34 : Découvrir tes secrets.

-Voulez vous qu'on fasse venir la famille madame Rizzoli? Demanda Emily, la sage femme en poussant le berceau de poupon vide sur le côté du lit de sa patiente.

-Oui, juste...Jane hésita, elle voulait voir qu'une personne pour le moment, mais rien ne le justifiait. Elle baissa le regard sur le petit être dans ses bras, sur le petit nez rond, les jolis yeux noirs comme les siens et les joues rondes adorables. Juste Maura d'abord. Demanda-t-elle finalement, elle n'avait pas de justification autre que son envie pour cette demande, mais c'était sa fille, sa journée, son accouchement, elle pouvait bien imposer deux ou trois petites choses, et puis c'était sa meilleure amie qui l'avait trouvée en salle de pause à respirer entre les contractions et qui l'avait de suite emmenée à l'hôpital.

-Je vais la chercher de suite. Accepta Emily.

Elle quitta la chambre et descendit vers la salle d'attente. Elle avait tenu la famille Rizzoli au courant durant tout l'accouchement, la mère, les deux frères avec, la femme de l'un d'eux et la meilleure amie. Elle avait vite compris qu'ils étaient tous une famille vu comme ils étaient proches, et apparement tous inquiets pour la jeune maman même si elle avait eu une grossesse simple et un accouchement sans complication. Le seul bémol avait été qu'elle soit seule, d'après le dossier Emily savait qu'elle était mère célibataire, le père -ou géniteur dans ce cas- n'était pas mentionné dans le dossier, donc elle faisait un bébé seule. Pourtant en partant en salle de travail elle avait demandé Maura plusieurs fois, mais les règles régissant l'hôpital faisaient que la femme enceinte ne pouvait être accompagnée que par une personne de sa famille, famille légale, celle de coeur ne comptait pas. Emily avait toujours trouvé cette règle stupide, et encore plus dans le cas présent, il était clair que la meilleure amie de la jeune maman était bien plus que ça, même si les deux concernées n'avaient pas l'air de se rendre compte, elles étaient clairement un couple sans le dire et Emily avait eu un mal fou à dire à Maura qu'elle devait rester dans la salle d'attente. Mais elle l'avait fait et n'en avait plus bougé depuis alors la sage femme la trouva sans problème.

-La famille Rizzoli. Appela-t-elle pour avoir leur attention. La maman est de retour dans sa chambre avec le bébé. Elle voudrait voir Maura d'abord d'après sa demande.

-Oh..Souffla la légiste n'en revenant pas en se levant. Je...Je suis désolée. Fit-elle vers la famille près d'elle, mais à sa surprise Angela souriait.

-Vas y, elle doit t'attendre et tu ne tiens plus en place, mais viens nous chercher dès qu'elle sera d'accord. Demanda la nouvelle grand mère.

C'était son premier petit enfant, Tommy n'avait toujours personne dans sa vie et Frankie et Nina étaient mariés depuis six mois et parlaient de faire un bébé. Mais Jane était arrivée du jour au lendemain en leur disant qu'elle était enceinte. Des trois enfants Rizzoli, tout le monde pensait qu'elle serait la dernière à en faire. Elle avait pourtant rompu avec Casey en refusant sa demande en mariage, et l'homme était reparti avec l'armée loin des États-Unis. Et puis quelques semaines plus tard, Jane était venue s'effondrer dans les bras de sa meilleure amie, chez elle, très tard un soir, en lui disant qu'elle était enceinte. Elle avait envisagé d'avorter, et puis à force d'en parler avec Maura, elle avait dévidé de le garder mais à une condition : Casey ne devait pas faire parti du paysage. Alors elle lui avait parlé de sa grossesse, de ce qu'elle voulait, et il avait accepté, il serait un ami éloigné quand il viendrait, il ne parlerait à personne de ce lien biologique avec l'enfant de Jane, il avait même signé une décharge pour que l'italienne se sente rassurée. Donc elle avait vécu sa grossesse seule, ou presque, sa mère avait été envahissante mais surtout Maura avait toujours été là pour elle, l'aidant dans tout, surveillant son état de santé, l'accompagnant à tout les rendez vous, mais elle ne s'imposait jamais, elle attendait toujours que Jane demande ou elle proposait et laissait l'italienne choisir. Alors elle n'hésita pas à la rejoindre pour voir son bébé qu'elle avait tant attendu de rencontrer. Quand elle passa la porte de la chambre, les yeux de Jane se relevèrent pour se poser sur son amie et elle lui adressa un grand sourire.

-Maur', viens. Je veux que tu rencontres ma fille avant les autres. Sourit l'italienne en lui tendant la main, l'autre tenant son nourrisson.

Maura la saisit et s'approcha du bord du lit. Pendant la grossesse, elle et Jane s'étaient énormément rapprochées, leur relation s'était approfondie, les sentiments s'étaient développés, elles étaient devenues plus intimes sans jamais dépasser la limite qui aurait concrétisé l'ambiguïté. Elles avaient souvent partagé le lit de Jane qui n'avait qu'une chambre dans son appartement et la légiste y était beaucoup resté ces neuf derniers mois, mais il n'y avait pas eu de baisers ni de caresses -autres que sur le ventre rond ou les boucles brunes quand Jane avait eu des peurs et des paniques. Elles n'étaient pas un couple, juste deux meilleures amies particulièrement proches mais elles n'évoquaient pas le sujet. Au contraire l'une comme l'autre faisaient comme de rien et cherchaient toujours plus de contacts et de tendresse avec l'autre. Elles essayaient aussi de ne jamais se quitter ou le moins possible à tel point que Jane s'était installée dans le bureau de la morgue pour travailler sur les dossiers à partir du moment où elle avait dû arrêter le terrain. Et la légiste avait peur de la voir remonter au bureau, parce qu'elle aimait tant les journées dans son bureau avec Jane près d'elle, elle avait pu parler au bébé si souvent, ainsi que prendre soin d'elle.

-Elle est belle. Souffla Maura en glissant son index sur les courts cheveux bruns, alors que sa seconde main était toujours dans celle de son amie. Tellement belle, Janie, elle te ressemble beaucoup.

-Je suis belle alors? Gloussa la brune.

-Très. Sourit tendrement la légiste en la regardant. Mais elle, elle est plus craquante. S'amusa-t-elle.

-Tu crois que les gènes de Casey la rendent plus craquante? Proposa Jane en baissant le regard sur son bébé mais avec une légère grimace dégoutée à l'idée de ce qu'elle évoquait.

-Jamais. Ce sont clairement tes gênes, regarde là, elle est tout toi. Ton grain de peau, tes yeux, tes pommettes, ton bout de nez, et ses cheveux ont l'air bien comme les tiens. Sourit Maura avant de se pencher pour embrasser le front de la petite. Tu es adorable petit être. D'ailleurs, elle se redressa en regardant son amie, quel nom lui as tu donné finalement?

-Sophia. Souffla Jane avec un sourire.

-Ce qui signifie sagesse. Se souvint la légiste qui avait beaucoup regardé les prénoms italiens ces derniers mois, son amie ne savait pas lequel choisir, elle savait juste qu'elle voulait que se soit italien.

-Et bien elle t'a toi et moi, donc elle sera un mélange parfait de l'intelligence et de l'instinct, elle sera un peu nous deux donc j'imagine qu'elle sera la plus sage de nous tous. Et même juste avec toi elle serait la sagesse incarnée. Remarqua la brune en relâchant la main de son amie. Tu veux la prendre?

-Oh oui, je veux la porter. Sourit grandement la blondinette en s'asseyant sur le bord du lit. Son amie déplaça le nourrisson et le transvasa doucement dans ses bras. Viens là ma petite Sophia. Souffla-t-elle en installant correctement l'enfant.

-Tu vas la couver n'est ce pas? Sourit Jane, sa main tombée lascivement sur la cuisse de sa meilleure amie.

-Oui. Tout le temps. Assura Maura en ne regardant que la petite qui la fixait aussi. Vous devriez emménager chez moi. Je pourrais t'aider, nous pourrions plus facilement être présente pour elle, je pourrais vous avoir tout le temps, elle aurait sa chambre, vous auriez de l'espace. Vous devriez venir vivre à la maison. Remarqua-t-elle soudainement, l'air de rien.

Et Jane se retrouva aussi surprise que rêveuse. Si ça avait été n'importe qui d'autres elle aurait commencé à bégayer pour trouver la bonne façon de dire non, tout en retenant son envie de fuir. Mais c'était Maura. Et Maura était tout pour elle. Elle ne voulait pas de père pour son bébé, elle voulait Maura, parce qu'avec elle son enfant serait en sécurité et aimé inconditionnellement. Et elle aussi. Elles pourraient toutes les trois former une petite famille. La leur. Et l'idée fit sourire béatement Jane en silence un moment avant qu'elle n'ose une réponse.

-Je pense que Sophia ne verra pas d'inconvénient à emménager chez sa marraine.

Les yeux marrons verts se relevèrent de suite vers elle, brillant d'émotion.

-Marraine? Releva-t-elle.

-Je ne peux t'officialiser comme maman numéro deux. Comme marraine je peux. Sourit Jane. Et je sais que tu détestes que je le mentionne, mais Maura, je fais un métier à risque, on ne sait pas ce qui peut arriver. Et je ferais toujours attention pour toi et aussi pour elle maintenant. Mais si il devait m'arriver quoi que se soit je voudrais que Sophia se retrouve avec toi, il n'y a qu'en toi que j'ai confiance pour elle. Alors être sa marraine m'assurerait que tu n'aurais pas à te battre pour la garder. Et puis tu serais vraiment une merveilleuse marraine pour ma fille j'en suis sure. Expliqua-t-elle sans perdre son sourire.

-Oh Janie. Soupira la femme avant de regarder le bébé. Je vais être la meilleure des marraines, je te le promets. Ajouta-elle en se penchant pour embrasser plusieurs fois le petit visage. En sortant de l'hôpital dans quelques jours, vous viendrez directement à la maison, je m'occuperais demain d'apporter les affaires nécessaires et puis petit à petit on fera tout venir. Décida-t-elle.

-Tu viendras nous chercher pour nous ramener à la maison quand on sortira? Ou je demande à ma mère? Demanda Jane.

-Non, moi. Imposa la légiste en relevant le regard vers elle. Je ne t'ai même pas demandé, tu te sens bien?

-Oui, mais j'aurais aimé t'avoir avec moi en salle d'accouchement. J'essayais d'imaginer entre deux poussées quelle grande donnée scientifique tu me raconterais si tu m'avais tenu la main. Gloussa la brune.

-D'abord, crois moi j'ai tout essayé pour te rejoindre, même en forçant le passage, mais c'est mieux garder que je ne me pensais. Ensuite j'aurais aimé te soutenir pour elle. Continua Maura en baissant de nouveau le regard sur elle une seconde. Et pour finir, je n'aurais pas parlé sciences pendant ton accouchement, ni le lieu, ni le moment. Déjà que tu détestes ça quand on a le temps.

-Je ne déteste pas. Refusa Jane. Je ne comprends pas tout et des fois tu pars trop loin, mais je ne déteste pas. Si c'était le cas je n'accepterais pas de venir vivre chez toi. Remarqua-t-elle.

-Oui c'est vrai. Sourit doucement la blondinette avant de se pencher vers elle. Je te la redonne pour aller chercher ta famille. Fit-elle.

-Maur' attend. Demanda la brune en tenant sa fille.

-Qu'est ce qu'il y a? Questionna Maura.

-Peux tu appeler Frost et Korsak. Leur demander de venir. S'il te plaît. Réclama l'italienne.

-Je le fais de suite. Assura la légiste en pressant un baiser sur le front du nourrisson.

Elle quitta la chambre sans se douter du regard adorateur de son amie et dans le couloir elle appela leurs deux collègues pour les prévenir et leur dire de venir. Les deux savaient que Jane accouchait mais avait pour ordre de la concernée de rester au travail sur leur enquête tant que le bébé n'était pas né, pour ne pas perdre de temps. Alors quand ils apprirent la nouvelle ils assurèrent qu'ils arrivaient dans deux minutes, et Maura raccrocha pour aller trouver le reste de la famille dans la salle d'attente, qu'ils rencontrent le nouveau petit Rizzoli.

Jane sortit de l'hôpital avec Sophia trois jours plus tard, et bien sur Maura était là pour les ramener à la maison.

-Ma mère est là? Demanda l'italienne alors qu'elles se garaient dans la cour de la maison.

-Non, chez Cavanaugh, c'est juste nous trois ce soir. Sourit Maura en sortant de la voiture. Sauf si tu veux inviter des gens pour un verre ou diner, c'est possible bien sur. Rattrapa-t-elle en se rendant compte que si elle elle ne voulait voir personne d'autre ce n'était peut-être pas le cas de son amie.

-Non au contraire, je n'ai pas envie de voir des gens, juste toi et Sophia chez nous pour sa première nuit hors de l'hôpital. Sourit Jane en sortant sa fille du siège auto à l'arrière.

-C'est ce que je voulais aussi. Reconnu la légiste en prenant le sac d'affaires des deux dans le coffre. J'ai commandé ton plat adoré.

-Pizza? Comprit la brune en berçant la petite dans ses bras alors qu'elle suivait son amie vers l'intérieur.

-Ça te va? Demanda Maura avec un tendre sourire.

-J'en rêve depuis trois jours. Admit Jane avant de presser un baiser sur la tête de sa fille. Je crois que mademoiselle a besoin d'être changée. Remarqua-t-elle.

-D'accord, viens, je vais en profiter pour te montrer comme j'ai préparé sa chambre. Sourit Maura en allant vers l'étage.

Elle avait passé les trois derniers jours en congé, pour ainsi aller souvent à la maternité voir son amie tout en ayant le temps d'aménager la maison pour eux trois. Elle avait hâte de montrer le résultat à Jane, d'avoir son avis pour être sûre qu'elle se sente elle aussi chez elle. Elles montèrent rapidement et Maura ouvrit la première porte. Elle avait trois pièces à l'étage : sa chambre, celle d'amis qui était maintenant celle de Jane et la troisième qui avait toujours été son bureau -qu'elle utilisait si peu depuis qu'elle avait sa meilleure amie- et qui était maintenant remplie de couleurs, de jouets, peluches, vêtements et quelques meubles d'enfants dont un beau berceau en bois au centre de la pièce.

-Maur'. Souffla Jane n'en revenant pas. C'est si beau. Regarde Soph' ce que t'as préparé ta super marraine. Murmura-t-elle en redressant légèrement le bébé dans ses bras pour lui montrer la chambre.

-Ca vous plaît? Parce que si tu veux on peut tout changer ou juste quelques petites choses, tout comme vous voulez. Assura Maura un peu anxieuse, elle n'avait jamais fait ça.

-C'est parfait comme ça Maura. Assura la détective. Tu en as fais tellement pour nous. Ajouta-t-elle en posant l'enfant sur la table à langer. Tu ne devrais pas en faire autant tu dois avoir tellement mieux à faire.

-Rien n'est plus important que vous deux. Remarqua de suite la blonde.

-Mais et toi? Ton bureau? Où travailleras tu maintenant? Demanda l'italienne alors qu'elle s'attelait à changer la couche.

-Et bien pour le moment je n'ai pas choisi si je gardais mon bureau ou non. À vrai dire je ne l'utilisais jamais. Et si j'ai besoin de travailler la table en bas sera parfaite. Sourit la légiste en déballant les affaires de Sophia.

-Tu entends ça ma fille, ta marraine est comme un ange gardien. Souffla Jane en se penchant pour embrasser le bébé.

-Je veux que vous soyez heureuses. Et je suis plus que bien placée pour savoir que l'argent ne fait pas grand chose au bonheur d'un enfant mais couver ta fille de cadeau pourrait tout de même être un début. Argua rapidement Maura.

-D'accord, mais ne pense pas que tu dois le faire pour qu'elle t'aime ou moi et ne la gâte pas trop je ne veux pas qu'elle devienne une enfant pourrie gâtée. Réclama tendrement la brune en attachant de nouveau le body.

-Je ferais de mon mieux. Gloussa Maura en ajustant les peluches dans le lit d'enfant. Veux tu voir ta chambre maintenant? J'ai changé quelques petites choses pour que tu aies de l'espace pour mettre tes affaires.

-Je te suis. Sourit Jane qui n'en revenait pas de voir à quel point cette femme prenait soin d'elle.

-Tu sais où c'est, vas y mais donne moi la puce. Réclama la blondinette en tendant les mains vers le bébé.

Sophia fut transvasée dans les bras de sa marraine et Jane passa devant elle pour aller à sa chambre. Elles discutèrent de l'organisation de la chambre et de l'emménagement avant de redescendre pour leur première soirée à trois dans leur chez elles. Maura n'avait pas déménagé et pourtant elle avait déjà l'impression que tout était différent. Elle allait vivre avec Jane et Sophia chaque jour.

Le semaine suivante, Maura retourna au travail alors que Jane s'occupait de déménager ses affaires dans sa nouvelle maison. Elle apporta tout dans sa nouvelle chambre ainsi que quelques photos et éléments importants à ses yeux qu'elle mit dans le salon et que la légiste remarqua et adora. Elle rapporta aussi tout ce qu'elle avait elle même acheté pour sa fille et les ajouta aux achats de sa meilleure amie. Au moins son emménagement complet dans son nouveau chez elle, l'occupait dès que Sophia dormait, et comme elle était sa fille, elle dormait beaucoup. Et puis quand Maura rentrait le soir elle passait tout le temps éveillé de la petite à la chérir et la couvrir de baisers. Mais lors de la seconde semaine, Jane n'avait plus rien à faire pour s'occuper quand sa fille était à la sieste, elle aurait surement du dormir pour rattraper les réveils dans la nuit de sa fille, mais elle n'y arrivait pas, et Maura n'était pas là. Personne n'était là, ils étaient tous au travail, elle était la seule à être en congé, et il ne fallut pas deux jours de la deuxième semaine pour que déjà elle déteste ça. Alors un après midi, après avoir bercer longuement Sophia et l'avoir couchée, elle redescendit en pantalon de sport moulant et haut, mais au lieu d'aller devant la télé, elle se dirigea vers les pièces du nez de chaussé où elle n'allait jamais. La salle de yoga était là, elle le savait, mais elle vit que Maura avait fait ajouter son sac de boxe et eu un sourire plein de reconnaissances pour son amie qui pensait toujours bien à elle. Cependant, au lieu de se diriger vers lui, elle alla vers le ballon gonflable avec un grand diamètre que Maura utilisait pour se détendre et s'assit dessus. Elle fit de léger mouvement en fermant les yeux.

-Oh c'est génial. Soupira-t-elle.

Elle s'était tellement moqué de Maura et de son yoga, mais rien que de profondes respirations et quelques mouvement de bassin sur ce ballon et elle sentait les noeuds dans son dos se défaire. Son accouchement avait seulement douze jours, son corps s'en remettait encore tout doucement. Le ballon sous ses fesses roula un peu et elle décida d'attraper la télécommande pour lancer le fond sonore préféré de Maura et se laissa glisser, le dos sur le ballon, les pieds ancrés dans le sol, roulant doucement pour détendre son dos en respirant lentement. Elle ne l'avait jamais dit parce que le yoga l'ennuyait mais c'était arrivé plus d'une fois qu'elle en face surtout après une blessure, ou quoi que se soit ayant endoloris son corps.

Maura rentra chez elle plus tôt, elle avait fini l'autopsie et elle pouvait se le permettre au vu du nombre de jours où elle faisait des heures supplémentaires. Elle rentra sans faire de bruit, ne voulant pas réveiller Sophia qu'elle savait sûrement à la sieste. Elle fit le tour de l'étage après avoir vu que la cuisine et le salon était désert, mais ne trouva pas Jane. Elle resta quelques minutes à regarder la petite dormir et ajusta la peluche près d'elle avant de ressortir. Étonnée de ne pas trouver Jane, elle tenta la dernière partie de la maison et entra dans sa salle de yoga. Elle s'attendait à tout sauf à ça. Jane allongée sur son ballon, dans une posture de yoga dynamique.

-Détective Rizzoli vous faites du yoga maintenant? S'amusa la légiste, se faisant enfin remarquer de son amie.

-Maur', tu es déjà rentrée? Demanda la brune, surprise en redressant la tête, s'était trop bon pour son dos elle ne voulait pas arrêter.

-L'autopsie est terminée, on aura les résultats demain et ma famille m'attendait. Sourit Maura en s'approchant. Depuis quand fais tu du yoga sans que je ne t'y force?

-À chaque fois que j'ai mal quelque part. Tu avais raison, ça fait du bien. Reconnu Jane.

-Tu as mal quelque part? Pourquoi ne pas m'en parler? Interrogea rapidement la blondinette, inquiète.

-J'ai mal au dos. C'est normal, j'ai accouché il y a douze jours et on gère un nouveau né, c'est normal que mon corps me laisse encore des tensions douloureuses, le médecin me l'avait dit. Rappela Jane.

-Le ballon t'aide alors? Demanda Maura en se baissant, pour s'installer sur ses genoux, près de son amie toujours dans la même position.

-Oui, il fait des merveilles à mon dos. Sourit l'italienne, la tête balancée en arrière.

-Bien. Souffla la blondinette en la regardant. Tu aurais fini par me le dire un jour que tu faisais du yoga?

-Non. Gloussa Jane en étirant ses bras en arrière. J'ai encore quelques petits secrets, même pour toi. Provoqua-t-elle en posant les mains au sol suis sa tête.

Maura roula des yeux avant de voir que le haut de Jane avait remonté avec le mouvement et que son ventre était visible. Il était encore marqué par la grossesse, elle avait encore son ventre légèrement arrondi, mais le haut de son abdomen, juste sous les seins, n'avait presque pas changé et restait marqué par les abdos. La bouche de la légiste s'assécha d'autant plus quand le haut bougea de nouveau et que le bas de la poitrine de son amie se fit visible. Elle avait toujours été attirée par la beauté et la perfection de l'anatomie de Jane, mais le fait est que plus les années passaient, plus cette attirance couplée à la relation en évolution qu'elle avait avec la brune, les choses changeaient. Elle n'avait jamais été si proche de quelqu'un avant, et depuis la naissance de Sophia quelque chose l'avait frappée : elles étaient une famille, avec tout ce que ça impliquait. Le respect, l'envie d'être ensemble, le partage de tout et bien sûr les sentiments qui allaient avec. Maura avait réalisé quelques jours avant, en trinquant à l'emménagement terminé, qu'au cours des dernières années d'amitié elle était tombée amoureuse de Jane.

-J'ai aussi des secrets. Souffla Maura, avant de déglutir durement, elle ne savait pas si elle disait ça juste pour ne pas se démonter devant l'italienne ou si simplement elle avait besoin de le reconnaitre.

Mais la réaction de la détective lui provoqua un plaisir imprévu. Jane s'agita un peu, cherchant à se redresser malgré le ballon, et finit par tomber sur les fesses devant la blondinette pour la regarder.

-Tu me fais des secrets? Demanda vivement la brune, l'air hébétée par cette idée, n'en revenant pas.

-Toi aussi, non? Remarqua doucement la légiste.

-Oui mais toi non normalement. Argua Jane.

-Qui a décidé ça? Rétorqua Maura, un sourcil arqué, amusé.

-Maur'. Soupira l'italienne. Qu'est ce que tu me caches?

La légiste sourit doucement et tendit la main pour caresser la joue de son amie tout en se redressant sur ses pieds, accroupie devant elle.

-Je t'aime. Souffla-t-elle en se redressant pour aller vers la porte.

-Moi aussi. Marmonna Jane, les joues écarlates toujours assise au sol. Mais ce n'est pas un secret ça Maur'! Cria-t-elle alors que la concernée était loin dans le couloir.

Maura sourit en arrivant dans la cuisine. Ce n'était pas un secret, elle l'avait toujours aimée, mais c'était un secret parce que ça façon de l'aimer avait changé.

Le jour des un mois de Sophia, la blonde se réveilla comme toujours la première et s'activa en cuisine pour lui faire un bon petit déjeuner. Elle savait que la petite boirait son lait et rien d'autres donc les pancakes maison étaient pour elle et Jane, mais elle voulait faire un beau petit déjeuner. Le café finissait de couler quand le petit babyphone posé devant elle émit un bruit elle l'attrapa avec un sourire et le glissa dans sa poche en laissant tout pour remonter. Elle se glissa dans la chambre d'enfant et se pencha au dessus du berceau.

-Bonjour jolie princesse. Sourit-elle à l'enfant qui gesticula vers elle. Tu as un mois ma Sophia. Murmura-t-elle en la prenant dans ses bras pour la ramener contre son torse.

-Blll. Fit l'enfant en s'accrochant au cheveux de sa marraine.

-Tu as des choses très profondes à me dire ce matin dis donc. Gloussa Maura en lui faisant enfiler son sur pyjama pour ensuite sortir de la chambre avec elle dans ses bras.

Elles redescendirent à la cuisine et Maura dressa la table alors qu'elle sortait le biberon de la fillette dans ses bras. Elle plaça la pile de pancakes dans le four pour les garder au chaud et le café patienta pour le réveil de Jane qui ne savait pas démarrer sans, ça avait été d'ailleurs une dure et longue bataille pendant sa grossesse.

-Maura! Hurla la voix grave depuis l'étage faisant sursauter la légiste, qui par réflexe serra la petite contre elle, comme pour la protéger. Maura! Maura! Continua la détective en arrivant paniquée en bas.

-Qu'est ce qu'il y a? Demanda la légiste inquiète.

Jane arriva à cet instant en bas et vit sa fille au creux des bras de sa meilleure amie et soupira comme si toute l'angoisse disparaissait d'elle.

-J'ai cru que Sophia nous avait été enlevée. Elle n'était pas dans son lit. Marmonna Jane en s'approchant pour passer un bras autour de son amie l'autre de sa fille. Je me suis imaginé le pire de suite.

-J'ai juste entendu qu'elle était réveillée alors je suis allée la chercher. Je ne voulais pas te faire peur. Elle va bien. Rassura la blondinette en laissant son corps se fondre dans les bras de la femme.

-J'ai eu si peur. Souffla Jane.

-Elle est en sécurité, c'est promis. Assura Maura pressée contre elle, le front posé contre le cou de sa meilleure amie.

-Avec toi, toujours. Murmura l'italienne avant de presser un baiser dans les cheveux de sa fille, puis de caresser sa tête du bout de son nez. Piccola mia, tu sei tutto ciò che è bello. Siete cari e al sicuro con noi. Ti amo. (Ma petite fille, tu es tout ce qu'il y a de plus beau. Tu es chérie et en sécurité avec nous. Je t'aime.)

Les mots murmurés atteignirent les oreilles de la légiste dans une caresse pour son coeur. Elle savait que Jane parlait italien, elle le savait mais ne l'avait jamais entendu. La détective n'utilisait l'italien que pour les injures ou les mots d'amours, mais le premier était un simple mots marmonner la plupart du temps et le second si rare que Maura ne l'avait jamais entendu. Enfin jusqu'à ce matin. Son coeur s'emballa alors que sa température corporelle augmentait. Jane parlant italien c'était sexy, et Jane murmurant des mots d'amour en italien à sa fille c'était magnifique. Tant de sentiments qui étaient compliqués à combiner en elle sans montrer aucune réaction. Trop complexe pour son coeur. Alors elle releva la tête et fit face à son amie.

-Tu parles si bien italien. Souffla Maura. Je ne savais pas.

-Tu m'as déjà entendu parlé italien. Remarqua la brune en caressant la tête de sa fille qui avait déjà des petits cheveux noirs.

-Juste des mots vulgaires quand tu es en colère. Rappela la blondinette sans la lâcher du regard. Mais là c'était juste doux, poétique, aimant. C'était beau Jane.

-Tu as compris ce que j'ai dis? Demanda la détective surprise.

-Je comprends l'italien, j'ai longuement étudié le latin, et je connais plusieurs langues romanes, telle que l'espagnol ou le français que je parle très couramment. Donc je ne parle pas l'italien mais il est facile de le comprendre pour moi. Expliqua Maura.

-Tu es si intelligente. Souffla Jane.

-Il est simple d'apprendre des langues quand on est enfant. Ma mère, Constance, me parlait français souvent. Remarqua la légiste avant de regarder l'enfant dans ses bras.

-Je veux qu'elle connaisse l'italien, c'est ses racines après tout. Reconnu Jane.

-Alors parle lui souvent italien. Sourit Maura avant de regarder les yeux sombres de son amie. Et apprends moi aussi, comme ça on pourra échanger souvent en italien toutes les trois. Maintenant que je sais que tu peux dire autre chose que des insultes, je veux apprendre.

-Je ne suis pas la meilleure, tu apprendrais surement mieux avec des cours Maur'. Souffla l'italienne, intimidée.

-Mais je veux apprendre avec toi, je veux parler ton italien, car c'est avec toi que je parlerais italien. Réclama la légiste avant d'embrasser la joue du bébé. Et avec Sophia.

-D'accord. Je vous apprendrais. Pour une fois que ce n'est pas toi qui m'enseigne tout. Gloussa Jane en les serrant. Sinon, ça sent le café et les pancakes, non?

-Pancakes au four. Petit déjeuner pour ces un mois. Sourit Maura.

-Maur'. Soupira Jane avec un sourire. C'est adorable, tu es géniale. Ajouta-t-elle avant d'embrasser la joue de sa fille. Hai la migliore madrina del mondo, mia figlia. (Tu as la meilleure des marraines du monde, ma fille.)

Et la légiste se mit à sourire grandement avant de s'asseoir pour nourrir l'enfant alors que Jane finissait de tout sortir pour elles deux.

Posant ses instruments d'autopsie, Maura leva le nez vers l'horloge au mur. Il était enfin l'heure du déjeuner, elle avait longuement attendu ce moment. Depuis treize semaines, elle n'avait personne pour manger le midi, enfin elle avait Frankie, Nina, Korsak, Frost et Angela, voir Kent ou Susie même. Mais elle n'avait pas eu Jane pendant trop longtemps. Mais aujourd'hui Jane était enfin de retour, son congé maternité étant fini, elle avait reprit aujourd'hui même et elles étaient parties de chez elles le matin ensemble, en arrivant au commissariat elles avaient décidé de se retrouver pour le déjeuner. Et comme Maura avait accepté qu'elle était complètement amoureuse de sa meilleure amie, elle n'aurait pas dû être surprise par le fait qu'elle était incapable d'attendre de la voir, et que par conséquent elle était agitée. Alors elle retira rapidement ses gants et sa blouse, attrapa son sac pour monter au bureau de son amie. Elle entra dans l'open space de l'équipe et vit le bureau vide de la détective.

-Sergent Korsak, avez vous vu Jane? Demanda-t-elle à l'homme qui était penché sur ses papiers.

-Elle est partie se changer pour votre déjeuner. Nous étions en intervention ce matin et on est rentrés plein de terre. Informa Vince.

-Merci. Fit Maura en tournant des talons pour se rendre rapidement vers les vestiaires pour femme. Elle frappa et entra. Jane, tu es là? Demanda-t-elle.

-Ouais. Entendit-elle venant du fond.

La légiste entra, la porte se refermant derrière elle et elle avança dans la pièce pensant trouver la brune finissant de s'habiller, mais au lieu de ça elle la trouva assise voutée sur le banc entre les casiers les yeux tombés sur son téléphone. Elle s'approcha et vit alors l'écran affichant une photo de Sophia.

-Janie, tout va bien? Demanda-t-elle l'air de rien.

-Ouais, ouais, la reprise est bien. Juste moins de souffle quand je poursuis des suspects. Marmonna-t-elle sans bouger.

Maura esquissa un sourire et prit place sur le banc près d'elle. Doucement elle glissa sa main sur le dos de son amie et posa son menton sur son épaule.

-Elle est si belle quand elle rit. Souffla Maura.

-Oui. Mais elle est encore plus belle quand elle est dans tes bras. Elle t'aime tant. Murmura Jane en laissant instinctivement sa tête retomber contre le sienne.

-Je l'aime aussi tu sais. Assura la blondinette en laissant un léger silence. Elle savait exactement pourquoi la détective était morose et elle savait que la forcer à le dire ne servait à rien, il fallait l'y amener en douceur. Le premier jour que j'ai eu au travail loin de vous deux était horrible. Je t'appelais et t'envoyais des messages en continue, je ne pensais qu'à rentrer vous retrouvez.

-Je me souviens. Sourit Jane avant d'éteindre son téléphone et de pivoter légèrement pour qu'elles se regardent dans les yeux. J'adore mon travail, tu le sais. Mais aujourd'hui j'ai juste envie de courir à la maison et de rester avec Soph'.

-Je sais Janie. Mais tu ne peux pas faire ça pour plein de raisons et tu le sais. Et Sophia nous attendra ce soir. Tout va bien Jane. Rassura la légiste.

-Je sais que tout va bien, tu as tout fait pour, tu as choisi la nourrice parfaite. Mais elle me manque. Marmonna la brune la voix tremblante.

-Je savais que se serait dur pour toi, je ne pensais pas que tu l'assumerais aussi facilement. Sourit Maura.

-Je peux encore te surprendre donc. Gloussa un peu nerveusement Jane.

-Tu peux oui. Je ne sais pas si j'aime ça. Sourit la légiste.

-Je t'avais dis que j'avais des secrets. S'amusa doucement la brune. Mais tu ne dis à personne que j'étais en retard à notre déjeuner parce que j'avais besoin de regarder des photos de ma fille. Reprit-elle sérieusement.

-D'accord, mais arrête de me faire des secrets. Sourit Maura.

-Ce n'est pas ma faute si tu ne connais pas tout de moi. Gloussa Jane en fermant son casier et prenant sa veste pour aller vers la porte avec son amie. Moi je sais tout de toi. Termina-t-elle en lui ouvrant la porte, la laissant passer devant avec un sourire arrogant.

Maura ne dit pas un mot, mais ne pu s'empêcher de penser à quel point c'était faux. La chose était que lui dire qu'elle avait des secrets c'était prendre le risque de réveiller le détective en elle et de se retrouver écrasée par une myriade de questions qui finirait par la faire craquer. Et elle savait qu'il n'était pas encore temps de dire à Jane à quel point elle était amoureuse d'elle.

Maura se pencha sur la petite de quatre mois allongée sur le dos sur la table allongée dans sa nouvelle couche et fit un bisou sur son ventre la faisant rire comme elle adorait. Puis elle attrapa le body qu'elle avait choisi pour ce samedi en famille et essaya de lui mettre, mais réalisa qu'il était trop petit. Ces derniers temps elle avait remarqué que Sophia grandissait vite mais quand elle posa le body sur la pile des vêtements trop petits elle réalisa qu'il fallait remédier à ce souci.

-Le mie donne preferite. Intervint Jane, en entrant dans la chambre, ajustant sa chemise. (Mes femmes préférées.)

Depuis plusieurs semaines, depuis ces quelques mots en italien qui avaient chamboulé la blondinette, Jane parlait plus librement italien, seulement pour Maura et Sophia.

-Tu tombes bien. Remarqua Maura. Nous devons aller faire du shopping. Argua-t-elle, une main sur l'enfant, l'autre fouillant pour une nouvelle tenue.

-Il y a tout ton dressing pour dire le contraire. Surtout toutes les tenues qui attendent que tu les portes pour la première fois. Certaines depuis des années. Se moqua Jane en s'approchant d'elles.

-Du shopping pour elle. Précisa la légiste en montrant l'enfant à qui elle mettait un petit pantalon et un pull.

-Oh. Comprit la brune avant de regarder la pile des vêtements à donner. Elle rentre dans plus grand chose hein?

-Non, plus grand chose. Elle grandit. Constata Maura.

-Puoi crescere, sarai sempre il mia bambina. Marmonna la détective en se penchant pour embrasser le front de sa fille. (Tu peux grandir tu seras toujours mon bébé.)

-Un bébé un peu plus grand. Sourit la légiste. Alors shopping? Interrogea-t-elle.

-Oui, je fais son sac, je te laisse finir de la préparer. Argua Jane en embrassant de nouveau Sophia avant de venir presser un baiser volant sur la joue de son amie dont le coeur s'envola au geste pourtant devenu fréquent.

Elles quittèrent ensemble la maison vingt minutes après, prenant la voiture. Sur la route, elles discutèrent de ce qu'elles pourraient faire du reste de la journée, et une fois sur place, Jane sortit la poussette. Maura la regarda faire en sortant Sophia de la voiture et la posa dans le berceau sur roue avant de prendre son sac et de rentrer dans le magasin avec sa meilleure amie. Cette dernière poussait sa fille avec un sourire alors qu'elles passaient dans les rayons.

-Elle serait belle dans cette combinaison. Remarqua Jane en attrapant le vêtement. En plus ça irait si bien avec les petites chaussures que tu lui as acheté.

-C'est vrai. Souffla Maura, surprise par la réflexion.

-Soph', tu aimes? Demanda la brune en lui montrant la tenue.

L'enfant la regarda avant de tendre ses petites mains potelées pour essayer d'attraper le vêtement. Maura gloussa doucement.

-Je crois qu'elle approuve. Souffla la légiste amusée.

-Alors suivant! S'emballa Jane en reprenant la recherche de vêtements.

Maura suivit mais la laissa faire. Elle avait été étonnée par la remarque de l'italienne sur l'accord du vêtements avec les chaussures à la maison, elle voulait voir si c'était un cas unique de chance ou si la femme qu'elle connaissait depuis des années et pensait sans goût avait en fait un certain sens de la mode. Elle avait toujours été effarée par l'absence d'intérêt de Jane pour ses tenues et ses vêtements, et l'italienne lui avait toujours dit que c'était une perte de temps à ses yeux. Et pourtant Maura la vit choisir toutes les tenues en lui demandant son avis et en lui disant pourquoi cet habit là était bien et avec quoi il irait. La légiste n'en revenait pas, Jane savait beaucoup de choses et prenait garde à choisir des vêtements qui iraient à sa fille, s'accorderait à son petit corps, la couleur de ses yeux, cheveux, de ces autres vêtements. Elle pensait aux saisons, aux couleurs les plus adaptées. Maura était bluffée et portait quelques tenues dans ses bras quand elle vit son amie regarder une tenue élégante pour les un an de l'enfant.

-Elle serait belle dans cette combinaison pantalon et on pourrait mettre le jupon que tu lui as offert. Ça lui ferait une belle tenue pour ses un an. Avec ses débuts de bouclettes brunes qui vont bien pousser se serait contrastant et parfait. Remarqua la détective.

-Certainement. Mais c'est dans un moment encore. Rappela Maura, toujours surprise par toute cette situation.

-C'est vrai. Reconnu Jane en se penchant sur la pile du vêtements pour regarder les différentes tailles. Pour ces six mois alors? Proposa-t-elle en la montrant en plus petit.

-Oui, ses minis bouclettes brunes contrasteront quand même. Sourit la légiste en la prenant dans ses mains, regardant sa meilleure amie hocher rapidement la tête. Jane, depuis quand tu sais autant de chose sur la mode et les vêtements.

-Ma meilleure amie est à la pointe de la mode en permanence. Rappela l'italienne en lui adressant un grand sourire. Et puis tu m'as souvent parlé vêtement, mode, accord entre les couleurs et tout, alors j'ai retenu.

-Je ne pensais pas que tu l'avais fait. Admit Maura.

-Je t'écoute toujours Maur', même quand je ne comprends pas tout ce que tu dis. Remarqua Jane.

-Pourquoi si tu sais toutes ces choses sur la mode et les vêtements, tu ne les appliques pas à toi? À ta fille oui, mais pas à toi. Interrogea la légiste.

-Parce que je m'en fiche. Moi je cherche le confort, j'ai besoin d'être à l'aise pour poursuivre les suspect ou ce genre de chose. Rappela l'italienne. Mais elle, elle doit au moins porter des vêtements accorder en forme et couleurs. C'est aussi ta fille, je te l'ai dis à sa naissance, elle est un mélange de nous. Donc pas aussi parfaite que toi dans ses tenues, mais bien plus que moi par contre. Sourit-elle.

-Janie. Murmura la blondinette, émue en venant vers son amie.

-Je veux que les gens sachent que c'est ta fille aussi au premier coup d'oeil. Argua la détective en passant un bras protecteur autour de la plus petite femme.

Maura se fondit contre elle, le visage contre son torse, ses bras autour de ses hanches, la serrant. Elle était encore plus amoureuse de Jane maintenant. Il était peut-être temps de lui dire. Bientôt.

Il était deux heures du matin, Maura était dans ses draps, endormie quand elle fut tirée de son sommeil par des bruits venant du couloir. Elle eu à peine le temps d'ouvrir les yeux qu'elle vit Jane entrer dans la chambre avec sa fille de six mois dans les bras, pleurant.

-Maura, Maura, Maura. Appela l'italienne, paniquée.

La légiste alluma sa lampe de chevet et s'assit dans les draps.

-Que se passe-t-il avec Sophia? Demanda-t-elle.

-Elle a une dent qui est en train de sortir. Répondit Jane en marchant dans la chambre avec le bébé pleurant dans ses bras. C'est sa première et elle a si mal. Je ne sais pas quoi faire, je suis perdue. Admit-elle.

-Donne la moi. Réclama Maura. L'italienne n'hésita pas et elle la tint contre elle. J'avais prévu que cela arriverait bientôt, alors au congélateur il y a un petit jouet rouge qui apaisera. Va le chercher s'il te plaît.

La femme partit presque en courant au rez de chaussé, alors que Maura se mit à bercer l'enfant dans ses bras. Quand son amie lui apporta le jouet elle le prit et le glissa sur les petites lèvres du bébé qui ne tarda pas à se mettre à le sucer et le mastiquer. Après un moment la petite cessa de pleurer.

-Ça marche. Murmura Jane en s'asseyant face à elles. Comment savais tu?

-Je me suis renseignée. Je savais que ça arriverait. Sourit Maura en regardant l'enfant. Va chercher son berceau et dormons toutes ici, elle risque d'avoir mal plusieurs fois. Proposa-t-elle en voyant les yeux de bébé papillonner de sommeil.

L'italienne ne perdit pas un instant et ramena le berceau avec la couverture et les peluches de sa fille pour les mettre près du grand lit. Quand se fut fait, elle réalisa que Sophia dormait.

-Mia bambina. Murmura-t-elle en se penchant pour embrasser son épaule.

Elles couchèrent l'enfant et Maura remarqua à quel point son amie était tendue devant le berceau. Elle prit sa main et la tira dans son lit, la faisant tomber dans les draps, allongées, elle la tira contre elle. Jane posa sa tête sur son torse, son front coller au cou de la blondinette, un bras autour de son abdomen. La légiste caressa les longues boucles brunes et le bras de son amie, essayant de l'apaiser.

-Tout va bien, Janie. Murmura la femme en embrassant la tête brune. Elle la berça doucement. Plusieurs dents sortiront, plus ou moins douloureuses, mais tout ira bien, on sera là.

-Tu seras toujours là? S'assura la détective.

-Toujours. Tant que vous voudrez de moi. Promit Maura en caressant son dos.

-J'ai tellement besoin de toi Maur'. Pas que pour Sophia mais un peu quand même. Elle pleurait si fort et je ne savais pas quoi faire, j'ai eu tellement peur, je ne sais pas ce que j'aurais fait sans toi. Marmonna-t-elle.

-Je serais toujours là Janie, promis. Je ne peux pas vivre sans vous. Souffla la légiste. Je vous aime tant, vous représentez tout pour moi.

-Maur'. Soupira la détective en relevant sa tête dans les oreillers pour la regarder.

-Je t'aime Jane. Murmura la blondinette, espérant que ça sonnerait comme elle le voulait.

Deux mois qu'elle était décidée à tout dire, à lui avouer comme elle l'aimait. Deux mois qu'elle cherchait le bon moment, et là elles étaient trop proches, trop enlacées, tellement émues et les corps émotionnellement chargés pour que Maura ne saisisse par l'opportunité.

-Je t'aime aussi Maur'. Marmonna l'italienne, gênée.

Et la légiste ne savait pas si elle avait vraiment comprit le sens de sa déclaration. Alors elle vit qu'une solution, elle caressa la joue de sa meilleure amie avant de se pencher doucement pour presser ses lèvres tendrement contre les siennes. Un baiser doux et assez révélateur sans non plus inonder Jane de sentiment. Mais quand Maura sentit la brune lui rendre le baiser elle ne pu résister à l'envie de la serrer contre elle plus fort. Quand l'air leur manqua, elles séparèrent leurs lèvres, mais gardèrent la proximité de leurs corps emmêlés. Il y eut l'esquisse d'un sourire et Jane revint glisser son visage dans le cou de la femme pour s'endormir. Maura la laissa faire et se remit à caresser sa tête, souriant dans la pénombre. Elle avait Jane.

Quand dimanche arriva, le diner en famille aussi et Maura revint d'une urgence à la morgue pour trouver sa maison remplie par les Rizzoli : Angela, Frankie et Nina en cuisine, Tommy dans le salon avec Frost et Sean avec Korsak discutant autour d'un verre. D'accord, c'était les Rizzoli étendus, mais que des gens qu'elle aimait aussi. Elle posa son sac sur la commode derrière le canapé après avoir salué tout le monde elle scruta un peu plus la pièce.

-Où sont Sophia et Jane? Demanda-t-elle.

-La couche était pleine. Informa Nina dans un petit rire.

Maura tourna les talons, prête à monter les retrouver, elle était partie avant leur réveil et avait besoin de les voir. Depuis quelques jours, elle et Jane avaient évolué, elles échangeaient des baisers, et la nuit dernière, après avoir couché Sophia, il y avait eu des baisers à ne plus en pouvoir et puis beaucoup de sexe dans le lit de Maura. Alors elle voulait rapidement les retrouver. Mais elle avait à peine fait un pas que Jane arrivait avec sa fille dans les bras.

-Maur', tu es là enfin. Soupira la brune, soulagée en allant vers elle. Tu es partie si tôt ce matin, on ne t'a même pas vue. Ajouta-t-elle avant de venir presser un baiser sur les lèvres de la légiste.

-Vous m'avez tant manqué aussi. Sourit Maura avant de lui voler un autre baiser. Puis elle se tourna vers l'enfant et caressa sa joue. Mia cara, mi sei mancato molto. (Ma chérie, tu m'as manqué beaucoup beaucoup.)

Jane la laissa prendre sa fille sous les yeux surpris des autres.

-Tu parles italien Maura? Demanda Tommy.

-Et très bien en plus. Ajouta Angela.

-Je connaissais un peu avant, mais Jane m'a encore plus appris. Sourit la blondinette en faisant rebondir doucement l'enfant sur sa hanche.

-Et c'est la seule chose qui vous surprend? Demanda Jane, n'en revenant pas.

-Autre chose aurait dû? Questionna Frankie.

Sa soeur le fixa puis les autres qui avaient apparemment le même avis et elle regarda de nouveau son bébé et sa meilleure amie -et bien plus maintenant.

-Non, pas du tout. Répondit-elle avant d'embrasser de nouveau Maura qui souriait.

Elles deux ce n'était pas surprenant, c'était normal, logique, c'était leur famille, elles deux, Sophia, et personne d'autre.