33 : Si je te perdais, je n'aurais plus rien.
-Docteur Isles, des colis sont arrivés pour vous. Informa un officier en uniforme devant le comptoir de l'accueil du commissariat.
Maura venait d'arriver dans le hall avec Frankie qu'elle avait croisé dans la cafétéria, tout deux à la recherche d'un café après cette scène de crime compliquée. L'homme toujours aussi protecteur lui avait demandé si elle allait mieux immédiatement et la légiste l'avait rassuré. Elle avait espérer trouver une autre Rizzoli en descendant à la cafétéria, mais le cadet ainsi que la matriarche savaient comment la faire se sentir aimée et au sein de la famille, presque aussi bien que l'aînée de la famille. Alors à l'intervention de l'officier, elle fut surprise, ne se souvenant pas avoir commandé quoi que se soit qu'elle n'est pas reçu et posa son café sur le comptoir pour prendre l'un des colis en main. Elle regarda l'étiquette, ses sourcils se fronçant.
-Tu ne sais pas ce que c'est? Demanda Frankie en remarquant son expression.
-Non, je ne me souviens pas d'avoir commandé quoi que se soit venant d'Allemagne. Remarqua Maura en bougeant le colis.
Ils entendirent un bruit, et la légiste se figea, fixant son ami.
-Tu l'as..? Sous entendit Frankie.
-Je l'ai entendu. Acquiesça rapidement Maura dont les muscles s'étaient contractés pour maintenir la position immobile malgré le paquet.
-D'accord, je vais prévenir les collègues d'un colis suspect, tu ne bouges pas. Invita le jeune homme en essayant d'avoir l'air le plus calme possible, il avait été entraîné, mais c'était toujours plus compliqué quand il s'agissait de proches.
-Et si ce n'était pas dangereux? Proposa la jeune femme.
-Et bien on ne prend pas de risque. Rétorqua Frankie en attrapant la radio à sa ceinture pour lancer l'alerte avec un code qui était maintenant familier à la légiste qui passait la plupart de sa vie avec des policiers.
-Que vous arrive-t-il à être tout figé tout les deux? Interrogea Kent en arrivant vers eux.
-Colis suspect. Répondit simplement Frankie en fixant son amie alors que tout les officiers autour s'activaient pour vider les lieux et mettre en place la protocole approprié.
Frankie aurait du faire la même chose et laisser la légiste, mais il avait bien plus peur de sa soeur que de son commandant, et si il laissait Maura seule avec ce colis non identifié et potentiellement dangereux Jane le tuerait. Si il laissait la femme dans une situation à risque elle lui en voudrait à vie même si Maura elle ne lui en voudrait sûrement jamais. Tout les Rizzoli, mêmes les Isles et l'entièreté du poste savaient que Maura était unique et particulière pour Jane et qu'elle ferait tout pour elle. Alors si quelqu'un essayait de toucher Maura il avait signé son arrêt de mort et si on ne protégeait pas Maura la vie allait être enlaidie par l'ainée Rizzoli ensuite.
-Docteur Isles, respirez doucement, tout va bien se passer. Assura Kent en voyant le torse de la légiste se bomber de manière irrégulière.
-Qu'est ce que vous en savez Kent? Et si j'avais déclenché le détonateur en bougeant le colis? Rétorqua Maura, les yeux vissés sur le paquet. Vous feriez mieux de sortir aussi tout les deux.
-Non, je ne vous laisse pas Docteur Isles. Refusa son assistant.
-Et moi Jane me tuera si je te laisse, donc je reste. Assura Frankie qui ne bougeait pas d'un pouce non plus.
-Elle va être en colère. Murmura la légiste.
-Contre toi, jamais. Rétorqua sans hésiter le cadet Rizzoli. Contre moi, c'est sur.
-Tu n'y es pour rien. Remarqua Maura.
-Moi non plus et pourtant je suis sur que je me ferais disputé par le lieutenant Rizzoli. Quand il s'agit de vous docteur Isles, elle perd toute logique, si je peux me permettre. Remarqua Kent.
-Vous en rajoutez. Souffla Maura qui comme toujours ne voulait pas croire que la détective avait un comportement différent avec elle. Le commissariat est vide? Demanda-t-elle de manière à détourner l'attention.
-Oui, tout le monde est sortit. Ils sont devant. L'équipe de déminage se met en place. Informa Frankie. Ça va aller Maur'. Assura-t-il.
La légiste lui offrit un sourire rassurant mais peu certain et regarda l'équipe chargée de la sortir de ce pétrin s'installer autour d'elle dans leur tenue de sécurité.
Sur le parking, Jane garait la voiture avec Frost côté passager.
-Cette enquête va nous rendre fou je pense. Un mort qui empoisonne les gens qui l'approche, ça commençait très mal. Soupira la femme en sortant de la voiture.
-Tu es agacée parce que c'est le docteur Isles qui a été touchée. Remarqua Frost en la suivant.
-La ferme. Soupira la brune le faisant rire. Ce dernier s'estompa quand ils tournèrent et virent tout leurs collègues sur le trottoir. Mais qu'est ce qu'il se passe? Murmura-t-elle.
Ensemble ils se faufilèrent vers la barrière mise devant les marches et contournèrent leurs collègues pour arriver à Korsak et Angela qui était juste devant, pianotant sur la tablette.
-Korsak, ma', pourquoi vous êtes tous dehors? Demanda Jane en arrivant à leurs niveaux.
-Parce que-
-Attendez, Frost, connecte toi aux caméras de surveillance du hall de la BDP. Coupa l'homme en tendant l'objet à son jeune collègue.
Frost ne discuta pas, comprenant l'importance à son air très sérieux et pianota pour se connecter.
-Oh! Gronda l'italienne, impatiente. Si vous êtes tous là c'est qu'il y a un problème, qu'est ce que c'est? Et où son Maura et Frankie?
-Il y a eu un colis suspect, l'équipe de déminage s'en occupe. Informa Angela.
-Mais qui et où on soupçonne une bombe? Demanda Jane.
-Dans le hall, un colis pour-
-Mais c'est Frankie, Kent et le docteur Isles. Interrompit Frost qui avait réussi à se connecter aux caméras et venait donc d'avoir l'image.
-Pardon?! S'exclama la grande brune en se tournant vers lui pour regarder son écran. Mau'. Susurra-t-elle en la voyant.
-Jane tu restes ici. Fit rapidement Korsak, il la connaissait depuis assez longtemps pour savoir qu'elle était capable de foncer vers le hall sans réfléchir. L'équipe fait son travail et tout va bien se passer.
-Ça tu n'en sais rien. Tu n'en as aucune idée! S'exclama Jane, elle savait au fond qu'il voulait la rassurer et la soutenir, mais elle avait juste peur pour son frère et sa meilleure amie et tout de suite elle ne pouvait pas supporter les phrases toutes faites.
-Rizzoli. Prévint Korsak.
Un silence le calme et soudainement Jane prit appui sur la barrière et passa au dessus d'un saut rapide, ne laissant pas le temps à ses collègues de réagir. Elle les entendit crier après elle et essayer de la retenir, mais les ignora. Frost la rattrapa mais elle s'en dégagea rapidement.
À l'intérieur, Maura se concentrait pour ne pas bouger et rester calme, les procédures de déminages étant longues. Alors quand elle entendit du bruit à l'extérieur, elle tendit l'oreille et reconnu rapidement la voix.
-Jane. Murmura-t-elle comme un soulagement.
-Elle est est partie avec Frost sur le terrain, heureusement, sinon les collègues auraient dû se battre avec elle pour qu'elle ne vienne pas ici. Remarqua Frankie.
-Jane. Répéta la blondinette en la voyant passer la porte du poste.
-Maura! Appela la détective en s'approchant. Frankie. Vous allez bien?
-Mademoiselle, vous restez là. Ordonna un homme de l'équipe d'intervention en la bloquant d'une main.
-Détective Rizzoli. Rectifia Jane en le foudroyant du regard.
-Jane, calme toi tout va bien. Essaya de rassurer la légiste, lui offrant un doux sourire, elle se sentait plus légère juste en voyant l'italienne près d'elle.
-Kent, Frankie, vous n'avez aucun contact avec la bombe? Demanda la brune.
-Non, mais on ne laisse pas Maura seule. Répondit son frère.
-Dehors, je reste avec elle, vous deux rejoignez les autres. Ordonna Jane en poussant vivement le bras de l'homme pour avancer doucement cette fois.
-Jane on-
-Frankie, dehors. Ma' ne me pardonnerait jamais si je ne t'avais pas sorti de là. Et il est hors de question que je laisse Mau'. Argua durement l'italienne.
Les deux hommes hésitèrent, regardant les femmes tour à tour et finalement hochèrent faiblement la tête avant de reculer à petit pas. En quelques minutes, ils se retrouvèrent à la porte et quittèrent le bâtiment. Jane s'approcha un peu plus, restant à un demi mètre du colis dans les mains de sa meilleure amie.
-J'ai essayé de les faire sortir mais il n'y avait rien à faire, ils voulaient rester. Frankie pensait que tu lui en voudrais si il me laissait. Expliqua Maura.
-Il avait raison. Si il t'avait laissée seule, je n'aurais pas hésité, je lui aurais pourri la vie très longtemps. Argua la brune. Comment tu te sens?
-Fatiguée. Stressée. Mais c'est plutôt normal au vu de la situation. Remarqua la blondinette. La perquisition chez notre victime vous a donné quelque chose? Demanda-t-elle, cherchant à changer de sujet pour penser à autre chose quel situation dans laquelle elle s'était empêtrée.
-Tu veux vraiment parler de l'enquête maintenant? Interrogea Jane surprise.
-Non, pas forcément, mais parle moi. Empêche moi de trop penser à eux qui tourne autour de moi. Réclama alors Maura.
-D'accord. Acquiesça l'italienne en prenant quelques secondes pour trouver de quoi parler. J'ai vu Giovanni dimanche en allant chercher la voiture de ma mère.
-Tu devais être ravie. S'amusa Maura.
-Tu fais dans le sarcasme maintenant. Remarqua Jane.
-J'ai appris auprès de la meilleure. Rit la légiste. Comment va-t-il?
-Toujours aussi lourd. Rétorqua de suite la brune. Il m'a demandé comment tu allais, si on était encore ensemble et quand j'ai acquiescé il a commencé à parler en me disant qu'il ne comprenait pas qu'une femme comme moi puisse en avoir une comme toi. Soupira-t-elle en roulant des yeux.
-Cela fait des années que nous sommes ensemble pour lui, il serait temps qu'il s'habitue à l'idée. Remarqua Maura.
-Il voulait t'avoir, alors forcément je passe pour un héros en t'ayant eu mais pas lui alors qu'il se croit dieu en permanence d'habitude. Se moqua Jane en roulant des yeux, exaspérée par l'homme.
-Je dois être honnêtes il n'est pas mal physiquement. Pensa Maura.
-Comment ça pas mal? Demanda la brune.
-C'est un homme ayant une bonne structure, athlétique, on sait en le regardant qu'il est fait pour procréer et il a de longs os. Fit sérieusement la légiste, toujours aussi scientifique dans ses analyses de personnes.
-Eh! Moi aussi j'ai des longs os! Se défendit l'italienne faisant doucement rire son amie.
Le tremblement de son rire fit bouger le colis dans ses mains et l'amusement fut remplacé immédiatement par la peur, toutes les personnes autour s'immobilisant en s'assurant que rien n'arrivait. Rassurée, Maura releva le regard vers son amie.
-Tout d'abord, ne me fais pas rire maintenant. Ensuite oui tu as de longs os et une belle structure osseuse. Et pour finir ne sois pas jalouse, je sors avec toi pas avec lui. Plaisanta la légiste.
-Tout le monde va croire qu'on sort ensemble à ce rythme. Gloussa Jane avant d'entendre sa radio à sa ceinture grésiller. Elle l'attrapa et décrocha. Rizzoli, j'écoute.
-On a vérifié, les radios ne sont pas un risque, les portables si. Signala Korsak.
-Bien. Le mien est éteint et Mau'...Son amie lui répondît d'un signe de tête. N'a pas le sien. Termina Jane.
-Bonne chose. Ta mère te remercie d'avoir fait sortir ton frère mais prévoit de te réprimander quand tu sortiras. Par contre elle veut prendre le docteur Isles dans ses bras. Rit doucement l'homme faisant rouler des yeux à sa collègue alors que la légiste esquissait un sourire. Comment vous allez?
-Maura dit que ça va. Mais elle est tendue et fatiguée je le vois, beaucoup d'angoisse. Résuma Jane, le regard braqué sur sa meilleure amie.
-Et toi Jane? Demanda Frost.
-Je vais bien. Je veux juste que rien ne lui arrive. Expliqua la brune. Je te tiens au courant.
L'homme dans la radio acquiesça et elle l'a remis à sa ceinture avant de passer une main dans ses boucles.
-Tu devrais sortir. Les rejoindre. Angela serait rassurée et tout les autres aussi. Moi comprise. Souffla Maura, elle connaissait assez sa meilleure amie pour savoir qu'il y avait peu de chance que la femme l'écoute.
-Hors de question. Je ne sors pas sans toi. Je ne vais pas patienter dehors et te laisser seule ici. Jamais Mau'. Imposa la détective, très sure d'elle.
-C'est stupide Jane, si ça explose, je te préférerais dehors. Remarqua la blondinette.
-Et je vivrais comment sans toi, moi? Rétorqua l'italienne avant de voir l'équipe de déminage se pencher sur le carton posé sur le comptoir de l'accueil du commissariat. Eh! Pourquoi celui là d'abord? Mettez la en sécurité, elle.
-C'est ce que nous faisons. Mais nous devons penser à l'entièreté des personnes présentes ici et dehors. Signala le chef. Nous nous assurons que ceux là sont inoffensifs en espérant que ça réduise l'explosion si elle devait arriver et les risques de faire des blessés.
-Mau'. Souffla la détective inquiète.
-Tout va bien Jane, c'est la procédure. Rassura la légiste.
-J'avais oublié à quel point tu aimes le respect de la procédure, comme elle peut te rassurer. Gloussa nerveusement l'italienne.
-Mais malgré ça apparement tu ne peux pas vivre sans moi. Répondît Maura.
Elle n'avait pas pu relever avant, mais la remarque de Jane n'était pas tombée dans le vide et la légiste avait besoin de savoir. Si elle devait mourir, que Jane lui dise qu'elle serait triste elle le comprenait mais qu'elle lui sous entende qu'elle n'était pas capable de vivre sans elle c'était autre chose. Elle avait besoin de savoir. Surtout si l'objet entre ses mains devaient exploser et mettre fin à ses jours, elle devait savoir.
-Non je ne pourrais pas. Maintenant que j'ai appris à supporter tes petites manies et façons de faire pas comme tout le monde je ne peux plus imaginer un quotidien où tu n'es pas. Admit Jane.
Et la légiste la connaissait assez pour remarquer que ses pommettes avaient pris une légère tinte rosée, la gêne de parler avec son cœur.
-Et si ça explosait et que tu étais plus touchée que moi. Je devrais vivre sans toi et en étant responsable de ton absence. Remarqua Maura dont l'esprit c'était emballé il y a un moment et avait réalisé qu'elle ne connaissait pas l'engin explosif ce qui laissait plein de possibilités pour les conséquences qui pouvaient arriver.
-Les probabilités que ça arrive sont faibles. Argua Jane.
-S'il te plaît, si tu m'aimes un peu sors et mets toi en sécurité. Supplia la légiste.
-Jamais. Je ressens beaucoup de choses pour toi Mau' et le fait est que rester près de toi en permanence dont les moments où tu es en danger est une de mes façons de te montrer à quel point tu comptes. Argua Jane bien décidée à ne pas bouger.
-Janie. Murmura la légiste dont la rapidité des battements de cœur n'avait aucune explication scientifique, juste amoureuse.
-Mau', tu sais dans les films d'action et dramatique que j'ai pu te montrer et que je regarde souvent, quand il est sur le point d'arriver quelque chose d'horrible, les personnages se disent tout ce qu'ils n'ont jamais osé dire, pour ne pas regretter, pour ne pas avoir de secret. Se souvint Jane.
-C'est provoqué par la peur qu'il arrive quelque chose d'irréversible et qu'on est pas pu dire tout ce qu'on avait à dire. Expliqua Maura.
Jane la fixa sans réponse, sans un mot, mais ses yeux étaient tellement plein d'émotions et de choses à dire que la légiste se sentit submergée sans savoir non plus ce que son amie essayait de dire. Et puis après quelques minutes ainsi, alors que l'équipe de démineur s'assurait que le second colis était aussi sans danger sur le comptoir, Maura vit les fines lèvres de l'italienne bouger. Elle cherchait ses mots sans pour autant dire quoi que se soit. La connaissant, Maura savait qu'elle allait dire quelque chose qui lui faisait peur et donc venait du coeur. Elle essaya plusieurs fois et finalement laissa sortir quelques mots.
-J'ai peur qu'il t'arrive quelque chose maintenant et que je n'ai pas pu tout te dire. Souffla Jane avant de déglutir durement sous le poids de l'inquiétude qu'elle ressentait face à la réaction de celle qui était presque tout pour elle.
-Alors dis moi tout Jane. Tu sais bien qu'avec moi tu peux toujours tout dire. Invita la légiste.
-Et si tu sortais d'ici sans que rien n'est explosé mais que ce que je t'ai dis change tout entre nous deux? Remarqua la détective qui même dans une telle situation gardait quelques barrières qui l'empêchaient de tout dire en cet instant.
-Et si tout ces changements étaient bons? Et si le fait de risquer de me perdre, me ramenait encore plus à toi? Proposa Maura.
Elle continua de la regarder, ne disant rien voyant que Jane cherchait la force de tout dire enfin. Elle la connaissait, l'italienne avait besoin de temps pour former les mots dans sa tête avant de les dire, c'était sa façon de contrôler une situation qu'elle sentait fragile. Elle avait l'impression que tout pouvait s'échapper, qu'elle pouvait tout perdre, alors elle essayait de canaliser les choses pour avoir un minimum de contrôle. Maura l'avait toujours connue ainsi, alors elle lui laissait le temps dont elle avait besoin pour oser.
-Je t'aime Maura, et je ne peux pas imaginer un jour sans toi. Souffla finalement la brune.
-Je t'aime aussi Jane. Assura la légiste.
-Non, je-
-Nous avons vérifié les deux colis, il ne reste que celui dans vos main docteur Isles. Informa un des démineur, les coupant dans leur discussion si importante pour elles.
-Allez y, je ne bouge toujours pas. Rétorqua Maura, elle si habituellement douce avait envie de crier, de l'envoyer voir ailleurs. Alors elle paru sèche et les deux hommes se mirent lentement au travail pendant qu'elle reconcentrait toute son attention sur l'italienne. Tu disais Janie?
-Que je...Elle soupira en passant une main dans ses cheveux, grattant nerveusement son cuir chevelu. Il y a moment dans les dernières années à être ton amie et à passer ma vie avec toi, où ma façon de t'aimer à changer.
-La mienne aussi. Tout est devenu plus intense avec tout ce qu'on a vécu, le bien comme le plus compliqué. Sourit tendrement Maura.
-Est ce que je peux comprendre que tu es tombée amoureuse de moi comme moi je le suis de toi? Demanda timidement l'italienne dont les doigts se tordaient d'angoisse.
-Tu dois comprendre que je suis amoureuse de toi depuis longtemps, déjà quand tu disais à Giovanni que nous étions un couple pour le faire fuir. Mais j'ai accepté l'idée d'être à tes yeux tout ce que tu veux pour juste ne jamais te perdre. Répondit Maura, avec son assurance habituelle, elle n'avait rien à perdre vu la situation.
-Pourquoi tu n'entends pas que je te veux ainsi aussi? Je ressens ça aussi? Demanda vivement Jane, elle avait la désagréable sensation qu'elle avait parlé avec son coeur sans être entendue ou qu'elle n'était pas assez claire et compréhensible.
-Je l'entends Jane, mais ils sont en train de regarder si ce colis peut me tuer ou non, je ne veux pas m'autoriser à rêver réellement une vie que j'ai longtemps voulue si ce n'est pas pour la vivre. Murmura Maura.
-Les deux autres colis n'avaient pas d'explosifs. Laisse moi rêver que celui ci non plus. Rétorqua la détective. Laisse moi penser que d'ici quelques minutes tu pourras lâcher cette chose, que je pourrais enfin te prendre dans mes bras et que je n'aurais plus à te lâcher, jamais. Souffla-t-elle timidement.
-Je voudrais te laisser y croire, mais-
-Ton esprit est trop scientifique pour accepter ce genre d'hypothèse. Comprit la légiste.
-Ce n'est pas ça. Souffla la blonde en regardant les deux hommes scanner le colis qu'elle tenait toujours. Mes tripes me disent qu'il y a quelques chose.
-Tu écoutes tes tripes maintenant? Releva alors Jane.
-Tu dis toujours que tu le sens dans tes tripes, et tu as souvent raison alors... Sous entendit Maura.
-Tu me réponds toujours que ce n'est pas une preuve ni un fait scientifique. Remarqua la brune.
-Mais rien n'est comme d'habitude ici Jane. Souffla la légiste.
-Oui, tu as raison. Reconnu la détective. Ça par contre c'est habituel. Tu as toujours raison. Gloussa-t-elle doucement.
La légiste lui adressa un doux sourire.
-Chef, il y a quelques chose là. Interrompit l'un des démineurs, regardant l'écran de sa machine qui passait sous le colis de Maura.
-Quelque chose? Demanda le chef d'équipe.
-Un explosif. Précisa l'homme.
Les deux femmes se tendirent, et leurs regards qui s'étaient baissés pour suivre ce qu'il se passait, se relevèrent immédiatement pour se trouver, toutes deux paniquées, inquiètes de ce qu'il pouvait arriver. Les dernières minutes à tout se dire avaient été motivées par une peur théorique, ici tout était concret. L'engin explosif était vraiment là. Il pouvait explosé à tout moment et emporter Maura avec lui. Si cela devait arriver Jane voulait être emportée aussi, parce que réellement elle ne voulait pas un monde sans Maura.
-On va pouvoir le désamorcer dans le carton. Docteur Isles ne bougez pas, et respirez doucement, tout doucement, c'est le seul mouvement que votre corps peut faire : respirer. Ordonna le chef d'équipe.
-Ne lui donnez pas d'ordre. C'est le génie ici, elle sait ce qu'elle doit faire. Gronda Jane.
La légiste s'autorisa un léger sourire même si elle savait que le moindre mouvement était un risque.
-Tout va bien Jane, mais sors. Murmura-t-elle.
-Jamais. Souffla la détective toujours aussi sûre.
Et Maura abandonna, se concentrant pour respirer tout doucement, elle ne voulait pas prendre de risque, encore moins qu'avant, maintenant elle savait qu'elle avait une chance de bonheur avec Jane, comme elle en rêvait depuis un moment, il était hors de question qu'elle gâche tout. Cette bombe dans ces mains n'exploserait pas et n'abimerait pas ce qu'elle était sur le point de vivre avec la détective. Les deux hommes devant elle faisaient des gestes lents, fixant leurs écrans alors qu'ils cherchaient à désamorcer la bombe. Maura fixa la procédure mais sentit rapidement son souffle s'accélérer et releva lentement les yeux vers la seule chose, ou plutôt personne, qui pouvait l'apaiser : Jane.
-Respire. Murmura la détective pour l'apaiser même si ses yeux trahissaient toute sa peur pour elle.
Le temps paru s'étendre longuement pour les deux femmes qui ne se lâchaient pas du regard alors que les démineurs étaient autour de Maura. Elles cherchaient du réconfort en l'autre, s'apaisant juste en se regardant comme elles l'avaient toujours fait. Depuis des années, les deux femmes avaient tout traverser ensemble et elles se soutenaient toujours avec peu de choses. Quand finalement les deux hommes entre elles prirent le colis des mains de Maura, sûrs d'avoir désactivé la bombe, la respiration de la légiste s'agita et Jane s'impatienta. Malgré l'explosif désamorcé les démineurs prenaient tout leur temps ne voulant pas prendre de risque, et Maura ne bougeait pas regardant seulement son amie en commençant tout juste à réaliser que c'était fini, et que tout était différent, elle avait enfin sa chance avec l'italienne et elle ne risquait plus sa vie.
-Janie. Appela-t-elle doucement.
La concernée sourit et laissa une seconde, le temps que les deux hommes soient écartés et oubliant les caméras que ses collègues regardaient elle fonça en avant pour prendre le visage de la légiste en coupe, s'arrêtant tout près d'elle. Elle sentit les mains douces de Maura tomber sur le creux de sa taille, sous sa veste, donc juste séparées de sa peau par le fin teeshirt.
-Tout à l'heure, est ce que la peur parlait ou juste toi et ce que tu ressens? Murmura Jane en caressant les pommettes de la jeune femme de ses pouces.
-Juste moi Jane. Juste moi et tout ce que je ressens depuis des années. Assura Maura en pressant ses doigts dans la taille de la jeune femme. Des années.
-Mau. Murmura la brune en se rapprochant faisant s'effleurer leurs nez. Est ce que je peux?
-Oui Jane. Oui. Supplia la légiste en cherchant ses lèvres, incapable d'attendre plus.
Et la détective cessa de réfléchir elle pressa ses lèvres contre celles de la femme qui l'a faisait rêver depuis des années. Et Maura avait exactement le goût que la brune avait imaginé, sucré et amer en même temps, contrasté juste comme l'était cette femme fantastique qu'elle ne méritait pas mais qu'elle était prête à aimer pour le reste de sa vie. Elle était tellement prête à être elle même, celle qu'elle avait caché pendant toute sa vie, celle qui voulait Maura mais qui ne se sentait pas autorisée à faire quoi que se soit et qui se contentait d'hommes qui n'arrivaient même pas à la cheville de sa meilleure amie. Elle sentit les lèvres de Maura s'écarter un peu et en captura une en laissant sa main glisser dans ses boucles dorées. En réponse la légiste serra sa poigne sur sa taille et la ramena contre elle.
-Mau. Geignit la brune.
-Laisse moi respirer. Gloussa doucement la blondinette.
-Plus jamais. Rit Jane, leurs fronts pressés l'un contre l'autre.
-Rizzoli? Résonna depuis la radio de Jane à sa ceinture.
Elles sursautèrent et Jane du détacher une main des douces boucles de cheveux de la légiste pour attraper la radio.
-C'est bon. Je suis là. Tout va bien. Répondît rapidement la brune.
-On vous voit. Rappela la voix de Frost.
-La procédure veut que si vous êtes autorisées par l'équipe de déminage à sortir, vous quittiez les lieux pour venir en sécurité. Argua Korsak.
Jane roula des yeux et glissa de nouveau la radio à sa ceinture avant de lever la tête vers une des caméras. Avec un air agacé elle tendit un pouce en signe qu'elle avait entendu mais qu'ils l'embêtaient. Maura rit doucement en la voyant faire ça.
-Tu savais qu'ils nous voyaient. Gloussa la légiste. Sortons. Allez.
-Ils vont tous être tellement lourds. Soupira Jane en la suivant vers la porte. Y a que pour toi que je suis prête à supporter leurs bêtises. Ajouta-t-elle en ouvrant la porte.
-C'est probablement la déclaration la plus forte que tu pouvais me faire. Sourit doucement Maura alors qu'elle glissait sa main dans la sienne pour sortir.
-Et dire que je viens de passer la dernière heure à me questionner sur comment te faire comprendre que je t'aime alors qu'il suffit que je le dise aux autres. Soupira la détective épuisée par cette journée et elle même.
Dehors, elles eurent à peine le temps de descendre les marches qu'Angela se précipita vers elle pour enlacer la légiste, l'arrachant à sa fille. Cette dernière se retrouva enlacée par son frère, Korsak et Frost rapidement.
-Angela je vais bien, je te le promets. Assura la blondinette en tapotant doucement le dos de la femme - sa belle mère maintenant, peut-être en tout cas.
-J'ai eu si peur pour toi. Fit la matriarche en se détachant pour vérifier son visage avant de regarder sa fille à côté tout juste relâchée par Korsak. Et toi?! Quelle idée de courir dans le danger! Tu ne sais vraiment pas prendre soin de toi! S'exclama-t-elle en tapant son épaule.
-Mais ma, c'était Maura, je n'allais quand même pas la laisser. Se défendit la détective en repliant ses bras contre son torse pour se protéger. Je ne voulais pas qu'elle soit seule et je ne pouvais pas être loin d'elle alors qu'elle était dans un tel danger. Murmura-t-elle pour ne pas être trop entendue.
-Oh ma fille. Souffla Angela en la serrant dans ses bras. Je suis tellement heureuse que vous alliez bien. Et ensemble en plus. Ajouta-t-elle contre son oreille.
-Ouais vous avez tout vu? Marmonna Jane qui avait un tout petit peu espoir qu'ils ne surveillaient pas les caméras quand elle avait embrassé la blonde.
-Juste nous. Fit Frankie en montrant sa mère et les deux hommes. On a cessé de tenir au courant les autres de ce qu'on voyait quand vous avez commencé à... Sous entendit-il en faisant un signe rapide de la main vers les deux femmes.
-La ferme. Gronda Jane avant de regarder la blonde qui esquissa un sourire et elle passa un bras autour de ses épaules. Tu devrais aller te reposer. Ou parler au psy du commissariat. Ou n'importe lequel. Proposa-t-elle en remettant une mèche dorée derrière l'oreille de la femme.
-Non. Je veux juste travailler. Refusa Maura, la main serrée sur le haut de l'italienne, sous sa veste. Commandant. Appela-t-elle en regardant l'homme. Quand pourrons nous tous retourner travailler?
-Docteur Isles vous devriez prendre la fin de journée, elle a été assez chargée déjà. Remarqua l'homme avant de remarquer son lieutenant lui faire des signes et ses gros yeux. Rizzoli, qu'est ce que vous essayez de me dire?
Tous les regards se tournèrent sur Jane, se demandant quels signes elle avait bien pu faire.
-Je...J'essayais juste de dire que ça ne servait à rien de dire ça puisque Maura était décidée à travailler le reste de la journée donc c'était peine perdue. Marmonna là détective en retirant son bras des épaules de sa collègue, se souvenant qu'elles étaient au travail après tout. Commandant, si l'engin explosif a été désamorcé pourquoi sommes nous encore dehors?
-Car ils doivent le mettre complètement hors d'état de nuire. Répondît l'homme.
-Pardon? Fit durement Jane, un sourcil intimidant s'arquant immédiatement. Ils ont bougé cet engin pour l'enlever des mains de Maura alors que ce n'était pas sûr? Vous êtes en train de me dire qu'ils ont mis sa vie encore plus en danger qu'elle ne l'était avant leurs arrivée? Gronda-t-elle.
-Non Rizzoli. Ils ont appliqué la procédure à la lettre. Ils sont en train de séparer les éléments de l'engin pour ne pas risquer un problème qui pourrait engendré une explosion. Ils n'ont pris aucun risque avec le docteur Isles. Assura l'homme.
-Jane. Souffla la légiste en posant sa main sur le bras de la jeune femme. S'il te plaît, calme toi. Je vais bien. Rappela-t-elle.
Elle aimait Jane impétueuse et forte, elle était charmée de la voir faire le bouclier et prête à retourner le monde entier si quelqu'un la blessait ou la mettait dans une position dangereuse. Avec elle, pour la première fois de sa vie, Maura se sentait -et ce depuis des années- aimée et chérie en plus d'être en sécurité. Des sentiments qu'elle avait si peu eu la possibilité d'explorer avant son amitié avec la détective. Et quand cette dernière posa son regard inquiet sur elle, Maura se sentit fondre.
-Je ne te laisserais plus en danger. Souffla Jane.
-Je sais. Sourit doucement la blondinette en prenant sa main pour la serrer.
-Alors on va retrouver celui qui a envoyé ça. Appuya l'italienne avant de regarder de nouveau son patron. Commandant, nous avons une enquête et ce soucis plus qu'urgent puisque ça en va de la sécurité de notre médecin légiste en chef et du commissariat, à résoudre alors pouvons nous aller travailler?
-Nous aurons le feu vert pour entrer d'ici quelques minutes. Patientez encore un peu Rizzoli. Réclama l'homme.
-Patienter. C'est mal là connaitre que de penser qu'elle peut Sean. Rit Korsak.
Cette simple petite provocation habituelle fit sourire tout le monde et allégea un peu l'angoisse planante. Si ils riaient ensemble encore c'est que tout allait bien, et c'était réconfortant de le faire. Le rire fut tout de même de courte durée, l'avertissement que le chemin était dégagé et qu'ils pouvaient tous rentrer dans le commissariat les ramena à la situation présente. Bien sûr Cavanaugh demanda à sa meilleure équipe de se réunir dans leur open space pour faire un point sur l'enquête du corps trouvé le matin même ainsi que pour leur donner des directives ou la nouvelle enquête à propos de cette bombe, après tout c'était une tentative d'assassinat. Maura comprit alors qu'elle devait aller à la morgue et laisser la détective à son travail, ce qu'elle redoutait. Jane ne s'ouvrait pas facilement, elle ne parlait pas beaucoup avec son cœur, et quand ça arrivait, c'était comme une porte ouverte, la blondinette le savait, elle pouvait avoir beaucoup de Jane tant que la porte était ouverte. La laisser retourner à son enquête c'était prendre le risque de voir la porte se refermer. Et tout n'était pas dit, elles avaient encore tant de choses à échanger. Alors avant que Jane ne puisse prendre l'ascenseur elle attrapa sa main et la tira dans la cage d'escalier que personne ou presque empruntait.
-Mau, ils vont m'attendre. Remarqua la brune avant de se retrouver plaquée contre le mur, le corps svelte tant aimé collé contre le sien.
-Juste une minute. Réclama Maura en posant ses mains sur le torse de la femme. Promets moi que même si tu vas travailler et loin de moi tout va bien pour nous. Dis moi que toutes les façons d'être un nous sont bonnes et que tout va bien. Imposa-t-elle, elle avait besoin de l'entendre, de le savoir, de le rendre réel, si Jane approuvait c'était un aveu que tout existait bien et elle ne pourrait pas fuir la discussion plus tard.
-Tout va bien Mau, je sais que ce n'est pas la situation idéale, et que ton esprit tout scientifique qui aime les faits et les choses simples voudrait qu'on parle beaucoup, mais on va devoir repousser un peu le moment, juste que j'arrive à trouver le connard qui te veut du mal. Souffla Jane en caressant doucement ses cheveux.
-Avant ça Jane. Que tu l'aies trouvé ou non, ce soir on dîne chez moi ensemble. Donc on part d'ici ensemble. Imposa la blondinette.
-Je crois que je n'ai pas le choix. Rit doucement la brune.
-Non, tu ne l'as pas. Et on mérite une soirée calme et reposante après cette journée. Elle sera même nécessaire. Argua Maura.
-J'en suis sure. Je serais en bas quand tu voudras pour rentrer. Accepta Jane.
La légiste esquissa un sourire et se pencha un peu plus vers elle. Les lèvres et les nez s'effleurèrent avant que finalement leurs bouches ne se trouvent dans un tendre baiser un peu plus hésitant que précédemment. Puis tout en douceur elles se séparèrent avant de partir vers leurs étages de travail respectifs.
Le soir, en sortant du bureau Jane adressa un rapide signe à tout le monde avant de filer dans l'ascenseur. Sa meilleure amie lui avait envoyé un message quelques minutes avant pour lui dire qu'elle -et donc qu'elles- partait et Jane ne pouvait plus attendre pour la retrouver. C'était rare que son travail se retrouve en seconde place dans ses priorités, surtout quand elle avait des affaires aussi importantes, mais il s'agissait de Maura et pour elle, elle était prête à tout. Alors en bas, elles échangèrent un sourire avant de prendre la voiture de la légiste ce qui voulait implicitement dire que quoi qu'il arrive Jane dormirait dans la maison Isles. Et une fois sur place, elles se retrouvèrent dans l'entrée, retirant chaussures et vestes pour s'en libérer. Seulement quand Maura se pencha pour récupérer sa paire de talons, l'italienne suivit le mouvement et ne se cacha pas une seconde. La légiste rit doucement quand elle se tourna et vint embrasser sa joue.
-Sors nous deux bières le temps que j'aille les ranger. Réclama-t-elle en désignant les talons qu'elle avait en main.
Bêtement Jane hocha la tête et le fit. Les deux bières décapsulées sur le comptoir de la cuisine -avec des sous verres parce que Maura aimait les sous verres- l'italienne se retrouva seule et voulu aller voir où en était son amie. Seulement quand elle tourna pour faire face à l'escalier, Maura était là changée rapidement dans un pantalon d'intérieur et une chemise ample qu'elle finissait de boutonner. Ses cheveux étaient lâchés et le tout donnait une image bien trop attrayante pour que Jane résiste à l'envie. Elle agrippa les hanches de la femme couvertes par la fine barrière de tissu, et la rapprocha d'elle.
-Mau pourquoi tu me fais ça? Pourquoi faut il que tu sois si belle? Pourquoi j'ai réussi à résister toutes ces années mais je ne sais plus le faire aujourd'hui? Murmura Jane près de ses lèvres.
-Parce qu'aujourd'hui tu m'as goûtée. Souffla Maura avec un sourire, les mains glissant sur les joues de la brune et sur son cuir chevelu.
-Hmmm. Geignit la détective. Tu ne peux pas dire des trucs pareils. Soupira-t-elle.
-Janie. Murmura la blondinette en venant embrasser le coin de ses lèvres. Si tu savais comme je te veux.
-Moi aussi. Mais je veux être sûre que j'ai attendu toutes ces années pour t'avoir encore plus d'années derrière. Argua Jane. Dis moi que ce n'est pas juste à cause de l'adrénaline de la bombe et tout.
-Oh Janie. Souffla la légiste n'en revenant pas qu'elle puisse penser ça. Elle caressa tendrement sa tête. Je t'ai attendue. J'ai patienté le temps que tu sois prête pour nous, que tu te rendes comptes que notre relation était plus qu'amicale. Elle se pencha et l'embrassa doucement. Je t'ai attendue. Longtemps. Elle pressa un baiser contre la ligne de sa mâchoire. Je t'ai attendue et je compte bien te garder maintenant que j'ai une chance de vivre pleinement notre histoire.
-Alors, je dois comprendre qu'on est sur la même longueur d'onde? Demanda l'italienne en la serrant dans ses bras.
-Et bien l'être humain a une température corporelle moyenne de trente sept degrés, donc on peut mesurer une longueur d'onde maximale de 9,3 µm. Mais tout cela est une moyenne donc de là à dire que nous sommes sur la même-
-Mau. Souffla la brune en l'embrassant rapidement pour la faire taire, elle la connaissait, ça pouvait durer longtemps, et même si elle adorait l'écouter, elle avait d'autres idées pour la soirée. C'est une expression pour dire qu'on est d'accord et qu'on veut les mêmes choses.
-Oh. Comprit la légiste. Alors oui on est sur la même longueur d'onde Janie. Je te veux de toutes les manières possibles et ce pour le plus longtemps possible. Assura-t-elle.
-Je veux ça aussi. Assura Jane.
Et la femme dans ses bras sourit en enroulant ses propres bras autour des épaules de la brune pour la serrer plus en venant l'embrasser. Maintenant qu'elle savait qu'elles allaient tout vivre ensemble, elle se sentait libérée et tout ce qu'elle voulait c'était Jane, Jane dans son lit, Jane nue, Jane sous elle et puis Jane sur elle, elle voulait tout avec Jane. Les baisers se firent de plus en plus langoureux et Maura ne résista pas à l'envie d'enrouler une jambe autour d'une de la brune. Cette dernière la serra plus mais arracha sa bouche de la sienne.
-Les bières nous attendent. Rappela-t-elle.
-Tu les veux absolument? Demanda Maura en venant embrasser la tempe et l'oreille de la jeune femme.
-Non. Reconnu Jane en mordant sa propre lèvre sous les prouesses de celle de sa meilleure amie -ou un peu plus. Et j'ai mis des dessous de verres donc- Elle fut coupée par un baiser passionné.
L'entendre dire qu'elle avait mis des dessous de verres avait enflammé Maura, elle avait si souvent demandé à l'italienne d'en mettre sous sa bière et elle l'avait si peu fait. Mais ce soir si, elle y avait pensé d'elle même en plus, elle l'avait fait juste pour Maura et cette dernière avait encore plus envie d'elle en sachant ça.
-Viens dans ma chambre. Réclama la légiste contre ses lèvres.
Et sans se détacher, les baisers continuant, les deux femmes montèrent les escaliers, se cognant plusieurs fois aux murs et trébuchant quelques fois sans jamais tomber dans les marches. Elles traversèrent le couloir et entrèrent dans la chambre principale de la maison. Comme plus tôt au commissariat, Maura poussa la détective contre le mur et se pressa contre elle. Rapidement elles se débarrassèrent des quelques vêtements les séparant et elles tombèrent dans les draps pour découvrir ce qu'elles ne connaissaient pas encore.
Au réveil, Jane dormait encore et la légiste resta à l'observer, allongée sur son flanc face à elle, relevée dans l'oreiller, et donc un peu plus haut que la brune sur le ventre. Doucement, ne résistant pas à l'envie, elle tendit la main pour dégager le visage tant aimé d'une mèche brune rebelle. Les yeux de Jane s'ouvrirent et se posèrent de suite sur elle. Elle bailla et se tourna avant de sourire en regardant Maura, en étant toujours allongée un peu plus bas qu'elle.
-Si je t'avais perdue hier, je n'aurais vraiment plus rien eu pour sourire chaque jour. Pour vivre juste. Souffla Jane.
-Mais si tu n'avais pas pris le risque de me perdre, nous n'aurions jamais eu un tel réveil, un tel avenir. Remarqua Maura en caressant sa joue.
-Tu es la plus belle chose que le monde m'aie offert. Et je n'en reviens pas d'avoir ma chance avec toi. Marmonna l'italienne en venant embrasser la main de son amante.
-Je t'aime tellement Jane, si tu savais. Murmura la légiste en se penchant vers elle.
-Je sais. Car je t'aime autant. Si ce n'est plus. Sourit la brune en la tirant pour l'allonger sur elle et que leur corps nus se pressent de nouveau ensemble.
-Alors ne me laisse plus sans toi. Souffla Maura en venant chercher un baiser. Quoi qu'il nous arrive on le vivra ensemble, toujours.
-D'accord. Je te garderais toujours en sécurité. Assura Jane en caressant son dos.
-Dans tes bras, je me sens en sécurité. Sourit la blondinette en venant presser ses lèvres sur les siennes.
L'italienne lui rendit son baiser sans pouvoir s'empêcher de sourire. Elle avait une petite amie. Une amoureuse. Elle était amoureuse. Elle avait Maura.
