35 : Nos baisers.
Baiser, nom masculin : action de poser les lèvres sur.
Baiser, verbe transitif : donner un baiser, un bisou, poser les lèvres sur (syn : embrasser)
BAISER IVRE
La musique battait son plein dans le bar le Dirty Robber, même si il était deux heures du matin bien passé. Mais personne ne dirait rien vu que l'endroit était rempli de policiers. Et tout ceux là avaient une raison des plus importantes pour faire la fête aussi tard et bruyamment : leur médecin légiste en chef adoré, Maura Isles, fêtait ses quarante ans. Et à cette heure, elle dansait, un énième verre à la main au milieu du bar où les tables avaient été poussées pour faire de la place pour danser. Près d'elle Nina Holiday avec un léger coup dans le nez se déhanchait en étant bien conscience que Frankie Rizzoli la dévorait du regard une bière à la main depuis son siège. Ils ne sortaient pas ensemble, mais Nina savait que ça ne saurait tardé, alors elle en profitait pour l'aguicher un peu plus. Maura se serait surement amusée de voir ça, mais elle avait un peu trop bu et donc son attention était seulement posée sur Jane Rizzoli dansant avec elle, toi aussi ivre qu'elle. La semaine avait été longue, l'enquête difficile, et ce soir était une occasion de tout relâcher. Et Jane ne dansait jamais, vraiment jamais, la légiste avait essayé plus d'une fois, quand elle la tirait avec elle, elle réussissait à lui faire faire deux pas de danse avant qu'elle ne fuit rapidement. Mais ce soir elles avaient bu assez de verre pour aimer danser ensemble, pour que Jane ne soit ni tirer de force, pour qu'elle soit volontaire et qu'elle ne fuit pas. Et Maura en profitait pleinement. Elle vida son verre -elle aurait bien donné un numéro à celui ci mais elle avait perdu le compte depuis un moment déjà- et le posa sur le côté avant de revenir vers Jane. Elle attrapa une de ses mains et l'italienne lui fit face avec un grand sourire, les yeux aussi voilés par l'alcool que les siens.
-Mau'. Fit la brune avec un sourire, posant instinctivement sa seconde main sur la taille de son amie. Tu aimes ton anniversaire?
-Merci de l'avoir organisé. Sourit Maura en ajustant son rythme au sien.
-Au début je voulais juste un diner toutes les deux ou en famille. Affirma Jane en souriant vaseusement. Mais après je me suis dis que ça devrait se célébrer quarante ans, et qu'on devait boire à toi. Sourit-elle.
-Tu as beaucoup bu donc? Gloussa bêtement la blondinette.
-Pas plus que toi c'est certain. Rit la brune.
-Mais pas moins non plus. S'amusa la légiste.
-Ouais, non, pas moins non plus. Reconnu Jane avec un grand sourire.
Il y eut quelques pas de danse laborieux et ivres ensemble de plus avant que finalement Maura ne s'affaisse un peu dans ses bras.
-J'ai besoin d'un peu d'air. Marmonna-t-elle.
-Viens. Encouragea la brune en enroulant son bras autour des épaules de la femme pour qu'elles s'éloignent ensemble.
Elles titubèrent difficilement et sortirent devant le bar, s'adossant sur le côté, trouvant un peu de calme et de solitude.
-Demain on fêtera mon anniversaire, ensemble. Marmonna Maura en regardant la rue, la tête tombée sur l'épaule de Jane.
-C'est ce qu'on fait là. Remarqua la brune, surprise par sa remarque.
-Oui. Mais je veux dire ju...juste nous deux. Bredouilla-t-elle en se redressant. J'aime quand c'est juste nous deux Jane.
L'italienne perdit presque l'équilibre n'étant plus appuyer contre la femme qui lui faisait face. Mais elle s'adapta et écarta légèrement les pieds pour être bien en appui et se stabiliser contre le mur alors que Maura en profitait pour se tenir debout entre ses jambes, les mains se posant sur les épaules fortes de la détective. Celle ci releva les yeux sur elle et la détailla dans la lumière de nuit avant de se mettre à sourire un peu.
-Es tu sure d'avoir quarante ans? Pour moi c'est beaucoup moins. Beaucoup beaucoup moins. Marmonna-t-elle.
-Détective vous avez beaucoup trop bu, vous devenez douce. Gloussa Maura en se penchant vers elle sans même s'en rendre compte.
-Docteur, c'est votre faute, vous déteignez sur moi. Se moqua Jane.
-Faux. Souffla la blondinette.
Leurs yeux se perdirent dans ceux de l'autre, les têtes tournaient, elles n'étaient pas immobiles mais elles étaient en symbiose. L'alcool les enveloppait dans une bulle les coupant du réel et leurs visages se rapprochèrent dangereusement jusqu'à ce que leurs lèvres s'effleurèrent. Et Maura osa plus, elle appuya plus sa bouche contre celle de sa meilleure amie qui lui rendit. Le baiser dura un moment, puis elles se séparèrent et partagèrent un rire alcoolisé avant de retourner à l'intérieur.
BAISER DE COLÈRE
Jane claqua la porte de la maison Isles en entrant. Elle y passait la plupart de ses soirées, était habituée à venir après le travail et la propriétaire des lieux n'était jamais étonnée de la voir, elle était plutôt ravie même la plupart du temps. Et ce soir ne fut pas différent. Elle afficha un doux sourire alors qu'elle faisait cuir le dîner qui serait assez conséquent pour deux. Mais quand la détective arriva au comptoir, Maura remarqua son regard dur, le froncement de ses sourcils, ses narines écartées, ses mâchoires serrées et comprit que son amie était en colère.
-Dure journée? Demanda-t-elle.
Elle avait prit un rapide café ensemble à midi, après le déjeuner -enfin si Jane avait mangé rien n'était sûr- mais sinon elles ne s'étaient pas vu de la journée. Ça arrivait rarement mais ça arrivait quand même qu'elles n'aient pas besoin de se voir pour l'enquête, une autopsie, n'importe quelle information. Et cette journée avait été ainsi, Maura n'avait pas eu d'excuse pour monter la voir et Jane aucune raison de descendre à la morgue, donc elles n'avaient pas pu échanger à propos de leurs journées respectives.
-Tu n'imagines pas! Et où tu étais?! S'exclama Jane, la voix dure.
Mais Maura la connaissait, l'italienne était en colère mais pas contre elle, contre tout le reste sûrement mais jamais contre elle. Donc même si elle avait un ton dur elle n'était pas agressive envers elle. Par contre si Angela entrait se serait une autre histoire.
-À la morgue. J'ai fais trois autopsies et travaillé sur différents tests à faire. Informa calmement la blondinette. Tu veux me raconter ou juste boire une bière en silence? Demanda-t-elle en décapsulant une bière pour elle.
-Ils m'ont rendue dingue Mau'. Mais tous, chacun leur tour, c'était l'horreur. Gronda Jane en tombant sur un tabouret. Merci. Marmonna-t-elle en prenant la bière.
-Jane, je sais que des fois les enquêtes peuvent te peser, mais ne les laisse pas t'affecter autant. Proposa Maura en laissant le repas mijoter.
-On a interrogé quatre suspects, et ils m'ont tous rendue folle. Que des hommes machos et sexistes au possible Maura. Je les déteste. Gronda durement l'italienne.
-Pourquoi n'es tu pas descendue me voir pour faire une pause? S'intéressa la légiste.
Des enquêtes compliquées, des suspects prétentieux et insupportables, des témoins effondrés, c'était leur quotidien, et particulièrement celui de Jane, alors bien sur à chaque fois que c'était trop l'italienne descendait à la morgue voir sa meilleure amie. Cette dernière lui avait dit il y a des années qu'elle pourrait toujours se réfugier en bas.
-J'ai voulu, mais pour descendre te voir je suis passé par la cafétéria, je voulais te prendre un thé et un café pour moi et donc je suis tombée sur ma mère. Marmonna Jane.
-Oh. Souffla Maura, comprenant la seconde cause de colère de son amie.
Angela était une femme aimante et présente, adorable et prête à tout pour ses enfants, mais des fois elle était trop. Maura l'avait vue se faire envahissante, insistante et surtout elle et Jane n'avaient pas les mêmes idées pour l'avenir de la brune. Donc forcément les tensions entre les deux femmes Rizzoli pouvaient naitre facilement.
-Elle aurait pu ne rien dire, mais non, elle a trouvé intéressant de me harceler sur ma vie amoureuse, encore. Gronda Jane.
-On ne la changera pas. Murmura Maura.
-C'est sûr, mais je n'en peux plus de l'entendre me dire « Quand est ce que tu vas te marier? Faire des enfants? ». Je vais craquer Mau'. S'agaça la brune.
-Et c'est pour ça que tu n'es pas descendu me voir? Continua la légiste.
-Non, j'ai fui ma mère et j'attendais l'ascenseur quand mon frère est arrivé avec Martinez et... Jane soupira, serrant ses mâchoires pour canaliser sa colère. Je déteste ce mec! Cria-t-elle finalement.
-Je sais. Souffla la blondinette. Mais lui t'aime bien.
-Je m'en fiche, je ne peux pas le voir. Gronda la brune.
-Tu disais ça aussi de Dean et Grant. Murmura Maura.
Martinez était de retour à la BDP depuis quelques mois et clairement intéressé par Jane depuis, et la légiste redoutait le moment où la colère de la détective deviendrait du désir et -ou- des sentiments, comme elle l'avait fait avec certains de ses anciens amants policiers.
-Martinez est un coureur, il fait ça juste pour m'énerver. Marmonna Jane.
La légiste laissa un nouveau silence, elle détestait cacher des choses à son amie, mais elle ne voulait pas non plus la mettre plus en colère. Elle garda le silence une minute et fini par craquer, elle devait lui dire.
-Il m'a invité à diner. Souffla-t-elle.
Les yeux noirs de Jane se relevèrent brusquement sur elle. Maura décelait de la colère dans ses yeux, et ce depuis son arrivée, mais là il y avait aussi de la jalousie et un sentiment qui effrayait un peu la blonde, comme une envie de vengeance. Elle s'attendait à tout genre de réaction, mais pas à ce qui suivit. Jane tendit la main et attrapa la hanche de Maura pour la ramener vers elle, la faisant trébucher et la femme se tint à ses épaules pour ne pas chuter. Elle n'eut pas le temps de poser de questions qu'elle sentait les lèvres fines de l'italienne capturer les siennes dans un baiser possessif. Jane marquait son territoire. Et la blondinette se laissa faire, surprise, mais en profitant un peu, même si elle savait que se serait oublié dans peu de temps.
-J'ai dis non. Confia-t-elle.
Et elle pu sentir la détective fondre, comme si toute sa colère s'évaporait.
BAISER DE COUVERTURE
-Tu es sûr que ça va aller? Demanda Jane en ajustant le micro de Maura sur le haut de sa robe, dissimulé par la veste blazer par dessus.
-Janie, tu seras avec moi, tout va bien. Assura la légiste en la laissant faire. Et puis pour infiltrer une soirée lesbienne, avec qui voulais tu y aller? Je ne suis pas sure que Frankie ou Frost aurait dit oui pour se déguiser en femme. S'amusa-t-elle.
-Oui, j'avais trop besoin de toi. Rit la brune. Prête?
La légiste acquiesça et la brune arrangea son micro, les testa avec l'oreillette, Frost et Korsak lui assurant qu'ils recevaient bien, et que la mission commençait. Le duo s'approcha du club où la soirée qu'elles voulaient infiltrer avait lieu, elles avaient comme objectif de repérer leur assassin. Leur victime était une femme appartenant à une association lesbienne, et il était fort possible que l'assassin en fasse partie aussi. Donc pour rentrer sous couverture il avait été évident pour tout le monde d'envoyer Jane et Maura. Quand elles passèrent la porte d'entrée du club, la main de la légiste se glissa dans celle de son amie l'air de rien, et elles avancèrent dans le club.
-Je m'attendais à quelque chose de bien plus bruyant et vivant. Marmonna Jane en regardant le lieu.
La salle était dans une atmosphère lumineuse douce, la musique présente mais pas assourdissante, le mobilier et le bar s'ajoutaient pour faire une ambiance feutrée agréable, un peu élégante et formait un espace sécurisant et plaisant.
-J'aime beaucoup. Je reviendrais je pense. Sourit Maura.
-Club lesbien Mau'. Rappela la brune en avançant.
-Je sais et alors? Je ne suis pas lesbienne, mais je ne suis pas fermée aux femmes. Sourit la légiste avant de voir l'air surpris de son amie. Tu ne le savais pas?
-J'ai l'air de le savoir depuis longtemps? Gronda Jane.
-Et bien je suis sortie avec plusieurs femmes déjà. La première j'avais vingt deux ans.. Informa Maura.
-Mais, tu-
*Pour rappel, on entend tout. Intervint Frost, préférant leur dire plutôt que de s'immiscer de trop dans leur relation que tous savaient non platonique même si les deux concernées ne l'avaient pas encore réalisé et admit.
-Ouais, c'est vrai, on en reparlera plus tard. Marmonna Jane. Allons nous chercher un verre. Décida-t-elle en entrainant son amie, la laissant passer devant, faisant tomber sa main dans le bas du dos moulé dans la robe.
Elles commandèrent et allèrent prendre place dans une banquette. Instinctivement -et profitant du fait d'être sous couverture- Maura se pressa contre l'italienne, qui passa timidement un bras sur le dossier autour de ses épaules. Elles sirotèrent leurs verres en regardant les gens aller et venir, Jane concentrant son attention sur le petit groupe assis à la table d'à côté, des gens de l'association. Elle essayait d'écouter au mieux et Maura essayait de capter des informations en lisant sur les lèvres le plus discrètement possible.
-Jane. Appela discrètement la blondinette après un long moment.
-Quoi? Rétorqua la brune.
-Je peux remarquer que ça fait plusieurs fois qu'elle nous regarde, et la femme rousse vient de dire qu'elle nous trouvait étranges. Murmura Maura.
-Et alors, ce n'est ni pour toi ni pour moi la première fois qu'on sera traitées d'étranges. Marmonna Jane, concentrée.
-Ce n'est pas le problème. Si elle nous trouve étrange, elles vont nous surveiller et tu auras moins la possibilité de trouver des informations. Remarqua la blondinette.
-Putain t'as raison. Jura l'italienne, réalisant enfin. Que fait-on alors? Demanda-t-elle.
-Je ne sais pas si ça va te plaire. Murmura Maura en reposant son verre à moitié bu. Mais au moins ils ne douteront plus du fait qu'on a notre place ici. Ajouta-t-elle en se tournant légèrement pour lui faire face.
Elle glissa une main sur la joue de son amie et inclina le visage pour se pencher doucement et presser un baiser sur ses lèvres. À sa surprise elle sentit Jane se détendre et bouger pour passer son bras libre atour d'elle. Elles se séparèrent en entendant un bruit répéter comme quelque chose qui tombait. Jane tourna le regard et vit alors son badge de policier au sol. De suite elle regarda le groupe à côté et pu voir que l'une des femme l'avait aussi vu. Dans la seconde elle était debout et partait rapidement, prenant la fuite.
-Merde. Jura Jane.
Elle relâcha totalement la légiste et se leva en récupérant son badge pour poursuivre sa suspecte. Elle la rattrapa après une poursuite dans quelques rues, mais alors qu'elle lui passait les menottes, son oreillette grésilla.
*Jane! Jane! L'équipe t'attend au bar. L'ambulance arrive. Maura a été frappé par une complice qui s'est échappée et elle a perdu connaissance. L'informa Korsak.
Paniquée, la détective prit rapidement le trajet vers le bar avec son suspect menotté pour le laisser à l'équipe et retrouver sa meilleure amie, celle qui comptait plus que tout même si elle ne le disait à personne.
BAISER DE RÉCONFORT
Maura avait été transportée à l'hôpital en ambulance et l'italienne avait suivit en voiture, laissant ses collègues gérer l'interrogatoire de la suspecte qu'elle avait arrêté. Elle tournait comme un lion en cage dans la salle d'attente. Elle allait devenir dingue mais devait prendre son mal en patience puisque de toute manière Maura était avec les médecins, se faisant soigner. Elle était là depuis plus d'une heure, elle portait toujours sa tenue pour le club, pour aller sous couverture, mais tout ce à quoi elle pouvait penser c'était Maura. Elle avait peur pour elle, peur des conséquences, elle ne pouvait pas s'empêcher aussi de s'en vouloir d'avoir emmener la légiste sous couverture et donc au devant des problèmes. Et en même temps dans tout ça, elle ne pouvait pas arrêter de penser au baiser. Les lèvres de Maura contre les siennes, sa douceur et sa passion, sa peau chaude sous sa main pendant les quelques secondes qu'elles avaient partagées, sa façon d'être si parfaite même dans un faux baiser pour juste jouer la comédie. Elle voulait l'embrasser de nouv-
-Jane Rizzoli pour Maura Isles? Demanda l'infirmière avec un dossier en main.
-Oui, oui, c'est moi! Fit l'italienne en se précipitant. Détective Rizzoli. Je peux la voir? Elle va bien?
-Elle se réveille, ça devrait aller, possible traumatisme crânien et on a recousu l'entaille causée par le coup à la tête. On verra les conséquences à son réveil. Résuma la femme en regardant ses feuilles. Et oui vous pouvez venir. Je vous y conduis.
L'infirmière tourna les talons et Jane la suivit rapidement. Devant la porte de la chambre, elle rentra et la femme la laissa. Maura était encore endormie dans son lit, et Jane prit place tout prêt d'elle, sur le bord du matelas, près de sa hanche, et prit la main de la femme dans la sienne. Elle l'amena doucement à ses lèvres et pressa un baiser dessus.
-Pardon. Murmura-t-elle. Pardon.
-Je vais bien Jane. Assura la légiste dans un marmonnement vaseux.
-Maura. Souffla la brune en serrant sa main, la regardant. Maura je suis tellement désolée.
-Tu n'y es pour rien. Souffla la blondinette.
-Je n'aurais jamais dû t'emmener, je t'ai mise en danger, et je suis vraiment désolée, je n'aurais jamais dû le faire. Elle se pencha un peu plus vers elle.
-Arrête Jane, je maintiens que je vais bien. Promit Maura qui détestait la voir si inquiète.
Elle glissa une main sur la joue de la brune et la caressa doucement avant de la ramener vers elle pour que leurs fronts se touchent.
-J'ai eu tellement peur quand je suis revenue et que tu étais au sol, inconsciente. Marmonna Jane, la voix légèrement tremblante, retenant ses larmes.
-Tu n'y es pour rien Jane, tu faisais ton travail, et j'étais d'accord, et même bien plus, j'étais ravie. Je retournerais sous couverture avec toi quand tu voudras. Assura la légiste en la berçant doucement avec ses caresses.
-Ça n'arrivera pas de si tôt Mau', j'ai tellement peur de te perdre ou de t'attirer des problèmes. Marmonna Jane. Et tu es là. Tu es réveillée, je ne t'ai pas perdue, alors maintenant je vais te protéger, je te le promets Mau'. Assura-t-elle.
-Je sais. Tu l'as toujours fait. Souffla la blondinette.
Elle regarda la femme dans les yeux et y vit encore un grain de peur. Elle savait que Jane avait eu peur, qu'elle allait la surprotéger tellement souvent, d'autant plus quand elle irait sur le terrain, même juste sur des scènes de crime. Elle pouvait être sûre que l'italienne allait aussi traquer la personne qui l'avait blessée une fois qu'elle saurait qu'elle va bien. Et cette dévotion envers elle avait toujours été, Jane avait toujours essayé de la protéger, de la mettre en sécurité et de la faire sourire. C'était une des raison qui faisait qu'elle adorait autant la détective, et que même depuis peu elle arrivait à comprendre que ses sentiments évoluaient et dépassaient l'amitié : elle tombait amoureuse de la femme. Alors tout en douceur elle caressa un peu plus sa joue et l'attira à ses lèvres pour un tendre baiser. Et Jane fondit contre ses lèvres, lui rendant ce baiser qui la rassurait tant.
BAISER DE RÉUSSITE
Jane tapait du pied sur le sol du tribunal, écoutant les accusées, témoins, victimes, avocats et le juge parler depuis des heures. Maura était près d'elle depuis peu, étant passée à la barre juste avant. Et quand le talon de Jane se mit à faire du bruit sur le sol, la légiste posa sa main sur sa cuisse pour l'arrêter. Alors l'italienne prit son mal en patience et attendit la conclusion du juge. Finalement celui ci annonça sa sentence et condamna l'accusée à des années de prison pour meurtre et agression sur un membre de la police : Maura. Quand le juge termina d'annoncer sa conclusion, Jane sentit un poids s'envoler de ses épaules, la soulageant. Et le sourire que lui offrit son amie la rendit un peu plus heureuse encore. Elles se levèrent et quittèrent la salle du tribunal, puis le bâtiment lui même. En haut des marches, elles soupirèrent comme soulagées.
-Comment tu vas? Demanda Jane en tendant la main pour passer son pouce sur la cicatrice à la base de ses cheveux dans sa nuque, qui était aujourd'hui découverte par les boucles dorées relevées en queue de cheval.
-Janie, ça fait des mois maintenant, je vais bien. Assura la blondinette.
Elle était sortie de l'hôpital après plusieurs jours là bas, avec l'italienne -et tout les Rizzoli- souvent autour d'elle. Depuis elle avait reprit le travail, ses activités, sa vie normalement, et tout allait bien. Elle avait eu des mots de têtes pendant plusieurs semaines mais rien de plus, une chance. Jane avait été là tout du long, elle dormait dans sa maison six nuit par semaine au moins, ayant peur de la laisser seule et Maura adorait ça. Elles n'avaient toujours pas parlé des baisers, elles faisaient comme si rien n'était jamais arrivé, aucune fois, et pourtant l'une comme l'autre y pensait continuellement. Elles s'endormaient en y pensant, passaient tout leurs temps libres à penser à ce que ça voulait dire sur ce qu'elles étaient, voulaient, ressentaient et sur ce qu'il fallait faire.
-Tu es en sécurité maintenant. Et vengée. Souffla Jane en descendant une marche pur se mettre devant elle et la regarder.
-Tu avais plus besoin de ça que moi. Remarqua Maura en posant une main sur le biceps de son amie. J'ai pas besoin que tu mettes les gens en prison pour me sentir en sécurité. J'ai juste besoin de t'avoir près de moi. Elle laissa un silence en fronçant les sourcils. Mais tu as besoin des gens en prison pour te sentir en sécurité, donc si j'ai besoin de toi et toi de ça, indirectement j'en ai besoin aussi.
-Tu réfléchis tellement trop. Gloussa Jane. Ça doit être épuisant de vivre avec ton cerveau.
-Tu n'en as aucune idée. Sourit la légiste avant de pousser une de ses mèches brunes. Tu rentres avec moi?
-Tu veux? Sourit l'italienne.
Cette question était surement une des plus stupide qu'elle pouvait poser, elle venait tout les soirs, elle était la bienvenue en permanence, elle avait les clés de la maison principale et de la maison d'hôte, Maura lui avait donné il y a bien longtemps. Pourtant la brune s'assurait souvent qu'elle pouvait venir, ou une fois sur place qu'elle pouvait rester la nuit, qu'elle ne dérangeait pas. La légiste lui disait toujours de venir, faisait son possible pour qu'elle soit toujours chez elle.
-Je voudrais que tu sois toujours chez moi. Je te l'ai dis, je me sens plus en sécurité quand tu es près de moi. Argua Maura. Et puis tu m'as vengée, tu as réussi, alors on doit boire un verre à ça, et j'ai tout ce qu'il faut pour ça chez moi.
-Fêter notre réussite. Murmura Jane.
La blondinette vit le regard de son amie tomber sur ses lèvres. Elles s'étaient embrassées deux fois pendant cette enquête, alors peut-être qu'un troisième pour y mettre fin ne pourrait pas être une erreur. Alors Maura, malgré quelques secondes d'hésitation, finit par prendre la décision qu'elle n'avait rien à perdre. Elle se pencha en faisant remonter sa main de son bras à sa joue et pressa ses lèvres sur les siennes. Jane ne mit pas une seconde à lui rendre le baiser et à la serrer contre elle d'un bras. Elles savaient qu'elles n'en parleraient surement pas encore une fois, alors elles pouvaient bien en profiter. Et puis elles avaient réussit, elles pouvaient le célébrer.
BAISER DE BAISE
Jane était assise dans le fauteuil de la chambre de sa meilleure amie, sa bière en main, regardant la femme trier ses vêtements d'hiver et d'été. Plutôt dans la journée elles avaient bouclé une enquête compliquée, et elles étaient rentrées assez tôt pour une fois. Maura avait proposé à l'italienne de venir chez elle, même si elle devait faire son tri de vêtements, et comme la brune avait souvent assisté à ça elle avait dit oui. Même occupée Maura savait faire la conversation, et surtout sa présence était toujours un plaisir pour la détective. Seulement elle avait oublié que Maura avait tendance à hésiter pour les vêtements dont elle envisageait de se débarrasser, et qu'elle finissait par les essayer. Résultat, elle était là depuis une heure, elle avait vu Maura dans plusieurs tenues, seulement entre chaque la femme n'avait pas remis sa tenue de la journée, non, au lieu de ça, elle était actuellement dans un shorty en dentelle des plus sexy et un haut à bretelles, très fin, la couvrant à peine. En fonction d'où elle était dans la pièce la lumière était différente sur elle et Jane avait malheureusement eu une vue sur des parties du corps de la légiste qu'elle ne connaissait pas telle que ses seins -elle avait aimé ça un peu, mais elle avait aussi été bien perturbée. Cela faisait quatre mois qu'elles s'étaient embrassés pour la dernière fois et Jane y pensait tout le temps, alors la voir dans cette tenue ne l'aidait clairement pas. Peut-être que le fait qu'elle soit à sa troisième bière -sans avoir mangé depuis des heures- n'aidait pas non plus.
-Que penses tu de cette robe? Demanda Maura.
Jane releva le regard pour la voir dans une robe moulante, décolleté, courte et rouge.
-Tu...Tu es sublime Mau'. Comme toujours. Remarqua la brune, essayant de calmer son coeur en buvant une longue gorgée de bière.
-Alors je la garde. Souffla la blonde en défaisant la fermeture sur sa hanche pour la retirer.
La lumière rendait le petit haut transparent, et c'était la vision de trop des seins de la femme pour que Jane se retienne. Elle posa la bière sur le côté et se leva. Elle s'avança doucement vers son amie qui avait remit la robe sur un cintre et la regardait maintenant.
-Jane? Interrogea la blondinette surprise.
-Mau', tu es tellement belle. Souffla la brune.
-Jane. Murmura la légiste.
Elle avait bu quatre verres de vin et savait que Jane avait au moins trois bières dans le sang, elles n'étaient pas ivres, mais elle avait assez d'alcool dans le sang pour savoir ce qu'elles faisaient tout en osant des choses qu'elles n'auraient pas fait sobres. Maura savait tout ça, savait qu'il y avait moins de barrières, mais pourtant quand la brune prit le cintre pour le laisser tomber sur la pile de vêtement à côté et enlacer sa taille pour la ramener vers elle, elle ne l'arrêta pas. Au contraire, elle glissa une main dans sa nuque pour la ramener à elle et l'embrasser. Les lèvres fines et tendres de l'italienne lui avaient tant manqué, cela faisait tellement de temps sans les embrasser.
-Mau' je ne peux pas résister quand tu es sexy comme ça. Argua Jane en attrapant la femme par les fesses pour la soulever.
Elle la fit tomber sur le lit et la blondinette se redressa sur ses coudes pour la regarder retirer son débardeur et réalisa que sur sa couette il y avait ses vêtements qui prenaient trop de place. Elle d'habitude si attentive à ses vêtements, n'en eu que faire pour une fois, et ce pour la première fois de sa vie. Elle les poussa vivement sur le sol avant de se redresser pour défaire la ceinture de son amie.
-Mau', je-
-Tais toi Jane, pas maintenant. Souffla la légiste en tirant sur le pantalon.
Et pour une fois Jane obéit, elle retira son bas et tomba en boxer sur sa meilleure amie sur le lit, pour retrouver ses lèvres.
BAISER DE PREMIER RENCARD
-Où vas tu comme ça soeurette? Se moqua Frankie en voyant la brune sortir des vestiaires dans un autre costume que celui qu'elle avait porté toute la journée, qui était bien plus élégant, bordeaux et avec une chemise blanche.
-Ça ne te regarde pas. Gronda la brune avant d'ajuster ses cheveux derrière ses épaules. Et pitié oubliez moi ce soir et cette nuit. Ajouta-t-elle en s'éloignant.
Elle quitta le poste pour aller vers le parking, et sourit en voyant Maura déjà là dans une belle robe de couturier, attendant en étant adossée à sa voiture.
-Jane, tu es magnifique. Sourit la légiste en la voyant arriver.
-C'est notre premier rencard, je fais les choses bien. Argua l'italienne avant de se pencher pour embrasser sa joue. Salut.
-Salut. Sourit Maura. Pas de risque que tu sois dérangée ce soir?
-Non, ils savent que je n'existe pas ce soir. Sourit Jane. Allez, monte, je t'emmène.
Elles avaient enfin leur premier rendez vous. Elles avaient couché ensemble dix semaines auparavant, n'en avaient pas parlé tout ce temps, jusqu'à la veille au soir, quand Maura avait reparlé de ses vêtements qu'elles avaient donné, et rapidement la discussion avait dévié sur ce qu'il s'était passé. Et l'italienne avait paniqué, ne sachant pas comment dire qu'elle avait réalisé qu'elle avait des sentiments amoureux pour sa meilleure amie. Alors pour s'en sortir elle avait invité Maura à un premier rendez vous, se laissant du temps pour préparer ce qu'elle dirait. Elles firent donc le trajet en silence, profitant juste de la présence de l'autre et arrivèrent à un restaurant où la brune avait réservé. Elles descendirent de voiture, s'installèrent à la table, et Jane commanda de suite des verres avant qu'elles ne regardent les menus. Quand le serveur revint avec leurs verres il prit les commandes des deux femmes.
-Alors on trinque à notre premier rendez vous? Demanda Jane avec un sourire timide.
-À toi et moi. Sourit la blonde. Elles prirent une gorgée et Maura reposa son verre. Je n'arrive pas à croire qu'on en est enfin là.
-Ce n'est pas si improbable. Tu es la seule personne à me supporter, je suis la première à avoir aimer chaque petit morceau de toi et à t'avoir comprise. Et puis il y a eu six baisers et on a couché ensemble, donc un rendez vous est normal, voir un peu tardif là. Surtout avec une femme aussi parfaite et de ton standing que toi, j'aurais dû t'inviter il y a tellement d'années. Remarqua Jane avec un doux sourire.
-Janie. Murmura la blondinette, touchée. Je ne te supporte pas, je t'aime. Chaque petit morceaux de toi. Rectifia-t-elle.
-Et ça me terrorise Maura. Murmura sincèrement l'italienne. Je t'aime, je te veux, et je veux t'embrasser encore, mais tu me terrorises.
-Comment ça? Parce que je n'essaie vraiment pas. Soupira Maura.
-Parce que Mau' tu es tout ce qu'il y a de mieux, tu es comme l'idéal à mes yeux. Et j'ai peur de tout foirer. Si on commence ensemble, et que ça ne marche pas, je vais perdre ma meilleure amie et la personne que j'aime. Expliqua Jane.
-D'accord, mais si ça marche ça pourrait être la meilleure relation de notre vie. Remarqua la blondinette. Et tu ne foires, comme tu dis, jamais rien quand il s'agit de nous. Donc ne sois pas terrifiée Janie.
-Je promets d'essayer. Sourit la brune alors qu'elle recevait leurs plats.
Elles se détendirent l'une comme l'autre pour le reste du repas et se mirent à manger en discutant de tout et rien. Puis le repas terminé, Jane insista pour payer et donc inviter son amoureuse et elles sortirent. Elles remontèrent dans la voiture et prirent la route vers chez la légiste. En quelques minutes, elles se garaient devant la maison et l'italienne coupa le moteur.
-Alors, euh...
-C'était le plus beau rendez vous que je n'ai jamais eu. Souffla la blondinette, plus à l'aise.
-Moi aussi Maur'. Et je...L'italienne baissa les yeux dans un soupir. Je veux en avoir d'autres.
-Autant que tu veux Jane, on en fera autant. Assura la légiste en tendant la main pour caresser sa joue.
-Hier quand je t'ai invitée, c'est pas vraiment ce que je voulais faire au début. Souffla Jane, voulant tout dire pour que ça ne pèse plus sur ses épaules. Je ne regrette pas une seconde, mais au début ce que je voulais dire c'est que j'ai réalisé que ce que je ressentais pour toi était bien plus fort que ce que je pensais avant.
-Je t'aime Janie. Admit Maura pour la rassurer.
Elle se pencha un peu plus pour venir vers ses lèvres et juste au moment où elle allait enfin l'embrasser, la brune glissa une main sur sa joue et recula doucement son visage.
-Je suis amoureuse de toi Mau'. Murmura-t-elle.
-Moi aussi Jane. Soupira la blondinette, soulagée d'enfin l'entendre, ça faisait battre son coeur si vite. Maintenant embrasse moi et arrête de me faire attendre.
Et le sourire de Jane devint tendre avant qu'elle ne se penche pour presser un baiser sur les lèvres douces de son amante. Elles soupirèrent, se délectant de la douceur du baiser, du premier partagé en étant sûr que ce n'était pas le dernier.
BAISER DE VIE
-Docteur Isles. La chambre du détective Jane Rizzoli. Réclama la légiste en arrivant au comptoir de l'accueil des soins intensifs.
L'italienne avait pris une balle quelques heures avant lors d'une fusillade pour une affaire. Maura était à la morgue et avait reçu un appel de l'hôpital car elle était la personne à contacter en cas d'urgence. En arrivant on lui avait demandé d'attendre mais là elle savait que Jane était sortie de la salle d'opération.
-La sept. Elle va bientôt se réveiller et la balle à été retirée. Informa la femme.
La blondinette la remercia rapidement et la laissa, allant vite vers la chambre qui avait tout son intérêt. Elle avait toujours haït que Jane se blesse, mais maintenant qu'elle sortait et couchait avec elle, et ce depuis cinq mois, elle détestait encore plus la savoir mal en point. Elle arriva rapidement à la chambre de son amante reliée à plusieurs machines, l'air épuisée et souffrante mais toujours aussi belle. Elle posa son sac et sa veste sur le meuble sur le coté et vint s'asseoir dans le fauteuil qu'elle avait tiré près du lit pour se tenir tout à côté de son amoureuse, au plus proche possible. Elle glissa le bout de ses doigts sur le bras dénudé de Jane en regardant son doux visage endormi. D'habitude dans cette situation elle était énervée, vraiment en colère contre l'italienne pour avoir pris des risques, mais là elle ne pouvait pas l'être. Korsak lui avait assuré que la brune avait tout fait comme il fallait, mais ils avaient été pris par surprise à la fin de l'intervention quand il ramassait tout et donc pile au moment où Jane avait enlevé son gilet par balle. Elle n'avait pris aucun risque, elle ne le faisait plus, elle disait souvent que maintenant qu'elle avait la femme de sa vie elle ne voulait pas prendre de risque. Alors si elle n'avait pas la colère pour la tenir sur pied, elle se laissait envahir par la peine. Elle avait eu peur de perdre Jane, et maintenant qu'elle savait qu'elle allait s'en sortir, elle essayait de s'apaiser, mais restait touchée et inquiète pour la santé de son amante. Elle aimait Jane depuis des années, elle l'avait depuis si peu de temps qu'elle ne pouvait pas la perdre, pas maintenant. Jamais. Elle l'aimait trop pour cela.
-Mau..a. Bredouilla l'italienne.
-Je suis là chérie. Se précipita la blondinette en serrant sa main dans la sienne pour l'ancrer dans le réel, aider Jane à ce qu'elle aille mieux.
Elle eut besoin d'un moment, et Maura se redressa pour venir s'asseoir sur le bord du lit et se pencher sur son amante tout en continuant de serrer sa main.
-Pardon. Souffla l'italienne.
-Tu n'as pas à t'excuser, je sais que tu as été parfaite, je sais que tu as tout bien fait. Tu n'as pris aucun risque, Korsak me l'a assuré. Assura Maura en caressant sa tête.
-Mais j'avais promis de te garder en sécurité et de ne plus te faire peur, jamais. Marmonna Jane.
-Je t'aime. Rappela la blondinette en se penchant un peu plus près de son visage. J'aurais donc toujours peur pour toi, tu as un métier dangereux, mais qui te passionne, alors je m'en accommoderais tant que tu seras toujours attentive à toi même et que tu ne prendras pas de risque inutile. Assura-t-elle.
-Je t'aime aussi Mau', et je ferais toujours tout ce que je peux pour ne pas te laisser. Je veux encore beaucoup de temps avec toi. Souffla l'italienne en serrant sa main dans la sienne.
-Et moi aussi, alors tout va bien. Sourit Maura en glissant le bout de son nez contre celui de la femme. Tu arrives à bien respirer?
-Oui, oui, très bien. Enfin pas très bien, ça brûle un peu des fois, mais j'y arrive. Expliqua Jane.
-Je peux faire quoi pour toi? Interrogea la légiste en continuant ses douces attentions tout en restant très près de son visage, ayant besoin de ce contact pour se sentir mieux.
-M'embrasser. Réclama la brune. Je ne veux que ça et ça ne m'empêchera pas de respirer, alors fais le s'il te plaît. Ajouta-t-elle.
-D'accord, mais court, tu dois respirer. Souffla Maura en faisant se caresser leur nez de nouveau.
-Je respire mieux tout ce qui est toi que l'air. Charma Jane.
Maura ne pu retenir le léger roulement d'yeux et son sourire. L'italienne avait toujours su l'attendrir tout en l'exaspérant, et même en couple elle le faisait encore, c'était même plus fréquent surement. Mais pourtant elle n'hésita pas pour combler les derniers centimètres entre elles et presser ses lèvres sur les siennes dans un tendre baiser amoureux. Elle détacha leurs lèvres entre plusieurs courts baisers emplis de sentiments, pour laisser la brune remplir ses poumons d'air.
-Promets moi que tu vas être une bonne patiente et que tu ne vas pas faire ta tête de mule avec les médecins et infirmières. Réclama Maura avant un nouveau baiser.
-Si tu promets de rester avec moi tout le temps. Rétorqua Jane, une main tombée sur les cuisses de sa petite amie.
-Je promets de passer tout le temps que je pourrais ici. Assura la légiste.
-Alors je promets de faire de mon mieux avec les médecins. Argua la brune.
-Tu es impossible. Soupira Maura en roulant des yeux.
-Mais tu m'aimes. Sourit Jane.
Et la blondinette ne pouvait pas nier ça. Elle l'aimait juste comme elle était.
BAISER D'AMOUR
-Des fois j'oublie à quel point tu es riche. Gloussa Jane en sortant la valise du coffre de la voiture.
Elles avaient un long week-end, alors elles avaient décidé de partir en amoureuses, leurs premières pseudo vacances en tant que couple, après neuf mois ensemble. Elles avaient posé quelques jours de congé pour allonger un week-end et Jane avait bouclé ses affaires avant de partir pour partir l'esprit vide et pouvoir être totalement dévouée à celle qu'elle aimait. Cette dernière avait été touchée par l'attention, même si ça voulait dire qu'elles étaient parties une heure plus tard que ce qu'elles avaient initialement prévu. La soirée arrivait à grand pas quand Jane se gara devant la grande bâtisse de la famille Isles prêtée par les parents de Maura pour qu'elle puisse en profiter avec l'italienne. Ses parents savaient depuis quelques mois maintenant qu'elles étaient ensemble et ils étaient heureux pour elles, ravis que leur fille unique et parfaite aie trouvé l'amour de sa vie. Maura avait toujours été une enfant à part, un être différent de ses semblables, ils la savaient formidable, mais avaient peur que personne ne s'en rende jamais compte. Donc les deux femmes ensemble c'était pour eux une bonne nouvelle, surtout que Jane rendait leur fille heureuse. Alors ils leurs avaient laissé cette maison loin de tout au milieu de la campagne avec plaisir.
-Je n'en fait pas étalage. La fortune de ma famille et la mienne me permettent beaucoup de choses, mais j'aime ma vie simple, mon travail, et surtout j'aime les gens moins riches parce qu'ils sont tellement plus intéressants à mes yeux. Expliqua Maura en allant à la porte, mais avant de l'ouvrir elle se tourna vivement vers son amante. C'était prétentieux ou hautain ce que j'ai dit?
-Bébé, tu n'es pas hautaine ni prétentieuse, tu es intelligente et attentionnée. Assura Jane en amenant leur valise commune près d'elle avant de passer un bras autour d'elle. Je t'aime ma riche et parfaite docteur Isles. Sourit-elle.
-Je t'aime aussi mais ne parlons plus richesse. Réclama la légiste qui n'avait jamais aimé ça, en ouvrant la porte de la maison pour qu'elles rentrent.
-Ouais, euh.. Jane suivit en regardant partout autour d'elle. Je veux bien mais tout est riche dans cette maison. Remarqua-t-elle.
-Ouvre la baie vitrée et va sur la terrasse en laissant la valise en bas de l'escalier. Invita Maura en allant vers la cuisine, ignorant le commentaire, voulant cesser de parler richesse. Je nous sers deux verres et j'arrive.
-Dépêche toi, après je ne te lâche plus d'une semelle jusqu'à notre retour au poste lundi matin. Argua la détective avant de pousser la porte vitrée.
Elle arriva sur une terrasse en bois avec un salon de jardin et une table de l'autre côté donnant sur l'immense terrain naturel traversé par un cour d'eau à quelques mètres de la terrasse. Elle admira le paysage, debout au centre, fermant les yeux en sentant la douce chaleur du soleil couchant sur sa peau et le vent faire virevolter ses cheveux. Maura arriva pieds nus quelques temps après avec deux verres et alla vers le salon de jardin pour les poser sur la table basse, avant de prendre place dans le canapé et d'admirer son amante.
-Bien que tu sois magnifique ainsi, peux tu venir me rejoindre? Invita-t-elle en se rendant compte que Jane s'était perdue dans ses pensées.
-Je ne t'avais pas entendue arriver. Souffla la détective en se précipitant vers elle pour s'asseoir à ses côtés. Elle caressa sa joue et se pencha pour un baiser. C'est sublime ici.
-Je te l'avais dis. Rappela Maura.
Elle avait passé des jours et des semaines à réclamer un long week-end en amoureuses, et bien sur elle avait essayé plusieurs techniques pour convaincre son amante si peu ouverte à l'idée de poser des jours de repos à son travail adoré. Une de ses techniques avait consisté à lui vanter la beauté de l'endroit, des paysages et de la maison pour qu'elle ai envie de fuir leur quotidien pour entrer dans cette bulle parfaite de juste elles deux.
-Mais tu avais oublié de dire que le coucher de soleil te rendait presque irréelle. Murmura Jane, charmeuse en glissant ses lèvres le long de la mâchoire de sa petite amie.
-Il est vrai, tout comme je ne t'ai pas dis que moi nue dans la rivière au crépuscule devrait te ravir, parce qu'il y a des choses que je voulais garder comme une surprise. Souffla Maura, faisant gémir son amante dans son cou à l'image se dessinant dans sa tête. Mais aussi parce que tu ne devrais pas avoir besoin d'argument, le fait même d'être juste avec moi tout le temps devrait te motiver. Argua-t-elle.
-Je pourrais tout quitter pour ton bonheur mon amour, et tu le sais. Je te le dis tout le temps que je t'aime plus que tout au monde. Je passe ma vie à te rappeler comme tu es parfaite et comme je t'aime tel que tu es. Rappela Jane en relevant la tête pour l'embrasser tendrement.
-Je t'aime aussi. Sourit doucement la légiste. Et tu sais comme je suis différente et pas comme les gens aiment. Mais les Rizzoli m'avez toujours acceptée. Et toi Jane, toi tu m'as aimée et protégée depuis le premier jour, tu as toujours pris soin de moi, et je n'en serais pas là sans toi. Tu es à la fois ma meilleure amie et l'amour de ma vie, et je n'imagine pas un jour sans toi. Souffla-t-elle en faisant s'effleurer leurs nez. C'est pour ça qu'une idée à germé dans ma tête.
-Dis moi tout. Demanda l'italienne, la voix basse et douce.
-Est ce que tu veux m'épouser? Proposa la blondinette en regardant les yeux sombres de son amante.
-Tu...Hésita Jane avant de déglutir. Oui je veux Maur'.
-Vraiment? S'assura Maura. Je sais que c'est rapide et qu'on n'est pas passé par l'étape emménagement et-
-Je vis presque chez toi. Et en rentrant je pourrais m'installer et on commencera à préparer le mariage. Sourit l'italienne en caressant sa joue.
-D'accord. Et je t'achèterais une belle bague de fiançailles. Décida la légiste, rassurée et ravie.
-J'irais avec toi, qu'on t'en prenne une aussi. Appuya alors Jane avant de venir l'embrasser, comme pour sceller leurs mots.
Et Maura la serra pour ne plus qu'elle parte, jamais.
BAISER D'ENGAGEMENT
Jane essuya la larme glissant doucement sur sa joue. Elle s'était promis de ne pas bloquer ses émotions en ce grand jour, après tout personne ne pourrait rien dire, c'était sa journée. Elle avait laissé sortir ses émotions une fois depuis le réveil, quand sa mère l'avait vue dans son beau costume de mariage blanc ajusté avec la paire de talons qu'elle troquerait plus tard. Angela avait été si émue qu'elle l'avait prise dans ses bras en lui disant à quel point elle était belle en italien, et Jane s'était laissée bercer le coeur gonflé d'amour maternel. Mais en cet instant, la larme qui roulait sur son visage était née de tout l'amour et l'admiration qu'elle avait pour sa merveilleuse fiancée -presque épouse. Cette dernière s'avançait dans l'allée aux bras de ses deux mères, souriant doucement à l'italienne, ses beaux cheveux dégringolant sur ses épaules dénudées par la robe bustier qui moulait son corps et s'arrêtait à mi-mollet, elle était perchée sur de très élégants talons, et avait un bouquet dans la main. Devant la brune, elle embrassa ses deux mères et prit la main de Jane.
-Tu es sublime. Murmura la brune en serrant sa main pour presser un baiser sur sa joue.
Comme toujours, elle sentit le goût de la peau et du léger maquillage sur ses lèvres et sourit. Tout chez Maura lui donnait l'impression d'être à la maison, son odeur, son sourire, sa chaleur, son regard et sa voix. Ces deux derniers l'obsédèrent pendant tout leurs voeux, pendant les mots de l'officiant. Elle resta perdue dans les yeux de Maura dont la voix la berçait à chaque fois qu'elle parlait. Elle répondit quand elle le devait, attendant le moment où elle serait autorisée à joindre ses lèvres à celles de sa maintenant femme.
-Vous pouvez embrasser la mariée. Annonça finalement l'officiant.
Le sourire de Maura illumina la détective qui fit le pas entre elles pour passer un bras autour de sa taille et une main sur la ligne de sa mâchoire en inclinant la tête. La légiste posa ses mains sur la poitrine de sa femme, le bout de ses doigts s'enroulant autour du col de veste blanc qui allait si bien à l'italienne. Doucement leurs lèvres se trouvèrent, s'entremêlant avec amour, Jane goûtant le léger baume de la blondinette, un goût si propre aux lèvres de Maura. Les applaudissements retentirent derrière elles mais elles brisèrent le baiser seulement quand elles eurent besoin d'air.
-Je t'aime. Souffla Jane juste pour la blondinette.
-Moi aussi Janie, tellement. Sourit la légiste.
Il y eut un autre baiser avant qu'elles ne se tournent vers leurs amis. Puis il y en eu plein d'autres tout au long de la journée.
Il y en eut tout les matins.
Et tout les soirs.
À chaque enquête réussie.
À chaque blessures.
Pour réconforter les peines et les colères.
Pour célébrer les joies, la vie, les enfants, les bonheurs.
