Entre peur et rage
La chaleur écrasante du désert mexicain enveloppait Buck alors qu'il se tenait debout, l'adrénaline pulsant dans ses veines, son regard fixé sur la voiture qui approchait lentement.
Ils avaient réussi à le contourner et à l'attendre sur la route.
Il était debout sur la route avec son chef, leurs voitures en travers de la route et il vit Lars se garant derrière la voiture pour lui barrer toute retraite.
Il n'avait pas d'autre choix que de les affronter.
C'était un pari risqué parce que si le connard paniquait il pouvait tuer Maddie mais s'ils les laissaient disparaitre ici, ils avaient trop peu de chance de les retrouver alors la décision avait été prise rapidement.
En vrai, il n'avait pas vraiment le choix.
Mais il était prêt à tout pour retrouver Maddie, pour la ramener saine et sauve auprès de sa famille. Mais alors que la voiture se rapprochait, une vague de terreur et de rage bouillonnait en lui, menaçant de le submerger.
Le connard était là, au volant de la voiture, le visage impassible masquant ses intentions cruelles. Mais Buck pouvait voir la lueur de satisfaction dans ses yeux, la façon dont il se délectait de sa douleur et de son désespoir. Cette vision ne faisait que raviver la rage qui brûlait en lui, la nécessité de protéger sa famille à tout prix.
Son ancien chef se tenait à ses côtés, les yeux rivés sur la voiture avec une détermination froide. Il avait été son mentor autrefois, celui qui l'avait formé pour devenir le meilleur, mais aujourd'hui, c'était lui qui se dressait entre Buck et sa vengeance.
– Pas de bêtises, Buck, murmura-t-il d'une voix calme mais ferme. Si Doug bouge le petit doigt, Casey, là-haut, lui collera une balle entre les deux yeux.
« Et je le ferai avec plaisir, confirma Casey dans sa radio. »
Buck hocha la tête, laissant son ancien chef prendre les commandes de la situation.
Il savait qu'il n'était pas dans son état normal mais il espérait toujours, qu'aucun d'entre eux n'avait remarqué à quel point, ça lui laissait une lueur d'espoir de pouvoir tuer le connard avant qu'ils ne puissent l'en empêcher.
Il sentit la tension monter en lui alors que la voiture s'arrêtait, révélant Maddie assise à l'arrière, son visage pâle et hagard témoignant des épreuves qu'elle avait traversées. De là où il se trouvait il pouvait voir le sang sur son visage et il put lire la terreur dans ses yeux quand elle le reconnu.
– Il lui a fait du mal, cracha-t-il en serrant les poings. Elle est blessée.
– Possible mais elle est vivante, répliqua son chef. Alors calme-toi.
Le cœur de Buck se serra en la voyant, une vague de soulagement l'envahissant alors qu'il réalisait qu'elle était presque en sécurité. Mais cette émotion fut rapidement balayée par la colère qui rugissait en lui, la nécessité de punir celui qui avait osé lui faire du mal.
Celui qui avait osé la toucher.
Le connard sortit de la voiture, un sourire narquois aux lèvres, Buck avait seulement envie de se jeter sur lui et de le frapper jusqu'à ce que son visage soit réduit en bouillie, mais il récupéra Maddie par le bras pour la contraindre à sortir elle aussi.
– Lâche-la, espèce d'enfoiré, éructa-t-il alors que son chef le retint avec fermeté.
– Ah ouais, c'est moi l'enfoiré ? railla-t-il. Pourtant c'est toi qui m'as enlevé ma femme, l'emmenant loin de moi. Tu croyais quoi ? Que j'allais abandonner la femme que j'aime ?
– M. Kendall, le coupa son chef. Nous n'avons que deux façons de régler cette situation. Ou vous relâcher Mme Buckley…
– Kendall, hurla-t-il. Elle s'appelle Maddie Kendall et c'est MA femme. Elle reste avec moi.
– Alors nous allons devoir vous contraindre à la relâcher.
– Je préfère la voir morte…
– Si tu la touches encore…, le prévint Buck sans pouvoir s'en empêcher.
– Je savais que tu serais un problème dés le jour où je t'ai vu apparaitre à notre porte, cracha-t-il. Le frère prodigue dans son bel uniforme. Comment Maddie aurait pu résister à toutes tes belles promesses, hein ? La vérité, c'est que je te retrouverai toujours mon amour.
Il attrapa le visage de Maddie entre ses mains la faisant gémir de douleur et Buck avait bien du mal à garder sa position.
– Relâche-la maintenant !
– Sinon quoi ? se moqua le connard. Tu ne peux rien faire le Marines, tu dois suivre les règles.
– Techniquement, non, se moqua son chef. Nous ne sommes plus aux Etats Unis depuis que vous avez choisi de traverser la frontière. Et tous ce qui passe au Mexique…
– … reste au Mexique, termina Buck.
– Pour la dernière fois et pour votre survie, relâchez Mme Buckley, maintenant.
– Et pour la dernière fois, elle s'appelle Kendall, hurla le connard alors que Buck croisait le regard de Maddie.
Il lui fit un signe de tête et elle frappa son ex dans le ventre le faisant relâcher sa prise.
Buck ne lui laissa pas le temps de comprendre ce qui venait de se passer. Il se jeta sur lui, la rage bouillonnant dans ses veines alors qu'il le frappait de toutes ses forces, laissant échapper un cri de douleur et de frustration.
Il se redressa à califourchon au-dessus de lui frappant encore et encore en plein visage, de toutes ses forces, déversant toute sa haine et sa rage contre lui. Il ne pouvait pas s'arrêter, plus il frappait le connard et plus il avait besoin de le frapper.
Son équipe se précipita pour les séparer, l'empêchant de le tuer dans un déluge de violence incontrôlée.
Son chef le retint fermement, ses yeux durs transperçant les siens alors qu'il lui rappelait la promesse qu'il avait faite de ne pas aller trop loin.
– Calme-toi, Buck, lui dit-il d'une voix autoritaire. Ce n'est pas la solution.
– Si je le laisse vivre, il continuera de la poursuivre.
– Il a raison, chef, affirma Lars.
– Ce n'est pas ta décision à prendre, Buck. Tu n'es plus l'un des nôtres. Je ne peux pas te laisser plonger pour meurtre.
Buck hocha la tête, luttant pour retrouver son calme alors que la réalité de la situation s'imposait à lui. Le connard allait vivre et Maddie ne serait pas en sécurité, Jee ne serait pas en sécurité.
Il sursauta quand il entendit le coup de feu et regarda immédiatement vers les collines d'où provenait le tir.
« Il sortait une arme, se contenta de dire Casey dans la radio. »
Buck ne voulait même pas savoir si c'était vrai. Il ne voulait plus jamais poser les yeux sur le connard et le fait qu'il soit mort lui permettait au moi d'avoir ce privilège.
Maddie était saine et sauve, et c'était tout ce qui importait vraiment.
Il se tourna vers elle, ses yeux emplis de soulagement alors qu'il la prenait dans ses bras, sentant ses larmes couler sur ses joues alors qu'il lui murmurait des paroles réconfortantes.
– Je suis désolé, Maddie, sanglota-t-il. Je te promets que plus jamais je ne te laisserai seule. Tu es en sécurité maintenant, je te le promets.
Maddie lui rendit son étreinte, ses propres larmes mêlées aux siennes alors qu'elle lui murmurait des mots de gratitude et d'amour. Ils étaient enfin réunis, leur famille était à nouveau ensemble, et rien d'autre ne comptait vraiment.
Dans ce moment de retrouvailles, Buck sentit un poids se lever de ses épaules, une nouvelle détermination brûlant en lui alors qu'il se jurait de protéger sa famille à tout prix. Il était prêt à affronter tous les défis qui se dresseraient sur leur chemin, à tout faire pour assurer leur sécurité et leur bonheur.
Alors qu'ils se tenaient là, ensemble, au milieu du désert mexicain, Buck savait que rien ne pourrait les séparer à nouveau. Ils étaient liés par un amour et un lien familial indéfectibles, prêts à affronter l'avenir main dans la main. Et avec cette certitude dans son cœur, Buck se sentit enfin prêt à tourner la page et à regarder vers l'avenir avec confiance et détermination.
