En raison de mon incapacité à publier le texte au jour et à l'heure habituels, je le met à jour aujourd'hui. Je vous remercie à tous pour vos commentaires, et je suis désolée car j'ai essayé d'y répondre, mais ma réponse n'apparaissait pas lorsque je regardais, donc je vous réponds ici :
À Wendtia, noour, Yz3ut3, Mademoiselle-Corbeau : Merci pour vos chaleureux compliments, j'ai hâte de connaitre vos avis concernant la suite de cette histoire.
À Arwengeld : Mme Vale jouera effectivement un rôle primordial dans l'éducation de Séraphine. Malheureusement, elle en risque bien d'autres.
À JarterAddict : Tout d'abord, merci pour ce long commentaire. C'est toujours intéressant de plonger dans la vie d'un lecteur. Ensuite, j'ai remplacé Rogue par Séraphine car je trouvais ainsi plus intéressant d'explorer sa relation avec Eileen. Sa personnalité n'est cependant pas radicalement différente de celle de Severus car leur expérience, au début, sont assez similaires, bien qu'elles s'éloigneront beaucoup par la suite. D'ailleurs, pour la cohérence, elle n'est pas vraiment exacte, car l'histoire débute en 1951 et à ce moment, Bellatrix est déjà née, donc sa mère devrait déjà être mariée. il y a sirement d'autres précisions que je n'ai pas reportées dans ma fanfiction, mais globalement, l'histoire est respectée. Je ferai de mon mieux pour répondre à tes attentes :)

-ˋˏ ༻✿༺ ˎˊ-

Séraphine ne tarda pas à comprendre qu'énerver Malefoy avait été une très mauvaise idée.

Non seulement le garçon ne la laissait pas tranquille, mais en plus il avait fait passer le mot, et à présent tous les sangs-purs soucieux de plaire à l'héritier Malefoy s'étaient mis à lui tendre des croche patte dans les couloirs et à saboter ses préparations en cours de Potion. Cassidy, Cassie et Cassandre Rupert s'étaient résolues à ne pas l'approcher pour ne pas s'attirer d'ennuis et, à son grand agacement, Neyl Trix était la seule à lui adresser la parole — principalement parce qu'elle était elle-même rejetée.

Lily et Séraphine avaient beau être dans la même école et dans la même année, elles avaient du mal à communiquer. Séraphine était jalouse des autres amies de Lily qui, elle, s'était parfaitement adaptée à sa nouvelle maison.

Remus avait commencé à traîner avec Sirius Black et deux autres garçon des noms de Frank Londubat et James Potter. Séraphine haïssait James Potter de toutes ses tripes. Il était tout ce qu'elle détestait : arrogant, bruyant et pourri gâté. Sirius ne lui avait plus jamais parlé depuis qu'elle avait été répartie à Serpentard et elle était sûre de l'avoir entendu se moquer d'elle avec Potter.

Quant à Alice, elle discutait quelques fois avec Séraphine, mais la jeune fille restait toujours assez solitaire.

Par ailleurs, Séraphine eut l'occasion de tester les limites du couvre-feu rapidement. Un soir, après le dîner, la jolie blonde qui l'avait sauvée dans le train — qui s'appelait Narcissa Black — lui demanda de venir dans les toilettes des cachots, secondée par Pétula Parkinson et une autre Serpentard. Séraphine fut frappée par la ressemblance avec Lucius Malefoy et les deux costauds patibulaires qui lui servaient d'hommes à tout faire et demeura méfiante.

Elles l'emmenèrent donc dans les toilettes des cachots. L'endroit était sombre et l'odeur terrible. Sur les murs poisseux, une traînée de cire descendait en-dessous des bougies vertes.

« Alors, tu es bien celle qui a provoqué Lucius Malefoy ?

— Je ne dirais pas que je l'ai provoqué, mais j'ai bien admis que son nez était assez pointu pour repérer les mauvaises odeurs. » dit-elle, les yeux dans les yeux avec Narcissa.

Car, si répondre à Lucius Malefoy avait été une mauvaise idée, se laisser faire en aurait été une bien pire. Et ces trois filles n'étaient certainement pas venues la féliciter chaudement de son courage pour avoir fait face au préfet de Serpentard.

« T'es une marrante, toi », ricana Narcissa. Elle se rapprocha de Séraphine en murmurant : « Mais ce n'est pas ce qui va t'aider ici. Crois-moi, si tu dois baisser le regard, fais-le. »

Séraphine se redressa fièrement. Jamais elle ne baissera le regard. Madame Vale ne le lui pardonnerait pas.

« Car sinon, tu risques de le payer. Comme maintenant. »

Et la porte se referma sur Séraphine. Celle-ci, éberluée, tenta d'ouvrir, mais elle restait désespérément fermée. Les Sixième Année laissèrent entendre des rires idiots avant de tourner les talons, laissant Séraphine seule dans les toilettes.

Elle tambourina, cria, mais personne ne vint à son secours. Elle n'avait pas sa baguette, oubliée dans sa commode.

Les heures passèrent, sans que Séraphine ne sache combien. Elle s'était mise à gratter avec les ongles la cire coulant aux murs, activité autrement plus lucrative que celle de se morfondre sur son sort.

On était peut-être le soir, peut-être que quelqu'un allait se rendre compte de son absence. Mais personne ne vint.

Séraphine avait décidé de commencer à apprendre la Magie sans baguette. C'était très difficile, mais terriblement utile dans ce genre de situation. Elle répétait Alohomora en fixant la porte depuis plusieurs minutes quand elle entendit des pas s'approcher. Elle pria pour qu'il ne s'agisse pas de Rusard et lança timidement : « Il y a quelqu'un ? »

Les pas s'arrêtèrent et s'approchèrent.

« C'est qui ?

— Séraphine.

— Pourquoi tu es là ?

— On m'a enfermé. A qui je parle ?

— Ça dépend. Tu ne diras rien au concierge ?

— Rien si tu me libères.

— Je marche. »

La porte s'ouvrit sur Sirius Black.

« Dépêche-toi de sortir. Rusard ne va pas tarder à arriver. »

Elle hocha la tête et ils commencèrent à marcher en direction des cachots.

« Mais qu'est-ce que tu fais ici, toi ? »

Il rougit.

« C'est pas tes affaires. »

Vexée, Séraphine ne le remercia pas et ne parla plus.

« D'ailleurs, comment on va faire ? On ne peut pas rentrer dans nos dortoirs sans en parler à nos directeurs de maison. Et je ne sais pas pour toi, mais moi, je voudrais éviter d'avoir à déranger McGonagall à cette heure.

— Nous devons nous cacher. Tu as une idée d'endroit ?

— Les cuisines ?

— Les elfes de maison arrivent tôt pour préparer à manger. On n'aura pas le temps de se cacher. Peut-être... la lingerie ? »

Sirius réfléchit et sembla trouver l'idée bonne.

« Tu sais où elle est ? »

Séraphine hocha la tête. Soudain, ils entendirent un miaulement et baissèrent les yeux.

« C'est le chat de Rusard ! s'exclama Sirius.

— Doucement, tu vas nous faire repérer.

— C'est le chat de Rusard », répéta-t-il plus doucement.

Le concierge n'étant jamais loin de son animal de compagnie, Séraphine attrapa la main de Sirius et poussa la porte de la première pièce qu'elle vit.

Rusard arriva et regarda dans quelle direction pointait l'oreille droite de Miss Teigne. Il ouvrit brusquement la salle de classe en poussant un cri triomphal. Mais Séraphine et Sirius s'étant cachés derrière la porte, il eut beau examiner les tables et le bureau, il ne trouva rien.

Déçu, il repartit. Séraphine et Sirius attendirent quelques secondes avant de sortir de l'ombre en poussant un soupir de soulagement.

« On l'a échappé belle. Maintenant, la lingerie. »

Ils entrèrent dans une immense salle. Au plafond, à diverses hauteurs, pendaient des uniformes fraîchement repassés. Une odeur de savon et de propre imprégnait l'air. Séraphine et Sirius s'allongèrent dans un bac de linge encore humide.

Sirius se colla à elle et elle se figea, surprise.

« Qu'est-ce que tu fais ?

— J'ai froid », souffla le garçon.

Séraphine finit par se détendre et ils s'endormirent dans les bras l'un de l'autre.