[après tant d'absence me revoilà... - début saison 5 épisode 12 & 13]

36 : Se jeter à l'eau.

-JAAAAANE!

Mais le -douloureux- silence lui répondit. En haut du pont, les mains crispées sur la rambarde, les yeux vissés sur le point dans l'eau où Jane avait disparu, Maura ne bougeait plus. Pétrifiée par la peur, ses membres tremblaient, elle ne pouvait pas la perdre, pas maintenant, pas comme ça. Elles avaient tant de choses à se dire et à vivre. Tellement de choses devaient arriver. Elles devaient sortir ce soir. Juste elles deux. En tête à tête. Jane lui avait enfin demandé un rendez vous après des mois de flirts. Un vrai rendez vous, pas seulement un verre après le travail pour décompresser, entre amis. Non cette fois elle l'avait invitée à l'avance et en lui disant 'se sera juste nous deux, ensemble, en tête à tête'. Elles devaient sortir ensemble. Pour de vrai. Jane ne pouvait pas tomber maintenant. Elle n'avait pas le droit de la laisser. Pas quand son rêve -le leur si Jane avait le même, comme la légiste l'avait déduit avec la proposition de rendez vous- allait enfin se réaliser. Pas quand leurs vies allaient changer de la meilleure des manières. Pas quand elles ouvraient un chapitre, probablement le plus beau qu'elles allaient pouvoir vivre. Elle ne pouvait pas la laisser. Maura savait rationnellement qu'une personne pouvait aimer immensément et pourtant savoir vivre sans l'être aimé. Et pourtant en cet instant précis, dans la fraicheur de la nuit bostonienne, la noirceur de l'endroit, et le silence entrecoupé de l'eau filant sous elle, elle avait l'impression de mourir lentement à la pensée que Jane avait sauté et ne reviendrait peut-être jamais auprès d'elle. Elle allait être seule à jamais. Parce que maintenant qu'elle avait eu Jane, ou presque, qu'elle avait connu la vie avec Jane présente, elle ne pourrait plus jamais aimer ou vouloir quelque chose d'autre. Elle savait aussi que cette pensée était induite par ses sentiments et non par la réalité, mais pour le moment c'est vraiment ce qu'elle ressentait, c'est tout ce qu'elle voulait : Jane ou rien.

Elle resta comme dans une brume, comme si elle partait avec Jane durant les heures suivantes. Bien sur l'équipe arriva sur place, Korsak, Frankie et les autres qui mirent en place la recherche, ils lui parlèrent tous plus ou moins à un moment, elle répondait automatiquement. Mais elle resta dans l'attente, les pensées bloquées, submergée par la peur et la perte. Elle se laissa doucement envahir par la colère, détestant ce qui arrivait en cet instant, haïssant Jane de n'avoir pensé qu'à elle et leur victime -ex suspect- mais de l'avoir oubliée alors qu'elle n'était qu'à quelques pas et lui avait demandé quelques minutes avant de ne pas faire de bêtises. Alors quand le jour se leva, Maura avait toujours peur et beaucoup de peine, mais la colère était en train de prendre le dessus. Elle était restée toute la nuit à penser et attendre, laissant le monde se dérouler autour d'elle sans y prêter attention, se concentrant juste sur Jane et sa prise de risque permanente. Elle commençait à comprendre Angela maintenant. Jane était investie dans son travail, elle l'aimait, elle y était mariée, et cela Maura pouvait le comprendre et l'accepter, elle était pareille mais jamais elle ne comprendrait que sa meilleure amie puisse mettre autant sa vie en danger dans des situations où elle aurait pu éviter de prendre des risques aussi importants. Elle aurait pu lancer des recherches au lieu de sauter du pont, mais non, elle avait prit la décision la plus risquée. Et cette idée rendait Maura complètement folle de rage. Elle ne se laissait que rarement déborder par ses sentiments, mais en cet instant elle arrivait pas du tout à les contenir.

-Docteur Isles! Appela Korsak à des mètres d'elle, près de l'entrée de la passerelle allant vers le ponton, la sortant de ses pensées. On les a retrouvés! Cria-t-il quand il vit qu'il avait toute son attention.

Maura se redressa précipitamment et enjamba les quelques mètres qui la séparaient du capitaine. Quand elle arriva près de lui, elle suivit son regard pour voir un petit bateau qui s'accrochait au ponton. Son italienne adorée n'était pas encore visible, et tant qu'elle ne l'aurait pas vue Maura ne croirait pas qu'elle était là. Korsak dû le sentir car il suivit Frankie sur la passerelle, allant vers le ponton, pour monter sur le bateau. La légiste resta figée jusqu'à voir Jane sortir de la petite zone de commandement du bateau, les cheveux trempés, son corps emmitouflé dans une épaisse couverture marron. Elle était là. L'air épuisé, mais bien en vie. Alors Maura avança, pour la rejoindre, son regard ne se détachant pas de la belle italienne qui était enlacée par son frère, puis Korsak, qui était comme un père pour elle depuis ces premières années aux homicides, surtout depuis le départ de Frank Senior. Quand elle posa un pied sur le ponton, Jane dû l'entendre car elle tourna la tête pour la regarder. La légiste vit de suite les yeux sombres briller vers elle, effaçant presque l'épuisement qu'ils avaient en eux depuis qu'elle lui était apparu, tout en affichant un léger sourire satisfait de la voir, et Maura qui aurait dû se sentir soulagée et heureuse d'être à l'origine de cela, ne sentit que sa colère doubler. Jane se réveillait en la voyant, comme si elle lui redonnait quelque chose de vital, et pourtant elle avait sauté de ce fichu pont, pour cet homme, sans prendre en considération sa vie, ou alors le fait que Maura était juste à côté à la regarder. Elle était hors d'elle maintenant qu'à peine un mètre la séparait de celle qu'elle aimait. Et Jane dû le sentir parce qu'elle devint soudainement obnubilée par elle mais aussi craintive. Elle toujours si forte et sûre d'elle quand elle était entourée, ressemblait en cet instant un enfant égaré qui avait fait une bêtise. Et d'une certaine manière c'était exactement cela.

-Maura? Appela-t-elle doucement en enjambant le bord du bateau pour arriver sur le ponton.

-Tu vas bien? Se força à demander la légiste, bien qu'elle avait vraiment besoin de le savoir, elle voulait aussi l'information pour décider comment agir.

-Fatiguée, mais oui je vais bien. Répondit sincèrement Jane, en s'approchant, sortant une main de la couverture pour essayer de prendre celle de la femme devant elle. Mau' je suis-

Elle ne pu finir, la main qu'elle avait essayé d'attraper délicatement s'était levée pour s'abattre sur sa joue dans la plus grande claque qu'elle n'avait probablement jamais reçu. Et Maura en face d'elle n'en revenait pas d'avoir fait ça. L'effleurement des doigts de Jane sur sa main, l'avait juste fait réagir ainsi. Et le silence qui les entoura après le claquement sur la joue, lui fit réaliser qu'elle l'avait vraiment fait. La légiste se sentait moins en colère, peut-être un peu soulagée même, et réalisait que c'était surement la première claque qu'elle mettait à quelqu'un dans sa vie.

-Appelle ta mère, elle est terrorisée. Lui dit-elle seulement avant de tourner les talons.

Elle remonta la passerelle en de grandes enjambées, et quand elle arriva en haut, elle entendit Jane crier son prénom. La détective avait dû avoir besoin d'un moment pour comprendre ce qu'il s'était passé, n'ayant pas vu arriver la réaction violente de sa meilleure amie, et quand elle avait réaliser que cette dernière n'était plus devant elle, elle avait crier pour qu'elle se retourne, mais Maura refusait de lui donner cela. Elle avait crier le prénom de Jane des dizaines de fois cette nuit, et à aucun moment l'italienne n'avait répondu, réapparu devant elle. Rien. Alors elle ne lui ferait pas le plaisir de lui donner ce qu'elle voulait. Elle remonta rapidement à sa voiture et démarra à toute allure. Elle ignora les larmes qui roulaient sur ses joues, de plus en plus nombreuses alors qu'elle se rapprochait de chez elle. Elle ne pouvait pas s'empêcher de penser que la situation se répétait toujours.

Toutes les personnes qui avait un jour compté pour elle, qu'elle avait aimé et avec lesquelles elle avait tant rêvé de vivre heureuse, l'avait un jour blessée, oubliée, abandonnée. Cela avait commencé dès sa naissance, avant même qu'elle ne puisse s'en souvenir. Peut-être que cela annonçait la suite des évènements de sa vie. Ses parents biologiques l'avaient abandonnée, pire son géniteur avait fait croire à la femme qui lui avait donné la vie, que leur bébé était mort à la naissance. Puis elle avait eu la chance d'arriver chez les Isles. Mais elle avait vécu une enfance dénué d'amour, d'attentions, elle avait été le plus souvent seule, ses parents plus intéressés par leurs carrières et leurs vies personnelles que par elle. Elle n'avait pas eu beaucoup d'amies, et les rares qui auraient pu l'être l'avait vite oubliée, la trouvant trop étrange. Elle était une enfant différente, mais elle avait besoin des mêmes choses que les autres, de l'amour et des amis. Ses premiers amours n'avaient pas été meilleurs. Ses rendez vous, masculins ou féminins, n'avaient jamais donné grand chose. Sauf Ian. Mais même lui qui avait su l'accepter comme elle l'était n'avait pas pu la faire passer avant autre chose. Ian avait préféré sa carrière et la médecine qu'elle. Bien qu'elle était admirative et fière de voir ce qu'il réalisait, à l'époque elle savait qu'elle l'aimait assez pour faire tenir leur relation malgré qu'il soit souvent à travers le monde, mais lui ne pouvait pas, ou ne voulait pas. Alors elle était restée seule, encore, et brisée, un peu plus. Rien d'étonnant qu'ensuite quelques soient les relations elle n'arrive à rien.

Sauf Jane. Elle l'avait acceptée, aimée, protégée depuis le premier jour de leur amitié. Elle avait toujours été là avec elle, la faisant se sentir unique mais jamais anormale, au contraire même, elle avait réussi à lui faire entendre qu'elle était une bonne personne, qu'elle méritait d'être aimée. Tout était la faute de Jane qui lui avait redonné l'espoir d'une relation aimante un jour. Jusqu'à même se présenter comme cette personne qui pouvait l'aimer et la chérir. Mais Maura réalisait aujourd'hui que finalement Jane ferait toujours passer le travail avant elle. La légiste pensait demander peu de chose, pas plus que les autres êtres sur la planète, elle voulait une personne capable de l'aimer et l'accepter, en la faisant passer avant le reste de sa vie, en tout cas avant le travail, et qu'elle l'inclurait dans tout ses évènements sociaux, familiaux ou amicaux.

Parce que Maura se savait entière, toujours, quand elle aimait quelqu'un elle l'aimait entièrement, acceptait tout et était prête à tout pour cette personne. Au point de s'oublier en chemin trop souvent. Les années passées avec Jane à ses côtés lui avait montré qu'elle n'était pas la seule à faire cela, l'italienne donnerait sa vie pour sa famille et ses amis. Elles se ressemblaient sur tant de points, s'accordaient si bien, qu'il avait été si naturel de tomber amoureuse d'elle. Tellement naturel que Maura ne s'en était pas rendu compte de suite, mais un soir des plus banal avec Jane, l'hiver dernier lui avait réalisé à quel point elle l'aimait. Elle avait eu froid alors qu'elles regardaient la télé, et sans un mot Jane s'était levée avait fouillé dans le coffre à plaid, pour trouver le préféré de Maura -goût qu'elle n'avait jamais mentionné, la détective l'avait juste déduit- et elle était revenue dans le canapé pour le passer autour d'elle d'eux, drapant un bras autour des fines épaules de la légiste. Et Maura s'était blottit contre elle, dans sa chaleur sicilienne, son parfum doux, et elle avait écouté les battements de coeur régulier de la femme, alors que celle ci lui caressait tendrement le bras. Elles avaient passé la soirée enlacées ainsi, parfaitement emboîtée, et à la fin du film, Jane avait proposé, parce qu'il était encore tôt, de regarder un documentaire, celui qu'elle voulait. Maura avait alors réalisé que pour la première fois de sa vie quelqu'un la connaissait par coeur, faisait attention à elle et restait auprès d'elle depuis des années, sans jamais se lasser d'elle, au contraire, plus le temps passait plus elles étaient proches et partageait beaucoup d'instants, même banals. Elle avait comprit qu'elle était amoureuse de sa meilleure amie, qu'elle l'aimait plus que quiconque dans sa vie, bien plus qu'elle n'avait aimé Ian par le passé.

C'est après cette soirée qu'elle comme Jane était rentré dans un petit flirt. D'abord doux et subtil, un que seulement elles reconnaissaient comme du flirt et surtout toujours en privé et puis les semaines et mois passant il s'était fait moins discret et surtout elles avaient commencé à flirter à n'importe quel moment, fini l'intimité de leurs chez elles, si la situation si prêtait, où qu'elles soient le flirt entre elles l'était aussi. Et Jane avait fait encore plus attention à elle si c'était possible, l'avait rarement laissé seule chez elle, dormant dans la chambre d'amis la plupart du temps, quelques très rares fois avec elle, mais sans jamais s'imposer, s'assurant toujours plus ou moins directement que Maura était d'accord avec sa présence. Et elle l'était toujours. Et après tout ce temps, Jane avait enfin eu le courage de l'inviter à un rendez vous, d'arrêter ce doux jeu pour entamer quelque chose dont elles voulaient toutes les deux, sans qu'elles n'en aient jamais parlé, ce n'était pas nécessaire, c'était si évident.

Seulement elle avait tout gâcher moins de vingt quatre heure après l'avoir invitée en agissant bêtement et sans penser à elle. En la laissant démolie et seule sur ce pont en pleine nuit, dévorée par la peur. Et alors que ces dernier mois Maura avait commencé à penser que la vie lui offrait une chance de bonheur, une chance de ne plus être abandonnée et seule, tout se renversait. L'italienne tant aimée l'avait laissée et oubliée derrière elle pour une enquête. Elle l'avait ramenée à cette dure réalité que Maura avait enduré toute sa vie jusqu'à il y peu : elle ne pouvait jamais être la priorité de quelqu'un.

Dévastée par cette idée, quand elle passa la porte de sa maison, elle laissa toutes ses affaires tomber et monta dans sa salle de bain en évitant les miroirs, ne voulant pas voir son visage taché par la fatigue, le brouillard de sentiments négatifs et les larmes qui ne s'arrêtaient plus. Elle se fit couler un bain, se déshabilla et s'assit dans la baignoire qui se remplissait doucement. Les genoux repliés contre elle, elle posa la tête dessus et ne pu retenir le sanglots qui passa ses lèvres. La colère contre Jane ne restait jamais longtemps et comme elle était plus habituée à s'en vouloir à elle même qu'aux autres, avant même d'être submergée par l'eau du bain, elle commençait à se sentir ridicule et bête d'avoir pu espérer être aimée inconditionnellement, et se sentait aussi responsable d'être dans cette situation. Elle coupa l'eau quand celle ci déborda légèrement de la baignoire pour tomber sur le carrelage. Elle était seule à nouveau.

Elle resta là sans notion de l'heure, se laissa même glisser complètement sous la surface de l'eau. Restant le plus longtemps possible, entendant son battement de coeur résonner dans l'eau autour d'elle. Elle ne savait pas comment faire taire ses pensées. L'italienne lui avait dit une fois, au début de leur amitié que le meilleur moyen d'oublier quelque chose c'était l'alcool, mais qu'ensuite il faudrait toujours faire face aux problèmes ensuite. Et elle avait déjà assez mal à la tête en cet instant pour ne pas ajouter à cela la gueule de bois qu'elle aurait après avoir trop bu. Et puis elle n'avait pas envie de boire du tout. Elle voulait juste tout annuler. Tout oublier. Et elle savait par expérience de la vie et de la science que ce n'était pas possible.

Elle sortit de l'eau quand celle ci eu assez refroidi qu'elle commença à grelotter. Elle s'enroula dans une serviette et se mit devant le miroir pour démêler ses cheveux en les laissant ensuite tiré en arrière, bouclant doucement naturellement. Elle soupira en voyant son visage sans maquillage et fatigué, et se détourna de son reflet pour aller chercher sous vêtements, pantalon de yoga et teeshirt. Mais au moment d'enfiler ce dernier elle aperçu le teeshirt de la BPD plié sur le sweat avec le même motif posé sur sa commode. Ceux de Jane. Ceux qu'elle mettait pour trainé ici ou dormir. Ceux qui sentait son doux parfum. Elle laissa tomber celui qu'elle avait en main et attrapa le sweat pour le tirer sur son buste. Elle fourra le nez dans son col et inhala le parfum qui y était. Jane. Sentant les larmes remonter dans ses yeux elle sortit rapidement de la pièce pour aller se faire du thé. Sa tasse pleine elle tomba dans son canapé, s'enroula dans deux plaids et lança des documentaires pour essayer d'arrêter de penser à sa détective qu'elle aimait tant bêtement, mais apparement même la science qui l'avait toujours aidée auparavant n'était pas assez forte pour l'aider à surmonter Jane. Et pourtant c'est grâce à elle qu'elle avait pu trouver un semblant d'intérêt à la vie en grandissant dans le chaos émotionnel de sa famille et l'absence d'amis, c'est aussi grâce à elle qu'elle s'était remise de ses ruptures, même de Ian. Mais cette fois rien ne pouvait apparemment enlever Jane de son esprit.

Elle devait être au quatrième ou cinquième documentaire quand elle sursauta en entendant des coups sur la porte d'entrée. Il faisait maintenant nuit noire, elle n'avait allumé aucune lumière dans la maison, n'avait pas bougé autrement que pour aller se refaire une théière, et donc elle était toujours dans le canapé, baignée dans la lumière de la télé. Refusant que quelqu'un la voit ainsi, elle ne bougea pas. Même quand les coups se répétèrent. Les personnes qui lui importaient vraiment rentraient par la porte arrière avec Angela ou alors c'était Jane qui rentrait ici sans frapper parce que c'était presque sa maison au vu du temps qu'elle passait ici. Ses parents ne venaient qu'une fois par an, enfin Constance, Arthur lui ne lui parlait presque jamais, et Hope sonnait toujours mais elle était actuellement en Afrique et Cailin à l'université. Donc la personne qui frappait à sa porte pour la troisième fois, n'était pas une de ces personnes et donc pas assez importante pour qu'elle se déplace et socialise en cet instant.

-Maura!

Elle sursauta en reconnaissant ce timbre chaud. Son nom appelé contre la porte. C'était Jane. Elle avait dû s'enfuir de l'hôpital pour venir la voir. Après tout, au vu de la gifle qu'elle avait reçu il n'était pas étonnant qu'elle vienne chercher des réponses. Mais ce que la légiste ne comprenait pas c'est pourquoi la femme ne rentrait pas comme elle le faisait d'habitude.

-Maura je sais que tu es là, tu rentres toujours dans ton espace de sécurité quand ça ne va pas. Il y eut un silence. C'est la morgue ou ici. Et je sais que tu n'es pas à la morgue. Un autre silence, Maura s'enfonça un peu plus dans son plaid. J'ai besoin de toi.

Maura ne pu retenir un nouveau sanglot aux derniers mots. Et la détective dû l'entendre parce que dans les deux secondes suivantes, la porte d'entrée s'ouvrit et Jane entra timidement. Elle entra dans le salon, et Maura refusa de lui donner de l'attention fixant la télé, la couverture cachant une partie de son visage. Jane avança, n'allumant aucune lumière, respectant la pénombre dont son amie avait besoin. Elle s'approcha mais en restant assez loin pour ne pas envahir Maura qui ne pu se demander si l'italienne avait peur de recevoir une autre gifle. Jane se baissa pour s'asseoir sur le bord de la table basse, dos à la télé.

-Je t'en supplie parle moi. Réclama Jane, la voix tremblante.

La légiste l'avait rarement entendue parler comme cela, si incertaine et atteinte par la situation. Sauf quand ses frères ou sa mère étaient blessés ou en danger. Mais cette fois c'était pour elle. Jane avait peur de ce qui arrivait à leur relation. Mais la légiste refusait de se laisser espérer à nouveau. Elle avait fait l'erreur durant toutes ces années d'amitié d'y croire, elle n'allait pas recommencer.

-Retourne à l'hôpital. Marmonna Maura.

-Je vais bien. Les tests sont tous bons, me garder cette nuit en plus des dernières heures était débile, j'ai signé leurs papiers et je suis partie dès que je pouvais. J'ai essayé avant, mais Korsak, Frankie et ma mère ne me laissaient pas une seconde seule. Grogna l'italienne, en fixant son amie. J'ai vraiment essayé de venir avant Maura, tu dois me croire.

-Pourquoi je devrais? Répondit instinctivement la blonde.

-Parce que Mau', je ne sais pas te mentir, et je ne supporte pas que tu ailles mal. Marmonna la brune. Je sais que ce que j'ai fais était dangereux et idiot, je ne referais pas. Je te le promets Maura.

-Tu dis toujours ça, et tu recommences. Argua Maura en sortant la tête du plaid pour la regarder, de nouveau assez en colère pour lui faire face. Tu t'es tiré dessus il y a quelques années. Tu as voulu prendre ma place quand Hoyt nous a attaqué. Tu joues toujours au bouclier humain. Et tu promets toujours de ne pas recommencer. Mais tu recommences encore et encore. Ajouta-t-elle avant de regarder de nouveau la télé.

-J'ai l'impression d'entendre ma mère. Soupira l'italienne.

-Je ne l'ai jamais autant comprise qu'aujourd'hui. Rétorqua la légiste sans hésiter.

Jane déglutit durement. Sa meilleure amie ne prenait jamais un parti d'habitude, pas parce qu'elle n'avait pas d'avis, mais plutôt parce qu'elle était souvent d'accord avec Angela et qu'elle savait à quel point ça agaçait Jane qu'elle le dise. Alors elle ne donnait que rarement son avis dans ce genre de cas. Pourtant en cet instant elle n'avait pas hésité. La détective commençait à comprendre que sa meilleure amie était réellement en colère, et pourtant elle avait passé son temps dans l'eau à pensé à elle et au premier rendez vous qui les attendait, à celles qu'elles allaient enfin être. Elle tendit doucement la main et la glissa sous le plaid pour toucher la peau chaude de la blonde, au niveau de sa cheville.

-Maura, je sais que tu m'en veux d'avoir sauté derrière Westcourt, mais j'ai aussi l'impression qu'il y a autre chose, je ne comprends pas quoi, alors je t'en prie dis le moi. Réclama-t-elle doucement.

Maura attrapa la télécommande, fit pause à son documentaire, en retirant ses jambes posés sur la table basse pour les plier sous elle, s'écartant du contact réconfortant de sa meilleure amie.

-T'excuser ne servira à rien. Commença-t-elle, réalisant sincèrement que malgré tout les désolé de Jane, ça ne suffisait pas à effacer ce qu'il s'était passé. Westcourt est soupçonné du meurtre de sa maitresse, il veut mettre fin à ses jours, saute du pont, et tu n'hésites pas une seconde à le suivre. Elle vit que Jane allait parler mais tendit le doigt, la faisant taire. Tu sautes derrière lui, me laissant seule sur le pont à t'appeler. J'ai passé la nuit à te croire morte. Tu as préféré sa vie à lui, ton enquête, ton travail, à moi. Elle déglutit alors que Jane semblait comprendre le problème. Tu m'as fais passé après, et bien que je devrais y être habitué, avec toi je pensais que c'était différent. Admit-elle.

Jane, bouche entrouverte devant elle, ne semblait pourtant pas prête à parler. Au contraire, elle semblait commencer seulement à comprendre. Les mots de la légiste résonnait en elle avec une telle clarté, démêlant le problème qu'elle essayait de résoudre depuis des heures. Elle comprenait ce qui avait fait qu'elle avait reçu une gifle au lieu de l'étreinte qu'elle avait pensé trouvé. Maura s'était sentie abandonnée, oubliée, trahie, parce qu'impulsive comme elle était Jane avait sauté avant de réfléchir à si c'était ou non une bonne idée. Et bien sur que ça ne l'était pas quand Maura était juste derrière elle lui demandant de ne pas faire de bêtise. Surtout que Jane savait que sa meilleure amie avait été abandonné par tout ses parents une fois ou plus, sans amis et seule presque toute sa vie avant qu'elle n'arrive à Boston et ne les rencontre. Que les rares fois où elle avait aimé ou fait confiance, elle avait été abandonnée ou trahie, voir les deux en même temps dans le cas de Ian. C'est d'ailleurs pour cela que pendant les premières années de leur amitié elle avait vu Maura aller à de nombreux rencards mais ne jamais entretenir de relation, soit elle passait la nuit avec et ne les rappelait jamais, soit elle les faisait fuir avec son langage trop scientifique -de manière volontaire ou non. Jane savait à quel point sa meilleure amie était persuadée de ne pas pouvoir être aimée, elle avait aussi conscience que c'est un fait qui avait doucement changé ces dernières années, car Maura avait trouvé en ses collèges de la la BPD, mais surtout en la famille Rizzoli, des gens qui l'aimaient et la voulaient dans leur cercle de proches. Et puis il y avait leur relation si particulière qui avait enfin évolué officiellement depuis peu quand elle lui avait proposé d'avoir un premier rendez vous ensemble, et Maura avait accepté ce qui voulait dire qu'elle avait cru enfin à la possibilité qu'elle pouvait et était aimée. Quelque chose pour lequel Jane avait travaillé dur les dernières années. Et elle venait de tout gâcher en sautant du pont pour un suspect-témoin-victime -à ce stade plus personne ne connait le statut de Westcourt- et se perdant des heures dans les eaux qui auraient pu la tuer au lieu de partir en rendez vous avec la femme qu'elle aimait tant.

Mais elle refusait de laisser cette erreur tout détruire, elle allait rattraper cela.

-D'accord, Maura, je suis la pire des imbéciles et tu as le droit de m'en vouloir. Reprit finalement Jane après un long silence. Alors je vais te demander quelque chose. Je voudrais juste que tu m'écoutes et ensuite tu pourras me demander de partir et je le ferais si c'est vraiment ce que tu veux.

Maura sembla hésiter longuement, la fixant, les yeux légèrement plissés, cherchant si il y avait un piège. Mais elle sembla comprendre qu'il n'y en avait pas et attrapa sa tasse, la remplissant de thé, avant de se réinstaller dans le canapé, repliée sur elle même, les mains autour de sa tasse.

-Je t'écoute. Souffla-t-elle.

Jane glissa sur la table pour être parfaitement face à elle et se pencha, posant ses coudes sur ses propres genoux en prenant une grande inspiration pour se lancer.

-Maura, je suis idiote, impulsive et je fais passer mon propre bien après celui des autres. Ça fait de moi quelqu'un de dur à aimer. Commença-t-elle. Mais toi, tu es douce, à l'écoute, ouverte, courageuse et forte, ce qui fait de toi la personne la plus incroyable que je connaisse et qui te rend si facile à aimer. Quoi que je fasse, je pense à toi. Mais des fois c'est une fraction de seconde trop tard. Quand je me suis tiré dessus, je pensais à toi et Frankie, je voulais que tout s'arrête pour que vous soyez en sécurité. Quand je me place devant toi au moindre bruit suspect c'est parce que je refuse que tu sois blessée, que je préfère l'être. Quand je perds patience avec les imbéciles qui ne te comprennent pas, c'est parce que je ne veux pas que leur idiotie t'atteigne, tu es un génie et tout le monde devrait le voir, mais pour une raison que j'ignore pas assez de monde ne le voit. Alors que c'est évident. Elle soupira et baissa le regard. Mais je ne vais pas te mentir quand j'ai sauté du pont, je n'ai juste pas réfléchi, je voyais cet homme aller droit vers la mort alors que je le croyais enfin innocent, et j'ai juste voulu l'aider. Au moment où mes pieds ont cessé de toucher le sol, j'ai su que j'avais fait une erreur, parce que tu étais derrière et que je ne voulais pas te laisser. Et quand j'ai touché l'eau je voulais juste fermer les yeux et les rouvrir en étant ici avec toi, et te promettre de ne jamais partir. J'ai fais une bêtise Maura. Je le sais, et je vais passer le reste de ma vie à ne plus jamais refaire ça. Parce que j'ai la chance de t'avoir auprès de moi, et je tiens tellement à toi que rien ne vaut la peine de perdre du temps avec toi.

Maura devant elle écoutait chaque mot, essayant de les graver dans sa tête, parce que Jane était incroyable dans tout sauf dans l'expression de ses sentiments. Et que là elle se lançait dans un grand discours, une très rare chose chez Jane Rizzoli, alors elle ne voulait en perdre aucune seconde. Elle la buvait, et résistait à l'envie de se fondre en elle comme elle en avait prit l'habitude depuis cette soirée dans le plaid contre elle. Mais alors quand elle vit Jane glisser de la table poser ses genoux au sol et venir tout doucement prendre une de ses mains dans les siennes, elle dû serrer les dents pour résister à l'envie de bouger vers elle, son coeur battant plus vite.

-Je comprends maintenant que tu as pensé que je t'oubliais et t'abandonnais, mais crois moi Maura, jamais je ne ferais ça. Au contraire même, je passais mon temps à me dire que je ne devais pas abandonner, parce que je devais m'en sortir pour toi. Souffla l'italienne. Tu es la femme la plus extraordinaire du monde. Je n'en ai jamais douté. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai confronté Constance sur sa façon d'être avec toi, parce qu'elle manquait tant de choses de sa fille. Puis de même avec Hope, elle avait déjà tant perdu avec toi, et elle n'essayait même pas d'être à la hauteur de toi quand elle t'a retrouvé. Je ne comprends pas comment il est possible qu'une femme aussi intelligente, belle, gentille, généreuse, attentionnée, toujours ouverte à comprendre les choses qui lui ont échappé, et qui ouvre sa porte à tant de gens, soit une femme qui est rencontré autant de conna-

-Jane. Réprimanda la légiste, incapable de ne pas la reprendre.

-Tu vois, tu es tellement gentille que tu ne me laisses même pas insulté tout ceux qui t'ont fait du mal. Et je sais que je t'ai moi même blessé, et que après l'épisode de ta vie amoureuse du nom de Ian, tu n'avais jamais ouvert ton coeur. Mais quand moi je t'ai proposé un rendez vous qui pourrait tout changer pour nous, tu as dit oui de suite, juste comme je l'espérais. Tu fais tout juste comme je l'espérais à chaque fois. Tu es merveilleuse Mau'. Tellement tellement merveilleuse. Et je le sais, je le vois tout les jours. Dans tes beaux yeux qui regarde le monde comme personne ne le fait. Dans tes mots qui m'apprennent tant de choses au quotidien, et qui sont toujours ceux dont j'ai besoin quand la journée à été difficile. Dans ton sourire et tes rires à tout les moments où ils sont là. Dans tes idées, tes pensées quand tu me les partages. Dans tes attentions silencieuses, comme mes bières préférées toujours au frais, les aliments que j'aime dans les placards, le café dont j'ai tant besoin le matin. Dans ta façon d'être quand je suis fatiguée, agacée par une enquête ou ma mère. Elle sourit, cessant la liste. Ma mère que tu as accueillie quand elle n'avait plus rien à cause de mon père. Ma famille te doit tant. Notre famille, parce que tu en es un membre à part entière. Et on a tellement de chance, tous autant qu'on est de t'avoir, dans l'équipe, à la BPD, dans notre groupe d'amis, et surtout dans ma famille. Peut-être qu'ils ne s'en rendent pas compte, mais c'est pourtant le cas, on a énormément de chance. Et comme je le disais, je sais que je suis compliquée à aimer, mais toi MAu' tu m'as toujours acceptée comme je suis, sans essayer de me changer. Tu m'as aimée quand personne ne le faisais, tu as toujours été là et j'espère que tu le seras toujours. Et moi je vais changer pour être toujours près de toi si tu le veux. Elle caressa l'intérieur de la paume chaude de la légiste et déposa un baiser sur le bout des doigts. Je te jure Maura, je le sais que j'ai de la chance que tu sois ma meilleure amie depuis des années. Et que tu aies dis oui pour un rendez vous. Et j'espère tellement que c'est encore possible qu'on le fasse. Que tu me dises oui encore une fois pour sortir. Murmura-t-elle contre la peau douce de la paume vers laquelle elle avait bouger.

Maura déglutit, refusant de laisser sa voix trembler, elle avait déjà quelques larmes qui s'étaient échapper, alors qu'elle l'écoutait. Même blessée, elle tombait encore amoureuse de Jane, et en plus la femme réussissait à lui faire croire de nouveau en la possibilité d'être aimée. Mais il restait une chose.

-Je voudrais juste passer en premier dans la vie de quelqu'un, pour une fois. Admit-elle faiblement, mais ne laissant pas entendre le sanglot coincé dans sa gorge.

Jane releva la tête, sans lâcher la main de la légiste et se plongea dans les yeux noisettes brillants de larmes.

-Tu es la première chose à laquelle je pense en me réveillant, mais aussi ma dernière pensée en me couchant, ce qui fait de toi la première dans mon sommeil. La première que j'appelle quand j'ai besoin de voir quelqu'un, de parler, de partager une nouvelle, bonne ou mauvaise. Tu es la première personne à qui je pense quand on est en danger. La première que je tiens au courant après une intervention. La première que je veux emmener en vacances. La première et la seule avec qui je fais des plans sur l'avenir, pour les vacances, les soirées, les sorties. La première pour qui je fais l'effort de m'intéresser à des choses qui sont hors de ma zone de confort. La première personne que je laisse, et ce avec plaisir, me choisir des tenues. La première chez qui je me rends après une enquête difficile, ou quand je ne me sens pas en sécurité. Tu es la première à qui je pense pour tout mes choix, à chaque moments, la seule à qui j'ai envie de parler et de voir avant pendant et après le travail. La première et la seule à qui je dis tout, à qui je m'ouvre, avec qui je partage chaque morceau de moi. Elle entrelaça ses doigts à ceux de la blonde en reprenant sa respiration. La première et la seule personne pour qui je prends le temps d'écouter et d'exprimer ce que je ressens pour qu'elle comprenne à quel point elle est incroyable, presque irréelle, et surtout comme elle compte. Tu es la première personne qui compte autant, tu passes avant tout presque tout le temps, sauf quand je suis assez débile comme hier soir, et crois moi ça ne se reproduira pas, j'ai bien compris ma leçon. Et quand ma famille est aussi en danger tu n'es pas la seule première, mais tu ne passes pas en seconde position pour autant. Elle pressa un baiser sur le dos de la main de la légiste. Parce que si tu ne l'as pas encore compris, tu es un morceau de moi. Et c'est une image bien sur. Ajouta-t-elle faisant esquisser un sourire sur leurs lèvres à elles deux. Tu es tellement importante à mes yeux que je ne peux imaginer vivre sans toi, je ne le veux pas, jamais. Elle serra un peu plus la main de la femme, la ramenant devant son visage, mais continuant de la regarder dans les yeux. Maura Dorthea Isles, tu es la première personne que j'aime aussi intensément. Et je veux que tu sois l'unique que j'aimerais autant.

Cette fois Maura ne pu retenir le sanglot coincé dans sa gorge depuis presque le début de ce beau discours. Les larmes redoublèrent et son corps se secoua légèrement sous les émotions s'échappant d'elle. La détective prit alors la tasse presque pleine dans ses mains pour l'écarter, la posant sur la table avant de venir s'asseoir dans le canapé, près de Maura qu'elle prit dans ses bras pour l'ajuster contre elle et pouvoir la serrer contre son torse, la berçant doucement tout en déposant de doux baisers dans ses cheveux dorés. Elle ne pu retenir quelques larmes en sentant enfin le corps tant aimé contre elle, mais aussi en voyant l'émotion de la légiste. Elle était partagée entre la culpabilité de lui avoir fait du mal, mais aussi la colère envers tout ceux qui avait croisé le chemin de Maura et avait réussi à lui faire croire qu'elle n'était pas assez, ou pas comme il fallait, au point qu'elle se croit impossible à aimer entièrement. Elle voulait tant lui prouver le contraire. Alors elle la berça avec toute l'attention qu'elle avait, déposant des baisers sur la couronne de cheveux, ses bras autour d'elle, ses mains caressant son dos, et un léger balancement de son corps pour la bercer totalement et l'apaiser. Cela finit par fonctionner et doucement la respiration de Maura se calma, et bien qu'elle ne bougea pas pour s'écarter, elle arrêta de s'agripper à Jane, se détendant.

-Tu veux que je parte? Murmura l'italienne, voulant savoir pour respecter sa promesse faite au début. Elle avait tout dit, maintenant Maura pouvait choisir en connaissance de cause.

La femme releva la tête, se redressant un peu pour regarder sa meilleure amie dans les yeux, tout en restant pressée contre son torse. Elle se dégagea légèrement de son plaid pour être encore plus près du corps musclé et doux de la détective. Elle posa une main sur son torse, et déglutit.

-Non. Murmura-t-elle avant de mordiller sa lèvre inférieure. Ne pars plus jamais s'il te plaît, ne me laisse plus.

-Je te le promets Mau', je serais toujours là pour toi. Je vais faire attention et plus réfléchir avant d'agir. Je ne veux plus jamais te perdre. J'ai vraiment cru que tout était perdu. Admit Jane, maintenant soulagée.

-Je l'ai cru aussi. Mes incertitudes et mes blessures reviennent bien plus vite quand tu n'es pas là. Je me suis laissé envahir. Reconnu la blonde.

-C'est ma faute et j'en suis entièrement désolée. Souffla Jane en relevant une main pour pousser une mèche de cheveux humides. Tu dois être épuisée, non?

-Oui, je le suis maintenant. J'étais tenue par mes émotions, mais maintenant...Elle soupira en laissant retomber son front contre le cou de la détective. On a si peu dormi ces derniers jours, on devrait aller se coucher. Souffla-t-elle, en frottant ses yeux.

-Oui, il faudrait. Reconnu l'italienne en glissant un bras autour de son dos, et un sous ses jambes.

Elle se leva avec elle dans ses bras, sentant ses muscles crier de fatigue, elle avait nagé et lutté toute la nuit, n'avait pas prit beaucoup de repos dans la journée, sans parler qu'elle avait passé la veille sur l'enquête, elle avait besoin de sommeil, mais en cet instant tout ce qui comptait à ses yeux c'est que Maura se sente aimée et qu'elle se montre présente pour elle. Alors en la gardant bien en sécurité contre son torse, elle monta les escaliers vers la chambre de la légiste et une fois dedans, elle la posa sur le lit, le plaid avec elle, à sa place. Quand elle se redressa, Maura attrapa son poignet.

-Couche toi avec moi. Réclama Maura.

-Tu veux bien que je dorme contre toi? S'assura l'italienne.

-J'ai besoin de toi Jane. Appuya la légiste.

L'italienne sourit et se débarrassa de ses vêtements pour rester en débardeur et sous-vêtements pendant que Maura se débarrassait de son pantalon de yoga. Jane passa ensuite prudemment au dessus d'elle pour venir se coucher dans son dos, glissant un bras autour d'elle.

-Et moi de toi. Murmura l'italienne comme réponse aux mots précédents. Elle se sera contre son dos et respira le parfum si connu de sa meilleure amie, mais fut surprise de ne pas sentir la même odeur que d'habitude. C'est mon sweat? Comprit-elle.

-Il était sur la commode. Répondit Maura comme explication.

-Tu sens un peu moi. Sourit la détective.

-C'est pour ça que j'aime être dedans. Remarqua alors la blonde avant de se tourner dans les bras de Jane, posant ses mains sur son torse, et se collant à elle, leurs jambes nues emmêlées. Je te crois pour tout ce que tu as dis ce soir. Tout. J'ai une absolue confiance en toi, en nous en l'avenir que l'on peut avoir. Souffla-t-elle les larmes revenant. Et je t'aime Jane, je t'aime tellement. Je ne veux plus avoir à me demander si tu dors quand je me couche le soir, je veux pouvoir me blottir contre toi pour m'endormir.

-Je reste là quand tu voudras. Je n'ai pas dormi chez moi depuis des semaines, et si je peux être dans ce merveilleux lit avec la plus incroyable des femmes, j'y serais. Assura Jane en embrassant son front. Dieu je t'aime Mau'. Murmura-t-elle.

La légiste releva légèrement la tête. Maintenant toutes deux habituées à la pénombre de la chambre, elles pouvaient se voir légèrement, elles pouvaient se regarder dans les yeux. Et surtout quand leurs têtes se rapprochèrent, elles ne cherchèrent pas leurs lèvres, sachant exactement où elles étaient pour partager leur premier baiser. Leur premier, mais jamais le dernier. Non, au contraire, elles savaient toutes deux que c'était le premier baiser d'une longue lignée. D'une vie à deux, d'un quotidien ensemble à s'aimer. D'une vie où Jane ferait attention à elle parce qu'elle avait enfin quelqu'un pour l'aimer comme elle était. Et d'une vie où Maura passait enfin en premier dans la vie de quelqu'un.