Hello ! C'est sûrement un peu ambitieux pour moi à l'heure actuelle, mais j'avais envie de commencer une nouvelle histoire. Sachez que je n'ai pas fini de l'écrire. Je pense en être à la moitié donc n'hésitez pas à me faire des retours concernant l'intrigue car cela pourra m'aider à avancer. Ce n'est certes pas la première fois que je publie sans avoir terminé de rédiger la fin, mais c'est quand même plus confortable de commencer à publier quand on est sûre de pouvoir terminer ^^'

En raison de changements dans la vie personnelle, il est possible que je sois moins régulière dans ma publication. Je m'en excuse par avance.

Sur ce, je vous laisse découvrir ce premier chapitre...

Bonne lecture :)


Chapitre 1 : Les sangliers géants

La neige formait un rideau blanc qui masquait tout le paysage montagneux de la vallée. Du haut de sa petite tour en pierre et bois, la vigie n'aperçut qu'au dernier moment la masse sombre qui s'approchait des palissades. Il sonna la cloche, réveillant tous les habitants du petit village. Mais, à l'instar des autres fois, la frêle palissade se retrouva pulvérisée et les créatures, des sangliers de deux fois la taille normale, s'engouffrèrent dans les ruelles.

Akashi Seijuro était déjà réveillé, en train de préparer le thé pour son père et lui quand il entendit la cloche. Il enfila ses bottes fourrées, prit son arc et son carquois avant de sortir. La neige lui arrivait aux genoux. Cette couche n'était pas suffisante pour ralentir les créatures.

Ces sangliers anormaux, seule espèce à vivre en troupeaux, étaient sujets à des crises de folies collectives qui les poussaient à attaquer les villages. On disait que cela venait des baies qu'ils mangeaient dans la montagne.

-Seijuro ! criât une voix derrière lui.

Alors que le blizzard se levait, Akashi vit son père sortir à son tour de leur maison, sabre en main. Ils allèrent ensemble à la rencontre des sangliers. Face à cette menace, terrible et quotidienne, ils avaient tous appris à manier les armes jeunes. Akashi n'avait que quinze ans mais plusieurs sangliers sur son tableau de chasse.

Des maisons adjacentes sortirent d'autres hommes et femmes et ils commencèrent à s'organiser. Les habitants de la périphérie du village, plus exposés que le centre, déclenchèrent les pièges destinés à ralentir les créatures. Malgré le vent, on entendait le « clac » sec qui indiquait la mise en place d'un piège.

Parmi les autres villageois se trouvaient Kuroko Tetsuya, Aomine Daiki et Nijimura Shûzo, tous trois les compagnons de chasse et amis d'Akashi.

Le plan ne changeait pas de d'habitude. La répartition se fit en quelques secondes entre les combattants. Akashi monta sur les toits grâce à une échelle et passa ainsi de maisons en maisons. Il était suivi par ses amis et, bien souvent, son père, qui ne le laissait pas combattre seul.

Auparavant, sa mère avait été tuée au combat par un de ces sangliers. Son père avait depuis repris en mains ses entraînements afin de faire de lui un guerrier capable de vaincre ces créatures et, surtout, de ne pas se faire tuer. Mais s'il l'avait si bien formé, pourquoi continuer à le suivre ? Il savait s'en sortir. Il était le meilleur pour son âge – bientôt seize ans.

Ce manque de confiance l'horripilait.

Passant de toit en toit grâce à de petites passerelles rendues glissantes par la neige, il atteignit le premier piège et attendit d'être rejoins par ses camarades pour commencer à viser les yeux des créatures. Ainsi aveuglées, elles devenaient des proies faciles pour les autres qui n'avaient qu'à les égorger.

Outre leur poids bien supérieur, ces sangliers possédaient de plus grandes défenses que les autres, proportionnellement à leur taille. Cela représentait la plus grande menace.

Après avoir éliminé les trois sangliers le premier piège, ils allèrent rejoindre le second, deux ruelles plus loin. Les pièges consistaient en des filets solidement arrimés et plantés dans le sol dans lesquels les sangliers arrimaient leurs longues défenses. Ils ne pouvaient alors plus avancer ni reculer et ne pouvait qu'attendre leur mort.

Akashi était un archer habile. Chaque flèche atteignait l'œil de sa victime. Une fois ces cibles atteintes, il restait en alerte pour venir en aide à ses camarades. Ses flèches avaient du mal à percher le cuir épais des créatures mais il pouvait tout de même leur porter un coup suffisant pour faire gagner quelques secondes à un chasseur.

Kuroko Tetsuya était un frêle garçon. Il se faufilait entre les défenses pour aller trancher les gorges des sangliers. Son petit gabarit était sa meilleure défense, de même que son incroyable sens de l'anticipation. Outre les attaques des sangliers, il savait aussi lire les gestes de ses alliés.

Aomine était la force brute. Loin de faire dans la finesse, il attaquait de front, rapide et agile, pour scier les pattes, puis fracasser des crânes à l'aide de sa hache : un côté tranchant, l'autre aussi lourd qu'une masse.

Enfin, Shûzo. Lui ne brillait pas par sa force ou son agilité. Il se contentait d'agir au bon moment mais privilégiait les armes longues, plus complexes à manier mais qui lui permettait de rester à bonne distance des défenses des sangliers.

Du coin de l'œil, Akashi regarda son père qui prenait part au combat. Les rues étant étroite, le groupe se relayait pour attaquer et les plus jeunes étaient actuellement en première ligne.

Akashi creva l'œil du plus gros sanglier qu'il lui ait été donné de voir. Il était si massif que, dans le piège, il semblait écraser les autres. Mais surtout, il forçait sur le piège. Akashi entendit le bruit du bois qui craque. Des écorces se mirent à voleter dans les airs.

Le toit se mit à vibrer, toute la structure de la maisonnette sur laquelle était perché Akashi se mit à trembler alors que le gros sanglier poussait, encore et encore, écrasant les siens, pour passer. Quand la maison céda, Akashi sauta in extremis et se retrouva sur la trajectoire du monstre. Le sol lui-même tremblaient à chaque pas de la créature. Le sanglier ouvrit grand la mâchoire, prêt à la refermer sur le jeune homme qui se releva pour reculer avec les autres.

Mais le sanglier arrivait trop vite. Akashi plongea sur le côté, dans la neige, espérant qu'il allait passer son chemin mais, peut-être rancunier à cause de la flèche qui lui crevait l'œil, le monstre bifurqua vers lui. Akashi encocha une flèche, commença à bander son arc, bien décidé de ne pas se laisser faire, quand l'ombre de son père apparu devant lui.

Le sanglier lui arracha le bras et, le temps de le dévorer, fut abattu par les villageois.

Akashi vit la silhouette de son père s'effondrer dans la neige et le sang la teindre d'un rouge écarlate.

-Père ! criât-il.

Il retira sa veste pour la presser contre la blessure mais celle-ci se retrouva imbibée en quelques secondes. Les villageois allèrent chercher la médecin qui ne tarda pas à venir. Le bras et toute l'épaule avaient été arrachés par le sanglier. La cage thoracique était visible à travers la blessure.

La médecin fit la moue mais ne se découragea pas. Elle rassembla de la neige sur la blessure puis demanda à quelqu'un d'aller chercher du feu.

-Je vais cautériser pour arrêter le saignement.

Akashi, penché sur son père, tentait de le garder éveillé. Celui-ci avait déjà perdu tellement de sang qu'il réagissait à peine aux paroles de son fils. Quand la flamme brûla sa chair, son corps fit un soubresaut et il gémit. L'odeur de chair brûlée fut balayée par le blizzard qui s'intensifiait.

-Il va s'en sortir ? Osa demander le garçon.

-Si j'arrête le saignement, peut-être.

Akashi se mordilla la lèvre. Il sentit la main de Nijimura se poser sur son épaule et la presser doucement.

-Je suis sûr que ça va aller, annonçât-il.

L'attaque étant fini, on déplaça les quelques blessés. Pas de mort cette fois-ci. Ou bien pas encore.

Masaomi Akashi se retrouva allongée sur la table de la maison, surveillés par son fils et les villageois qui se relayaient pour vérifier l'arrêt du saignement. Il allait falloir attendre la fin du blizzard pour dégager les carcasses des sangliers, les dépecer et les découper pour les cuirs. Le seul avantage de ces grandes attaques était qu'il était inutile de chasser pendant les semaines suivantes.

Kuroko, Aomine et Nijimura restèrent avec Akashi pour veiller sur son père. Le souvenir de la perte de sa mère, quelques années auparavant, revint frapper le garçon. Il l'avait vue se faire piétiner. Il avait vu son corps désarticulé. Son sang dans la neige.

Revoyant la scène, encore et encore, Akashi ne pouvait que se reprocher sa faiblesse. S'il avait sauté plus loin, plus tôt, son père n'aurait pas eu à intervenir et il ne serait pas dans cet état. Il n'avait pas tort, finalement. Il était loin d'être prêt, loin d'être assez bon.

-Père… soufflât-il. Ne me laisse pas seul.

L'homme gémit dans son sommeil. Le bandage que la médecin avait réalisé avait rougit, mais pas au point de créer une hémorragie.

-Akashi-kun, nous pouvons veiller sur lui. Tu devrais aller te reposer un peu.

-Je vais bien.

La nuit commençait à tomber sur le village à peine remis de l'attaque. Le blizzard s'était calmé. À la lueur des torches, quelques hommes et femmes allèrent redresser la palissade. Les sangliers géants étaient la principale menace, mais pas l'unique : aux sangliers de taille raisonnable s'additionnaient les loups et les ours.

Nijimura prit possession de la cuisine pour préparer un repas pour tous. Personne ne les attendait à la maison. Tous orphelins. Ce n'était pas rare dans cette région reculée et en proie aux pires conditions climatiques. Si froid l'hiver et si chaud l'été.

Akashi veilla toute la nuit, écoutant le vent qui sifflait entre les ruelles, tentant de participer aux conversations de ses amis qui cherchaient à le distraire de sa peine et de son inquiétude. Son père ne se réveilla que quelques secondes durant la nuit, gémissant de douleur. Akashi tentât de lui faire avaler un peu de soupe avant qu'il ne replonge dans l'inconscience.

-Il a arrêté de saigner, fit remarquer Kuroko. C'est bon signe.

-Je ne sais pas.

La pâleur de sa peau et son souffle court inquiétaient Akashi.

Aux premières lueurs du jour, alors que le givre avait recouvert toutes les maisons, la médecin vint voir l'état du père d'Akashi. Le garçon lu dans ses yeux qu'elle était surpris de le voir toujours en vie. Elle changea le bandage, vérifia l'écoulement du sang. Son visage resté fermé.

Akashi observa le moindre ses faits et gestes. Il nota la teinte rouge foncé qu'avait pris la peau de son père tout autour de la blessure. Ajouté à la fièvre grandissante, cela lui faisait craindre une infection.

-Il va s'en sortir ? demandât-il en raccompagnant la médecin jusqu'à la porte.

Elle le dévisagea.

-Je l'ignore. Sa blessure est très grave, Akashi.

-Le chat de Reo a perdue une patte et il s'en sort très bien, non ?

-Ce n'est pas comparable. Il n'a pas… enfin…

-Dîtes-le, supplia presque le garçon.

-Ce n'était pas aussi grave. Tu l'as bien vu : toute l'épaule a été arrachée, la cage thoracique est visible. Il n'y a aucun moyen de refermer la plaie et sans cela, elle restera exposée aux germes.

Akashi acquiesça.

-Je ne veux pas te donner trop d'espoir.

-Je comprends.

La porte se referma sans bruit. Kuroko s'était réveillé et prépara un petit déjeuner sommaire. Le regard d'Akashi se porta sur les deux tasses de thé qu'il avait préparé la veille, avant l'attaque, pour son père et lui. Un petit rituel qui n'aura peut-être bientôt plus la moindre signification.

Nijimura, Kuroko et Aomine restèrent avec Akashi et son père les jours suivants. Le blessé ne reprenait conscience que quelques minutes par heure. Il avait été transporté dans sa chambre pour être plus confortable. Les garçons se relayaient pour s'occuper de lui.

Mais Masaomi Akashi n'était le seul sur lequel il fallait veiller. Akashi sentit tout le soutient de ses amis qui l'entourait quand il sentait les larmes inonder ses yeux, le laissait seul quand il en exprimait le besoin, l'aidait dans ses tâches quotidiennes pour garder le rythme. Ils avaient tous perdus leurs parents plus ou moins tôt dans leur vie et savaient ce qu'il traversait.

Cinq jours après l'attaque, Akashi pu tenir une conversation avec son père, celui-ci semblant avoir enfin assez de forces.

-Comment te sens-tu ? demandât le garçon en changeant le linge humide sur son front.

-J'ai… très mal.

-Je vais voir avec Masako-san ce qu'elle peut faire.

-Les infusions au pavot de ta mère ont toujours fait des miracles.

Akashi sourit.

-Je trouverais sa recette dans nos livres.

Le blessé acquiesça doucement. Akashi commença à ouvrir la bouche mais fut interrompu.

-Ne t'excuse pas.

-C'est pourtant mon erreur qui…

-Je ne veux pas que tu te fasses du mal avec ça.

-Tu avais raison, au final. Je ne suis pas assez bon.

Akashi vit les lèvres de son père bouger mais aucun son n'en sortis. La fatigue reprenait le dessus. Ou bien la douleur. Le garçon prit la main de son père pendant plusieurs minutes, espérant qu'il allait se réveiller et le rassurer, mais ce ne fut pas le cas.

Quand il sortit de la chambre, Aomine était occupé à entretenir leurs armes, Kuroko faisait un brin de ménage pendant que Nijimura rangeait de la viande et des légumes qu'on leur avait apporté. Son regard gris se posa sur le garçon.

-Comment va-t-il ?

-Il est resté conscient plus longtemps que d'habitude et nous avons pu parler.

-C'est positif, sourit Aomine en rangeant les flèches dans le carquois.

-Oui.

Dans les placards de la maison, Akashi retrouva les livres de potion de sa mère et chercha un remède contre la douleur. Au passage, il en chercha une, sans grand espoir, pour faire repousser les membres. Au lieu de cela, il trouva divers breuvages contre la toux, le rhume, les engelures, etc…

Au village, on avait longtemps traité sa mère de sorcière jusqu'à ce que ses remèdes sauvent la moitié des habitants lors d'une épidémie de diphtérie. La médecin n'avait pas vu cela d'un bon œil puis avait reconnu qu'il valait mieux enterrer la hache de guerre et chercher à apprendre l'une de l'autre. Malheureusement, Shiori était morte avant et Masaomi avait préférer garder les ouvrages en souvenirs et dans l'espoir de transmettre le savoir à son fils.

Il rassembla les ingrédients nécessaires pour le breuvage au pavot et parvint à en préparer pour le porter à son père. Il espérait qu'il reprendrait rapidement conscience afin de lui donner.

Kuroko, qui avait assisté à toute la préparation, remarqua les quantités limitées de certains ingrédients.

-Si tu veux pouvoir le traiter durablement, il te faudra plus de mélisse. Je vais voir si je peux en trouver, déclara-t-il.

-C'est gentil, merci.

Akashi entra dans la chambre et posa le breuvage sur la petite table. Il s'assit dans le fauteuil qu'il avait ramené près du lit, attrapa un livre et lu quelques pages avant de renoncer. Il prit la main de son père et, au lieu de la trouver brulante comme ces derniers jours, la trouva plutôt tiède. Ses sens en alerte, il remarqua alors que la cage thoracique ne bougeait plus.

-Papa ?

Mettant un miroir contre sa bouche, il nota l'absence de buée. Il ne respirait plus.

-Papa !

Faisant fit des précautions, il l'attrapa et commença à le secouer.

-Papa ! Réveille-toi !

Sa voix commença à se briser et les larmes à couler. Aomine et Nijimura firent irruption dans la pièce et s'approchèrent prudemment.

-Akashi ? Qu'est-ce qui se passe ?

-Je crois qu'il est mort, répondit Aomine.

Les larmes redoublèrent et Nijimura se précipita vers lui. Il l'éloigna du cadavre et le pris dans ses bras tout en lui murmurant des paroles rassurantes.

-Viens, lui intima-t-il.

Ils quittèrent la chambre, Akashi toujours secoué de sanglots et allèrent se blottir l'un contre l'autre, sur le canapé sur salon. Nijimura accompagna Akashi, le laissa exprimer tout son chagrin, sachant que, de lui-même, il cherchera à l'étouffer plus tard.

Akashi agrippa les vêtements de Nijimura et ne lutta pas contre sa peine. Il s'abandonna. Il entendit vaguement Kuroko rentrer et Aomine lui expliquer la situation. Les allers et retours de la médecin. Combien d'heures resta-t-il la tête enfoncée dans le cou de Nijimura, les bras autour de son torse ?

La torpeur l'emporta sur son chagrin et il finit par se calmer et s'endormir. Vaguement, il eut conscience qu'on le portait puis qu'on le déposait sur un lit moelleux.


Allez, on commence direct par un mort !

J'espère que vous avez aimé ce début d'histoire. A bientôt !