Auteur : Mangafana
Disclaimer : rien n'est à moi.
Bonne lecture :
Harry Potter, un jeune garçon de 12 ans, bientôt 13, se trouvait dans la cuisine de sa tante, au 4 privet drive, dans le Surrey.
Et il ne passait pas un bon moment. Alors oui, c'est vrai, il avait laissé échapper la poêle dans l'évier alors qu'il était en train de la laver. Et oui, c'est vrai, ça avait éclaboussé une bonne partie de la cuisine. Mais pour sa défense, la poêle était vraiment lourde et il n'avait pas mangé à sa faim depuis au moins 15 jours, soit depuis qu'il était parti de Poudlard, l'école de magie où il était scolarisé en deuxième année. Il attendait d'ailleurs avec impatience d'y retourner.
Mais pour l'instant, il se faisait agonir d'insultes et de reproches par sa tante pour les dégâts qu'il avait causé à sa cuisine.
Harry savait ce qu'il avait à faire dans ces cas-là, il devait garder la tête basse, ne pas la regarder et prier pour qu'elle n'appelle pas son oncle Vernon pour qu'il lui donne une punition.
Au bout d'un moment perdu dans ses pensées, Harry fini tout de même par lever la tête … sa tante était silencieuse. Ça n'arrivait jamais ! Jamais !
Prudemment, donc, il la regarda et la trouva figée, le regardant avec de grands yeux ronds et la bouche ouverte. Le souffle semblait lui manquer.
Immédiatement inquiet, Harry leva la main et demanda doucement, n'osant la toucher :
-Tante Pétunia ?
Et alors, chose incroyable, il vit les yeux de sa tante se remplirent de larmes tandis qu'elle portait la main à sa bouche pour la couvrir.
Harry entendit dans son dos le pas de son oncle qui venait du salon et qui gémissait :
-Tuny …
Dans le même temps, il entendit son cousin descendre en courant les escaliers en pleurant.
Ne voulant pas qu'on pense qu'il avait fait du mal à sa tante, Harry préféra reculer de 2 pas et rejoindre un coin de la cuisine, essayant de se faire tout petit pour que son oncle ne le frappe pas. Ça n'avait jamais marché jusque là mais peut-être qu'aujourd'hui serait l'exception.
Il vit alors Dudley, son cousin aussi gros que grand, rentrer en trombe dans la cuisine pour se jeter dans les bras de sa mère en pleurant, balbutiant des mots sans queue ni tête.
Vernon rentra alors. Lui aussi était gros, mais il était aussi assez grand avec de larges épaules. Il ouvrit les bras et prit sa femme et son fils dans une étreinte. Harry, spectateur de cette scène, ne comprenait plus rien. Mais qu'est-ce qu'il se passait ?
Sa tante et son cousin pleuraient maintenant à chaudes larmes et son oncle à moustache de phoque reniflait bruyamment.
Ne pouvant tout de même pas laisser sa famille, même s'ils ne le traitaient pas bien, dans cet état, Harry se rapprocha tout doucement, comme pour un animal sauvage et prit délicatement le coude de son oncle, le plus dangereux, pour l'amener au salon.
A son grand étonnement, cela fonctionna. Pourtant, vu la stature de son oncle, il n'aurait même pas pu le bouger d'un pouce. Mais l'homme se laissait entraîner, amenant dans son sillage sa femme et son fils.
Dans le salon, il fit asseoir son oncle sur le canapé. Il prit doucement la main de sa tante pour l'installer à côté de lui puis il guida Dudley pour qu'il s'assoit à la dernière place.
Cette configuration leur était familière, c'était celle qu'ils prenaient le soir pour s'installer devant la télévision. Pourtant, ils ne réagirent toujours pas.
Harry commença à s'inquiéter. Mais qu'est-ce qu'il leur arrivait ? Devait-il appeler un médecin ?
Mais, et si c'était magique ? Pourtant, il était sûr de n'avoir rien fait. Étonnement, il sentait mieux sa magie dans ses veines maintenant qu'au cours des deux dernières années ! Mettant ça sur le compte du stress, Harry se dit qu'il allait faire du thé pour sa famille. Oui. Voilà. Du thé. Sa tante avait coutume de dire que le thé avait tendance à régler tous les problèmes.
Harry fila donc dans la cuisine et se mit en quête de gâteaux pour accompagner le thé.
Il fit le tour des placards et n'en trouva aucun. C'est vrai qu'aujourd'hui était le jour ou sa tante devait faire les courses. Les placards étaient donc vides.
Qu'à cela ne tienne. Harry sorti les ingrédients nécessaires et prépara des cookies au chocolat. Les préférés de son cousin. Il hésita un peu mais décida de mettre un tout petit peu de rhum de cuisine de sa tante. Peut-être que ça les fera réagir ?
Pendant que ses cookies cuisaient, Harry réfléchissait à ce qu'il devait faire. Il aurait bien envoyé un hibou à madame Pomfresh, l'infirmière de Poudlard. En effet, c'était la seule adulte du corps médical qu'il connaissait. Mais il ne voulait pas la déranger pendant ses vacances, il avait l'interdiction d'ouvrir la cage de sa chouette Edwige et en plus, les barreaux de la fenêtre de sa chambre empêcheraient l'animal de passer.
Se mordant les lèvres d'inquiétude, Harry sorti ses cookies et les mit dans une assiette, sur le plateau de thé qu'il avait déjà préparé. Il récupéra l'eau de la bouilloire pour la mettre dans la théière puis, soulevant le plateau bien garni, il s'avança dans le salon pour constater avec soulagement que sa famille avait bougé. En effet, Vernon s'était tourné vers Pétunia et lui parlait à voix basse, ses deux mains lui serrant une main tandis que sa tante avait passé un bras autour de son fils qui avait les yeux rouges et qui pleurnichait sur son épaule.
Doucement, évitant de faire s'entrechoquer les tasses en porcelaine de sa tante, il savait qu'il serait réprimandé s'il le faisait, il versa le thé infusé dans les tasses et dit doucement :
-Je vous ai fait du thé.
Sa famille tourna alors les yeux vers lui et sa tante dit, tout doucement :
-Du thé ?
Harry savait qu'il n'avait pas le droit de toucher à la porcelaine de sa tante mais il avait espéré qu'il ne se ferait pas gronder pour ça puisque c'était pour eux qu'il l'avait fait.
-Oui. A la verveine. Tu as dit que c'était relaxant. J'ai aussi fait des cookies. Dit rapidement Harry. Autant tout avouer en même temps.
Sa tante sembla avoir un sanglot alors que son oncle lui disait, doucement également.
-Merci, Harry.
Et là, Harry sut que quelque chose n'allait vraiment pas. Jamais, jamais, son oncle ne l'avait appelé par son prénom, préférant « garçon » ou « le monstre » mais jamais Harry ! Et il l'avait remercié ?! Impossible.
S'il n'avait pas été témoin de cet étrange phénomène alors que sa tante était juste devant lui, alors il aurait pu croire qu'on lui avait changé sa famille.
Sous le coup de la surprise, Harry regarda son oncle la bouche grande ouverte et les yeux ronds. Jusqu'à ce qu'il entende son cousin rire. Mais ce n'était pas un rire moqueur et méchant, comme d'habitude. C'était juste un rire amusé.
Cela sembla détendre l'atmosphère.
Sa tante poussa un immense soupir et prit sa tasse. Son oncle rajouta du sucre dans la sienne puis but une gorgée qui sembla l'apaisée et Dudley, au lieu de se ruer vers les cookies comme il l'avait toujours fait, en prit un discrètement et commença à le grignoter.
Sa tante le regarda alors et lui demanda :
-Où est ta tasse ?
-Ma tasse ? Demanda bêtement Harry.
Il faut dire que jamais il n'avait eu le droit de boire dans ces tasses trop précieuses pour lui.
Sa tante le regarda, semblant émue, et lui dit :
-Oui, va donc te chercher une tasse, Harry. Nous devons discuter.
Harry se précipita dans la cuisine, presque en courant. Quelque chose n'allait définitivement pas. Elle aussi, l'avait appelé Harry ! D'habitude, elle se contentait de « toi, là », mais jamais de son prénom. En fait, à bien y réfléchir, il avait l'impression que c'était sa maîtresse en maternelle qui lui avait appris son prénom, tant il ne l'avait jamais entendu dans cette maison.
Plus calmement, mais presque tremblant tout de même, Harry prit une tasse et refit le chemin vers le salon en tenant la tasse à deux mains, ne voulant pas la laisser tomber et se faire punir alors que sa famille semblait en état de grâce.
Entre temps, un fauteuil avait été rapproché de la table basse et du plateau de thé, à son intention. C'était le joli fauteuil style rococo de sa tante. Il n'avait, là encore, jamais eu le droit de s'asseoir dedans, alors que Dudley montait dessus avec ses chaussures crottées, en temps normal.
Il jeta tout de même un œil à sa famille pour voir si ce n'était pas un piège et s'il pouvait vraiment poser les fesses sur ce siège sacré.
Mais oui, personne ne lui dit rien, il s'assit donc sur le bord du fauteuil, prêt à se lever d'un bond au moindre reproche. Son oncle se saisi de la théière et la lui présenta. Presque tremblant, Harry rapprocha ta tasse à deux mains et se fit servir, toujours aussi étonné.
Une fois servi, il se rassit au bord du siège et trempa ses lèvres dans le breuvage. Harry n'aimait pas la verveine. Il n'aimait déjà pas l'odeur, alors la boire … pourtant, en cet instant, elle lui semblait la plus douce des boissons, la plus exceptionnelle.
Sa tante récupéra l'assiette de cookies et la lui présenta. Espérant ne jamais se réveiller de ce rêve merveilleux, Harry en prit un en remerciant sa tante.
Elle lui sourit puis prit une grande inspiration pour dire :
-Harry …
Le jeune brun se figea. Il s'avait que c'était trop beau pour être vraie. Sa tante allait lui annoncer une catastrophe. Est-ce qu'ils allaient l'envoyer à l'orphelinat, comme il le lui disait depuis des années ? Ou est-ce qu'ils allaient lui interdire de retourner à Poudlard ? Tout sauf ça, pitié ! C'était le seul endroit au monde ou il se sentait bien.
Figé, il regarda sa tante chercher ses mots puis dire :
-Harry, je suis vraiment désolée.
Harry relâcha le souffle qu'il n'avait pas conscience d'avoir retenu et demanda :
-Désolée ?
-Je … je ne sais pas ce qu'il m'a pris … ce qu'il nous a prit … c'est comme si … comme si on se réveillait d'un cauchemar.
-Comment ça ? Demanda Harry, ne comprenant rien.
-C'est comme si nous n'avions pas été nous même, ces dernières années. Dit Vernon, le front plissé.
-Comme si … on nous forçait à être méchant avec toi.
A ses mots de sa femme, Vernon hocha la tête. Elle avait raison. Dès qu'il voyait son neveu, il avait envi de lui crier dessus, de le frapper. Alors que Vernon n'avait jamais été violent avant. Il ne s'était même jamais battu de sa vie.
-Comment cela se fait ? Demanda Harry.
-Je n'en sais rien. Mais c'est fini, maintenant. Affirma Pétunia. Et je suis vraiment désolée pour tout ce que je t'ai fait, Harry. Te forcer à dormir dans le placard sous l'escalier. Te faire faire notre cuisine … toutes ses corvées …
Sa tante retint difficilement ses larmes mais quelques une s'échappèrent de ses yeux qu'elle essuya avec le mouchoir qu'elle avait déjà en main.
-Et moi, je suis désolé pour les … coups … et les remontrances. Je n'arrive pas à croire que j'ai levé la main sur toi. Dit Vernon la voix tremblante.
-Et moi pour t'avoir dénoncé pour toutes les bêtises que j'aie faites. Ou pour la chasse au Harry. Dit Dudley sans lever les yeux de ses chaussures, comme incapable d'affronter le regard de son cousin.
Harry resta bouche bée. D'un côté, il ne pouvait pas pardonner comme ça. Il leur en voulait encore de toutes ses sévices. Mais s'ils disaient vrai, alors ça ressemblait fortement à un sortilège et dans ce cas, ils n'y étaient véritablement pour rien. Mais pourquoi quelqu'un leur aurait lancé ce sortilège ? Et pourquoi le lever maintenant ? Se demanda Harry en prenant une bouchée de son cookie.
En tout cas, ces vacances cauchemardesques prenaient vraiment un tournant inattendu.
A des kilomètres de là, Severus Snape, maître de potion et professeur de potion au collège Poudlard ainsi que Minerva McGonagall, titulaire d'une licence sorcière en métamorphose, animagis elle-même, professeur de métamorphose et directrice adjointe de Poudlard, se trouvaient tous les deux dans le bureau du directeur de Poudlard et regardaient le cadavre de celui-ci.
En effet, étendu sur son bureau, le vénérable sorcier avait rendu son dernier souffle, seul, il y a moins d'1 heure.
Comment les deux professeurs connaissaient l'heure du décès ? C'est très simple. Il y a moins d'une heure, ils avaient senti tous les deux un sortilège les obligeant à avoir un comportement différent de leur nature, disparaître. Inquiets, ils s'étaient précipités dans le bureau du plus grand sorcier qu'ils connaissaient pour le trouver dans cet état. Et depuis, ils commençaient à comprendre et à se souvenir de choses affreuses !
Et comme l'annulation de ce sortilège correspondait à l'heure du décès visible du vieil homme, il ne fallait pas être devin (pour le peu de crédit qu'ils accordaient à la profession) pour comprendre qui était l'auteur du sortilège.
Minerva McGonagall semblait le plus mal le prendre. Elle croyait être amie avec cet homme et il l'avait trahi ainsi ?
-Je … Essaya-t-elle de dire. Je …
Severus Snape tourna son visage vers elle et, la trouvant blanche et tremblante, il la guida vers un canapé qui longeait le mur, pas trop loin. Il n'avait pas voulu la faire asseoir dans les fauteuils en face de l'homme qui les avait manipulés pour lui épargner cette vision.
D'un mouvement de baguette, il demanda un plateau de thé pour 2 aux elfes de maisons. Il savait que son ordre allait directement arriver en cuisine et que le thé apparaitrait sous peu, sans qu'aucun elfe ne se déplace. Il se dirigea alors vers une sphère représentant la planète qu'il ouvrit d'un coup de baguette et en inspecta le contenu. Il savait que le directeur conservait des potions et de l'alcool ici.
Sans aucun scrupule, il prit une potion revigorante et du whisky et retourna auprès de sa collègue qui semblait encore sous le choc. En la regardant bien, il constata aussi que la pauvre femme semblait avoir prit 20 ans en même pas 20 minutes. La réalisation de ce que l'homme leur avait fait, alors qu'elle était amie avec lui depuis presque 60 ans, semblait lui avoir porté un très gros coup au moral.
Il versa le contenu de la potion dans 2 tasses qu'avaient apportées les elfes ainsi qu'une lichette de whisky, il combla les tasses avec du thé fumant et tendit une tasse à sa collègue, puis il prit la sienne et s'installa à côté d'elle.
Il avait fait ses gestes de façon totalement automatique, sans même s'en rendre compte.
-Il m'a forcé à discriminer les serpentards !
-Il m'a forcé à discriminer toutes les maisons à part serpentard.
-Il m'a forcé à être négligente envers les élèves de ma maison. Je n'ai jamais été les voir pour discuter avec eux même quand je voyais que certains d'entre eux allaient mal ou étaient en difficultés.
-Il m'a forcé à détester Harry Potter et à m'en prendre à lui de façon abominablement violente.
-Il nous a forcé à faire une sorte de parcours d'obstacle pour protéger la pierre philosophale, l'an dernier, tellement facile que des élèves de première année ont réussi à le déjouer et se sont mis en danger.
-Il a repris Quirell comme professeur de défense l'an dernier alors qu'il avait radicalement changé en un été et qu'il puait la magie noire, et cette année, il a pris un incompétent notoire alors que tout le monde sait qu'il n'a jamais fait les exploits dont il se vante et qui a actuellement un procès pour coups et blessures et spoliation sur le dos.
Les deux professeurs tournèrent la tête vers le cadavre et le regardèrent avec dégoût.
-Pourquoi ferait-il ça ?
-Pour le plus grand bien. C'est comme ça qu'il expliquait certains de ses plans. Déclara Minerva, presque blasée.
-Comment est-il mort ?
Le professeur de métamorphose se tourna vers son collègue qui lui assura :
-Non pas que j'en sois mécontent, mais par simple curiosité.
L'homme se leva et s'approcha du corps. Devant lui, ou plutôt sous sa tête, il trouva un vieux cahier troué.
-Qu'est-ce que c'est ? Demanda sa collègue.
-C'est le cahier que le jeune Potter a rapporté quand il a sauvé la petite Weasley.
-Oh bon sang, Severus, je viens de réaliser que nous avons laissé nos élèves être attaqués cette année sans même réagir. Nous n'avons même pas évoqué le fait de devoir fermer l'école. Nous aurions dû insister dès le premier cas pour faire quelque chose mais nous sommes restés … passifs.
-Ce n'était pas nous, Minerva, c'était le sort. La rassura Severus. Mais même s'il disait ça, il savait qu'il s'en voulait, et sa collègue aussi.
-Il y a une … substance bizarre, sur le cahier. Dit Snape en sentant ses doigts tâchés.
-Attention, Severus, c'est peut-être ce qui a tué Albus.
-C'est du venin, je dirais. Dit l'homme en se lavant les mains d'un sort.
Il se pencha alors vers le corps et l'examina sommairement, sans le déplacer et son regard fut attiré par la main droite aux doigts noirs de l'homme. Il s'approcha encore et constata une fine plaie.
-Ah ! Fit Severus doucement, comprenant.
-Alors ?
-Je pense qu'il examinait le cahier et qu'il n'a pas vu qu'il s'était coupé avec le papier. Le venin a dû rentrer dans la plaie et le tuer.
-Incroyable ! S'exclama la vieille dame. Êtes-vous sûr de ne pas avoir de plaies aux doigts, vous non plus, comme vous avez touché le poison ? Demanda-t-elle, ayant peur de voir son collègue s'écrouler devant elle.
-Non, aucune plaie, j'en suis sûr. Affirma-t-il.
-Mais quel est ce venin, pour qu'il soit aussi virulent ?
-Vous le savez, pourtant, Minerva. Il nous l'a dit. C'est du venin de basilic.
-Vous voulez dire qu'il ne mentait pas quand il disait que cette créature se trouvait dans nos murs ? S'insurgea-t-elle, effrayée avec du retard, des dégâts qu'elle avait faits pendant l'année scolaire.
Severus secoua la tête et lui dit :
-Je pense que toutes les choses affreuses qu'il nous a dit s'être passé dans le château ces dernières années sont vraies.
Minerva prit un air choqué et elle dû se rasseoir sous le coup de l'émotion. Severus prit le parti de se passer du thé et lui tendit directement un verre de Whisky.
Harry n'aimait pas du tout, mais pas du tout, cette situation.
Depuis la veille, son oncle, sa tante et son cousin avaient changés du tout au tout. Il semblerait qu'un sortilège avait jusqu'à présent modifié leur comportement, les rendant odieux avec lui.
Depuis hier, donc, ils s'étaient beaucoup excusés, tous, et étaient aux petits soins pour lui, comme pour compenser leur comportement passé.
Et si, jusqu'à présent, il avait plus qu'apprécié leurs attentions, là, la situation n'était clairement pas à son avantage.
Il faut dire que présentement, il était en slip dans le salon de la maison, devant sa tante. Et il en était fortement gêné. Sa tante ne l'avait jamais plus vu aussi peu vêtu depuis qu'elle ne changeait plus ses couches, c'est-à-dire assez tôt.
Son cousin était aussi dans la pièce et, alors qu'avant, il se serai moqué, il ne faisait que lui sourire, comme pour le réconforter et le soutenir.
Tante Pétunia, elle, paraissait fortement contrariée, c'est pourquoi Harry ne se plaignait pas trop.
Ils entendirent alors Vernon descendre les escaliers et venir vers eux. Il avait beaucoup transpiré, sa chemise portait des auréoles, et il avait sa caisse à outils avec lui lorsqu'il déclara :
-C'est bon, Harry, les barreaux à la fenêtre et les verrous ont tous étés enlevés.
-Merci, mon oncle. Dit le jeune garçon encore plus gêné, en rougissant et se cachant le slip avec ces mains.
Vernon, voyant sa gêne, demanda :
-Tuny, qu'est-ce que tu fais ?
-Cela ne va pas du tout, Vernon ! Harry n'a pas un seul vêtement à sa taille. Nous allons devoir aller faire des courses. Dit-elle en mettant les affaires du jeune homme dans une poubelle qu'elle avait amené.
-Oh. Fit Vernon en prenant pitié de son neveu. Pétunia dans les magasins n'était pas un cadeau, mais c'était nécessaire, s'il se souvenait bien de la garde-robe de Harry.
Pour redonner le sourire au garçon qui semblait très gêné d'être en slip devant eux, il lui dit :
-Au fait, Harry. Ne devrais-tu pas libérer ton hibou ?
-Ma chouette, tu veux dire ? J'ai le droit ? Tu m'avais interdit de lui ouvrir.
-Et bien … tant qu'elle n'abime pas tes affaires et qu'elle n'est pas dangereuse.
-Non, non, elle est très bien dressée. Est-ce que je pourrais la faire sortir, aussi ?
-Comment ça ?
-Et bien, elle dort le jour et chasse la nuit. Donc est-ce que j'aurai le droit de la laisser sortir la nuit ? Elle voudrait sans doute se dégourdir les ailes.
-Oh. Oui, bien sûr. Je me disais même que nous pourrions lui mettre une cabane dans le jardin ?
Harry le regarda avec des yeux lumineux, lui disant que c'était une bonne idée.
-Comme ça, elle pourrait dormir dehors et chasser sans te réveiller à son retour.
-Oh, ça serait super, oncle Vernon ! S'écria le petit garçon.
Vernon lui sourit et lui dit :
-J'irai acheter ce qu'il faut cet après-midi pendant que tu fais les courses avec ta tante, dans ce cas.
-Est-ce que je pourrais t'aider à la monter ? Demanda Harry.
Vernon fut content qu'Harry veuille faire une activité avec lui et il partagea un regard ému avec sa femme. Ce petit garçon n'était vraiment pas rancunier, malgré tout ce qu'ils lui avaient fait subir.
Au hochement de tête de son oncle, Harry fut très heureux et il s'habilla vite fait sans bouder pour suivre sa tante lui acheter des vêtements.
Harry et Vernon étaient assit à la table de jardin, devant une cabane en bois assez grande qu'ils venaient de construire et ils réfléchissaient à comment la faire tenir dans le sapin du jardin.
Harry avait devant lui un verre de jus d'orange, hier soir et ce midi, il avait mangé à sa faim et il portait des vêtements à sa taille.
Il n'était toujours pas persuadé qu'il ne rêvait pas, mais il profitait pleinement de ses merveilleuses journées.
-Tu vois, Harry, ça, c'est la P-750 ! C'est la dernière création de l'entreprise Grundig. La meilleure perceuse visseuse sur le marché. Avec ça, nous avons fait un abri pour ta chouette en 2 temps 3 mouvements, mais elle peut faire bien plus que ça. Elle a une batterie qui peut tenir 10 heures. Ses embouts de vissages et de dévissages sont magnétiques pour ne plus perdre les vis, elle a une force de rotation de …
-Vernon ! Laisse donc ce pauvre garçon tranquille avec ta perceuse. Il n'est pas intéressé et ne t'en achètera pas. D'ailleurs, je t'interdis de la lui faire essayer. Il est trop jeune pour ça. Intervint sa tante en passant avec son panier de linge propre qu'elle venait d'enlever de l'étendoir.
-Bien sûr, chérie, tu as raison. Dit Vernon tout haut. Puis, se tournant vers Harry, il lui dit : Ne t'inquiète pas, mon garçon, dès que tu auras l'âge et que tu voudras quitter la maison, je t'offrirais une perceuse avec tous les accessoires possibles pour ton premier appartement. C'est l'outil indispensable à tout aménagement réussi. Lui dit le gros homme avec un clin d'œil.
Harry rit de la confidence, heureux que son oncle pense à prendre encore soin de lui, même s'il quittait la maison.
-Eh, vous avez fini ? Demanda Dudley en se rapprochant d'eux.
A son approche, Harry se senti se tendre, même inconsciemment.
Depuis que sa famille avait repris leurs esprits, Dudley était le seul avec qui il n'avait que peu interagit. Et malheureusement, il n'arrivait pas à se détendre avec lui. L'autre garçon lui avait présenté ses excuses, comme toute sa famille, mais il ne lui avait plus parlé.
En fait, s'il se méfiait encore de lui, c'est parce qu'il y avait un antécédent, entre eux. Son oncle et sa tante avaient toujours été odieux avec lui, donc qu'ils soient gentils était une première. Mais être gentil avec Harry pour l'humilier après était un des jeux de Dudley. Plusieurs fois, il lui avait parlé gentiment, lui avait donné son goûter, avait prit sa défense devant ses amis, pour ensuite se moquer encore plus méchamment de lui, le frapper ou l'humilier. Harry, la dernière fois, s'était promis qu'il ne se referait plus prendre. Parce qu'à chaque fois, il avait eu de l'espoir et qu'il en était ressorti le cœur en miette.
-Oui, bientôt, fils, pourquoi ?
-Je voulais proposer à Harry de jouer à un jeu vidéo avec moi.
Harry regarda son cousin et demanda :
-Moi ?
-Ben … oui.
Harry n'avait jamais eu le droit de toucher à une console ou à un ordinateur avant. Il n'avait même jamais tenu une manette de sa vie. Alors il se dit qu'il pouvait retenter de faire confiance à son cousin. Ils avaient tous changés, alors pourquoi pas lui ? Espérant que cela ne se finisse pas en larme comme les fois précédente, Harry lui dit :
-Je termine avec oncle Vernon et je te rejoins ?
Dudley souri comme un fou et reparti en courant vers la maison :
-Ok mais dépêche-toi !
Harry se retourna vers son oncle qui lui faisait un sourire, heureux que lui et Dudley s'entendent.
Ce jour là, Vernon et Dudley étaient partis faire un activité père-fils, comme ils disaient.
Cela faisait déjà 15 jours que sa famille n'était plus sous sortilège et il passait les meilleures vacances de sa vie. Il était un peu triste de se dire que sa vie aurait dû être aussi douce, sans ce sortilège mais il préférait penser à l'avenir plutôt que de penser au passé.
Mais aujourd'hui, il était un peu désoeuvré. D'habitude, il avait plein de corvées qui le tenait occupé mais depuis que sa famille allait mieux, il avait juste un peu cuisiné et jardiné parce qu'il aimait ça, mais c'était tout. Sinon, il découvrait les joies des activités en famille. Il jouait avec Dudley à plein de jeux ou au rugby, il bricolait ou apprenait des choses avec son oncle. Sa tante le couvrait de câlins et de baisers, comme pour rattraper tout ce qu'il aurait dû avoir toutes ces années, ils avaient été faire les magasins, ils avaient été au jardin botanique, visité des musées à Londres, … plein de choses qui l'avaient tenu occupé. Mais là, il s'ennuyait. Alors quand sa tante l'appela depuis le salon, il se dépêcha de la rejoindre. Peut-être qu'elle allait lui proposer de faire quelque chose.
Il la trouva dans le salon, devant de vieux albums photos. En le regardant passer la tête, elle lui demanda de fermer la porte, pour qu'ils soient tranquilles, puis elle tapota le canapé, à côté d'elle, lui demandant de s'asseoir.
Une fois fait, Pétunia lui fit un beau sourire et lui dit :
-Je me disais que tu serais peut-être intéressé pour que je te parle de ta mère ? J'ai tellement d'anecdotes à te raconter. Commença Pétunia en souriant.
Harry, plus qu'heureux de cette opportunité, s'installa confortablement. Il voulait tellement qu'on lui parle d'elle que rien n'aurait pu le déranger. Même le bruit infernal que firent Vernon et Dudley en rentrant ne pu pas le décrocher de tout ce que sa tante lui racontait.
Ce matin là, en ce réveillant, Harry sentit que l'atmosphère dans la maison était différente.
Comme excitée. Un moment, il craint que le sortilège ne soit revenu mais lorsqu'il descendit pour le petit-déjeuner et que sa tante lui embrassa le front pour lui dire bonjour, comme depuis 15 jours, il fut rassuré. Pourtant, c'était bizarre, il sentait que quelque chose se passait mais il n'aurait pas su dire quoi.
Après le petit déjeuner, Vernon lui demanda de l'aider à amener des choses à la déchetterie, ce qu'Harry s'empressa de faire, trouvant normal d'aider son oncle. Pourtant, il remarqua qu'encore une fois, il était de corvée alors que Dudley ne faisait rien. Mais bon, il était habitué à tellement pire que ce n'était pas bien grave.
Après avoir aidé Vernon à décharger le coffre de sa voiture, son oncle l'amena dans son entreprise. Il lui disait qu'il avait quelques papiers à signer, même pendant les vacances. Et Harry fut heureux que son oncle le présente à tout le monde comme son neveu. Avant, jamais il n'aurait fait cela, lui ordonnant de rester dans la voiture en plein soleil plutôt que de le présenter au travail.
Vernon le fit ensuite asseoir sur le fauteuil devant son bureau et il lui avoua qu'il pensait que ce sortilège, comme Harry leur avait dit que cela s'appelait, avait aussi influencé sa personnalité au travail parce qu'il s'était rendu compte de son mauvais management pendant toutes ses années. Heureusement que sa société n'en avait pas trop souffert, mais tout de même.
Finalement, les deux rentrèrent à la maison et Vernon demanda à Harry de passer le premier. Aussitôt qu'il passa la porte, il se prit une pluie de confettis alors qu'il sursautait des explosions. Finalement, il éclata d'un grand rire quand son cousin et sa tante le prirent dans leurs bras en lui souhaitant un bon anniversaire.
Alors c'était ça, c'était son anniversaire. Il l'avait totalement oublié, avec toutes ces péripéties. Mais visiblement, sa famille y avait pensé. Harry remarqua que c'était la première fois qu'il fêtait pour de vrai son anniversaire et, n'en pouvant plus, il éclata en sanglot.
Sa tante le prit dans ses bras pour le réconforter tandis que Vernon et Dudley allaient dans la cuisine pour leur laisser de l'intimité.
-ça va ?
-Oui … pardon … c'est juste que …
-Ne t'excuse pas, Harry, c'est tout à fait normal.
-C'est mon premier anniversaire.
-Je sais, chéri, je sais. Dit-elle en le berçant dans ses bras.
Finalement, elle le conduisit dans la cuisine ou son oncle remuait le contenu d'une casserole alors que Dudley servait un verre d'eau à tout le monde. Dans un coin de la pièce, Harry aperçu une montagne de cadeaux mais il ne pu pas croire que c'était vraiment pour lui. Sa tante le fit asseoir à sa place … la place qu'il avait à table maintenant qu'il pouvait manger à chaque repas avec eux, et lui dit :
-J'ai essayé de faire tout ce que tu aimais comme repas, mon chéri, j'espère que ça t'ira.
-Je suis sûr que oui, tante Pétunia, merci. Dit Harry avec le sourire.
Sa tante lui répondit de même et ajouta :
-Donc pour l'entrée, je nous ai préparé une salade tomate burrata, pour le plat, nous avons des spaghettis à la carbonara. Tu m'avais dit que tu n'en mangeais jamais à Poudlard, et en dessert, une tarte à la mélasse. C'est bon pour toi ?
-C'est fantastique, merci ma tante. Dit Harry, véritablement heureux du menu.
Il était aussi très heureux que sa tante dise le nom de son école. Avant, jamais ils ne l'avaient abordé, mais depuis la levée du sortilège, il avait passé des journées et des soirées à leur raconter les choses fabuleuses qu'il avait vu, qu'il avait fait et qu'il avait rencontré et sa famille avait été très impressionnée, voir passionnée par cet univers. Sauf quand Harry leur parla du troll dans les toilettes en première année. En voyant leur air horrifié, il décida de ne pas leur parler de la pierre philosophale ni du basilic.
Après un fabuleux repas, ce fut l'heure des cadeaux. Harry ne pu pas croire que la tonne de cadeau sur la table était pour lui.
-C'est pour moi ?
-Oui, mon chéri. Il y en a 13 … un par année ou nous n'avons pas fêté ton anniversaire.
Ému, Harry alla serrer sa tante dans ses bras. Pour détendre l'atmosphère, Vernon lui dit :
-Allez mon garçon, dépêche-toi d'ouvrir tes cadeaux, je veux voir si Dudley et moi avons bien choisi.
Harry sourit à son oncle et retourna s'asseoir. Maintenant, il était son garçon. Avant, il n'était que « garçon », mais maintenant, il avait un pronom possessif et rien que ça, cela aurai pu le faire pleurer. Mais il se reprit et il ouvrit ses cadeaux, les premiers de toute sa vie.
Dans l'après-midi de ce 31 juillet, Harry se remettait de ses émotions en regardant un dessin animé Disney à la télévision avec son cousin. Il serrait contre lui une douce couverture bleue, comme un doudou.
Cette couverture avait été son plus beau cadeau, alors que son oncle et son cousin lui avait pourtant trouvé des choses fabuleuses, allant d'une console à une réservation pour aller en famille au bord de la mer, chose que Harry n'avait jamais faite.
Mais cette couverture … D'aussi loin qu'il se souvenait, il l'avait toujours eu, dans son placard. Elle lui tenait chaud, elle était douce et elle sentait bon. Et puis un jour, il devait avoir 7 ou 8 ans, sa tante s'était rendue compte qu'il l'avait encore. Elle s'était mise en colère et la lui avait enlevée, malgré ses pleurs, pour la remplacer par une sorte de serpillière qui puait. D'instinct, Harry avait toujours su que cette couverture appartenait à sa mère. Et Pétunia lui avait confirmé que c'était la couverture qui était autour de lui lorsqu'il avait été déposé devant leur porte. Elle lui avait dit que lorsqu'elle la lui avait retirée, elle l'avait lavée mais elle avait été incapable de la jeter, pour une raison inexpliquée. Alors elle l'avait gardée dans un placard avant de la lui offrir aujourd'hui. Harry avait encore pleuré en la serrant contre lui.
C'est pourquoi sa tante avait insisté pour qu'il reste tranquille cet après-midi et qu'il était installé dans le canapé, captivé par les aventures de Merlin l'enchanteur, vues par les moldus.
Pétunia faisait la vaisselle, après l'anniversaire de Harry. Cela avait été un moment fort en émotion de le voir être si émerveillé de tout. Et surtout de cette couverture. Elle en aurait pleuré, si elle ne s'était pas retenue.
Entendant la sonnette, elle se dirigea vers le couloir, fermant la porte du salon au passage pour ne pas déranger les garçons qui étaient calme devant leur dessin animé.
Elle ouvrit la porte pour voir devant elle un grand homme, très blanc, avec de longs cheveux noirs, un nez crochu et des vêtements noirs. Immédiatement, des tonnes de souvenir se ruèrent en elle et elle le regarda, bouche bée devant cette figure du passé.
L'homme, gêné, se racla la gorge et lui dit :
-Bonjour, Tuny.
Immédiatement, elle le prit dans ses bras et lui, le frigide professeur de potion de Poudlard, fit de même en la serrant contre lui. Il sentait la femme sangloter dans ses bras et il avouait ne pas savoir quoi faire. Voilà bien des années qu'il n'avait pas tenu une femme dans ses bras, même s'il faisait fréquemment pleurer les petites filles en classe, pour sa plus grande honte.
Derrière la femme, un homme imposant arriva et, voyant l'homme gêné que sa femme serrait contre elle, il lui passa un bras autour de la taille et la ramena contre lui. Il proposa alors à l'homme soulagé de rentrer et les guida vers la cuisine.
L'homme rentra et referma la porte derrière lui, empêchant la chaleur de rentrée.
Vernon installa sa femme sur une chaise, en montra une autre à l'homme et alla chercher la bouilloire qu'il avait justement rempli pour leur faire un thé, 10 minutes auparavant.
Il les servi tous les trois et attendit que l'un ou l'autre soit en mesure de parler.
L'homme trempa juste ses lèvres dans la boisson mais il n'osa pas lever les yeux vers eux. Pétunia essuya enfin ses yeux et les présenta :
-Vernon, je te présente Severus Snape. C'était le meilleur ami de Lily et notre voisin lorsque nous étions enfants. Severus, voici mon mari, Vernon.
Les deux hommes se regardèrent et hochèrent la tête en salutation.
-Severus, je ne t'avais pas vu depuis que … que Lily …
La femme ne put pas continuer mais son mari lui mit la main sur l'épaule, en soutien.
-Oui, je … et bien, j'imagine que c'est un peu tard, mais … mes condoléances pour Lily et tes parents, Pétunia.
-Oh, Severus, merci. Et mes condoléances à toi aussi pour Lily.
Elle lui prit la main en soutien et c'est alors que Severus se rendit compte que jamais personne ne lui avait présenté ses condoléances pour Lily. Comme s'il n'avait jamais rien été pour elle. Comme s'il n'avait pas souffert de la perdre. Mais par ces simples mots, Pétunia venait d'enlever un poids énorme de son estomac. Oui, il avait été en deuil depuis la mort de cette femme, et il le comprenait seulement maintenant.
-Merci Tuny. Dit Severus en cachant ses yeux plein de larmes derrière son rideau de cheveux noir.
Vernon poussa au milieu de la table une boite de mouchoirs, les laissant piocher dedans discrètement.
Après avoir essuyé ses yeux, la femme demanda :
-Bien, alors, Severus, qu'est-ce qui t'amène ici ?
-Je voulais voir Potter. Je veux dire, M. Potter.
-Harry ? Pourquoi ?
-Je … je ne sais pas s'il te l'a dit, mais je suis son professeur de potion et je venais m'excuser pour mon comportement abominable avec lui.
-Comment ça ?
-Ces deux dernières années, j'ai été affreux avec lui, sans raison, et …
-C'était le sortilège ? Demanda Vernon en le coupant.
-Pardon ? Demanda Snape, stupéfait.
-Nous avons aussi été soumis à un sortilège, depuis qu'Harry est arrivé chez nous, nous poussant à être horrible avec lui. Le pauvre enfant ne s'en est même jamais plaint, mais, et j'ai honte de le dire, il a été affamé et battu avec nous. Mais je vous assure que ce n'était pas notre propre volonté !
-C'est Harry qui nous a dit que cela ressemblait à un sortilège. Il a disparu le 15 juillet …
-Aux alentours de 15h. Compléta Snape.
-Exact. Comment le sais-tu ?
-J'ai aussi été soumis à ce sortilège … jusqu'à ce que celui qui me l'ai lancé meurt. A ce moment-là, j'en ai été libéré. Et c'est pour cela que je suis là. J'ai mis beaucoup de temps à comprendre tout le mal que j'avais causé et à essayer d'exorciser mes peines, mais je m'en suis pris à Potter bien plus qu'à n'importe quel élève et je tenais à m'en excuser.
-Severus … tu sais, je comprends ce que tu veux dire mais je ne pense pas que tu y sois pour quelque chose. Et connaissant Harry, je pense qu'il te pardonnera, comme il nous a pardonné. Alors que pourtant, nous l'avons beaucoup fait souffrir. Ce garçon est tellement gentil. Il me fait penser à Lily.
Snape hocha la tête, espérant effectivement être pardonné, même s'il ne le méritait pas, selon lui.
-Bien, je vais le chercher. Dit Vernon en se levant, laissant Pétunia et Snape se moucher une dernière fois.
Lorsque Harry pénétra dans la pièce, serrant une couverture bleue comme un doudou, il se figea en voyant le professeur Snape, le plus méchant et craint de tous ses professeurs, assit devant sa tante, une tasse de thé à la main.
L'homme se tourna vers lui et il eut un coup au cœur en le regardant. Comment avait-il pu être méchant avec lui alors que ce garçon ressemblait tant à Lily. Il le voyait, maintenant. Il ne ressemblait pas tant que ça à son père, finalement.
Harry cacha rapidement sa couverture derrière son dos, ne voulant pas passer pour un bébé devant son professeur, et s'assit sur sa chaise, sous l'impulsion de son oncle, avant de dire :
-Je n'ai rien fait de mal !
Severus le regarda d'un drôle d'air, cherchant quoi dire, lorsque Pétunia vint à son aide.
-Harry, tu sais, Severus était le meilleur ami de ta mère, lorsqu'ils étaient à Poudlard.
Le garçon regarda l'homme en noir avec des yeux exorbités.
-Il semble qu'il ait été touché par le même sortilège que nous, Harry. Dit son oncle pour débloquer la situation.
-C'est vrai ?
-Oui, m. Potter. Je venais pour m'excuser. Je suis vraiment désolé d'avoir été aussi injuste envers vous pendant ses 2 années. Le sortilège qui modifiait ma personnalité à prit fin et je me rends compte, maintenant, de l'injustice avec laquelle je vous ai traité. Je suis là pour m'excuser. J'ai été injuste aussi bien sur mon comportement en cours que sur les notes que je vous donnais.
Harry était stupéfait. Il n'aurait jamais pu imaginer que la chauve-souris des cachots pourrait s'excuser et encore moins qu'il avait été touché par le même sortilège que sa famille.
-D'ailleurs, monsieur Potter, en parlant de notes …
Harry reporta immédiatement son attention sur sa tante. Aïe, ça sentait mauvais pour lui. Elle l'avait appelé M. Potter. Comme elle appelait Dudley M. Dursley lorsqu'elle n'était pas contente de son comportement.
-Vous l'ignorez peut-être, jeune homme, mais nous avons été destinataires de vos bulletins trimestriels. Si, jusqu'à présent, je ne vous en ai pas parler, sachez que je ne suis pas contente !
Harry semblait s'être transformé en statue de sel. Il était incapable de bouger. Cela faisait trop de choses en si peu de temps. Son anniversaire, des cadeaux, la couverture, Snape qui s'excuse et maintenant, sa tante qui veux lu parler de ses résultats scolaires ?
-Tuny, chérie, je pense que nous pouvons discuter de ça avec Harry à un autre moment, qu'en penses-tu ?
-Oui, Pétunia. D'autant que comme je le disais, j'ai été influencé par le sortilège et ses notes ne reflètent pas vraiment ses réelles capacités.
Pétunia convint d'en reparler plus tard, mais Harry sentait bien qu'il n'était pas tiré d'affaire, aussi il dit :
-Oui, et je pense que moi aussi, le sortilège m'a affecté pour mes cours.
-Comment cela, monsieur Potter ? Demanda Snape.
Harry le regarda et dit :
-En fait, depuis que le sortilège est levé, je me sens … je ne sais pas, plus vif. Comme si un brouillard dans mon cerveau était parti. J'ai repris mes cours des 2 dernières années et j'ai compris des choses que je n'avais toujours pas compris. Comme si tout s'était débloqué d'un coup. Dommage que je ne puisse pas faire de magie pour essayer la pratique.
Pétunia regarda son neveu sceptique, comme si elle essayait de déterminer s'il essayait d'échapper à ses remontrances ou pas, aussi, elle demanda :
-C'est possible, Severus ?
Le maitre de potion regarda son élève et demanda :
-Comment doit-on couper les branches de Judée pour la potion d'anti-venin ?
-En biseau, monsieur.
-Pourquoi ?
-Parce que cette découpe permet de conserver le suc de la plante et de ne pas abimer l'intérieur.
Snape regarda Pétunia, abasourdi et dit :
-En deux ans, c'est la première fois qu'il répond correctement à une de mes questions !
-Donc quelqu'un aurait aussi modifié son comportement ?
-Il semblerait …
-Il y a beaucoup de choses que je ne comprenais pas en cours alors je demandais à Hermione mais au bout d'un moment à ne toujours pas comprendre, j'ai arrêté de posé des questions et je répondais n'importe quoi. J'abandonnais très vite, en fait. Maintenant, après avoir relu mes cours, je pense que si je refaisais mes devoirs, j'aurai de meilleurs notes.
-Bien, car je ne vous cache pas que même si JE vous ai donné de mauvaises notes sciemment, ce n'est pas le cas des autres professeurs et qu'effectivement, après avoir vus vos bulletins, je vous confirme que, sans être dramatique, il y a bien mieux.
Harry rougit et commença à se justifier mais Severus leva sa main, le stoppant net :
-Mais de toute façon, M. Potter, votre passage en troisième année est assuré grâce à vos résultats médiocres mais pas exécrable, comme je vous le disais. Il ne tient qu'à vous de faire vos preuves lors de votre prochaine rentrée. Pour ma part, je fais table rase du passé et je me tiendrais à votre disposition pour vous aider à combler vos lacunes des dernières années, si vous le souhaitez.
-Oui, professeur, s'il vous plait. Je ferai de mon mieux et je réviserai plus pour rattraper mon retard.
Severus tendit la main à son élève qui la serra avec joie, ravi de repartir sur de bonnes bases avec le professeur le plus détesté de l'histoire de Poudlard.
Pétunia soupira puis dit :
-Bon, puisque Severus veux bien faire cet effort et qu'il semble que tes notes étaient dû à ce sortilège, je veux bien faire un effort aussi. Mais, Harry, comme je te le disais, j'ai reçu tes bulletins et j'ai lu votre système de notation, qui est très différent du nôtre. Donc sache que si jamais tu as une moyenne dans n'importe quelle matière en dessous d'Acceptable, tu seras puni.
-Oui ma tante. Dit Harry docilement, ravi de s'en sortir sans être grondé par sa tante pour ses précédents résultats.
-Pour en revenir à l'objet de ma visite, en plus de vous présenter mes excuses pour mon comportement, je devais aussi vous annoncer plusieurs choses.
Harry se redressa, attentif :
-Oui, professeur ?
-Je suis au regret de vous annoncer la mort du professeur Dumbledore, M. Potter.
Sous le choc d'apprendre ça, alors que le professeur Dumbledore avait toujours eu l'image d'un grand père pour lui, Harry ne put rien dire au contraire de sa tante :
-Le professeur Dumbledore ? N'est-ce pas le directeur de l'école Poudlard ? C'est lui qui nous a confié Harry, je crois, non ?
-Oui, c'est en effet lui qui avait récupéré le bébé dans les décombres de la maison de ses parents pour vous le confier.
-Quand est-il mort ? Demanda Harry, encore sous le choc.
-En milieu de mois. Répondit Severus.
A ces mots, Pétunia sursauta, faisant le lien. Et quoi qu'ait pu en penser le professeur Snape avant, Harry avait oublié d'être bête et lui aussi, fit la connexion entre ces 2 éléments.
-Mais … professeur … en sortilège, le professeur Flitwich nous a dit qu'un sortilège prenait fin, quoi qu'il arrive, à la mort de son lanceur. Or, le sortilège jeté sur ma famille, sur vous et moi s'est dissipé mi-juillet … vous ne voulez pas dire que …
-Si, monsieur Potter. Je suis désolé de vous l'annoncer mais il semblerait que cela soit Albus Dumbledore qui soit responsable de ces différents sortilèges. Et il n'y a pas que vous. Vous êtes heureusement à l'abri dans le monde moldu pour l'instant donc vous n'avez pas accès à la presse dans notre monde, mais il semblerait que de nombreux, très nombreux, sortilèges se soient rompus lors de la mort du directeur. Des sortilèges qui influençaient durablement le comportement et la mémoire d'une très grande partie du monde sorcier. Depuis 2 semaines, donc, cette affaire fait la une de la gazette des sorciers et tous les jours, de nouveaux témoignages apparaissent. La justice essaye de trier ce qui est vraiment du fait du sort et de ce que les gens ne veulent pas assumer et qu'ils essayent de faire passer sur le dos d'Albus. En tout cas, une cellule de psychomage a été mise en place car de nombreuses personnes sont véritablement traumatisés qu'on leur ait enlever leur libre arbitre ou forcé à faire des choses pendant quelque fois plus de 20 ans. Quand je pense à la somme de magie qu'Albus devait déployer inconsciemment tous les jours pour maintenir cette toile d'araignée de sortilège, c'est impressionnant. Malgré tout ce qu'il a fait, nous ne pouvons nier qu'il était un sorcier très puissant.
Harry hocha la tête, bien que toujours confus de ces révélations, tandis que le couple Dursley se regardait, ne se rendant pas compte de l'énergie nécessaire pour lancer un sort, alors des centaines, cela les dépassait.
-Toujours est-il que Albus étant mort et le monde sorcier délivré de ces sortilèges, beaucoup de choses changent et je voulais vous faire part d'une annonce qui pourrait vous impacter.
Harry réussi à se sortir de son hébétude pour regarder son professeur et prêter attention à ses paroles :
-En sortant de ce sortilège, un homme du nom de Lege Stultus, haut magistrat à la cour de justice sorcière, s'est rendu compte qu'il avait ordonné l'enfermement, sans procès, de Sirius Black. Ce qui, bien sûr, est illégal. Une enquête et un procès vont donc avoir lieu dans les jours ou semaines à venir.
-D'accord … mais en quoi ça pourrait m'impacter ?
Severus regarda Harry bizarrement et dit :
-Et bien, parce que c'est votre parrain.
-Pardon ?! S'écria Harry.
-Quoi, vous n'étiez pas au courant ? S'étonna Severus.
-Non, pas du tout. Je ne savais pas que j'avais un parrain. J'ai un parrain, vous dîtes ? Et c'est un sorcier qui est en prison ?
-Attendez, attendez … cela ne veut tout de même pas dire qu'on va nous enlever la garde de Harry, n'est-ce pas ? Demanda Pétunia, inquiète, en entourant le garçon de son bras pour le rapprocher d'elle.
Maintenant qu'elle avait retrouvé ses esprits, elle considérait Harry comme son fils et il était hors de question qu'on le lui enlève. La main de Vernon dans son dos lui prouva qu'il était de son avis.
-Non, Tuny, je ne pense pas. Black sera peut-être innocenté, mais ça n'en reste pas moins un homme qui a passé plus de 11 ans en prison. Donc même s'il sort, je pense qu'il devra être suivi par un psychomage avant toute chose et on ne lui confiera jamais la garde d'un enfant, encore moins de Harry Potter. Mais peut-être faudra-t-il lui accorder le droit de voir Harry.
-Et bien tant qu'il n'est pas dangereux pour lui alors je veux bien, mais il est hors de question que quiconque nous en enlève la garde, Severus, je me battrais pour ça, tu peux me croire.
A cet instant, Harry pensa qu'il n'aurait jamais pu être aussi heureux. Sa tante et son oncle l'aimait et étaient prêts à se battre pour lui, il s'entendait bien mieux avec son cousin, il avait fait la paix avec son professeur à qui il s'était promis d'extorquer des histoires sur sa mère et il avait un parrain qu'il allait bientôt connaitre. Oui, cette treizième année promettait d'être passionnante et pour une fois, il se sentait aimé et protégé par tous ces gens autour de lui. Il avait hâte de voir ce que l'avenir lui réservait.
FIN
Voilà, j'espère que cette fic vous a plût.
Pour info, j'avais l'idée d'expliquer que Vernon avait eu la tante Marge au téléphone et que la femme était toujours aussi mauvaise avec Harry, l'insultant et le dénigrant. En parlant de ça avec Pétunia, ils avaient décidés de ne plus l'accueillir chez eux tant qu'elle ne changerai pas d'attitude envers Harry. Sauf que je ne savais pas bien comment l'inclure dans l'histoire. En tout cas, c'est la raison pour laquelle il n'y a pas Marge dans l'histoire.
Mangafana
