Écrit par HateWeasel
400. Négociations.
Alois se promenait dans la fête, à la recherche d'une trace de l'hôte, cependant, il était arrêté à diverses occasions par d'autres invités qui lui disaient qu'il "ressemblait au garçons sur les peintures", en parlant des toiles qui décoraient les murs du manoir. A chaque fois, Alois devait trouver une réponse ou une manière de s'éclipser, mais il avait parfois du mal à échapper à ces conversations ennuyantes. Mais, il avait aussi remarqué qu'une petite ombre le suivait.
C'était la démone qu'il avait vu en train d'aider Metus après son combat contre ce dernier. Le blond avait du mal à se souvenir de son nom. Il ignorait également ses capacités, alors il était prudent. Il voulait s'aventurer dans d'autres parties de la demeure, mais sans avoir à la confronter dès maintenant. Alors, il décida qu'il valait mieux retrouver Ciel, même s'il était en avance, pour savoir quoi faire ensuite.
Hélas, il vit le garçon en question, et il était en train de parler avec Krampus. Il avait l'impression d'avoir échoué puisqu'il n'avait pas trouvé l'homme en premier, mais il était terrifié à l'idée de ce qui pourrait arriver à son bien-aimé. Il devint blanc comme un linge en voyant le garçon partir avec l'hôte de la soirée, et il fit un pas en avant, se faisant interrompre par l'un des domestiques.
- Toutes mes excuses monsieur, mais permettez-moi de vous dire qu'il est assez malpoli de s'immiscer dans une conversation, dit le domestique en mettant une main sur l'épaule du garçon qu'il enleva aussitôt.
- Je ne vous permets pas, puisqu'il est disgracieux de la part d'un servant de remettre en question les faits et gestes d'un invité, dit brusquement Alois. Je vous ferai savoir que ce garçon est mon cavalier, et que je le rejoindrai si j'en ai envie.
Il fit quelques pas en avant, avant d'être interrompu une nouvelle fois par davantage de démons communs. Il tourna la tête pour voir son "ombre" secouer la tête en souriant. Morgan remuait son doigt devant le garçon, claquant de la langue avec désapprobation.
- J'ai bien peur de ne pas pouvoir vous laisser perturber les affaires de Lord Krampus, dit-elle en marchant vers le garçon.
- Et pourquoi cela ? demanda le garçon en s'avançant vers la fille, les deux s'arrêtant face à l'autre.
Il la regardait de haut, d'un air menaçant.
- Non seulement je suis le partenaire de Sir Phantomhive, mais je suis aussi son assistant en ce qui concerne les affaires.
- Je ne fais pas les règles, répondit Morgan. Je suis juste les ordres.
- Vos ordres sont stupides.
- Tu es stupide.
- Ta mère est stupide.
- Les démons n'ont pas de mères, imbécile, dit la fille en croisant les bras.
- Je m'en fous, répondit Alois. Je vais suivre ce mec, et personne ne m'en empêchera.
Il se remit en chemin pour retrouver le bleuté. Malheureusement pour lui, il était désormais arrêté par cinq domestiques en plus. Le pauvre garçon s'arrêta net, et la fille ria.
- Je viens de t'en empêcher, répondit-elle avec un sourire hautain.
Le garçon se retourna, toussant dans son poing avant de se reprendre en main.
- Tu ne m'as pas arrêté, dit-il.
Le garçon se mit ensuite à pointer du doigt les domestiques qui bloquaient son chemin.
- C'est eux.
Ainsi, il se contenta de partir, se retrouvant seul après cela. Bien que cela blessait énormément son ego, il aurait mille fois plus mal s'il devait engager un combat dans une pièce remplie d'êtres surnaturels. Alois devait trouver un moyen de retrouver le bleuté et de compléter la mission, mais comment ? Alors qu'il tentait d'avoir l'air nonchalant, et d'agir comme un amateur de soirée "ordinaire" en se servant du savoir faire de tromperie de Jim Macken, il réfléchissait à une manière d'y parvenir.
Ses yeux suivaient prudemment Ciel alors qu'il quitta la pièce. Le Phantomhive avait l'air calme, mais Alois savait que ce n'était qu'une simple façade. Le garçon était terrifié, mais il n'y avait rien qu'il puisse faire à part suivre le cours des choses jusqu'à ce que la bonne opportunité se présente.
Le bleuté suivit Krampus et Lilith hors de la salle de bal, dans d'autres parties du manoir. Lilith menait le groupe. Elle emmenait les deux gentlemen au salon, qui était calme et dépourvu d'invités. Krampus se laissa tomber sans gêne sur l'une des chaises alors que Lilith se mit debout derrière lui. L'homme montra de la main l'un des autres sièges.
- Je vous en prie, asseyez-vous monsieur Phantomhive, dit-il.
- C'est Sir Phantomhive, corrigea le bleuté tout en acceptant à contrecœur.
- Pardon, dit l'homme en ricanant. Je ne savais pas que tu étais adoubé.
- Si. En 1952, répondit Ciel. Ceci dit, mon titre complet est en fait "Inspecteur en chef Sir Dr Ciel Phantomhive".
- Comment as-tu fait ? demanda Krampus en se penchant en avant comme s'il était sincèrement intéressé.
- En s'associant avec les humains, on peut vivre librement parmi eux.
- Je vois, mais est-ce que ce ne serait pas mieux si nous n'avions pas à nous cacher du tout ?
- Tu veux dire vivre à la vue de tous ? Je suis désolé, je ne suis pas familier avec ce genre de concepts, pouffa le Phantomhive. J'ai toujours vécu dans les ombres, même lorsque j'étais humain.
- Et tu veux y rester ? demanda le démon plus âgé. Ce ne serait pas mieux d'être capable de faire ce qui te chante ? Es-tu vraiment heureux en vivant dans l'ombre de l'humanité, ou est-ce cela le bonheur d'un esclave ?
- Les démons passent des pactes avec les humains. Les humains seront toujours les dominants, c'est dans leur nature. Ils sont les seuls à avoir la volonté et un contrôle de soi nécessaire pour contrôler un démon.
- Es-tu en train de dire que tu n'as aucune de ces choses-là ? demanda Krampus et le sourcil du bleuté tiqua avec agacement.
L'homme sourit.
- La plupart des démons ne sont pas comme nous, reprit-il. On doit leur dire ce qu'ils doivent faire et qui ils sont, et c'est pourquoi ils consument des âmes et ont des maîtres. Une âme peut remplir leur vide un moment, mais les effets sont temporaires, comme ceux d'une drogue. Ceci dit... Si quelqu'un venait à leur donner un but, ne seraient-ils pas reconnaissants ? conclut-il en regardant le bleuté avec amusement. Tu l'as fait. Tu as donné des noms à des démons et une personnalité, ce qui fait de toi un maître de monstres.
- Tu as tort, dit Ciel. Ne t'es-tu pas renseigné ? Deux d'entre eux étaient déjà "conscients" depuis le départ.
- Et le troisième ?
Ciel hésita dans sa réponse, repensant à la conversation qu'il avait eu avec Sebastian. Krampus se remit en arrière.
- Tu devrais me rejoindre, dit l'homme. Faire du monde notre terrain de jeu serait du gâteau !
- Ça ne m'intéresse pas, répondit le bleuté. Les règles et les restrictions rendent la vie plus divertissante pour les êtres comme nous. Ce ne serait pas pareil si nos habilités n'étaient pas testées.
- Allons, Sir, on ne peut pas commencer à s'amuser sans toi...
- Alors je suppose que vous devrez faire sans moi, dit le garçon en se levant de sa chaise. Si c'était tout ce qu'il y avait à dire, quelqu'un est en train de m'atten-
Ciel s'arrêta de parler lorsqu'il remarqua une couleur rouge tachant son costume. Une douleur vive lui traversa l'abdomen alors que Lilith était juste devant lui, enfonçant le couteau plus profondément dans sa chair. Il laissa échapper un grognement alors que la fille retira l'arme de son corps et le poussa dans son siège. Alors qu'il tenait sa blessure, il fusilla la fille du regard, cette dernière ayant presque l'air désolée, avant de regarder l'arme dans sa main ; une lame sainte. Pas étonnant qu'il ait aussi mal. De la sueur commençait à recouvrir sa peau alors qu'il tremblait, essayant de trouver un moyen de s'échapper.
- C'est là que tu te trompes, Sir Phantomhive, dit Krampus. Vois-tu, ce n'était pas réellement des "négociations". Tu as quelque chose que je veux, et je comptais l'obtenir que tu coopères ou non.
