Avril 2006

Azkaban. Blaise aurait aimé ne jamais y remettre les pieds. Il aurait aimé oublier les deux seules fois où il s'y était rendu. Ces souvenirs étaient traumatisants.

L'entrée des visiteurs n'avait pas changé en un an : les murs étaient toujours aussi noirs, l'ambiance toujours aussi lourde et le silence toujours aussi perturbé par les cris des prisonniers. Il les entendait la nuit, parfois, lors d'insomnies qui semblaient plus interminables les unes que les autres. Aussi préparé soit-il, Blaise ne put s'empêcher de serrer les poings dans les poches de son manteau, l'une de ses mains entourant sa baguette.

Il suivait un garde qu'il n'avait encore jamais vu. Voilà la seule chose qui avait changé ici. L'homme l'avait à peine regardé, il avait appelé son nom dans la salle d'arrivée pleine de visiteurs, avait vérifié sa baguette, puis lui avait demandé de le suivre. La prison semblait s'être bien remplie depuis sa dernière visite. L'augmentation des sentences pénitentiaires n'était pas qu'une rumeur. Habitué à défendre ceux qui voulaient sortir, il en était venu à ne plus savoir ce qui se passait de ce côté de la Justice.

Bien que Blaise ait participé à la mise en place de la nouvelle loi autorisant les visites, il n'avait aucune idée de comment les choses se passaient concrètement. Les prisonniers aux sentences les plus faibles se rendaient dans une sorte de parloir, mais pour les mangemorts… Blaise était certain que les choses seraient différentes. C'était toujours plus ou moins le cas. Tout avait été fait sans réglementation dès la sortie de la guerre, par pure question d'efficacité. Ces pratiques souvent triviales n'avaient pas disparu.

Et en effet, il fut amené dans une salle blanche et vide. On aurait dit une sorte de salle de bains, mais sans rien d'autre qu'une douche et des tabourets. C'était glauque, presque angoissant. Avaient-ils donc si peu de moyens qu'ils étaient obligés d'organiser les visites dans des foutues salles de douches ? Cela n'avait aucun sens.

– Assieds-toi là, marmonna le garde en pointant du doigt l'un des deux tabourets posés au centre de la pièce.

Blaise se retint de toute ses forces de répliquer quelque chose à cet idiot qui le prenait pour l'un de ses prisonniers. Il ne les avait jamais supporté. Il se demandait parfois comment il était possible que ces sorciers aient une formation d'auror. Il se contenta de s'exécuter et déposa sa petite mallette sur le sol.

Puis il attendit. Le garde était reparti, probablement pour aller chercher Grégory.

Or Blaise détestait attendre. Il n'était pas patient et certainement pas plus dans des lieux aussi lugubres que celui-ci. Il se passa une main sur le visage. Sa jambe gigotait toute seule, les talons de ses chaussures claquaient sur le carrelage blanc de mauvaise facture et il jetait des coups d'œil vers la porte à intervalles réguliers.

La pièce n'avait pas d'odeur, il le remarqua rapidement. C'était assez étonnant pour une salle de douche pourtant si propre. Il y avait parfois cette vieille odeur de magie qui s'accrochait au carrelage après un nettoyage rapide à la baguette. Il n'y avait pas d'odeur de savon, ni de saleté ou de moisissures. C'était simplement vide. Trop vide. C'était bien le pire.

Il ne sut pas combien de temps était passé lorsque, enfin, Grégory passa la porte, menotté et la tête basse. Un garde le poussa vers le tabouret et le fit s'asseoir. Ce n'était pas le même que celui qui avait accompagné Blaise ici.

– Vous avez vingt minutes, lâcha ce dernier avant de sortir. Je serai derrière la porte, au moindre problème… criez.

Blaise ne répondit pas. La porte claqua. Ils étaient seuls.

Pourtant, le silence régna. Blaise n'arrivait pas à croire que Grégory lui faisait face, du moins que le fantôme de celui qu'il avait été était assis face à lui. Ce n'était pas lui, ce n'était pas son ami. Cet… homme n'avait rien à voir avec le jeune homme qu'il avait connu. Plus rien.

Il déglutit. Tout son sang avait quitté son visage. Sa jambe ne tremblait plus. Il était comme pétrifié.

Goyle avait les cheveux longs, si longs qu'ils lui arrivaient en dessous des épaules. Mais ce n'était pas le plus choquant, pas ce qui changeait le plus. Il était maigre, terriblement maigre, plus encore que Drago et Théo à leur sortie. On aurait dit qu'il n'avait pas été nourri depuis des mois, des années. Son habit de prisonnier tombait de son épaule droite, on aurait pu mettre trois ou quatre de ses bras dans chaque manche. C'était aberrant.

Son regard était vide, il fixait le sol comme s'il n'avait rien d'autre à faire. Il avait l'air d'un fou. Peut-être qu'il l'était.

– Greg ?

Aucune réponse. Le silence était lourd, Blaise se sentait à l'étroit dans cette maudite salle de bains.

– Greg, c'est moi, vieux. C'est Blaise.

Aucune réponse. Grégory battait des paupières à intervalles réguliers. Blaise souffla lentement, difficilement, alors que des larmes lui montaient aux yeux. Que s'était-il passé ici ? Qu'est-ce qu'on avait fait à son ami ? Il avait du mal à croire ce qu'il découvrait. Il n'osait pas le toucher, par peur de le brusquer. Si son corps n'était pas marqué de bleus et blessures comme l'avait été celui de Drago, il ne semblait pas en pleine forme pour autant. Loin de là. Il était absent, vide.

Le traumatisme venait d'autre part. Il n'était même pas sûr de recevoir la moindre réponse en le touchant, en le secouant. Il n'était plus que l'ombre de celui qu'il avait été un jour. Le cœur de Blaise battait la chamade dans sa poitrine. Il avait chaud, ou froid, il n'en était plus vraiment sûr.

Qu'avait-on fait à son ami ?

– Je ne sais pas si tu m'entends vraiment, mais… Les choses vont s'arranger, vieux.

Peut-être que lui parler normalement l'aiderait à réaliser qui il était. Peut-être n'avait-il plus l'habitude d'être traité comme un humain à part entière, un sorcier qui avait des droits et un besoin de décence. La colère de Blaise se mêlait à sa pitié pour Greg. Son corps en était perturbé, choqué par cette scène lugubre. Son cerveau cherchait des excuses, des solutions, des justifications. Peut-être pouvait-il faire quelque chose, n'importe quoi. Il était désespéré, tout d'un coup. Il se sentait impuissant.

On aurait dit l'un de ces films d'horreur que Pansy regardait. Depuis qu'elle avait acheté une télévision moldue pour leur maison, histoire de découvrir autre chose que Mary Poppins, elle le forçait à regarder tout un tas de choses plus étranges les unes que les autres. Elle disait qu'elle adorait ces histoires pleines de folie et de personnages torturés. Blaise avait l'impression de faire face à l'un d'entre eux.

– Théo et Drago y travaillent, reprit-il en se grattant l'arrière du crâne. Ils vont écrire un bouquin, enfin un truc du genre. Théo pense que ça ouvrira les yeux à tout le monde, qu'ils finiront pas comprendre ce que vous avez vécu.

Blaise eut un rire ironique. Il avait du mal à croire à tout ça, il était plus perplexe qu'autre chose. À ses yeux, il n'y avait rien d'autre que son travail d'avocat pour un monde meilleur. Il était presque en colère qu'on veuille se débrouiller sans lui, alors qu'il se battait depuis des années déjà.

Les larmes coulaient sur ses joues. Tout l'espoir qui l'avait habité depuis son arrivée s'était évaporé à la seconde où Greg était entré. Greg. Ce qu'il en restait.

– J'attends de voir comment les choses vont changer même si la Justice n'avance qu'à peine. Si tu veux mon avis, ils vont s'attirer encore plus d'ennuis, mais Pans' veut leur laisser une chance, alors je me tais. J'ai l'impression de me taire constamment ces derniers temps. Entre le ministre et leurs idées à la con, je suis forcé de rester inactif. Si ça ne tenait qu'à moi, je prendrais les noms de tous ces connards de gardes pour les amener devant le Magenmagot,avec une bonne dose de Veritaserum. Crois-moi, les choses changeraient s'ils avouaient tout ce qu'ils ont fait. Mais c'est illégal et tout le monde veut que j'attende avant de balancer leurs noms dans la presse. Le ministre dit que cela pourrait ruiner sa réputation, et les autres pensent qu'il faut attendre le témoignage de Drago.

Il se tut. Il parlait dans le vide. Il se contentait d'exprimer tout haut ce qu'il pensait tout bas depuis des semaines. Lorsque sa femme lui avait répété les mots de Théo quant à son projet, il en avait appris un peu plus sur le comportemnt des gardes. C'était ainsi que l'idée de les mener en justice lui était venue en tête.

Il était déjà conscient que les hommes embauchés là-bas n'étaient que des aurors incompétents envoyés le plus loin possible des missions qui importaient vraiment, mais il n'avait jamais réalisé qu'ils étaient l'une des principales sources du problème. Un problème qui avait transformé ses meilleurs amis. Cela lui paraissait toujours aussi invraisemblable.

Blaise se leva en inspirant fortement, il était en colère, enragé. Greg ne bougeait toujours pas. Il fixait le sol, comme si son avenir y était dessiné.

– Qu'est-ce qu'ils font dans cette foutue prison, hein ? Dis-moi, Greg !

Il perdait patience. Le voir ainsi le mettait dans tous ses états. Il se rappelait avoir réagi de cette façon après la libération de Drago. Il avait été hors de lui pendant des jours, Pansy avait dû le persuader de rester calme, de ne pas faire un scandale au Magenmagot. Il l'en remerciait tous les jours. Qui sait où il en serait ?

– Peut-être que ce foutu témoignage nous aidera à comprendre. Personne ne semble capable de le dire, regarde toi, tu ne bouges même plus ! J'aurais dû faire quelque chose bien avant ! Je n'aurais pas dû écouter Pans', j'aurais dû faire un scandale dès la libération de Drago ! Ils vous détruisent ! Ils vous rendent complètement fous.

En effet, Goyle ne réagit pas. Blaise se passa une main sur le visage. Il était trempé. Son corps le lâchait. Il ne supportait pas ça. Il avait essayé d'enterrer dans un coin de sa tête le fait que ses amis soient sortis de prison dans des états pitoyables, mais la réalité lui revenait en pleine face.

– Je te ferai sortir, je te le jure, souffla-t-il alors en ramassant sa mallette.

Sur un coup de tête, il attrapa le menton de Grégory et le leva vers lui. Le regard de son ami était toujours aussi vide, à la différence que ses pupilles s'étaient dilatées au soudain mouvement.

– Tu n'es pas seul, vieux, tu entends ? Tu n'es pas seul. On est là, et on te fera sortir.

Il le lâcha et se dirigea d'un pas ferme vers la porte de la pièce. On aurait dit une cellule, en fait.

– Ouvrez-moi ! cria-t-il en frappant sur la porte.

Lorsqu'un garde lui ouvrit, il le fixa d'un regard assassin. Il se promit de le faire enfermer, il retiendrait tous leurs visages.

oOo

"Juin 1995,

Je dirais que c'est là que tout a commencé pour moi, du moins que j'ai servi pour la première fois de pantin pour mon père et Voldemort. Avant, je n'avais aucun rôle dans les affaires frauduleuses de mon père. Je savais que quelque chose se tramait, je n'étais pas naïf ni idiot. J'avais déjà vu son bras, il me répétait constamment que le Seigneur des Ténèbres reviendrait et on m'avait élevé toute ma vie à suivre les pas de Lucius Malefoy.

Mais avant la fin de ma quatrième année, je n'avais encore rien fait pour la cause "noble" de mon père. Je n'ai compris que plus tard que j'avais commencé à participer à ce moment-là. Au départ, je pensais simplement qu'il s'intéressait à mon quotidien à Poudlard, qu'il jouait son rôle de père pour la première fois, quelle que soit la raison de ce soudain changement. J'étais aveuglé par mon besoin de reconnaissance. J'étais assez naïf pour croire que, malgré des années sans jamais prendre de mes nouvelles, il s'intéressait enfin à ce que je vivais.

À partir de la fin du mois de mai 1995, il a commencé à m'envoyer plusieurs lettres par semaine pour me poser des tas de questions sur Harry Potter. Bien sûr, il les cachait au milieu de questions à propos de mes journées, auxquelles je m'empressais de répondre chaque jour.

Mon père et moi n'avons jamais été proches. J'ai grandi en voulant constamment lui plaire, lui faire plaisir, le rendre fier. Le voir s'intéresser à moi ainsi était une chose que je n'avais jamais voulu ne serait-ce qu'espérer. Alors j'ai répondu à chacune de ses questions. Est-ce que Potter avait l'air stressé à l'idée de la Troisième Tâche ? Est-ce qu'il ratait des cours ? Est-ce que ses petits amis, Granger et Weasley, le collaient toujours ?

J'ai répondu à tout, avec attention. Est-ce que ça a vraiment aidé à quelque chose ? Je n'en sais rien, mais je sais maintenant que ces questions n'étaient pas anodines. Il voulait en savoir plus, il voulait connaître chaque détail de la vie de Potter pour former leur petit plan de mangemorts.

Des semaines plus tard, quand Potter est apparu au milieu du terrain de Quidditch avec le corps mort de Diggory, j'ai…"

– Drago !

Ce dernier leva la tête du carnet sur lequel il écrivait depuis déjà une demi-heure et vit Hermione sortir de la maison. Il était installé à l'extérieur, au bord d'une grande table en plastique blanche qu'elle avait suggéré d'utiliser. Il avait longuement hésité avant d'accepter, incertain quant à sa capacité à rester aussi longtemps dehors, mais elle avait fini par l'en convaincre. Il ne regrettait pas. L'air frais d'avril lui faisait un bien fou et écrire des choses aussi sombres nécessitait qu'il soit bien installé.

Hermione portait difficilement les deux paniers de linge du jour, un sous chaque bras, et marchait vers lui avec un grand sourire aux lèvres. Comme chaque dimanche, elle passait la journée ici et, avec le retour du soleil, étendait le linge en fin de matinée.

– Tu veux bien m'aider ? demanda-t-elle en laissant tomber les deux paniers sur la table.

Il hocha la tête avec un petit rire amusé en la voyant peiner autant à porter les deux paniers. Il récupéra le sien, le rose, et ensemble, ils se dirigèrent vers le fil à linge.

– Tu as commencé, constata-t-elle en étendant une salopette.

– Oui, je… J'ai arrêté de repousser l'échéance. Je bloquais juste sur le début je crois, mais une fois lancé, ça va tout seul, avoua-t-il avec une grimace gênée.

Elle lui sourit, avec douceur, avec fierté. Il sentit son cœur battre un peu plus fort dans sa poitrine et détourna les yeux.

– Tu veux toujours écrire dans l'ordre chronologique ? Tu sais, je maintiens que si tu fais les choses dans le désordre, ça te permettra peut-être de passer à autre chose quand certains passages sont trop durs…

– Je sais. Mais j'ai peur d'oublier des choses et puis… Pour l'instant je m'en sors bien comme ça.

– Peut-être que tu devrais faire une liste de tout ce que tu veux raconter ? suggéra-t-elle en attrapant l'un de ses draps blancs dans le panier.

L'odeur de la lessive flottait entre eux. Drago adorait cela. Le vent frais secouait juste assez leurs vêtements et le soleil rayonnait autour d'eux. C'était agréable, cela le détendait. Il se sentait libre.

La brise apportait une odeur florale depuis la campagne alentour. Celle-ci se mêlait si bien aux senteurs de la lessive que Drago ferma les yeux quelques instants. Juste pour profiter.

Il sursauta lorsqu'il sentit la main d'Hermione se poser dans son dos. Elle passait derrière lui pour continuer à étendre le linge. Il rouvrit aussitôt les yeux mais fit son possible pour ne pas bouger. Il ne voulait surtout pas qu'elle remarque que ce geste l'avait tant perturbé.

Il sentait encore ses doigts sur le tissu, si près de sa peau.

Elle ne réagit pas et se contenta d'accrocher l'autre extrémité de son drap sur le fil. Drago se racla la gorge et se remit en action.

– Oui, c'est prévu, bafouilla-t-il à moitié.

Elle passa sous le fil et se retrouva face à lui. Elle lui souriait. Il lui sourit en retour. C'était si simple.

– Tu voudras bien relire ce que j'ai écrit ? demanda-t-il.

Il posait la question pour la troisième, ou quatrième fois, mais il avait besoin d'être sûr. Il avait l'impression que son texte ne pouvait pas être correct si Hermione ne l'approuvait pas. Pas qu'il la considérait comme meilleure que lui, ou bien experte dans ce domaine, disons simplement qu'il avait besoin de savoir ce qu'elle en pensait. Son avis comptait pour lui.

Elle ne sourit que davantage, de ce sourire si grand qu'elle montrait ses dents. Elle riait presque.

– Oui, Drago, je te l'ai promis, répondit-elle avec une certaine tendresse dans le regard.

Il hocha la tête plusieurs fois, pour lui montrer qu'il avait bien compris. Il ne poserait plus la question. Elle avait promis, elle ne se retirerait pas. Il se baissa vers sa panière à linge pour continuer.

– Je comptais aller nourrir Héra et Arès après avoir étendu le linge, tu m'accompagnes ?

Drago leva la tête vers elle et scanna son visage du regard pendant quelques secondes. Il avait fini par lui parler de sa petite mésaventure dans l'écurie. Il n'était pas entré dans les détails, mais sa gêne évidente avait semblé suffire à Hermione pour comprendre.

Cette fois, son regard était confiant, calme. Rassurant. D'un seul coup d'œil, elle lui signifiait que tout allait bien. Et il lui faisait confiance.

Il hocha la tête et elle sourit. Elle n'arrêtait pas de sourire. Il était même rare qu'elle ne le fasse pas quand ils étaient tous les deux. Drago avait été surpris de le découvrir au départ, cela lui avait semblé étrange. Puis il s'était résonné en réalisant qu'elle était simplement bien à ses côtés, qu'elle était détendue, presque heureuse.

Il ne manquait pas pour autant l'éclat de tristesse que son regard abritait parfois. Le soir, elle semblait plus fatiguée, moins enjouée, comme si ses angoisses revenaient soudain à la charge. Il ne connaissait ça que trop bien.

D'autant plus depuis qu'il avait arrêté de boire des potions de sommeil. C'était son nouvel objectif ces derniers temps. Chaque soir, Drago se couchait avec l'envie ardente de courir jusqu'à la salle de bains pour vider les fioles de potions qui s'y trouvaient. Il revivait ses cauchemars, ses angoisses pendant des heures, jusqu'à ce que le sommeil le cueille enfin.

Jour après jour, il luttait contre ses souvenirs, il continuait son chemin vers le renouveau. C'était bien là sa seule préoccupation. Il dormait mal, il revivait des horreurs, mais il voyait les choses changer. Plus les jours passaient et moins il pensait aux solutions les plus simples, les plus radicales.

Il se demandait parfois si Hermione l'entendait crier, pleurer, lorsque la nuit tombait. Elle n'en avait jamais parlé.

Il remarqua qu'elle était retournée à l'intérieur de la maison pour ranger les paniers uniquement lorsqu'elle revint vers lui. Il sursauta, sortant de ses pensées, lorsqu'elle posa une main sur son bras. Elle le remarqua, cette fois.

– Désolée, je ne voulais pas te faire peur. On y va ?

Il hocha la tête. Il avait l'impression de ne faire que ça, acquiescer silencieusement. Mais c'était simple. Il était à ses côtés, et c'était simple. Elle se tournait parfois vers lui, comme pour vérifier qu'il la suivait toujours. Il lui souriait alors, c'était simple.

Elle poussa la porte de l'écurie et il la suivit à l'intérieur. Il s'immobilisa dans l'entrée et elle en fit de même en le remarquant. Elle leva les yeux vers lui. Leurs épaules se touchaient presque. Drago fixait les chevaux qui venaient de passer leurs têtes par-dessus les barrières.

Il sentait son regard sur lui mais ne parvenait pas à quitter les chevaux des yeux. Il n'avait pas pu aller plus loin la dernière fois. Il était remonté dans sa chambre, vaincu par ses propres pensées.

Hermione glissa sa main dans la sienne et il baissa aussitôt la tête vers elle. Le sourire qu'elle lui adressait était doux, rassurant. Il sentit les prémices de son anxiété se tarir. Il expira l'air qu'il avait inconsciemment retenu dans ses poumons.

Après quelques secondes, Hermione le tira par la main. Il la suivit sans un mot, jusqu'à ce qu'ils atteignent le devant des boxs. Si Arès avait fini par s'éloigner de la barrière, Héra s'y trouvait toujours et ils purent s'en approcher.

– Héra est la plus calme, mais la plus fière, lui apprit-elle en levant sa main libre pour lui caresser la tête. Elle me fait un peu penser à toi.

Drago tourna des yeux surpris vers elle, mais Hermione ne le regardait pas. Elle fixait sa jument, les joues rouges.

– Et Arès ? demanda-t-il en osant à son tour lever une main pour caresser Héra.

– Il est plus… vif, disons qu'il ne se laisse pas faire, il est vite frustré et bien plus émotif.

– Un peu comme toi, plaisanta Drago.

Leurs deux rires résonnèrent entre les murs de l'écurie, alors que des tas de papillons s'envolaient au creux de l'estomac de Drago. C'était simple.


Avant toute chose, sachez qu'il ne me reste que 5 chapitres de cette histoire à écrire eheh, donc j'approche de la fin et je peux vous dire que je suis super excitée à l'idée de mettre un point final à ce projet qui dure maintenant depuis plus d'un an et demi ! Une fois que j'aurai terminé, je pourrai me concentrer uniquement sur le travail de mes chapitres écrits et donc la publication se fera peut-être plus régulière ! J'ai hâte que vous découvriez ce que j'ai écrit pour cette fin d'histoire ;)

Comme toujours, merci à Damelith et Lyra pour leur soutien sur cette histoire qui, croyez moi, ne serait pas la même sans elles !

On se retrouve bientôt pour la suite. N'oubliez pas de me laisser une petite review pour me dire ce que vous pensez du chapitre et ce que vous imaginez pour la suite !

Nova