sang dans ma bouche, je me suis mordu la lèvre.
Le manoir baigné de lumière, leur chambre, l'amour, tout avait l'air si vrai. Il sent dans ses membres une douce torpeur. Elle est partie à jamais.
Il tremble d'une angoisse particulière, ces rêves étranges qu'il qualifie de ridicules, il ne veut pas les perdre. Cette autre vie où elle l'aime. Ce n'est pas Lily pourtant. Il sait que ce n'est pas Lily. Cette femme qui sait tout de lui et qui l'aime n'est pas Lily.
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Depuis qu'Ann me guérit de mes blessures la marque des ténèbres s'efface peu à peu, elle s'éclaircit et commence à s'estomper. Je ne connais pas de guérisseur aussi puissant capable de combattre un sort de magie noire du seigneur des ténèbres, aucun d'entre nous n'a pu s'en débarrasser à part se couper le bras.
Personne ne doit jamais savoir ni même soupçonner ses dons.
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Un jour, il vint sous un prétexte quelconque me chercher jusque dans la salle de classe de McGonagall qui en resta interdite et s'enferma avec moi. J'avais tellement honte. Il me tira brusquement à lui et se nourrit de moi. J'étais sans réaction. Il était faible pourtant, blessé, j'aurais pu résister et m'enfuir. Mais inexorablement le lien m'appelait…Je savais qu'aucun sort ne sortirait de ma baguette. Le don de soi m'empêchait de tenter quoi que ce soit. Pourtant il n'y avait rien entre nous, même pas une amitié. Juste ce secret et ce lien incompréhensible. Aucun professeur, aucun élève ne parla. Ils ne pouvaient l'ignorer pourtant. Des lâches, ce n'était qu'une bande de lâches.
Je sais qu'il fait des recherches, combien de livres traitant des liens magiques ont trainé sur son bureau ? J'ai fait des recherches de mon côté, mais seuls les liens amoureux ou filiaux sont assez forts. Nous ne cochions aucune des deux cases. Un seul exemple, une seule piste, deux âmes sœurs, parfaitement complémentaires…Est-ce pour cela que j'ai accepté cette situation, que je suis restée ? Pour ne plus être seule ? Je sais pourtant que je ne suis pas son âme sœur ! Est-ce pour cela que cela me fait si mal ?
Telle une somnambule je traversais les semaines, tout semblait plongé dans le brouillard. Ma vie avait perdu ses repères, plus de parents, pas d'amis et tout ce qui avait fait partie de ma vie, la chronomancie, mes recherches, tout était couleur de cendres. Mes anciennes ambitions me paraissaient bien dérisoires, inutiles, grotesques. Aller dans les étoiles ? Je n'étais même pas capable de quitter les donjons.
- Maman, pourquoi es-tu partie ? j'ai tant besoin de toi.
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Tu n'es pas là
Je suis sur la plage, je sais où je suis, en Italie. Le soleil est éblouissant, il va bientôt se coucher.
Tu n'es pas là, ma compagne de toujours, tu n'es pas là.
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Les propriétés des fleurs de Lynstant
Aujourd'hui nous travaillons sur quelques potions assez avancées, dont une m'intrigue particulièrement car elle traite d'un sujet qui me passionne : les fleurs rares et tout particulièrement les fleurs de Lynstant. Je me concentre car la préparation est minutieuse et délicate. Quand enfin il couvre le chaudron d'une cloche magique car elle doit infuser encore plusieurs heures, je lui pose des questions sur les propriétés très particulières de ces fleurs. Il me répond avec passion comme toujours sur ce thème et m'indique une publication. Je vais dans son bureau mais je ne trouve pas trace de cet ouvrage. Il vient un brin agacé et se rend à l'évidence, l'ouvrage n'est pas là.
Alors qu'il commence vraiment à s'énerver, il est appelé par le directeur.
C'est dommage j'aurais bien aimé consulter cet ouvrage. Je vais à la bibliothèque où je croise Granger comme d'habitude, je demande la référence à Mme Pince mais cette dernière m'indique qu'elle n'existe pas. C'est dommage. Il a du se tromper.
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Ce fut en juin, je crois, qu'il franchit, je devrais dire que nous avons franchi le pas d'où on ne revient jamais en arrière. Il était rentré tard, et je compris dès qu'il pénétra dans le labo ce qu'il attendait de moi. Il n'était pas blessé physiquement à ce qu'il semblait. Il m'attira contre lui et ma magie l'entoura d'une chaleur douce. Il m'entraina brusquement vers le canapé et s'y allongeât en me serrant contre lui. Ce fut la première nuit que je passais avec lui. Il me serrait très fort mais ne dit pas un mot. J'étais dos à lui, toute habillée de mon uniforme et du tablier du labo, fixant la table et les chaises sans rien voir. Je sentais les liens vibrer doucement émettant une musique mystérieuse et. délicate. Ma magie me quittait, bien qu'allongée j'avais un sentiment de vertige. A un moment, il appela une couverture. Je finis par dormir d'un mauvais sommeil, peu naturel qui me laissa très désorientée. Je ne songeais qu'à regagner ma chambre. Je dormis encore pourtant. Quand je repris mes esprits il était plus de midi. Un mot de sa part flottait devant moi. Il m'avait excusé auprès des professeurs pour les cours de la journée. Je me forçais à diner dans la salle commune. Il ne me regarda pas et discuta avec le directeur. Personne ne fit de remarque.
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La valse
Nous tournoyons encore et encore au son du lac des cygnes, les flocons magiques scintillent autour de nous. Nous sommes comme seuls dans cette immense salle et je fixe le ciel magique piqué de milliers d'étoiles comme celles qui scintillent dans la chevelure de ma cavalière.
- Lily ?
Je ne vois que son dos alors qu'elle s'arrache à mon étreinte.
- Je ne suis pas elle !
Un murmure plus cinglant qu'un cri me déchire le crâne, la douleur manque me mettre à genoux.
Je me réveille, Ann git inconsciente dans mes bras, épuisée par le don de soi.
Je me prépare pour mes cours, le mal de tête n'a pas totalement disparu mais j'ai l'habitude, depuis toujours c'est ainsi. Je prépare un mot d'absence.
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Mes notes étaient moyennes mais maintenant je ne faisais plus semblant. Je me transportais d'un cours à l'autre comme une automate. J'avais des problèmes de concentration et j'avoue que la plupart des cours m'ennuyaient, même les métamorphoses. Le seul cours qui me plaisait était la botanique. Le professeur Chourave avait une bienveillance chaleureuse à toute épreuve. C'est la seule dont j'ai parfois surpris un regard doux posé sur moi. J'aimais la chaleur des serres et les odeurs des plantes, leurs couleurs, plus fortes que tous les gris de ma vie, pas de mot, pas de pensée, juste la sensation de la vie.
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C'est plus facile de ne rien voir quand on regarde ailleurs. Slugghorn a consciencieusement regardé ailleurs comme les autres professeurs. Personne n'a cherché à savoir. Ils devaient pourtant être informés que je ne passais pas toutes mes nuits dans ma chambre ? Que les raisons apportées par Rogue pour me chercher jusqu'au milieu des cours ne valaient rien ? Qu'une ado orpheline a besoin de soutien ? Pas dans le monde magique apparemment.
J'ai appris que l'on m'avait donné un surnom : le zombi. Il est vrai qu'avec le recul je me suis demandée si je n'avais pas été victime d'un puissant sort d'imperium car telle une automate je me vois le rejoindre, chaque fois au moment opportun. Ma magie est comme une drogue puissante pour la sienne. Il demande toujours plus, toujours plus souvent.
J'ai souvent la migraine, parfois quand je le rejoins j'ai tellement mal que je vomis. Ayant accès à son laboratoire, je me prépare des potions calmantes. J'ai beau augmenter les doses, rien n'y fait vraiment. Est-ce un sort de magie noire ? Je sais que c'est impossible, ce que je vois quand le lien jaillit entre nous est trop beau et trop pur pour être le fruit de la magie noire.
L'amortientia a son odeur à lui, un mélange de plantes, de musc et de quelque chose d'indéfinissable qui n'appartient qu'à lui. Je me demande quelle odeur a l'amortentia pour lui ?
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La marque des ténèbres s'estompe peu à peu, les appels de l'autre ne provoquent plus de douleurs, juste une sensation désagréable.
L'image dans le miroir a changé aussi, mon visage semble plus beau. Je vais devoir mettre un glamour pour que personne ne remarque la différence.
L'amortentia a l'odeur d'Ann et des fleurs de Lynstant. Je croyais que c'était l'odeur des lys, mais c'était l'odeur des fleurs de Lynstant. Mme Pince m'a dit que la référence du livre sur ces fleurs n'existe pas, c'est absurde, je me souviens très bien l'avoir lu.
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L'autre homme
Quand je regarde dans le miroir, c'est un autre homme qui me regarde. Les marques de son visage ont disparu. Il a l'air sur de lui, charismatique. Une pointe d'ironie moqueuse se mélange à l'arrogance des puissants, des nantis. Combien je les hais, combien je les envie.
Je me réveille une nouvelle fois de ces rêves étranges. Mais cette fois quand je regarde dans le miroir, il me regarde d'un air étonné, qui de nous deux est le plus surpris de découvrir le reflet du miroir ?
Le glamour fonctionne, personne ne doit savoir ce qu'il cache.
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Une chaude journée d'été
Je rêve souvent que je suis dans une prairie. C'est l'été, il fait chaud, je suis baigné de lumière. Je suis en train d'herboriser en simple chemise, pantalon léger et sandales. Les herbes caressent mes chevilles. Je cligne les yeux. Les pollens et dentelions volent dans la brise. Un garçonnet de 7 ans peut-être se plante devant moi. Il est un mélange dérangeant de Black et moi.
- Père, dis à Emy de me laisser tranquille quand je participe à la récolte des ingrédients !
Il se tient bien droit, un petit moi dans l'attitude.
Un petite fille tenant un bouquet de fleurs gambade vers nous dans une robe à fleurs roses.
- Je ne suis pas votre père !
Le garçon me regarde avec colère, il retient visiblement ses larmes.
- Papa !
Il disparait comme les souvenirs dans la pensine dans une brume grise. En me réveillant, j'ai encore distinctement la caresse des rayons du soleil sur ma peau et l'odeur de la prairie dans mes narines. Un profond désespoir me tenaille. Je les ai perdus, ils ont disparus.
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Ce soir il est rentré de je ne sais où, il ne m'en parle jamais, mais j'ai bien vu qu'il était pâle comme la mort. Il s'est dévêtu devant moi avec brusquerie. Son torse était couvert de blessures sanguinolentes, un vrai champs de bataille. Il m'a tiré à lui m'arrachant mon uniforme, me laissant avec ma blouse. Ce fut une explosion de lumière, c'était magnifique. Il fut entièrement enveloppé par ce cocoon. Tout contre lui, je vis que les liens magiques coulaient le long de son corp comme des mains caressantes. Il gémissait de soulagement et de plaisir.
Il déposa ses lèvres dans mon cou et émit un gémissement très rauque. Je me mordis les lèvres, pour moi c'était glacé et tout devint noir. Juste cette douleur familière qui fut cette fois tellement forte qu'elle m'envoya dans l'inconscience. Juste avant que tout ne devienne noir, il m'a semblé qu'il avait un autre visage, plus jeune, plus beau, sans doute le délire causé par la douleur.
Quand je me réveillais, j'étais seule dans son lit. Il faisait jour. Alors que je tentais de me mettre en position assise, je sentis une immense fatigue et une douleur intense dans la nuque.
Un elfe apparu et me sourit.
- Mademoiselle doit prendre une collation et les potions disposées sur le plateau. Ordre du professeur Rogue.
- Merci.
L'elfe radieux me salua et disparu.
Je mangeais de bon appétit et pris les potions que je reconnus sans difficulté. Des potions pour revigorer le corps et la magie.
Il vint plus tard. Il avait l'air en forme, nulle trace des évènements subit plus tôt dans la nuit.
- Comment vous sentez vous ?
- Fatiguée.
- Vous avez utilisé beaucoup de magie. Il faut vous reposer encore deux jours et cette fin de semaine.
Il ne me donna pas plus d'explication.
- Vous pouvez retourner dans votre chambre.
Je fus congédiée ainsi sans un mot. Jamais il ne faisait référence au don de soi. J'avais utilisé beaucoup de magie. Je m'étais évanouie, réveillée dans son lit. Je devais retourner dans ma chambre. J'étais réduite à l'état d'accessoire.
Je m'habillais une fois qu'il fut sorti et rentrais par les couloirs. Personne ne me demanda rien. Quand je suis retournée dans la grande salle pour le diner, les autres élèves de serpentard firent comme si je n'avais jamais été absente. A la table des professeurs, le directeur était absent comme souvent à présent. Rogue fit un hochement de la tête en ma direction. Je n'en comprenais pas trop la signification. Ils parlaient tous du club du professeur Slugghorn. Un serpentard n'était pas serpentard s'il ne voulait pas en être. Je n'y fut pas conviée. Je m'en foutais.
Cette année-là, Harry Potter nous surpassa tous en potions. J'aurais dû être étonnée. Je m'accrochais pour ne pas me perdre et finir ma scolarité. Des journées entières s'écoulaient sans que je ne parle à personne, de vagues bonjours. J'avais du mal à répondre en cours. Les mots refusaient de sortir de ma gorge pour quoi que ce soit. Je me forçais à sortir dans le parc, à marcher, à bouger. J'avais l'impression que mon corps se transformait en pierre et que mon cerveau ralentissait. Je m'endormirais ainsi pour toujours. Parfois je l'espérais.
La psychologie n'est pas le fort du monde sorcier. Les moldus appellent cela une dépression je crois. En y repensant, psychologiquement parlant, je n'étais ni un cas isolé ni même un cas grave parmi les habitants de Poudlard. Je croisais par hasard Malfoy qui semblait à tout moment vouloir se jeter d'une fenêtre sans balai, Harry collait Slugghorn, c'était répugnant, incompréhensible, et le directeur était aux abonnés absents… Il y eu un incident avec une élève mais personne ne m'en parla. Le fait d'être drainée de sa magie devait aussi beaucoup jouer sur mon état général mais impossible d'en parler à qui que ce soit ni d'aller à l'infirmerie. Ma confiance en Rogue était limitée, je me méfiais, j'avais peur de lui à présent. Quelque chose de mauvais, de dangereux planait sur nous et je ne ferais pas le poids. J'en venais à détester le don de soi, la magie en général. Ce pouvoir me dégoutait, il nous rendait hideux, ignobles, malfaisants. Plus la lumière du don de soi brillait plus le dégoût m'envahissait, la nausée jusqu'à l'évanouissement. Tout était corrompu par l'illusion du pouvoir, je le comprenais à présent : l'illusion du pouvoir magique.
J'ai essayé d'ouvrir un dimension parallèle mais je n'y suis pas parvenue, juste des flocons et le bruit d'une valse lointaine ont traversé la fine déchirure du temps.
Je naviguais à vue dans un océan de brouillard épais, sans phare ni désir.
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Le bruit couru que Ron Weasley avait été empoisonné, sa petite amie se répandait à ce sujet en permanence. Elle en parlait pendant le cours des potions aussi. Je trouvais que tout ce qui se passait dans l'école était bien étrange mais pas plus que les années précédentes. L'ambiance se dégradait chaque jour davantage, les élèves se repliaient sur eux-mêmes, les rires étaient plus rares même chez les plus petits. Je n'étais abonnée à aucune revue, parfois mon regard errait sur un des journaux laissés par les élèves. Rien n'avait de sens, les titres n'étaient qu'un ensemble de mots qui ne disaient rien.
Slugghorn m'a naturellement proposé de reprendre la correction des copies et la préparation des potions simples. Ce que j'ai accepté car je n'avais rien à faire de mon temps libre et ce n'était pas difficile.
Durant les cours de défense contre les forces du mal, Rogue faisait comme s'il ne me connaissait pas et je me retrouvais au hasard des combinaisons avec des élèves qui faisaient bien attention de ne pas me faire mal. Je les désarmais les uns après les autres sans difficulté ni intérêt. Je ne brillais pas, je ne faisais rien pour, les vieilles habitudes. J'aurais aimé qu'ils me voient, qu'ils regardent vraiment au lieu de se terrer, comme des déjà morts. Rogue devait bien voir qu'aucun d'entre eux ne prenait le risque de blesser sa chose mais il faisait comme si cela n'existait pas, comme pour tout le reste. Un silence assourdissant comme dit le poète.
