Résumé du chapitre précédent : Potter semble peu à peu accepter les visites de Draco chez Andromeda, mais leurs brefs échanges sont toujours tendus et froids. Fin Novembre, Draco assiste Potter à la garde d'Edward lorsque sa tante est malade.

Décembre 1998

Le mercredi suivant, Granger lui transmis une note de Potter en la lui tendant simplement à la fin de leur cours de Métamorphoses. Son écriture était petite, étroite, et les lettres semblaient tenter de se cacher les unes derrière les autres, mais Draco réussit à comprendre qu'Andromeda était remise d'aplomb et que Teddy allait bien.

Lorsqu'il la croisa à nouveau le lendemain au début de leur cours commun de potions, il profita de l'occasion qu'ils soient encore seuls dans la salle de classe.

« Tu pourras remercier Potter. » Dit-il maladroitement, le ton un peu trop ferme, conscient d'avoir utilisé la mauvaise formule lorsqu'il la vit retrousser le nez comme s'il l'avait insultée. « Si tu en as l'occasion. » Ajouta-t-il pour adoucir ses propos.

« D'accord. » Dit-elle doucement.

« Merci. » Il se détourna d'elle et commença à sortir les ingrédients dont il aurait besoin pour préparer la potion de mémoire demandée à ce cours ci.

« C'est bien que … Que tu ailles voir Teddy. » Hésita Granger derrière lui, et il la regarda par-dessus son épaule. « Vous êtes cousins, donc ... » Elle souffla de frustration, incapable de former correctement sa phrase, et Draco ne put que compatir. Il ne sut pas lui-même formuler une réponse.

D'autres élèves entrèrent dans la salle de classe et cela mit un point final à leur courte discussion.

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Le mois de décembre fut épuisant. Les examens d'entraînement aux ASPICs s'enchaînèrent, surchargeant Draco et le rendant encore moins réceptif à l'humour de Blaise. Son irritabilité et sa susceptibilité firent le tour de Serpentards, et il fut vite conscient qu'il avait intérêt à manger rapidement s'il ne voulait pas perdre inutilement son calme à table à force d'ignorer les petites piques lancées à son encontre.

Lorsque pour la troisième fois il fit face à la cravate de Blaise sur la poignée de la porte de son dortoir, il l'arracha violemment et entra dans la pièce sans prévenir pour voir Farley étalée sur Blaise dans le lit de ce dernier. Il jeta rageusement la cravate par terre et les foudroya tous les deux du regard.

« Dégage. » Cracha-t-il à la jeune fille, qui se détacha de Blaise avec une expression mauvaise.

« Sinon quoi, Malfoy ? » Demanda-t-elle alors que Blaise prononçait le prénom de son ami pour qu'il se calme.

« Est-ce que j'ai laissé sous-entendre que mon ordre était ouvert à la discussion ? » Demanda vertement Draco, conscient du fourmillement dans ses mains qui annonçait habituellement qu'il risquait de perdre le contrôle.

« Draco, c'est pas si- »

« La ferme Zabini. » Dit-il d'une voix dangereusement basse sans le regarder, trop occupé à soutenir le regard noir de Farley.

« C'est pas de notre faute si tu es mal baisé et que - »

Draco n'eut pas besoin d'entendre la fin de sa phrase. Son bras se tendit en avant, la baguette pointant le cœur de la jeune fille, et un sort l'atteignit en pleine poitrine, l'expulsant en arrière jusqu'à ce qu'elle s'écroule de l'autre côté du lit.

« Draco ! » S'exclama Blaise en se mettant à genoux sur son matelas, faisant la bêtise de tourner le dos à son ami pour essayer d'aider sa petite amie à se relever. Il se prit un sort entre les omoplates qui l'envoya s'écrouler par terre à son tour.

« La prochaine fois que vous m'empêcherez l'accès à mon dortoir, » Commença-t-il d'une voix blanche, baissant sa baguette. « Vos cicatrices vous suffiront comme preuve pour me dénoncer. » Termina-t-il, soutenant le regard furieux de Blaise dont la tête apparut de l'autre côté de son lit.

« Va te faire foutre Draco ! » L'entendit-il dire, et il pointa à nouveau sa baguette vers lui, son sort frôlant son crâne tant il avait vite baissé la tête. « MERDE ! Mais t'es taré ! » Hurla-t-il en se levant complètement, attrapant sa baguette sur sa table de nuit.

« Blaise. » L'arrêta Farley en se servant de lui pour réussir à se remettre sur ses pieds. Elle leva le menton avec une expression furieuse, mais contourna le lit pour pouvoir quitter la pièce. Blaise serra les dents en la suivant du regard, puis tourna les yeux vers Draco. Ils n'eurent pas besoin de prononcer un mot pour comprendre que quelque chose venait juste de s'abîmer entre eux.

Blaise suivit alors sa petite amie, ramassa sa cravate et quitta la pièce en claquant la porte derrière lui.

Draco mit de longues secondes avant d'être capable de décrisper son poing gauche qui menaçait de briser sa baguette, et il s'assit sur son lit en tenant ses mains tremblantes, incapable de cligner des yeux, incapable de calmer sa respiration. Si on le privait du seul refuge qu'il avait à Poudlard, il savait qu'il deviendrait fou. Il croyait que Blaise l'avait compris, mais il venait visiblement de perdre son seul allié.

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Le dernier week-end avant les vacances de Noël était un week-end de sortie à Pré-au-lard, et Draco eut la sensation qu'il avait attendu ce moment pendant des siècles. Complètement isolé du reste de sa maison, submergé de devoirs, épuisé et anxieux, il avait passé les dernières semaines dans un état pitoyable. Il avait constamment le ventre et la tête douloureux, il avait à peine d'appétit et son sommeil était perturbé de cauchemars enfumés et de rêves humiliants. Ses journées lui paraissaient à la fois floues et trop nettes, les bords trop tranchants, les couleurs trop vives alors qu'il avait l'impression d'évoluer dans le brouillard.

La seule chose à laquelle il arrivait à penser avec cohérence était à quel point il avait besoin de voir Edward, d'écouter son rire enfantin et de laisser la simplicité des moments passés avec lui l'apaiser un peu. La marche à travers le parc lui parut sans fin. Son cœur tambourinait dans sa poitrine, il avait les mains moites malgré le froid glacial qui soufflait des flocons de neige dans sa figure, et ce ne fut que la peur de glisser qui l'empêcha de courir.

Il transplana à peine sorti du périmètre de protection de Poudlard, emmenant son corps à l'endroit que son esprit ne voulait plus jamais quitter. La neige recouvrait le petit jardin de sa tante, s'amassant en couche blanche sur la pelouse et sur les branches des larges sapins. Ce fut Potter, portant la robe des Aurors, qui lui ouvrit la porte avec une brosse à dents dans la bouche, et Draco ne fut même pas capable d'ouvrir la sienne pour le saluer.

Potter dut voir quelque chose sur son visage puisqu'il ouvrit immédiatement la porte en grand, s'effaçant pour le laisser passer, et Draco longea le couloir en enregistrant seulement à ce moment-là les pleurs de Teddy. Il entra dans le salon pour voir son cousin sur les genoux de sa tante, le visage rougit de larmes et les poings serrés, des cris stridents sortant de sa bouche grande ouverte. Ses cheveux étaient rouge vif.

« Il fait une poussée de dents. » Lui expliqua Andromeda par-dessus ses hurlements. Elle eut une grimace, et il se débarrassa rapidement de son manteau et de son écharpe qu'il posa sur le canapé, et accepta de lui prendre son cousin des mains.

Le corps de Teddy était raide et légèrement humide de transpiration. Il était chaud, et Draco eut du mal à le prendre dans ses bras tant il gesticulait en hurlant. Malgré la douleur dans ses oreilles, il le serra contre lui, ignorant son propre besoin de réconfort pour essayer d'en apporter à son cousin. Il tenta de laisser sa magie l'envelopper, comme sa mère le faisait pour lui lorsqu'il était enfant, et marcha autour du salon sans s'en rendre compte.

Teddy hoquetait, les poings crispés dans ses vêtements. Potter apparut soudainement à côté de lui, une fiole à la main et un doigt enduit d'une pâte brune qu'il tenta d'appliquer sur les gencives de Teddy. Il dut faire plusieurs fois le tour de Draco tant le petit garçon tournait la tête pour lui échapper en pleurant de plus belle.

« Ne me mords pas Teddy ! » S'exclama soudainement Potter d'une voix plaintive, écartant son doigt avec les traits crispés. Le cousin de Draco cacha son visage contre son pull avec de pathétiques sanglots.

« Qu'est-ce que c'est ? » Demanda-t-il à Potter.

« C'est contre la douleur, mais ... »

« Ça a l'air dégueulasse. » Commenta Draco avec une moue dégoûtée.

« Ça l'est. » Admit Potter, grimaçant légèrement. « Allez Teddy. » Tenta-t-il encore une fois, prenant délicatement le menton du bébé pour lui faire tourner doucement la tête.

« Dadaaaaa ! » Pleura Teddy en refusant de se laisser faire, se crispant dans les bras de Draco dont le pull devait être à présent couvert du liquide s'écoulant du nez de son cousin.

« Si ce n'est pas moi qui le fait, c'est Dada ou Mamie. » Fit remarquer Potter, et Draco l'observa continuer ses tentatives avec de grands yeux avant que son torse ne soit secoué d'un fou rire malgré la situation.

« Tais-toi Malfoy. » Demanda Potter en tentant de se retenir de rire lui-aussi, sans réel succès. Il remonta ses lunettes d'un coup de poignet et réussit à appliquer un peu de pâte sur la gencive basse de Teddy qui se remit à hurler.

« Oh Merlin. » Rit Draco, incapable de se contenir. Il fallait qu'il s'asseye, rire lui donnait mal aux abdominaux, et le poids de son cousin n'aidait pas. « Tu m'as appelé Dada. » Ajouta-t-il, son rire s'intensifiant en entendant celui de Potter qui penchait la fiole au-dessus de son doigt. « Je peux t'appeler Ryry ? » Demanda-t-il en sentant des larmes atteindre ses yeux plissés.

Le rire de Potter se fit plus franc et il coinça la fiole ouverte entre le coude et les côtes de Draco. Il eut du mal à empêcher sa main d'être secouée par son amusement alors qu'il tentait d'empêcher Teddy de bouger la tête.

« Tais-toi Malfoy, t'as pas intérêt. » Dit-il avant de contracter la mâchoire pour contenir son fou rire. Draco ne savait pas comment Teddy l'appelait, mais il espérait que c'était au moins tout aussi ridicule que son propre surnom.

Potter réussit enfin à appliquer la pâte anti-douleur sur la gencive haute de son filleul, et il récupéra la fiole pour la reboucher. Il ne fallut que quelques minutes pour que Teddy se calme, sanglotant doucement contre Draco, dont le pull était à présent trempé. Il en profita pour s'asseoir et soulager ses bras douloureux, laissant son torse prendre tout le poids de son cousin. Andromeda s'installa à côté de lui avec un biberon contenant un liquide laiteux et légèrement rosé.

« C'est pour la fièvre. » Expliqua-t-elle lorsqu'il lui envoya un regard interrogateur. Il l'accepta et fit doucement pivoter Teddy qui n'accepta de décoller son visage de lui qu'en sentant le contact de la tétine au coin de sa bouche.

« Ça lui fait ça à chaque fois ? » Demanda-t-il en le regardant boire les yeux fermés, le visage toujours rouge et gonflé, une main tenant le pull de Draco et l'autre fermée autour du biberon comme s'il avait peur qu'on le lui enlève.

« Oui. C'est impressionnant, mais ça va passer d'ici quelques jours, le temps que les dents sortent. » Répondit calmement sa tante.

Teddy ouvrit des yeux ambrés et rougis et les fixa sur elle, comme s'il savait qu'elle parlait de lui. Elle se pencha pour lui caresser tendrement la joue et il referma les yeux au contact, continuant de boire. Son corps se décontracta peu à peu, se faisant plus lourd contre le bras de Draco dont le coude soutenait la tête couverte de cheveux perdant peu à peu leur couleur rouge pour virer à un blond foncé, légèrement ondulés. L'affection qu'il ressentait pour lui lui comprima étrangement le cœur, s'étendant en lui jusqu'à pousser sous ses côtes, et ce ne fut que la présence d'Andromeda à côté de lui qui l'empêcha de pleurer son soulagement de l'avoir enfin contre lui, d'être loin de Poudlard et de tout le reste de sa vie.

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Lorsque Potter réapparut, il avait perdu sa robe d'Auror et ses cheveux, malgré leur humidité, réussissaient l'exploit de partir dans tous les sens. Teddy s'était endormi, épuisé par ses pleurs, et Draco s'était lui-même laissé aller à somnoler.

« Tu devrais aller dormir, Harry. » Réagit Andromeda, sortant Draco de sa torpeur. Il vit Potter hausser les épaules et se tourner vers la bibliothèque du salon.

« Ça va, ça peut attendre ce soir. » Répondit-il, et même Draco sut qu'il s'agissait d'un mensonge. Andromeda soupira discrètement à côté de lui, et il lui jeta un coup d'œil qu'elle ignora au profit du livre qu'elle avait sur les genoux.

« Heu … Tu as des entraînements même la nuit ? » Supposa Draco, songeant au fait que Potter était en uniforme lorsqu'il était arrivé, et qu'Andromeda avait l'air de sous-entendre qu'il avait fait une nuit blanche.

« Hm. » Répondit vaguement Potter en prenant un livre. Draco se résolut à restreindre sa curiosité à l'avenir, puisque ses questions n'avaient pas l'air de l'enchanter. Il le vit retirer ses lunettes pour les nettoyer avec le bout de sa manche avant de les remettre sur son nez.

Puisque sa tante et Potter avaient l'air décidé à lire, il remua un peu dans le canapé jusqu'à être plus à l'aise et posa l'arrière de son crâne contre le dossier. Il laissa la respiration de Teddy et le bruit des pages qu'on tourne le bercer, la chaleur et le poids de son cousin contre lui l'apaiser, et s'endormit presque aussitôt.

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Draco fit la vaisselle pour la première fois de sa vie. Plus exactement, il essuya les plats que Potter lui tendait, essayant de ne pas les laisser s'échapper de ses mains à cause de leur humidité. Il se demanda pourquoi il n'utilisait pas la magie, mais eut l'explication lorsque Andromeda quitta la pièce en disant à Potter qu'elle le saurait s'il utilisait un sort plutôt que ses mains. Il entendit distinctement Potter jurer entre ses dents, et dut se mordre la langue pour ne pas rire.

« Qu'est-ce que tu fais après Poudlard ? » Lui demanda soudainement l'apprenti Auror après quelques minutes de silence.

Draco, qui était en train d'essayer d'atteindre le fond d'un verre avec un torchon, tourna le regard vers lui avec surprise. Est-ce que la réponse l'intéressait vraiment ?

« Je ne sais pas encore. »

« Andromeda dit que tu pourrais faire un peu tout ce que tu veux. » Nota Potter en lui tendant une assiette. Draco se dépêcha de poser le verre à côté de lui pour pouvoir la prendre. Il se trouvait incroyablement lent par rapport au rythme de lavage de Potter.

« Dans l'hypothèse où je réussisse tous mes ASPICs, oui. » Répondit-il, décidant de mettre de côté le fait que sa tante et Potter parlaient de lui quand il n'était pas là. Il ne savait pas si c'était une bonne ou une mauvaise chose.

« Il n'y a rien que tu aies envie de faire en particulier ? » Insista le Survivant.

Draco sécha maladroitement un côté de l'assiette en essayant de ne pas la laisser glisser de sa main.

« Je suppose que rester chez moi à ne rien faire n'est pas une option ? »

Potter haussa les épaules.

« Avant la guerre, qu'est-ce que tu voulais faire ? »

« Dominer le monde. » Répondit automatiquement Draco avant de pincer brutalement les lèvres. Pourquoi avait-il dit une chose pareille ? C'était une blague de l'époque avec ses proches. Il disait vouloir devenir Ministre de la Magie du Monde jusqu'à ce qu'il change d'avis et souhaite devenir Maître de Potions, Directeur de Poudlard, puis Attrapeur Professionnel.

Potter eut un drôle de rire à côté de lui et lui envoya un regard amusé qui stoppa le mouvement de la main de Draco tenant le torchon.

« Ça ne m'étonne pas tellement. » L'entendit-il dire avant qu'il ne retourne son attention vers le plat qu'il lavait. « Évite juste de dire ce genre de choses en public. » Ajouta-t-il avec un sourire de coin. Draco grimaça et ne releva pas. Il était clair qu'on risquait de mal prendre qu'un ancien Mangemort énonce ce souhait, quand bien même il ne s'agissait que de répéter les mots qu'il avait eu étant enfant.

« Plus sérieusement, je pense que je m'imaginais en politique. Mais je n'ai plus du tout envie de faire ça. » Avoua-t-il finalement.

« Hmm … Je peux imaginer pourquoi. » Murmura Potter en posant le plat propre devant Draco, qui se dépêcha de finir d'essuyer l'assiette.

« Pourquoi cette question ? » Demanda alors Draco, qui s'étonnait du soudain intérêt de Potter pour son avenir.

« Parce qu'Andromeda disait que si tu voulais entrer à Ste-Mangouste, elle pourrait t'écrire une recommandation. »

Le premier réflexe de Draco fut de rire, mais il s'arrêta en posant l'assiette. Potter n'avait pas l'air de plaisanter.

« Et idem si tu veux entrer à l'Académie des Aurors, je peux glisser quelques petites choses autour de moi. » Poursuivit le Survivant comme s'il n'était pas en train de sous-entendre qu'un Ancien Mangemort serait parfait pour devenir Medicomage ou attrapeur de Mages Noirs.

« Pourquoi tu ferais une chose pareille ? » Demanda-t-il d'une voix étranglée, l'esprit blanc de surprise.

« Pour Teddy. » Répondit simplement Potter, lui jetant un coup d'œil que Draco put interpréter comme une façon silencieuse de lui demander s'il était bête.

Draco ouvrit et ferma la bouche, puis prit le plat qui dégoulinait sur le plan de travail devant lui, essayant de donner du sens à leur discussion sans réel succès.

« Je ne pense pas que ce soit approprié. »

« De quoi ? » Demanda Potter en posant une seconde assiette devant lui.

« Moi. Auror. » Lâcha Draco inintelligiblement.

« Au contraire, je trouve que c'est assez approprié. Tu connais les Mages Noirs, tu connais leur façon de penser et d'agir. C'est un avantage. »

« Potter. » L'interrompit Draco en cessant d'essuyer le plat, se tournant vers lui. « Je ne sais pas si tu t'en souviens, mais j'ai une marque des ténèbres sur le bras. » Dit-il faiblement.

« Je m'en souviens. » Répondit Potter en levant les yeux au ciel. « Je me souviens aussi que tu ne m'as pas dénoncé quand les Rafleurs nous ont amené chez toi. Et que tout ce que tu as pu faire de condamnable ces dernières années, tu l'as fait pour te protéger et protéger tes parents. » Poursuivit-il doucement sans quitter la vaisselle des yeux.

Draco déglutit, son nez se mettant à piquer alors qu'il sentait des larmes monter. Il termina d'essuyer sommairement le plat, les dents serrées, jusqu'à ce qu'il se sente capable de parler sans fondre pathétiquement en larmes.

« Les autres ne voient pas les choses de la même façon que toi. » Murmura-t-il en prenant l'assiette devant lui avant que Potter ne pose un verre au même endroit. Il mit quelques secondes à répondre, et Draco pouvait voir que son profil était sérieux, fermé, presque dur.

« Les autres n'ont aucune idée de ce qu'on a pu vivre ces dernières années. » Dit-il finalement à voix basse, une certaine colère faisant étrangement vibrer sa voix.

Draco garda les yeux baissés sur sa tache pendant que Potter se rinçait les mains et les essuyait. Il le laissa ranger ce qu'il avait déjà séché, et avant qu'il ne quitte la cuisine, il l'entendit s'adresser à nouveau à lui.

« Si tu choisis l'une des deux options, préviens-nous. »

Draco tourna la tête vers lui, mais Potter avait déjà disparu dans le couloir.

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La dernière semaine de cours avant les vacances de Noël fut moins éprouvante que les précédentes, mais Draco, terriblement seul, s'enfouit sous ses révisions et ses devoirs. Blaise lui fichait la paix, profitant du relâchement de leurs cours pour traîner avec les autres Serpentards dans la Salle Commune. Ils ne s'adressaient pas la parole, ne se regardaient pas, et quand bien même Draco trouvait la réaction de son ami disproportionnée, il ne fit rien pour arranger la situation. Si quelqu'un lui manquait, ce n'était pas Blaise.

Ceux qui lui manquaient était Teddy, et à la limite Pansy, avec laquelle il avait plus ou moins grandi. Il l'avait connue assez longtemps pour la connaître par cœur, et même si elle dépassait parfois les bornes, ignorant la volonté des autres pour ne servir que son intérêt, Draco avait passé de bons moments avec elle. Il ne pouvait pas souhaiter qu'elle soit avec lui à Poudlard, parce qu'il savait que derrière la brute se cachait une fille sensible, et elle n'aurait sans doute pas supporté de revenir. Il se résolut à faire le premier pas et à lui écrire pendant les vacances, voire même à lui envoyer un cadeau.

Pour occuper le temps qu'il ne passait pas à relire ses cours pour la centième fois, il fit des listes de ce qu'il voulait faire pendant les congés, quels cadeaux acheter pour sa famille, en particulier pour Teddy et Andromeda, et se demanda un instant s'il devait en acheter un à Potter. Cette idée lui parut tellement bizarre qu'il l'abandonna aussitôt.

Il ne mit pas longtemps à décider de quitter Poudlard pour Noël. Certes, il n'avait pas particulièrement envie de subir les dîners avec son père, ni les incessantes questions et attentions factices de sa mère, mais quitter l'école lui permettait de rendre visite à Edward aussi souvent qu'il le souhaitait, et ses parents étaient bien un moindre mal s'il gagnait cela en échange.

Il se surprit à repenser régulièrement à la discussion qu'il avait eue avec Potter, alors qu'il essayait sans succès de la repousser au fond de son esprit. Il ne pouvait pas penser à son avenir maintenant. Son présent était déjà trop chargé, trop lourd à porter, pour qu'il se préoccupe de ce qu'il allait devoir faire dans quelques mois et ajouter cette angoisse à celle qu'il ressentait déjà. Mais c'était plus fort que lui. Lorsqu'il mettait sa réputation de côté, il pouvait admettre que devenir Medicomage pouvait être intéressant et épanouissant. Les études étaient difficiles, assez pour le stimuler, et le métier en lui-même devait être passionnant. S'imaginer Auror était moins aisé. Il était un froussard, préférant travailler en sécurité, dans l'ombre et le secret. Il n'était pas un homme d'action, il le savait. Mais il était tentant pour lui de s'imaginer enfin du bon côté, de se voir atteindre la rédemption qu'il espérait en participant à la capture de ceux qui l'avaient terrorisé aux côtés de Voldemort. Il était doué en sortilège, il savait se défendre en duel et était particulièrement bon lorsqu'il s'agissait de se protéger. Il savait qu'il était magiquement capable de devenir Auror, mais l'était-il psychologiquement ? Ça lui paraissait de toute façon très improbable que le Ministère accepte sa candidature, peu importe ce que Potter leur disait.

Que pouvait-il leur dire, d'ailleurs ? Que Draco s'occupait relativement bien de son filleul, et qu'on pouvait donc lui faire confiance ? C'était un peu faible, comme argument, même provenant de Harry Potter.

McGonagall ayant donné l'autorisation aux élèves majeurs de transplaner plutôt que de prendre le Poudlard Express pour rentrer chez eux, Draco marcha sur la route familière menant à la grille de l'école, mais prit quelques longues secondes à imaginer l'entrée du Manoir. Il avait l'impression qu'il n'y était pas retourné depuis des années, et l'image ne s'imposa pas facilement à son esprit. Il finit par abandonner, et transplana devant chez sa tante, là où il désirait vraiment aller.

Andromeda lui ouvrit avec une expression d'abord surprise, puis sourit en l'invitant à entrer. Teddy était assis par terre dans le salon, les cheveux étrangement gris et les yeux oranges, et il sautilla sur ses fesses en le voyant arriver, prononçant son surnom d'une voix excitée. Draco s'accroupit pour l'embrasser, puis le souleva pour le prendre contre lui lorsque son cousin en exprima l'envie en levant les bras.

« Comment vont tes dents ? » Demanda-t-il de façon rhétorique à Teddy, se tournant vers Andromeda pour avoir la réponse.

« Elles sont sorties, donc ça va mieux. » Dit-elle avec un sourire attendri. « Et toi, comment vas-tu ? Soulagé d'être en vacances ? »

« Assez, oui. » Admit-il. « J'ai beaucoup de choses à terminer pour la rentrée, mais je devrais avoir le temps de passer une fois de temps en temps, si ça ne vous dérange pas... » Ajouta-t-il avec hésitation.

« Pas du tout, Draco. » Répondit rapidement sa tante avec un geste de la main lui signifiant qu'il venait de dire une bêtise. « Je ne suis jamais contre un peu d'aide. Tu peux même dormir ici, si tu veux. »

Il ouvrit un peu la bouche de surprise, une boule d'émotion explosant sous ses côtes, et il sourit maladroitement en serrant Teddy un peu plus fort. Son cousin protesta faiblement et il desserra légèrement son étreinte.

« C'est gentil, merci. »

Andromeda lui tapota le bras avec une expression amusée.

« C'est normal, Draco. » Dit-elle, l'affection tellement claire dans son regard qu'il eut une soudaine envie de la serrer contre lui elle-aussi, cette femme fière et aimante que sa famille avait osé repousser. « Ne pleure pas, s'il-te-plaît, je me débrouille mieux pour consoler les enfants que les adultes. » Ajouta-t-elle avec le regard brillant.

Draco eut un rire étouffé, sa phrase le piquant droit dans sa fierté, et il se redressa, haussant les sourcils.

« Qui pleure ? » Demanda-t-il d'un ton faussement hautain.

« Dada ! » Intervint Teddy en lui frappant le torse du plat de sa main, lui signifiant qu'il voulait qu'on le lâche, et il se baissa pour le poser par terre sous le rire d'Andromeda.

« Tu tombes bien, à vrai dire. J'ai quelque chose à déposer chez une voisine. Je peux vous laisser quelques minutes ? » Demanda-t-elle.

Draco allait répondre à l'affirmative avant de songer qu'il allait se retrouver seul avec Teddy. Il était à la fois très touché par cette marque de confiance et terrifié à l'idée que quoi que ce soit arrive en l'absence de sa tante.

« Et s'il se passait quelque chose ? » Demanda-t-il faiblement.

« Comme quoi ? » S'étonna Andromeda.

« Et bien ... » Hésita-t-il, cherchant un exemple qui l'empêcherait de le laisser tout seul avec un enfant de huit mois.

« Si tu as le moindre problème, Harry dort à l'étage, mais je doute que tu aies besoin de lui. » Réfléchit sa tante en détournant pensivement le regard.

« D'accord ... » Souffla finalement Draco. Est-ce que Potter vivait ici ?

« Je n'en ai que pour quelques minutes. J'essayerai de garder le bavardage au minimum. » Sourit-elle.

« Non, non, ne vous en faites pas. Prenez votre temps. » Tenta-t-il de la rassurer. Elle ne devait pas avoir souvent l'occasion de sortir depuis qu'elle s'occupait de Teddy, ça lui paraissait assez injuste de la retenir à cause de ses angoisses irrationnelles.

« A tout de suite. » Dit-elle finalement en quittant le salon.

Draco baissa les yeux vers son cousin, et se débarrassa enfin de son manteau et de son écharpe. Il les posa sur l'accoudoir d'un fauteuil usé et s'assit sur le tapis à côté de Teddy qui tripotait paisiblement ses jouets. Son cousin testa la résistance de quelques objets en les secouant, les yeux grands ouverts, et les lui tendit lorsqu'il s'en désintéressait, passant ensuite au suivant. Draco cessa de penser et laissa Edward absorber toute son attention. Il sentit son corps se détendre, l'angoisse dans son ventre se dénouer avant de disparaître, et son visage perdre de la tension qui lui donnait mal à la tête.

Après quelques minutes, il entendit des pas dans l'escalier et tourna la tête à temps pour voir Potter arriver dans le salon avec un pantalon de pyjama aux motifs écossais et un simple T-shirt noir. Une longue cicatrice courait le long de son bras gauche jusqu'à disparaître sous sa manche, et il avait un hématome presque noir sur la gorge.

Ils se fixèrent un instant avec surprise, surtout de la part de Potter, avant que Draco ne se souvienne des règles basiques de politesse.

« Bonjour. » Dit-il sans bouger de sa position en tailleur.

« Salut. » Répondit Potter d'une voix enrouée. Cela attira l'attention d'Edward qui tourna la tête dans sa direction. « Bonjour Teddy. » Sourit alors l'apprenti Auror en avançant dans le salon jusqu'à ce que ses pieds nus foulent le tapis.

Edward rampa dans sa direction avec un « Paha ! » excité et laissa Potter le soulever. Maintenant qu'il n'avait plus aucune raison d'être par terre, Draco se leva maladroitement et lissa son pantalon pendant que le Survivant murmurait à l'oreille de son filleul d'une voix douce. Draco se sentit étrangement mal à l'aise d'assister à ce genre de choses.

« Ah, Teddy, tu pues. » Réagit-il soudainement, le tenant à bout de bras. « Ou c'est moi qui pue. » Ajouta-t-il avec un froncement de sourcils. Draco ne put s'empêcher de ricaner, et Potter lui envoya un regard fourbe. « Tu veux le changer ? »

« Heu, d'accord. » Répondit-il facilement. Ce n'était pas comme si c'était une corvée.

Potter lui tendit le bébé qui gloussa bizarrement avant de souffler comme un cheval, et Draco se prit son odeur en pleine figure.

« Oh put-Salazar. » Grogna-t-il, se rattrapant à la dernière minute. « C'est lui qui pue. » Confirma-t-il, le prenant malgré tout contre lui avec une grimace. Il n'était pas sûr de savoir le tenir correctement s'il ne le portait pas ainsi.

« Put-Salazar ? » Répéta Potter avec un rire. Draco l'ignora et traversa le salon pour rejoindre les escaliers, l'apprenti Auror sur ses talons jusqu'à ce que celui-ci bifurque vers la cuisine.

Draco changea Teddy plus rapidement que la dernière fois, même si son cousin n'y mit pas beaucoup du sien. Cette fois-ci, il n'était pas à moitié endormi, et persistait à essayer de rouler sur le côté pour se mettre sur le ventre.

Lorsqu'il retourna au rez-de-chaussée avec un bébé aux cheveux violets dans les bras, Potter lisait la Gazette du Sorcier en mangeant des céréales, une expression sidérée sur le visage. Il s'était installé sur le canapé du salon, le journal sur la table basse et le bol entre ses cuisses. Il avait les cheveux en pétard et la marque sur son cou attira encore l'œil de Draco.

Il posa Teddy par terre près de ses jouets et s'installa lui-même dans le fauteuil juste à côté. Potter faisait tomber la moitié du contenu de sa cuillère dans son bol avant qu'elle n'atteigne sa bouche, mais il n'avait pas l'air de s'en rendre compte, tant il était absorbé par sa lecture.

« C'est le Match Chudley contre Falmouth qui te met dans cet état ? » Demanda Draco après un moment.

Potter ne lui répondit pas immédiatement, mettant quelques secondes à détacher son regard du journal en mâchant ses céréales, puis à regarder dans sa direction.

« Hein ? » Demanda-t-il de façon éloquente.

« Quidditch ? » Résuma Draco.

« Ah, oui. Quel match ridicule ... » Souffla Potter en secouant légèrement la tête avec un air désabusé. Il détourna le regard pour passer à la page suivante. « L'entraîneur des Chudley n'a vraiment plus toute sa tête. »

C'était effectivement une façon de tourner les choses.

« Si moi aussi j'avais pu prétexter que la neige était une tentative de tricherie de l'équipe adverse, j'aurais gagné plus souvent. » Remarqua Draco.

Potter pouffa de rire, sans doute trop surpris par sa remarque pour exprimer quelque chose de plus viril, et tourna un regard amusé dans sa direction.

« Même avec ça ... » Provoqua-t-il.

Draco haussa les sourcils.

« Vantard. »

« Tu peux parler ! » Rétorqua Potter avec un rire. Draco sourit un peu, puis tourna les yeux vers Teddy qui, étalé sur le ventre, tapotait tranquillement un livre dont les pages étaient couvertes de textures différentes.

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Retourner chez lui fut difficile. Il accepta l'étreinte de sa mère, se sentant un peu coupable en voyant l'expression soulagée sur son visage et en l'entendant lui dire à quel point il lui avait manqué. Il lui dit la même chose, mais n'était pas certain de réellement le ressentir. Il avait cette sensation désagréable que ses effusions étaient exagérées. Depuis la fin de la guerre, il avait la suspicion que le changement de camp de ses parents n'avait été que pour s'assurer de la sécurité de leur héritier, et non par simple amour viscéral. Il avait toujours été conscient de son importance pour sa lignée, il en avait même tiré de la fierté, mais il se rendait à présent compte à quel point cela manquait d'émotion. C'était d'autant plus flagrant de la part de son père, qui depuis que Draco était majeur, ne lui adressait réellement la parole que pour lui rappeler l'importance de leur famille et de sa continuité.

Il se sentait trahi, parce qu'ils l'avaient entraîné sur la voie la plus dangereuse qui soit, n'attendant que leur défaite imminente pour se souvenir qu'ils avaient un fils à protéger. A chaque fois qu'il pensait à eux, qu'il les voyait, qu'il leur parlait, il ne pouvait se souvenir que de ça.

Une fois ses bagages rangés dans sa chambre, il resta un moment assis à son bureau sans savoir quoi faire de lui-même, puis sortit ses listes pour continuer à réfléchir à des cadeaux appropriés pour Noël. Il savait que Teddy serait content, peu importe ce qu'il lui donnait, mais il avait envie de lui offrir quelque chose de spécial, qui marquerait son premier Noël. C'était assez futile, il en était conscient. Il ne se souvenait pas de ses propres premiers cadeaux de Noël. Mais c'était aussi pour lui-même qu'il voulait le faire. Il voulait se prouver à lui-même qu'il faisait partie de la vie d'Edward, et donner une forme à cette preuve. Il fallait quelque chose de durable, de solide, quelque chose qui l'accompagnerait toute sa vie.

Pour Andromeda, c'était un peu plus compliqué. Elle aimait lire, s'occuper de son jardin, mais il ne savait pas grand-chose d'elle. Sa tante allait passer son premier Noël sans son mari et sa fille, et l'événement allait sans aucun doute être douloureux, quand bien même Potter et Teddy serait avec elle.

Draco se rendit compte qu'il avait envie d'être avec eux, lui-aussi, peu importait son embarras et sa sensation de ne pas être assez bien pour leur compagnie. Il ne voulait pas passer le premier Noël de Teddy loin de lui, ni laisser Andromeda seule pour cette difficile occasion. Ils l'avaient accepté dans leur vie, et il aurait la sensation de les trahir s'il ne les rejoignait pas.

Mais il pouvait difficilement s'extraire de la traditionnelle veillée de Noël que ses parents organisaient chaque année. Rien que d'y penser, Draco se sentit mal. Il préférait passer Noël dans sa chambre plutôt que de supporter les discours de son père pendant toute une nuit, et de voir l'air faussement affectueux de sa mère. Il posa sa plume et ses coudes sur son bureau. Il souffla, les mains dans les cheveux, cherchant une échappatoire.

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Lucius tourna une page de son journal avec une expression irritée et Narcissa porta son thé à ses lèvres en gardant le regard fixé sur Draco, qui tenta de l'esquiver en observant le motif brodé sur la nappe du petit salon dans lequel ils prenaient leur petit-déjeuner. Dans cette pièce, il avait vu les Carrow torturer un né-moldu dont il n'avait jamais su le nom, et il ne pouvait pas manger sans avoir un haut-le-cœur en se souvenant de ses cris.

« Que penses-tu faire aujourd'hui, Draco ? » Lui demanda sa mère.

« Je vais au Chemin de Traverse. » Répondit-il en reposant son toast. Il l'avait à peine entamé mais n'avait déjà plus faim.

« Oh, excellente idée, je vais y aller avec toi. »

Il grogna intérieurement, tentant de ne pas afficher son irritation.

« J'y vais pour ton cadeau, je ne préférerais pas... » Mentit-il.

« Oh ... » Sourit sa mère. « Très bien. Une prochaine fois alors. »

Il lui sourit faussement et termina son thé.

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Il n'était pas certain que s'exposer au Chemin de Traverse tout seul était une très bonne idée, mais il put faire quelques achats en paix et étudier d'autres possibilités. Il comptait offrir un bracelet enchanté à Teddy, une sorte de bracelet de naissance qui grandirait avec lui. L'enchantement coûtait cher, mais il n'avait pas trouvé de cadeau plus approprié à offrir à son cousin.

Lorsque la Sorcière de la bijouterie magique lui demanda s'il attendait un heureux événement, il la fixa sans comprendre, avant de se demander comment elle pouvait croire une chose pareille. Ne l'avait-elle pas reconnu ?

Il paya pour le bracelet, une fine chaîne d'or blanc, et négocia de ne payer pour l'enchantement qu'une fois qu'il aurait récupéré le bijou dans les jours suivants. Il avait choisi de ne pas prendre l'argent comme métal, le père de Teddy ayant été un Loup-Garou, il était possible qu'il y soit allergique.

Il sortit du magasin, priant pour que sa chance ne tourne pas et qu'il ne croise personne, quand il repéra un groupe d'Aurors sortant de l'allée des embrumes à quelques pas de là. Il remarqua immédiatement la touffe rousse de Weasley, suivie de près par un Potter à l'air énervé. Londubat marchait devant eux, et d'autres Aurors plus âgés les entouraient. Les seules personnes à ne pas être en uniforme dans leur groupe étaient deux hommes à l'air patibulaire que les autres encadraient. Draco ne sut pas les reconnaître, mais il était fort probable qu'il s'agisse de Mangemorts ou de Sorciers ayant profité de la montée de Voldemort pour se remplir les poches sur le dos de leurs voisins.

Potter le repéra et lui adressa un vague signe de main. Alors que Draco y répondait avec hésitation, Weasley suivit le regard de son meilleur ami puis fixa Potter avec une expression éberluée. Draco baissa la main et poursuivit sa route alors que le groupe d'Aurors lui tournait le dos pour escorter ses suspects au Ministère. De nombreuses personnes s'arrêtèrent pour les regarder passer, et il pouvait voir Weasley parler à Potter puis jeter un coup d'œil en arrière vers lui. Draco l'ignora et entra chez Fleury & Bott.

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Après que sa mère se fut imposée deux fois dans ses plans, Draco cessa de lui dire ce qu'il comptait faire de ses journées et s'échappa discrètement du Manoir pour aller voir Teddy et poursuivre ses achats de Noël. Il ne croisa plus Potter, que ce fut aux Chemin de Traverse ou chez sa tante, et cela lui laissa l'occasion de discuter avec Andromeda.

La Sorcière cachait parfaitement bien ses émotions et avait l'œil suffisamment aiguisé pour voir à travers le masque de Draco, mais elle le laissa prétendre qu'il se sentait bien, et ne fit que lui glisser quelques conseils de patience et d'acharnement. Si n'importe qui d'autre s'était adressé ainsi à Draco, il n'aurait pas supporté qu'on lui donne des leçons, mais le ton de sa tante était mesuré, doux, et elle était assez subtile pour qu'il soit forcé de réfléchir à ses mots pour pouvoir y répondre, et le temps qu'il le fasse, elle s'attelait déjà à une autre occupation.

Il ne pouvait pas passer plus de quelques heures avec Teddy sans que ses parents ne se posent trop de questions, si bien qu'il se forçait à retourner au Manoir avant dîner et à manger avec ses parents. Il s'inventa un emploi du temps, prétendant qu'il travaillait avec Blaise. Leurs mères ne s'entendaient pas, il y avait donc peu de risque que Narcissa découvre qu'il lui mentait.

Il la sentit plus d'une fois tenter de lire dans son esprit, mais sa sœur Bellatrix avait été un professeur trop violent et intransigeant pour qu'il ne sache pas bloquer l'accès à ses pensées aussi facilement qu'il pouvait lever sa fourchette.

« J'ai envoyé un cadeau à Pansy, aussi. » Ajouta-t-il un soir, mettant une dose de vérité dans son mensonge.

« Vraiment ? » Sourit brièvement sa mère.

« Quel intérêt ? » Réagit soudainement son père, qui participait rarement à leurs discussions à table.

Draco fronça un instant les sourcils mais se dépêcha d'effacer toute expression de son visage lorsqu'il répondit.

« Je m'entendais bien avec elle, je trouvais dommage de ne plus avoir de contact. » Expliqua-t-il.

« Ne perds pas ton temps. » Gronda Lucius. « Sang-pur ou pas, sa famille n'a plus le standing nécessaire pour s'allier à la nôtre. »

Draco s'efforça de mâcher lentement le morceau de viande qu'il avait mis dans sa bouche pour éviter de cracher à la figure de son père qu'il se moquait bien des plans qu'il avait pour son fils. Il savait que ses parents avaient longtemps considéré la fille des Parkinson comme une future belle-fille, et Draco devait admettre qu'il ne s'en était pas tellement préoccupé. Avant l'accélération de la guerre pendant sa sixième année, l'échéance d'un mariage lui paraissait trop éloignée pour s'en inquiéter, et à partir de l'ordre de Voldemort de tuer Dumbledore et de faire entrer les Mangemorts à Poudlard, il était bien trop inquiet de sa propre survie pour se rappeler qu'il allait potentiellement devoir épouser Pansy.

« Je ne lui ai pas envoyé de cadeau dans l'optique de - »

« Courtise plutôt une Greengrass. » Le coupa son père sans le regarder, tendant la main vers son verre de vin. « Leur famille manque d'ambition, mais elle reste respectable. »

Draco le fixa avec horreur avant de tourner le regard vers sa mère qui posait la main sur l'avant-bras de son père, un mince sourire sur les lèvres.

« La plus âgée des deux, Daphné, je crois ? Elle n'a même pas passé ses ASPICs. Je pense que la plus jeune conviendrait mieux. » Intervint-elle d'une voix douce.

Draco posa sa fourchette à côté de son assiette, une panique sans nom s'insinuant dans ses veines. Son regard passa de sa mère à son père, qui se regardaient l'un l'autre avec une expression songeuse.

« Astoria, n'est-ce pas ? » Demanda Lucius. « Je pense que leur père comptait plutôt sur le rejeton Zabini pour Daphné, de toute façon. »

« Ah, comme si le fils d'Enora allait hériter de quoi que ce soit. Elle aura tôt fait de dilapider toute sa fortune avant de mourir ! » Rit légèrement sa mère avant de regarder dans la direction de son fils. « Qu'en penses-tu Draco ? Astoria pourrait tout à fait convenir, n'est-ce pas ? »

Il ne fallut que quelques secondes à supporter le regard conjugué de ses parents pour qu'il se lève brutalement, le sang sifflant dans ses oreilles, sortant de table sans en avoir l'autorisation. Il eut à peine le temps de parcourir quelques mètres en direction de la porte que son père s'adressait déjà à lui d'une voix glaciale.

« Draco. Assieds-toi tout de suite. » Commanda-t-il.

Il ne fut pas difficile d'ignorer son ordre. Draco avait l'estomac dans sa gorge, un torrent de pensées rageuses tourbillonnant dans son esprit. Comment pouvaient-ils continuer d'espérer qu'il allait leur obéir, alors que leur volonté avait failli le mener à sa propre perte ? Ne voyaient-ils pas qu'il y avait plus important, plus urgent qu'un mariage pour reconstruire ce qu'ils avaient détruits ? Ne comprenaient-ils pas qu'ils avaient déjà ruiné la moindre chance pour lui de vivre heureux, d'atteindre ses propres rêves ?

La porte se ferma dans un claquement devant son nez, l'empêchant de passer, et il secoua inutilement la poignée pour tenter de l'ouvrir. Il se tourna ensuite vers ses parents, son père le fixant avec fureur et sa mère affichant une expression à la fois peinée et perplexe.

« Laisse-moi sortir. » Ordonna-t-il à Lucius.

« Reviens à table immédiatement. » Contra son père. « Et ne me manque plus de respect. » Ajouta-t-il froidement.

Draco n'avait pas besoin d'entendre ses menaces. Il ne connaissait que trop bien les punitions de son père, mais la crainte d'un Endoloris n'était même pas suffisante pour le faire reculer. La simple idée de laisser son père tenter de garder le contrôle sur lui et lui réserver le même sort qu'à ses ennemis suffit à l'enrager, et il sentit son corps se tendre, un fourmillement courir dans ses poings serrés.

« Laisse-moi sortir. » Répéta-t-il à voix basse.

« Draco, assieds-toi s'il-te-plaît. » Demanda sa mère, sa voix qui tentait d'être douce ne cachant pas l'irritation sur son visage.

« Non ! » Cria-t-il soudainement. « Vous n'avez plus le droit de me dire ce que je dois faire ! Vous ne pouvez plus me dicter ma vie ! »

« Dra- » Tenta de l'interrompre son père, se levant rapidement.

« Vous avez détruit tout ce que j'avais ! » Poursuivit-il, sentant la peine serrer sa gorge. « Vous avez fait de moi un paria, et je devrais vous aider à tout réparer ?! » Il eut un rire désabusé qui secoua son torse soudainement brûlant. « Est-ce que vous avez une seule idée de ce que j'ai vécu à cause de vous ?! A CAUSE DE TOI ! » Hurla-t-il dans la direction de son père, ignorant la menace de sa baguette pointée sur lui. « VAS-Y ! Jette moi un sort et attends de voir le Ministère débarquer ! » Nargua-t-il malgré ses yeux embués de larmes.

Narcissa posa la main sur le bras de son mari, tendant de lui faire baisser sa baguette. Draco fut intimement persuadé qu'elle ne le faisait que par crainte de voir Lucius être à nouveau enfermé, et pas qu'il le blesse.

« Et à cause de qui nos baguettes sont surveillées, rappelle-moi ? » Demanda-t-il dans un rire jaune, sentant ses bras se mettre à trembler. « A cause de qui est-ce que je dois retourner à Poudlard, où tout le monde me hait, pour passer le plus d'ASPICs possible et espérer pouvoir ensuite vivre décemment ?! »

Personne ne répondit à sa question. Le visage de sa mère était fermé, illisible, et Lucius soufflait doucement par le nez comme pour contenir sa rage. La gorge déjà nouée de Draco s'étrécit encore, et il serra les dents pour lutter contre ses larmes. Il n'y avait aucune trace de culpabilité sur le visage de ses parents.

« Vous n'avez jamais rien fait pour moi. Vous avez laissé un psychopathe me punir à votre place, vous m'avez laissé risquer ma peau pour vous protéger, et il faudrait que je continue à vous obéir ? » Son rire ironique fit déborder ses yeux et il essuya rageusement ses joues. « Si vous tenez un tant soit peu aux lambeaux de votre réputation, vous allez me laisser vivre ma vie comme je l'entends. Parce que si j'avais dit la moitié de ce que je sais sur vous à votre procès, vous ne seriez même plus là à essayer de me marier comme si on était encore au moyen-âge ! »

« Draco... » Souffla doucement sa mère alors que son père réagissait à la menace en relevant sa baguette, le visage tordu par la colère.

« Non, ça suffit. » Décida-t-il en levant légèrement le menton. « Garde tes cajoleries pour quelqu'un qui y croie encore. S'il y a une once d'amour en toi, il n'a jamais été pour moi, et j'en ai plus qu'assez de faire semblant. »

Il laissa la magie courir le long de ses bras, et après un dernier regard à sa famille, il leur tourna le dos et poussa sur la porte, libérant le passage avec un crépitement magique qui lui brûla les doigts.

Il atteignit sa chambre dans un état second, assourdit par les battements de son propre cœur, un vertige de panique à l'idée de ce qu'il venait de dire l'obligeant à prendre appui sur l'une des colonnes sculptées de son lit, puis il vida le contenu de son bureau dans un sac, réduisit ses bagages qu'il n'avait même pas déballées et transplana devant le Chaudron Baveur.

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Ouvrir un nouveau compte à Gringotts fut plus facile qu'il ne l'avait imaginé. La banque était sur le point de fermer lorsqu'il y était entré et les gobelins lui avaient envoyé un regard mauvais, mais leur côté rapace les força à accepter un client ramenant potentiellement de l'or dans leur escarcelle.

Ce ne fut pas le cas. Il ne fit que transférer les fonds contenus dans son coffre, auquel ses parents avaient accès, dans un nouveau, s'assurant à la lecture du contrat que seul lui-même pouvait y entrer. Il ne pouvait qu'estimer grossièrement le temps qu'il lui faudrait pour dépenser tout cet argent, n'ayant pas l'habitude de se débrouiller financièrement sans la participation de ses parents, mais tant qu'il était à Poudlard, il n'avait pas à s'en préoccuper. Sa dernière année avait déjà été financée, et il aurait de quoi subvenir à ses besoins pendant au moins quelques mois après avoir terminé sa scolarité.

Malgré une certaine terreur à l'idée d'avoir fossé compagnie à ses parents, un sentiment de libération euphorique s'empara de lui à peine sorti de Gringotts. S'il était honnête avec lui-même, il avait rêvé de ce jour depuis la chute de Voldemort, depuis qu'il avait compris à quel point ses parents s'étaient trompés, à quel point ils s'étaient servis de lui, négligeant sa sécurité et son bien-être au profit de leurs propres intérêts. Leur changement de camp n'avait été qu'un acte opportuniste afin de s'assurer un futur et d'autoriser leur lignée à se poursuivre à travers lui. Et Draco refusait de continuer à être leur pion.

Il ne lui fallut que peu de temps pour décider d'ensuite transplaner chez sa tante plutôt que de prendre une chambre miteuse au Chaudron Baveur. Non seulement parce que l'auberge était dégoûtante, mais surtout parce qu'Andromeda lui avait proposé son hospitalité, et qu'il n'y avait pas d'endroit où il avait plus envie d'être à cet instant que dans sa maison.

La nuit aurait pu donner un aspect lugubre au jardin, mais les lumières du rez-de-chaussée illuminaient les alentours, faisant scintiller la neige sur la pelouse et guidant sa route jusqu'à la porte d'entrée. Potter ouvrit la porte, ayant plus l'air étonné qu'agacé de le voir.

« Teddy dort déjà. » Prévint-il en guise de salut.

Draco referma sa bouche entrouverte, ne sachant pas exactement comment répondre, les bagages réduits dans sa poche semblant soudainement plus lourds.

« Heu, tu peux entrer quand même. » Poursuivit Potter, ouvrant plus grand la porte et s'effaçant, laissant la lumière de l'entrée éblouir Draco. Il ne se fit pas prier et avança.

« Qui est-ce ? » Appela la voix de sa tante depuis la cuisine.

« Draco. » Répondit-il de lui-même pendant que Potter refermait la porte derrière eux.

« Oh, entre ! » S'exclama-t-elle. Ses mots le sortirent de son immobilité et il marcha jusqu'à l'entrée de la cuisine alors que sa tante se levait de sa chaise. Il les avait vraisemblablement interrompus en plein repas.

« As-tu dîné ? » Lui demanda sa tante avec un léger sourire qui s'effaça lentement.

« Heu, oui. » Répondit-il en détournant le regard. Potter le contourna pour reprendre sa place à table, et malgré l'atmosphère chaleureuse de la cuisine, l'euphorie de la liberté s'évapora rapidement de Draco. Que venait-il faire ici ? Il n'avait pas sa place dans cette maison, il n'avait aucun droit de mettre les pieds chez une femme dont la famille avait été décimée par les amis de son père, il était surréaliste qu'il s'autorise à entrer dans le lieu où vivait celui qui avait éliminé Voldemort, celui-là même que Draco avait soutenu ces dernières années.

Sa gorge se serra, la bile brûlant son œsophage, et il ignora le froncement de sourcils de Potter dans sa direction, l'expression inquiète d'Andromeda qui ouvrit la bouche pour parler. Il fixa la table, sentant ses mains se mettre à trembler le long de ses cuisses, et déglutir ne fit qu'accentuer son envie de vomir.

« Tu peux aller voir Teddy, si tu veux. » Lui proposa sa tante d'une voix douce qui réussit à atteindre ses oreilles malgré le bruit que faisait son sang dans ses tempes. Son cœur se serra douloureusement, mais il leva les yeux malgré lui, la mâchoire serrée, et hocha la tête.

/

La chambre d'Edward était plongée dans l'obscurité et le silence, et Draco referma doucement la porte derrière lui pour ne pas laisser la lumière du couloir filtrer dans la pièce. Il resta un instant immobile, le temps de pouvoir discerner le berceau où dormait son cousin. Il s'efforça de respirer plus lentement, de reprendre le contrôle des battements de son cœur et de laisser la tranquillité des lieux l'apaiser. Lorsqu'il se sentit redevenir maître de lui-même, il s'approcha du lit et pencha la tête pour voir Edward dormir sur le dos, la tête légèrement tournée sur le côté, un poing serré autour d'une patte de sa peluche de loup. Draco ne pouvait pas distinguer la couleur de ses cheveux, tout autour de lui n'était qu'un dégradé de gris, mais le simple fait de voir la lente respiration de son cousin, son petit corps relaxé et paisible, suffit à le faire sourire légèrement.

Il expira doucement, évacuant le reste de sa tension, et tendit la main pour effleurer du bout des doigts la texture douce du pyjama d'Edward, ne serait-ce que pour sentir le lent mouvement de sa respiration.

Il resta ainsi de longues minutes, ignorant la douleur dans son dos à force d'être penché. Son esprit se vida peu à peu, lui laissant la douce illusion qu'il n'y avait rien d'autre dans son monde qu'un bébé endormi.

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Lorsqu'il retrouva sa tante et Potter au rez-de-chaussée, ceux-ci étaient en train de partager une tarte en guise de dessert. Une troisième assiette avait été déposée à la place en face d'Andromeda et de façon à ce que le coin de la table se trouve entre Potter et Draco. Il s'installa, ignorant son hésitation et l'angoisse qui lui tordait l'estomac, et il sourit de travers à sa tante pour la remercier. Elle lui offrit un regard indulgent avant de se tourner vers Potter pour poursuivre leur conversation.

« J'ai déjà rencontré cet Anders, du temps où je travaillais à Sainte-Mangouste. » Dit-elle au-dessus du bruit de leurs cuillères grinçant sur les assiettes.

« Ah oui ? » Réagit Potter. « Est-ce que c'était déjà un connard à l'époque ? »

Draco toussa un peu dans son poing alors que sa tante émettait un son entre rire et outrage.

« Harry… » Souffla-t-elle, néanmoins plus amusée que désabusée.

« Callum Anders ? » Demanda doucement Draco, se disant qu'ils parlaient peut-être du sous-directeur du Département des Mystères.

Potter leva les yeux vers lui, fronçant les sourcils, et il regretta d'avoir pris la parole.

« Callum ? C'est son prénom ? Je croyais que c'était juste Cal … » Réfléchit-il avant de hausser une épaule. « Bref, il a tendance à se mêler de ce qui ne le regarde pas, et à interférer avec le Département de la Justice Magique. »

Draco mâcha doucement son morceau de tarte en réfléchissant à ce qu'il connaissait sur l'homme, le regard fixé au-dessus de l'épaule de Potter.

« Il est de la même année que Shacklebolt à Serdaigle. Personne ne va se risquer à le remettre à sa place… » Nota-t-il finalement.

« Surtout pas son patron. » Intervint Andromeda. En imaginant la vieille carcasse qu'était le Directeur du Département des Mystères, Draco ne put s'empêcher un sourire amusé que partagea sa tante.

« Qu'est-ce qu'ils attendent pour le mettre à la retraite … ? » Souffla-t-il en coupant la fin de sa part de tarte en deux morceaux.

« Kingsley n'est pas du genre à laisser une vieille amitié à Poudlard interférer avec le fonctionnement du Ministère. » Grogna Potter, juste avant que sa cuillère ne grince brutalement sur son assiette. Ils eurent tous les trois le même réflexe de fermer les yeux et de contracter les épaules pour contenir un frémissement. « Désolé. »

« Peut-être qu'il n'est pas au courant, dans ce cas. » Proposa Andromeda, mais Draco avait du mal à croire que Shacklebolt puisse être un homme aussi droit qu'on le disait. Personne n'est innocent, surtout pas dans le pouvoir.

Potter haussa une nouvelle fois les épaules en mâchant, les yeux fixés sur son assiette.

« Qu'est-ce qui est arrivé à Anders pour que vous le rencontriez à Sainte-Mangouste ? » Demanda Draco à Andromeda, profitant du silence.

« Il s'est brûlé une grande partie du bras gauche. » Répondit-elle en posant sa cuillère avant de lever une serviette pour se tamponner la bouche. « Personne n'a jamais su comment. Il était déjà Langue-de-Plomb à l'époque. Je n'étais pas son Médicomage, heureusement. Il avait l'air de savoir mieux que tout le monde comment se soigner. » Ajouta-t-elle en levant brièvement les yeux au ciel.

« Hermione m'a dit que son fils était à Poudlard en ce moment. » Commenta Potter. « Un tel monsieur-je-sais-tout que même les autres Serdaigles ne peuvent plus l'encadrer. »

Draco n'arriva pas à contenir un léger rire, qui le fit s'étouffer avec un morceau de tarte. Il toussa au-dessus de son assiette, penché en deux, et il ne dut son salut qu'à sa tante qui lui dégagea la gorge d'un sort. Il frotta ses yeux embués en la remerciant dans un croassement alors que Potter esquissait un sourire en coin.

« C'est parce que c'est Hermione qui dit ça que ça te fait rire ? » Comprit-il. Draco pinça les lèvres, s'apprêtant à nier, mais Potter poursuivit : « C'est clair que c'est assez ironique, venant d'elle. »

Draco renifla discrètement après un sourire crispé.

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Alors que Potter avait les mains plongées dans l'eau de la vaisselle, Draco tritura les siennes dans un torchon. Il fixa son regard sur le verre dégoulinant qui attendait qu'on l'essuie sur le plan de travail, puis releva brièvement la tête vers le profil de Potter.

« Je reviens. » Lui dit-il en s'éloignant aussitôt. Du coin de l'œil, il le vit tourner la tête vers lui, mais il quitta la cuisine sans que Potter ne lui réponde. Il traversa le couloir et entra dans le salon, s'arrêtant au milieu du tapis. Sa tante leva les yeux vers lui, arrêtant la lecture du roman qu'elle avait sur les genoux, et lui sourit doucement.

« Est-ce que … » Commença-t-il, les doigts toujours crispés dans le torchon. « Ça vous dérange si je dors ici ? » Demanda-t-il en détournant le regard, incroyablement mal à l'aise.

« Pas du tout Draco. Dans le salon ou dans la chambre de Teddy ? Dans les deux cas, tu risques d'être réveillé tôt, désolée. »

« Dans la chambre de Teddy. » Répondit-il aussitôt, n'ayant même pas besoin de réfléchir. La vague de soulagement qui l'envahit fut telle qu'il sentit ses membres trembler sous le choc. Il lâcha le torchon et se baissa précipitamment pour le ramasser.

« Tu sauras métamorphoser un lit ? Tu peux te servir du fauteuil dans sa chambre. » Sourit Andromeda.

Draco hocha la tête, la nuque raide, soudainement incapable d'ouvrir la bouche.

« Parfait. Demande à Harry de te prêter des draps et couvertures, dans ce cas. Tout est dans sa chambre. »

« D'accord. » Réussit-il enfin à articuler. « Merci. »

Andromeda sourit encore une fois, son visage doux ne cachant néanmoins pas son inquiétude, puis baissa les yeux vers son livre. Draco resta un instant immobile, hésitant à lui expliquer la raison de sa demande, mais le bruit de vaisselle lui rappela que Potter l'attendait, et il quitta la pièce pour le rejoindre.

/

Draco eut à peine le temps d'essuyer un verre que Potter commençait son interrogatoire, le nez penché au-dessus de l'évier.

« Pourquoi tu dors ici ? » Demanda-t-il, l'informant sans scrupule qu'il avait entendu sa conversation avec Andromeda.

Quelque chose se tordit dans l'estomac de Draco, et il frotta plus que nécessaire l'assiette qu'il avait entre les mains.

« Pourquoi pas ? » Rétorqua-t-il avec la mâchoire serrée, se maudissant intérieurement pour sa répartie digne d'un élève de première année.

Potter lui envoya un regard peu impressionné, un sourcil haussé et la bouche tordue dans une moue peu attirante. Draco souffla et détourna le regard.

« Dispute avec mes parents. » Répondit-il finalement, la gorge nouée. Il se déplaça dans la cuisine jusqu'à ouvrir un placard où il posa l'assiette propre. Derrière lui, Potter émit un son pensif.

« A quel sujet ? »

Draco grinça des dents, le son envoyant un éclair de dégoût dans son crâne, et il ouvrit la bouche avec un frisson. Il reprit contenance, s'empêchant d'envoyer Potter se faire voir avec ses questions indiscrètes, et retourna près de l'évier avec une expression qu'il espérait neutre.

« Il serait plus simple de te dire à quel sujet on ne se dispute pas. »

Les épaules de Potter furent secouées par ce qui devait être un bref rire silencieux, et il posa un autre verre à côté de la pile de vaisselle qui attendait que Draco l'essuie.

« A quel sujet vous ne vous disputez pas ? » Demanda-t-il alors. Draco étrécit les yeux dans sa direction, notant son sourire en coin alors qu'il remettait du savon sur l'éponge.

« Aucun. » Grogna-t-il en baissant le regard sur l'assiette qu'il avait entre les mains. Des gouttes d'eau s'étaient écrasées sur ses chaussures, et il s'empressa de faire lâchement le tour du plat de son torchon pour en éliminer sommairement le surplus d'humidité.

« Je vois. Vous n'arrivez pas à vous mettre d'accord sur la couleur des décorations de Noël ? » Ironisa Potter, lui envoyant un sourire sardonique qui ne fondit pas au contact du regard froid de Draco. Il se retint de lui demander s'il se croyait drôle.

« Comme si j'avais mon avis à donner sur la question. » Marmonna-t-il en se détournant de lui pour aller ranger l'assiette à présent sèche.

Potter ne répondit pas et ils terminèrent la vaisselle dans un silence désagréable.

/

Draco ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil à la chambre de Potter depuis le couloir pendant que celui-ci fouillait un coffre pour lui trouver des draps et couvertures. La pièce n'était illuminée que d'une lampe de chevet à la lumière jaunâtre, qui projetait de longues ombres sur le parquet. Les murs ocres étaient vierges de toute décoration, et les épais rideaux de velours bleu étaient tirés sur les deux fenêtres qui encadraient un large lit bateau défait.

La robe pourpre qui était l'uniforme des Aurors était jetée sur le dossier d'une chaise en bois et traînait à moitié par terre, et le bureau poussé près d'un mur était enseveli de vêtements entassés, de parchemins et de livres en désordre.

« Deux couvertures ? » Demanda Potter dont le haut du corps disparaissait à moitié dans le coffre qu'il fouillait. Il avait déjà sorti une paire de draps pliés qu'il avait coincé sous son bras.

« Oui. » Répondit Draco en le regardant essayer de tirer quelque chose des profondeurs de la malle. Potter eut un grognement dû à l'effort fourni pour extirper une couverture, qu'il jeta sur son lit avant de se mettre en quête de la deuxième.

« J'espère que tu t'en sortiras tout seul avec le lit, je suis loin d'être doué en Métamorphoses. »

« Ça ira. » Dit-il distraitement. Il espérait seulement que le sort tiendrait assez longtemps pour qu'il ne se réveille pas en pleine nuit plié dans un fauteuil au lieu d'être allongé dans un lit. En plus d'être douloureux, ça ne manquerait pas de réveiller Edward.

Potter sortit finalement une seconde couverture et récupéra la première pour tendre le tout à Draco.

« Un oreiller. » Réfléchit-il tout haut en se détournant de lui pour retourner près du coffre d'où il sortit une taie. Il contourna ensuite son lit pour attraper un de ses oreillers qu'il déshabilla, avant de revenir vers lui.

Il posa le tout sur le haut de la pile que formaient les draps et les couvertures dans les bras de Draco.

« Merci. » Dit celui-ci en se tournant pour se diriger vers la chambre de Teddy.

« De rien. Bonne nuit. » Lui répondit Potter dans son dos.

« Bonne nuit. » Répéta Draco, un peu surpris, en regardant par-dessus son épaule pour voir Potter fermer la porte de sa chambre.

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Draco n'avait jamais fait lui-même son lit, mais en l'avisant à la lueur de sa baguette, il haussa légèrement les épaules en se disant que cela suffirait malgré l'un des draps qui touchait presque le sol du côté droit. Edward remua dans son berceau avec un soupir, et il porta la main au bout de sa baguette pour en estomper la luminosité avant de s'approcher de lui.

Son cousin avait roulé sur le ventre et avait porté la patte de son loup à son visage, les poils de la peluche chatouillant son menton. Ses cheveux châtains paraissaient parfaitement naturels, et Draco se demanda s'il s'agissait de sa vraie couleur qui apparaissait lorsque, à la faveur d'un sommeil profond, il n'usait plus inconsciemment de sa magie.

Il ne put s'empêcher de se pencher pour poser ses lèvres sur sa tempe, et l'image de sa mère faisant de même avec lui lorsqu'il était enfant lui vint à l'esprit. Il la repoussa avec un mélange de colère et de douleur en se redressant, et se détourna de Teddy pour fouiller dans les poches de son manteau à la recherche de ses bagages.

Il n'agrandit que celui qui contenait ses vêtements et se changea rapidement après avoir posé sa baguette illuminée sur le lit. Il l'éteignit avant de se glisser sous les draps froids, et frissonna jusqu'à ce que la chaleur de son corps les réchauffe.

Immobile, le corps tourné vers l'endroit où dormait Edward, Draco pouvait entendre les pas de Potter dans la pièce d'à côté, puis plusieurs grincements qui lui indiquèrent qu'il s'était lui-aussi couché. L'étrangeté de la situation dans laquelle il se trouvait lui vint à l'esprit, et il ne put s'empêcher de froncer les sourcils au-dessus de ses yeux clos. Sa vie avait pris un tournant bien étrange pour qu'il préfère dormir dans la même maison que Potter plutôt que dans le manoir de ses parents. Mais il refusa de suivre le cours de ses pensées, les laissant se dissoudre au son de la respiration de Teddy.

Un sentiment de sécurité mêlé de contentement l'envahit, et il s'enfonça plus profondément dans la chaleur de ses draps avant de s'endormir.

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Draco entrouvrit un œil dans la faible lumière de la chambre, et son regard fut attiré par la forme floue de Potter en pyjama en train de sortir Edward de son berceau. Il l'entendit murmurer sans pourtant comprendre ses mots, et il ouvrit son autre œil. Sa vue se fit plus nette, et alors que Potter s'éloignait vers la porte ouverte, il put voir la tête de son cousin posée contre son épaule et son poing se fermer doucement sur ses côtes. Potter ne se tourna même pas pour refermer la porte, et Draco put entendre ses pas s'éloigner dans le couloir.

Il se redressa doucement jusqu'à s'asseoir dans son lit de fortune et tourna son poignet pour voir l'heure. Il était à peine six heures. Que faisait Potter debout aussi tôt ?

Engourdi par le sommeil et frissonnant à cause de la fraicheur de la pièce, il fut tenté de rester encore quelques heures sous les couvertures, mais il se souvint de la quantité de travail qu'il avait à faire pour le retour de vacances et il se leva en serrant les dents contre le froid. A peine debout, son lit se plia dans un craquement et reprit sa forme originelle de fauteuil, les draps, les couvertures et l'oreiller étant projetés vers le plafond avant de retomber par terre. Draco resta quelques secondes interdit devant le spectacle, puis se frotta un œil en se tournant vers ses bagages.

Il prit de quoi se laver et s'habiller avant de sortir en silence de la chambre de son cousin, marchant doucement vers la salle de bain. Il y avait un bac en bois dans la baignoire, qui devait sans doute servir pour le bain d'Edward. Draco posa ses affaires en équilibre précaire sur le bord du lavabo et se servit des toilettes avant de sortir le bac de la baignoire. Il retira lentement le haut de son pyjama, et actionna les robinets de la baignoire pour que l'eau se réchauffe.

La porte de la salle de bain s'ouvrit soudainement, et il se tourna avec stupeur vers Potter, qui tenait une serviette dans la main qui n'était pas agrippée à la poignée de la porte.

« Désolé, j'ai oublié de t'en donner une hier. » Dit-il simplement, comme s'il était tout à fait normal d'entrer sans frapper dans une salle de bain occupée.

Draco resta un instant interdit, puis il sortit de son immobilité et s'avança pour attraper la serviette tendue, ne serait-ce que pour que Potter cesse de regarder les cicatrices que son Sectumsempra avait laissé sur son torse.

« Merci. » Répondit-il platement, plaçant la serviette devant lui et forçant Potter à relever les yeux.

Draco le regarda quitter la pièce et fermer la porte, puis se tourna à nouveau vers la baignoire avec les sourcils froncés.

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Lorsque Draco entra dans la cuisine, Edward leva son biberon dans sa direction et découvrit ses petites dents dans un grand sourire.

« Dadadadada ! » S'exclama-t-il en agitant les bras, et Draco fut tenté de l'extirper de sa chaise haute pour le prendre contre lui et ne plus jamais le lâcher.

« Il arrive, Teddy, du calme ... » Souffla Potter de l'autre côté de la cuisine, leur tournant le dos alors qu'il semblait préparer du café. Il portait déjà sa robe d'uniforme et n'avait pas l'air de l'avoir entendu entrer.

« Bonjour Edward. » Sourit Draco à son cousin, savourant le sursaut de Potter au bord de son champ de vision. Il se pencha et embrassa le front du bébé, qui étira ses bras dans sa direction comme s'il souhaitait qu'il le porte.

« Malfoy. » L'interpella Potter. « Café ? »

Draco se redressa, la main posée sur les cheveux blonds de Teddy.

« Plutôt du thé, si possible. »

Edward émit un son plaintif en agitant son biberon, et Potter quitta Draco du regard pour poser ses yeux fatigués sur lui.

« Bois ton lait d'abord Teddy, Draco te portera après. » Dit-il au bébé comme s'il pouvait le comprendre. C'était étrange d'entendre Potter prononcer son prénom. Draco sourit en voyant les yeux gris et plaintifs de son cousin, qui tentait visiblement de l'amadouer, et il secoua doucement la tête avant de s'installer à la place la plus proche de lui.

Edward se remit à boire sans plus de protestation, Draco l'aidant parfois en soutenant d'un doigt le fond du biberon pour que son cousin le lève plus haut, et Potter finit par déposer un bol de thé fumant devant lui. Il s'installa ensuite en face de son filleul avec son café et la Gazette du Sorcier.

« Merci. » Dit doucement Draco, un peu surpris d'être servi par Potter. « Vous n'avez pas de vacances à l'Académie ? » Demanda-t-il ensuite.

« La semaine prochaine. » Répondit platement Potter, sans lever les yeux de l'article qu'il était en train de lire, et Draco n'osa pas pousser la discussion plus loin.

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Andromeda descendit les escaliers alors que Potter s'apprêtait à quitter la maison, son uniforme pourpre soulignant les cernes de la même couleur qu'il avait derrière ses lunettes.

« Est-ce qu'on t'attend pour dîner ? » Demanda-t-elle, et Draco se demanda s'il était inclus dans le 'on'. Il resserra son étreinte sur Teddy qui commençait à gigoter pour qu'il le pose, et traversa le couloir entre sa tante et le Survivant pour rejoindre le salon.

« Non, j'ai une permanence ce soir. » Répondit la voix grave de Potter, avant que le son de la porte d'entrée s'ouvrant ne se fasse entendre.

« Encore ? » S'étonna Andromeda.

« Neville est malade. » Entendit-il répondre alors qu'il posait Edward sur son tapis de jeu au milieu de la pièce. Son cousin attrapa un livre en tissu et tira sur les pages avec force alors que Draco se redressait à côté de lui.

« D'accord... Bon courage. » Souhaita sa tante. Potter ne sembla pas répondre et quitta la petite maison en fermant doucement la porte. Tournant les yeux vers la fenêtre voilée, il put le voir marcher lentement jusqu'au bas portail et disparaître à peine en-dehors des enchantements de protection.

Andromeda entra dans le salon avec un soupir, et Draco s'agenouilla en lui adressant un regard interrogateur. Edward frappa sa jambe avec son livre avec un petit cri ravi. Sa tante posa des yeux soucieux sur eux avant de secouer légèrement la tête. Elle sourit avec douceur et croisa son regard.

« Est-ce que tu restes ici aujourd'hui ? »

Draco écarquilla légèrement les yeux, essayant de ne pas s'accrocher trop fort à la perche tendue par peur d'être déçu.

« Si ça ne vous dérange pas. »

« Non, ça m'arrangerait à vrai dire. J'ai quelques achats à faire, et ça serait plus rapide sans Teddy. » Confia Andromeda en s'appuyant à la table basse pour se baisser et embrasser son petit-fils. Le garçon lui attrapa les cheveux et les tira vers son visage pour essayer de les mettre dans sa bouche.

Draco resta interdit.

« Vous voulez que je garde Edward ? » Le 'tout seul' resta coincé dans sa gorge, non pas par angoisse d'avoir la charge de son cousin sans supervision, mais par crainte de la faire changer d'avis.

« Une heure ou deux. » Acquiesça-t-elle en délogeant ses cheveux de la poigne du bébé d'une main douce. « Juste le temps de faire un tour sur le chemin de traverse. »

« Pas de problème. » Déclara Draco, espérant projeter plus d'assurance qu'il n'en ressentait, et osant à peine croire en la confiance qu'elle semblait lui porter.

Andromeda se redressa après une caresse sur la joue rebondie de Teddy, dont les cheveux virèrent soudainement au jaune bourdon en avisant une balle de la même couleur devant lui.

« Parfait. Tu n'aurais pas une idée de cadeau pour Harry, par hasard. »

Elle n'avait pas utilisé d'inclinaison interrogative malgré la formulation de sa phrase, et Draco ne fut pas étonné qu'elle n'ait pas grand espoir d'obtenir une réponse affirmative.

« Non. Désolé. » Émit-il avec malaise. Un stock d'Essence de Dictame lui vint à l'esprit, mais il estima que son humour noir n'avait pas tellement sa place dans cette atmosphère.

Andromeda sourit en haussant les épaules, puis quitta le salon en annonçant qu'elle allait prendre un petit déjeuner avant de se mettre en route.

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