19 : Ton mari Maur'?!
Elles marchaient depuis plusieurs minutes, elles étaient venues ensemble, comme toujours depuis que Jane avait emménagé dans la maison de la blonde. Celle ci avait son sac dans une main, l'autre crispée sur le bras de sa compagne qui se moquait d'elle depuis un moment, comme toujours parce qu'elle portait des talons hauts. Mais ce que Jane oubliait c'est que ces talons elles les adorait quand Maura ne portait plus que cela, et la légiste n'allait pas tarder à lui rappeler si Jane continuait de se moquer. Korsak les rejoignit, fit une remarque sur les talons, avant d'expliquer la situation et d'informer de l'identité du cadavre. Jane donna quelques consignes et l'homme repartit. Seules à nouveau, Maura failli tomber une fois de plus.
-Maura c'est pas raisonnable de venir avec tes fichus talons. Soupira Jane pour la énième fois.
Et Maura craqua.
-Tu les adores mes talons quand je ne porte rien d'autre. Remarqua la blonde sans tenter d'être discrète, n'essayant pas non plus d'avoir tout les regards sur elles, mais assez fort pour que deux trois têtes se retourne et que sa compagne se mette à rougir.
-Maura. Grogna la brune. Pas au travail.
-Alors laisse moi mettre ce que je veux. Soupira la légiste.
-Tu me fatigues. Je te laisse avec ton cadavre. Abdiqua Jane en voulant s'éloigner.
-Jane. Appela la blonde, apeurée à l'idée de l'avoir vexée.
Mais la jeune femme lui sourit et se pencha vers elle pour l'embrasser tendrement mais furtivement.
-Je t'aime, rassure toi. Sourit Jane, comme si elle avait compris les peurs de la blonde.
-Je t'aime aussi. Murmura Maura en la laissant s'éloigner dans un sourire.
La blonde ne se lassait plus des scènes de crime avec sa Jane qui l'embrassait, lui souriait, lui faisait des compliments, ou même des fois la reluquait, souvent en fait. Elles sortaient ensemble depuis onze mois, et étaient fiancées depuis trois mois. Jane avait sa demande le soir de l'anniversaire de la blonde, et celle ci avait évidemment dis oui. Bien qu'elles n'étaient ensemble que depuis huit mois à ce moment là, elle aimait Jane depuis des années, alors dire non était même pas envisageable. Maura aimait et avait Jane et comptait bien la garder des années encore. Le mariage devait avoir lieu deux semaines et demi plus tard, c'était rapide, elles le savaient, mais elles estimaient avoir assez perdu de temps et ne voulaient pas en perdre plus. Tout était prêt déjà, il ne restait plus qu'aux deux femmes de choisir leurs témoins, et tout irait pour le mieux.
Maura se pencha sur le corps, et l'examina dans les règles du protocole comme toujours, et elle avait la chance pour une fois de ne pas avoir de détectives impatients avec elle, elle pouvait faire cela calmement et posément, avec précision, sans manigances pour lui faire dire ce qu'elle n'avait pas dit, et sans entourloupes pour l'obliger à dire quelque chose dont elle n'était pas encore sûre. Alors qu'elle avait relevé la plupart de ce qui était intéressant et utile sur le corps, elle entendit des pas revenir vers elle depuis les broussailles, mais ne réagit pas plus. Elle resta penchée au dessus du corps quand une personne se planta près d'elle. Alors elle releva la tête vers celle qu'elle avait devinée comme étant sa compagne.
-On a trouvé une deuxième personne, inanimée mais vivante, avec ça sur elle? Signala Jane en lui tendant un papier plié et abîmé.
Maura prit le papier tendu et le déplia, pour découvrir une image d'elle et un homme qu'elle ne connaissait que trop bien. Ils étaient sur un fond coloré avec au dessus l'inscription "Take a chance, Weeding chapelle". Ses yeux s'arrondirent et son souffle se bloqua.
-C'est Edouard, mon ex mari. Lâcha-t-elle.
Jane se figea devant elle. Maura se remit correctement debout et la regarda, attendant une réaction, un commentaire, sa Jane savait tout d'elle sauf ça. Elle ne lui avait jamais dis, au début parce qu'elle avait honte, ensuite parce qu'elle ne savait pas comment le dire, parce qu'elle avait peur de la perdre ou de la vexer. La brune restant immobile, Maura tenta de la faire réagir, une main tenant toujours fermement le papier, elle vint de l'autre toucher l'épaule de la jeune femme. Cette dernière sembla réaliser, elle sursauta.
-Si on a tout on peut retourner au poste! S'exclama-t-elle. Vous pouvez emmener le corps. Fit-elle à l'équipe de la morgue. Toi tu viens, tu vas être interroger. Ajouta-t-elle froidement en regardant la blonde.
-Jane...Appela Maura en tentant de la suivre, tant bien que mal malgré ses talons hauts.
-Non. Ferma la brune. Je veux rien entendre. Ajouta-t-elle en accélérant le pas vers la voiture.
La blonde cru un instant qu'elle partirait sans elle, mais Jane démarra simplement et attendit qu'elle monte dans la voiture. Elle était en colère mais elle n'allait tout de même pas abandonner sa fiancée au milieu de la forêt. Cependant Maura eu à peine le temps de s'asseoir, que Jane démarrait, la porte même pas encore enclenchée. Maura ne savait plus comment agir, quoi dire, que devait elle faire. Une demie heure de trajet sans rien dire, le silence total entre elle, et l'immobilité entière de la légiste.
-Jane? Appela-t-elle alors qu'il restait seulement dix minutes de trajet, mais le manque de son amante et compagne se faisait trop fort.
-Non. Coupa la brune.
Jane ne voulait pas l'entendre, Maura le savait, elle l'avait blessée, elle ne pourrait pas s'expliquer juste elle, mais en plus de ça elle n'aurait ni son amour ni sa tendresse dans les heures à venir, et l'idée même lui broya le coeur. Elle avait appris à vivre et non survivre avec Jane, mais depuis qu'elles sortaient ensemble c'était pire, elle était devenue dépendante de la brune, et si d'habitude ce fait ne la dérangeait pas et même la rendait heureuse, aujourd'hui ça la blessait.
Une fois garées, elles descendirent de voiture, Maura derrière la brune, et elles traversèrent le hall, quand Angela les appela, Jane la coupa froidement.
-Pas maintenant. Grogna-t-elle.
Angela lança un regard suspect à la blonde qui secoua la tête, lui faisant comprendre qu'elle ne devait surtout pas insister. Korsak et Frankie les avaient rejointes rapidement, et ils prirent l'ascenseur vers étage ensemble, dans le silence toujours aussi inconfortable. Les deux hommes avaient compris qu'il ne fallait rien dire.
Les portes s'ouvrirent et ils allèrent dans l'open space où était leurs bureaux. Korsak souffla deux mot à Jane, pour ne pas aller en salle d'interrogatoire, mais dans sa colère la brune s'indigna.
-Et pourquoi? Je te signale que se serait pas elle on serait en salle d'interrogatoire. Grogna Jane.
-Oui. Mais justement, c'est elle. Souffla Korsak.
-Ok. Pesta la brune en tournant les talons. Elle attrapa une chaise et la place air centre de la pièce, près de son bureau, leurs permettant à eux quatre -Nina les avait rejoint- d'être au tour. Elle la pointa du doigt en regardant Maura, avec son air dur. Assis toi. Ordonna-t-elle.
Maura ne chercha pas et obéit. Alors que Nina et Frankie avaient légèrement sursauté surpris par la colère et la dureté de la brune. Depuis qu'ils savaient qu'elles sortaient ensemble, ils avaient tous découvert une nouvelle facette de Jane. Quand il s'agissait de la légiste elle devenait douce et calme, elle lui passait tout, était toujours présente pour elle. Ils ne l'avaient jamais vu s'en prendre à Maura, alors la situation de l'instant les surprenait tous. D'autant plus que la blonde n'avait pas dit un mot et avait obéit, comme si elle savait à quoi s'attendre.
-Donc. Commença Frankie, voulant s'avoir par curiosité, mais étant tout aussi gêné par cette situation.
-Oui, et bien. Commença Maura, ses mains jouant nerveusement ensemble, ce qui ne lui ressemblait pas. Qu'est ce que je pourrais vous dire sur Edouard? Soupira Maura.
-J'ai deux trois petites questions en tête. S'amusa Frankie, avec un sourire insouciant et plaisantin, tentant de détendre l'atmosphère et surtout sa soeur.
Maura évitait comme elle pouvait le regard de sa compagne, se sentant toujours un peu plus mal quand elle la regardait. Jane la fixait, les yeux noirs, agacée, la blonde savait, elle avait merdé, totalement en ne disant rien, mais la policière avait une réaction si brusque, presque violente en coupant tout contact ou toute parole avec elle, qu'elle ne savait plus comment se comporter, bien trop perturbée. Elle finit par se lancer, présentant ainsi le personnage qu'était son "ex-mari", parlant de sa famille, de lui, tentant comme elle pouvait d'esquiver une question qu'il avait tous et à laquelle elle n'échapperait pas, c'est à dire elle et Edward. Frankie craqua le premier et posa la question sur eux.
-Nous étions ensemble depuis quelques temps, mais nous sommes revenus à la raison dès le lendemain et avons fait annuler le mariage.
-Le temps que vous dessaoulez. Plaisanta Korsak, recevant un regard désapprobateur de Jane, qui fulminait sur sa chaise près de Maura.
-Nous n'étions jeunes et un peu bêtes mais pas ivres. Informa Maura, en le regardant sérieusement, comme si elle tentait de lui reprocher de la mettre dans une situation encore plus complexe par cette remarque. Jeunes et insouciants, mais pas ivre. Elle soupira et osa enfin tourner les yeux vers la brune, qui avait le regard si noir sur elle que ça lui donna un violent frisson. Nous ne nous sommes pas vus depuis des années, peu de temps après l'annulation de notre union, nous sommes partis chacun de notre côté et avons fait nos vies. Le silence lui répondit, personne n'osait intervenir entre elles. Jane dis quelque chose. Murmura-t-elle.
-On va chercher, je ne pense pas que ce -elle serra les dents avant de cracher le mot- mariage, soit la cause de ce meurtre, alors on va chercher mais concentrez vous surtout sur l'homme et le reste. Réclama-t-elle en regardant les autres. Merci. Fit-elle en se tournant vers son bureau.
-Jane. Appela Maura, désespérée.
-Merci. Appuya la brune en se levant pour partir.
La légiste soupira, elle n'était pas au bout de ses peines. Un secret. Un seul pour sa Jane, et voilà que ça allait tout détruire. La brune ne lui pardonnerait pas de si tôt. En la voyant de dos au loin, concentrée, elle se décida à descendre, faire l'autopsie, de toute manière elle ne pouvait rien faire pour le moment, elle devait laisser sa compagne se calmer. Elle passa la matinée dans sa blouse, irritable, au point que tous l'évitait, à disséquer le corps.
De son côté, Jane passa en revue les informations avec Frankie et Korsak, et demanda à son frère d'aller interroger un témoin. Alors qu'elle retournait à son bureau, son ami et capitaine la suivi pour se pencher sur le meuble et prendre appui dessus.
-Jane. Imposa-t-elle pour l'obliger à le regarder.
-Quoi? Demanda la brune dans un soupir, sachant exactement de quoi il allait lui parler.
-Tu ne peux pas être en colère pour un acte datant de plusieurs années qui est passé, et qui s'est déroulé quand vous vous ne connaissiez pas. Remarqua l'homme.
Jane considérait Korsak comme son ami, mais elle le voyait aussi comme une voix paternel. Depuis que son père était pratiquement sortit de sa vie, Korsak avait su être là à sa place quand elle avait eu besoin, pour aussi lui faire la morale.
-Je m'en fou de ce qu'elle a pu faire, je lui en veux de me l'avoir caché c'est tout. Grogna Jane. Et puis non! Je lui en veut de s'être mariée à un homme il y a des années sur un coup de tête. S'exclama-t-elle en se levant pour faire face à son ami. Ça fera bientôt un an qu'on est ensemble, trois mois qu'on est fiancées. Trois mois qu'elle me bassine avec les différents lieux, robes, bouffe et cartons d'invitation, dont je me fou éperdument, parce que moi tout ce que je veux c'est elle! Mais apparemment, de son côté, elle peut se marier sans besoin de tout planifier et penser avec cet homme, mais avec moi elle a besoin de temps. Pesta-t-elle, surprenant autant le capitaine que tout ceux autour.
-Te rends tu compte, Jane, de ta bêtise? Reprocha l'homme. Cet homme n'avait pas ton importance, d'où le fait qu'elle a annulé son mariage et rien organisé. Toi, elle t'aime, et veut que tout soit parfait, d'où le fait qu'elle organise tout. Tu penses à l'envers Jane, à cause de ta colère infondée. Remarqua-t-il.
-Infondée?! S'exclama la brune. Non mais t'es sérieux? Elle ne m'en a même pas parlé! Cria-t-elle.
-Tu es impossible. Comme si tu lui avais raconté toute ta vie amoureuse. Ironisa Korsak.
-Évidemment qu'elle sait tout. En même temps elle n'est pas très remplie contrairement à la sienne. Grogna Jane.
-Tu devrais te calmer, avant de colporter des rumeurs stupides dans ce poste sur ta fiancée. Argua Korsak. Et arrête de faire la tête. Ajouta-t-il en partant vers son bureau pour travailler.
Jane se renfrogna sur sa chaise, agacée, les bras croisés sur sa poitrine, elle fixa son bureau sans même le voir, seulement intéressée par ses pensées. Korsak n'avait peut-être pas tord, elle était en colère et irréfléchie, mais elle aurait au moins du laisser la possibilité à Maura de s'expliquer. Elle avait, comme toujours, tiré des conclusions trop vite, parce qu'elle l'aimait et était bêtement jalouse et possessive. Mais Korsak avait raison, Maura lui avait expliqué une fois, qu'elle voulait le mariage parfait, pas celui des contes ou autres, celui qui les représentait et ferait d'elles les plus heureuses du monde, parce qu'elle était sûre que Jane était la bonne, et que pour rien au monde elle voulait que ce jour unique ne soit pas celui qu'elle imaginait depuis leurs premiers baisers. Jane se détestait d'un coup.
-Jane? Appela Nina, l'arrachant à ses pensées.
-Quoi? Demanda sèchement la brune.
-J'ai fais quelques recherches, comme toujours et ai découvert que Édouard était marié. Déclara-t-elle.
-Super! Enfin une bonne nouvelle, balance son adresse on va aller lui parler. Au fait c'est qui? S'emballa Jane.
-En fait, on la connait très bien. Répondit Nina mal à l'aise.
-Comment ça? Questionna la brune.
-C'est le docteur Isles. Lâcha finalement la jeune femme.
Jane blêmit d'un coup, écarquillant les yeux, n'en revenant pas. En une minute, ses yeux devinrent noirs de colère et elle arracha le dossier des mains de Nina, qui s'éloigna de suite. Jane balança le dossier sur son bureau et se pencha dessus en restant debout pour lire les informations. Quand elle vit le formulaire attestant que Maura Isles était bel et bien la femme de leurs témoin et seconde victime, elle lâcha un rauque grognement et prit le dossier avec elle avant de partir vivement vers l'escalier ne laissant à personne le temps de l'intercepter. Elle prit l'ascenseur et failli devenir folle le temps qu'il arrive en bas. Lorsque les portes s'ouvrirent, elle se rua vers la morgue, mais comme sa compagne n'y était pas elle alla à son bureau. Elle entra sans même frapper et en trois pas fut au bureau de Maura, qui avait relevé la tête en voyant la porte s'ouvrir et qui s'attendait au pire.
-D'après ces documents il semblerait que tu sois toujours sa femme! Hurla Jane en lâchant brutalement le dossier sur le bureau devant la jeune femme.
-Non?! S'étonna Maura dans un souffle.
-Et bien si! Râla la brune, alors que la légiste ouvrait le dossier.
Maura avait les yeux ronds en lisant les informations, sans faire attention à la brune qui marchait en tournant en rond devant elle, comme un lion en cage.
-Je te jure que je ne savais pas. Finit par lâcher Maura en lâchant le dossier devant elle et se levant pour regarder la brune dans les yeux.
-Comment ne peux tu pas savoir que tu es mariée? Pesta la policière en prenant appui sur le bureau qui les séparait.
-Nous avions fait annulé nos voeux le lendemain. Je ne comprends pas. Comment est ce possible? Soupira Maura. Elle fit le tour du bureau et s'approcha de sa compagne pour prendre ses mains. Je te jure que je ne savais pas. Je te le promets, Jane. S'il te plaît, parle moi. Supplia-t-elle, haïssant l'attitude statique de sa compagne depuis qu'elle tenait leurs mains.
-Pour te dire quoi? Râla Jane en retirant ses mains des siennes. Que je hais savoir que tu m'as menti? Que tu ne m'as rien dis? Que tu t'es bien fichue de moi?! Enchaina-t-elle agacée.
-Jane, ma puce-
-Oh non pas de ma puce! Refusa la brune.
Maura baissa la tête, se triturant les doigts, ne sachant plus où se mettre.
-Tu m'en veux vraiment alors? Interrogea-t-elle.
-Oui je t'en veux! Évidemment! Comment on est censé se marier maintenant?! Cria la policière.
-Je vais divorcer évidemment. Il est inconcevable que je reste mariée encore plus longtemps, je ne savais même pas que j'étais mariée. Si je l'avais su, j'aurais divorcer avant même notre premier baiser, pour ne pas m'être en péril notre histoire. Assura Maura, retrouvant le temps d'un instant son assurance.
-D'accord, divorce, j'espère que se sera rapide, parce que hors de question que j'embrasse, touche ou aime une femme mariée. Lança Jane, en se tournant pour partir.
-Jane, c'est ridicule, tu sais bien que cela ne change pas mon statut et mon amour pour toi. Argua Maura en attrapant son bras pour la retenir.
-Je ne touche pas une femme mariée, point à la ligne. Grogna la brune.
-Le problème n'est pas le mariage, mais le fait que je n'ai rien dis. Je le sais. Soupira la blonde. Je t'aime plus que tout, ne l'oublie pas. Murmura-t-elle.
Jane déglutit et ferma les yeux un instant.
-Je t'aime aussi, mais tu m'as fais mal. Remarqua la jeune femme avant de quitter le bureau de sa compagne.
Maura se figea, son coeur se serrant douloureusement, même si elle savait que c'était physiquement impossible. Elle avait mal, mal parce que son amour avait mal, parce qu'elle l'avait blessée et s'en voulait. Elle aurait du parler, elle aurait du lui raconter cette histoire de jeunesse, cette relation et cet union qu'elle avait vécu même si ça n'avait pas eu d'importance pour elle, ou en tout cas, ça n'en avait plus depuis des années. Elle ferma la porte de son bureau et alla se laisser tomber sur son fauteuil. L'après midi se fit long, elle pensa un instant à aller voir Édouard, pour lui parler de son agression, et alors trouver le meurtrier rapidement ce qui lui permettrait de passer à autre chose, mais elle se ravisa rapidement, y aller c'était prendre le risque de blesser un peu plus Jane, et de la mettre encore plus en colère. Alors elle se noya dans la paperasse et rentra tôt, avec l'espoir que Jane rentre chez elles rapidement.
Il était minuit passé, et Maura était allongée dans le canapé, enveloppée dans un plaid, attendant désespérément Jane. Elle avait appelé Nina, qui lui avait dit que la policière était toujours au bureau à travailler. La porte de la maison s'ouvrit et Maura se redressa dans le canapé pour s'asseoir sur celui ci. La brune entra dans le salon, et la vit de suite.
-Jane! Soupira la blonde, soulagée de la voir.
-Pourquoi ne dors tu pas? Demanda la brune en allant à la cuisine, se prendre une bière.
-Je t'attendais. Répondit Maura en se levant pour aller vers le comptoir. Je t'en prie Jane, je ne sais plus quoi faire. Je sais que j'aurais du te parler, que j'aurais du tout te raconter, et qu'ainsi nous n'en serions pas là, mais je ne peux changer le passé. Remarqua-t-elle. Jane, je t'aime, toi et personne d'autre, c'est toi que je veux épouser, et je ne supporte plus de t'avoir blessée. Qu'est ce que je peux faire? Demanda-t-elle au bord des larmes.
-Rien. Il n'y a rien à faire. Tu m'as menti, laisse moi du temps. Réclama Jane en partant vers l'escalier.
Elle alla rapidement se coucher, et Maura la rejoignit vite. Elle se glissa sous la couette, face au dos de Jane, et le caressa furtivement, voulant se blottir contre elle, comme elle le faisait toujours, mais ce soir elle avait si peur d'être rejetée encore.
-Jane, je peux me coller à toi? Demanda-t-elle dans un souffle.
-Non. Grogna la brune. Oui. Ajouta-t-elle ensuite. Je ne sais pas. Termina-t-elle.
Maura sentit son coeur s'accélérer en réalisant que tout n'était pas fini. Elle se décala et se colla contre le dos de Jane, une main sur sa taille.
-Je suis désolé, profondément désolé, et je t'aime. Je le répéterais le temps qu'il faudra. Souffla Maura.
Sans s'en rendre compte, Jane se blottit un peu plus contre sa compagne, qui la serra contre elle. Elles ne bougèrent pas, malgré le fait qu'elles mirent la moitié de la nuit avant de s'endormir, presque en même temps, sans même le savoir.
Au matin, Jane ouvrit les yeux à la sonnerie du réveil, et en sentant la blonde collée à elle, elle ne retint pas son sourire, avant que les évènements de la veille ne lui reviennent en tête. Elle sortit du lit sans même regarder Maura, et alla dans la salle de bain, en fermant la porte. La légiste la regarda faire, en s'asseyant sur le lit. Elle voulu la suivre, mais quand le verrou se crocheta elle resta figée sur le lit. La colère de Jane était de retour avec le jour. Elle se sortit du lit, et alla dans le dressing, elle s'habilla rapidement et descendit préparer le petit déjeuné, laissant Jane dans sa longue douche. Cette dernière fini par descendre, avec son air froid et renfrogné, le pire air qu'elle pouvait afficher. Maura lui tendit son grand café et son muffin du matin.
-Je vais travailler. J'ai un connard a chopper. Déclara Jane en mettant son arme dans son étui avant de prendre le café et le muffin.
-D'accord. Fais attention à toi. Souffla Maura.
-Je vais voir ton mari ce matin, Korsak dit que ça pourrait être bien que tu nous accompagnes. Grogna la brune prête à partir.
-Et toi, tu veux quoi? Demanda la légiste.
-En finir avec cette histoire. Quelques soit la finalité, je veux qu'elle arrive rapidement. Rétorqua Jane en allant vers la porte d'entrée. Viens.
Maura attrapa son sac et son café et la suivit à la voiture, montant côté passager. Jane démarra et partit vers l'hôpital, Korsak les rejoignant là-bas.
-Jane, tu as le droit de me haïr, mais saches que la finalité peut être belle. Si il n'en tenait qu'à moi, je serais à toi, toujours à toi. Cette affaire ne change pas mon avenir, c'est juste toi Jane. Murmura la blonde en regardant la route.
La brune ne répondit pas mais Maura pu la voir essuyer rapidement sa joue, ce qui ne pouvait vouloir dire qu'une chose : une larme avait perlé. Jane l'aimait encore, et elle devait panser ses blessures. À l'hôpital elles redevinrent professionnelles, et avec le capitaine, elles allèrent à la chambre d'Édouard qui était avec sa mère. Il fallu un moment mais Korsak finit par réussir à éloigner la mère pour l'interroger, alors que Jane devait supporter les roucoulades d'Édouard devant Maura.
-Ça me fait tellement plaisir de te revoir Maura. Sourit l'homme.
-Édouard, que c'est-il passé là-bas? Pourquoi t'a-t-on trouvé presque mort? Interrogea gentiment Maura.
-Je n'ai pas envie d'en parler maintenant. Refusa Édouard. Que deviens tu?
-Je suis la légiste en chef du Massachusetts, je suis fiancée au meilleure policier de Boston, et je dois l'aider à résoudre cette enquête. Alors réponds s'il te plaît. Enchaina Maura.
-Tu es fiancée? Releva l'homme.
La blonde soupira et se tourna vers Jane, la suppliant du regard de venir l'aider.
-Jane, est policière et ma fiancée, et en charge de l'enquête. Alors on va laisser notre vie personnelle de côté, et tu vas répondre à ses questions parce qu'on vraiment plein de choses à régler. S'impatienta la blonde.
Jane n'en revenait pas de la voir si convaincue, si affirmative, et surtout si agacée. Elle vit cependant l'homme acquiescer au propos de Maura et se remit dans son rôle de policière, se mettant à poser une série de question. Elle n'obtint pas grand chose et les laissa pour aller voir Korsak. Lorsqu'elle revint une dizaine de minutes plus tard, la blonde n'était plus là.
-Où est Maura? Demanda-t-elle sèchement à Édouard.
-Êtes vous vraiment fiancées? Questionna-t-il.
-Oui, et je compte pas la laisser filer. Alors restez loin d'elle et divorcer rapidement. Réclama Jane durement avant de partir.
Elle descendit et ne trouva pas sa voiture, alors elle alla à celle de Korsak côté passager à côté de lui, qui lui donna un mot trouver sur le volant. Elle s'assit et le déplia.
« Ma puce, je suis partie chez Édouard récupéré une preuve importante, je te la rapporte au plus vite au commissariat. Merci de ne pas avoir frappé Édouard, ça devait te démanger, vu comme je te connais.
Je t'aime,
Maura »
Jane soupira et glissa le papier dans sa poche. Voilà que sa compagne se mettait à faire cavalier seule à son tour.
-Ça va? Interrogea Korsak.
-Oui très bien, la femme que j'aime et à qui je fais la tête de puis vingt quatre heure alors que je rêve de lui faire des câlins, c'est décidée à faire cavalier seul pour me prouver qu'elle n'aime que moi. Mais qu'est ce que je suis conne des fois. Râla Jane.
-C'est bien, tu t'en rend compte. Se moqua l'homme, recevant une tape sur l'épaule.
-Tu sais quoi, conduis jusqu'au commissariat, et tais toi. Râla la brune, avec un léger sourire aux lèvres.
Il démarra et Jane garda les yeux sur la route, sa compagne était quelques part à vouloir tout régler pour se faire pardonner, parce qu'elle n'avait pas su mettre sa fierté de côté. Si Maura était blessée, ou si il lui arrivait quoi que se soit, elle ne se le pardonnerait jamais. Alors qu'elle se perdait dans ses pensées, son téléphone sonna. Elle l'attrapa et décrocha rapidement.
*Allo?
*Jane? C'est moi! S'exclama Maura de l'autre côté. Raccroche pas! J'ai besoin de toi.
*Tu es où? Qu'est ce qu'il se passe? Maur'? C'est quoi ce coup de feu? Paniqua Jane, alertant Korsak.
*J'ai récupéré les papiers, et je rentrais. Brenner avait mis sur pied une arnaque, il a besoin des papiers. je t'expliquerais. Brenner est là avec un fusil, il veut les papiers et ma peau. Déballa la légiste.
*Mets toi à l'abris. Et t'as intérêt à rester en vie où je te botte le cul. Ordonna Jane. T'es où?
*À deux ou trois kilomètres au sud de chez Édouard. Jane...
*J'arrive dans deux minutes chérie. Assura Jane, alors Korsak mettait la sirène et accélérait.
La connexion se coupa après un coup de feu, et la brune paniqua. Le capitaine conduisit un peu plus vite et ils arrivèrent rapidement à destination, dans le dos de l'homme. Celui ci tendait son fusil sur Maura, qui était près du ravin, tendant les papiers dans le vide, menaçante. Jane et Korsak s'approchèrent sans bruit, arme en main et la brune colla son canon sur la tête de l'homme.
-Baisser ce fusil. Sans gestes brusques. Ordonna-t-elle. Si il le faut j'hésiterais pas à vous tuer.
Elle fit un signe de tête à la blonde qui se décala rapidement sans lâcher les papiers. Korsak s'occupa de récupérer le fusil et de menotter Brenner, leurs coupable. Puis, il l'emmena à la voiture et Jane rangea son arme, en se tournant vers sa compagne, qui s'approchait toute penaude.
-Ça va? Interrogea la brune, apeurée et angoissée.
-Oui. Murmura Maura les yeux sur les papiers, retrouvant un souffle plus stable, mais toujours peureuse devant sa compagne qu'elle savait en colère.
Jane cessa de réfléchir et la prit dans ses bras. Elle la serra très fort, du plus fort qu'elle pouvait, le nez dans ses boucles blondes. Puis elle la souleva en la gardant contre elle le temps de quelques secondes avant de la reposer et d'embrasser sa joue.
-Je t'en veux toujours, mais j'ai eu peur. Marmonna Jane, la tête dans son cou.
-Merci d'être venue. Merci tellement. Souffla la blonde.
Elles se séparèrent, et Jane récupéra les papiers tombé au sol pour les redonner à la blonde.
-Je te ramène au commissariat. Déclara la brune.
Maura la suivit. Elles prirent la voiture ensemble, et sur le trajet Jane s'assura une vingtaine de fois que sa compagne allait bien. Maura assurait que oui et la remerciait à chaque fois. Au commissariat, Maura leurs laissa les papiers et descendit à son bureau. Jane ne la vit plus de l'après midi, elle s'occupa de prendre les aveux de Brenner, de finir le dossier avec Korsak et Nina, et une fois fait se remit à son bureau pour la paperasse à boucler. Dix-huit heure sonnait, et Jane travaillait encore, lorsque Maura déboula dans l'open space. Elle évita les gens et au bureau de sa compagne elle plaqua un papier dessus.
-Je suis divorcée. Fit-elle sèchement. Sache qu'Édouard c'était bien fichu de moi et avait gardé les papiers pour lui, l'annulation n'a pas été faite mais il ne me l'a jamais dit. Ce mariage a été la pire idée de ma vie. Mais le notre à venir, est probablement la meilleure idée que l'on est jamais eu. Alors tu peux continuer à faire la tête des millénaires si ça te fait plaisir, mais il faudra bien que tu me parles à un moment où l'autre, parce qu'au cas où tu l'aurais oublié on vit ensemble, et dort ensemble! S'agaça-t-elle. Tu es la pire tête de mule que le monde est connu, mais malgré tout je t'aime. Alors je rentre chez nous si l'envie te prend de me voir et de me parler tu sais où me trouver. Termina-t-elle en faisant demi tour.
Jane était figée contre le dossier de son fauteuil, elle lança un rapide coup d'oeil au papier de divorce signé. Elle n'arrivait pas à réaliser que Maura venait de la disputer, tout en lui disant qu'elle l'aimait et lui appartenait, devant tout l'étage qui la fixait maintenant. Elle se redressa rapidement.
-Maur'! Appela-t-elle en se levant pour la rejoindre dans le couloir devant l'ascenseur. La blonde se retourna vers elle, mais eut à peine le temps de réaliser qu'elle se retrouva emprisonnée dans les bras de Jane. Je t'aime. Souffla la brune avant de plaquer ses lèvres sur les siennes.
Maura eut besoin d'une seconde pour réaliser, mais finit par lui rendre son baiser en enlaçant ses épaules. En un an, pour la première fois, Jane l'embrassait sans gêne, pas un rapide baiser volé, pas à vérifier les regards avant de l'embrasser furtivement, non, un vrai baiser, passionné et amoureux, un baiser qui voulait dire "pardon" et "je suis stupide", tout en disant "je t'aime". En manque d'air, elles détachèrent leurs lèvres, mais pas leurs étreinte. Leurs fronts se collèrent.
-Tu me pardonnes alors? Murmura Maura.
-Oui chérie. J'aurais dû le faire avant, ne pas me mettre en colère. Je suis désolé. Souffla la brune en l'embrassant avec un sourire.
-Passons à autre chose je t'en prie. Et rentrons à la maison ensemble. Réclama Maura.
-Je récupère mes affaires et je suis tout à toi. Accepta Jane en embrassant rapidement sa joue.
Elle fila récupérer ses affaires et attrapa le papier de divorce avant de rejoindre Maura, pour prendre sa main et la tirer dans l'ascenseur ignorant totalement les gens qui avait tout arrêté pour les regarder.
-Besoin de récupérer ce papier? Demanda Maura avec un sourire, contre le flanc de la brune qui la serrait.
-Oui, je veux le faire encadré pour le salon. Ironisa Jane. Non je voulais juste pas le laissé trainer. Expliqua-t-elle en le fourrant dans le sac de la blonde. Elles traversèrent le poste et se rendirent à la voiture, la brune derrière le volant. Je suis vraiment désolé d'être une satanée tête de mule, tu sais. Souffla-t-elle en conduisant.
-Je sais. Mais c'est aussi cette tête de mule que j'aime. Sourit Maura en se tournant pour venir caresser la nuque de la brune. Tu m'as manqué.
-Je sais que j'ai été distante et conne, mais on a passé la nuit enlacées, et je t'ai fais un gros câlins en te retrouvant ce matin. Remarqua Jane.
-Et bien tu m'as manquée quand même. Je sais que tu n'es pas très sentimentale, mais tu sais que moi je le suis. Et ne pas te voir descendre dans la journée à mon bureau avec une excuse nulle juste pour un baiser et un câlin, m'as manqué. Et j'en ai le droit miss "j'avouerais pas que tu m'as manqué". Argua Maura faussement boudeuse.
Jane se gara alors devant la maison et se tourna.
-Tu m'as manqué. Souffla-t-elle en regardant les yeux bleus de sa compagne.
-Tu vois c'était pas si compliqué. Se moqua gentiment la blonde en se penchant pour venir chercher les lèvres de la jeune femme dans un fiévreux baiser.
-Au lieu de m'allumer dans la voiture, allons dans notre lit que je t'y garde toute la nuit. Provoqua Jane.
Elles sortirent ensemble de la voiture, et se précipitèrent dans leurs chambre rapidement, les lèvres soudées, les retrouvailles à fêter.
Minuit sonnait, et Jane préparait des sandwichs dans la cuisine, la blonde assise en peignoir sur le comptoir la regardant faire.
-Tu m'épouserais au milieu de notre jardin, dans des robes simples, avec nos proches, le week-end prochain? Proposa finalement la, blonde.
-Tu voulais un mariage de princesse. Le mariage parfait. Remarqua Jane en la regardant, surprise.
-Non. Je te veux toi Jane. Juste toi. Et rapidement. Je veux être une Rizzoli. Souffla Maura en attrapant le teeshirt de la brune pour l'attirer contre elle, entre ses jambes, pour la serrer dans ses bras. Maura Dorthea Rizzoli, femme de Jane Clémentine Rizzoli. C'est ça que je veux.
-Alors on se marie le week-end prochain? Demanda Jane en caressant les cuisses nues de sa compagne, qui hocha vigoureusement la tête. La brune vint tendrement l'embrasser. Tu veux pas garder Isles?
-Non. Pas franchement. Les Rizzoli ont toujours été plus ma famille que les Isles, avant même qu'on soit ensemble. Expliqua Maura caressant tendrement la tête brune.
-Tu as toujours été une Rizzoli. Sourit la brune. Je t'aime.
-Je t'aime aussi. Sourit Maura en revenant l'embrasser.
-J'ai faim. Murmura Jane après un long baiser.
-Sandwich? S'amusa la blonde.
-Sandwich beurre de cacahuètes, guimauve. Acquiesça Jane, en tendant le bras pour l'attraper. En restant collée à Maura elle lui en donna un et prit le sien, avant de faire semblant de trinquer avec. À notre mariage prochain!
