12 : Tir.
Maura était assise, les jambes croisées, sur le fauteuil de la chambre. Une semaine qu'elle passait ses journées ici, elle détestait ces chambres blanches, ce qui était plutôt comique pour un médecin. Elle n'avait rien contre la blancheur des murs et l'odeur d'hôpital quand elle était médecin, mais quand elle était patiente ou attendait auprès d'un patient elle haïssait cet endroit. Et depuis une semaine elle avait toute les raisons du monde de détester. Celle qu'elle aimait était étendue sur ce lit, un trou dans l'abdomen, inconsciente depuis une semaine. En plus de cela elle ne pouvait même pas en vouloir à quelqu'un, parce que cette balle qui l'avait traversée c'était cette andouille qui l'avait tirée elle même. En fait elle haïssait Jane, si elle se réveillait elle la giflerait, qu'elle idée de se tirer une balle dessus?! La brune lui dirait probablement que c'était la seule façon qu'elle avait de se sortir de la situation, que si elle n'avait pas tirer sur elle même l'autre l'aurait fait, et que c'était le seul moyen pour neutraliser le policier qui s'était retournée contre tout le commissariat, et qui avait tiré sur son frère. Oh oui, Jane aurait surement des dizaines de raisons d'avoir fait ça, quoi qu'elle lui dirait la brune trouverait un moyen de se justifier, elle le savait. Mais ça ne l'empêchait pas d'être en colère, elle voulait toujours la gifler à son réveil, elle se fichait des raisons, ce qu'elle savait, c'était que lorsqu'elle avait ouvert la porte du commissariat et était sortie, paniquée, à la recherche de Jane, elle avait vu celle ci se tirer dessus. Elle avait vu la balle la traverser pour se loger dans son kidnappeur. Elle avait vu le sang de Jane se répandre sur son teeshirt bleu, elle l'avait vue se plier de douleur, et tomber. Elle avait tout perçu au ralenti, comme si le temps s'était arrêté, que les secondes étaient devenues des minutes. Elle avait hurlé, mais rien, elle était impuissante, totalement inutile devant sa souffrance. Elle s'était précipitée près d'elle, et avait essayé de la réveiller, mais rien. Et l'ambulance l'avait emmenée, et une autre avait emmené Frankie. Elle était restée immobile, du sang plein sa robe et ses mains, sur le trottoir, les yeux perdus sur la route vers là où les ambulances étaient parties. Frost et Korsak c'était rapprochés, ils lui avaient parlé, mais c'était comme des sons lointain. Elle avait seulement l'impression de tomber, de plus réussir à penser, de plus rien ressentir. Elle savait que c'était impossible, mais elle avait l'impression que son coeur s'effritait dans sa cage thoracique. Jane ne pouvait pas mourir, c'était totalement inenvisageable. Elle restait près d'elle depuis sept longs jours, tout le monde avait essayé de la faire bouger, mais rien ne faisait. La Maura qui était dans ce fauteuil n'était plus la Maura rationnelle que tout le monde connaissait, non c'était une Maura désespérée, perdue, terrorisée, et en colère.
Elle admirait les boucles brunes quand un geignement se fit entendre. Elle se releva d'un coup, et s'approcha de la brune, qui geignit une autre fois.
-Jane? Appela-t-elle doucement.
-Maura... Marmonna-t-elle.
-Jane? Comment tu vas? Jane. Répéta-t-elle, soulagée de voir les prunelles brunes la regarder.
-Où je suis? Bredouilla la brune en tentant de se relever.
-À l'hôpital, depuis une semaine tu es inconsciente. Ne bouge pas. Réclama Maura en l'obligeant à se rallonger, la jeune femme grimaçant. Tu t'es tiré dessus, t'as perdue connaissance, alors tu bouges pas parce que tu as un trou dans l'abdomen. Reprit la blonde, agacée de nouveau, avant d'appuyer sur le bouton pour faire appel à une infirmière.
-Franckie? Demanda Jane.
-Oh il va bien lui, il est sortit après deux jours à l'hôpital. Il doit attendre pour reprendre du service mais il va bien lui. Insista Maura.
-Pourquoi t'es en colère? Grimaça Jane.
-Bonjour. Interrompit l'infirmière.
-Bonjour, elle vient de se réveiller. Informa la blonde en ignorant son amie dans le lit.
-Maur'...Grogna Jane.
-Tais toi et laisse les médecins s'occuper de toi. Ordonna la blonde avant de sortir de la chambre.
Elle appela la mère et le frère de la brune, les prévenant de son réveil, avant d'appeler le poste pour prévenir leurs collègues. Depuis une semaine tout le monde s'inquiétait, alors il était de sa responsabilité de rassurer tout le monde. Elle patienta, accouder au mur, en regardant par la fenêtre, l'état de Jane. Le médecin et l'infirmière était autour d'elle, s'occupant de sa blessure, et lui parlant. Elle voyait bien que son amie écoutait tout en cherchant quelqu'un du regard, probablement elle. Lorsque le médecin sortit elle lui sauta littéralement dessus.
-Comment va-t-elle?
-Aussi bien qu'elle peut aller avec une balle qui lui est passée au travers. Elle n'est pas bonne patiente, mais nous allons la garder encore un peu, elle ne reprendra pas le travail avant un moment. Pour l'instant il faut éviter qu'elle bouge, la maintenir allongée au mieux, et il faut qu'elle s'hydrate, eau et jus de fruits seulement. Informa l'homme. Oh, et elle vous réclame.
Il lui tourna le dos et la laissa. Maura souffla un coup, elle ne devait pas gifler Jane et ne devait pas crier, pourtant c'est pas l'envie qui lui en manquait. Elle ne devait pas non plus lui faire un câlin ni l'embrasser, pourtant encore une fois elle en mourrait d'envie. Elle entra dans la chambre et posa son sac sur le fauteuil.
-Ta mère arrive dans pas longtemps, et ton équipe et ton frère viendront dès leurs service finit. Informa-t-elle froidement.
-Maura, pourquoi es tu énervée? Marmonna Jane, toujours légèrement comateuse.
-Si tu es si bonne enquêtrice que ça tu devrais le savoir. Rétorqua Maura, debout au bout de son lit.
-Maura, j'ai un trou dans le ventre, un mal de crâne abominable, et pas du tout l'envie de creuser ma mémoire et ma réflexion. Grogna Jane. Dis moi.
-Tu t'es tiré dessus idiote. S'agaça Maura. Devant moi, devant tes collègues, je t'ai vu, à deux mètres de toi. Tu t'es tirée dessus! Répéta-t-elle.
-C'était le seul moye-
-Oh tais toi! Ne le dis pas, je m'en fou des raisons. Ça fait une semaine Jane, une semaine que j'attends ton réveil, j'étais terrorisée espèce d'andouille. Râla la blonde excédée d'avoir pu prévoir à l'avance cette réponse.
-Mais Maura, s'il te plaît. M'en veux pas. Geignit Jane dans son lit.
-Si. Fallait pas me faire une telle frayeur. Grogna Maura. Et-
-Bonjour ma chérie! S'exclama Angela en rentrant les coupant.
-Très bien Angela, heureuse de vous voir, je vous laisse. Déclara la blonde en prenant son sac, et sa veste.
-Maura, s'il te plaît. Appela Jane en tentant de se relever.
-Elle doit rester allongée, boire de l'eau ou du jus de fruit. Expliqua-t-elle à Angela. Je rentre chez moi, je vous laisse, d'après le médecin elle est toujours aussi mauvaise patiente.
-Maura. Appela à nouveau Jane, mais rien, la jeune femme passa la porte de la chambre et la laissa là.
Angela s'approcha de sa fille, qui en plus de se sentir mal et de haïr les hôpitaux, était maintenant frustrée et triste de la situation avec sa Maura. Celle ci en dehors de la chambre, jeta un oeil rapide en vérifiant que Jane n'en faisait pas qu'à sa tête, et elle la vit allongée, bougonnant, n'écoutant pas sa mère, le regard perdu dans le plafond. Elle l'avait surement blessée, en l'ignorant et l'envoyant paitre, mais elle était elle même chamboulée, frustrée et elle ne pouvait pas faire semblant, elle ne savait pas faire. Elle rentra chez elle, chaque mètre de plus l'éloignant de Jane lui faisant mal. Quand elle ferma la porte de sa maison derrière elle, elle sentit une larme lui échapper. Jane la rendait faible, comme à chaque fois.
La brune resta à l'hôpital deux semaines de plus, et Maura ne vint pas une seule fois la voir. Elle avait reprit le travail, se rendait tout les jours à la morgue, évitait au mieux les gens, et rentrait ensuite chez elle. Jane lui manquait affreusement, mais elle était en colère, elle lui en voulait, et elle refusait de faire face à la brune avec tant de colère en elle, ça risquait de déraper, et elle finirait par dire des mots qu'elle ne pensait pas ou alors elle n'arriverait pas à retenir sa gifle. Elle évitait aussi l'équipe, sachant pertinemment comment se finirait une discussion avec eux, ils voudraient tous qu'elle aille voir Jane. D'après ce qu'elle avait pu entendre, la brune était insupportable, et avait réclamé son amie une centaine de fois, au point que Maura avait reçu un bon paquet de message.
Un dimanche, où elle ne travaillait pas, et restait chez elle, la sonnette de l'entrée retentit alors qu'elle était dans son canapé, une tasse de thé à la main, regardant une émission quelconque à la télé. Elle ne la suivait pas vraiment, sa tête pensait encore et toujours à Jane, à force d'éviter tout le monde, elle ne savait même pas quand est ce qu'elle allait sortir de l'hôpital. Elle se leva en posant sa tasse et alla ouvrir la porte. Une grande brune qu'elle ne connaissait que trop bien passa devant elle, s'avança avant de faire volte face pour la regarder, alors qu'elle était debout entre le canapé et le grand comptoir de la cuisine.
-Jane? Interrogea la blonde surprise, en fermant la porte pour aller jusqu'à elle, s'arrêtant devant la jeune femme, croisant les bras.
-Deux semaines, Maura! Cria Jane. Deux semaines que je croupie dans ce lit d'hôpital et tu viens même pas me voir! Ajouta-t-elle une main plaquée sur sa côte blessée, légèrement voutée, la plaie était toujours douloureuse.
-Tu as mal? S'inquiéta la blonde.
-Mais qu'est ce qu'on s'en fou! Ça fait deux semaines qu'on c'est pas vues, alors ne fait pas semblant que mon état t'intéresse tout d'un coup. Grogna Jane.
-Évidemment que ton état m'intéresse, alors assis toi. Souffla Maura, en lui montrant le canapé.
-Non. Pas tant que tu m'auras pas dis la vérité. Pourquoi es tu restée près de moi quand j'étais inconsciente pour ensuite disparaître deux semaines? Rétorqua Jane, têtue, mais la voix plus calme.
-Parce que je suis en colère, et que je ne voulais pas crier à l'hôpital. Répondit Maura, les mains crispées sur ses bras croisés.
-Ok, je sais que me tirer dessus peu paraître très stupide et ça l'était, mais franchement, sur le moment je voyais pas d'autres solutions pour m'en sortir. Et tu le sais. Tu es intelligente, tu es un véritable génie, tu as du repasser cette scène dans ta tête une bonne cinquantaine de fois si ce n'est plus, et je suis sûre que tu en es arrivé à la même conclusion que moi. Ce que j'ai fais était la seule solution pour que j'ai une chance de m'en sortir vivante. Fit la brune très sérieusement.
-Je t'ai vu tomber, j'ai vu le sang coulé, je t'ai vu perdre connaissance, et j'étais totalement impuissante. Tu m'as laissé en plan Jane. Marmonna Maura, la gorge nouée par l'émotion.
-C'était pas mon intention. Tout ce que je voulais c'était m'en sortir, pour aider Frankie et te rassurer toi. Maura, s'il te plaît, crois moi, je voulais pas te faire de mal. Murmura Jane, tendant sa main libre vers son amie.
Maura regarda la main tendue. Jane avait mal, elle le voyait, et en plus de ça celle ci têtue comme elle était ne s'assiérait pas tant qu'elle ne l'aurait pas pardonnée. Et en même temps prendre cette main c'était une fois de plus constater qu'elle ne savait pas résister à Jane. Cette dernière la regardait, ces yeux reflétant toute la tendresse qu'elle lui portait. Et Maura, craqua, elle glissa sa main dans celle de la brune qui lui sourit.
-Ne me laisse jamais revivre ça. Tu m'entends? Jamais. Imposa Maura au bord des larmes.
-Je te le promets.
Jane s'approcha, et en gardant leurs mains liées elle l'enlaça, la serrant contre elle, sans trop serrée, pour ne pas souffrir à sa plaie. Maura ne resserra pas l'étreinte, et se contenta de poser sa main dans son dos, et sa tête dans le creux du cou de Jane.
-Tu m'as manqué. Tellement manqué. Souffla la blonde.
-Toi aussi, bien plus que je ne l'aurais imaginé. C'est souvent là quand on perd tout qu'on se rend compte à quel point on y tient. Murmura Jane en embrassant la tête de Maura, étant plus grande qu'elle qui ne portait pas de talons.
-Je le savais avant moi. Remarqua Maura en se redressant, pour regarder les yeux de la jeune femme.
-Maur' est ce que tu m'aimes? Osa demander la brune.
-Oui Jane. Et toi? Admit Maura, figée, totalement terrorisée, elle admettait quelque chose qu'elle avait enfouit en elle toutes ces années, et redoutait la réponse de son amie.
-Oui, plus que je ne voulais bien l'admettre. Murmura Jane, avant de grimacer de douleur.
-Viens t'asseoir s'il te plaît. Entraina Maura, en la tirant vers le canapé, pour la faire s'asseoir et se mettre à côté d'elle. Dis moi que t'es pas sortie contre l'avis médical.
-Non, c'était ok pour sortir, mais je suis censée bouger le moins possible, et venir à pied et en transport jusqu'ici m'a fait mal. Expliqua Jane.
-T'aurais du m'appeler, je serais venue te chercher. Reprocha Maura.
-On s'est pas vues depuis deux semaines, et t'étais en colère la dernière fois qu'on s'est vues, je voulais pas tenter de t'appeler pour que tu m'envois bouler et que se soit pire après. Et je voulais pas que tu puisses te préparer à me voir, sinon t'aurais pas été sincère en me répondant. Expliqua la brune.
-Je suis toujours sincère, Jane. Grogna la blonde en lâchant sa main, vexée.
-Non, comme moi, il y a une question à laquelle toi et moi ne savons pas être entièrement sincères. Quand on parle de nous, on cache nos sentiments derrière une pseudo amitié. Reprit Jane avant de voir les yeux choqué de son amie. Maura, ce que je veux dire, c'est que notre amitié n'est pas juste une amitié. Ne le nie pas, tu le sais comme moi. Je suis pas douée avec les gens en temps normal, et tu es pire que moi, enfin merde quoi, Maura, tu vois très bien ce que je veux dire! S'agaça Jane.
La légiste ne l'avait pas lâchée du regard, elle la connaissait bien, elle savait où elle voulait en venir, mais elle savait aussi que Jane ne savait pas formuler sa pensée, ni son envie, ni rien, elle avait besoin que elle, elle parle. Mais au fond son amie avait raison, depuis des mois et des mois, elles se cachaient derrière leurs amitié, mais la vérité c'et qu'elles avaient dépassé ce stade, elles flirtaient, elles ne sortaient plus avec personne, comme si elles ne s'y autorisaient plus. Maura ne savait plus quoi faire, elle avait tellement tout enfoui en elle, qu'elle se sentait perdue, était ce le moment où elle devait tout dire? Ou allait-elle tout détruire?
-Maur', dis quelque chose. Réclama Jane tout bas, terrorisée.
La blonde la regarda, sa meilleure amie était forte, assurée, elle n'avait peur de rien, ou presque, mais cette voix, ce regard montrait toute la détresse du monde. C'est là que Maura comprit, elle était la faiblesse de Jane, celle qui pouvait lui faire du mal, mais aussi celle qui pouvait la pousser dans ces dernières limites. Elle réalisait que si Jane était son point d'encrage, celle qui lui permettait de sortir, d'avoir foi en plein de choses, de vivre, elle avait presque le même rôle dans la vie de cette dernière.
Jane attendait un mot, mais elle ne savait pas quoi dire, elle ne savait pas, et elle détestait ce sentiment, elle contrôlait tout en temps normal. Elle décida alors de ne rien dire, parce que se connaissant parler c'était prendre le risque de tout gâcher. Elle se rapprocha de sa meilleure, amie se colla à elle, en prenant garde à ne pas lui faire mal, et glissa sa main sur sa joue. Elle prit le temps d'admirer la lueur de surprise dans les yeux bruns face à elle, et caressa tendrement la pommette de la jeune femme de son pouce. Lentement elle se pencha et fit s'effleurer leurs lèvres une longue minute. Elle embrassa tendrement le coin de ses lèvres.
-Plus? Murmura Maura, autant comme une question, que comme une réponse à la tirade de Jane quelques minutes avant.
Pour toute réponse Jane se pencha un peu plus et fit de nouveau s'effleurer leurs lèvres. Maura esquissa un sourire et appuya ses lèvres sur celles de la brune. Jane passa un bras autour d'elle, pour se coller plus contre elle et l'embrasser de plus belle. Elles enchainèrent de doux baisers, mais à force, manquant d'air, la brune ressentit une vive douleur dans son abdomen à cause de sa plaie. La douleur la fit grimacer, coupant leurs baiser.
-Jane. S'inquiéta Maura.
-C'est rien, mon abdomen est sensible c'est tout, ne t'inquiète pas. Marmonna Jane.
-Je peux faire quelque chose pour que tu es moins mal? Demanda la blonde, mal à l'aise.
-Ne me laisse pas. Réclama la brune. Ne me laisse plus, ça me fait mal.
-Pardon Jane, j'avais peur d'exploser, et de dire des choses que je regrettais après. Je ne veux pas te perdre, t'es la seule qui me comprend, tu acceptes comme je suis. J'ai besoin de toi pour être heureuse, tu veux bien? Demanda Maura.
-Tu demandes si je veux bien être plus que des amies? S'assura Jane. La jeune femme hocha la tête timidement. Es tu sûre d'être un génie? S'amusa-t-elle.
-C'est toi qui a dit que j'étais le génie le plus bête que tu connaisses. Remarqua Maura.
-C'est vrai, j'ai dis ça, et j'avais pas tord. Ria doucement la brune. Je t'adore, et oui on peut être plus que des amies. Continua-t-elle riant toujours plus.
-Arrête de te moquer. Grogna Maura. Elle attendit que la jeune femme se calme, et elle caressa sa joue. Alors tu es ma petite amie? S'amusa-t-elle à son tour, sachant très bien qu'elle allait faire rougir la jeune femme, ce qui marcha.
-Heu...et bien...je crois que...oui...on peut dire ça...Marmonna Jane, écarlate.
-Oui? Continua la blonde, amusée.
-Arrête de te moquer. Grogna Jane.
-Chacune son tour. Ria Maura.
Jane fit une grimace, faisant mine de bouder, mais le sourire de la blonde l'empêcha de garder son sérieux, et elle finit par lâcher un grand sourire. Maura se rapprocha à nouveau et captura les lèvres de la jeune femme, dans un doux et long baiser, comme pour sceller leurs propos précédents.
-Bordel ce que tu m'as manqué. Souffla Jane en enlaçant les épaules de la blonde.
-T'as encore été une horrible patiente j'imagine? Demanda Maura, un main sur sa hanche.
-Maura, je déteste les hôpitaux, c'est l'horreur, toujours quelqu'un pour venir me palper le ventre, me dire de faire ci ou ça, que je dois pas râler, que je dois dormir, ma mère toujours sur mon dos et je ne peux même pas la fuir. Incapable de bouger, dans ce lit pourri, sans toi en plus. Horrible. Grogna Jane. Et t'es pas venue en plus. Marmonna-t-elle.
-Je t'ai tant manqué que ça? Sourit doucement la blonde.
-Oui. Affirma Jane, en la serrant dans ses bras avant d'embrasser son front. Beaucoup, je t'interdis de redisparaître aussi longtemps à l'avenir.
-Je te le promets. Sourit Maura en lui volant un baiser. As tu faim? Ou envie de quelque chose? Proposa-t-elle.
-Je dois prendre mon médicament, je veux bien un verre d'eau et t'aurais pas un truc bon à manger? Demanda Jane.
-Par truc bon, tu entends quelque chose de pas bon pour ta santé mais que tu adores? Se moqua la blonde, recevant un hochement de tête de la jeune femme. J'ai des muffins au chocolat, que tu adores, ça te va?
-Oh Maur' t'es géniale! Merci! S'exclama Jane en attrapant son visage en coupe pour un rapide baiser sur ses lèvres. La blonde ria doucement en se levant. J'ai rien mangé de bon depuis deux semaines, trois si on compte celle où j'étais inconsciente. Déclara-t-elle assise sur le canapé.
-Tu n'avais qu'à pas te tirer dessus. Rétorqua Maura depuis la cuisine.
-Tu vas me ressortir ça souvent? Demanda Jane.
-Oui à chaque fois que je pourrais, tu n'avais qu'à pas te la jouer super héroïne. Répondit sérieusement Maura.
-Maur' fais pas la tête à cause de ça. Geignit la brune. Tu me pardonnerais si je te disais que je referais jamais ça parce que je refuse de perdre encore du temps avec toi? Proposa-t-elle.
-Je dirais que ça ne marche pas, si tu veux me draguer fais le autrement que pour justifier tes bêtises. Grogna Maura en revenant vers elle avec son verre d'eau et la boite de muffins.
-Ok, j'ai fais une bêtise et je suis désolé Maura. Mais je suis sincère, je ne referais jamais ça. Jane prit la main de la jeune femme qui s'était rassise près d'elle, et la porta à ses lèvres. Tu es ce qu'il y a de plus important pour moi. Les lèvres sur la main, elle ferma les yeux. Je t'aime éperdument Maur'.
-Je t'aime aussi Jane, énormément. Souffla Maura, les larmes aux yeux, peu habitué aux déclarations d'amour. Elle caressa la tête brune et l'attira contre sa poitrine, la jeune femme ne lâchant pas son autre main. Elle déposa un baiser sur la tête. Tu en as mis du temps à comprendre.
-Désolé, mais tu étais bien trop parfaite pour moi, ma mère m'a dit que j'étais idiote si je ne comprenais rien. Avoua doucement la brune, la tête contre le buste de la jeune femme.
-Elle a raison, tu es géniale, et je ne trouverais pas une personne capable de me rendre plus heureuse. Alors efface les bêtises que tu as dans la tête et reste près de moi à partir de maintenant. Ordonna gentiment Maura en baisant son front.
-Tu vas prendre soin de moi pendant ma convalescence? Demanda Jane en relevant la tête vers Maura.
-Évidemment. Sourit la blonde en déposant tendrement ses lèvres sur les siennes. Prends ton médicament maintenant.
Jane se redressa, une main caressant son abdomen. Elle prit son verre d'eau et avala son médicament. Puis elle avala la moitié de son muffin sous les yeux doux de la blonde. Alors qu'elle allait se recaler contre elle, son téléphone sonna.
*-Rizzoli...Oui c'est bien moi...Oui...Je vous demande pardon?!...Et je ne peux-...D'accord...Au revoir. Elle raccrocha.* Putain...
-Qu'est ce qu'il y a? interrogea Maura en caressant ses cheveux.
-Je vais être décoré dans un mois, lors d'une cérémonie en l'honneur des héros de la police. Marmonna Jane.
-Mais c'est génial. Remarqua la blonde, avec un sourire fier. Son amoureuse se laissa aller contre le canapé. Pourquoi tu boudes?
-Je veux pas être décorée parce que je me suis tirée dessus. Ça n'a rien d'héroïque. Grogna Jane.
-Si chérie, c'est héroïque, beaucoup ne serait pas capable de faire ça, surtout que tu l'as fais dans l'espoir de sauver ton frère et tes collègues, tu l'as pas fait pour toi. Et de toute façon tu n'as pas le choix, alors arrête de râler. Expliqua Maura.
-Tu étais au courant?! Remarqua de suite Jane.
-Je... Grimaça la blonde.
-Maura. Imposa la brune.
-Je l'ai appris y a deux jours. Reconnu la jeune femme.
-Et tu ne m'as rien dis?! S'exclama Jane, avant de la voir fait une grimace d'excuse. Tu as menti.
-Non, non, non, je n'ai juste rien dis. Remarqua Maura, de plus en plus gênée. Ce n'est pas un mensonge, juste une omission. Justifia-t-elle devant les yeux bruns et jugeurs. Oh ne m'en veux pas pour si peu.
-On est quitte alors? Proposa Jane.
-Oh non, j'ai omis de te dire que tu allais être décorée, tu as joué avec ta vie. On est pas quitte! Refusa Maura, la mine boudeuse.
Jane attrapa sa nuque et l'attira près d'elle pour sceller leurs lèvres. Maura ne se fit pas prier pour se perdre dans le baiser, elle sentait la brune très entreprenante et ça lui plaisait énormément, cette nouvelle Jane lui plaisait beaucoup. Cependant elle la savait blessée et redoutait de lui faire mal, alors elle n'osait pas poser ses mains sur elle, voilà pourquoi elle en avait une sur le canapé et l'autre sur le coussin près de la cuisse de Jane.
-T'as le droit de me toucher tu sais? Murmura la brune contre ses lèvres.
-Je ne voudrais pas te blesser plus que tu ne l'es déjà. Expliqua Maura.
-Tu peux me toucher partout sauf sur la plaie. Ça te laisse des possibilités quand même. Sourit Jane.
La blonde glissa une main sur la jambe de la jeune femme la laissant frissonner alors que l'autre venait caresser son dos.
-Ça va là? Provoqua-t-elle gentiment.
-C'est un peu hors de mon contrôle. Marmonna Jane. J'ai pas le droit au activité sportive et au sexe pendant au moins deux semaines encore. Se justifia-t-elle.
-Oh c'est bien dommage, moi qui avait déjà des idées. Continua Maura, un léger sourire provoquant aux lèvres qui s'agrandit quand elle vit le rouge aux joues de Jane.
-Dis pas des trucs pareil. Soupira Jane en la poussant pour ensuite cacher son visage dans ses grandes mains.
Délicatement Maura embrassa chaque cicatrice sur le dos des mains, avant de les prendre dans les siennes. Elle était assise, une jambe repliée sous elle pour regarder la brune qui avait du mal à croiser son regard. Elle garda les grandes mains dans les siennes, caressant les petits cicatrices. Elle savait que Jane avait longtemps eu peur de devoir toucher quelqu'un qu'elle aimait avec ses mains, comme si elle avait peur de laisser une trace de Hoyt sur la personne. Et pourtant elle, elle n'avait jamais cessé de les imaginer sur son corps, elle se fichait de ces cicatrices, ça ne changeait pas que c'était Jane et qu'elle l'aimait.
-Dis moi Jane. Appela-t-elle doucement.
-Quoi? Interrogea gentiment la brune en regardant leurs mains.
-Tu as déjà été avec une femme? Osa demander Maura.
Jane avait toujours été secrète, alors la blonde n'avait jamais obtenu d'informations sur les personnes qu'elle avait fréquenté avant qu'elles ne se connaissent. Elle savait seulement pour Dean, Casey et elle soupçonnait quelque chose pour Martinez.
-En fait heu...non, jamais. Admit la brune, extrêmement gênée. Toi? Osa-t-elle ajouter.
-Oui. Répondit Maura.
-C'est vrai? S'étonna la brune.
-Oui. Répéta Maura. La première c'était quand j'étais encore à l'université. Et depuis il y en a eu quatre autres. Expliqua-t-elle.
-Et tu ne m'as jamais rien dis?! S'offusqua Jane.
-Tu te souviens il y a quelques mois on a une enquête dans une boîte de nuit, et tu as été lesbienne le temps d'une soirée? Rappela la blonde avec un léger sourire.
-Oui je me souviens, j'en avais jamais vu autant de toi avant je crois. Rougit Jane.
-C'est vrai. Ria Maura. Toujours est il que le soir quand on a eu fini de récupérer les verres avec l'ADN et que tu as eu vu tout tes rendez vous, vous êtes tous rentré. Moi je me suis changée mais je suis restée. J'ai eu un rencard et le lendemain soir j'avais un rencard avec une femme qui m'a ramené chez elle. Raconta-t-elle.
-J'en reviens pas... Soupira Jane.
-J'avais peur que de t'avouer ma bisexualité c'était t'effrayer, que tu penses que j'avais des envies autres qu'être ton amie, et que ça gâche tout. Se justifia Maura.
-Ce qui n'étais pas faux. Se moqua gentiment la brune. Maura lui lança un regard noir. Tu m'apprendras tout alors? Comme d'habitude en fait.
-Laisse toi porter, n'aie pas peur, on va prendre notre temps et tout ira bien. Rassura Maura.
-Je t'aime Maur'. Sourit Jane en se rapprochant pour un nouveaux baiser.
-Et je t'aime aussi. Sourit à son tour la blonde.
