17 : Oeuvre d'art.

Maura et Jane se faisaient face dans le bureau de la blonde, séparées seulement par un des fauteuil de la blonde. Jane avait les mains sur les hanches et la mâchoire contractée, alors que la blonde avait les bras croisés, le regard impassible. La tension était si forte que depuis le labo en face, tout le monde travaillait en lançant des coups d'oeil par les fenêtres.

-Reconnait le. Ordonna Maura.

-Non. Refusa Jane.

-Tu m'as abandonnée. Grogna la blonde.

-N'importe quoi! Mon portable était cassé et j'étais en planque toute la nuit, je suis rentrée ce midi, ensuite intervention, et il se trouve que j'ai pas pu venir avant maintenant. Justifia la brune.

-Tu m'as lâchement abandonnée, parce que tu avais la trouille d'aller au restaurant avec moi, en tant que compagne. Tu avais peur du regard des autres. Accusa Maura.

-Mais je t'ai dis non, je n'avais plus de téléphone, il a été cassé dans l'intervention. Le seul truc que tu peux me reprocher c'est de ne pas connaitre ton numéro de téléphone par coeur pour pouvoir t'appeler et te prévenir. Gronda Jane, de plus en plus agacée par toutes ces accusations.

En venant une vingtaine de minutes plus tôt, elle pensait qu'elle allait s'excuser, l'embrasser, lui offrir une étreinte et se faire pardonner ainsi. Mais résultat elle se disputait dans le bureau de la jeune femme, et Jane était d'un naturel peu patient, mais après deux journées chargées et interminables plus une nuit de planque, tout ça pour ne toujours pas savoir qui était ce meurtrier qui faisait de ses victimes des statues, elle était prête à exploser. Maura était sa douceur, quand elle allait mal elle pensait à Maura, depuis deux mois, quand elle allait mal elle allait voir la blonde et avait toujours un câlin et des baisers, c'était tout ce dont elle avait besoin. Elle voulait ça aussi maintenant.

-Je me suis retrouvée seule devant ce restaurant, et je me suis dis que j'allais prendre un verre pour t'attendre, parce que l'enquête te prenait un peu plus de temps, et voilà. Je suis restée face au vide, à regarder les gens aller et venir. Tu m'as plantée, je me suis ridiculisée. Je m'étais fais belle, j'étais impatiente de te voir, de t'embrasser, et t'ai pas venue. Raconta Maura, la voix tremblante, faisant son possible pour retenir ses larmes.

-Maura, je suis vraiment désolé, vraiment, vraiment. S'excusa Jane, la voix suppliante, elle avait vraiment blessé Maura, et elle se détestait pour ça. Je t'en prie Maur' pardonne moi. Supplia-t-elle. Je ferais n'importe quoi, laisse moi me rattraper. Ce soir, on va où tu veux faire ce que tu veux et je ne râlerais pas. Proposa-t-elle.

-Se sera sans moi, ce soir j'ai quelque chose de prévu. Déclara Maura, en se tournant pour attraper sa veste et l'enfiler, avant de prendre son sac.

-Où vas tu? Demanda Jane.

-J'ai un rendez vous. Bonne soirée. Fit la blonde en mettant son sac sur son épaule et se dirigeant pour partir.

Jane la retint par le bras.

-Où vas tu? Répéta-t-elle.

-Laisse moi. Je n'ai pas à te rendre des comptes. Je fais encore ce que je veux. Pesta Maura.

-Maur'. Supplia Jane.

-Lâche moi. Râla la jeune femme en retirant son bras de son emprise. Au revoir.

-Maur' s'il te plaît. Appela la brune. Maur'! Fit-elle au milieu du couloir la blonde partant vers l'ascenseur.

-Bonne soirée lieutenant Rizzoli. Termina Maura en rentrant dans l'ascenseur.

Jane pesta. Elle le savait, une Maura blessée et agacée c'était la fin de tout, c'était fichu. Elle la laissa partir, mais une fois les portes de l'ascenseur fermées elle frappa le mur, en colère. Si Maura voulait pas d'elle, elle travaillerait à s'en effondrer, de toute façon une soirée sans sa chérie ne pouvait pas être une bonne soirée alors autant l'occuper. Elle prit à son tour l'ascenseur, et remonta à son étage. Elle alla devant le tableau d'enquête déterminée, surprenant ses collègues qui ressentait sa frustration.

-Tout va bien Jane? Demanda Frost.

-Oui. Lâcha Jane. Revenons à cette enquête. Toute nos victimes étaient des jeunes mères, sauf celle ci, qui avait un fils d'une bonne trentaine d'années. Pourquoi cette cible là d'un coup? Pourquoi une différente? Enchaina-t-elle en prenant la photo de la femme en question.

-Peut-être que les autres étaient des essais, des entraînements. On a déjà vu ce procédé chez des tueurs en série. Proposa Frost.

-Ou alors celle ci avait un lien personnel. Remarqua Korsak. Parce que d'après les conclusions du Docteur Isles, elle est morte avant les autres victimes. La seule plus âgée, à peut-être un lien personnel avec lui.

-Pas faux. Accepta Jane en fixant la photo. Quel âge aurait son fils? Demanda-t-elle, alors que Frost se mettait à chercher elle se retourna pour regarder les autres victimes. Si celle ci avait un lien avec lui, qu'il s'était vengé, pourquoi ressentir le besoin de tuer toute ces autres femmes? Questionna-t-elle, sans vraiment attendre de réponse.

-La plus spécialiste dans ce domaine serait le Docteur Isles, Jane. Répondit Korsak.

-Elle n'est pas là ce soir. Grogna-t-elle. Rendez vous. Ironisa-t-elle.

-Sans toi? S'étonna son ami.

-Comment ça sans moi? Rétorqua Jane.

Elle n'avait encore parlé à personne de sa relation avec Maura, ou plutôt de l'évolution de sa relation. Seulement sa mère savait, parce qu'elle les avait surprises en train de s'embrasser, une semaine après le premier baiser. Jane y pensait tout le temps, ça avait été tellement imprévu ce baiser, certes elles avaient cette complicité qui paraissait étrange aux yeux de tous, sauf à elles, parce qu'elles avaient enfoui assez profondément leurs réels sentiments par peur de tout gâcher, mais d'un coup tout était ressortit. Après que Jane avait tiré sur le père biologique de Maura, toute leurs relation c'était retrouvées sans dessus dessous. Mais la réconciliation passée elles s'étaient rendues compte chacune de leurs côté que ce qui les liait était vraiment fort, trop fort pour être de l'amitié. Alors elles s'étaient rapprochées, leurs taquineries devenant plus du flirt, et puis le problème Hope Martins dans la vie de Maura, celle ci tentant à la fois de se faire accepter par sa mère biologique et sa soeur, tout en ne blessant personne. Et puis la détresse quand Hope l'a rejetée, et accusée de mentir, et alors là une évidence. Perturbée, peinée, elle n'avait pensé qu'à une seule personne, parce que dans son monde de petit rat de laboratoire, et dans sa vie compliquée, la seule et l'unique personne qui la rattachait à la joie, au bonheur, et à l'amour, c'était Jane. Elle l'avait appelée, et celle ci n'avait mis qu'une minute à venir, parce que sa Maura triste c'était inenvisageable, sa Maura devait être heureuse, elle s'était fait la promesse de toujours faire en sorte qu'elle le soit. Une fois chez la blonde elle l'avait enlacée et bercée, la laissant tremper son teeshirt de larmes, en s'agrippant à elle, tentant de la rassurer et quelques blagues pour la faire sourire. Et puis l'évidence les avait rattrapé. Et quand les larmes furent arrêtées, il ne fallu qu'une seconde à Maura pour comprendre qu'elle n'était pas seule au monde. Alors elle l'avait embrassée, et bien vite elles s'étaient retrouvées nues dans le lit. Une douce soirée qui avait pourtant si mal commencé.
Depuis elles n'avaient rien dit, alors comment Korsak pouvait-il savoir? Jane ne comprenait pas.

-Je te connais depuis de nombreuses années Rizzoli, assez pour savoir et voir quand ta meilleure amie est devenue ta compagne. Déclara l'homme.

-Chuuut! Réprimanda-t-elle.

-Même moi j'avais compris. Le poste entier l'a vu. Déclara Frost, sans lâcher ses recherches.

Alors Jane réalisa sa bêtise. Elle avait désiré garder sa relation avec Maura privée et secrète, et la blonde avait accepté. Parce que c'était Jane et qu'elle lui passait tout, parce qu'elle l'aimait. Elle avait attendu, et deux jours avant, elle avait abordé le sujet, disant qu'elle en avait marre d'être sa compagne seulement à la maison, elle voulait plus, et Jane avait dit qu'elle aussi alors elle avait accepté de se montrer, et elle avait prévu ce diner en amoureuses au restaurant pour commencer, mais Jane avait eu une planque obligatoire, sans son téléphone, résultat elle avait blessé sa Maura. Elle attrapa son téléphone sur son bureau, acheté par son frère le matin même pour qu'elle en ai un, et le déverrouilla pour envoyer un message à la jeune femme. Elle hésita, puis se lança, de tout façon elle ne pouvait pas faire pire au vu de la situation.

« Maura, chérie, je suis désolé, profondément désolé, et stupide, je t'aime éperdument, et suis vraiment nulle avec toi. Je comprends que tu m'en veuilles. Je reste au poste, au moindre problème dans ta soirée, ou quoi que se soit, je suis là pour toi.

Ta Jane (qui t'aime vraiment vraiment, et qui est vraiment vraiment débile). »

Elle le relu et l'envoya. Elle soupira et le rangea à sa ceinture. Elle n'aurait jamais pensé qu'être amoureuse serait si compliqué. Elle se frotta le visage, remit ses cheveux et se retourna pour se remettre à l'enquête au moment où son frère arrivait.

-Problème avec Maura, Jane? Demanda-t-il.

-Comment tu sais ça? Soupira-t-elle agacée.

-Je l'ai vu quitter le poste avec l'autre écrivain que vous aviez sauvé là, celui qui l'avait fait taguer il y a trois mois. Expliqua Frankie.

-Dennis Rockmond? S'exclama la brune.

-Ouais je crois que c'est ça. Acquiesça son frère.

-J'y crois pas! Putain! Râla Jane. Rockmond! Elle est avec Rockmond bordel!

-Jane? Jane! Appela plusieurs fois Frost avant d'attirer le regard de la jeune femme sur elle. Le fils de la victime connu sous le nom de Cruella, a été déplacé dans plusieurs foyers et familles d'accueil, après avoir été plusieurs fois maltraité par sa mère, il aurait trente trois ans aujourd'hui.

-Brûlures de cigarettes sous les pieds? Interrogea Jane, sûre d'elle.

-Exact. Affirma Frost en continuant de lire ce qui était écrit sur son ordinateur, avant de soupirer et de tourner la tête vers la jeune femme. Jane, il a changé de nom, il est maintenant Dennis Rockmond.

-Son adresse? Bredouilla la brune, devenant livide.

-Je te l'envoi. Répondit l'homme.

-On y va tout les quatre, maintenant, et on se dépêche! Ordonna Jane, durement, attrapant son arme et sa veste et partant en courant vers l'ascenseur.

Les trois hommes la suivirent rapidement et ils descendirent ensemble. Ils prirent deux voiture et Jane prit le volant, passant devant. Elle était en colère, autant contre cet homme que contre elle et Maura. Elle n'aurait jamais dû la laisser partir. Et puis quelle idée avait eu Maura en allant là-bas avec cet homme? Au fond Jane savait, c'était dans la colère et la frustration que Maura avait pris cette décision, elle avait voulu la punir. Vexée, et pensant que Jane ne voulait pas les assumer, elle avait voulu se venger, la blesser peut-être, et Denis Rockmond était le dernier homme avec lequel Maura était sortit avant elle, et celui ci était entreprenant et était revenu à la charge la veille, Jane le savait, sa chérie avait dit non, mais elle avait du revenir sur sa décision après qu'elle ne soit pas venue la veille au soir, et après leurs dispute elle était partie le retrouver. Jane avait confiance en elle, rien ne se passerait entre eux, mais maintenant qu'elle savait qui cet homme était, elle paniquait. Elle devait retrouver sa Maura vivante, respirant, elle voulait voir à nouveau son sourire, sa beauté, entendre ses mots doux ou même ses mots compliqués et tordus de scientifiques qu'elle ne comprenait pas.

-On va arriver à temps. Souffla Korsak qui était à côté d'elle.

-T'en sais rien. Grogna Jane, inquiète.

Elle roulait le plus vite possible, cet imbécile habitait loin du poste en plus de ça. Devant l'immeuble elle s'arrêta rapidement, se garant approximativement, s'en fichant totalement, elle descendit, arme à la ceinture, suivit de Korsak, Frost et Frankie dans la foulé. Ils rentrèrent ensemble dans l'immeuble, et Frost leurs dit de suite que c'était le dernier étage. Ils prirent alors l'ascenseur, Jane grognant qu'il était trop lent. En en sortant ils prirent leurs arme en main, ne prenant aucun risque, et la brune passa devant, enfonçant la porte la première.

-Laissez là Rockmond! Aboya Jane, arme en main, avançant vers eux qui s'apprêtaient à passer innocemment un rideau.

Les trois hommes se mirent autour d'elle, menaçant eux aussi, arme en poing.

-Qu'est ce qui vous prend? Jane! Râla Maura, avant que Denis ne se colle à son dos, son couteau sous sa gorge.

Elle se tendit, reculant sa tête sur son épaule, tentant d'échapper au couteau collé à sa peau. Pourquoi? Pourquoi avait elle voulu punir Jane? Si elle avait arrêté de faire sa tête de mule, qu'elle avait écouté Jane et accepté ses excuses, elle pourrait être en train de se prélasser dans ses bras, chez elle, au lieu d'être attaqué par un psychopathe devant sa Jane. L'homme commença à reculer, passant derrière le rideau, crispée, les larmes aux yeux, elle tenta de le suivre, sans être coupée par la lame contre sa peau.

-Tu vois ce pied d'estal Maura? C'est là que je conçois mes oeuvres d'art. Et tu devais être ma prochaine création, car comme ma mère tu m'a donné la vie en me sauvant. Murmura Denis près de son oreille, mais assez fort pour que les autres entendent. Vous vous croyez malin lieutenant hein? Provoqua-t-il alors qu'ils arrivaient près de la cage d'ascenseur ouverte, qu'elle avait approché plutôt, avant que tout ne dérape.

-Pas du tout, on a eu de la chance, vous êtes bien plus malin. Reconnu Jane face à lui.

Elle et les trois autres avaient suivi le déplacement et étaient maintenant à peine à un mètre d'eux, toujours arme en poing.

-Et comment! Même le brillant Docteur Isles est tombé dans le piège! S'exclama l'homme fièrement.

-Pitié non! Pitié. Pleura Maura, sentant la lame appuyer sur sa gorge.

-C'est bien, j'adore quand on supplie. Sourit-il dans son oreille.

-Arrêtez! Je vous en prie, arrêter. Supplia Jane en rangeant son arme, et montrant ses mains. On fera ce que vous voulez. Je ferais ce que vous voulez. Vous contrôlez. Précisa-t-elle.

-Vous savez pourquoi j'ai fais ça? Demanda Denis après quelques minutes, plus calme.

-Oui, pour plus que votre mère vous fasse de mal. Répondit Jane, calme, tentant de l'apaiser, espérant sauver sa chérie.

-J'ai déposé mes oeuvres d'art partout où j'aurais tellement voulu qu'elle m'emmène. Ajouta-t-il, un brin de désespoir dans la voix.

-Pourquoi vous en prendre à Maura alors? Demanda la brune.

-Parce qu'en me sauvant elle m'a empêché de quitter ce monde! Hurla l'homme, toujours plus au bord de la cage ouverte.

L'ascenseur était à deux étages et demi en dessous, Maura le savait, au vu de ce qu'elle avait vu plutôt, la chute serait fatale. Elle sentait la terreur parcourir tout son corps, elle était totalement pétrifiée, et elle, si habituée à contrôler ses émotions, n'y arrivait plus du tout, les larmes coulaient, et elle n'y pouvait rien.

-Pitié...Geignit-elle.

-J'espère que maintenant, les mères vont enfin comprendre : traitez correctement vos enfants parce que vous avez pas idée de ce qu'ils peuvent devenir! Cracha Denis, comme si il justifiait ainsi son geste.

-Pitié...Répéta Maura, apeurée, Jane devant elle, redoutant chaque geste.

Et d'un coup Maura sentit la lame glisser sur sa peau sans la quitter, une main attraper son poignet alors que le corps dans son dos se détachait. Son agresseur se laissa chuter seul, alors que Jane la ramenait contre elle, dans ses bras. Elle passa un bras autour de son dos, l'autre de ses épaules, et glissa une main dans ses cheveux blonds, voulant l'étreindre fortement, pour la rassurer. Les doigts de Maura s'enroulèrent autour de son col, s'assurant qu'elle ne se détache plus d'elle, et elle cacha son visage dans le cou de Jane, lâchant tout, sans honte, pleurant à chaudes larmes. Sa chérie était là, la tenait, rien ne pouvait plus lui arriver, elle était là.

-Chuuut chérie, je suis là, je suis là. Répéta Jane en la berçant. C'est finit, je te lâche plus. Tout va bien. Murmura-t-elle, en la serrant, voyant les trois hommes s'éloigner, les laissant, Korsak lui fit signe qu'ils attendaient en bas.

-Je suis désolé, tellement désolé Jane. Pleura Maura.

-C'est rien, on s'en fiche, c'est fini. Je suis là, je laisserais personne te faire de mal. Rassura la brune en caressant tendrement son dos.

-Je voulais te punir. Je suis désolé. Marmonna la blonde entre les larmes.

-Oublie tout ça, l'important c'est que tu vas bien, que je t'aime et que tout est fini avec ton agresseur, mais que toi et moi on peut reprendre pour de belles années. Souffla Jane.

-J'ai eu ton message. Bredouilla Maura. Je t'aime tellement. Fit-elle en écartant son visage pour la regarder.

-Moi aussi chérie, moi aussi. Souffla Jane, avec un sourire rassurant, avant de se pencher pour déposer ses lèvres sur les siennes. Je te ramène chez toi. Fit-elle ensuite.

-Non. Non. Refusa Maura en enlaçant son cou, serrant de toute ses forces. Ne me lâche pas.

-Je te ramène chez toi, et je reste avec toi, ne t'inquiètes pas. Tenta de rassurer Jane en caressant son dos.

-Ne me lâche pas Jane. J'ai besoin de toi, ne me lâche pas. Réclama la blonde, les larmes revenant, la voix tremblante.

-D'accord, on va rentrer et je te lâche pas. Accepta la brune.

Gardant sa chérie accrochée à son cou, elle la tint en tenant au niveau du dos, et passa l'autre bras sous ses jambes pour la soulever tel une princesse. Maura se laissa aller, posant sa tête sur son épaule, elle se sentait totalement incapable de marcher, ou de bouger, ses membres étaient toujours tétanisés par la peur violente ressentie plus tôt, elle avait besoin de Jane et de personne d'autre, celle ci était la seule à pouvoir la détendre et l'aider. Jane, en la tenant contre elle, sortit de l'appartement, Korsak était là les attendant. Les voyant il ne dit pas un mot, et se contenta d'appeler l'ascenseur. Ils rentrèrent dedans et alors qu'ils descendaient, Jane se tourna vers son ami.

-Tu prends le volant, je reste derrière avec Maura, tu nous ramène chez elle, les gars nous suivent, comme ça ils pourront te ramener ensuite. Chuchota-t-elle.

-Bien sur. Accepta Korsak, sans une hésitation, il était conscient que la blonde avait vécu un coup dur, vu la peur qu'il avait eut il ne pouvait qu'imaginer la sienne, sans parler de Jane, qui même si elle paressait sereine, avait été terrorisée et ne voulait pas la quitter.

L'homme connaissait assez les deux femmes pour savoir qu'elles s'aimaient énormément, et que au vu de l'état de la blonde, Jane devait se sentir coupable et responsable de ce qui était arrivé, elles devaient rentrer et se reposer. Mais ce dont il pouvait être sûr c'est que tout cela avait changé quelque chose entre elles, plus jamais elles ne se cacheraient.
En bas, Frost et Frankie hochèrent la tête quand Korsak leurs fit signe de les suivre. Jane monta dans la voiture, sur la banquette arrière, et s'assit, gardant Maura sur ses cuisses, la serrant dans ses bras. Maura avait toujours la tête sur l'épaule de la brune, serrée contre elle, se tenant à sa veste.

-Tout va bien Maur', on rentre à la maison. Murmura Jane en embrassant sa tête caressant ses cheveux.

-Ne me quitte plus jamais. Réclama la blonde.

-Jamais. Promit la brune. Dans un sens je ne t'ai jamais quitté, c'était une petite dispute. Tenta-t-elle pour la faire sourire.

-Alors ne me laisse jamais plus partir en colère contre toi alors que tu t'es excusée et que tu m'aimes. Rectifia Maura en esquissant un sourire devant le beau visage aimant.

-Tu me fais un peu peur quand t'es en colère, tu sais. Sourit la brune.

-Tu n'as peur de rien. Remarqua la jeune femme.

-Ça a changé cette nuit. Murmura Jane en embrassant son front.

-Je suis tellement désolé Jane, tellement, tellement. Susurra Maura, en collant son front au cou de la brune.

-Arrête Maur', on a eu assez mal comme ça pour ce soir pour ne pas que tu t'en veuilles. Je t'aime, tellement que ça me fait mal de te voir culpabiliser ainsi, alors je t'en prie arrête. Tu n'as pas à être désolée. Souffla Jane en tentant de la regarder.

-Je n'aurais pas dû t'en vouloir autant alors que tu t'étais justifiée, excusée et que tu étais prête à tout pour te faire pardonner. On pourrait être dans mon lit sans vêtements si j'avais accepté. Remarqua Maura.

-Je tiens à prévenir que j'entends tout. Interrompit Korsak, arrachant un gloussement, un peu nerveux, aux deux femmes.

-Et alors, tu l'as dis toi même tout le monde sait que je l'aime, ne fais pas le choqué de savoir qu'il nous arrive d'être nues dans son lit. Argua Jane recevant un regard surpris.

-Comment ça? Interrogea Maura.

-On est arrivé chez vous Docteur Isles. Prévint le capitaine en s'arrêtant devant chez elle.

Jane ouvrit la porte de la voiture, en remerciant son collègue et ami, pensant que la blonde allait mieux, elle voulu se détacher d'elle pour sortir, cependant Maura s'accrocha à elle désespérément.

-Ne me lâche pas. Réclama-t-elle.

Jane passa à nouveau un bras autour de son dos, et un sous ses genoux et la souleva pour sortir de la voiture. Korsak sortit de la voiture, les salua rapidement et monta dans celle de Frost et Frankie derrière. Jane entra dans la maison, sa chérie dans ses bras, elle claqua la porte avec son pied.

-Tu veux une douche? Un thé? Un film? Ton lit? Proposa Jane en avançant avec elle dans ses bras.

-Un bain avec toi Jane, et après je veux aller dormir contre toi. Réclama la blonde.

-Je t'y emmène tout de suite. Accepta la brune.

Elle monta rapidement à l'étage, et alla dans la salle de bain, dans laquelle elle posa Maura sur le lavabo, et alla ouvrir le robinet du bain, avant de revenir bien près de sa chérie. Délicatement elle retira ses propres vêtements, pour finir totalement nue, avant de porter ses mains à la taille de Maura, pour retirer doucement son chemisier. La blonde ne bougeait pas, toujours douloureusement apeurée. La brune lui retira son haut avant de venir défaire la jupe, et de lui enlever, aidée par la jeune femme qui releva ses fesses. Les sous-vêtement tombèrent enfin, et Jane aida la blonde à se mettre debout, en la tenant serrée contre son corps. Elles entrèrent dans la baignoire ensemble, et Jane se laissa aller contre la paroi de la baignoire, alors que Maura se couchait sur le côté contre la brune, emmêlant leurs jambes, les bras serrés autour de l'une et de l'autre.

-Détend toi, je suis là, je laisserais plus jamais personne te faire du mal. Promit Jane.

-Je crois en toi. Acquiesça la blonde, elle releva la tête vers sa compagne qui caressa ses cheveux, se détendant doucement par la chaleur de l'eau et du corps de Jane. Pourquoi as tu dis que tout le monde savait que tu m'aimais? Interrogea-t-elle.

-Parce que en parlant avec Frost et Korsak, j'ai découvert que les seules pas au courant qu'on était folles l'une de l'autre depuis des années c'était nous. Et tout le monde à remarquer qu'on est ensemble apparemment. Donc en plus d'arrêter d'être nulle, je vais pouvoir te prendre la main quand on sort et va au travail, je vais pouvoir t'embrasser avant d'aller en intervention, et je pourrais t'enlacer à la cafétéria. Chuchota-t-elle.

-Dès demain tu feras ça alors. Sourit Maura. Je sais pas ce que je ferais sans toi.

-N'imagine pas, ça n'arrivera pas. Rétorqua la brune.

-Promis? Demanda la blonde.

-Juré. Répondit Jane. Il faudrait être fou pour ne pas vouloir de toi.

-Jane, emménage avec moi. Proposa Maura en se redressant sur un coude pour venir se coucher entre les jambes de la brune, sur elle.

-C'est presque fait, tout mes vêtements sont chez toi, Joe Friday est ici, mes petites culottes se perdent entre les tiennes dans le panier de linge sale, je sais faire un café avec ta machine tordue, et mon plaid a rejoint le tien sur le canapé. J'ai déjà emménagé. Sourit Jane en caressant tendrement sa tête.

-C'est vrai, mais rapporte tes dernières affaires, tout ce qui compte pour toi et vend cet appart', qu'on mette ton nom sur la boîte aux lettres. Insista Maura.

-Bien sûr que je vais faire ça, je ferais des économies et je pourrais te couvrir de cadeaux. Déclara Jane fièrement en serrant les épaules de la blonde contre elle.

-C'est pas pour ça que je te demande d'emménager. Remarqua Maura.

-Je sais, mais ça n'empêche pas. Charma Jane en faisant s'effleurer leurs nez.

-Je t'aime. Souffla la blonde.

-Moi plus encore. Sourit Jane.

-Bien, alors tu m'aimes, tu as accepté de vivre ici, tu ne peux pas revenir sur ta décision, mais je dois te signaler un truc que tu as probablement oublié. Reprit Maura intriguant sa compagne. Ta mère est ma voisine très proche.

-Chier! J'avais oublié. Soupira Jane se laissant glisser plus dans l'eau, Maura restant au dessus d'elle, en appui sur ses bras.

-Ça ne change rien hein? S'assura la blonde.

-Non rien. Pour toi je suis prête à tout, tu devrais le savoir. Rassura la brune. Mais ma mère...Pourquoi t'es trop gentille toi aussi? Accusa-t-elle.

-Mais je voulais l'aider, c'est ta famille et un peu ma famille. S'expliqua Maura.

-Je répète, pourquoi t'es trop gentille? S'amusa Jane.

-C'était aussi un moyen d'être encore plus proche de toi. Sourit la blonde.

-Ce qui a bien marché, vu que je suis à poil dans ton bain. Ria la brune.

-Oui, j'ai craqué par la fougueuse Jane Rizzoli au tempérament de feu, et le mieux dans tout ça c'est que cette pudique et indépendant femme à fini par succomber à moi, le rat de laboratoire. Murmura Maura.

-Rat de laboratoire, cyborg, fan de mode alors que je sais pas me vêtir. Au départ tout nous séparait. Mais oui, je suis tombée éperdument amoureuse de toi. Susurra Jane.

Maura approcha son visage du sien et caressa leurs nez. Elle n'avait plus peur, l'inquiétude était partit, les moments durs s'étaient envolé, elle était heureuse, et elle allait l'être pour longtemps. Elle scella leurs lèvres dans un tendre baiser.

-Plus de conneries, maintenant Jane. Plus de bêtises pour sauver le monde et qui te mettent en danger. Plus de craintes devant moi. Plus de disputes irréfléchies entre nous. Plus d'idioties Jane. Chuchota-t-elle.

-Plus rien qui nous éloignerait, promis. Souffla Jane, en l'enlaçant fortement.

Maura satisfaite se pencha et l'embrassa plusieurs fois se délectant de savoir que l'avenir entre elles était clair, beau et simple.