7 _ Premier péché : L'éveil de Capitaine Kidd

«Alors que nous nous étions remis en marches dans les interminables geôles du Palais de Kamoshida, je me suis rapproché de Ryuji dont l'expression avait quelque chose d'inquiétant. Il paraissait furieux.

_ Qu'est-ce que tu voulais dire, à l'instant ? Quand tu as dit que Kamoshida t'avait tout prit ?

»Le regard de Ryuji s'est assombri. Il a enfoncé ses mains dans ses poches et a haussé les épaules, comme pour donner moins d'importances à ses souvenirs qu'ils n'en avaient.

_ Pas grand-chose. Mon père s'est tiré Dieu sait où quand j'étais gosse, et on ne l'a jamais revu ma mère et moi. C'est pas une grosse perte, tu peux me croire ! Il passait son temps à tabasser ma mère. Mais du coup, elle m'a élevé seule. Depuis le collège je fais de l'athlétisme tu sais, et j'étais sacrément bon ! Suffisamment pour que le lycée Shujin me repère. C'était une opportunité en or pour moi, autant pour mon avenir que pour soulager le fardeau de ma mère. Notre équipe était la meilleure dès ma première année, on aurait put courir à l'international, sérieux ! Mais c'est à ce moment que Kamoshida est arrivé… Cette crevure!

»Ryuji a donné un coup de pied rageur dans un caillou trainant au sol et l'a envoyé droit à l'arrière de la tête de Morgana, marchant devant nous. Il nous a jeté un regard courroucé, on le serait à moins je dois l'admettre, mais a continué d'avancer. Ses oreilles tournées vers nous m'indiquaient qu'il écoutait notre conversation.

_ Kamoshida a été nommé entraineur de l'équipe de volley, et il voulait que son équipe soit la meilleure, la seule dont on parle, alors la mienne lui faisait de l'ombre. Cette ordure a parlé de mon paternel à tout le monde, et ça m'a foutu les boules ! C'était pas très malin, mais je l'ai attaqué dans un accès de colère. Il était bien plus fort que moi bien sûr, j'étais juste un lycéen de première année et lui un adulte en pleine forme… Il m'a pété la jambe ce connard !

_ Il t'a quoi ?!

_ Comme une allumette, un putain de coup de pied dans la rotule alors que j'étais déjà à terre ! Bien sûr, pas de témoin autre que lui-même. Légitime défense qu'il a dit ! Et tout le monde l'a cru. Normal non ? Moi j'étais le fils d'un homme violent qui tabassait sa femme, toute l'école le savait, normal que je sois comme lui et que j'ai attaqué Kamoshida ! Il n'a fait que se défendre, le pauvre ! Et quel cœur généreux il a eut, d'avoir fait en sorte que je ne sois pas renvoyé… un saint homme ce Kamoshida, hein ?

»Je n'ai pas sut quoi dire. Je pensais que Kamoshida était juste un professeur tyrannique comme il y en a dans chaque lycée… J'étais loin de me douter que briser la jambe d'un lycéen n'était pas son seul exploit.

_ A cause de cet ''incident regrettable'', tout le club d'athlétisme du lycée a été dissous. Les gars m'en veulent à mort pour ça. Nakaoka, Takeishi, Ikeda… ils ont dit que je les ai tous trahis à cause de mon caractère violent !

_ Je suis désolé…

»Des mots vides et inutiles, mais vous n'auriez pas trouvé mieux, ayez l'honnêteté de l'avouer. Ryuji s'est contenté de hausser les épaules et d'accélérer le pas en demandant au ''chat'' qui nous guidait si nous étions encore loin des prisonniers. Vous voyez, madame la procureure, voilà l'homme que vous m'accusez d'avoir prit pour cible. Si l'histoire de Ryuji n'est que la face émergée de l'iceberg, ce n'est pas ça qui m'a véritablement décidé à passer à l'action. Non. C'est plus tard, et aujourd'hui plus que jamais je peux vous assurer que je suis heureux d'avoir réglé son compte à cette pourriture.

_ Ah ! Au fait Ren, regarde ce que j'ai ramené avec moi, au cas où ! Je me suis dit que si on trouvait ce château, ça nous servirait. C'est pas un vrai, mais ça peut toujours servir de dissuasion. Dans les séries, ça marche !

»Ryuji m'a alors montré un pistolet qui avait franchement l'air d'être un vrai. C'était une belle réplique. Pistolet hein, pas revolver. Il n'avait pas de barillet, le truc qui tourne et garde les douilles, c'est comme ça que j'ai fait la différence.

»Morgana s'est arrêté et a regardé l'arme factice en plissant ses grands yeux bleu vif. Un tel bleu dans des yeux humains devait faire fondre n'importe qui. S'il était vraiment un humain, il devait être de ceux qui faisaient tourner toute les têtes ! Non Sae, nous ne savons toujours pas aujourd'hui si Morgana est bel et bien un humain.

_ Ton jouet pourra peut-être bien servir, blondinet, garde-le sur toi.

_ Mais il fait juste du bruit, hein !

_ Nous sommes dans un monde psychique, espèce d'idiot ! Si ton adversaire pense que c'est un vrai, il le devient et se met à tirer de vraies balles !

_ Sérieux ? Génial ! Et dis… Si je ramène des faux billets mais que je dis qu'ils sont vrais, est-ce que…

_ Ils deviendront vrais. Dans ce monde uniquement. Dans la réalité, ton pistolet reste un jouet inoffensif, il en serait de même avec de faux billets.

_ Pfff, ça sert à rien alors… Mais bon, au moins je pourrais t'aider un peu si tu dois te battre, Ren ! Toi t'as ton… ton truc là, avec le masque, et moi j'ai mon super pistolet !

» J'ai acquiescé tout en continuant de marcher… et nous n'avons pas eut besoin d'aller bien loin pour tester cette nouvelle stratégie. A l'angle du couloir se trouvaient deux armures nous barrant le passage. On entendait des cris provenir d'un peu plus loin. Humains, les cris.

_ Ça travaille dur chez les esclaves ! J'adore les entendre crier comme ça !

_ Pareil ! Mais reste sur tes gardes, il parait qu'il y a des intrus.

»Je crois que Ryuji a vu rouge en entendant les armures se réjouir des souffrances des prisonniers. Il s'est jeté sur elles, son pistolet au poing, et a tiré. Des balles, de vrais balles, ont jaillit du canon avec le claquement unique des armes à feu, pulvérisant le masque en forme de visage de la première armure. Une Ombre a jaillit de la seconde, créature végétale blanchâtre comme si le soleil n'avait jamais frôlé son corps de ses rayons. Elle était souple et rapide, évitant les tirs de Ryuji qui de toute façon ne savait pas tirer. Chez certaines personnes c'est un don inné, mais pas chez lui. Morgana s'est élancé à son tour, la silhouette de sa Persona apparaissant au dessus de lui. Le monstre végétal a évité ses attaques également avec un ricanement moqueur.

_ Sale peste…

»J'ai regardé la créature courir d'un bout à l'autre du couloir en me demandant si je pourrais l'atteindre avec la magie d'Arsène. C'est à ce moment là que j'ai repéré ce qui deviendrait mon arme de prédilection. Seulement dans le monde psychique Sae, seulement dans le monde psychique…

»Il était là, posé sur une caisse comme pour m'attendre. Je soupçonnais plus une Ombre de l'avoir posé là pour peler la pomme à moitié mangée trainant à côté, juste avant que Ryuji ne débarque en hurlant. Un beau poignard à manche noir et lame argentée. Je l'ai empoigné et me suis glissé dans le dos de la créature végétale bien trop occupée à narguer mes deux compagnons pour prêter attention à un type en manteau noir.

»Un coup bien placé, directement dans la carotide, et le monstre retournait au néant d'où il était venu.

_ Et voilà le travail ! Aller, maintenant on avance, les prisonniers ne doivent plus être loin !

»Ryuji avait raison, nous avons trouvé ce que nous cherchions au bout du couloir. Une solide porte de bois se trouvait là, surmontée d'une banderole comme on pourrait en trouver dans le monde réel.

_ La salle d'entrainement… de l'amour de Kamoshida ?! Mais c'est quoi ce truc glauque !?

»Des cris affreux venaient de derrière la porte à banderole, et j'ai franchement eut peur de ce qu'on allait trouver dans cette salle d'entrainement qui n'avait d'amour que le nom. Ryuji devait être aussi inquiet que moi, mais ça ne l'a pas empêché de se précipiter. Il s'est figé immédiatement, et je l'ai imité.

_ Bordel…

»Sous nos yeux, sur de vastes terrains se trouvant dans des cellules immenses, des joueurs en tenues de sport écarlates estampillées Shujin se faisaient torturer. Honnêtement je n'ai pas d'autre mot pour décrire ce que les armures supervisant ce qui devait être un entrainement leur faisaient subir. Certains joueurs étaient cramponnés aux filets pendant que les armures les frappaient avec les hampes de leurs lances, lacérant leurs hauts et leurs dos jusqu'au sang. D'autres courraient sur un tapis de course en suppliant pour qu'on leur donne à boire. S'ils tombaient… le rouleau compresseur pourvu de pointes rouillées se trouvant en bout de tapis donnait une bonne idée du sort qui les attendait. Quelques uns, les moins chanceux, étaient pendus par les pieds aux poutres du plafond pendant qu'un canon tirait des ballons de volley sur leurs corps martyrisés.

»Je me suis senti très mal devant ce trainement inhumain. Ryuji était blême.

_ Mon Dieu…

_ Merde… Ren, je les connais, ces types ! Ils font tous parti du club de volley ! Ce sont les élèves de Kamoshida !

_ Le brun qui se fait frapper au filet, là-bas, il est dans ma classe… J'avais remarqué ses blessures, mais je ne pensais pas… Et c'est moi le délinquant à éviter comme la peste…

_ Mec, faut qu'on les fasse sortir de là !

_ Oui.

_ Attendez un peu vous deux… C'est pour ça que vous vouliez trouver les prisonniers ? Les faire sortir ?

»Nous nous sommes retourné vers Morgana d'un même mouvement et Ryuji a explosé.

_ Tu croyais que je les cherchais pour quoi, le chat ? M'amuser de les voir souffrir ? Je suis pas un putain de psychopathe ! Ces gars sont pas mes potes, mais je vais pas les laisser crever pour autant entre les mains de ce monstre de Kamoshida !

_ Calme-toi blondinet, et je t'ai déjà dit d'arrêter de crier… Ecoute, c'est violent ce qu'on voit, mais ce n'est pas réel. Ces gens ne sont pas réels. Ils ne sont que le fruit de l'esprit tordu du maitre des lieux, ni plus ni moins… Mais… Mais je pense qu'ils doivent malgré tout subir quelque chose de similaire dans le monde réel.

_ Ça c'est certains ! Les joueurs de l'équipe de volley sont tous couverts de bleus ! Et Kamoshida m'a tout de même pété la jambe sans sourciller ! En plus, les rumeurs disent qu'il est sévère avec ses élèves, certains prétendent qu'il les frappe, mais ils changent vite d'avis… après s'être prit une sérieuse dérouillée….. Bon sang ! Merde, pourquoi personne ne dit rien ?! Qu'est-ce qu'on peut faire !?

_ Calme-toi Ryuji. On va retourner dans le monde réel, et on essaiera d'obtenir des preuves là-bas. Aller voir la police sans ne servira à rien, et si on leur parle de ce Palais, nous sommes bons pour un internement forcé à duré indéterminé.

_ Bouclettes a raison. Venez, mieux vaut ne pas nous attarder davantage.

»Nous avons fait demi-tour avant de nous faire repérer, Ryuji fulminant sur ce que nous venions de voir. Je le comprenais. Qui ne serait pas écœuré par un tel spectacle ?

»Nous sortions à peine du souterrain pour rejoindre le vestibule, prêts à nous enfuir, lorsque Kamoshida est arrivé.

»Il est descendu des escaliers de marbre avec un air royal, sa cape bruissant dans son dos, et tout le reste à l'air. Un spectacle répugnant et flasque pendouillant bêtement entre ses jambes poilues.

_ Imbéciles… Je te savais stupide, Sakamoto, mais pas à ce point ! Revenir alors que tu avais réussi à t'échapper…

_ La ferme ! On va te trainer en justice et…

_ Oh silence, tu me casses les couilles à brailler comme ça.

_ Si seulement…

_ Tu as dis quelque chose, le noiraud !

»Kamoshida m'a lancé un regard dédaigneux avec une moue dégoutée. Franchement, c'était moi qui l'étais le plus !

_ Ils me font perdre mon temps. Occupez-vous d'eux.

»Des armures se sont avancées vers nous, nous encerclant. Elles ont explosé pour laisser des Ombres jaillir, trois monstres ressemblant à des chevaux noirs, crinières et queues blanches… et cornes vertes derrière les oreilles.

_ Hé, c'est quoi ce bordel !

»Les monstres n'avaient rien à voir avec les petites créatures que j'avais déjà croisées. Beaucoup plus puissants. Ils se sont jetés sur nous avec une puissance colossale. Le premier coup de cornes m'a projeté au sol avant même que je puisse tirer mon couteau. Morgana a fait un vol plané à travers tout le vestibule et s'est écrasé contre un pilier. J'ai voulut me relever, mais Kamoshida a posé son pied entre mes omoplates, me clouant au sol. Il était fort, je devais au moins lui concéder ça…

_ Tu devrais vraiment apprendre à t'écraser, Sakamoto, et à rester à ta misérable place de mouche à merde puante ! Ton petit copain va se faire tuer, tout ça à cause de toi, parce que tu as encore une fois voulu jouer au héros… Je pensais que ce qu'il s'est passé avec l'équipe d'athlétisme t'avais servi de leçon ! Mais non, tu recommences à me défier ! Il faudrait peut-être que je te brise l'autre jambe, la première fois n'a pas suffit à te mettre du plomb dans la tête !

»Ryuji est tombé à genoux, le visage défait. Il a frappé le sol de son poing avec un sanglot étranglé.

_ Et merde…

_ J'aime mieux ça.

» J'ai tenté une nouvelle fois de me redresser mais le pied de Kamoshida s'est fait plus pesant sur mon dos.

_ Ryuji, ne l'écoute pas !

»Ryuji a relevé les yeux vers moi, presque étonné d'entendre ma voix.

_ Mais je…

_ Ne le laisse pas gagner ! Il va briser la jambe de combien d'autres coureurs si tu le laisses faire ?! Combien de rêve va-t-il anéantir pour satisfaire ses ambitions ?! Tu veux vraiment le laisser continuer impunément à détruire les gens !?

»Le pied de Kamoshida s'est éloigné de moi un bref instant avant de me frapper à l'estomac. Il savait cogner, pas autant que vos petits copains flics dont je viens de faire la charmante connaissance, mais il savait aussi donner des coups.

_ Silence, déchet !

_ C'est toi le déchet, Kamoshida !

»Ryuji s'est relevé en hurlant, furieux.

_ Tu es une raclure de la pire espèce ! Je ne te laisserais plus faire ce que tu veux des gens ! Plus jamais !

»A cet instant, je suis certain que Ryuji a entendu une voix dans sa tête, comme moi j'avais entendu celle d'Arsène. Il a hurlé de douleur en se tenant la tête. Ses yeux se sont ouverts à l'extrême, révulsés dans leurs orbites. Il est retombé au sol, se contorsionnant en hurlant de plus en plus fort sous le coup de cette douleur inouïe provenant de tout son être.

»Et puis plus rien. Il s'est redressé, un masque en forme de crâne noir couvrant son visage. Il l'a arraché avec un cri de rage, et des flammes bleues se sont déchainées tout autour de lui, repoussant les armures, les monstres, Kamoshida, tout. Un squelette habillé en pirate se tenait au-dessus d'un Ryuji au sourire effrayant, les yeux flamboyants. Il n'a pas prêté un regard à ses nouveaux vêtements de cuir noir, fixant Kamoshida avec une détermination haineuse.

_ Cette fois c'est fini, Kamoshida ! Massacrons-le, Capitaine Kidd !

»La Persona de Ryuji était puissante, très puissante. La violence de ses éclairs a balayé les Ombres comme si elles n'étaient rien. J'ai profité de la diversion pour me relever et passer à l'attaque avec Arsène.

_ Allez Ren, on va les éclater !

»Et c'est ce que nous avons fait. Une massive armure d'or s'est approchée et a explosé pour libérer le monstre enfermé à l'intérieur. Un chevalier en armure rouge monté sur un cheval… Je dois avouer que mon cerveau a mis quelques secondes à comprendre qu'une armure était sortie d'une autre armure. Avec un cheval ! Puis je me suis rappelé que c'était un monde psychique et que les lois du monde réel ne devaient pas s'appliquer ici.

»Ryuji s'est posé beaucoup moins de questions que moi et a foncé sur le chevalier sans se soucier de la lance qu'il brandissait.

»Profitant de la diversion qu'il m'offrait sans doute involontairement, je me suis glissé derrière le monstre, main tendue.

_ Eiha !

»Ça n'a pas été d'une grande efficacité, mais ça a suffit à détourner l'attention du monstre. Prit en tenaille, il a poussé un cri affreux et s'est élancé vers moi. Une rafale de vent la projeté au sol avant qu'il puisse me toucher. Morgana a atterri devant moi en brandissant sa lame courbe. Visiblement, sa rencontre intime avec le pilier ne l'avait pas marqué suffisamment pour l'empêcher de se relever.

_ Zio !

»L'éclair de Ryuji a jailli de sa paume gantée de jaune citron et a fracassé l'armure rouge. Elle aurait dû tomber en morceau, comme n'importe quelle armure, mais elle s'est simplement désintégrée en cendre noir, le cheval inclut.

_ Alors Kamoshida, qu'est-ce que tu dis de ça !

»Le roi nu s'est contenté de rire en nous regardant. Avec le recul je le comprends un peu. Nous étions dans un monde psychique, quelle importance que nous éliminions une ou cent armures, il pouvait toujours en invoquer autant que bon lui semblait.

_ Vous faites tellement de bruit…

»La voix qui venait de parler n'appartenait pas à Kamoshida. Elle était plus aiguë, comme celle d'une fille. Sa propriétaire est descendu des escaliers, et Ryuji a poussé un cri effaré que j'aurais très bien put émettre moi-même si j'avais été du genre expressif. Je connaissais cette fille aux cheveux blond cendré attachés en couettes, j'étais assit derrière elle en cours. Sauf qu'en cours, elle portait son uniforme de lycéenne, et pas un ensemble de lingerie en dentelle rose fuchsia qui ne laissait aucune place à l'imagination.

»Takamaki s'est approchée de Kamoshida d'une démarche chaloupée et s'est collée contre lui avec toute l'indécence dont elle était capable. Elle a affiché un sourire indolent lorsqu'il la serré contre lui avec force, sa main se fourrant immédiatement entre ses cuisses.

_ Dépêche-toi de les tuer, et reviens t'amuser avec moi… Suguru, tu sens comme j'ai envie de toi…

»L'expression de Ryuji reflétait son écœurement sidéré devant une telle scène. J'avais moi-même un gout acre dans la gorge, et si Morgana ne pouvait s'empêcher de trouver Takamaki jolie, lui aussi grimaçait en voyant cette chose flasque entre les jambes de Kamoshida se redresser.

_ Tu as raison… Ma petite Ann, je vais les tuer en te prenant contre ce pilier ! Tes cris d'amour couvriront leurs hurlements d'agonie !

_ Je suis à toi, Suguru, fais-moi ce que tu veux !

»Des armures sont brutalement apparut devant nous alors que Kamoshida écrasait Takamaki contre le pilier en arrachant sa lingerie si fine.

_ Ce type est un détraqué ! On ne peut pas rester là sans rien faire pendant qu'il…

_ La fille n'est qu'un double psychique, pas la vraie. Mais nous, nous sommes réels, et on ferait mieux de filer en vitesse avant de nous faire tuer ! Aller Zorro… Garu !

»Morgana à repousser deux armures avec ses bourraques, nous ménageant une brèche dans laquelle nous nous sommes engouffrés pour nous enfuir.