8 _ Premier péché : Le tournoi de volley

«Ryuji, Morgana et moi avons réussi à nous échapper et à nous retrouver à l'extérieur du château. Nous entendions les armures à l'intérieur courir en nous cherchant, leurs silhouettes se découpant par instants en ombres chinoises sur les vitraux colorés.

_ Bon sang… Merde quoi, qu'est-ce qu'elle faisait dans ce putain de château, Takamaki !? Qu'est-ce qu'elle foutait avec Kamoshida !?

_ Je vous l'ai dit, ce n'était qu'un double psychique, une simple matérialisation de la vision pervertie du maitre du Palais.

_ Donc il l'a voit comme une trainée à sauter n'importe où ?!

_ Je crois…

»Ryuji a passé sa main dans ses courts cheveux blonds, désemparé.

_ Merde, merde, merde ! Ren, il faut qu'on fasse quelque chose ! Les fantasmes de ce type… Torturer les mecs et… et faire ça à Takamaki ! C'est un psychopathe ! Un pervers complètement détraqué !

_ Oui… On se croirait dans un thriller.

_ Un quoi ?

_ Taisez-vous un peu, vous aller nous faire repérer !

»Nous nous sommes tourné vers Morgana. Il a croisé ses pattes en nous scrutant avec attention.

_ Ça m'arrange que vous vouliez agir. Nos intérêts concordent. Je vous ai dit que j'étais humain, non ? Je veux retrouver mon apparence originelle, et il faut donc que je mène l'enquête. C'est la raison de ma présence dans ce Palais, d'ailleurs. Vous allez m'aider. Nous allons aller tout au fond du Mémento pour trouver le moyen de lever la distorsion qui m'emprisonne sous cette apparence de chat.

»Ryuji s'est accroupi devant Morgana et lui a tapoté la tête.

_ T'es mignon le matou, et courageux avec ça ! Mais on a du boulot, Ren et moi. Allez Ren, on rentre !

_ Vous n'allez pas m'aider après tout ce que j'ai fais pour vous ? Bouclettes ! Tu fais parti de mon plan !

_ Je… vais y réfléchir.

»J'avais surtout envie de quitter cet endroit et de réfléchir à tête reposée à tout ce que j'avais vu et apprit. Nous avons quitté le Palais de Kamoshida aussi facilement qu'on change de pièce, et la voix synthétique de la veille s'est à nouveau élevée de mon téléphone pour nous souhaiter un bon retour dans le monde réel.

_ C'était vraiment réel hein, ce qu'on a vu…

_ Oui…

_ Ce type est à gerber ! Ren, je ne vais pas rester les bras croisés. Je vais aller voir les gars de l'équipe de volley et les convaincre de témoigner contre Kamoshida. On va lui arracher sa couronne en toc, à ce maudit roi ! T'es avec moi, Ren ?

_ Oui… De toute façon je n'ai rien à perdre, on me prend déjà pour un criminel en puissance. Je crois que tout le lycée savait que j'avais un casier judiciaire avant même que j'arrive !

_ Ouais… Tu sais, à ce propos… Je crois que c'est Kamoshida qui a ouvert sa gueule puante et t'a balancé. Y'a qu'un prof pour savoir ce genre de chose, et donc le balancer. Et vu ce qu'il a fait avec moi en racontant tout sur mes parents…

»J'ai hoché la tête. Au moins j'avais l'explication sur la façon dont tout le lycée savait pour mon casier, à défaut de savoir pourquoi il m'avait prit en grippe avant même de me connaitre. Connaissant vaguement le type, il aurait tout aussi bien put tenter de me mettre dans sa poche pour faire de moi sa main armée, m'envoyer tabasser ceux qui le gênait sans que lui-même ait à se salir les mains. Ou alors il savait déjà la vérité derrière cette histoire de casier.

_ Ren, je peux te poser une question ? A propos de ton casier…

_ Oui.

_ Ça me parait bizarre que t'en ai un. Je veux dire, t'es pas un mauvais bougre, t'es calme et sympa, alors je comprends pas comment tu as put être trainé en justice…

»J'ai haussé les épaules avec un sourire.

_ Tu me montres un endroit où on mange bien pour pas cher et je te raconte. Je t'avoue que cavaler dans ce… Palais m'a donné faim…

_ T'as trop raison ! Moi aussi j'ai la dalle ! Aller vendu ! Suis-moi, je connais un endroit super !

_oOo_

Sae poussa un profond soupir alors que Ren faisait une pause dans son récit pour tamponner sa lèvre fendue qui continuait de saigner.

_ Donc, ce Ryuji Sakamoto a été ton premier complice… Tu aurais put trouver mieux, il n'a pas inventé l'eau chaude.

_ N'insultez pas mes amis devant moi, Sae.

_ Des menaces ?

_ Qu'est-ce que j'ai à perdre ?

Il marquait un point. Elle pouvait se mettre à lui hurler dessus, ça ne serait jamais pire que ce qu'il venait de vivre aux mains de ses bourreaux. Il venait de le dire, il n'avait plus rien à perdre.

_ Nous sommes allé manger dans la rue principale de Shibuya et j'ai raconté à Ryuji ce que je vous ai déjà dit sur l'homme que j'ai prétendument tabassé à mort. Il m'a cru immédiatement, lui. Quand nous sommes sortis, je me souviens avoir bousculé quelqu'un par accident. Un garçon de mon âge, en uniforme scolaire gris et portant une mallette métallisée. J'ai une bonne mémoire, et ça m'a marqué parce que plus personne ne se promène avec ça de nos jours.

_ Un garçon avec une mallette ?

Sae cilla. Ce genre de détails ne la marquait jamais. Mais elle…

_ J'étais là, ce jour-là ! J'étais avec Akechi ! C'est lui que tu as bousculé ?

Ren s'est contenté d'incliner la tête.

_ Je vous parlerais de lui en temps voulu, comme pour le reste. Ce jour-là n'a été qu'une simple coïncidence. Après m'être excusé, j'ai rejoins Ryuji et nous sommes retourné à la gare, où nous nous sommes séparés pour rentrer chez nous.

»Il faisait nuit quand je suis arrivé au café Leblanc. Et Sojiro m'attendait de pied ferme à la porte.

_ C'est à cette heure-ci que tu rentres ? Tu ne fais pas de bêtises, au moins ? Je t'ai déjà prévenu, au moindre problème, je te mets dehors.

_ Je suis désolé. Je n'ai fait qu'aller manger avec un ami.

_ Un ami, hein ? Sûr ? Tu ne vas pas te fourrer dans les ennuis en fréquentant des gens louches ?

_ Bien sûr que non ! Je n'ai aucune envie de finir en prison vous savez.

_ Bon, j'ai envie de te croire.

»Mon téléphone a sonné au fond de ma poche mais je ne l'ai pas regardé. C'est une chose que je ne supporte pas, de parler avec quelqu'un qui fixe son écran, alors je ne le fais pas aux autres. Sojiro a eut l'air d'apprécier que j'ignore mon portable pour soutenir son regard.

_ Allez, je vais rentrer chez moi. Si tu as encore faim, il y a du curry dans le frigo, et du café que tu pourras réchauffer.

_ Merci. Passez une bonne soirée !

_ C'est ça, toi aussi.

»Une fois Sojiro parti, je suis monté dans mon grenier. Les messages reçus plus tôt venaient de Ryuji, comptant sur moi pour faire tomber Kamoshida de son piédestal. Et aussi pour m'informer que l'étrange application en forme d'œil s'était installée toute seule sur son téléphone. J'avoue que j'avais du mal à me concentrer sur sa salve de messages. La fatigue m'était tombée dessus sans crier gare, et je n'avais même plus le courage de lire mon livre du moment. L'histoire était drôlement bien pourtant, mais j'étais tout simplement épuisé. C'est un contrecoup du monde psychique vous savez, difficile de lutter contre ça ! Je me suis trainé en bas pour un rapide nettoyage au lavabo en me disant qu'il faudrait que je demande à Sojiro où se trouvaient les bains publics les plus proches parce que je n'allais pas faire des toilettes de chat toute l'année. Puis je suis remonté m'écrouler sur mon lit pour sombrer immédiatement dans un sommeil qui n'a pas était sans rêve.

»Oui, vous avez deviné, je me suis retrouvé une nouvelle fois devant Igor et les jumelles Caroline et Justine. Je ne comprenais pas vraiment à quoi rimait cette ''réhabilitation'' dont il me parlait dans mon rêve, de l'importance des liens que je devais nouer… Et pour être franc, je ne le comprends toujours pas plus maintenant ! Je comprends le principe, mais pas l'utilité… Qu'un gobelin et deux jumelles bizarres me disent dans mes rêves d'éviter la ruine comme si cela était la chose leur tenant le plus à cœur… A mon réveil, j'ai fait comme les fois précédentes et laissé au fond de ma mémoire ce rêve déroutant où je n'étais qu'un prisonnier dans sa cellule. Je n'avais aucune intention de me faire des amis parce qu'un type bizarre me l'avait demandé. Je voulais me faire des amis parce que j'en avais envie. C'est assez paradoxal quand on y pense, que quelqu'un comme moi veuille des amis… Je sais Sae, je m'égare de nouveau… Oui, ça doit être l'effet des drogues qu'ils m'ont injecté. Où en étais-je, déjà ? Ah oui…

»Le lendemain, le mercredi 13 avril, le lycée Shujin accueillait un tournoi de volley. Il était sur toutes les lèvres. Les filles piaffaient d'impatience à l'idée de voir Kamoshida jouer le match… Les élèves qui joueraient contre lui avaient beaucoup moins d'entrain. Il était fort, Kamoshida, détraqué, mais fort, et ils le savaient.

_ Fais gaffe à pas te prendre un smash en pleine face, Mishima !

_ C'est clair ! Ta maman va encore devoir coller des pansements sur tes bobos ! Elle te fait des bisous magiques pour qu'ils guérissent plus vite, aussi ?

»Mishima a simplement baissé les yeux sur ses poings serrés, se mordant les lèvres jusqu'au sang. Ce garçon ne répondait jamais aux provocations, encaissant sans rien dire. Il me faisait un peu pitié, je l'admets. Quelqu'un de gentil, sans doute un peu trop. On connait tous quelqu'un comme ça, qui se fait tout le temps avoir… Parfois, il suffit simplement de regarder dans un miroir pour rencontrer cette personne…

_ Bah alors Mishima, tu réponds pas ?

_ Bah, laisse-le, il est déjà pas capable d'encaisser l'entrainement de Kamoshida. Les autres ont quelques blessures, mais lui on dirait tout le temps qu'il a été passé à tabac. Le nul !

_ Fichez-lui la paix.

»Les regards ont convergés vers moi et je me suis traité d'imbécile. Merci à ma réputation de délinquant meurtrier multirécidiviste, oui, c'était nouveau cette histoire de plusieurs meurtres à mon actif. Grâce à ça au moins les élèves se moquant de Mishima sont retourné se rasseoir en maugréant. Mishima m'a vaguement regardé avant de détourner les yeux d'un air coupable. Oui, coupable. C'était comme si la culpabilité écrasait ce garçon au point de l'étouffer. Je l'ai vu dans ce bref regard, n'importe qui l'aurait vu. Sauf peut-être vous, Sae, vous qui êtes tellement persuadée de posséder la vérité que vous ignorez le reste du monde.

_oOo_

_ Espèce de sale petit…

_ Merdeux ? Si vous voulez… Il fait chaud ou c'est moi ? Ça doit être moi…

Sae se rassit en soupirant. Ren ne mâchait pas ses mots avec elle. Elle le regarda passer sa main gauche sur son visage d'un air fatigué. Il avait les yeux brillants, et ça n'avait rien à voir avec l'émotion. Il toussa dans son poing et se perdit quelques instants dans la contemplation du papillon sur son avant-bras. Il avait un sourire léger mais sincère sur les lèvres. Sae le regarda en espérant que son état ne serait que passager.

_ Reprends-toi, Ren Amamiya. Tu dois tout me raconter, tu te rappelles ? Que s'est-il passé, ce mercredi 13 avril ?

_ Hein ?... Ah oui… Le match de volley… Il a eut lieu l'après-midi. On nous a fait enfiler nos survêtements de sport, puis nous rassembler au gymnase pour y assister

La lucidité de Ren avait fait son retour, bien qu'il transpire toujours dans cette pièce où elle-même avait presque froid.

_ J'ai retrouvé Ryuji dans le gymnase et nous nous sommes assis ensemble. Le match opposait une équipe d'adultes à celle du club du lycée. Mishima était sur le terrain, et le moindre ballon s'approchant de lui avait l'air de le terrifier.

»Une frappe de Kamoshida l'a fait tomber, une simple frappe, mais je crois qu'il avait tellement peur qu'un simple souffle aurait eut le même résultat. Il connaissait Kamoshida, savait de quoi il était capable. Il souffrait, comme nous l'avions vu dans le Palais, et la peur que lui inspirait cet homme le pétrifiait.

»Assit à côté de moi, Ryuji regardait Takamaki. Est-ce que lui aussi repensait à sa version psychique pervertie par Kamoshida ? Sans doute, c'était le genre de chose impossible à oublier. Elle était assise à l'écart d'un groupe de fille encourageant Kamoshida avec de grands cris hystériques, silencieuse et impassible. Ses yeux bleus se sont soudainement écarquillés et j'ai reporté mon attention sur le match.

»Du sang éclaboussait le parquet si bien ciré, si brillant, sans la moindre trace de gomme laissée par une semelle. Mais rouge de sang.

»Mishima gisait par terre, un ballon de volley roulant doucement en s'éloignant de lui.

_ Putain le con ! Il l'a fait exprès de lui balancer un smash en pleine tête ! Et maintenant il va se la jouer héros plein de remords…

»Ryuji avait raison. Kamoshida s'est précipité vers Mishima avec une expression d'inquiétude qui n'atteignait pas ses yeux, mais son troupeau de groupies ne le remarquait pas, ça.

_ Je suis désolé mon garçon, je ne voulais pas ça… Que quelqu'un l'emmène à l'infirmerie !

»Quelques filles désireuses de se faire bien voir de Kamoshida se sont précipitées pour emmener Mishima, se glissant sous ses bras pour l'aider à marcher. Il était sonné, et son sang coulait à flot de son nez et de sa bouche, maculant son survêtement blanc. Il gagnerait de nouveaux pansements…

_ Ryuji, pourquoi les parents ne réagissent pas ? Normalement, quand tu aimes ton enfant, tu remues ciel et terre pour punir ceux qui lui font du mal, non ? Et le voir rentrer tous les jours avec de nouvelles traces de coups, c'est signe qu'il se passe quelque chose…

_ J'en sais rien… On en apprendra plus en menant l'enquête. Ce match est une aubaine, nous sommes certains de trouver tous les joueurs du club. Il faut qu'on aille leur parler, l'un d'eux craquera bien et parlera de ce que ce fumier leur fait subir !

_ Tu n'as pas tord… Mais tu crois vraiment qu'ils parleront à deux types comme nous ? Je viens d'arriver et ma réputation est encore plus déplorable que la tienne qui ne vole déjà pas très haut…

_ On a pas le choix, Ren. On peut pas laisser ce sac à merde continuer de martyriser les autres.

_ Ça ne coute rien d'essayer.

»Nous avons regardé le match jusqu'à la fin, puisque de toute façon les joueurs que nous avions vu se faire torturer dans le Palais étaient tous là. Le match terminé, les élèves se sont dispersés dans le lycée par petits groupes d'amis, discutant avec animation de cette belle rencontre sportive et du malheureux élève quand même bien nul qui n'avait pas été fichu de rattraper un simple ballon. J'avais de la peine pour Mishima, et plus de mépris encore pour Kamoshida.

_ C'est le moment Ren. Viens, on va les trouver. Outre Mishima, il y a un autre membre du club de volley dans ta classe je crois.

_ On va commencer par lui. Si c'est un camarade de classe de Mishima, ça fait un lien en plus du club de volley, peut-être qu'il parlera après ce qu'il s'est passé…

»Mais le type de ma classe n'a pas voulu nous parler, même quand nous lui avons dit que nous savions ce que leur faisait subir Kamoshida. Encore une fois, je me suis interrogé sur ce que faisaient les parents. Ce type avait carrément un bandage autour de la tête et couvrant son œil gauche ! Et personne ne réagissait ?

»Ryuji est ensuite parti interroger des élèves du côté du gymnase pendant que j'allais voir un troisième année avec qui il s'entendait très mal et qui ne parlerait certainement pas devant lui. Il n'a pas plus parlé devant moi, il faut bien l'admettre ! Malgré ses membres couverts de bandages, il parlait de Kamoshida comme d'un dieu vivant qui savait ce qu'il faisait pour mener une équipe au niveau national. Ses amis ne semblaient pas s'inquiéter outre mesure de ses blessures, et s'inquiétaient plutôt de la présence supposée d'un couteau de chasse que je trimbalerais partout avec moi. Difficile de cacher une telle arme sous un simple survêtement, mais ça ne semblait pas leur avoir traversé l'esprit.

»Ma réputation a également effrayé une élève de première année que Ryuji m'avait indiquée comme membre du club bien que nous ne l'ayons pas vue dans le Palais, alors que le simple fait que je prononce le nom de Kamoshida l'avait fait virer au vert. Je vous assure, elle était littéralement verte de peur ! L'idée que ce que j'avais vu dans le Palais entre Takamaki et Kamoshida ait son pendant dans la réalité m'a effleuré l'esprit, et si la fille ne s'était pas enfuie, je l'aurais sans doute un peu harcelée pour qu'elle avoue ce qu'il se passait. Il n'oserait pas… Tout de même pas ? Je craignais que si.

»Le dernier élève a qui j'ai parlé se trouvait devant le bureau du conseil des élèves, comme s'il hésitait à aller les voir. Il s'est jeté sur la présidente du conseil des élèves, une fille à l'air sévère, aux cheveux bruns coupé courts et aux yeux d'un carmin remarquable, lorsqu'elle est sortie, les larmes aux yeux. Il l'a suppliée de faire quelque chose, qu'il ne voulait pas avoir un coaching spécial comme Mishima. La présidente du conseil des élèves l'a regardé avec sévérité, comme si la gravité des faits lui était inconnue, ce qui était sans doute le cas. Le joueur de volley s'est enfui sans plus d'explications, comme si le simple fait d'avoir tenté de demander de l'aide était un crime de haute trahison. Dans l'esprit de Kamoshida, ça devait être le cas.

»Ryuji m'a appelé sur mon téléphone pour me demander de le rejoindre dans la cour, bien que son enquête soit aussi stérile que la mienne. Qu'est-ce qu'on s'imaginait, au juste ? Nous n'étions que deux lycéens normaux, et les plus impopulaires du lycée ou presque, par-dessus le marché.

»Je suis arrivé avant Ryuji dans un coin désert de la cour, à côté d'un distributeur. J'étais sur le point de m'acheter un jus de fruit pour passer le temps lorsque Takamaki est arrivée avec un visage déterminé bien loin de son expression langoureuse du Palais.

_ Amamiya, je veux te parler.

»Franche, directe. Cette fille avait bien plus de caractère que son double psychique issu des désirs pervertis de Kamoshida !

_ Je sais que tu as menti sur la raison de ton retard de l'autre jour, on s'est croisés trop près du lycée pour que tu te sois perdu aussi longtemps.

_ Je ne vois pas en quoi ça te concerne.

_ Tu es assit derrière moi en classe, j'aime autant ne pas avoir un type louche si près de moi. Surtout que tu es déjà un sacré cas avec la réputation que tu te traines. De plus, je t'ai vu t'agiter depuis la fin du tournoi de volley et interroger des élèves. Qu'est-ce que tu veux à Kamoshida ?