25 : Il est mort.

Jane raccrocha, et se laissa tomber dans son fauteuil derrière son bureau. Les lieux étaient vides, la journée était finie depuis longtemps. Seulement vers une heure, Jane avait décidé de rentrer au commissariat, ne trouvant pas le sommeil elle voulait terminer la rédaction du dernier dossier en date. Mais son téléphone avait sonné, et maintenant elle regrettait d'avoir répondu. Elle resta immobile a fixer le vide pendant des heures, jusqu'à l'aube. Certain de ses collègues arrivèrent, mais elle ne bougea pas, et resta assise, inconsciente de ce qui arrivait autour d'elle, totalement perdue. C'est seulement vers sept heure, alors que son équipe n'était pas là, qu'elle fut tirée de son attitude vaseuse.

-Jane? Interrogea la jeune femme. Mais la brune ne bougea pas, alors Maura posa sa main sur l'épaule de la policière. Jane?

-Maura! Sursauta la brune.

-Est ce que ça va? On dirait que tu as vu un fantôme. Remarqua la blonde. Même si c'est impossible, puisque qu'on sait très bien, que les fantômes n'existent- Je disais, qu'est ce qu'il y a? Se reprit-elle rapidement.

-J'ai besoin de toi. Réclama Jane en se tournant.

-Suis moi. Invita Maura. Elles se levèrent et se rendirent dans la salle de pause, où à cette heure personne n'était. Qu'est ce qui se passe? Demanda-t-elle.

-Je...Je veux..Je suis...perdue. Marmonna la policière, avec un regard démoli que la blonde ne lui connaissait pas.

Maura se rapprocha d'elle et vint enlacer les épaules de la jeune femme pour se coller à elle et la bercer. Elle connaissait son regard, elle savait qu'il voulait dire "fais moi un câlin" mais que jamais Jane n'oserait oraliser ce fait. Elle la serra contre elle en caressant son dos, la berçant doucement.

-Je suis là. Je suis là Jane. Je peux faire n'importe quoi pour toi. Tu le sais alors parle moi. Souffla Maura en embrassant sa tête.

-Je...Mon père. Commença Jane hésitante.

-Quoi ton père? Qu'est ce qu'il t'a fait? Demanda la blonde, inquiète, Jane avait été trop souvent blessée et trahie par son père.

-Rien, pour une fois. Bredouilla la brune en se laissant aller, les fesses sur la table. Tu te souviens, y a deux mois il est venu nous voir.

-Oui, il t'a annoncé qu'il avait un cancer, mais qu'il pouvait être soigné. Se souvint la légiste.

-Et bien apparemment non. L'hôpital de Miami, où elle habite maintenant, enfin habitait...avant..enfin..Se perdit la policière.

-Attends, Jane, est que ton père est décédé des suites de son cancer? Demanda Maura. La jeune femme hocha la tête. Oh Jane, je suis désolée. Souffla-t-elle en l'enlaçant.

Jane laissa retomber sa tête sur l'épaule de sa meilleure amie, ne retenant plus sa peine, alors que la jeune femme la berçait. Il n'y avait qu'avec Maura qu'elle se laissait aller, elle n'osait jamais le faire sinon, elle avait si l'habitude de toujours se montrer forte, pour ne pas donner raison à tout les macho du poste, qui pensait qu'une femme ne pouvait pas faire leur travail, qu'elle avait perdu l'habitude de laisser libre cour à ses émotions. Mais Maura l'y poussait toujours, elle disait que tout garder en elle, n'était pas sain, alors elle l'aidait à extérioriser. Et aujourd'hui, elle en avait réellement besoin, cela faisait des heures qu'elle était figée avec sa peine.

-Je me sens perdue, Maura. Marmonna-t-elle contre elle.

-C'est normal, tu viens de perdre ton père. Il était un repère, c'est normal. Rassura la blonde en la berçant encore, sous les caresses sur son dos.

-C'est pas pour ça. Bredouilla la brune en relevant la tête, essuyant ses joues, avant de regarder son amie. Je..Je suis triste et en même temps tellement en colère. Il nous avait abandonnés, il a laissé ma mère avec des dettes énormes, il est sortit avec la copine de Tommy, il enchainait les filles plus jeunes que moi. C'était devenu le genre d'homme que je hais par dessus tout, et je lui en veux.

-Oui, mais c'était aussi ton père. Celui qui t'a élevée, vu grandir, qui t'a aidée et soutenue tout au long de ta vie. Il a été là à ton premier coeur brisé, lorsque tu étais triste. Il t'a aimé et même si il avait changé, il t'aimait. Tu es en colère contre l'homme qu'il était devenu, et tu es triste à cause de l'homme qu'il était pour toi durant plus de trente ans. Souffla Maura en caressant les joues mouillées de la jeune femme.

Jane la regarda droit dans les yeux, intriguée. Elle n'avait pas vu les choses ainsi, elle n'arrivait pas à comprendre pourquoi elle était aussi triste qu'en colère, elle avait cherché pendant des heures, et Maura arrivait, et remettait ses pensées en ordre en quelques secondes.

-Tu as raison. Reconnu la brune.

-Bien sûr que j'ai raison. S'amusa doucement, cherchant à provoquer le sourire de son amie, ce qui marcha. Quand à lieu son enterrement?

-Je sais pas. C'est un truc que je vais devoir organisé avec mes frères et ma mère. Au yeux de l'église ils sont toujours ensemble. Expliqua Jane. Putain, je dois encore lui imposer ça. Grogna-t-elle.

-Tu n'y es pour rien. Souffla Maura. Tu devrais aller lui parler maintenant, elle est à la cafétéria. Et tu devrais le dire à Frankie et appeler Tommy. Conseilla-t-elle.

-Je...Je peux pas faire ça. Marmonna la policière.

-Je peux être avec toi si tu veux. Proposa la blonde.

-Tu ferais ça? Interrogea Jane, surprise.

-Si tu as besoin de moi je suis là. Assura Maura.

-Merci. Murmura la brune pour venir l'embrasser sur la joue, délicatement. Je vais aller le dire à ma mère maintenant, tu viens?

La légiste accepta d'un signe de tête, et Jane tenta de se redonner une contenance avant de quitter la salle de pause, suivie de son amie. Elles allèrent prendre l'ascenseur, et dans celui ci la brune prit la main de Maura dans la sienne, la serrant quelques secondes pour se donner du courage. La journée allait être longue, très longue. À la cafétéria, elle demanda un café à sa mère, Maura prit un thé, et puis elles allèrent s'asseoir à une table, en demanda à Angela de les rejoindre. Cette dernière rangea quelques petites choses, et vint voir sa fille.

-Que se passe-t-il Janie? Tu fais peur à voir. Remarqua la femme.

-Merci ma, ça fait plaisir. Grogna la policière. J'ai un truc à te dire. C'est à propos de papa.

-Qu'est ce qu'il a encore fait? Soupira Angela.

-Rien pour une fois. Répondit Jane en triturant sa tasse. Mais la légiste posa sa main sur la sienne, pour l'encourager à le dire. Il..Il est mort, ma. Elle vit les yeux de sa mère s'écarquiller n'en revenant pas. Le traitement contre le cancer a été entamé trop tard, la maladie l'a tué. Expliqua-t-elle, retenant au mieux ses larmes.

-Oh...je...Bredouilla Angela. Qui t'as prévenue? Demanda-t-elle.

-L'hôpital de Miami, en dehors de nous cinq il n'a personne. Remarqua Jane.

Maura fronça les yeux, ne comprenant pas. Il était quatre Rizzoli.

-Cinq? Interrogea-t-elle.

-Oui, Frankie, Tommy, ma, toi et moi. Argua la brune.

-Moi? Ton père ne m'appréciait pas des masses, je te rappelle que la dernière fois qu'il est venu, il m'a demandé de quitter ma propre cour parce qu'il voulait vous parler à vous et pas à moi. Rappela Maura.

-Peut-être, mais il est plus là, et moi je fais pas ça sans toi. Répondit Jane.

-Quoi qu'en dise Frank, tu es de la famille Maura, bien plus que lui d'ailleurs. Ajouta Angela. Chérie, reste avec Maura, moi je vais prévenir tes frères, et on verra pour l'enterrement. Proposa-t-elle en se levant pour venir embrasser le front de sa fille. Je m'occupe de tout, ne t'inquiète pas.

-Je suis désolée de t'imposer ça, encore. Marmonna la policière.

-Tu n'y es pour rien. Elle déposa un baiser sur son front, une fois de plus, puis elle se tourna vers Maura. Prends soin d'elle.

-Bien sur Angela. Assura la blonde.

La plus âgée retourna travailler, tout en prenant son téléphone pour prévenir ses enfants. Maura de son côté se leva, et entraina Jane avec elle.

-Je crois que tu devrais prendre deux ou trois jours de congés. Souffla la légiste.

-Non, je ne veux pas me retrouver seule à tourner en rond chez moi. Refusa Jane. Et puis on va peut-être avoir une nouvelle enquête. Remarqua-t-elle.

-Je suis pas sure que se soit une bonne idée, je te connais, quand tu es triste tu deviens vite impulsive, et colérique, je veux pas prendre de risque. Expliqua posément Maura, en entrant dans l'ascenseur.

-Je te jure de faire les choses biens. Assura la brune.

-Bien, alors on se retrouve chez moi ce soir, pizza. Sourit la blonde, alors qu'elles étaient à l'étage de la policière.

-Sérieux? Sourit Jane. Son amie hocha la tête, avec un sourire. Merci. Souffla-t-elle en embrassant sa joue, avant de disparaitre.

Un peu inquiète, Maura redescendit à la morgue pour se remettre au travail. Elle n'aimait pas laissé la brune seule, au travail, alors qu'elle venait d'apprendre une telle nouvelle. Elle se replongea dans ses rapports d'autopsie, et cessa de penser, enfin elle essaya, mais Jane envahissait toujours son esprit, elle avait toujours été très envahissante, sans même le savoir. Mais elle savait aussi que Jane n'était pas prête, et encore moins aujourd'hui, à envisager qu'elles soient ensemble, Maura savait pourtant que les sentiments amoureux qu'elle éprouvait pour sa meilleure amie étaient partagés, elle le sentait et le voyait, seulement, elle n'était pas sûre que Jane, elle-même, s'en rende compte. Alors quoi qu'elle ressente elle le gardait pour elle, ne disait rien, et attendait, elle continuait de sortir, d'avoir des rencards qui ne débouchaient sur rien, et patientait jusqu'au jour où la brune serait prête à réaliser qu'elle l'aimait. En dehors du travail Jane passait toutes ses soirées chez elle, alors Maura la connaissait par coeur, assez pour savoir qu'une Jane au coeur blessé, aux sentiments négatifs, était une Jane impulsive et irréfléchie, tout ce qui ne fallait pas sur le terrain.
En début d'après midi, elle reçu un appel, un nouveau meurtre en ville. Elle prépara son sac, attrapa sa veste, et alla prendre sa voiture. Elle savait qu'elle retrouvait Jane sur place, mais elle ne s'attendait pas à arriver sur la scène de crime en entendant la voix forte de la brune et celle grave du capitaine Korsak. Elle accéléra le pas et passa sous le ruban jaune, avant d'être arrêter par Frost.

-Que se passe-t-il? Demanda-t-elle en regardant les deux policiers qui se disputaient.

-On est arrivé il y a cinq minutes, et Korsak à reçu un appel du commandant. Il veut que Jane prenne un jour de congé, apparemment son père est mort. Expliqua l'homme. Mais ça vous deviez déjà le savoir.

Maura offrit un léger sourire au lieutenant avant de s'approcher des deux policiers qui se disputaient toujours.

-Capitaine. Intervint-elle, faisant se stopper les hurlements de suite. Un problème?

-Je vous en prie, docteur, faites lui entendre raison, elle refuse de rentrer. Soupira Korsak.

-Je vais très bien, je ne veux pas rentrer! Hurla Jane.

-Je suis d'accord avec eux, tu ferais mieux de rentrer te reposer. Remarqua doucement la légiste. Et puis, de toute façon ce n'est plus un choix mais un ordre du commandant.

-Mais vous m'énerver! Qu'est ce que vous voulez que je foute chez moi toute seule pendant toute la journée?! Gronda la policière, ses yeux colériques en regardant son amie.

-Dormir, regarder un match, boire une bière. Proposa Maura, avant de poser sa main sur l'avant bras de la jeune femme. Jane, rentre chez toi, je te rejoins plus tard si tu veux.

-Non, je veux pas rentrer. Grogna la brune. Maura échangea un regard avec Korsak qui s'éloigna. Maur', s'il te plaît, je veux pas être seule. Confia la policière tout bas.

La blonde hésita une seconde, avant de plonger sa main dans sa poche de veste et d'en sortir ses clés de voiture qu'elle lui tendit.

-Je fais mes premières constatations, je passe la relève et je te ramène. Va m'attendre dans la voiture. Tu n'as pas le choix, c'est les ordres de Cavanaugh. Imposa la légiste.

Jane resta figée quelques minutes, et attrapa les clés avant de partir vers la voiture. La légiste soupira et alla alors vers le corps, où Korsak était déjà avec Frost qui grimaçait en regardant le corps par coup d'oeil. Elle enfila ses gants, sac au sol, et s'accroupit.

-Qu'avez vous fait doc' pour la convaincre? Demanda le capitaine qui n'en revenait pas.

-J'ai négocier, elle rentre, mais je vais avec elle. Je vous donne mes constations et mon équipe et Pike prendront le relais. Informa Maura.

Elle vit les deux hommes lever les yeux au ciel, Pike n'était jamais le bienvenu, la blonde le savait, c'est pourquoi elle faisait très rarement appel à lui, mais si Jane avait besoin d'elle, elle n'hésitait pas. Elle fit rapidement -mais bien- son travail, et remballa ses affaires, avant de donner des ordres pour que le corps soit ramener à la morgue. Elle passa de nouveau sous le ruban jaune, et alla vers sa voiture. Elle soupira en voyant que Jane était derrière le volant, la tête posé sur le volant. Elle alla côté passager et s'assit aux côtés de la brune.

-Jane, ça va? S'inquiéta-t-elle.

-Je me sens vide, c'est normal? Demanda la brune en tournant la tête vers elle.

-Je ne sais pas. Souffla Maura en caressant sa joue. Te reposer devrais te faire du bien. Tu nous ramènes?

-Ouais. Accepta Jane en démarrant.

Le trajet se fit en silence, la blonde en profita alors pour téléphoner à la morgue et prévenir de son absence. Rapidement elles arrivèrent à la maison de la légiste. Jane passait tellement de temps là bas depuis des mois que c'était un peu sa maison, alors quand la blonde lui avait demandé de les ramener, ça avait été l'évidence de venir ici et non à son appartement. Elles rentrèrent dans la maison et Maura alla chercher deux bières, alors que la brune s'effondrait dans le canapé. Les deux bouteilles en verre ouverte sur des dessous de verre, sur la table basse, Maura s'installa à ses côtés.

-Il m'arrive souvent de me sentir vide. Commença-t-elle en regardant ailleurs. L'impression que tout me passe au travers, et que rien ne me touche. Ce sentiment que les profondeurs de mon âme ne sont pas habitées et que rien ne pourra jamais les combler. Expliqua-t-elle.

Jane, assise à côté, sa bière en main, la regardait, ou plutôt dévorait Maura du regard. Mais celle ci l'évitait, alors la brune prit doucement sa main dans la sienne.

-Comment tu fais pour faire passer ce sentiment? Demanda la brune.

Maura serra la main de son amie et tourna la tête vers elle, pour la regarder. Elle laissa passer de longues minutes, regardant droit dans les yeux bruns avant d'oser.

-Je t'appelle. Murmura-t-elle.

-Tu m'appelles? Sourit la brune.

-Oui. Sourit Maura. Quand je me sens comme ça je t'appelle, et quand je suis avec toi je me sens mieux, tu me fais sourire, rire, et juste ta présence rempli le vide. Révéla-t-elle.

Jane ouvrit la bouche plusieurs fois, mais ne trouva pas les mots. La légiste ne dit rien, attendant, la regardant sans baisser le regard, admirant la jeune femme avec son regard profond. Réalisant tout ce que disait les yeux de Maura, la brune déglutit, et cessa de réfléchir, elle se pencha lentement, très lentement et vint finalement poser ses lèvres sur celles de Maura. Un frisson parcouru leurs corps, et la main de la blonde glissa à l'arrière de la nuque de la brune la collant à elle délicatement. Les lèvres s'entrelacèrent sans s'arrêter, le souffle se perdant, et rapidement Maura se retrouva allongée sur le canapé, Jane sur elle. Mais la légiste savait que depuis la nouvelle de la mort de son père, son amie était un peu ailleurs, et ne pensait plus correctement, elle était emportée par ses sentiments, et Maura ne voulait surtout pas perdre son amie, ni leur précieuse relation qui avait peut-être un avenir amoureux mais pas dans ces circonstances. Seulement même si sa raison lui criait d'arrêter, tout son corps et son coeur voulait Jane, et les mains serpentant sur elle, déboutonnant sa chemise ne l'aidait pas. Quand la brune mordilla sa lèvre inférieure, elle ne pu s'empêcher d'encastrer son bassin contre le sien, mais ce contact la fit réaliser.

-Jane...Appela-t-elle. Tu..Tu es sûre? Marmonna-t-elle.

-Sûre de? Interrogea la brune en relevant la tête au dessus d'elle.

-De vouloir ça? Je le veux, mais- Elle fut coupée par les lèvres de Jane capturant les siennes. Elle soupira, ses doigts s'entremêlant aux boucles brunes, l'attirant un peu contre elle. Jane?

-Tais toi un peu Maura, et embrasse moi. Réclama Jane en ouvrant largement son chemisier.

Et la légiste lâcha prise totalement, elle se laissa aller, et même si elle avait peur de tout perdre quand cet instant serait fini, sur le moment, tout ce qui comptait c'était Jane et ses envies, elle voulait qu'elle cesse de ressentir ce vide étouffant. Alors quand Jane la souleva pour l'emmener à l'étage elle ne protesta pas, bien au contraire, elle était plus que prête à passer des heures dans les bras de sa belle brune.
En chemise de Jane et culotte, la blonde cuisinait. La policière s'était endormie après leurs ébats, mais pas elle, elle elle n'arrivait pas à fermé l'oeil, elle était bien trop heureuse pour fermer l'oeil. Elle rêvait du corps de Jane, de ses baisers nuit et jour depuis des mois, si ce n'est des années, y goûter était si inespéré qu'elle n'arrivait pas à calmer son esprit. Elle était amoureuse de Jane depuis longtemps, mais elle avait assez étudier la nature et la psychologie humaine pour savoir que certain choc ou traumatisme émotionnel provoquait des attitudes dans le genre de celle que Jane avait eu. Elle avait couché avec elle, peut-être parce qu'elle l'aimait, peut-être parce qu'elle la désirait ou peut-être tout simplement pour arrêter de penser à la mort de son père. Alors que la poêlé cuisait, elle vit une tête brune, aux cheveux ébouriffés, à peine réveillée arriver, vêtue de son boxer et d'un sweat qu'elle gardait chez Maura.

-Salut. Marmonna la brune.

-Bien dormi? Sourit timidement Maura.

-Ouais, j'avais besoin de me reposer après cette journée pleine de rebondissement et le peu d'heures de sommeil de la nuit dernière. Répliqua Jane en s'étirant. Il est quel heure?

-Presque dix neuf heure. Répondit la blonde en épiçant la poêlé.

-Ma mère n'est pas passé? Demanda la brune.

-Si elle a laissé un mot. Informa Maura en attrapant le papier pour le lire. Maura, merci d'avoir pris soin de Jane, j'espère qu'elle va bien, je suis à côté si vous avez besoin. J'ai commencé à organiser l'enterrement. Bonne soirée. Angela. Lu-t-elle.

-Ma mère a plus de courage que moi. Remarqua Jane en venant se coller au dos de la blonde pour prendre le papier et le lire, sa main libre posée sur la hanche de la jeune femme qui ne savait comment agir. Merci de prendre soin de moi. Souffla-t-elle en reposant le papier et venant planter un bisou sur la joue de son amie.

-Je prendrais toujours soin de toi, Jane. Tu le sais bien. Sourit Maura. Je t'ai fais un repas bon et sain.

-Merci. Gloussa la brune en la serrant et embrassant son cou.

-Qu'est ce que tu fais Jane? Marmonna la blonde.

-Je profite de ma journée de repos. Sourit la policière dans son cou. Parce qu'après je vais devoir courir après les méchants et j'aurais moins de temps pour toi.

-Du temps pour moi? Releva Maura.

-Du temps pour toi. Acquiesça Jane, sans plus d'explication, même si la légiste en voulait plus. Et puis dès demain va falloir que je m'occupe de la mort de mon père, je ne peux pas laisser ma mère gérer ça seule.

Maura se tourna légèrement, restant près de son amie, et celle ci la regarda.

-On peut en parler de ton père, ou pas? Demanda la légiste peu à l'aise.

-Y a rien dire Maur'. Soupira Jane en se détachant d'elle, pour s'accouder au comptoir.

-Jane le jour où tu apprends le décès de ton père, tu me sautes dessus et on passe l'après midi à faire l'amour. Remarqua la blonde. Pas que je me plaigne, au contraire, mais Jane j'ai étudié la psychologie humaine, et je sais que un choc comme ça peut-

-Non. Coupa Jane. Non Maur', tu n'es pas une conséquence de la perturbation provoqué par la mort de mon père. Bien que le courage pour te sauter dessus, viens peut-être de là, mais les sentiments eux, viennent de bien plus loin. Des mois avant. Des années peut-être. Elle leva la main pour caresser le visage de la jeune femme. Je n'aurais pas risqué de tout perdre, de te perdre, juste pour une après midi sous la couette pour essayer d'alléger le vide provoquer par la mort de mon père, même si être dans tes bras a alléger ce vide.

-Je ne te connaissais pas si bavarde sur tes sentiments. Sourit Maura, soulagée, véritablement sereine maintenant qu'elle savait.

-Tais toi. Grogna Jane avec un sourire.

-Et en ce qui concerne ton père? Questionna la blonde.

-Et bien je crois que je suis plus en colère que triste pour l'instant. Reconnu la brune. Je trouve ça trop facile.

-Trop facile? Interrogea Maura, sourcils froncés, ne comprenant pas.

-Il a fait du mal à toutes les personnes qui l'aimait et avaient confiance en lui. Il disparait comme ça, nous abandonnant, et finalement quand il revient, qu'on a une chance de lui faire réaliser ses conneries, de lui faire payer ses dettes, qu'on aie pas à assumer ces erreurs, il apprend qu'il a un cancer et en deux mois c'est fini. Je trouve ça trop simple, j'ai pas eu le temps de lui dire à quel point je lui en voulais. Grogna Jane, les larmes aux yeux. J'ai toujours fait en sorte qu'il m'aime, et qu'il soit fier de moi. Et malgré ça j'ai toujours eu l'impression que ça suffisait pas. Et quand je suis tombée amoureuse de toi, je me suis dis que jamais il l'accepterait, et même si j'avais trente et un an passé, je savais pas ce que je devais faire ou non, par peur de le décevoir.

-Tu es amoureuse de moi depuis deux ans? S'étonna la blonde.

-Ouais. Marmonna la brune, mal à l'aise.

Maura glissa une main sur sa hanche pour l'attirer contre son corps, et son autre main passa dans les boucles brunes pour l'attirer à ses lèvres dans un long baiser amoureux.

-Ressentir de la colère, reprit-elle tout près de Jane, est ton premier mécanisme de défense, je le sais, je te connais. Et même si tu as des raisons de lui en vouloir, je te connais, et je sais, que tu finiras par être triste, et je veux que tu saches que si t'as besoin de moi, je serais toujours là, même pour sécher tes larmes. Assura-t-elle en regardant la femme plus grande qui avait passé ses bras autour d'elle.

-Tu es un amour Docteur Isles. Sourit Jane en déposant un baiser sur le bout de son nez, la faisant sourire.

-Après l'expression des sentiments, j'ai le droit à la niaiserie, tout est possible. Se moqua gentiment la blonde en laissant sa tête reposer sur le torse de la jeune femme.

-Tu vas arrêter d'être méchante. On a complètement inversé les rôles, et ça me plait pas franchement. Marmonna la policière en posant son menton sur les cheveux dorés.

-Moi j'aime bien. Sourit Maura.

[...]

-Jane, chérie?

La brune se retourna vers sa femme.

-Deux secondes. Réclama-t-elle avant de se remettre droite. Elle passa ses mains sur la robe noire moulante qu'elle portait, en fixant la pierre tombale. Ça fait quatre ans aujourd'hui que tu es mort, papa, et c'est la première fois que je ne suis plus en colère contre toi. Et la première fois que tu me manques. Le vrai toi, le toi que j'ai connu enfant, pas le toi que t'étais devenu avant de mourir. Malgré tout je te pardonne, j'ai réussi, j'ai mis du temps, mais je te pardonne. L'amertume et la colère n'aide pas à avancer, et je dois avancer. Finit-elle avant de se baisser pour caresser la pierre.

Ses frères, sa mère et elle avaient fait enterré son père dans le cimetière de Boston, la cérémonie avait été simple et brève. Maura avait été avec la brune, Lydia et TJ avec Tommy, et puis Angela et Frankie, et c'est tout. Juste eux, une cérémonie, puis la mise en terre, et Jane toujours en colère était partie avec la blonde, ne se sentant pas capable de se recueillir sur la tombe de son père. Elle était revenue un an plus tard, mais c'était la première fois en quatre ans qu'elle lui parlait. Quand elle eut fini, elle se releva et rejoignit la blonde, passant un bras autour d'elle. Cette dernière fit de même, se collant à elle, la gardant contre elle et Jane déposa un baiser dans ses cheveux. Elles reprirent la voiture, et rentèrent chez elles, se faisant une soirée calme juste toute les deux. Puis couchées, dans le noir, Jane enfoui son nez dans l'oreiller, et des larmes lui échappèrent. Maura l'entendit et caressa son dos, se collant à elle du mieux qu'elle pouvait.

-Je t'avais dis que la tristesse de rattraperait tôt ou tard. Murmura-t-elle. Tourne toi que je t'enlace, je ne peux pas avec mon ventre.

La brune effaça ses joues, et se tourna. Elle sourit en voyant sa femme avec des yeux retranscrivant tout son amour pour elle. Jane posa une main sur son ventre de rond de sept mois de grossesse, et se dandina pour avoir le visage au niveau de son ventre.

-Hey ma chérie, c'est maman. Souffla-t-elle en caressant le ventre rond. Je veux m'excuser par avance de toutes les boulettes que je vais faire quand tu seras là, mais je veux aussi te dire que je t'aime et t'aimerais toujours quelque soit tes choix. Mais évite de faire des bêtises, je suis flic quand même.

Maura gloussa en l'entendant. Enceinte de sept mois, elle avait des bons et des mauvais jours, mais Jane savait transformé tout les mauvais en des bons rien qu'en l'embrassant ou en parlant à leur fille. Elles avaient mit deux ans avant de commencer les procédures pour avoir un enfant, elles avaient vécu un échec avant que Maura ne soit enceinte. Et elles savait depuis presque deux mois qu'elles allaient avoir une petite fille alors elles prévoyaient tout pour l'accueillir, et l'ensemble de leurs proches étaient ravis pour elles. Cependant ce midi quand Jane avait dit qu'elle voulait aller voir son père, la blonde avait angoissé, mais maintenant elle se sentait libérée, Jane avait pardonné son père, elles pouvaient avancer sans problèmes, sans peurs des démons qu'elles pouvaient trainer derrière elles.

-Jane, moi aussi je veux des bisous et de l'attention. Réclama-t-elle alors que la concernée posait un énième long baiser sur son ventre.

En riant doucement, la brune se releva et se colla le plus possible à sa femme, s'adaptant à sa morphologie actuelle pour atteindre ses lèvres et lui offrir un long baiser.

-C'est un bout de toi que tu as dans le ventre, alors pourquoi es tu agacée que je lui donne de l'attention? Sourit Jane contre ses lèvres.

-Parce que je suis jalouse dès que tu donnes de l'attention à quelqu'un d'autre que moi. S'amusa la blonde. Même si c'est notre fille.

-Et bien va falloir apprendre à partager docteur Isles. Rétorqua la brune en la faisant s'allonger sur le dos, pour passer un bras autour de sa poitrine, alors qu'elle embrassait ses lèvres et son visage. Je ne te savais pas si possessive. Gloussa-t-elle.

-Je n'étais pas comme ça avant toi. Murmura Maura. Un des effets de l'amour j'imagine.

-Tu veux plusieurs enfants mais tu veux que je n'aime que toi, c'est bien étrange. Se moqua gentiment Jane en venant l'embrasser encore.

-Je suis sûre que je saurais partagé quand nos enfants seront là. Sourit Maura. Qui de nous deux portera le prochain?

-Tu n'as même pas accouché du premier que tu parles du deuxième. Rit la brune, mais elle remarqua le regard sérieux de la jeune femme. Je ne sais pas, on verra. Mais avec mon métier, ça m'obligerait à passer six mois au moins derrière un bureau pour pas prendre de risque.

-Tu sais, je veux bien porter tout nos enfants, je ne veux juste pas que tu regrettes un jour de ne pas l'avoir fait. Souffla la blonde.

-Je ne regretterais jamais, parce que même si tu les portes, on les élèvera et les aimera ensemble. Sourit tendrement Jane. Rester en colère contre mon père toutes ces années m'a apprit une chose, ce que est passé est fait et quoi que je fasse je ne peux pas le changer, alors ça sert à rien de regretter, et faut juste changer les choses à venir, pour ne pas les regretter ensuite.

-Tu as grandi Jane. Très mature ce que tu me dis. Se moqua gentiment Maura en caressant sa joue.

-Tu m'agaces. Gronda Jane.

-Peut-être, mais tu ne pleures plus, alors j'ai réussi. Sourit la blonde.

-Je t'aime. Murmura la brune en venant chercher un baiser. Repose toi maintenant mon amour.

-Bonne nuit, chérie. Murmura Maura en se tournant pour coller son dos au torse de sa femme.

La serrant contre elle, une main sur le ventre rond de la blonde, Jane enfoui son nez dans les cheveux dorés et s'endormit sereinement.

[...]

-Maman, elle va où mama? Demanda Julia, assise sur le comptoir avec Maura qui lui préparait une tartine de confiture pour son goûter, alors que la brune enfilait ses chaussures.

-Elle va voir son papa, mama. Répondit Jane en s'approchant pour embrasser sa femme, puis sa fille. Je serais vite de retour, toi tu prend soin de maman et de ton petit frère, pour moi, ok? Sourit-elle.

-Juré mama! S'exclama l'enfant avant de taper dans sa main.

Jane l'embrassa une dernière fois avant d'offrir un baiser à sa femme puis de se pencher pour embrasser le ventre rond des cinq mois de grossesse. Maura et elle avaient décidé de faire un deuxième enfant un peu après les un an de Julia, et après deux tentatives ratées, Maura étaient enceinte d'un petit garçon. Julia allait avoir trois ans, et Jane continuait de se rendre sur la tombe de son père tout les an à la date de sa mort. Cette année n'y échappa nullement, au cimetière, elle se mit face à sa tombe, et prit une minute avant de parler.

-Bonjour papa. Salua-t-elle. Une année de plus, Julia grandit, et Maura est encore enceinte, enfin, on a eu plus de mal cette fois. Mais elle attend notre petit garçon. Je suis maman, et je suis flic, je pensais pas réussir à allier les deux un jour, mais en fait si, et surtout avec Maura, elle rend tout magnifique. Si je pouvais l'épouser encore, je le ferais. Elle laissa un silence. Et sinon Frankie est amoureux, encore, il tombe souvent, trop souvent amoureux, mais je crois que cette fois c'est sérieux. TJ grandit bien, Tommy et Lydia sont encore ensemble, ce qui est assez fou. Elle laissa un silence. Je viendrais avec Julia un jour, quand elle sera plus grande et capable de comprendre. Elle se baissa, caressa la pierre comme à son habitude. À l'année prochaine papa.

Elle se releva, souffla un coup et repartit. Son père était mort depuis sept ans, et pourtant elle avait toujours du mal à venir, du mal à en parler avec quelqu'un d'autre que Maura qui était la seule à la comprendre. Alors après s'être recueillie elle rentra chez elle, et retira rapidement ses chaussures s'étirant. La journée avait été longue, elle avait plaqué un suspect et était allé voir son père. Trop de choses qui la pesaient. Elle trouva alors sa femme derrière le comptoir cuisinant, et sa fille sous un plaid en tailleur, serrant sa peluche regardant des dessins animés. Elle s'approcha d'elle et embrassa sa tête plusieurs fois, avant de la laisser, pour aller retrouver sa compagne derrière le comptoir. Elle l'enlaça rapidement, dans son dos, et caressa son ventre.

-Tout va bien chérie? Demanda Maura, qui connaissait le chamboulement que c'était pour la brune d'aller voir son père.

-Oui, tout va bien. Rassura Jane en embrassant sa joue. Et vous trois alors?

-Ta fille pose de plus en plus de questions sur ton père, mais tu lui mets un dessin animé avec des femmes super fortes et elle oublie tout. S'amusa la blonde. Ton fils fait des galipettes dans mon ventre, donc je prends des coups. Et j'ai mal au pied à force d'être debout, mais je vais bien. Sourit-elle.

-Je te tiens, reposes toi sur moi. Souffla la brune en l'enlaçant, la soutenant pour la soulager au mieux.

-Dieu, j'ai de la chance de t'avoir. Murmura Maura en se laissant aller contre son torse. La brune déposa un baiser derrière son oreille. Le repas, que j'ai fais sain, sera prêt dans quelques minutes. Julia m'a fait les yeux doux, j'ai craqué on mange devant la télé.

-Ça me va. Gloussa Jane. Elle glissa le bout de son nez le long de la courbe de son cou. Hmmm je t'aime. Susurra-t-elle, en laissant les lèvres glisser sur la clavicule dénudée.

-Jane...Geignit discrètement la blonde.

-J'ai envie de toi, mais comme je ne peux pas le faire maintenant, je vais attendre ce soir. Promit Jane.

-J'aime cette idée. Faire comme il y a sept ans, j'aime. Approuva Maura.

-Y a sept ans je t'ai prise sur le comptoir après le repas, parce qu'on avait aucun risque de se faire surprendre par des enfants. S'amusa la policière avant de mordiller le cou de sa femme.

-Tu as compris ce que je voulais dire. Remarqua la blonde.

-Oui j'ai compris mon amour. Gloussa Jane. J'en conclue que pour ce soir après le coucher de Julia, t'es partante?

-Chérie, je suis toujours partante pour une nuit dans tes bras et contre ton corps nu. Mais pour le moment je sers les assiettes et toi tu vas avec Julia. Encouragea Maura.

Un baiser, et Jane s'installa dans le canapé. Ce jour était à la fois l'un des plus compliqués et des plus positivement importants de sa vie, et chaque année après s'être recueillie sur la tombe de son père, elle retrouvait sa femme, sa fille et son futur fils maintenant, et la douleur de la perte de son père s'apaisait, parce que ce jour lui avait donné une famille et l'amour.